CHEMIN DE PARIS A STRASBOURG
en droite ligne, vers Pargny-sur-Sauh, en franchissant la vallée de l'Aube à Les ment, et la vallée de la Marne à quelque distance en amont de Vitry; puis il gagnait Nancy en passant par Pagny-sur- Mcuse et Toul, et suivait de Nancy à Strasbourg une ligne déjà indiquée.
Un troisième tracé, passant entre celui du Nord et celui du Midi, suivait la vallée de la Marne, desservait Lagny, Meaux, la Ferté, Château-Thierry, remontait la vallée de l'Ornain jusqu'à Bar-le-Duc, franchissait le faîte séparatif des vallées de la Marne et de la Meuse à Vadonviile et Loxeville; puis descendait à Toul, dans la vallée de la Moselle, qu'il suivait jusqu'à Frouard, d'où il jetait un embranchement sur Metz, en remontant la Meurthc jusqu'à Nancy, où il reprenait le tracé déjà décrit.
C'est ce tracé intermédiaire qui a été adopté. Nous en donnerons une description plus détaillée.
Un quatrième tracé, enfin, s' élevant sûr les plateaux qui séparent la vallée de la Marne de celles de la Seine et de l'Aube, quittait Paris comme le précédent, traversait les plateaux de ia Brie en coupant la Marne dans la direction de Lagny, touchait Coulommiers, Sézanne, et redescendait à Yitry pour se diriger sur Slrasbourg par un des tracés déjà décrits.
De ces quatre tracés, celui du Nord, par Compiègne, Soissons et Reims, avait été étudié dans l'intention de favoriser la direction de l'Allemagne par Metz, Sarrebruck et Manheim, aux dépens de celle par Nancy et Strasbourg.
La ville de Reims, desservie aujourd'hui par un simple embranchement, l'était alors directement.
Le tracé du Midi, par Corbeil, Melun, Fontainebleau et Troyes, présentait l'avantage d'une grande économie, puisqu'il avait un tronc commun avec les chemins d'Orléans et de Lyon ; mais il passait à une grande distance d'une portion importante du territoire de l'Est desservie par le chemin actuel.
Le tracé des plateaux de la Brie ne donnait aucune satisfaction aux habitants de la vallée de la Marne et de la Seine.
Le tracé de la vallée de la Marne traverse au contraire les populations les plus denses et les plus riches; il est plus court que celui
l'IUCÊ DES CHEMLNS DE FER.
du Nord, et mieux à couvert de l'ennemi en cas d'invasion. Il se recommandait ainsi par un grand nombre de considérations.
On a étudié sur ce tracé plusieurs variantes qu'il ne nous parai! pas d'un grand intérêt de faire connaître.
Tel qu'il a été exécuté, le chemin de Paris à Strasbourg passe à Lagny, Meaux, la Ferté-sous-Jouarre, Château-Thierry, Épernay, Châlons, Vitry-le-Français, Bar-lc Duc, Commercy, Toul, Nancy, Lunéville, Sarrebourg et Savcrne. Il dessert indirectement les villes de Reims et de Metz : la ville de Metz par un embranchement qui se prolonge jusqu'à la frontière prussienne, à Forbach ; et la v'dle de Reims, par un embranchement que l'on continue sur Mézières. Sedan et Givet. La Compagnie a entrepris les travaux d'un chemin de Nancy à Vesoul, dont une partie, celle de Nancy à Épinal, vient d'être terminée. Enfin un autre embranchement, déjà exploité de Blesmes à Gray, relie ou reliera prochainement la ligne de Strasbourg avec toutes les usines de la Haute- Marne, Chaumont, Langres et Gray.
De Paris à Meaux, le tracé ne présente que de faibles pentes et des courbes à grand rayon; mais la nécessité de traverser le faite séparalif des vallées de la Seine et de la Marne et plusieurs contreforts de cette dernière vallée a exigé des terrassements considérables et le percement, à Chaliffert, d'un souterrain de 194 mètres.
L'une de ces tranchées, celle de la Maison -Blanche, présentant un déblai de 500,000 mètres cubes, a été ouverte dans des terrains argileux dans lesquels on a été obligé d'exécuter des travaux de consolidation assez dispendieux.
Aux abords de la station de Meaux, on trouve une courbe de 700 mètres de rayon, et des pentes et des rampes de 5 millimètres par mètre ; mais, bientôt après, les rayons des courbes rentrent encore dans les limites de 1,000 à 1,200 mètres.
C'est au delà de Meaux que Ton rencontre la tranchée de Poincy, la plus considérable de toute la ligne ; elle a 1,900 mètres de développement ; sa plus grande hauteur est de 16 mètres, et la quantité des déblais dépasse 500,000 mètres cubes.
La nécessité de traverser un autre contre-fort de la Marne, dans les bois de Meaux, a déterminé dans cette localité l'ouverture de