Partie
Préparation des métaux, des oxides et des
solutions d’ oxides.
Oxide de barium.
Argent.
de calcium.
Cuivre.
de m.aguc.sium.
Élaii).
de [lotRSsium et de sodium
Fer
Mercure
Or
Zinc
TRAITE DES REACTIFS.
Salte de la 2'“® partie.
Solution de baryle.
^ de strontiane.
de cli.iiis.
* de potasse.
de soude.
JJJcmc PauxIE.
£.iu distillée.
ammoniaque.
Perclilorure de mercure.
Cyanure de mercure.
lycmc PinxiE. — Acides.
Acide acétique.
arscuieux.
— carbonique.
gallique.
liydriodique.
■ lijdro-elilorique.
— bydro-cliloro-niti'ique,
— Indique.
— nitreux.
— oxalique.
— sulfureux.
— Sulfurique.
— tartrique.
yomc Partie. — Préparation des sels.
Acétate de baryte.
de cuivre.
de jiloinb.
de )>lomb ( sous ).
Beiizoate d’amiiiooiaque.
Borate de soude ( sous).
Hydrocyanalc simple de potasse Hydrosulfate de potasse.
— - de soude.
d’ammoniaque.
Nitrate d’argent.
de baryte.
de mercure ( prolo )
Carbonate d’aramoniaejue (sous) acide de mercure.
TBAni DEï BÉACriFS.
Suite de la 5““* Partie.
Carbonate de potasse neutre.
de soude (sous).
de potasse (sous).
Clilorate de potasse.
Chromate de potasse.
— de plomb.
de 1 Otasse.
Oxalate d’ammoniaque.
Phosphate de soude (sous).
Sulfate d'alumine.
Sulfate d'al iiuiine et de potasse.
Hjdrochlorate d’ammoniaque. de cuivre.
“de barjte. de cuivre et d'ammoniaqe
de chaux. — — — de fer ( proto).
~ . de potasse. de fer ( per );
—•d’étain. —dépotasse.
~ — d’or. de platine.
— de platîae. __ de soude.'-
Hjdriodate dépotasse. Oléale et m.argarate.
Hjdrocyanate, ferrure de potasse.Desoude (savons).
Ylcmc ^ Préparations des produits des substances
organiques.
Albumine. '
Infusion de noi.x de galle.
'Alcool.
Teinture de Fernambour.
Amidon.
— de mauves.
Charbon animal.
de baies de SainIC'Lucie
Caramel.”
— de baies de sureau.
Sucre de lait.
— de bois de Brésil.
Ether.
de choux rouges.
Gélatine.
de ciircuma.
Glaïadine.
de dahlia.
Hématine.
de nerpruiu.
Huiles esscntielks.
de roses.
Indigo.
de tournesol.
Picromel.
tannin.
papiers re’actifs divers.
TRAITÉ DK3 RÉACTIFS. aS^
Avant de nous livrer à la préparation des réactifs , nous croyons devoir indiquer ici sommairement des données générales sur quelques-unes des opérations auxquelles on ! doit avoir recours dans les préparations chimiques des réactifs. Ces détails auront encore un autre but, puisj qu’ils trouveront leur application dans les divers essais analytiques que nous avons Indiqués chapitre IX.
La calcination est une opération qui a pour but d’exposer à l’action d’un feu , plus ou moins vif et plus ou nioins long-tems continué, les substances que l’on a l’intention de priver, par ce moyen, de quelques-uns de leurs principes volatils.
La calcinajion s’opère à vase clos ou à vase ouvert, selon les cas oiï la présence de Tair est nécessaire ou nuisible; elle se fait en général dans des vases qu’on nomme creusets, dont la grandeur et la composition varient selon les emplois auxquels on les destine. Les creusets peuvent être en or, en platine, en argent, en porcelaine, en charbon, en carbure de fer, en terre, etc. Le choix que 1 on doit faire de la substance qui compose ces vases, est déterminé par les propriétés du corps que l’on veut soumettre à l’action de la chaleur; en effet, si l’on calcinait dans un creuset de platine un oxide métallique trés-fusihle , l’oxide de plomb , par exemple, et qu’il y eut, par • quelques circonstances , revivification partielle du métal,^ le- métal réduit déterminerait la fusion des parties du creuset avec lesquelles il se -trouverait en contact, effet qu’un autre oxide (la silice, la chaux, l’alumine, etc. ) ne produirait pas.
