POIDS
égaux.
Air alraospliérique. . . .
Hjdrogèuc
Acide carLonicj ne • . • * Azote.
I,OOnO
o.golS ■ 1,1:583 1 >0000
Oxide d’azote
Gaz oléfiant
Oxide de carbone . . . .
Oxigène
Vapeur aqueuse
Los corps solides se fondent à des températures différentes 5 et les différons liquides exigent sous la même pression des températures différentes pou r sc vaporiser ( 1 ) ; • les uns et les autres en passant de l’état solide à l’état liquide, et de l’état liquide à l’état gazeux, changent de capacité pour la chaleur; ainsi, par exemple, la chaleur spécifique de l’eau étant à-peu-près la même à différens degrés de température entre certaines limites , si l’on mêle un kilogramme d’eau à 0“ avec un kilogr. d’eau à -f-
(1) La fusion et la vaporisation s’opèrent toujours entre les molécules intégrantes, car si les molécules constituantes peuvent être portées par la chaleur à la distance qui constitue l’état liquide tl à plus lüi'tc raison l’étal gazeux , le corps est décomposé.
' 58 TRAltÉ DES RÉACTIFS.
so“, »e mêltinge des deux kilogrammes aura une tempéalurc moyenne entre les deux températures primitives, (I est-à-dire -}- io°, tandis que si l’on mêle un kilogr. de neige à o° avec un kilogr. d’eau à 4“ 75°, le mélange des deux kilogr. sera liquide et la température sera o“. C’est ainsi que tous les corps en se fondant, absorbent des quantités de chaleur assez considérables , sans que leur température s’élève, et cela explique pourquoi dans la fusion de la glace , du plomb, de l’étain , du suif, etc. , tant qu’il reste des morceaux solides^on peut continuer à l'aire dufeusan.sque la température du bain augmente (i).
Le même phénomène dû à l’augmentation de capacité pour la chaleur, se représente lorsque les liquides portés à rébullition , se réduisent en vapeurs.
D après ce que nous avons dit, on conçoit que la pression atmosphérique s’opposant à la force expansive de la chaleur, la température t\ laquelle les liquides s’évapo- X’ent, doit être d’autant plus élevée que la pression qu’ils supportent est plus grande; en effet, l’eau par exemple , entre en ébullition à o° dans le vide; à loo degrés sous la pression atmosphérique de o™ 76 centimètres; età iC5
(1) La chaleur spécifique de l’eau étant égale .à . . . looo.
La chaleur spécifique de la glace est égale à . . . . 720.
La diminution de capacité ou j)crlc dans le passage de l’état liquide à l’état solide est de ....... . 2bti>
celle différence de 280, dans la capacité, est la meme dans le passage de l’élat solide à l’état liquide pour différetis cor|)S ; elle a été vérifit’e autant que cela est possible. Four le plomb , le bismuth et la cire; l’expérience est facile à faire avec le plomb parce que ce métal pur acquiert immédiatement nue gr.ini'i'. Iluidité sans prendre un état pâteux inteiniediairo. ( Uoiilhi y.
TRAITÉ DES RÉACTIFS. 5g
degrés SOUS la pression de cinq almosphères; sous ces dillérenlcs pressions et àcesdifférens degrés de température, la quantité de chaleur employeea la vaporisation de 1 eau, est la même , elle est égale d’après les expériences de MM. Désormes et Clément, quelques soient laitempératurc et la pression, à 65o unités de chaleur pour i kilogr. d’eau, et réciproquement la même masse de vapeur constituée dégagé en se condensant ào°, 65o unités de chaleur, elle élèverait donede loodegrés, 6 parties et demie d’eau, ou de 5o degrés i3 parties d’eau i\ o”.
De lil MM. Désormes et Clément ont conclu que celte quantité de chaleur est constante pour toutes les températures, même celles au-dessous de o’ (i) , et d’après la grande analogie que présentent toutes les vapeurs dans leur constitution, ils ont généralisé ces résultats sous celte l'orme.
Une masse donnée de vapeur constituée jusqidà saturation de t’espace, contient la même quantité de chaleur
([)Ea faisant l’expérience dans un calorimètre , ils ou t trouvé 'qu’un kilogramme de vapeur d’eau faisait fondre gkilogrammes C6 de glace, d’où rctrancliant le kilogramme de vapeur condensée, il reste 8 kilogrammes 6G; or ccltequautilé de glace tiquellrc re présente 8 kilogrammes 66 d’eauÙ75‘’j ou 8 , 66)^7b”-=6üo unités de chaleur. Ils ont vérifié cette quantité de chaleur dans la vaporisation de l’eau à zéro en mesurant la quantité de glace iormée dans l’expérience de Leslie rclatlvcaient à une quaulilé de vapeur constituée dans le vide; cdlc s’est trouvée pour un gramme d’eau vaporisée égale à 8 grammes 66 de glace formée. Donc la quantité de chaleur enlevée par la formation de la même masse de vapeur à o"* dans le vide est encore de 8, 66X75'= €'6o unités.
fio TnAITlî DES RÉACTIFS.
quelques soient la température , et la force élastique ( i).
Celte propriété de la vapeur sera sans doute féconde en résultats utiles; déjà les auteurs en ont conclu qu’il est presqu’indifférent sous le rapport de la quantité de chaleur de distiller dans le vide ou sous la pression atmosphéi’ique , ou enfin d’évaporer à une température inférieure avec le contact de l’air.
Les diverses altérations que la chnleur apporte dans l’état des corps, donnent lieu à des phénomènes remarquables qui procurent des indices sur la nature de ces corps. Nous allons décrire les principaux caractères que l’on reconnaît ainsi.
L’acide acétique, même à la température ordinaire de l’atmosphère, se volatilise, etl’odeurpiquante etagréahle qu’il développe ainsi , suffit pour le faire reconnaître ; étendu d’eau, sa tempéi’ature d’ébullition est au-dessus de celle de ce fluide, et à la distillation l’eau s’en sépdre la première; le contraire a lieu lorsqu’il est très-concentré.
L’acide arsénique se fond d’abord, puis se décompose lorsque la température est portée au rouge, il résulte de celte décomposition, de l’oxigène et de l’oxide d’arsénic.
(i) Celte loi nes’applique, comme ouïe pense bien , qu’aux dilTerens étals d’une même vapeur, puisque la formation des vapeurs exige des quantités de chaleur propres .à chacune; ainsi , il faut d’après MM. Desormes et Clément pour constituer les vapeurs suivantes :
d’Eau 65o unités de chaleur.
d’ Alcool 265
d’Ether 268
de Thérébentine . . • 200
d’Acide nitiique . . . ^oo
de Mercure . . , . 5o
TRAITÉ DES RÉACTIFS. fil
V acide benzoïque se sépare des résines qui le conlieniient, se volatilise, et se condense ensuite sous forme de petites aiguilles ; une chaleur plus forte le décompose comme les acides végétaux.
