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DES CORPS COMBUSTIBLES SIMPLES NON METALLIQUES

\^%corbone , le chlore, l’hydrogène, l’iode et le phosphore^

Le carbone (charbon). La propriété qu’a ce corps de se combiner avec l’oxigène et de l’enlever aux oxides métalliques à l’aide de la chaleur, le fait employer avec succès par les chimistes pour ramener ces corps à l’état métallique.

Le carbone est encore employé comme agissant sur les matières colorantes qu’il enlève aux liquides en se combinant avec elles. On n’a pas encore donné d’autre théorie sur cette combinaison. Il sert aussi à empêcher l’eau de passer à la fermentation putride, et enlève en partie à l’eau qui contient des matières animales putréfiées, les gaz formés qui lui communiquent une mauvaise odeur.

Le chlore (acide muriatique oxigéné de Schécle). Ce corps, soit à l’état gazeux, soit en solution dans l’eau , est employé comme réactif. Son application ;\ l’analyse est en général fondée sur son affinité pour l’hydrogène , qu’il sépare de la plupart de ses combinaisons ; c’est ainsi qu’il fait reconnaître l’acide bydriodique, en s’emparant de l’hydrogène de cet acide et précipitant l’iode. Il sert aussi à démontrer la présence et les proportions de l’acide

TRAITÉ DES REACTIFS.

hjdro-sull’urique ; il y a formalion d’acidc hydro-chlorique et précipitation du soulVe. (Le chlore gazeu.t pèse 5 grammes, 173 le liti’e. )

Mis en contact avec le gaz hydrogène carboné, il enlève le gaz hydrogène et met le carbone à nu (1). Ce gaz, dissous dans l’eau , sert à faire passer les dissolutions métalliques dans lesquelles on le verse d’un état d’oxidation moindre à un degré d’oxidation plus avancé ( par la décomposition de l’eau). C’est ainsi que dans une solu tion de protoxide de fer, la teinture des noix de Galles ne donne qu’une couleur brunâtre ; mais cette couleur passe instantanément au bleu foncé, si l’on ajoute à la dissolution une petite quantité de chlore, qui décompose l’eau, s’empare de son hydrogène, tandis que l’oxigène se porte sur l’oxide. <

Le chlore eÿ^mployé pour détruire les matières colorantes (Fojc^ndigo, chap. 7). On peut s’en servir, faute d’autres moyens, pour reconnaître le gaz hydrogène, parce qu’il forme avec ce gaz un mélange qui , mis en contact avec une bougie allumée ou exposée seulement aux rayons solaires , détonne avec force et donne lieu à une combinaison nouvelle (acide hydro-chlorique) que l’on trouve dans le flacon où la détonation s’est faite.

(i) Les effets ont lien d’une manière differente en différentes circonstances : à l’aide d’un corps enflammé , ou en faisant passer au travers du mélange les rajons solaires rassemblés aa moyen d’une lentille ; on opère cette décomposition, elle n’.i pas lieu sans la lumière ou la présence d’un corps enflammé; dans te cas le chlore se combine à l’hydrogène carboné ; il en résulte de l’hydrocatbure dechlorc.

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(Celte opération exige des précautions, car elle est dangereuse, )

Le chlore peut être employé à reconnaître si des étoffes blanches, dites de coton , contiennent de la laine. Pour s’assurer de cela, on expose à l’action du chlore l’étoffe que l’on examine, et l’on voit la laine passer au jaune , tandis que le coton reste blanc.

Ce corps peut encore servir à reconnaître la présence de l’albumine qu’il précipite de sa dissolution; le précipité qui se forme après quelques instans est blanc, floconeux, se compose de filamens déliés, flexibles , élastiques, nacrés; les caractères chimiques de ce précipité sont d’être insipides, insolubles dans l’eau et dans l’alcool, faiblement acides, imputrescibles, de dégager du chlore spontanément et pendant plusieurs jours (ce dégagement est accéléré par une température un pff^lus élevée) , de brûler sur les charbons en donnant les produits des matières animales. Enfin ce précipité est soluble dans les alcalis avec lesquels il forme des hydro-chlorates; on peut le considérer comme composé d’albumine, de chlore et d’acide hydro-chlorique. Thénard (i).