L’altération des creusets d’argent peut être produite par une chaleur p.ortée jusqu’au rouge-cerise clair, équi-
valant au 538' du thermomètre centigrade, température qui déterminerait la fusion du métal.
Les creusets d’argent sont encore susceptibles d’être attaqués par le soufre, les sulfates, le phosphore, les pkosplîures. Les nitrates acides donnent lieu à la formation d’un sel (nitrate d’argent) aux dépens du métal des parois du creuset, etc.
Les creusets de platine qui résistent en général plusque tous les autres à l’action d’une température très-élevce , sont cependant attaqués par diverses matières; le phosphore, les alcalis caustiques, les oxides, Tacide hydrochloro-nitrique (i) , le mélange d’acide borique et d’acide
sulfurique , les métaux très-fusibles ( le plpml>, l’étain),,
altèrent les parties du creuset avec lesquelles ils se trouvent en contact et déterminent leur fusion.
Les creusets de terre sont altérés ou fondus par les acides (2) ; les oxides vitrifiables (5) donnent lieu à la for-
(1) Il arrive que dans .les fabriques d’acide sulfurique, où l’on a employé à la préparation de l’acide nitrique du salpêtre impur ■( conUnaiit du sel marin), la cbaudiére de platine où s’est faite la concentration de l’acide sulfurique, est allérccau bout d’un certain temps et perd de son poids. Ce phénomène est facile à expliquer. En effet , dans cette circonstance , l’acide sulfurique obtenu à 5o° que l’on concentre dans ce va.se, contient le mélange des deux acides bydro-rhlorique et nitrique, qui a la propriété de dissoudre le platine.
(i) Les arides borique et phosphorique .sont dans ce cas.
(3) Les oxides vitrifiables sont en grand nombre ; parmi ceux dont les propriétés sont les plus marquées, on remarque l’oxide de plomb , cl’ctain, de potassium , de sodium, etc.
THAITIÎ des UÉACTIFS. ' 269
rnalion d’une nialière vilrciisc, en atlnquant la substance de ces creusets.
Les creusets de charbon sont inaltérables à tous les degrés de température, t\ moins qu’ils ne soient exposés au contact de l’air; mais il est facile de les préserver complètement de ce dernier agent.
Ctarification. On se propose, par cette opération , de séparer d’un liquide un corps quelconque qui en trouble la transparence. On jieut y parvenir de plusieurs manières :
1“ En laissant déposer pendant quelque tems le liquide trouble, et penchant ensuite les vases où le dépôt s’est ^ormé, afin d’en faire écouler la liqueur claire, en. em- •^loyant le syphon, la pipette, ou tout autre moyen mécanique sans l’intermède du filtre. Ce mode d’opérer se nomme aussi décantation; , /
2° A l’aide d’un tissu perméable aux liquides seulement, mais d’une imperméabilité presque absolue (1) pour tous les solides, quelque divisés qu’ils soient. Ce mode de clarifier se nomme aussi filtration ;
5“ Lorsqu’il est nécessaire d’employer préalablement la chaleur, la fermentation ou l’addition d’une matière étrangère, telle que l’alhuminc, la gélatine, ou d’autres substances, à l’aide desquelles on rassemble plus facilement les parties solides tres-divisées dans le liquide. Ces
(i) Elle n’c'st pas absolue, en cn’et , qu.Tiidon veut filtrer du finir, ite de baille, par csempic; si l'on u’a pas le soin de iiionillcr le papieravee le liipiide éclairci parle repos , uneparlie du précipité passe au travers des pores du papier et trouble lali<[ueur. Ce pliénoraène se présente assez rarement.
26o Tn\lTÉ DES HÉACTIFSr
procédés sont compris sous l’acception la plus générale
du mot clarification.