L’acide borique perd de l’eau de oristallisation et se vitrifie. L’opération doit se faire dans un creuset de platine.
L'acide citrique est décomposé en partie; il y a formation d’acide pyro-citrique, d’hydrogène carUoné, d’eau, d’huile, etc. Plusieurs acides végétaux présentent les mêmes phénomènes , et donnent naissance à de nouveaux composés, nommé pyro-acides.
L’acide galUque se sublime en partie , sans donner lieu à la formation d’un acide particulier. Si la chaleur est appliquée trop brusquement , U y a décomposition partielle.
L’acide hydro-chtorique se réduit en vapeurs piquantes, qui agissent sur l’économie animale. Ces vapeurs sont blanches et opaques, parce qu’elles condensent dans l’air l’eau qu’elles y rencontrent. L’acide hydro-chlorique à l’état de pureté est un gaz permanent pour nous.
L’acide nitrique est volatilisé et donne, par un commencement de décomposition de l’oxigènc et du gaz acide nitreux. Ce dernier gaz fait prendre une couleur rouge au mélange et aux vapeurs qui s’en dégagent (vapeurs rutilantes). La vapeur de l’acide nitrique est délétère et d une odeur facile à rcconnaîti'e.
L acide oxalique se fond dans son eau de cristallisation f[üi lorme o, ajS de son poids, s’épaissit et se décompose en partie en donnant lieu à des gaz dans lesquels la portion non décomposée se vaporise, presque complètement auhjdic, et se condense sous forme de cristaux radiés
6a TRAITÉ DES RÉACTIFS.
vers les parois et le col de lacoraue ou du ballon dans lequel on opère.
L’acide phosphorîque se vitrifie sans décomposition. Cette opération doit être faite dans un creuset de platine^ si on la faisait dans un creuset de teri’e, l’acide se combinerait avec les bases, et il en résulterait une matière vitrifiée.
L’acide phosphoreux porté à l’ébullition, une partie de son radical uni à l’hydrogène, brûle avec flamme, il reste dans le vase où l’opération s’est faite, de l’acide phosphorique.
L’ acide phosphaiique que l’on n’a encore obtenu que sous la forme d’un liquide visqueux, se décompose à la chaleur, il passe à l’état d’acide phosphorique en laissant dégager du gaz hydrogène phosphoré ; si cette décomposition a lieu dans une fiole ouverte, le gaz s'enflamme à la partie supérieure du col où il est en contact avec l’air.
Soit qu’on opère cette décomposition à vase ouvert ou à vase clos, le verre est attaqué au fond des tnatras ou ' de la cornue.
L’acide sorbique ou malique décomposé' en partie, donne naissance à l’acide pyro-sorbique (Lassaigne).
L’ acide subérique se volatilise et sc condense à la partie supérieure du vase en aiguilles allongées.
L’acide sulfurique, ù une température très-levée, est réduit en vapeurs blanches très-denses , causant une grande altération dans l’économie animale. Soumis à une plus forte chaleur ( rouge blanc ) dans un tube de poi cclaine, il se décompose et donne naissance a de 1 acide sulfureux et à de l’o-xigène..
Vacïdc urique est décomposé , et il se forme de l’acide pyro-urique, de l’eau, de l’huile , du carbonate, de l’hydro-cyanate et du pyro-urate d’ammoniaque.
Les acétates sont décomposés; quelques-uns donnent pourproduits del’eau, unpcu d’acide acétique, del huile, du charbon et des sous carbonates. D’autres, tels que 1 a^ cétate de cuivre, donnent de l’acide acétique, dont une partie est décomposée (i). L'acétate de plomb donne en-^ tre autres produits, de l’esprit pyro-acctique, maliéie éthéréc très inflammable.
L’alcool à 56’ (esprit de vin) est réduit en Tapeur a une température plus basse que celle de l’eau, et qu on évalue à j-8'’ centigrades. On se sert de cette propriété pour séparer ce liquide par la distillation. La vapeur de l’alcool est plus dense que celle de l’eau. (On doit avoir égard à cette propriété dans la construction des alambics).
L’alun (sulfate d’alumine et dépotasse ou d’ammoniaque ou d’alumine de potasse et d’ammoniaqne), est décomposé en partie. La matière spongieuse que l’on en obtient (alun calciné) , contient une quantité notable de sous-sulfate d’alumine, formé par la volatilisation d’une partie de son acide; et du sulfate de potasse s’il était à base de potasse. A une température plus élevée l’acide sulfurique se sépare de l’alumine en se décomposant en acide sulfureux et en oxigéne, et on obtient pour résidu du sulfate de potasse et de l’alumine , ou del’aluminepure, si l’alun employé était à base d’ammoniaque seulement»
L’alun à base de potasse et d’alumine, chauffé forle-
(i) C’est un {les moyens employés en pharmacie pour oblciviï le'iiiai^M'c radical, ( Acide .icélicpic couccnU’é)»
(>(i| TRAITÉ DES réactifs.
iiieiil avec du cliarbon Irès-divisé , ou mieux encore avec delà farine dans une fiole de verre lutlée, donnent un produit particulier nommé pyrophore. Cet efl'et n’a pas lieu avec l’alim à base d’ammoniaque. (Ce serait un moyen de distinguer ces deux selsj.
U amidon, à la température de 5o à 55® degrés, cliangc de nature et devient susceptible de se dissoudre dans l’eau, et d’être employé dans les arts, pour remplacer la gomme. A une température plus élevée, il est décomposé et réduit en charbon; l’hydrogène, l’oxigène et une partie du carbone se réunissent et donnent naissance à des produits secondaires (eau, acide acétique, huile, hydrogène carboné, etc).
L’ ammoniaque , qui , à l’état de pureté est un gaz permanent, dissoute dans l’eau, est séparé de ce liquide à l’état gazeux par la chaleur; soumis à un degré de température élevé dans un tube de porcelaine rempli de tessons de grés, de porcelaine ou de rognure de fer, le gaz ammoniaque se décompose et donne naissance à du gaz hydrogène et de l’azote , dont le volume est plus cbnsidérable que celui du gaz employé. Cette augmentation de volume est due à ce que dans la combinaison du gaz azote avec l’hydrogène , pour former l’ammoniaque , il y a condensation de la moitié du volume des deux gaz : ainsi, loo parties de gaz ammoniac décomposé donnent en volume 200 parties de gaz, composé de i5o d’hydrogène et de 5o d’azote. Les huiles d’ olive, de graines , de noix, décomposées par la chaleur , donnent divers produits suivant le degré de température auquel elles sont exposées. Ces altérations ont été étudiées avec soin dec-
TRAITÉ DBS RÉACTIFS- 05
nlèremcnt, et présentent des résultats fort importaiis dans leur application à l’éclairage au gaz.
