LL — FIL DE BRONZE SILICIEUX ET PHOSPHOREUX
Ce sont en réalité des fils de bronze, c'est-à-dire formés d'un alliage de cuivre et d'élain; ils tirent leur nom d'une petite quantité de silice ou de phosphore qui entre dans leur composition. Ces fils sont préférables aux fils de fer employés pour les lignes télégraphiques, ainsi qu'aux fils d'acier dont on se sert pour les lignes téléphoniques, car ils possèdent une ténacité plus grande. On en fabrique plusieurs espèces : les uns ont une ténacité plus grande et une conductibilité plus faible; les autres ont une conductibilité plus forte et une ténacité moindre.
Le Tableau suivant donnera une idée des propriétés particu- Hères de ces fils (2) :
(') Gordon, A pract. Créât, on elect. Lightingy p. 208; 1884. ( ^ ) Henry Viyarez, Des progrès dans la construction des lignes télégr. et téléph. Paris.
Fil de i"" de diamètre.
Cuivre pur
-. .... i télégraphe. .
Bronze silicieux l ,.,.\
/ téléphone. . .
Bronze phosph. téléphon
Fer galvanisé de Suède
Acier galvanisé Bessemer
Acier Siemens-Martin
Résistance
Résistance
électrique
Conductibilité
à la raptare
par
rapportée
par
kilomètre
à celle
millimètre carré.
en ohms.
du cuirre.
kg
ohms
Il suffît de jeter un coup d'œil sur ce Tableau pour reconnaître que ces fils possèdent une résistance mécanique très supérieure à celle du cuivre et supérieure même à celle du fer et de l'acier. C'est une qualité essentielle pour les lignes téléphoniques qui forment au-dessus de certaines villes une sorte de filet à mailles serrées, car, pour empêcher tout contact entre ces fils, on est obligé de les tendre fortement.
A l'Exposition d'électricité de Turin, en 1884, la maison Montefiore et Lévy, de Bruxelles, a exposé des fils de bronze phosphoreux de i*"*"* de diamètre, qui ont :
Une ténacité par millimètre carré de section de go'^s
Un poids kilométrique de 6'^«,63
Une résistance kilométrique de 60 ohms.
Ces fils ont aussi le grand avantage d'être plus légers que le fer pour la même longueur et la même conductibilité électrique. En effet, un fil de fer galvanisé et un fil de bronze silicieux de même longueur auront la même conductibilité si leurs sections sont en raison directe de leurs résistances, c'est-à-dire si leurs diamètres d, d' satisfont à la condition
Un fil de fer de 5""°^ de diamètre, par exemple, a la même
résistance qu'un fil de bronze silicieux de diamètre û?' = 2°''".
Si nous comparons le fil d'acier au fil silicieux auquel on
FIL DE BRONZE SILIGIEUX ET PHOSPHOREUX. Io5
donne à dessein une résistance mécanique très grande, en vue des lignes téléphoniques, nous aurons
Ainsi un fil d'acier de 2'""* de diamètre a la même résistance qu'un fil silicieux téléphonique de diamètre rf'=i»»,2. Ce dernier pèse environ 8^6,5 par kilomètre, tandis que le premier pèse 25^« par kilomètre.
Le câble de la Compagnie française de Paris à New-York, appelé cdbie de Pouxer-Quertier, pèse sous Teau 45o^« par raille marin. Si Ton adoptait pour les grands fonds un câble dont rame fût une torsade de bronze silicieux, de même conductibilité, on pourrait réduire le poids, sousTeau, à32o^«par mille marin. Le premier de ces câbles peut supporter, sans se rompre, 6 ou 7 milles de sa propre longueur; le second câble supporterait 8 ou 9 milles de sa longueur ( * ).
Pour ces divers motifs, c'est-à-dire en raison de sa grande ténacité, de son faible poids, de son petit volume, de sa petite résistance électrique, le fil de bronze silicieux satisfait mieux que tout autre métal aux exigences de la télégraphie : il permet, en effet, d'augmenter l'espacement des poteaux et d'y établir un plus grand nombre de fils ; il convient éminemment à la télégraphie militaire, parce qu'il est plus facile à transporter et à placer sur les appuis. Aussi M. Preece disait : « Les fils de bronze phosphoreux et silicieux, qui commencent à être employés sur une large échelle, constituent des agents de transmission pleins d'avenir. . .. Une matière douée tout à la fois de ténacité et de légèreté, qui permet à nos poteaux de supporter au moins deux fois plus de conducteurs, est d'un puissant secours pour la Télégraphie (2). »
(•) La lumière électrique, 28 juin 1884.
(') Journal // telegrafista^ p. i45; an. i88'2.
Io6 TRAITÉ ÉLÉHENTAIRE DES MESURES ABSOLUES.