‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 52 sur 119 · VENTS LES PLUS DOMINANTS · texte numérisé non relu

VENTS LES PLUS DOMINANTS

Ouest. — Sud-Ouest.

Fièvres mucoso- gastriques ou bilieuses , plus ataziqnes ou’advnami

K.p0|r toujours Term~ ; ^ **

Nord-Ouest. — Sud-Ouest. — Ouest .

( Fièvre! muqueuses comme dans la saison précédente ; catarrhes \ toute esp.ie ; rhumatismes ; gouttes ; paralysie ; coqueluche.

de

diarrhée; paralysie; éruptions cutanées.

Humide et froide jusqu’à la fin de novembre. I Ouest. — Sud-Ouest. — Nord-Ouest . ... . f Embarras gastriques; éruptions cutanées; catarrhes; fièvres mucoso-

( gastriques adynamiques, le plus souvent ataxiques et vermineuses.

iSi7. '

Humide et modérée, rarement froide. . .

Humide , plus douce que froide

Douce et pluvieuse, peu de beaux jours. . ,

Automne. J Froide et belle dans le principe, ensuit: î

/ ) pluvieuse. . . /

Hiver. ......... | Douce et très-pluvieuse, peu de neiges ....

] Printemps j Froide et humide dans le principe , ensuite 1

] } douce et sèche „ . . . >

i^^,s»iî^3»ïîas£

rémittentes ou intermittentes. v venc

Ouest. — Sud-Ouest. — * Sud ( Fièvreagastriques continues, mucQSo - gastriques J choléra - morhus •

t diarrhée :nr>«ralvsii. : au ^

Ouest. — Sud-Ouest. — Nord-Ouest .

Esquinihéie; catarrhe pulmonaire; scarlatine ; rhumatismes.

Nord. — Sud. — . Sud-Ouest. . . . , { Rhumes ; catarrhes pulmonaires ; croup ; pleuropneumonie; hémor-

' r‘iaSies 5 coliques ; diarrhée ; entérite ; rhumatismes ; paralysies.

Nord. — Sud. — Sud-Ouest .......

Sud-Ouest. — Ouest. — Nord-Ouest .

( Diarrhées bilieuses; cboléra-morbus ; fièvres mucoso-gastriques, plus l ataxiques qu’adynamiques»

Embarrai

s gastriques; catarrhes ; rougeole épidémique.

Ouest. - Nord-Ouest. — Sud-Ouest [ mi^e'^d archée”’ muîue”ses rt:mltfentes= PIus ataxiques qu’adyua-

ÉiJ. .

Automne.

Sécheresse très- grande et chaleurs vives. . . Douce et le plus souvent sèche

Ouest. — Nord-Ouest. — Sud-Est £ } Constitution médicale peu inflammatoire et presque toujours catar-

Sud-Est. — Est.

j Cette sa

| ques; rhnnatismes; angines; ophtalmies.

f Fièvres

Sud-Est. — - Sud. — Sud-Ouest < t aires ; rhu

( parotidien.

son a été peu maladive; point d’épidémies; affections gastri-

gastriques; angines tonsillaires ; érysipèles; fluxions dennalismes; gouttes; variolette; catarrhe pulmonaire; catarrhe

CONCORDANCE DE l’ ATMOSPHERE , CtC. 'ùO']

«AA-V » -V-» iVIVM.WtW»»iWW»VVi\'W\VlMV»t/VWA\(VlWa»VtW» 1VUV>\\%"*

c H AP I T R E CINQ U 1 È M E.

DE CA CONCORDANCE DE l’ÉTÀT DE I.’a1R ATMOS- PHERIQUE ET DES LIEUX AVEC LES MALADIES RE- GNANTES, DEPUIS LE 21 SEPTEMBRE 1 8 1 5 JUS-

qu’en janvier 1819.

\v\ w % w\ w» W\ w » vv\

L’histoire des observations météorologiques en France ne remonte qu’en 1G66. Le docteur Morin, membre de l'Académie Française, s’associa aux travaux du physicien Picard qui, le premier, avait commencé à s’occuper, de l’état atmosphérique de notre climat et d’en méditer les influences.

L’académie fut bientôt à même de sentir i.° l'importance de remarques assidues sur la constitution de l’air, les variations et les différens poids de l’atmosphère ; 2.0 l’avantage d’un tableau fidèle des vents, des pluies, des météores aqueux et lumineux, de la chaleur, du froid, de la sécheresse et de 1 humidité , dans chaque année , chaque saison et chaque jour. Une comparaison continuelle de toutes les vicissitudes de l’air avec l’état de la végétation et de la constitution médicale de l’homme lui parut digne d'attention; aussi cette compagnie, depuis 1G88 jusqu’il sa suppression qui eut lieu en 1791, chargea-t elle toujours un de ses membres de s’occuper spécialement de la météorologie, lequel

5o8 CONCORDANCE DE L’ATMOSPHERE

fat secondé par une foule de savans qui s’empressèrent de lui communiquer le fruit de leurs études.