Les appareils employés à opérer les séparations ci-dessus indiquées, sont de différente nature : le sable, le verre pilé, la pierre poreuse, le charbon, le papier noncollé, la toile, la laine, sont dans ce cas; mais ceux qu’on emploie le plus ordinairement dans les laboratoires sont des filtres de papier, quelquefois formés d’une simple feuillé-posée sur une toile que l’on a tendue légèrement en la clouant aux quatre angles d’un châssis; on verse dans le milieu de cette feuille, ainsi soutenue par la toile, le liquide à filtrer, et l’on recueille la liqueur claire dans une terrine placée au-dessous.
Lorsqu’on a de petites quantités de liqueur à filtrer j^ (comme cela arrive dans les analyses en général), on plisse le^ papier-filtre (i) sous la forme d’un entonnoir; pour cela, on prend un carré de papier, on le ploie en quatre d’abord , ensuite on replie en quatre chacune des quatre parties, de manière à former un éventail plissé en seize parties ; on coupe la partie supérieure qui est inégale, puis, entr’ouvrant la feuille double, elle présente la forme d’un entonnoir. On place ce filtre dans un entonnoir de verre , dont il garnit tous les parois ; on a le
(i) Les papiers qui servent à cet usage sont connus sous les noms de papier gris non-collé ^ et de papier Joseph. Le premier donne des résultats pins prompts , étant plus facilement perméal)le; mais il laisse quelquefois passer les liqueurs un peu louches , et sa substance est plus attaquable et colore quelquefois les li(]uicles (les solutions alcalines surtout). Ou ne doit l'cmplojer,qu’à des opérations qui n’esigent pas une grande exactitude, et lorsque l’on ne craint pas de colorer les liqueurs.
TRAITÉ DES RÉACTIFS. sG 1
soin de l’enfoncer assez profondément pour que le fond du filtre ne présente pas une trop grande surlace; le poids du liquide supporté (qui, comme on le sait, est en raison de la surface du fond) pourrait le faire déchirer. Onplace l’entonnoir sur une fiole et l’on verse le liquide dans le filtre; on verse une seconde fois sur le filtre les premières portions du liquide filtré, qui assez ordinairement ne sont pas très-claires, et lorsque la transparence est parfaite, on continue la filtration; on lave ensuite le précipité, qui peut être ainsi complètement séparé du liquide dans lequel il était en suspens.
Il est nécessaire, dans les analyses exactes, de traiter ces filtres, avant de s’en servir, par quelque agent qui prévienne les altérations qu’ils pourraient éprouver par l’action des liquides que l’on se propose d’y faire passer, et donner lieu à des résultats inexacts : on les lave avec l’acide hydro-chlorique pour enlever la chaux et le fer contenus dans le papier; on termine ce. lavage acide en y versant de l’eau pure en assez grande quantité, et jusqu’à ce que l’eau filtrée ne précipite plus par le nitrate d’argent; enfin, pour avoir un poids exact qu’on puisse l’etrouver aprèç la filtration et déduire du poids total, on expose le filtre à l’iiction d’un courant d’air chaud ; et quand il a été bien séché , on le pèse.
Tous les filtres employés ne sont pas soumis à ces opérations ; on ne prend ces précautions que quand on a à s’occuper d’une analyse qui demande une grande précision dans les résultats (i).
(i) On ne prend la piécaulioii de laver les filtres avec de 1 acide muriatique que quand on opère sur di s liquides acides.
îG'Jl ÏIUITÊ DES niÎACTirS.
