CHEMIN' DE VIENNE A TRIESTK
Le rayon de courbure descend jusqu'à 190 mèlres; mais, sur rampe de 25 millimètres, il ne s'abaisse pas au-dessous de 285 mètres, et la longueur maxima de l'arc est de 585 mètres. Le chemin franchit la ligne de faîte à 885 mètres au-dessus du niveau de l'Adriatique, à 462 mètres au-dessus de la station de Gloggniti, distante de 28k,8, et à 217 mètres au-dessus de la station de Murzzuschlag, éloignée de 12 kilomètres. Sur le versant nord, la hauteur rachetée par les 8 premiers kilomètres à peu près, c'est-à-dire de Gloggnilz à Payerbach, est seulement de 69",6: la pente moyenne, à partir de ce point jusqu'au sommet, est de 19 millièmes; elle est de 18 millièmes sur le versant méridional; la répartition des inclinaisons varie de 10 à 25 millièmes.
C'est seulement sur le versant nord que la limite de 25 millimètres est atteinte, et sur une longueur totale de 4,176 mètres. La plus longue de ces rampes, de 25 millimètres, précédée seulement par un court palier de 650 mètres, a un développement de 5,170 mètres. Le tracé du Sœmmering est donc, sous ce rapport, plus simple que celui du Fichtelgebirge, qui présente une rampe continue de 25 millimètres sur 5.400 mètres de long; mais aussi la hauteur totale à racheter est beaucoup plus grande au Sœmmering, le tracé est bien plus tourmenté en plan, et la puissance qu'on voulait obtenir des locomotives bien plus considérable. Il y avait un ensemble de conditions difficiles à concilier et de nature à entraîner des modifications plus ou moins profondes dans quelques-unes des dispositions essentielles des machines *.
Le prolongement de la grande ligne de Vienne à Trieste présentait au delà de Gratz des difficultés qu'on a réussi à vaincre, dit M. Couche, comme on l'espérait, avec un tracé bien plus favorable qu'au Sœmmering. Les rampes ne dépassent pas 16"m,5.
Les conditions sont plus satisfaisantes encore pour le dillicile accès de la ville de Trieste. Les rampes n'excèdent pas 12 millimètres. Le chemin part du nouveau lazaret; remplacement de la gare,
1 On avait adopté, en 1844, an projet qui limitait 1rs inclinaisons à 0,01975 sur !<■ vertant nord ' et à 0,0 UNS sur le versant sud. Le tracé amendé est plus court <!•• 2 kilomètres environ; il a surtout notablement simplifié les travaux d'établissement
•Xottce $*r le* ekeminsde fer aUemêndi en 1SU, par M. Uaumgarten.
TRACÉ DES CHEMI.1S DE FER
parfaitement située d'ailleurs, est conquis à grands frais, d'un côté sur la montagne, et de l'autre sur la mer par les remblais. La ligne suit la côte, passe à Bouterolles, Santa-Croce, et arrive à NeUresina, où doit se détacher la ligne de Trieste à Venise. Cette section, de I5k,8, dont les travaux sont poussés avec une très-grande activité, rachète une hauteur de 122m,30, dont 418m,80 sur 10*,7. Les courbes sont très-mullipliécs; leur nombre s'élève à soixante-six, et leur développement à 6k,2, c'est-à-dire aux deux cinquièmes de la longueur de la section; mais trois seulement de ces courbes atteignent la limite de 291 mètres, et toutes les autres ont des rayons beaucoup plus grands.
Le tracé primitivement adopté de Nebresina à Venise est remis en question, malgré l'importance attachée par le gouvernement an prompt achèvement de cette ligne.
Nous avons indiqué, page 155, les causes qui ont fait écarter ce tracé.
Les courbes ont en général 285 mètres de rayon; on en trouve une, au passage deSœmmering, qui n'a que 190 mètres.
Le service se fait uniquement avec le matériel américain, propre au service des chemins à petites courbes, et avec un matériel spécial que nous décrirons.
M. Lechatelier pense qu'on aurait pu, en exécutant un tunnel, réduire les pentes pour les passages du Sœmmering à 10 millimètres par mètre, et qu'on a sacrifié, sans motifs bien décisifs, les intérêts de l'exploitation à l'économie des frais de premier établissement.
Il fait une observation semblable pour le chemin de Stuttgard à Ulm, où I on aurait pu réduire de 22 à 10 millièmes la pente (Fui) plan incliné.
Le chemin du Sœmmering se trouvera prochainement en concurrence avec le chemin François-Joseph prolongé, qui, partant dç Caniza, rejoindra Trieste sans avoir à franchir le faîte élevé, de sorte i|ue Vienne se trouvera en communication avec Trieste par un chemin de même longueur à peu près que celui de Sœmmering; mais beaucoup plus économique au point de vue de l'exploitation aussi bien qu'à celui de la construction.