‹ Traite elementaire des machines (volume 2)Chapitre 44 sur 46 · Les pressions étant · texte numérisé non relu

Les pressions étant

53 livres — 453 — 853 — 1653,

on a, pour les rapports correspondons de la pression au frottement, avec vitesse insensible,

Le rapport de la pression au frottement , donné dans ces quatre expériences , est une quantité qui augmente très peu , malgré les différences considérables des pressions; il parait donc certain que, pour le premier degré de vitesse, le frottement du chêne et du fer est à peu près le treizième de la pression.

Les pressions étant les mêmes, et donnant au traîneau la vitesse d’un pied par seconde, on a, pour les rapports correspondons de la pression au frottement,

Ce qui prouve que le frottement a augmenté avec la vitesse, et que la pression pour la même vitesse est à peu près constante, quelle que soit d’ailleurs cette pression. Ayant cherché le rapport des tractions et des vitesses dans ce genre de frottement, on a trouvé que la vitesse augmentant suivant une progression géométrique, les tractions augmentent suivant une progression arithmétique. Les mêmes expériences ont appris que sous les mêmes pressions et avec tes mêmes degrés de vitesse , le frottement est à peu près le même pour les grandes et pour les petites surfaces.

Frottement du bois de chêne contre chêne, avec un enduit de suif, renouvelé à chaque essai.

58. Les pressions étant pour six expériences consécutives (1 — 6)

3a5o livres — i65o — 85o — 45o — a5o — 5o,

on a , pour les rapports corrcspondans de la pression ou frottement , avec une vitesse insensible ,

DES MACIIINES. 3«i

Si l’on observe la marche du rapport de la pression au (Vol te aient, dans ces expériences, on voit que sa valeur diminue sensiblement d’une expérience à l’autre, mais que la marche de cette diminution, lente depuis la première expérience jusqu’à la cinquième, devient très rapide de la cinquième à la sixième; en sorte que l’on trouve ici une espèce de saut, qui parait dépendre de la cohérence des parties du suif et de l’étendue des surfaces, comme nous l’avons déjà aperçu en faisant glisser sans euduit de grandes surfaces.

Si cette cohérence est la cause qui fait varier le rapport de la pression au frottement, il est évident que la résistance constante qu’elle produit ne peut influer que très peu sur le rapport déterminé dans la première expérience; nous pourrions donc regarder le rapport a7.fi à 1 , donné par cette expérience, comme celui qui représente le rapport de la pression au frottement dans toutes les autres, et notamment dans la sixième et dernière.

Ainsi, puisque dans cette dernière expérience, le frottement plus la Cohérence produisent, avec une pression de 60 livres, une résistance de fi ,5 livres, ce qui donne 7,7 pour le rapport de la pression à la résistance, la

résistanccse compose du frottement ou 1,8 livre, et de 4,7 livres

(différence de 6,5 à 1,8) employées à vaincre la cohérence. Prenant 5 livres pour la mesure de cette cohérence, et les ôtant des tractions, on a a 8,3 pour valeur moyenne et très rapprochée du rapport de la pression au frottement corrigé de la résistance due à la cohérence, -

En diminuant la surface de contact, primitivement de 180 pouces, et la réduisant au sixième, lerapport précédent est devenu celui de 16 ou 17 à r.

La vitesse paraît influer très peu dans ce genre de frottement

Pour réduire les surfaces de contact, on met sous le traîneau des règles que l’on fait glisser sur le madrier donnant, suivant le fil du bois; en les faisant glisser perpendiculairement au fil du bois, la loi du frottement 'n’a pas changé.

Du fer et du cuivre glissant sur les bois enduits de suif. ■

5 p. Lorsque les métaux glissent sur des bois enduits de matières graisseuses, k* frottement en paraît très adouci, et Ton produit des vitesses insensibles, avec des tractions moins considérables que dans toutes les espèces de frottement; mais en augmentant les vitesses, on trouve, comme dans l'art. 67, sur le glissement à sec des métaux

36a • •' TRAITÉ

sur le bois, que le frottement augmente beaucoup avec ces vitesses , et que les tractions correspondantes à ces vitesses suivent à peu près la même loi énoncée dans cet article; mais si l’on ne renouvelle pas les enduits à chaque expérience, ils se cougulent, changent de nature, et le frottemeut augmente successivement.