L’antimoine, à 452 degrés centigrades (au-dessous de la chaleur rouge) est fusible; chauffé au rouge blanc, et projette sur le sol, il s’y divise en une foule de globules qui brûlent avec un éclat très-vif, laissant des traces blanches, (oxide d’antimoine). Lorsque ce métal est chauffé au contact de l’air , il se sublime des petites aiguilles argentines qui sont de l’oxide d’antimoine, nommées autrefois fleurs argentines antimoniales.
L’argent entre en fusion à 558° centigrade de température (un peu moins élevée que le rouge cerise), correspondant au 23”' degré du pyromètre de Wedgewood. Par un refroidissementlent, il cristallise en prismes quadrilatères; chauffé fortement au contact de l’air, il se volatilise : une lame d’or exposée dans sa vapeur est blanchie et argentée.
La combinaison de l’oxide de ce métal avec l’ammoniaque (ammoniure d’argent) , se détruit à une température assez basse, avec détonation, et le métal est réduit.
L arsénié se volatilise à l’état métallique avant de se fondre, s il est à l’abri du contact de l’air; dans le cas contraire, il brûle avec flamme, absorbe l’oxigène de 1 atmosphère, et passe à l’état d’oxide. L’odeur alliacée qui se dégage, quand on échauffe de l’arsénic, le fait distinguer de tous les autres métaux. Sa volatilité s’oppose a ce qu on puisse déterminer le degré de température auquel il entre en fusion.
Les Benzoates sont décomposés. Une partie de l’acide sc volatilise, 1 autre est décomposée et doiinc les mêmes
GO ïnAiTK DES nÉACTirs.
^irodiiits qu’on oljliontdcs inaliùros végclales. Si la base est fixe, elle reste dans le vase oi'i la décomposition s’est opérée : à l’état de sous-carbonate, si elle est à base de potasse ou de soude; à l’état métallique, si c’est un oxide lnétallic}uo.qui ait peu d’affinité pour l’oxigéne.
Le bismuth se fonda 247 degrés centigrades; il est susceptible de cristalliser en octaèdres en refroidissant. On peut distinguer ce métal de l’antimoine, avec lequel il a quelque ressemblance, en ce que, échauffé fortement et projetté sur le sol, il ne brCdc pas avec un éclat aussi vif.
Le borate de soude ( sous ) éprouve la fusion aqueuse et ignée ; cette dernière le rend très-utile comme fondant dans les essais minéralogiques , et pour souder les métaux.
On peut, à l’aide du chalumeau, reconnaître la nature des concrétions formées dans les urines des malades et sur lesquelles les clnmistes, comme les médecins et les pharmaciens, sont souvent consultés. Nous présentons ici un extrait des procédés indiqués par M. Bersélius (1).
• Les calculs-urinaircs à' acide urique, chauffés sur une feuille de platine ou sur un morceau de charbon (2) , fument en répandant une odeur animale et se charbonnent; leur masse diminue à la flamme; vers la fin du grillage, on les voit brûler avec Un accroissement de lu-
(1) i)o l'emploi du chalumeau — 1821 — m So.
(2) M. Biilly SC sert avec avant.ige de petites soucoupes de 79 millimètres composées de terre à porcclaioc fine et de belle terre à pipe. Voyez le chapitre des appareils.
TKAITL des nÊACTIFS. 67
lïiîère. Le réskiii esl une petite quantité de cendres trèsalcalines. Jusque-là ces calculs ne sont pas suffisamment caractérisés, puisque d’autres substances se comportent de même on les essaie par la voie humide.
On met un dixième de grain de ce calcul sur une feuille de platine mince ou de verre, avec une goutte d’acide nitrique : on chauffe A la flamme de la lampe, l’acide nitrique le dissout avec effervescence, on des-^ sèche avec précaution pour ne pas brûler, et 1 on obtient ^ une belle couleur rouge.
Si la matière essayée contient seulemènt une faible proportion d’acide urique'; elle donne un résidu noir par ce procédé; il faut alors dessécher plus lentement, et exposer la matière desséchée avec un peu d’ammoniaque affaiblie.
Si le calcul est un mélange à' acide urique et de phosphate de chaux ou de magnésie, il se charbonne et se consume de même ; mais le résidu de combustion n’dst ni alcalin, ni soluble à l’eau. Ces calculs présentent d’ail-' leurs avec l’acide nitrique et l’ammoniaque, la belle couleur rouge de l’acide ui’ique. Les cendres contiennentdes phosphates de chaux ou de chaux et de magnésie. Ceux-ci chauffés plus fortement se fondent en une sorte de vitrification.
Les calculs d’urate de soude (1), chauffés sur le charbon, noircissent en donnant une odeur animale empyreumatique. Les cendres sont fortement alcalines et capables de vitrifier la silice; lorsque ces calculs con-
(0 Que l’on n’observe guère que dans les concrétions des goutteux autour des articulations.
08 TnAITli DES KÉACTIF?.
licnncnl des pliosphates, ils donnent un verre blanchâtre ou gris opaque.
Les calculs d’urate d’ amvioiüaque se comportent au chalumeau comme ceux d’acide urique; la potasse caustique leur fait exhaler, à une douce chaleur, beaucoup d’ammoniaque dont l’odeur est facile à distingner de celle que développe la potasse dans la plus part des produits animaux. On trouve aussi dans ces calculs de l’urate de soude.
Calculs de phosphate de chaux; ils noircissent en exhalant l’odeur empyreumatique^ animale, sans se fondre; seuls au feu de charbon, ils blanchissent comme le phosphate calcaire. Avec la soude ils se gonflent sans se vitrifier , si on les dissout dans l’acide borique et qu’on les fonde avec un peu de fer, on obtient un culot de phosphore de fer.
Les calculs de phosphate ammoniaco-niagnésiens, chauffés seuls sur la plaque de platine, exhrilent l’odeur empyreumatique animale se noircissent, se gonflent et deviennent d’un blanc gris, on obtient enfin un émail d’un blanc grisâtre.
Le borax les fait fondre en un verre transparent, ou qui vire nu blanc laiteux en refroidissant. La soude les fait fondre en une sorte de scorie blanche, boursouflée, un excès desoude les rend infusibles; avec le fer ou l’acide borique, ils donnent du phosphure de fer; avec le nitrate de cobalt, un verre d’un rouge foncé ou brun. Le mélange est moins fusible quand ces calculs contiennent de la chaux.
