COMPARAISON DES TRACÉS
fait indépendante de cette quantité, se compose des frais de traction immédiate. Or, généralement, lorsque, pour améliorer le chemin, on augmente le capital engagé dans la construction, les frais de traction diminuent et les frais d'entretien peuvent, suivant les circonstances, diminuer, augmenter ou rester stationnaires. Si donc, dans ce cas, la diminution opérée par l'amélioration du chemin sur
les frais de traction et sur les frais d'entretien, pour chaque tonne de marchandises ou pour chaque voyageur, excède la portion d'intérêt et d'amortissement du nouveau capital dont celte amélioration grèvera le transport de la tonne ou du voyageur, il est clair que la -somme des frais d'exploitation sera réduite, et que, par conséquent, l'amélioration sera motivée.
Mais la diminution sur les frais de traction produite par de* améliorations dans le tracé sera indépendante de la circulation sur la route; les intérêts au contraire et l'amortissement du nouveau capital, par unité transportée, deviendront d'autant plus faibles que la circulation sera plus active. Nous arrivons ainsi à poser ce principe, que nous avons déjà indiqué dès le commencement de ce chapitre :
Le tracé le plus parfait au point de vue tehnique n'est pas toujours le plus convenable. Il n'est généralement avantageux d'améliorer un chemin de fer et même une voie de communication quelconque, ou, en d'autres teimes, d'adopter, pour ce chemin ou cette voie de communication, un mode de construction et un tracé plus parfaits, en augmentant le capital engagé, que lorsque la circulation est plus active. ,
Ce n'est là qu'une conséquence de ce grand axiome industriel que les manufactures assurées d'un grand débit peuvent et doivent seules employer les machines les mieux construites et les plus coûteuses. Quelque évident qu'il soit, on l'a si souvent oublié dans l'étude des chemins de fer, qu'il nous a paru nécessaire de ne pas traiter la question des tracés sans commencer par le rappeler.
Revenons actuellement à la comparaison des tracés possibles pour une même ligne.
Comparaison deo tracé* nu point de «ne de In speenlnflon.
— Comparer différents tracés, avons-nous dit, ce n'est ordinaire -
ment pour l'ingénieur d'une Compagnie qu'en rapprocher les revenus et les dépenses. Rien de plus facile en apparence que ce travail; suivons cependant l'ingénieur dans ses opérations, et nous verrons combien, dans certains cas, elles exigent d'étude, de connaissances spéciales et de talent.
Nous avons montré précédemment que le choix d'un tracé dépendait autant de la circulation présumée que de la configuration du terrain. La première question dont l'ingénieur ait à s'occuper est donc celle du tonnage probable en voyageurs et en marchandises, ainsi que la nature de ce tonnage. On apprécie facilement les nombreuses difficultés qui se présentent pour réunir les éléments d'une réponse.
t Ce travail achevé, l'ingénieur étudiera le terrain, d'abord au moyen de la carte seulement, marquant entre les deux points extrêmes ceux par lesquels il sera important de passer, puis il tracera les lignes qui, touchant à ces différents points, paraîtront le plus convenables pour le tracé d'une voie de communication.
Lorsque la configuration du sol permet de poser les chemins à peu près en ligne droite sans travaux extraordinaires, le choix est facile; mais, dans les pays accidentés, il se présente un grand nombre de lignes qui paraissent au premier abord satisfaire aux conditions exigées pour le meilleur tracé. Chacune a ses avantagesparticuliers et ses inconvénients, qu'on ne peut apprécier avec exactitude sans avoir obtenu par des opérations géodésiques un relief du terrain. Ces opérations sont toujours coûteuses, et l'on doit éviter de les multiplier; il faut donc que l'ingénieur, doué d'un coupd'œil sûr et rapide, choisisse à la seule inspection du terrain celles qui doivent faire l'objet d'études spéciales, puis qu'il détermine par des nivellements la hauteur des différents points du sol, suivant chacune de ces directions et à quelques dizaines de mètres à droite et à gauche.
Il lui reste ensuite à profiler ses tracés, c'est-à-dire à en déterminer les pentes. C'est alors surtout qu'il est obligé de déployer une grande sagacité, car on conçoit qu'entre deux points donnés, sans même s'écarter d'une certaine direction, il existe un grand nombre de proGIs différents possibles. Si, par exemple, ces deux points