La pression étant de iG 5 o livres, on a tronvc pour les frottemens du chêne, i*. contre le fer, 47 livres; ’ a*, contre le cuivre jaune, 35 livres, ce qui donne pour les rapports de la pression au frottement, les deux nombres, 55 pour le fer et 47 pour le cuivre.

Dans les expériences sur ce genre de frottement , on avait soin , à chaque essai, de renouveler l’enduit; sans cette précaution, l’enduit (suif ou vieux oin;) acquiert de la consistance, et ia résistance augmente sensiblement. Pour en donner un exemple, on a fait glisser le traîneau garni de deux régies de cuivre, quinze fois de suite, sur le madrier dormant, sans renouveler l’enduit de suif; la force de traction ét..it triple de celle qu’on employait pour donner au traîneau une vitesse insensible , lorsque l’enduit était neuf; la vitesse du traîneau a diminué à chaque essai, et an quinziéme il a cesse de se mouvoir. II parait résulter de oette expérience , que lorsque les surfaces de contact août enduites de suif à chaque essai, l’enduit adoucit beaucoup le mouvement, sur-tout dans les petites vitesses; mais lorsqu’elles se meuvent long-temps sur le même enduit, ocl cuduit est plus nuisible qu’utile.

FroUement du fer et du chêne avec enduit, les surfaces de contact étant réduites aux plus petites dimensions et glissant sur le madrier dormant, par le travers du fil du bois.

60. Les surfaces ont été couvertes d’un enduit, et ensuite on les a essuyées, pour qu’elles lussent seulement onctueuses; ensuite on les

a soumises aux pressions suivantes ; 47 livres 447 1647,

et on a trouvé , pour le rapport de la pression au frottement , une va-* leur à peu près constante, renfermée entre les limites i 3 ,a et 14,9.

Cèllc valeur ne change pas sensiblement pour les surfaces enduites ou simplcmcut onctueuses; d'où fou couclul que pour ce genre de frottement, qui est analogue à celui des Machines dans lesquelles des axes de fer tourneut sur du bois, le rapport de la pression au frottement est constant, cl le plus ou le moins de vitesse o’infiue que d'une manière insensible sur ce rapport.

w ■ - >1 -i Du frottement des métaux.

Ci. Ayant (bit polir avec le pins grand soin deux règles de fer, de 4 pieds de longueur et a ponces de largeur, on les a fixées par leurs extrémités an madrier dormant.

On a préparé quatre autres régies , deux de fer et dent de cuivre jaune, de i5 pouces de longueur et de 1 8 lignes de largeur, formant crochet à leurs extrémités, pour saisir le trnîncan sous lequel on voulait les placer; tous les angles de ces régies étaient arrondis.

La surface de contact des règles du traîneau et du madrier fixe, était de 45 pouces carrés.

Da frottement sans endort.

6a. On a d’abord examiné le frottement du fer sur fer, glissant l’un sur Vautre sans enduit : les pressions étant 53 livres et 455 livres, on a tronvé, pour les rapports correspondons de la pression au frottement,

5,5 et 5,6.

Le frottement à sec du fer sur cuivre est moindre. Cos pressions étant 5a et 45s, les rapports précédons deviennent 4,3 et 4,f.

Comme le rapport de la pression au frottement est à très peu près le même pour chaque couple d’expériences, quoique les pressions soient entre elles comme 9 à 1 , on peut en conclure que dans les inétaux glissant sans enduit l’un sur l'autre, le frottement est indépendant de l'étendue des surfaces; les remarques faites à chaque expérience apprennent aussi qu'il est indépendant des vitesses.