Les calculs d’oxalate de chaux exhalent d’abord l’odeur urineuse, ils deviennent d’une couleur mate, et leur
traité t)ES RÉACTIFS. 69
(îouleUr s’éclaircit après avoir clé chauffés modérémcut. Le résidu fait eflèrvcscencc avec l’acide nitrique. Chautfés plus fortement, il reste de la chaux sur le charbon. Celle-ci réagit sur les couleurs végétales comme les alkalis , et s’clciiit avec l’eau , ce qui n’a pas lieu quand le résidu tient du phosphate de chaux.
Lès calculs siliceux chauffés Seuls laissent une cendre infusible; traitée avec un peu de soude; elle se fond avec efferveseertee; léntemeut, et laisse une bulle de verre gris du peu transparent.
Les calculs à'ôxide cysüque domient à-pèu-près les mêines résultats que ceux d’acide urique au chalumeau ; ils s’enflamment en produisant uné couleur verte, ne se rendent pas, et répandent une odeur acide. Vive, particulière, et qui , a quelque rapport avéc celle du cyano- ■gèné; leur cendre n’est pas alkaline , elle seréfdut, par un coup de feu, en une masse blanche grisfttre, l’acide nitrique n’y développe paS de couleur roUge comme dans le traitement deS calculs d’acidé urique.
Le camphre se volatilise à line température assez basse ; l’odeur forte qui lui est tout à fait propre , peut être considérée comme un caractère distinctif. A la température ordinaire de l’atmosphère , il se réduit eh vapeurs dans les vases où on le conserve, et il se condensé en plusieurs points sous forme de petits cristaux.
Les camphoralcs sont décomposés comme les autres sels végétaux.
Les carbonates peuverit être rangés en quatté classes ^ i° ceux qui sont décomposés en laissant pour résiduS
•jO TRAITÉ DES REACTIFS.
leurs oxîdcs, le carbonate de chaux , celui ûcmagnèsîe[i), Le carbonate de diaux fondu dans un vase clos, à une très haute température avec pression, se fond et donne lieu , par un refroidissement lent , à une cristallrsation semblable à celle du marbre (2). 2“ Ceux qui sont volatilisés à une basse température et sans décomposition , le sous carbonate d’ammoniaque (5). Enfin,’ ceux qui subissent une altération partielle , et passent à l’état de sous carbonate en perdant une partie de leur acide. {^Ex. le carbonate de soude de potasse etd’am noniaque). 4'’Ceuxqui n’éprouvent aucune altération, le carbonate de baryte et de strontiane.
Le cérium entre en fusion d’une manière imparfaite une très haute température. Plusieurs expériences constatent sa volatilité.
Les citrates sont décomposables comme les autres sels végétaux.
Le chlore humide tel qu’on le prépare, est condensable à la température de 2® au-dessus de o"' , son odeur forte très caractéristique, suffit pour le faire reconnaître : il n’est décomposable à aucune température, lorsqu’il est sec; dans l’état des connaissances actuelles, il est au nombre des corps simples ; à la température ordinaire, il a une énergie très-forte sur les matières animales. On a fait une application utile de cette propriété pour dé-
(1) C’est sur celle propriété qu’est basée la préparation tic la chaux vive et de la magnésie caustique.
(2) C’est probablement par un procédé fondé sur ce fait que l’on fabrique depuis peu des statues de marbre moulé.
(3) C’est en le volatilisant dans des vases convenables qu’on obtient le sous carbonate d’ammoniaque purifié.
Tn,VITÉ DF.S RCACTIFSl jî 1
tviiirc les niiftSincs piitri<los îiuxfjiicls il enlevé 1 hydrogène. Celte altération Suflit i«)ur ôter à ces substances leurs propriétés nuisibles.
Chlorures. Les uns sont fixes, tels que ceux de baryte d’autres sont volatilisés ccmnie ceux de mercure, de Ici j d’antimoine , etc. (i).
Le cobalt se fond à i5o' dU pyrométre; il est fixe à toutes les températures : on peut obtenir ce mél'al cristallisé en prismes irréguliers. A une température élevée, il absorbe l’oxigéne de l’air et donne un oxide noir. Il devient ductile par l’action delà chaleui’.
Le cuivre se fond à 788, centigrades environ, ou 27 » du pyromètre de Wedgewood ; passé ce degré de température, il commence à se volatiliser, et communique à la flamme une couleur verte : par le refroidissement on peut l’obtenir cristallisé; sa forme est un prisme quadrangulaire ; la couleur de l’iris qu’il prend à unë tempéraluré moins élevée que celle de la fusion , est due à un commencement d’oxidation. .
Le chrome^ quoique très réfractaire, se fond à un degré de température que l’on n’a pas encore déterminé; il se convertit en oxide vert, (vert de chrome. Vauquelln).
L’eatt est ordinairement solide au zéro des thermomètres Héaumur et centigrade et au-dessous; elle est liquide au zéro de ces mêmes thermomètres et au-dessus; à 8o''Réautnur etioo° centigrades, 212 Fahrenheit, elle se réduit en vapeur. A cet état, elle contient une très-grande quantité de chaleur; qui peut être mesurée par le calorimètre
(1) La propriété que possèdent quelques chlorures de se volatiliser par l’action de la chaleur , donne le moyen pour les obtenir à l’état de pureté. Les chlorures de mercure, d’antimoine.
^2 TRAITÉ DBS RÉACTIFS.
de Lavoisier et de M. Laplace, cl par celui de Rumford} elle est égale suivant ce dernier à 5G7 unités, et suivant Clément ù65o unités. Voyez chaleur(i).
L’étain se fond à 228” centigrades; à une température beaucoup plus élevée, il se réduit en vapeurs; porté au rouge, si on le jette sur le sol, il se divise en globules incandescents , mais qui brûlent moins vivement que ceux d’antimoine; il se distingue encore de ce dernier, en ce qu’il laisse un oxide grisâtre plus pesant. Fondu à une température élevée et avec le contact de l’air, il peut
(1) La vapeur d’eau a une densité relative à la température ct.à la pression qu’elle subit. La table suivante, dressée d’après des expériences exactes de M. Taylor, quidonneccs relations, peiil-
* être utile à consulter, pour calculer la puissance delà vapeur dans les différents systèmes de machines .à vapeurs.
Il faut savoir de plus que la vapeur d’eau à toutes les tem- ^ pératures et toutes les pressions, contient sous le même poids précisément la même quantité de chaleur. On doit la connaissance de cette loi à MM. 'Désormes et Clément, en France, et Walt en Angleterre; ils l’ont trouv ée dans le même temps.