U hydrogène sert a apprécier la proportion d’oxigène contenu dans l’air atmosphérique ou dans tout autre gaz: pour cela on prend une certaine quantité de l’air ou du mélange gazeux à examiner, on le fait passer dans ui> instrument appelé eudiomètre (de Volta), on y ajoute en^. suite de l’hydrogène en excès, et l’on y fait passer l’étin-

(i) Gujlon-Morve.'iu a appliqué le clilore à la désinfeclion de l’air contenant des miasmes putrides. {Voyez Chlore, chapitre arme. J

TRAni DES RÉACTIFS- 0*

celle éleclrifiue; la combinaison de tout l’oxigène s’opère à l’instant avec une partie de l’hydrogène en excès : il se forme de l’eau qui se condense. Connaissant le volume du gaz absorbé, on trouve par le calcul la quantité d’oxigène qui était contenue dans le mélange; en effet, la combinaison de l’hydrogène avec l’oxigène se taisant toujours dans les proportions définies d’un volume d’oxigène avec deux volumes d’hydrogène , s’il y a eu go parties d’absorbées , on peut conclure que le mélange contenait 5o parties d’oxigèno et6o d’hydrogène. Si le mélange gazeux ne contenait qu’une faible proportion d’oxigène , il n’y aurait point inflammation par l’étincelle électrique; il faudrait alors en ajouter une quantité connue dont oü tiendrait compte dans les résultats obtenus.

Il faut dans ces analyses, quand on fait le mélange de l’air à examiner avec le gaz hydrogène, mettre un excès de ce dernier pour être bien assuré que tout l’oxigène sera combiné.

Ij'iode est employé pour reconnaître la présence de l’amidon et réciproquement. La combinaison de ces deux corps prend une couleur qui varie du bleu au noir, suivant les quantités relatives de chacun d’eux. Pour reconnaître si une racine contient de l’amidon, on coupe trans- ^ versalement cette racine, et on laisse tomber sur la partie coupée une goutte de la solution alcoolique d’iode; si la portion de la surface imprégnée d’iode prend une couleur bleue ou violette, cela indique que cette racine contient de la fécule amylacée. Ce réactif est très-sensible, et c’est par lui qu’on a reconnu la présence de l’amidon dans la gomme adragante. Pour constater ce fait, on peut foire l’expérience suivante : on verse dans quatre onces

9^ TRAITÉ DES RÉaCTIES,

d’eau deux ou trois gouttes de solution alcoolique d’iode, ou y ajoute ensuite quelques morceaux de gomme; si cette substance contient de l’amidon, elle prend une couleur qui varie selon les proportions relatives d’iode et d’amidon : de quatre morceaux sur lesquels nous avons agi, deux ont été colorés en violet, un en bleu, le quatriéme n’avait pas changé de couleur. Ayant répété plusieurs fois cette expérience^ nous avons toujours trouvé parmi ces morceaux de gomme quelques-uns qui ne donnaient pas de traces d’amidon,

La solution d’iode peut servir à faire distinguer le palladium métallique du platine. A cet effet, on met sur des lames qu’on suppose être de l’un ou de l’autre de ces métaux, des gouttes de teinture d’iode , et l’on laisse réagir.Cette solution produit sur les deux métaux une tache noire; mais, par l’action du feu, cette tache disparaît sur la lame de platine, ce qui n’a pas lieu sur celle de palladium. Ce moyen a été indiqué parM. Lebaillif.

L’iode peut servir à reconnaître si un sirop de fécule contient encore de cette substance ou si la conversion en sirop est complète. Dans ce dernier cas, il n’y a pas de coloration si on ajoute de la solution d’iode, au lieu que dans le premier la liqueur prend une couleur bleue.

Le phosphore. Ce corps est employé, de même que l’hydrogène, pour faire l’analyse de l’air atmosphérique et des mélanges de gaz contenant de l’oxigène. Il est nécessaire que dans le mélange la quantité d’oxigène soit dans qrxe proportion moindre que les deux tiers du volume total; s’il est en proportion plus considérable, o.n doit ajouter de l’azote, sans quoi l’absorption n’aurail

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point lieu. Four s’assurer de la quantité d’oxigène contenue dans un mélange gazeux, on en lait passer loo parties dans une cloche graduée placée sur une cuve à mercure; on introduit dans cette cloche des morceaux de phosphore placés dans des tubes de verre qui les isolent les uns des autres ; on fait ensuite entrer dans la cloche une petite quantité d’eau, puis on abandonne le tout aux réactions spontanées pendant un certain temps. On voit se former des vapeurs blanches qui deviennent de plus en plus intenses; ces vapeurs se condensent dans l’eau, et l’opération est terminée lorsque le phosphore placée dans la cloche ne donne plus de lueur phosphorescente dans l’obscurité. On retire alors les tubes qui portent le phosphore, et le volume du mercure introduit dans la cloche , la pression étant la même^ représente la quantité d’oxigène absorbée par le phosphore. Ce gaz, en se combinant avec le corps combustible, l’a transformé en acide phosphatique. Ce moyen d’analyse n’est pas le meilleur pour reconnaître la quantité d’oxigène contenue dans un gaz; il y a toujours une petite quantité d’oxigène qui échappe à la combinaison, et le gaz azote reste combiné à une petite quantité de phosphore ; on doit employer l’hydrogène de préférence.

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