Le rapport (4 à 1) de In pression au frottement du fer sur enivre glissant à sec, ue doit être regardé comme exact, que lorsque les surfaces sont neuves et très étendues. £a réduisant ces surfaces aux plus petites dimensious possibles, oe rdpport varie en s’approchant de 6 à 1; il 11 'atteint cette valeur que lorsque, par ua frottement continu de plus d'une heure, le cuivre et le fer out pris tout le poli dont ils peuveut être susceptibles. Il faut cependant, pour que cette dernière operation réussisse, et que le cuivre ne Soit .pas rayé par le frottement des régies de fer , que les métaux soient d’un grain fin et homogène.

Du frotte ment des métaux glissant l’un sur l'autre avec un enduit

interposé.

63. Avant de commencer les expériences sur les métaux enduits de suif, de vieux oing ou d’huile , il est absolument nécessaire de sou-

564 TRAITÉ i

mettre les règles à quelques opérations préliminaires , pour leur donner tout le degré de poli qu’elles peuvent prendre ; il faut d’ubord les enduire de suif, et les faire glisser , en les attachant au traîneau , sur les règles de fer fixées au madrier dormaut. Cette opération se continue sous une grande pression, pendant une demi-heure, ch renouvelant de temps en temps l’enduit. Par là , le suif pénétre dons les pores du métal, et les règles prennent un degré de poli qu’il serait difficile de leur donner autrement. Dans le coiwneucement de l’opération , le frottement est incertain j mais à mesure que les surfaces se polissent, il devient plus régulier.

Frottement du fer contre le fer, avec enduit, de suif renouvelé à

chaque essai.

64. Les dimensions des règles métalliques sont les mêmes que pour fes expériences (art. 6s), La surface de contact est de 46 pouces carrés.

Les pressions (exprimées en livres) étant 63, 443, i653, et les vitesses du traîneau insensibles, on a trouvé pour los rapports correspondans de 1» pression au frottement, savoirs

fer sur fer, 6Ta. .. ïo,i... io,3; fer sur cuivre, 8,o... 10,7... 11.

En se servant d'un enduit de suif et d’huile non renouvelé , ces trois derniers rapporte deviennent 8,0. 8,1,. '.. 7,9.

Dans ces expériences, le rapport de la pression au frottement dépend de la nature de l’enduit et du degré de vitesse du traîneau. Lorsque les sègles métalliques sont enduite» de suif, le frottement diminue beaucoup- sous les grandes pressions, à mesure que la vitesse augmente. Des» l’une de ces expériences , b vitesse do traîneau était d’un pied par seconde, et le frottement dé ce traîneau, sons la pression 166 a liv. , • •té de plus d’un tiers moindre que lorsque la vitesse est insensible', dn même d’un pouce par seconde.

- Pour les vitesses insensibles et les grandes pressions, le rapport de la pression au frottement es»,

pour le fer contre fer, avec enduit de suif ’. 8 à 1 ;•

pour le fer contre cuivre, avec enduit de suif et huile.. 10 à *;

avec les enduits de suif, ce rapport est plus petit, sous la pression de 6a livres , que sous une pression beaucoup plus considérable. Cette variété provient de b cohérence du suif, qui oppose, sous tou» le»

degrés de pression, une résistance constante proportionnelle à l’étendue des surfaces ; cette résistance constante , qui n’est sensible que sous les petites pressions, s’évalue par un raisonnement semblable à celui de l’art. 58 ; avec les enduits d’huile d’olive , la cohérence peut être regardée comme nulle.

Avec des enduits de vieux oing , le frottement n’a jamais été moindre que le neuvième de la pression. Sa résistance dépend absolument de la consistance de l’enduit, et le frottement augmente à proportion que l'enduit est plus mou.