Les observations botanico - météorologiques de Duhamel ne laissent rien à désirer , avant pour objet la constitution de l’atmosphère, la température des saisons, continuellement appliquées à la réproduction des biens de la terre. Elles sont le complément de celles des anciens chez qui l’agriculture était eu honneur, et qui, comme le prouvent plusieurs de leurs ouvrages, ne manquaient ni de prédictions , ni de préceptes fondés sur l’expérience.

Les observations de l'influence de l’état atmosphérique sur les productions végétales du sol sont sans doute bien importantes ; mais les plus précieuses, sans contredit, sont celles qui font connaître l’effet des variations de l’air dans les différentes maladies. Le docteur Malouin , nourri des principes d’Hyppocrate sur l'hygiène, fut le premier qui, en 164G, apporta en France, dans l’exercice de la médecine, les lumières qu’il avait puisées dans l’élude de la physique générale. Il apperçut plusieurs rapports entre les différentes températures de l’air et les symptômes des maladies qu’il traitait. Depuis, beaucoup de médecins marchèrent sur ses traces, et il est reconnu maintenant que hon seulement les diverses températures de l’air, mais encore sa sécheresse, son humidité, sa pesanteur, son élasticité, produisent des maladies; et que les changemens de temps influent sur les individus

AVEC TES MALADIES RE GM AV TE S , ôtC. OO9

atteints de quelque lésion organique ou qui sont d'une faible constitution.

Unissant nos réflexions à celles de ces médecins et des savans qui s’occupent de météorologie, nous allons exposer brièvement l’influence de la constitution atmosphérique sur la médicale, depuis septembre iSi5 jusqu’en 1819.

Automne de i8i5.

Cet automne a été le plus constamment chaud et humide : les vents ouest, sml -ouest, ont dominé ; ceux du nord ont peu soufflé et ont fait place brusquement aux vents d’oncA/. Le thermomètre de Reaumur est descendu quelques jours à 4 -5.° au dessous de zéro de glace, l a température de chaque jour a été variable, et le ciel beaucoup plus nébuleux que serein. 11 y a eu, dans celte saison, beaucoup de pluies et de brouillards. La plus grande élévation du baromètre a été de 28 pouces 4 -G lignes; son abaissement, de 27 pouces 2-5 lignes.

La constitution humide, plus chaude que froide, de cette saison 11'a pas produit de maladies inflammatoires, mais bien la Jaxilé de la fibre, particulièrement chez ceux flétris par la misère, et alors parurent les fièvres mucoso - bilieuses ou gastriques (1), plus ataxiques qu adynamiques et presque toujours vermineuses , quelquefois avec éruption

(0 Rffet de 1 irritation de la membrane muqueuse du tube intestinal , soit idiopatliiqucmcnt , sqjl sympathiquement,

010 CONCORDANCE DE^t’ ATMOSPHERE

pourprée ou miliaire , qui ont régné épidémiquement dans quelques communes, et sur - tout dans celles oii la pauvreté est jointe a la mal propreté. Si plusieurs individus de la même famille s’en sont trouvés atteints, ce n’était que très - rarement par contagion, le plus souvent parce qu’ils étaient soumis aux mêmes influences de l’atmosphère.

Dans les lieux bas peu aérés , ou environnés d'eaux stagnantes , il a régné sporadiquement des fièvres intermittentes, des diarrhées, de faussesfluxions de poitrine; les phthysiqucs ont souffert, et beaucoup sont morts.

Les maladies courantes, telles que la rougeole, la scarlatine, etc., ont pris le type de la constitution stationnaire déterminée par l’état presque constamment humide et froid de l’atmosphère. Les ma ladies intercurrentes ( les catarrhes , les rhumatismes , etc. ) produites par une intempérie mo- • mentanée de l’atmosphère , occasionnée par les vents nord-ouest , n’ont fait qu’apporter de légères modifications au traitement des affections muqueuses régnantes.

Hiver de iSi5 à 1S16.

Celle saison a été constamment humide et beaucoup plus tempérée qu elle ne l’est ordinairement.

Les vents dominants ont été ceux de nord-ouest, sud-ouest , ouest; ce dernier, dans les premiers jours de mars, a soufflé très -impétueusement. La neige est tombée en petite quantité; mais le temps

AVEC I.F.S MALADIES REGNANTES. 3ll

a été très brumeux et pluvieux, et la séi'énilé des jours rare.

