PRÉFACE
TI n Traité complet stir les Machines , embrasserait la description de tous les arts, de tous les métiers ; car il n’y a aucun art mécanique qui n’ait ses outils, et la plupart des Machines sont des outils perfectionnés, qui suppléent au nombre ou à l’adresse des ouvriers. Je considère, dans cet Ouvrage , une classe particulière de Machines, celles qui ont pour objet l’emploi et l’économie des forces motrices. On sait que les seuls moteurs applicables aux Machines sont, les animaux, l’eau , le vent et les combustibles; la nature de ces moteurs détermine la forme des Machines qui reçoivent et transmettent l’action dont ils sont capables. Ainsi les combustibles ne deviennent moteurs que de trois manières , i°cn passant, comme la poudre à canon, de l’état solide à l’état gazeux; a° en convertissant l’eau en vapeur; 3° en élevant la température d’un gaz permanent; et il n’y a que trois espèces de Machines à feu, savoir, les bouches à feu , telles que canons, mortiers, etc. ; les Machines à vapeurs, et les Machines à courant d’air chaud.
Il n’y a qu’une seule espèce de Machine qui reçoive directement l’action du vent, pour la transmettre à l’arbre de rotation d’un moulin, qui est horizontal ou vertical, selon la forme des ailes fixées à cet arbre.
Les Machines qui reçoivent directement l’action de l’eau sont e* plus grand nombre; de ce genre sont les roues hydrauliques, les Machines k colonnes d’eau, k colonnes d’air, le bélier hydraulique, etc. La plus grande partie du premier chapitre est consacrée à l’examen des Machines mues par l’eau , le vent et les combustibles. J’ai de plus, considéré quelques Machines qui ont pour objet de produire un courant d’eau et d’air , et qui ne sont pas nécessairement mues par l’eau ou par l’air; telles sont les pompes, les chapelets, les vis d’Archimède, les soufflets, etc. Je ne me suis pas d’ailleurs proposé de décrire toutes les Machines» de celle seconde classe; un grand nombre de celles qui avaient été inventées, ont été abandonnées, et remplacées par
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un petit nombre d’autres , dont l’expérience a fait connaître les avantages. Parmi ces dernièrqp, il en est quelques-unes, telles que la vis d’Archimède, dont l’explication repose sur des considérations géométriques qui n’ont pas été exposées dans le Traité do .Géométrie descriptive de Monge : dans ce cas, j’ai démontré leqproposition^de Géométrie qui serv ent de notions préliminaires, pour l’intelligence do la construction et du jeu de la Machine.
Quant aux Machines dont on comprend le jeu par une simplo description , les bornes de cet Ouvrage ne permettaient pas qu’on en fit mention; il suffira, pour les connaître, de lire les ouvrages périodiques relatifs aux Arts, les Encyclopédies françaises et anglaises, ou d’autres collections semblables.
Après avoir exposé, dans le premier chapitre, les principe* généraux, soit de Géométrie ou de Mécanique, qui servent de hase à la construction des Machines et à la comparaison de leurs effets, ou a développé, dans le second chapitre, la théorie des Machines élémentaires, connues sous le nom à' engrenages. Cette théorie est une des application» les plus importantes de la Géométrie descriptive; elle n’avait été qu’ébauchée par Camus , avant que cette Géométrie fût autant connue qu’elle l’est maintenant. Les engrenages comprennent les cames, les crémaillères, les roue#' et lanternes à fuseaux cylindriques ou coniques , enfin les roues qui tournent autour de deux axes parallèles ou formant un angle.
Le troisième chapitre comprend la description des principales Machines employées dans les constructions , telles que les poulies,' les treuils, les grues , sonnettes. Machines à molettes , chapelets , Machines à recéper les pieux, à curer les porta; les planches qui accompagnent cette description ont été dessinées avec le plus grand soin, -par M. Girard (*); il serait à désirer que ce chapitre fût plus étendu. Nous avions d’abord eu le projet de faire un porte-iè utile complet de Machines à l’usage des Ingénieurs des services publics , et de réunir sur chaque dessin gravé , tout ce
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• ' f)M. •Girard est attaché à l'Ecole Polytechnique depuis sa création .(année 1 795) ; il a constamment travaillé avec aèle, intelligence et désiutéressement à la confection des dessins que nous avons laisses dans les portefeuilles de cette École, pour l’enseignement de la Géométrie descriptive et de ses applications.