Lorsque les surfaces sont enduites de suif et qu’elles ont une grande étendue, le frottement dénature le suif et augmente sensiblement, à mesure que l’on continue ces essais sans renouveler l’enduit; cependant il i st toujours moindre que le huitième de la pression ; lorsque le suif est noyé d’huile, et que les surfaces de contact sont très petites, cet effet est moins sensible. Ed supposant les surfaces seulement onctueuses et réduites aux plus petites dimensions, les vitesses influent très peu dans les frottemens. Tour donner aux surfaces de contact l'état onctueux, il suffit d’essuyer les règles métalliques, en ayant soin qu'elles restent luisantes et grasses au toucher.

Résultats généraux dts expériences de Coulomb , sur les frottemens .

Le frottement des bois glissant à sec sur les bois opposés , après un temps suffisant de repos, éprouve une résistance proportionnelle aux pressions; cette résistance augmente sensiblement dans les premiers ins lu us de repos , mais après quelques minutes elle parvient ordinairement à sa limite.

Lorsque les bois glissent à scc sur les Bols avec une vitesse quelconque, le frottement est encore proportionnel aux pressions, mais son intensité est beaucoup moindre que celle que l’on éprouve eu détachant les surfaces après quelques minutes de repos; on trouve, par exemple, que la force nécessaire peur détacher et fhire glisser deux surfaces de chêne , après quelques minutes de repoa , est à celle nécessaire pour vaincre le frottement lorsque les surfaces ont déjà un degré de vitesse quelconque , comme 9 , 5 à a, a.

Le frottement des métaux glissant sur les métaux sans enduits, es*

egalement proportionnel aux pressions ; mais son intensité est la même, toit qu’on veuille détacher les surfaces après un temps quelconque de repos, soit qu’on veuille entretenir une vitesse uniforme quelconque.

Les surfaces hétérogènes, telles que les bois et les métaux, glissant l’un sur l’autre sans enduit, donnent, pour leur frottement, des résultats très différons de ceux qui précédent ; car l’intcnsitc de leur frottement (*), relativement au temps de repos, croît lentement et ne parvient à sa limite qu’après quatre ou cinq jours et quelquefois davantage; au lieu que dans les métaux, elle y parvient dans un instant, et dans les bois, après quelques minutes; fcét accroissement est même si lent, que ta résistance du frottement danslcs vitesses insensibles, est presque la même que celle que Peu surmonte en ébranlant ou détachant les surfaces, après trois ou quatre secondes de repos. Dans le mouvement des bois glissant sans enduit sur les bois, et dans les métaux glissant sur les métaux , la vitesse n’iuflue que très peu sur les froltcmens ; mais ici, le frottement croit très sensiblement, à mesure que l’on augmente les vitesses ; en sorte que le frottement croit à peu près suivaut une progression arithmétique, lorsque les vitesses croissent suivant les termes d’une progression géométrique.

Nous terminerons ce chapitre par un Mémoire de M. Monge, publié en 1790, sur le feutrage (**). On verra par ce Méuioirc que les procédés

(*) Coulomb a trouve que la loi du frottement était tuez exactement exprimée par la

foratule F =: A -f- mT", dans laquelle F wt le frottement , A le poide égal au frottement

sous une vitesse insensible , m un coefficient constant , p l'exposant du temps de repos qui a précédé l'expérience. Cependant cette formule est en défaut lorsque T serait infini, puisqu’elle donnerait pour ce cas F infini t ce qui n'est pas exact , puisque le frottement atteint sa limite après un temps fini. C’est pourquoi la formule suivante satisferait mieux

à toutes les circonstances qui font varier le frottement ;

eu h- . .}»4 HttfMUiqpa

F = A + mT^

file donne pour T infini , F = m.

On déterminerait par quatre expériences, les constantes A, C, m, p, dont les Valeurs doivent satisfaire aux résultats des expériences intermédiaires.

(**) On sait que Monge a publié d’autres Mémoires sur les arts ; le volume de l’Académis des Sciences, année 1786, contient un Mémoire sur le fer considéré dans tes diffe-

* DES MACHINES. WW

les plus simples des arts, observé» avec attention , conduisent à des découvertes importante» sur la nature même des substances premières , d’où l’on déduit l’explication de ces procédé». Comme ce Mémoire suppose la connaissance du principal outil employé pour le feutrage, qu’on nomme arçon, il e8t utile d’en donner la description, cl d’en expliquer l’usage.