La constitution atmosphérique, privée des vents septentrionaux , n’a point produit de maladies inflammatoires essentielles. Le coryza, l’esquinancie, les fièvres muqueuses, ou mucoso-gastriques , rarement putrides , quelquefois ataxiques , le plus souvent vermineuses, la fausse- fluxion de poitrine, les rhumatismes, la goutte, la paralysie, et chez les enfans, la coqueluche, le croup, se sont présentés le plus communément.

L’émétique , les purgatifs , les vésicatoires ont suffi pour combattre ces diverses affections, qui toutes reconnaissent pour cause, une légère irritation des tissus organiques, produisant la turgescence muqueuse ou gastrique dont l’évacuation , comme corps étranger, est indispensable.

Printemps de 1816.

Celte saison a été humide. Les vents d'ouest, sud-ouest, nord-ouest ont le plus exercé leur empire et quelquefois très - impétueusement. La température a été le plus souvent froide et humide. Le thermomètre de Réaumur a marqué, le i3 avril, 2 au-dessous de zéro. Passé ce jour, le mercure et 1 esprit de vin ont marqué 5 -20 e1 au-dessus de zéio de glace. Les beaux jours ont ete très -rares 3 les pluies, très abondantes et très répétées.

Les transitions subites dune chaleur douce à un fi oid piquant ont produit des phlegmasies des membi ânes muqueuses du nez et de la gorge, des pieu-

5l2 concordance de i/atmospiiere résies, des péripneumonies bilieuses, des douleurs d’entrailles, des fièvres ruucoso-bilieuses raremcut continues, le plus souvent rémittentes ou intermittentes.

Chez nous, les maladies essentiellement inflammatoires ne régnent jamais épidémiquement : elles attaquent ea et là des sujets d’une très forte constitution, dans un temps sec-froid, et sur les hauteurs. On les voit le plus généralement depuis la mi décembre jusqu’en juin. Elles sont plus violentes en février et mars ( les vents étant nord , nord-est } nord ouest ).

Souvent la constitution inflammatoire se complique, au printemps, dans les lieux bas ( par rapport aux tempéramens et au passage du froid à l'humide), avec la calarrheuse ■ de là fausse péripneumonie , pleurésie rhumatismale. Alors il faut être très-réservé sur l'usage de la saignée, et avoir plutôt recours, dans le principe, au vomitif, surtout si la langue est couverte d’un enduit blanchâtre ou jaunâtre. Les échauffans doivent être proscrits.

Je dois observer que le traitement des maladies aiguës varie selon les climats : la preuve en est que dans les pays chauds, la saignée et les purgatifs sont moins dangereux que dans les régions tempéi'ées.

Eté de 1S1G.

L 'été de celle année a été froid et humide. Les pluies ont été abondantes et presque continuelles.

AVEC 1 ES MALADIES BECHANTES, elC. 5l5 Le thermomètre de Réaumur a été, dans son minimum, à (7° au-dessus de zéro de glace, et dans son maximum , à 22 °. Il y a eu quelques jours de chaleur depuis le 10 juillet jusqu’à la lin; mais peu de jours sereins et réellement chauds , dans tout le cours de l'été. Les vents ouest, sud-ouest et sud ont le plus constamment souillé.

Les altérations brusques du froid et du chaud ont produit les maladies automnales , telles que : fièvres continues bilieuses, bilioso pituiteuses; choléra morbus; diarrhée; attaques de paralysie; éruptions cutanées.

C’est souvent dans le cours d’une épidémie que les changcmens subits d’une température douce produisent des effets sensibles. Un froid brusque y occasionne des points pleurétiques ou rhumatir qucs. Une chaleur y aggrave la putridité ou adynamie. Les gens aisés sont rarement atteints des épidémies, parce que leur manière de vivre, leur constitution individuelle, les garantissent des impressions de l’air vicié qui, le plus communément, exerce son action délétère sur les malheureux.

La constitution médicale a été parfaitement en rapport avec celle de 1 atmosphère; aussi, les maladies d automne ont-elles été prématurées.

Automne de 1816.

L’automne de cette année a altéré nos bleds, dont la farine trop humide n a pu être bien pétrie et a fermenté difficilement.