Concenlration. Ou se propose dans celte opération d’obtenir dilTérens liquides sous un plus petit volume et, autant que possiiile , sans altération. Souvent celle opération a pour but de rapprocher les molécules des corps au point de les séparer en partie de leur solution , soit en les précipitant, soit en les laissant cristalliser dans le liquide même,
La concentration s’opère de diverses manières ; le plus ordinairement par la chaleur, quelquefois à l’aide de l’affinité que plusieurs substances (l’acide sulfurique concentré, le chlorure de calcium, etc. ) ont pour l’eau : c’est en employant une de ces substances avides d’eau , dans une cloche privée d’air ( afin de supprimer la pression atmosphérique et de rendre ainsi la vaporisation de l’eau plus facile), que l’on concentre l’acide chlorique oxigéiié, et que l’on peut rapprocher diverses solutions ■animales ou végétales qu’une température un peu élevée altérerait ; on peut cependant à une douce chaleur préparer cet acide sous la pression atmosphérique. ( Vauquelin. )
Le choix des vases est important dans cette opération , surtout quand on la pratique t\ l’aide du feu ; il est nécessaire, en effet, que les instrumens dans lesquels se fait l’évaporation soient inattaquables par les substances que l’on y traite. Les capsules les plus ordinairement employées à cet usage, sont en platine, en argent, en porcelaine et en verre; celles de platine sont plus commodes que toutes les autres, soit parce qu’elles ne sont pas fragiles, soit à cause delà propriété qu’elles ont de transmettre très-facilement la chaleur nécessaire à l’évaporation des liqueurs acides que l’on se propose de coucen-
TRAH’É des KÉACTlFSi ûGS
trtMS (eau régale) seul agis-
sant sur ce métal , on ne doit évaporer les liqueurs qui contiennent ce mélange que clans des capsules de verre ou de porcelaine. Ces dernières sont propres à évaporer un grand nombre de solutions; elles présentent cependant un inconvénient assez grave, leur fragilité et la facilite avec laquelle elles peuvent se casser, parles différences de - dilatation, dans les passages subits à divers degrés de température; il faut donc avoir le soin, lorsqu’on est forcé de les employer, de chauffer graduellement ces capsules et de conduire l’opération par une température bien égale. Les capsules de porcelaine doivent être choisies en général assez minces, demi- transparentes et bien égales dans toutes leurs parties : les inégalités des épaisseurs étant une des causes les plus fréquentes de la rupture de ces capsules comme de celles de verre.
Les capsules de verre présentent les mêmes înconvéniens que celle de porcelaine mais dans un degré encore plus marqué, ce qui fait qu’on les emploie fort rarement.
Les capsules d’argent peuvent être employées, pouf évaporer un grand nombre de solutions; mais les sels acides et les liqueurs sulfureuses les attaquent.
La coupellation est une opération chimique, au moyeu de laquelle on parvient à purifier l’or et l’argent en les séparant des autres métaux avec lesquels iis sont alliés, h l’aide du plomb ou du bismuth.Lenom que l’on a donné à ce procédé "dérive du nom du vase en forme de coupe ( coupelle ) dans lequel on opère.
La coupelle est une espèce de creuset que l’on prépara avec des os calcinés, bien lavés : on les réduit en poudre
•^*^4 WAITÉ DES KÉaCTIFS.
fine, ûii en fail une pâtCj.ii laquelle on donne la forme convenable an iiio yen d’un moule en fer.
On peut, au moyen delà coupellation, faire l’analyse et sé])arcr tes métaux fusibles, inaltérables par l’air et non volatils, à une chaleur de 5o°, de ceux qui, à cette température , possèdent les propriétés contraires. Le plomb pur , quelquefois le bismuth , comme nous l’avons dit plus haut, sont emj)loyés dans la coupellation; leur facile oxidation les y rend très-propres ; l’or se purifie par un procédé plus compliqué. {Voy. le chapitre de l’Analyse).
La cristallisation s’opère lorsque les molécules des corps dénaturé solide en solution, sont placés dans des circonstances telles , qu’elles tendent i se rapprocher pour prendre une forme régulière plus ou moins constanic.
La cristallisation peut s’opérer au milieu de divers liquides, l’eau ,. l’alcool, l’éther, les huiles, les acides, et quelquefois par l’intermède des vapeurs.
Les métaux fondus peuvent prendre des formes cristallines ; pour cela il est nécessaii-e , quand on les a amenés à l’état de fusion, de les faire refroidir lentement, et de séparer, avant leur entier refroidissement , la partie encore fluide qui est au centre, de la partie solide cristallisée sur les parois.
La forme des cristallisoirs, la température, la concentration du liquide dans lequel elle s’opère , une foule d’autres circonstances souvent difliciles àapprécicr, influent d’une manière fort sensible sur l’abondance et sur la forme des cristaux. {Voyez le Mémoire de M. Leblanc, journal de Physique, tometxi).