De l’Arçon, et de la manière d’arçanner.

65 . L’arçon est une espèce d'archet garni d’une corde à boyau ; il est composé d’une perche ronde de supin, de ta à a6 décimètres de longueur, de 5 centimètres do diamètre; vers les extrémités de cette perche et dans te même plan qu’elle , sont adaptées, à tenons et mortaises , deux planchette», l’une chantournée et saillante, de s décimètres, qui s’appelle le bec-à-corbin; l’autre qu’on nomme le panneau, plus épaisse à sa base que vers le haut , percée à jour, et de 4 décimètres de hauteur, sur 16 à 1 8 centimètres de largeur. La partie de cette dernière planchette , opposée à la perche, est garnie d’une lanière de peau de castor, sur laquelle passe une double corde qui va s’attacher de part et d’au Ire à la perche, et qu’on serre plus eu moins au moyeD de deux petits leviers passés dans cette corde; mais cette lanière ou cuire/, soutenne par une lame de beia d’une ligue d’épaisseur, interposée vers t’un des angles de la planchette, ne la touche point à son extrémité. Sa situation et l'effet qu’elle produit lui ont fait donner le nom de chanterelle.

La corde à boyau, d’une ligne de diamètre, fixée à l'un des bouts per un nœud coulant, passe sur le cuiret, puis sur une rainure creusée dans l’épaisseur du bec-à-corbin, enfin, dans la fente de la seconde extrémité de la perche, et vient pour y recevoir la tension canrenabla, s’attacher aux chevilles implantées au revers de la perche. • ’ •

Actuellement, on suspend au plancher , par une corde , l’arçon , attaché vers le milieu de la perche et comme en équilibre , à i décimètre au-dessus d’un établi de 84 à 86 centimètres de hauteur, et de îfi à 19

rtn> états métallique! , par MA». Vandermonde , BerlhoUet et Monge ; U Mémoire ,<«f U feutrage , e«t inaéré dan. le tome V I des si mates de Chimie , aimée 1790. Le tome XXX11 du mêmes Annales, année 1800, coudent une Notice sur 1 a fabrication du fromage de Parmesan. En 1794, il avait publié un vol in-4*, avec 60 pl. t sur l'Art de fabriquer les canons; c'est le seul art mécanique dont il se soit occupé. La première édition du Traité de Statique, son unique ouvrage de Mécanique rationnelle, a paru en 1788; la cinquième édition de ce Traité a été publiée en t8ioavec des Notes.

Il •

décimètre* Je longueur sur autant de largeur. Cet établi n’est autre chose qu’une claie d’osier fin , assez serrée pour qu’il n’y passe que les ordures qui sortent du poil à mesure qu’on le travaille; elle se prolonge aux deux extrémités, qui se relèvent et y se recourbent par le lui ut pour arrêter les brins de poil , qui pourraient en voltigeant s’écarter de l’établi, et se "déposer hors de son plan. ,5.,

L’ouvrier saisit la perche de l’arçon , à peu prés au tiers de sa longueur, en passant la main gauche dans nne poignée qui est faite de cuir doux, ou de plusieurs bandes de linge mises les unes sur les autres, et qui , s’appuyant sur le revers de sa main , l’aide à soutenir le poids du |>anncau et du bec-à-corbin , qui tend à porter la corde du haut eu bas, on faisant tourner la perche sur elle-même ; il étend le bras pour dégager la corde, et il la tient aveu la perche dans un plan a peu près parallèle à celui de l’établi.