Températute
Pression.]
Volume
Poîtls d’un nièlre
centigrade.
d’un Vilo.
cube.
5 atmosph.
400 litres.
2 k. 5oo ge
lâg
o,o* *ii 9
0,ÜU;4
Ctrc oxide en totalité, si l’on a le soin d’enlever l’oxide à mesure qu’il se forme à la surface du bain métallique.
Veiher sulfurique se volatilise à la température de l’atmosphère et au-dessous de o; il entre en ébullition i 56” : son odeur pénétrante suffit pour le faire reconnaître (i). La densité de sa vapeur est plus grande que celle de la vapeur, d’alcool et de mercure (Dalton et Gay Lussac).
'L’éther hydrochlorique est plus pénétrant encore que le précédent; sous la pression de 0,76 c. , et au-dessus de la température de 11° il est toujours gazeux; il est liquide au-dessous. Tous les élhei’s sont inflammables même à distance de la flamme. Cette propriété est due ù leur extrême volatilité; elle exige des précautions de la part de ceux qui les emploient.
Le fer se fond à x58'’ du pyromètre; il reste fixe à tous les degrés de température auxquels on a pu le soumettre : on ne connaît donc pas le point où il est susceptible de se vaporiser. Chauffé au rouge-blanc et exposé a l’air , il brûle en scintillant et forme l’oxide noir, dur et cassant , que l’on çonnaît sous le nom de battitures de fer.
Fluates. La chaleur n’opère point la décomposition de ces sels. Le fluate d’ammoniaque seûl passe à l’état de sel avec excès d’acide en perdant une partie de sa base pan l’action de la chaleur. Celui de chaux se fond en un émail blanc.
(i) On peut facilement reconnaître l’impureté de l’éther du. commerce (qui, assez ordinairement, conliciil une matière huileuse) cn en mettant sur la main l’étlicrse vaporise, et laisse une odeur plus ou moins désagréable, scion son degré de pureté: s’î ne laisse pas d’odeur , c’es( uuc preuve que l’éther a été conveua'^ blemcnt préparé.
5^4 TRAITÉ DES REACTIFS.
gallates , comme les autres sels végétaux, éproui vent une décomposition et une désunion partielle de leurs principes constituants; une partie de l’acide gallique se volatilise sans décomposition et se condense dans lapartie supérieure du ballon ou de la cornue dans lesquels on opère.
Les gaz permanents à toutes les températures et tou-r jours sous la même forme, augmentent, comme l’air, de volume dans la proportion de rji’jTï» de 0,005^5 » par chaque degré du thermomètre centigrade. C’est sur cette propriété d’une dilatation régulière qu’est fondée la construction du thermomètre à air.
La glucine est infusible et inaltérable à tous les degrés de température.
Les gommes sont décomposées et donnent les produits des végétaux, plus une petite quantité d’ammoniaque ( Vauquelin ).
La graisse est décomposée et donne une huile qui se volatilise, de l’acide sébarique, etc. On n’a pu jusqu’à présent découvrir ^ dans ce produit obtenu des matières animales, la présence de l’azote. La graisse , exposée à la chaleur, répand une odeur acre, suffocante, désagréable et très-nuisible.
Les huiles essentielles peuvent être en partie distillées. Leur odeur assez forte, surtout quand on les chauffe, les fait reconnaître. Quand elles sont très-chaudes, elles s’enflamment facilement par le seul contact d’un corps ignition, et brûlent en dégageant beaucoup de carbone , entraînant souvent une partie d’huile dont les propriété^ sont modifiées; elles donnent les produits dç la décomposition des végétaux.
tb.utü des réactifs. 70
Ilydrocyanalcs. Ouelqucs-uiis se transforment en cya.. mires, d’autres se décomposent par la chaleur. L’hydro- ('yanate de fer laisse pour résidu de l’oxide de fer cette propriété peut faire distinguer le bleu de Prusse du corps suivant, dont la couleur est à peu près semblable.
V indigo se volatilise sous forme de vapeurs d’une belle couleur pourpre, qui se condensent si on leur présente un corps froid. Cette volatilisation est d’autant plus complette que l’indigo est plus pur; mais elle n’est jamais totale. (Chevreul).
L’iode se volatilise sous forme de vapeurs violettes ; ces vapeurs dilTèrent de celles de l’indigo par la couleur, l’odeur et par la forme qu’elles présentent après leur condensation. C’est à cette couleur violette qu’est dû le nom d’iode que l’on a donné à cette substance.
La magnésie est infusible et indécomposable par la chaleur à tous les degrés : mêlée à d’autres oxides métalliques (la chaux, l’alumine) elle devient fusible.
Le manganèse est très-réfractaire; on peut cependant le fondre à 160° du pyromètre.
Le mercure est fluide à la température ordinaire de l’atmosphère; il se solidifie à 39“ 44 au-dessous de zéro ; il entre en ébullition à 347^ centigrades, et est susceptible de se réduire totalement en vapeurs, si l’on continue la chaleur au même degré. Les vaj>eurs du mercure sont plus légères que celles de l’éther. Si l’on reçoit cette vapeur sur l’or et le cuivre, elle se condense, et blanchit ces métaux ; mais cette couleur est plus luisante que celle de l argent, et les métaux blanchis par le mercure sont plus doux au toucher que les métaux argentés : c’est un moyen de reconnaître la présence de ce métal. Le mer-
TI\ATTÉ des RlUcTlF?.
cure exposé à la chaleur dans un vase de forme parücu-i lière (dont Boyle s’est servi le premier, et qu’on a nommé/2?7i/cr dn Dojle) , s’oxide, prend une couleur rouge, donne des cristaux qui sont plus ou moins gros, plus ou moins réguliers, suivant que la température à laquelle s’est faite cette oxidation est plus égale ; ces cristaux , exposés à une plus haute température, perdent l’oxigène qu’ils avaient absorbé, et passent à l’etat métallique. Il est très-peu d’oxides métalliques susceptibles de présenr ter ce phénomène d’une manière aussi marquée. D’après des expériences de M. Vauquelin, cet oxide l’ouge de mercure est soluble dans i5oo parties d’eau environ; et leur solution sans couleur cristallise, parrefroidissement en lames jaunes grisâtres. Cette dissolution , qui est alcaline, est précipitée par l’hydrogène sulfuré en flocons noirs; exposée au contact de l’air, elle absorbe l’acide carbonique sans être précipitée. Elle a une saveur mercurielle.