La décoction est une opération dans laquelle on so-unief à l’action de l’eau bouillante ou d’autres véhicules chauf-
TRAITli: DES RÉACTIFS. aGo
fés, les corps de nature végétale, ou de nature animale, lorsqu’on se propose d’obteliir quelques-uns de leurs principes , il faut avoir le soin dans cette operation , d’emptoyer des vases qui ne puissent être attaqués non-seulement par la substance soumise i la décoction, mais aussi par le dissolvant.
La dessication s’opère à l’aide de la cbulcur appliquée de diverses manières. Le but de celte opération est comme danà la concentration (voyez plus haut) , de séparer les li([uides en les faisant évaporer à l’aide de la chaleur; mais ici il s’agit d’enlever toute l’eau, (non parla quantité absolue ) , et.de connaître par-là les proportions de ce liquide contenues dans certains composés; il faut avoir le soin de peser bien exactement, avant et après la dessication, pour obtenir des résultats exacts. II faut ménager la chaleur suivant les matières à dessécher; on emploie avec succès, en général, la chaleur du bain marie, celle de la vapeur, etc.
La désoxÀdaiion a pour but d’enlever aux corps les quantités d’oxigène qui les constituent à l’état d’oxides ou d’acides, elle s’opère au moyen d’un grand nombre de substances, les procédés varient selon les substances sur lesquelles on agit : ainsi l’action seule de la chaleur suiïit pour décomposer l’oxide rouge de mercure ( précipiié per-se) ; tandis que les oxides de potassium, de sodium ne peuvent éprouver ce changement sans des préparations longues et difficiles à pratiquer. {^Voyez le Traité cieC.himie de M. Thénard, articles Potassium et Sodium ).
Digestion^ La digestion diffère de la décoction en ce que les substaiices que l’on y soumet sont exposées pend.iiit quelque temps k l’acilon d’un fluide dont la lempé-
aGO IKAITÉ DES UÉACTIFS-
rature ne dépasse pas ordinairement 20 h. [\o . Les produits obtenus par digestion ne sont pas toujours les mêmes que ceux obtenus par décoction.
Il faut, comme dans les opérations précédentes, que les rases soient appropriés aux substances que l’on met en digestion, et l’on doit prendre garde qu’ils ne puissent être altérés par les substances que l’on y traite.
La solation a pour but de faire passer à l’état liquide au moyen de divers ngeus, une ou plusieurs substances.
On donne improprement au mot dissolution la même acception qu’au mot solation, l’usage prévaut encore quelquefois pour cette fausse locution. Il est facile de distinguer ces deux expressions; l’une (dissolution) signifie décomposition avec la condition de l’état liquide ; l’autre, (solution), indique seulement le passage de l’état solide , é l’état liquide; c’est un simple écartement des molécules d’un corps à l’aide d’un vébicule quelconque.
La dissolution, ainsi que la solution s’opèrent dans des vases de verre, de porcel.aine, de platine d’argent, etc.; on doit toujours choisir parmi ces vases ceux qui ne peuvent point être attaqués par les corps soumis à l’une ou ù l’autre de ces deux opérations.
La distillation est une opération dont le but est de séparer, à l’aide de la chaleur, les principes volatils de ceux qui sont fixes, en recueillant les uns et les autres; mais plus particulièrement ceux qui sont volatilisés et condensés par la perte de la chaleur qui les constitue à l’état élastique. Les vases destinés à la distillation sont des cornues, des alambics en verre, platine, plomb, fer , cuivre, etc, ,
Lesdegrésde température nécessaires pour les diverses
TKAIli I)ES UÉACi'IFS. aOj
dislillalions, sont enlicrcmcnt rclalil^ aux subslances à distiller, et à la pression qu’ils supportent : sous la pression de 0,76 l’alcool est Tolalilisé à 78’ centigrades, l’eau ioo„, le mercure i\ 547“, ^ degrés
de température, pag. 54 el suiv.).
L’dùullition est un eûcL produit par l’accumulaliou de la chaleur dans un liquide quelconque jusqu’au degré de température capable de volatiliser les parties qui reçoivent plus immédiatement l’action de la chaleur; elles sont réduites en vapeurs et s’élèvent en bulles au milieu du liquide même.
Ce phénomène se manifeste dans les divers liquides et suivant les pressions, à des degrés dilTérens de température. A toutes les pressions elle ne peut avoir lieu qu’à l’aide d’une quantité de chaleur qui paraît constanlepour chaque corps.