L’instrument étant dans cette situation , la oorde est susceptible de quatre mouvemens; i*. de se mettre en vibration par les coups d’un outil qu’on nomme coche ; a*, de s’élever et de s’abaisser parallèlement au plan de l’établi; 5 *. de s’incliner plus ou moins à ce meme plan; 4*. enfin, de tourner horizontalement avec la perche autour du point de suspension. *tu I

C’est par ces quatre mouvemens, combinés et ménagés avec adresse, que l’arçonneur vient à bout de préparer et de disposer l’étoffé de scs capadcs; il commence par Lattre et finit par voguer. <*> .

La coche est une espèce de fuseau de buis, ou de q îelqu’autrc bois dur, qui a 19 à aa centimètres de lotigucur, et dont chaque bout est terminé par un bouton plat et rond à peu près comme un champignon. L’ouvrier, le tenant de la main droite par le milieu, accroche la corde avec le bouton, et la tire à lui, jusqu’à ce que glissant sur là rondeur «lu bouton, elle échappe pour sc mettre en vibration, en vertu de sen élasticité. 1 .' .q i , . , m >

Pour battre l'étoffé destinée à faire un chapeau , et qu’on nomme ca~ j ade, il la place au milieu de l’établi ; il y fait entrer la corde de l’arçon , sans quelle en sorte; il la met en jeu à grand coup de coche, ayant soin de la porter tantôt plus haut tantôt plus bas, et d’avant en arrière : co qu’il foit à plusieurs reprises , jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que toutes les cardées sont bien cffàcces, et que toutes les parties, egalement brisées par les vibrations de lu corde ; se séparent et s’envolent au moindre souffle.

m>" DES MACHINES. 5<*j

Lorsqu’on battant ainsi , il a éparpille son étoffe , il la ramasse sans y toucher avec la main, mais seulement avec le bout de l’arçon qu’il porte de gauche à droite, et de droite à gauche pour refaire le tas; il modère les coups de coche, et diminue leur fréquence quand il n’a plus qu’à réunir de petits flocons, qui se sépareraient de la masse s’il les chassait avec plus de violence.

L’ouvrier vogue ensuite l’étoffe, c’est-à-dire qu’il l’arçonnc de manière que ses moindres parties , pincées successivement par la corde , seraient enlevées et transportées de la gauche à la droite de l’ouvrier, en faisant en l’air un trajet de plus de 7 décimètres; de sorte qu’après cette opération, une très petite quantité de matière forme un tas considérable, mais d’une réfraction et d’une légèreté si grandes et si uniformes, qu’on croirait voir un monceau du plus fin duvet, et que le moindre vent serait capable de tout dissiper dans un instant.

Quelquefois l’ouvrier vogue deux fois; et, pour cet effet, il ramène son étoffe vers sa main gauche sur l’établi, en la poussant légèrement, non avec la main, mais avec un clayon, qui a 38 centimètres de long sur 3a de large , et qui est garni d’une poignée au milieu ; il la ramasse en un tas à peu prés rond, et plus épais vers le centre que vers le bord; alors, faisant agir l’arçon, il faut non-seulement qu’il fasse passer son étoffe de sa gauche à sa droite, comme la première fois, mais ce qu’il y a d’essentiel et de plus difficile , c’est que le poil , à mesure qu’on le vogue, doit tomber tout dans un espace d’une figure déterminée, d’une certaine grandeur, et s’amasser de manière qu’il produise des épaisseurs differentes en telles et telles parties du tas qu’il forme.

L’espace dont il s’agit est une espèce de triangle formé par trois lignes, dont deux sont presque droites, et la troisième est un arc de cercle ou à peu près; sa grandeur varie suivant les dimensions qu’on veut donner au chapeau, et encore plus scion la nature de l’élolfe qu’on emploie; car il y en a qui rentrent à la foule beaucoup plus que d’autres, et avec celles-là on tient les capades plus grandes.

On arçonne de la même manière la ouate ou toute matière qui en tient lieu, telle que la soie, le coton, etc.

Observations sur le mécanisme du feutrage; par M. Monge.