Les miüdaies [ bydrochlor cites) , ce\m d’ammoniaque excejStè, sont susceptibles d’être réduits en chlorures par l’action de la chaleur. Dans ce cas, l’oxigcne de leur oxide se porte sur l’hydrogène de l’acide pour former de l’eau qui se dégage; le chlore et le métal s’unissent (i) ; celui de soude décrépite.
(i) C’est ici le lieu de rapporter ce qui est arrive .à l’un de nous: voulant s’assurer si les liydroclorates fondus ctaieut véritalilenuut privés d’eau , il a traité les chlorures de sodium , de potassium et de. calcium par l’acide borique fondu et tenu long-temps en fusion dans un creuset de platine. Ayant introduit dans une corn\ic le mélange d’acide borique sec cl de chlorure fondu /ce mélange ,
TBAITIÎ: DES BÉACTIFS. 77
Le nickel est susceptible de fondre à iGoi du pyromètro de >VedjjcAVood; il se volatilise à une plus haute température. Son oxide est réductible. Pendant sa réduction, il se volatilise une partie du métal que l’on retrouve en grains attachés au couvercle du creuset. A la température rouge, il absorbe l’oxigène de l’air. Il résulte de cetts combinaison un oxide d’un vert brunâtre. On peut constater l’action de l’oxigéne en faisant arriver ce gaz dans un tube de porcelaine contenant- ce métal chauffé au rouge.
Les nitrates sont décomposés ; ils laissent dégager de l’oxigène , de l'azote et du deutoxide d’azote , qui abandonnent la base à laquelle ils étaient unis; lorsqu’elle est fixe, elle reste dans le creuset où la décomposition s’est faite. Le nitrate d’ammoniaque présente des caractères particuliers ; il se décompose et donne lieu à une formaT- •tion de pro'toxide d’azote qui se dégage et d’eau qui reste dans la cornue. Projette sur un fer chauffé assez fortement, mais sans être rouge, il brûle avec flamme; c’est le seul nitrate qui présente ce caractère. D’autres nitrates projeltés sur un charbon incandescent , font brûler vivement ce corps combustible, et il on résulte des produits nouveaux, dont une partie entre en combinaison avec la hase du nitrate qui a été décomposé. Quelques nitrates, en se décomposant, colorent la flamme de diverses manières. Le nitrate de strontianc en pourpre, celui de cuivre en vert, celui debarite eu jaune, 'etc.
«-li.-iullc, laiss.iit (lèj;a{;er^ une très gr.incle quanùté d’un gaz qui .Tv.ail toutes tes propi ictés du gaz «acide lijdrocliloriquc Nepourrail-pnpas inférer de ce fait, que les Iiydroclilorales foiidusqu^, présentent ecs pliénonvènes ne peuvent cire regardés comme des (lilprurcs ?
7^ TBAni DES nÉACTirs.
L’or esl fusible à 52“ de "WcdgeAvoocl ; chauffé à un plus haut degré de température, et tenu en fusion au contact de l’air, il se volatilise. Si l’on place au-dessus du vase où ce métal est fondu une lame d’argent, l’or s’y condense et cette lame se trouve dorée. La valeur de ce métal permet de traiter les suies des cheminées des oi’- J'évres pour extraire l’or qu’ils contiennent.
Les oxalates sont décomposés comme les autres sels végétaux, Ceux de cuivre, d’argent et de mercure, donnent de l’acide carbonique, de l’eau et du métal; les oxalates de plomb, de zinc, donnent de l’oxide de carbone, de l’acide carbonique, de l’huile et un oxide moins oxidéque celui qui était combiné à l’acide oxalique. {Dulong).
Les oxides présentent divers phénomènes : les uns sont réduits; ceux qui ont peu d’affinité pour l’oxigène, les oxides d’or, d’argent, de mercure et de platine; d’autres absorbent une nouvelle quantité d’oxigène, ce sont les protoxides de plomb, de fer, de cuivre; enfin d’autres oxides sont ramenés à un état d’oxidaiion moindre : le peroxide de Manganèse, etc. Les degrés de température influent beaucoup sur les combinaisons de l’oxigène avec les métaux. Tel oxide peut absorber l’oxigène à un certain degré de température, et laisser dégager ce gaz à un degré de température plus élevé; l’oxide de mercure est dans ce cas.
Les phosphates sont indécomposables parla chaleur, excepté Id phosphate d’ammoniaque , dont la base se volatilise. Ceux de potasse et de soude se vitrifient , et souvent celle propriélé les rend utiles dans les essais au chalumeau. Le phosphate de chaux se vitrifie aussi à une température plus haute. Si cette vitrification a lieu diuis
un creuset de terre j il donne lieu a une mutioïc \itieuse diaphane.
Les phosphites se décomposent, donnent du phosphore, de l’hydrogène phosphuré, et il se forme des phosphates.
Le phosphore est fusible à Sy” centigrades. Chauffé sans le contact de l’air , à une température plus élevée, il est susceptible de passer entièrement à la distillation; exposé au contact de Lair humide, à la température ordinaire , en morceaux isolés , il brûle lentement et forme de l’acide phosphatique; à une température plus élevée, il brûle rapidement et donne lieu à un grand dégagement de chaleur et à la formation des acides phosphoreux et phosphorique. Cette combustion se faisant avec facilité , et souvent avant qu’on ait pu le prévoir, lorsque des morceaux de phosphore sont mis en masse et abandonnés à l’air libre, elle cause des accidents terribles que l’on peut arrêter en partie en mettant d’abord sur les brûlures occasionnées par le corps combustible des solutions étendues d’ammoniaque, de soude, dépotasse, ou de carbonates alkalins , qui saturent l’acide formé pendant la combustion; cet acide détermine une irritation extrêmement vive sur la brûlure.
Le plomb, fusible ù 522'’ centigrades , s’oxide et passe d un degré d’oxidation inférieur à un degré plus avancé, il forme ainsi la litliarge ou le massicot et le minium. La température de fusion de Vétain, qui est de 228’, comparée à celle du plomb , qui est de 582” , a donné occasion d unir ces métaux pour en former un alliage plus facile à fondre que le plomb et moins que l’étain , mais ît (|es degrés diflérents, selon les quantités relatives des
80 TIUITÉ DES KÉACTIFS.
deux métaux J et d’autant plus difficile à fondre que la proportion d’étain est moins considérable. Cet alliage est destiné principalement à souder ensemble et à recouvrir la surface de plusieurs métaux. Cette soudure se sépare des lames qu’elle recouvre à des degrés de température intermédiaires entre la fusion du plomb et celle de l’étain. Les plombiers, les chaudronniers connoissent cette analise pratique, et ils en font utilement l’application.