Ol4 CONCORDANCE DE l/ ATMOSPHERE

L’air atmosphérique, pendant le cours de cette saison, a été très-humide; sa température douce a été aigrie seulement depuis le 22 au a5 novembre par un vent du nord assez vif Le thermomètre de Réaumur a marqué, au maximum du froid, huit degrés, au-dessus de zéro de glace. Les vents du sud-ouest et du nord ouest, le plus généralement stationnaires chez nous, ont repris bientôt leur empire , et le caractère légèrement inflammatoire que semblaient contracter les affections catarrhales , a disparu en quelques jours. Aussitôt on a vu les dartres, la variolelle, les érysipèles , l'urticaire , des boutons imitant la gale , les affections goutteuses et rhumatismales, les paralysies partielles, les embarras gastriques, les catarrhes ( le pulmonaire rarement inflammatoire ), la fièvre intermittente mucoso-bilieuse , la fièvre mucoso-bilieuse-adynamique, sporadique, souvent vermineuse , quelques fièvres ataxiques aussi sporadiques ( 1 ) , peu de dysenteries ( parce que les dysenteries se remarquent plus particulièrement

(1) Parmi plusieurs observations qui me sont particulières, je vais en citer une digne de fixer l’attention, eu égard à ses fâcheux accidens.

M. II. B. agent de change , âgé de 3o ans, d’un tempérament hilioso -nerveux , d’une constitution faible, quelque temps après avoir été arrêté par des voleurs sur un grand chemin , fut attaqué d’une fièvre qui présenta d abord tous les symptômes gastriques. Le docteur Griois, appelé le jour, le fit vomir, d’après l’indication. L émétique

AVEC LES MALADIES REGNANTES, elC. 3 I 5 dans les chaleurs ),la diarrhée et des flux colliquatifs.

J’ai remarqué que les saignées pratiquées dans les cas d’affection catarrhale, d’érysipèle, défaussé

produisit l’effet desire. Le lendemain, on prescrivit un minoratif cjui amena un mieux si marque' que le malade se crut gucri, et, sans prévenir son médecin , sortit pour vaquer à ses affaires; mais comme il était légèrement vêtu, et qu’il faisait lroid , un frisson très -vif le saisit et le força bientôt de rentrer chez lui où , en se mettant au lit, un violent accès de fièvre eut lieu ( c’était le 8.° jour de l’invasion \ Dès lors parurent les symptômes d’ataxie, tels que délire, somnolence, anxiétés précordiales, légers mouvemens convulsifs des muscles de la face, soubresauts des tendons, ventre libre, déjections bilieuses d’une grande fétidité. Je fus appelé en consultation : comme la chaleur du malade n’était point grande , nous conviumes de lui donner des boissons vineuses et l’infusion de serpentaire. Les vésicatoires furent employés sans enlever l’épiderme. Pûeu ne présageait une fâcheuse terminaison : cependant, dans la nuit du ix au 12, un flux mésentérique excessif eût lieu tout-à-coup; nous trouvâmes le malade sans connaissance aucune, le pouls d’une petitesse extrême, irrégulier et intermittent. Dans une circonstance si fâcheuse nous eûmes recours a une potion cordiale éthérée qui ranima un peu les forces vitales prêtes à s’éteindre. Dans les 12e et i3.e jours , les accidens nerveux se reproduisant avec intensité, nous les combatîmes avec le musc. Dans la nuit du 14 au i5, l’hémorrhagie alvine ayant reparu avec force, malgré les astringens usités en pareilles circonstances , le malade fut pris, dans le jour, de fortes convulsions contre lesquelles les antispasmodiques échouèrent , et il expira.

5i6 CONCORDANCE DF. ï/ ATMOSPHERE

peripneumonie ou pleuresie, loin d'être avantageuses, ont occasionné la perte des malades, ou donné lieu à des convalescences 1res - longues et

pénibles. On ne conçoit pas l’aveuglement de ceux <[ui, malgré les malheurs qu ils éprouvent journellement, tirent ou font tirer du sang toutes les fois quil y a apparence d inflammation. Ignorent -ils que celle précieuse liqueur, principe de la vie, ne peut être impunément versée ? La faiblesse, qui est la suite de cette effusion inconsidérée , sur tout dans les fausses péripneumonies que fou confond, trop légèrement, avec les véritables ou essentielles, ôte à la nature les moyens suflisans pour combattre la maladie et pour produire des mouvemens salutaires appelés crises. ( Voyez le tableau ci-joint ).

J ai reconnu que la saignée est généralement nuisible dans la vallée de Ja Somme où fatums-

pbère est presque toujours humide et froide , eu égard aux vents d’ouest, nord-ouest, sud-ouest qui dominent presque toujours. Ce moyen est souvent repoussé par la nature de la constitution des maladies régnantes entretenues, d’un côté, par la température, et d’un autre, par des alimens malsains consistant, pour la majeure partie, en graines céréales de mauvaise qualité, et en fruits et légumes qui n’ont pas acquis une pleine maturité.

L’émétique ou tartre anlimonié de potasse devient, au contraire, dans les mains d’un médecin qui sait l’employer avec prudence, un remède

Page 1