66. Lorsqu’on examine au microscope un cheveu, un brin de laine, un poil de lapin, de lièvre, de caslor, etc. , quelque grand que soit le pouvoir amplifiant de l’instrument , la surface de chacun de ces objets V 47

parait absolument lisse et unie, ou du moins si Ton observe qnel ue» inégalités, elles paraissant venir plutôt île quelques dillërcnces ditns la couleur et dans la transparence des parties des objets, que de l’irrégularité de leurs surfaces, puisque sur le tableau du iuicrosco|>e solaire, leurs ombres sont terminées par des lignes droites et sans aspérités. Cependant les surfaces de ces objets ne sont pas lisses ; elles doivent être formées ou de lamelles qui se recouvrent les unes les autres de la racine à la pointe, à peu près comme les écailles de poissons se recouvrent de la tête de l’animal vers la queue, ou peut-être mieux encore de 7. on es superposées, comme on l’observe dans les cornes; ebc’est à cette conformation que toutes les substances dont il s'agit doiveut leur disposition générale au feutrage.

Si d’une main on prend un cheveu par La racine, et qu’on le fasse glisser entre les deux doigts de l’autre main, de la racine vers la pointe. Ton n’éprouve prcsqu’aucun frottement, aucune résistance, et Ton n’en- Icnd aucun bruit; mais si eu le pinçant au contraire par la pointe, on le fait glisser de même entre les doigts de l'autre main , de la pointe vers la racine , on éprouve une résistance qui n’avait pas lieu dans le premier cas, et il se produit un frémissement perceptible au tact, et qui se manifeste encore par un bruit sensible à Torcillc.

On voit déjà que la contexture de la sulàcc du cheveu n’est pas La même de la racine vers la pointe , que de la pointe vers la racine, et qu’un cheveu, lorsqu’il est pressé, doit éprouver plus de résistance pour glisser et prendre un mouvement progressif vers la pointe, que pour glisser vers la racine; mais comme c’est cette contexture elle-même qui fuit l’objet principal de ce Mémoire, il est nécessaire de la confirmer encore par quelques autres observations.

Si après avoir saisi un cheveu entre le pouce et l’index, on fait glisser les doigts alternativement l’un sur l’autre, et dans le sens de In longueur du cheveu , le cheveu prend un mouvement progressif dans le sens de sa longueur, et le mouvement est toujours dirigé vers la racine. Cet effet ne tient ni à la natuitfdc la peau des doigts, ni à sa contexture; car si Ton retourne le cheveu de manière que la pointe soit à la place de la racine, et réciproquement, le mouvemeut à lieu en sens contraire, c’està-dire qu’il est toujours dirigé vers la racine.

Il se passe donc ici une chose parfaitement analogue à ce qui arrive dans un Certain jeu des enfans de la campagne, lorsqu’ils introduisent un épi de jjeigle entre le poignet et la chemise, les pointes des. barbes eu

dehors; dans les diflerens mouvemens c’a bras, ce! «'pi, en s’accrochant tantôt à la peau et tantôt à la chemise, prend un mouvement progressif, recule et arrive bientôt à faisselle; or, il est évident que cet effet est produit par les barbes mêmes de l’épi, et principalement par les aspérités de ces barbes qui , étant toutes dirigées vers la pointe , ne permettent le mouvement que du côté par lequel l’épi tenait à la tige. Il faut donc qu’il en soit de même du cheveu, et que sa surface soit hérissée d’aspérités qui, étant toutes couchées les unes sur les autres du côté de la poiute , ue permettent de mouvement que du côté de la racine.

Un nœud serré, fait au milieu d’uu cheveu , est très difficile à défaire par un procédé direct, à cause de la ténuité de l’objet; mais si l’on couche le cheveu dans le pli de lu main, de manière que le nœud soit placé dans le prolongement du petit doigt, et qn’aprés avoir saisi le cheveu, en fermant la main, on frappe une douzaine de coups sur le genou, les aspérités d’une des branches du nœud étant dirigées en secs contraire des aspérités de l’autre branche, chacune de ces branche recule peu à peu, l’une dans un sens, l’autre dans le sens contraire; le nœud s’ouvre, et en introduisant une épingle dans l’œil qui s’y forme, il est très facile d’achever de le défaire.

