IF
que chaque brin soit tortillé, que i’extrcmité, qui est du côté de la fa a ciiie, soit disposée à changer perpétuellement de direction, à s’entrelacer autour de nouveaux brins, et à revenir sur le brin lui-mcmc, si clic y * est déterminée par quelque changement dans la position du reste desoo étendue; c’est parce que la laine est naturellement conformée de cette manière , qu’elle est si propre au feutrage, et qu’on peut l’employer sans lui faire subir aucune préparation antérieure.
Mais les poils de lièvre, de lapin, de castor, sont naturellement droits; * ils ne peuvent être employés seuls au feutrage qu'après avoir subi une opération préliminaire que l’on nomme secrétage, et qui consiste à les frotter, avant le dépouillement, avec une brosse imprégnée d’une dissolution de mercure dans l’acide nitrique; cette dissolution , en agissant d’un côté seulement sur la substance même des poils, altère leur direction en ligne droite, et leur communique la disposition au feutrage dont ht laine jouit naturellement.
Cependant, lorsque les poils ne sont pas destinés à entrer dans lo • corps même du tissu, qu’ils doivent seulement faire ce qu’on appelle une dorure, c’est-à-dire cette es|>éce de fourrure que l’on donne quelquefois à la face supérieure du bord du chapeau , on ne les secrète pas. Quand le feutre est achevé, on répand du poil d'une manière à peu près uniforme sur la surface que l’on veut dorer, et après l’avoir couver* d’une toile , on presse avec les mains, et on agite pendant quelque temps ; par celle opération , les poils s’introduisent par la racine , d’une ligne ou deux dans le feutre, et y restent accrochés par leurs lamelles tuilées qui s’opposent à leur extraction ; on leur donne ensuite une direction déterminée avec la brosse, et on les fixe dans celte direction par un coup de fer chaud. Si l’on continuait plus long-temps l’agitation, ces poils non secrétés traverseraient le feutre de part en part et sortiraient par la face opposée , chacun suivant la direction particulière qu’il avait au commencement.
L’opération du foulage des étoffes de laine a un si graud rapport avec le feutrage, que nous ne pouvons nous dispenser d’entrer ici dans quelque détail à son sujet.
Les aspérités dont les brins de laine sont hérissés à leur surface, et la disposition que ces brins ont à prendre un mouvement progressif dirige vers la racine, est un obstacle à la filature de la laine et à la confection des étoilés. O11 est obligé, pour filer la laine et la lisser ensuite, d’enduire tous les brins d’une couche d’huile qui, remplissant les cavités, rend
Sft TRAITÉ DES MACHINES,
les’aspcrilés moins sensibles , -de im'mc qn’on met une couche d’huile snr une lime douce quand on veot la rendre plus douce encore. Lorsque la * pièce d’étoffe est fabriquée, il faut la purger de cette huile qui lui donne une odeur désagréable , qui est une source de malpropreté, et qui serait un obstacle à la teinture qu’on voudrait lui donner; et pour cela, on la porte à la foulcrie, où on la pile avec des maillets dans une auge pleine d’eau, dans laquelle on a déla vé de l’argile ; l’argile 8e combine avec l’huile qu’elle détache de l’étoflé ; le tout est entraîné pur l’eau nouvelle que la Machine elle-même fait arriver, et au bout d’un certain temps l’étoffé est dégraissée.
Mais le dégraissage n’est pas l’objet unique du foulage; les pressions alternatives que les maillets exercent sur la pièce d’étoffe produisent, sur-tout lorsque le dégraissage est avancé , tin effet analogue à celui de la pression des mains du chapelier; les brins de laine, qui composent un des fi’s ou de la chaîne ou de la traîne , prennent un mouvement progressif, s’introduisent dans un des (ils voisins , puis dans ceux qui les suivent; et bientôt tous les fils, tant de lu chaîne que de la trame, sont feutres ensemble; l’étoffé, après avoir subi un raccourcissement dans ses deux dimensions, participe et de la nature de la toile et de celle du feutre ; on peut la couper sans qn’ellc soit exposée à sc défiler; et l’on n’est pas obligé à ourler les differentes pièces qui entrent dans la composition d’un vêlement. Si c’est un tricot ordinaire de laine, la maille n’est plus exposée à courir lorsqu’elle vient à s’échapper; enfin, les fils de la chaîne et de la trame n’étant plus aussi distinct» ni séparés d’uno manière aussi tranchée, l’étoffé, qui d’ailleurs a pris plus d’cpaisscur, forme >in vêtement plus chaud.
Lcségagropilcs qu’on rencontre assez fréquemment dans les estomacs de certains animaux qui se lèchent, ne sont autre chose que des peloltcs de poils ou de laine, que les mouvemens de l’estoinac ont feutrées et qui se sont de plus en plus serrées à mesure qu’elles ont augmenté de volume par l’accès do nouveaux poils qui soûl successivement venus s’jr attacher. *
fiO’28
Digitize^
Fil ovation
Elévation
FJ o vi» hou
' /Y/rtt f//'
vs. y/ss/z/t'. t
P/'in* /,• '4
t/.m, ,/,' tfu HUuntcArr^tt f\ur%f)
l’I.in
Flan