XII
Francques'ille.
Celte commune, du canton de Domart, arrondissement de Doullens , à 7 lieues ouest d’Amiens, située dans une vallée sèche et mal saine , présente soixante-quinze maisons qui ne forment qu’une longue rue encaissée et très-boueuse.
Je n’ai trouvé que trois malades et plusieurs convalcsccns. M. Léger, chirurgien de Domart, que j ai fait appeler, parce qu’il fréquente le plus ordinairement la commune de Franqueville , m’a
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dit que celle maladie y existait depuis le mois de décembre i8i5, et qu’on croyait généralement • quelle y avaitfété apportée par les troupes étrangères qui y séjournèrent quelque temps.
De quarante malades jusqu’à ma première visite ( 4 juin 1816 ), huit sont morts. Il est bon de dire que la saignée avait été pratiquée sur la plupart.
Depuis juin 181C) jusqu'à la fin d’août, sur soixante individus atteints, deux femmes sont mortes dont une de 24 ans, qui, deux jours après être accouchée, avait contracté la maladie.
Barletle , hameau dépendant de Francquevillei, composé de 20 feux et de 80 habilans , in’a offert seize malades indigens dont quelques uns entraient en convalescence. Jusqu’à ce jour, trente individus avaient été attaqués , et six étaient morts Je proscrivis de suite la saignée ; j’ordonnai d’administrer à dose fractionnée, dans le cas de saburre de l’estomac, le tartre stibié; je fis appliquer les vésicatoires lorsqu’il y avait commencement d’aberration mentale. L’oxicrat, les bouillons d herbes , les tisanes d’orge et de pommes furent les seules boissons employées dans le commencement et le fort de la maladie. Le camphre fut rarement employé , parce que j’ai eu lieu d’observer que ce stimulant, en produisant trop d’excitation, augmentait l’étal fébrile et, par suite, la sécheresse de la langue et l’altération. Je ne prescrivis le vin pur et les potions cordiales que dans le cas de faiblesse sans rigidité de la peau. Dans le commencement
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' J . , , , tle la convalescence , les a ins Ioniques m'ont été
d’une grande utilité pour prévenir les rechutes.
Sur douze malades, deux femmes, depuis ma première visite, sont mortes, lune âgée de 5o ans, pour avoir mangé , dans sa convalescence , de la galette, et une fille de 19 ans, au 55.c jour, par suite de plaies gangréneuses au sacrum et aux trochanters.
A Francqueville, la maladie qui s’était terminée à la fin d’août 1816, a reparu en décembre, même année. D’après l'invitation de M. le Préfet, je m’y suis rendu le 2 janvier 1817 , j ai visité quinze malades chez lesquels j ai reconnu une fièvre muqueuse vermineuse. J’ai remarqué que la maladie existante n'était plus aussi putride qu’en juin précédent, époque à laquelle je l’ai signalée j mais si elle avait perdu des symptômes de putridité, ceux de malignité se faisaient reconnaître à chaque pas; elle sc terminait du 20 au 2Ô.e jour. Eteinte en apparence à Francqueville en août, et tout à-fait a Barlelte , elle a reparu insensiblement sous la forme de fièvre muqueuse maligne vermineuse , principalement vers la mi novembre ; et, jusqu’en lévrier 1817, sur quarante-cinq individus, elle en a moissonné sept de 20 à 4.0 ans. Ce qui prouvait la malignité de celle épidémie, c’est que les malades mouraient sans accidens graves et au moment où on s y attendait le moins, par suite de congestions sanguines et toujours passives sur les principaux viscères.
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Ayant reconnu que la mortalité était produite par le changement de traitement établi en juin 181G, j ai fait rappeler M. Léger qui l’avait suivi avec succès.
Dans ma visite du 26 février 1817, je 11’ai plus trouvé que sept personnes avec tous les caractères d’une fièvre muqueuse vermineuse compliquée du catarrhe pulmonaire. La maladie ayant perdu de sa malignité , n’a point tardé à s éteindre j et, vers le i5 de mars , cette commune 11’offrail plus que des gens bien portans.
Dcpu s le 2 janvier 1817, sur quarante individus aucun 11’a succombé.
Le délire, la surdité, la constipation du ventre subsistaient quelquefois depuis le 1 1 .e jour jusqu’au 20e.
Des vers étaient parfois rendus dès les premiers jours ; mais le plus souvent cela n’arrivait que du 6.e au 1 4 -e5 ils s’opposaient aux véritables crises (1),
Je dirai, en passant, que les évacuans employés à propos, dans le principe, rétablissent les forces de la nature opprimées, simplifient sur- tout les fièvres muqueuses et gastriques, et favorisent des crises salutaires.
(1) Les vers s’annoncent par céphalalgie, douleurs des membres sur- tout aux jointures, langue haletante , picotement de l’estomac, vertiges , hoquet, strangulation , suf * focation spasmodique à l’œsophage, cardialgie, vomissemens spontanés, déjections muqueuses, égarement de la vue, tremblement des membres, pouls variable et inégal.
de i8i5 a 181g. 377
Tous les malades de Francqueville ne m’ont point présenté de crise : chez beaucoup , la fièvre a cessé par une solution lente ; mais il faut dire aussi que dans la plupart, rebelles à suivre le traitement établi , les crises ont été interverties par de mauvaises pratiques.
JJEtoile.
Ce village, à six lieues sud-ouest d’Amiens, ou l’on compte 400 feux et 800 habitans , pour la plupart indigens, est situé dans une vallée ouverte, sur un terrein très -irrégulier, marécageux, fangeux et bordé, au midi, par la Somme. J’y ai trouvé, le 7 octobre 1816, trente -cinq individus, de tout âge, attaqués d'uue fièvre muqueuse vermineuse.
J’ai reconnu que la constitution humide de l’atmosphère, l’extrême misère, la mal-propreté des maisons où l’air est a peine renouvelé, et où il est concentré par le peu d’étendue des lieux, et une nourriture mal -saine, étaient les causes de cette épidémie qui régnait depuis cinq semaines.
J ai ordonné, i.° de jelter sur les fumiers infects, avoisinant les maisons, de la chaux vive, qui a été recouverte, après son extinction, d’un lit très épais de paille sèche;
2.0 De faire circuler l’air dans les endroits oit gissaient les malades ;
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