Ces observations , qu’il serait superflu de multiplier davantage , sont toutes rapportées sur le cheveu pris pour exemple; mais elles ont également lieu pour les crins, pour les brins de laine, et en général pour les poils de tous les animaux. La surface de tous ces objets est donc formée de lamelles rigides , superposées ou tuilées , de la racine à b pointe, qui permettent le mouvement progressif vers la racine , et s’opposent à un semblable mouvement vers la pointe.

D’après cela , il est facile d’expliquer pourquoi le contact des étoffes de laine sur la peau est rude, tandis que celui de là toile est doux, car les aspérités des brins de la laine, quelque flexible d’ailleurs que soit chaque brin en particulier, en s’accrochant à la peau , font éprouver une sensation désagréable, à moins qu’on n’y soit accoutumé, tandis que les fibres ligneuses du chanvre et du lin , dont la toile est composée et dont la surface est lisse , ne peuvent faire éprouver rien de pareil. Ou voit encore que la qualité malfaisante de la laine pour les plaies, n’est occasionnée par aucune propriété chimique, et qu’elle vient uniquement de la conibnnation de la surface des brins; les aspérités s’accrochent aux Jûbras qui sont à découvert, les irritent, les déchirent et occasionnent de l’inflammation. .•«-**> . .r .

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5 7 i TRAITÉ ^ p

C’est celte conformation qui est la principale cause de la disposition au feutrage, qu’ont en général les poils de tous les animaux.

En effet, le chapelier, en frappant avec la cordc.de son archet les flocons de laine, détache et isole en l’air chacun des brins en particulier; ces brins retombent les uns sur les autres, et dans toutes sortes de directions, sur la table, où ils forment une couche d’une certaine épaisseur; puis l’ouvrier les recouvre d’une toile, qu’il presse avec les mains étendues; cl en agitant les mains dans différens sens, la pression rapproche les brins de laine les uns contre les autres, et multiplie leurs points de contact; l’agitation leur donne à chacun un mouvement progressif dirigé vers la racine; ail moyen de ce mouvement, les brins s’entrelacent , et les lamelles de chaque brin, en s’accrochant à celles des autres brins qui se trouvent dirigées en sens contraire . maintiennent le tout dans la contexture serrée que la pression leur a fait prendre. A mesure que le tissu se serre, la pression des mains doit augmenter, tant pour le serrer davantage, que pour entretenir le mouvement progressif des brins et leur entrelacement, qui .éprouve alors une difficulté plus grande; mais dans toute celte opération, les brins de laine s’accrochent seulement les uns avec les autres, cl non pas à la toile dont les fibres, comme nous l’avons déjà dit , sont lisses et ne présentent pas la même facilité à cet égard.

11 n’est peut être pas inutile de justifier ici l’usage constant où l’on est de couper les poils destinés à la chapellerie avec un instrument tranchant , ce qui ne peut se foire qn’aux dépens de leur longueur, et non de les arracher après avoir amolli la peau ; car l’oignon que le poil entraînerait avec lui , dans ce cas , rendrait obtuse son extrémité du côté <tc la racine , et elle ne serait plus propre à s’introduire , par son mouvement progressif, entre les brins voisins, et à contribuer à la fonction du tissu.

La conformation de la surface des brins de laine et des poils des animaux ne constitue pas seule leur disposition au feutrage; il ne suffit pas que chaque brin puisse prendre un mouvement progressif vers la racine, il ne suffit pas que les lamelles inclinées, en s’accrochant les unes aux autres, maintiennent le tissu dans l’état où le met la compression, il faut encore que les brins ne soient pas droits comme des aiguilles; car, par la suite de l’agitation, chacun d’eux continuerait son mouvement progressif sans changer de direction, et l’eficl de l’opération serait de les écarter tous du centre sans produire aucun tissu II faut donc

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