Les rés'mes se décomposent en donnant les produits des matières végétales; on obtient du charbon tres-divisé (noir de fumée), qui est entraîné par les produits de la combustion,
Le soufre présente, suivant les divers degrés de terapé-' rature qu’il éprouve, des phénomènes particuliers. A la température de 25 à 3o degrés (en le tenant dans la main par exemple) , il fait entendre un cri particulier, puis U éclate et se brise en morceaux; à 108^ centigrades, il se fond et acquiert une couleur rouge-hyacinthe, qui varie d’intensité : cette couleur est due à un commencement d’oxidation (1). Par un refroidissement lent, il cristallise. Tenu en fusion pendant quelque temps , si on le coule dans l’eau, il reste dans un état de mollesse qui permet de le malaxer ; cette propriété dure un certain temps qui peut être assez long pour qu’on puisse prendre des empreintes. A une température plus élevée, il entre en ébullition, se volatilise et se condense sous forme de flocons jaunes légers, auxquels on a donné le nom do
(t) Des expériences faites .à cet elTet ont démontré la prcsenco del’nxigéne; mais nous n’avoiis pas pu ( iicorc déterminer cxat'‘ Icincnl In (inantité contenue dans ce Rcoloxide de soufre.
traité des réactifs. 8t
fl<!lirs de soufre. A i5o», avec le contact de l’air, il brûle avec une flamme bleue et donne lieu a de 1 acide suliu-^ 1-cux (ij, que son odeur pénétrante fait reconnaître, ainsi que la propriété de suffoquer , d exciter la toux. On se sert de la propriété qu’a ce corps de se volatiliser pour apprécier la quantité de soufre pur contenue dans le soufre brut du commerce. Le prix de cette substance devrait toujours être déterminée par l’un des essais que nous allons indiquer (2).
Le 1" procédé est le plus simple et à la portée de totit le monde : on pulvérise un échantillon commun pris dafts vingt endroits du tas de soufre dont on veut apprécier la valeur; on en pèse exactement une quantité quelconque, 100 grammes par exemple; on le dessèche à l’étuve sür un hain de sable ou sur la table d’un poêle. On reconnaît la perte qu’il a éprouvée par l’évaporation de l’eau qu’il contenait; nous supposerons qu’elle soit égale à 4 centièmes; on opérera la combustion complète des 96 de soufre dans une capsule de terre cuite ou de platine placée sur des charbons ardens et à l’air libre, sans élever la température jusqu’au rouge-brun. 'Après le refroidissement, on pèsera le résidu de la combustion et Ton ajoutera le poids trouvé à celui perdu par la dessication ;
(1) Il y a quelque fois, pendant la combustion du soufre datts l'airlibre formation d’une petite quantité d’acide sulfurique, on u’a donné jusqu’ici sur la formation de cet acide aucune théorie.
(2) Beaucoup de négociants estiment le soufre au coup-d’œil, c, à, d, suivant sa couleur, son poids, sa forme, (terne ou cristalline). On conçoit que ces caractèresne peuvent donner des indices certains ;,cten effet , il arrive fréquemment que le soufre auquel on a donné la préfcrcacc est le moins riche en soufre récL
S'i TRAITÉ DES RÉACTIFS.
si , par exemple, le poids du résidu est égal à 5 grammes^ en additionnant ces 5 grammes avec les4gi’ammes perdus par la dessication, on aura une perte égale à g grammes; On pourra conclure do cette expérience que le soufre essayé contenait au plus loo — g ou gi centièmes de soufré pur; mais il serait possible qu’il en contint moins encore; En effet, quelques matières étrangères peuvent être altétées pendant la combustion du soufre, de manière à diminuer le poids que formerait le résidu (i). Si l’un veut obtenir des résultats plus exacts^ on pourra suivre le procédé suivant :
On prend un poids donné de soufre; on l’introduit dans une petite cornue de verre; on adapte à la partie inférieure de la cornue un ballon surmonté d’un tube de sûreté , dont on fait plonger l’extrémité dans l’eau ; on lutte' les jointures; on chauffe la cornue pour volatiliser lé soufre. Quand toutes les parties volatiles sont passées j on arrête le feu, on laisse refroidir l’appareil, ensuite oii le délute et on pèse séparément et le soufre et le résidu de la distillation; On voit par les rapports obtenus que! étoit le degré de pureté de ce corps;.
Les substances animales se décomposent en leurs élé* mens, l’hydrogène, l’oxigène, le carbone et l’azote, qui se combinent dans des proportions nouvelles pour former de l’eau, de l’huile, de l’ammoniaque, en partie libre, et en partie à l’état de sous-carbonate et d’hydro-cyanate. Pour cc/nstater si un corps contient de l’azote, il
(i) Comme le soufresec.ne conlient que très peu de m.ilièr<s étrangères combustibles ou susceptibles de diminuer de poids par la chaleur , l’erreur serait très légère;
TRAITU DES RÉACTtFSi
faut înlroiliiire ce corps dans un tube de verre fermé par un bout, puis le chauffer en ayant soin de placer à l’extrémité ouverte de ce tube un morceau de papier de tournesol rougi par un acide et humecté , si le papier rougi, mis en contact avec les vapeurs résultantes de la décomposition du corps dont on cherche la nature, passe au bleu, on peut être assuré de la présence de l’azote et parconséquent que ce corps est animaliséi II anive cependant quelquefois que la quantité d’azote contenue dans le corps soumis à cet essai est assez peu considérable, pour donner naissance à la quantité d’ammoniaque nécessaire à saturer les acides qui se forment en même temps ( C’est ce qui a lieu pour certaines matières végétales azotées). Dans ce cas, pour s’assurer s’il n’y a pas eu d’ammoniaque formé, il faut traiter la substance par la potasse caustique, observer si ce mélange est suivi d’un dégagement d’ammoniaque, ce qui a lieu si cet alcali contenu était combiné à un acide. On reconnaît l’ammoniaque libre à son odeur et aux vapeurs blanches qu’il produit lorsque l’on met son gaz en contact avec l’acide nitrique ou hydro-chlorique affaibli (i); on peut aussi reconnaître la présence de l’ammoniaque dans une substance, en le mettant dans une cornue avec de l’eau et un excès d’alcali; on soumet ce mélange à la distillation , si l’eau distillée obtenue contient de l’alcali volatil, elle est alcaline et bleuit le papier de tournesol rougi ; ou verdit les papiers bleus de mauves, de Dalhias etc. Saturée par un
(i)Cr.s vapeurs sont le résultat de la rombinaison de l’aride rt <lc nuioiiitii.u|ur ( nitrate et hjdroclilorate ) , qui se précipite dans
84 TIIÀITÉ Dts REACTIFS.
nuide, et évapoi ce, elle donne lieu à un sel à base d’ammoniaque; enfin elle précipite en blanc le prolo-nili-alé de mercure (i).
