‹ Traité élémentaire des maladies épidémiques ou populairesChapitre 92 sur 119 · DES MOYENS PROPHYLACTIQUES ET DES ANTIDOTES · texte numérisé non relu

DES MOYENS PROPHYLACTIQUES ET DES ANTIDOTES

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La connaissance des prophylactiques et des antidotes est si indispensable, sur-tout dans la médecine des campagnes, que je crois nécessaire de terminer, par quelques considérations sur ce sujet, cet ouvrage destiné particulièrement à l’instruction des officiers de santé.

PREMIÈRE SECTION

Les prophylactiques ou préservatifs sont les moyens propres à conserver la santé et à garantir des maladies en détruisant ou diminuant les causes et en enchaînant leurs effets.

Si l’on était bien pénétré de l’importance ( i )

(i) Prévoyant qu’il était impossible aux médecins de contraindre le peuple à suivre leurs avis sur l’hygiène publique et l’hygiène privée, et voulant cependant que les vérités utiles soient répandues, les anciens législateurs ont donné aux préceptes de santé un extérieur religieux au moyen duquel leur observance était généralement recommandée et strictement suivie.

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des préservatifs, soit pour les localités, soit pour les individus habitant une commune infectée, soit pour ceux qui, par état, soignent les malades, soit pour les malades eux-mêmes , les épidémies seraient bien moius meurtrières qu elles ne le sont.

Comme il pourrait se faire que quelques-uns ignorassent ces moyens, ou n’en connussent pas bien l’action, on me saura gré, je l’espère, d’en exposer ou rappeler les principaux , et d'entrer dans quelques détails sur les phénomènes qu’ils présentent.

Préservatifs relatifs aux localités.

Ces moyens comprennent la purification de l’air le dessèchement des marais, le rouissage, le cours des eaux, les plantations, le pavage des rues et la position des habitations.

i.° Purification de l'air.

Les débris d’animaux ou de végétaux cri putréfaction allèrent la pureté de l’atmosphère , surtout lorsque l’air n’a point une circulation sensible. Les plantes, à l’état de décomposition, produisent des gaz hydrogènes qui n'ont point de qualités aussi pernicieuses que les vapeurs douceâtres qui sont le résultat de la corruption des substances animales, démontrée par une pellicule irisée que recouvre la surface d’une eau fraîche

PROPHYLACTIQUES, mise en contact avec des miasmes putrides.

Les meilleurs moyens de purifier l’air sont de le mettre en mouvement par de grands feux ou des moulins à vent, ou des courans d’eau. On conseille aussi la combustion de bois aromatique et de résine. Les anciens, à cet effet, brûlaient du soufre, comme on peut en juger par les expressions d’Homère : « Prêtresse, apporte-moi du » soufre qui détruit nos maux, afin qu’en l’cm- » brûsant je remplisse mon palais de ses vapeurs » salutaires. » C’est par le feu qu’ Hippocrate dit avoir arrêté les progrès d’une peste qui dévastait une contrée, et que Vcirron, à son exemple, lit cesser une maladie de même nature dans le port de Corcyre.

Dans ses observations physiques, Mauduit, médecin de la Faculté de Paris, regardant les miasmes comme de nature alcaline , conseille les gaz acides et sur tout le sulfureux. Ce physicien célèbre dit que la poudre h canon est préférable au soufre seul , parce que son mélange avec le nitre ôte à ses vapeurs ce qu'elles ont de suffocant. Les médecins employés à la cure de la peste de Marseille se purifièrent et se garantirent en s’exposant plusieurs fois le jour à la fumée de la poudre à canon. Jtmnius nous apprend que dans une peste qui affligeait la ville de Tournai, les soldats de la garnison, qui s’étaient réfugiés dans la citadelle , imaginèrent de diriger leurs canons sur la ville et de faire plusieurs décharges au lever

et an coucher du soleil, et qu’ ainsi ils parvinrent promptement à saniiier l’atmosphère. On a remarqué depuis long-'emps que dans les lieux où sont établis des distillations en grand d’acide sulfurique, ainsi que des fours à chaux, il règne rarement des maladies contagieuses.

L’état atmosphérique attirait principalement laltention des anciens. I.es Méthodistes prenaient un soin tout particulier d’approprier ce lluide a la nature de la maladie. Ils plaçaient leurs malades au nord et où le vent donnait rarement, lorsqu'ils voulaient calmer l’effervescence des humeurs , et ils couvraient les planchers de branches d’arbres * chargées de feuilles qu’ils arrosaient d'eau froide. Ils se servaient aussi de grands éventails cl de soufflets pour appaiser la fièvre. Des médecins modernes ont ressuscité cette pratique. Le docteur jlr buthnot prouve que l'air renouvelé rafraîchit et modère la fièvre plus que tout autre moyen , ayant soin toutefois de ne point supprimer la transpiration. Le physicien Haies a mieux que tout autre constaté les effets pernicieux de l’air chargé d’e-Yha-* laisons : ses ventillaleurs sont très-renommés.

La purification de l’air des grandes villes manufacturières paraît impossible. Leur atmosphère renfermant une foule de principes étrangers à ceux qui la constituent naturellement , que peuvent devenir les calculs physiologiques relatifs aux effets de ce monstrueux mélange sur notre économie ? L’impureté de l’air des grandes cités influe beaucoup, comme on le sait, sur la durée de la vie.

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