L’e/Tlruesccnrc est un phénomène qui se produit parla décomposition, dans un liquide, d’un corps dont l’une des parties constituantes est dégagée dé la combinaison à l’état de gaz, et sous forme de bulles ; il y a beaucoup d’analogie entre l’effervescence et l’ébullition. L’une, Vébullilion , est déterminée parla chaleur; l’autre, \’ef~ fervescence se fait à froid par une affinité prédisposante.
La fusion s’entend d’une opération qui a lieu à l’aide de la chaleur, soit par de l’eau de cristallisation seulement dans certains corps ; soit par l’écartement des molécules dans d’autres coi'ps : on a appelé, l’une, fusion aqueuse; l’autre, fusion ignée. La première comprend en général tous les corps fondus, au moyen de leur eau de cristallisation, à des températures peu élevées. La fusion ignée IC dit de la solution par le calorique à une tempérafureen
2G8 TRAITÉ BES RÉACTIKS.
général assez élevée, et quipoKl être cependant poussée plus loin et jusqu’à l’ébullition. L’on entend aussi par fusion sèche celle qui a lieu sous un liquide et à unelemporalure peu élevée. Le suif, la cire , la résine, le camphre, quelques alliages métalliques, etc. (i). La fusion ignée s’applique en général aux métaux.
Le grillage, dans les laboratoires de chimie, est employé pour quelques essais de minerai. 11 consiste à exposer à,une certaine température, avec le contact de l’air, le minéral dont on veut séparer quelques principes volatils. ( De cetle manière on volatilise le soufre à l’état d’acide sulfureux, l’arsénic à l’étàt d’oxide, etc).
Les vdses employés pour le grillage sont ordinairement en terre cuite, et on les nomme têts à rôtir.
L'' incinération se fait ordinairement pour reconnaître, obtenir et déterminer les quantités de matièresindécom- ' posables par le feu, contenues dans les pi’oduits des végétaux ou des-animaux. (C’est par l’incinération qu’on reconnaît la quantité à.' alcali fixe contenue dans les végétaux).
Nous, nous bornerons à indiquer quelques précautions à prendre pour obtenir ces résultats : il faut élever jusqu’à la température de leurcombuslion les substances que l’on veut incinérer; pour cela on les place dans des vases qui permettent l’accès à l’air par leur partie supérieure,
(i) Le niétcTl fusible de Darcet préparé dans les proportions suivantes: .
Étain . 3.
Plomb 5.
Bismuth. 8.
S'f ramollit à 76° Réaumiir et fond a i ’dc"ré au-dessus enviroD. ( Voyez le bulletin de la Société <rEnrouragcmcnt ),
TRAITÉ DES RÉACTIFS. sGq
et dont les bords sont assez élevÉs pour que la flaïuine
n’entraîne pasan dehors uneparliedc la cendre pioduite, il faut aussi prendre garde de diriger un courant d’air trop vifsur les produits eunainmes ; l’inconvenient , dans ce casj serait le même : il faut cependant remuer un peu avec une spatule , afin d’exposer successivemeut toutes les surfaces à l’action de l’air.
Le lavage est une opération qui exige souvent une grande exactitude, et sert à épuiser les précipités recueillis sur les filtres et diverses substances en poudre; il s’opère par l’eau , l’alcool, l’éther, l’essence de térébenthine, etc. ; ou sépare complètement ainsi dilîérens corps solubles par un ou plusieurs de ces véhicules , de ceux qui ne s’y dissolvent pas; il faut verser une trèspetite quantité de liquide à la fois sur le filtre, et répéter un grand nombre de fois ces lotions jusqu’à ce que le liquide traverse la matière à épuiser, sans lui enlever aucune quantité des substances dont on voulait la débarrasser; dilTérens réactifs démontrent que le liquide employé au lavage ne dissout plus rien. Il est souvent utile de laver les bords supérieurs du filtre dans lesquels la solution est en partie restée stagnante : on les reploie en dedans en forme d’un deuxième entonnoir rabattu , et on les épuise par plusieurs autres lotions.