Los présentent divers phénomènes, lés uns n’éprouvent aucune décomposition et perdent leur eau de crist’illisàtion ; le sulfate de chaux est dans ce cas : sa force de cohésion est détruite; de transparent qu’il était, il devient blanc, opaque, pulvérulent, susceptible de former avec l’eau une pâte qui se prend et se solidifie presqu’immédiatement (le plâtre). Il est une espèce de sulfate de chaux ( sulfate de chaux anhydre) j qui ne présente pas cette propriété.
D’aiitres sulfates sé décomposent en partie : l’alun à hase dépotasse, perd une portion de son acide sulfurique^ et est converti én un sel avec excès de base, nommé sous- Sulfate; l’alun à hase d’ammoniaque; perd non-seulement une portion de shn acide , mais encore tout lé sulfate d’ammoniaque qu’il Contenait, il reste un sous sulfate d’alumine; enfin d’autres sulfates sè décomposent et abandonnent leurs oxides métalliques : l’art d’obtenir l’acide sulfurique glacial (2) est fondé sur la propriété qu’à lé
(1) D.ms le cas où I.TSubstancc ess.ijëe contiendrait trop peii d’azote pour qu’on put recoun.TÎtre la formation de l’ammdniaquè
‘parles réactifs, il fandrait l’etsayer par sa combustion .à l’aide de l’oxide de cuivre. ( Vqy. l’analyse des matières organijjues ).
(2) La combinaison d’acide nitreux et d’acide sulfurique étant cristallisée inslantancmerit, il serait possible que l’acide de Nordliausen dut sa propriété cristalline à un mélange d’tiue petite quantité d’acide uilrcus, 0» n’a pourtant aucune donnée posi-, tire à cet égard;
tRAITÉ DES UÉACTrrS. 85
pn-sulfate de fer, de se décomposer au moyen de la chaleur, l’acide sulfurique qui est séparé de l’oxide de fer avec lequel il était en combinaison, passe dans des vases destinés le recueillir. C’est à Nordhausen, en Saxe, que l’on fait cette opération; l’acide qui en résulte est très-estimé. On se sert aussi du calorique pour séparer le sulfate de fer du sulfate de manganèse, et obtenir l’un des oxides métalliques , mais cette opération n’est pas facile : ou introduit dans un creuset le sulfate de fer et de manganèse, et l’on calcine de manière à décomposer le sulfate de fer seulement. Il faut, pour y parvenir, que la chaleur soit modérée et son action continuée longtemps. Si on ne chauffe pas assez, une partie du sullhte de fer n’est pas décomposée ; si au contraire on chauffe trop fortement, une partie du sulfate de manganèse est décomposée.
On se sert de ce procédé lorsque l’on a obtenu un précipité composé d’oxide de fer et de manganèse ; il faut convertir ces oxides en sulfates, et leur faire subir l’opération indiquée; lorsque la calcination a été suffisamment prolongée , on retire le creuset du feu , on lave le produit calciné , on filtre ; l’oxide de fer reste sur le filtre et le sulfate de manganèse reste en dissolution , on le désseche ou l’on précipite l’oxide pour apprécier sa quantité.
Les sulfates de la première section et celui de magnésie 8c décomposent au feu, il s’en dégage du soufre et l’on obtient en résidu, un sulfate alcalin. Tout autre sulfate est converti en acide sulfureux qui se dégagé, et en oxide ou métal, suivant l’affinité de ce dernier pour l’oxigéne.
Le sucre se décompose et dooie les mêmes produits
TRAITÉ DES REACTIFS.
que les autres matières végétales; quelquefois il laisse un charbon qui contient une certaine quantité de chaux provenant des operations qu’on lui a fait subirpendantle raffinage. Un sucre qui laisserait un tel charbon ne pourrait pas être employé en pharmacie pour préparer indistinctement tous les sirops; il verdirait celui de violette, etc. Le sucre doit aujourd’hui en contenir moins, depuis que l’on emploie avec succès, dans le raffinage, le charbon animal pour décolorer les sirops, et que l’on ne se sert plus de chaux généralement pour cette opération.
Le tellure est fusible à un degré de température qu’on évalue à 524“ centigrades; à une température plus élevée, il bout, s’évapore et se condense en globules qui s’attachent aux parois supérieures de la cornue; il brûle i\ l’air libre, avec une flamme d’un bleu vif, et développe une odeur de Raifort (cette odeur , selon M. Berzélius est due à une certaine quantité de sélénium qui se trouve unie au tellure) ; le tellure fondu présente, en se refroidissant une surface étoilée.
Le titane est infusible ; dans les nombreuses expériences que MM, Vauquelin et Laugier ont faites , quelque degré de chaleur qu’ils aient fait subir à ce métal, au moyeu de forges construites de manière i\ verser rapidement de l’air sur le combustible, et à augmenter l’intensité de la chaleur, ces chimistes n’ont obtenu que quelques points métalliques de couleur jaune d’or, mais jamais ils n’ont pu obtenir de culot métallique. ^
Le tungstène exige pour être fondu , une température, égale i\ 170“ pyromètre de ‘Wedgeivood , il est susceptible de cristalliser en se refroidissant; on l’obtient plus souvent en grains agglutinés les uns aux autres.
ThAlTÉ DE« IvÉACTirS.
Vufanê i ljo> du p3’^roinètre acquière une forme métallique poreuse ; on n’a pu jusqu’à présent l’obtenir fondu.
Le £i«c est Fusible à 36oo centigrades, si Ton augmente la chaleur, on peut le distiller; cette opération doit se faire dans des vaisseaux fermés. Il est susceptible , quand il a été fondu , de cristalliser en se refroidissant. Chauffé au rouge'Ettenu en fusion avec le contact de l’air, il brûle en produisant une flamme d’un vert jaunâtre, il donne un oxide blanc floconeux, que les anciens chimistes nommèrent à cause de sa légèreté, nifiil album, lana pliilosoplilca, etc. (Dioscorides) : on connaît aujourd’hui sous le nom de fleurs de zinc, cet oxide qui se forme pendant la volatilisation du métal. ( L’oxide de zinc formé est fixe).
Nous avons borné là l’examen des phénomènes que l’on observe pendant la réaction de la chaleur sur quelques-unes des substances prises dans les trois règnes. Ces phénomènes , comme on l’a vu, peuvent servir à caractériser la plupart de ces substances.
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tnAriÉ DES RÉACTIFS,