‹ Traité élémentaire des mesures absolues, mécaniques, électrostatiques etChapitre 67 sur 91 · W=:RP · texte numérisé non relu

W=:RP

formule que l'on a déjà fréquemment rencontrée et qui fut d'abord établie expérimentalement par Joule dans ses recherches sur la quantité de chaleur produite par le courant. Enfin l'expression connue

dans laquelle Q représente la quantité d'électricité écoulée dans le temps t, donne

(3) W = EQ.

Ces expressions fournissent la valeur de W en ergs si les facteurs E, I, R, . . . sont exprimés en unités absolues simples, électrostatiques ou électromagnétiques, et en watts (volt-ampère) si ces facteurs sont exprimés en unités techniques, volts, ampères, ohms, etc. (§ XXXII).

Si l'on compare l'expression précédente EQ à l'expression ^MV qui donne la valeur du travail de décharge d'un condensateur,-on remarque que, à charges et à potentiels égaux, le second travail est moitié du premier. La raison de celte diffé-

yÔ TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DES MESURES ABSOLUES.

rence est claire : le potentiel du courant voltaïque en un point donné du circuit reste toujours le même, tandis que le potentiel V d'un condensateur tend vers zéro et peut, par conséquent, être remplacé par un potentiel moyen et constant jV. Ainsi, l'écoulement de l'électricité s'opère dans un condensateur qui se décharge, comme l'écoulement de l'eau dans un vase qui se vide; pour la pile l'écoulement électrique se fait comme celui de l'eau qui s'échappe d'un réservoir toujours plein et qui tombe constamment de la même hauteur ( < ). Il faut remarquer que les lois établies par Riess pour la dé-

(*) Quand on relie les deux armatures d'un condensateur aux pôles d'une pile de force électromotrice E, une quantité d'électricité Q = CE passe dans le condensateur en produisant un échauff'ement du conducteur; cet échaulfement entraîne une perte d'énergie, et l'énergie qui reste s'emmagasine dans le condensateur. Cette énergie disponible est représentée par

ou bien

\V = iE»C W ^^ iEQ.

On voit que l'énergie accumulée dans le condensateur, grâce à la charge Q qui lui est donnée par la pile, est la moitié du travail que produirait cette même quantité d'électricité si elle traversait le circuit sans l'interposition du condensateur. L'opération seule de la charge fait donc perdre une moitié de

Fig. I.

l'énergie qui se dépense sous forme de chaleur ou d'autres travaux. On peut se rendre compte de cette loi de la façon suivante : Relions un pôle de la pile à la Terre T, et l'autre pôle à l'armature A du condensateur, la deuxième armature B étant à la Terre en T'.

Au début, l'armature A étant au potentiel G, la première particule d'électricité qui lui est communiquée par la pile tombe du potentiel E au potentiel G; puis, à mesure que la charge se complète, la différence de potentiel de la pile et du condensateur diminue et tend vers zéro, si bien que la der-

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