Quek{ues précipités gélatineux , compacts’ peu perméables, aux liquides, ne sauraient être épuisés de cette manière, les courans ne laveraient que leur surface extérieure; on est forcé de recourir à d’autres moyens ; des décantations multipliées, dans l’intervalle de chacune desquelles on aide la pénétration du liquide par une agitation vive ou un broiement plus ou
2^0 TllAlTÉ UES IvtACTlFS.
moins prolongé, sont usitées dans ce cas; quelquefois il | est nécessaire d’employer les deux moyens. C’est ainsi j i qu’aprés avoir longuement lavé par décantations , on jette î ! le dépôt sur un filtre où l’on achève de l’épuiser. Ce i i n’est qu’en employant avec persévérance des procédés i de ce genre que l’on peut espérer de, parvenir à éviter i | une foule d’erreurs auxquelles on est exposé dans les ana- j , lyses.
La macération ne diffère de la digestion que parce , qu’elle s’opère ù un degré de température un peu élevé.
oxidation a pour but de réduire à l’étal d’oxides, certains métaux qui ne se dissolvent pas à l’étal métallique dans quelques acides, mais qui sont solubles à l’état d’oxide, et dans quelques cas, au contraire, de séparer les métaux à l’état d’oxide en les rendant insolubles.
oxidaüon , au contact de l’air, s’opère spontanément | sur un grand nombre de métaux, et sur tous les corps || de la nature ; la chaleur est un des moyens employés pour ■ oxldcr ou désoxider le même corps dans des circonstan- I ces différentes. |
La précipitation. Cette opération est produite dans la plupart des manipulations à l’aide des réactifs; elle consiste à réduire ù l’état solide, insoluble, des substances qui étaient dissoutes dans divers liquides, en les séparant de leurs combinaisons solubles , soit à l’étal libre, soit en leur faisant contracterdes combinaisons nouvelles, j C’est le moyen le plus généralement employé pour le- I connaître la plupart des corps qui sont soumis àl’anal3'sc. i {^Voyez le chap. de l’analyse).
Pulvérisation. Celle opération mécanique a pour but de diviser les corps afin de les mettre en coniaci j'ar le
TRAITÛ DES RÉACTIFS. 37!
plus grand nombre de points possible , avec les agens chimiques, à l’aide desquels on se propose de reconnaître leur nature, ou de les dissoudre pour en séparer les principes qui les composent.
Les modes de pulvérisation sont nombreux, et les instrumens varient; ils doivent' être appropriés au corps que l’on veut réduire en poudre.
Les mortiers de silex, de marbre, de fonte, de cuivre, de porcelaine, de verre, etc., sont usités pourcette opération.
Le porpbire s’applique aussi à cet usage; mais souvent, lorsqu’on l’emploie, 'on facilite la division à l’aide de l’eau ; il faut, dans tous les cas, ainsi que nous l’avons dit , avoir égard à la substance que l’on pulvérise, pour choisir un mortier convenable : la dureté, et les propriétés chimiques sont en général le plus à considérer dans ces cas.
La revivification a pour but de ramener un oxide à l’état métallique; elle se fait ordinairement dans des creusets brasqués avec du charbon ; quelquefois on a besoin aussi d’ajouter des fondans (i); dans les grandeé exploitations manufacturières, des fourneaux sont construits exprès pour ces réductions, ils varient suivant les divers travaux métallurgiques.
La reviviûcation de quelques métaux peut avoir lieu instantanément par l’action de la lumière et le contact des matières végétales : l’or est dans ce cas.
(i) On appelle fondans, des sels fusibles à la température rouge, (pii, parleur licjiiifaciiou , facililcnl la fusion des métaux et le» préservent de l’oxidalion.
TBAITÉ DES BÊACTiES.
La sublimation est une opération à l’aide de laquelle on condense, après les avoir fait vaporisef', diverses substances sous forme solide; elle sert à séparer les corps qui ont la propriété de se volatiliser et de se condenser sans décomposition des matières fixes au même degré de température, avec lesquelles elles se trouvent mélangées. (Le soufre, l’acide benzoïque, l’hydro-clilorate d’ammoniaque, le chlorure de mercure, etc., peuvent être trai- < tés de cette manière).