DE L’APPLICATION DES RÉACTIFS A L’ANALYSE
L'actios inirme et réciproque des corps les uns sur les autres, constitue l’étude delà chimie; un certain nombre d’agens choisis donne lieu à des phénomènes caractéristiques que nous avons cités avec le plus grand soin. Nous donnerons ici quelques exemples , des applications des réactifs à séparer dés corps les uns des autres.
Le chimiste, avant de se livrer à ces opérations qui doivent Te conduire A la connaissance des él'émens primitifs des corps, recherche dans les caractères extérieurs les premiers indices qui peuvent servir à les distinguer; le^ propriétés physiques sont en assez grand nombre , le poids spéciflque, la dureté, la couleur, l’élasticité, la friabilité, la ténacité, la forme cristalline, la fragilité , la transparence, la pi’oprlété de développer ou de conduire l’électricité, la chaleur, etc.
Nous supposerons ces premières notions acquises; elles ne doivent pas entrer d’une manière détaillée dans notre plan. i^V oyez cependant quelques notions préliminaires au commencement de cet ouvrage, articles poids spéciûques, cristallisation, chaleur, etc.)
Les caractères chimiques sont ceux qui doivent nous occuper plus particulièrement , ils sont très-nombreux et se développent à l’aide de certains agens dont nous
traité des réactifs.
I avons cité les usages et les cflcls les plus mnarquables.: ^
nous rapporterons ici quelques exemples de leur emploi |
dans les analyses.
De l'Analyse.
L’Analyse est un ensemble de procédés qui ont pour,
but de séparer un ou plusieurs corpsj ou leurs elemenSj des
combinaisons qu’ils forment avec d’autres corps ; nous en > citerons d’abord un exemple dans une analyse très-simple , afin que l’on comprenne plus facilement ce genre, d’opération.
Analyse d’un alliage d’or et decuivre ( i,).
On réduit cet alliage en limaille , et on le traite par un corps qui agisse sur l’un des deux métanx sans attaquer i
l’autre; l’acide nitrique pur, comme nous l’avons dit, est :
dans ce cas; on metencontaçtracidcuitriqucavecl’alUagc ■
divisé : le. cuivre se dissout tandis que l’or n’éprouve au- i
cune altération ; quand la réaction a cessé , on décante la partie liquide qui contient le cuivre, on lave bien l’or ^
qui ne s’est pas dissous pour lui enlever les dernières portions de la solution de cuivre dont il pourrait être imprégné , on fait sécher ; on sépare ensuite le cuivre, qui se trouve en solution , par unréactif susceptible de ramener ce corps k l’état métallique; nous avons indiqué le fer pour cet usage. On prend donc une lame de fer bien décapée , on la met en contact avec la solution de cuivre ;
(i) Potirquc rct alliage soit soluble, il faut qu’il contienne au moins trois parties decuivre pour une d’or.
THAITIÉ T)ES niÎACTIFS.
le précipité qui a lieu sous fonnc dépoussière, lavéavee un peu d’acide hydro-chlorique très-faible, puis à l’eau distillée bouillante, séché dans un creuset muni de sou couvercle, est le cuivre métallique divisé.
On pèse les deux métaux, l’un qui formait le résidu nondissous (l’or), l’autre qui, après sa solution dans l’eau, a été précipité par le fer (le cuivre) , et réunissant les poids de ces métaux , on voit si. leur somme est égale au poids total de l’alliage essayé. Il y a un grand nombre de précautions à prendre dans l’application des réactifs aux analyses un peu compliquées ; nous décrirons les plus essentielles, et celles qui sont le plus généralement applicables, pour compléter ce que nous avons déjà dit à chacun des réactifij en particulier, i,. Il faut examiner avec soin les réactifs que l’on emploie pour s’assurer de leur pureté ; nous en avons plus haut indiqué les moj'ens.
Laver exactement avec l’eau distillée, les vases dans^ lesquels on se propose d’opérer;.
T)° S’assurer que les vases que l’on emploie, ne peuvent être attaqués pendant l’opération par les corps sur lesquels on agit , ou par les matières dégagées de leurs combinaisons. Il est souvent utile de dessécher ces vases avec du papier à filtre, afin d’éviter que la petite quantité d’eau adhérente aux parois ne se mêle aux substances que l’on traite.
4“ Examiner si les précipités obtenus sont isolés, bien purs, et les laver soigneusement avec de l’eau distillée, ne les peser que lorsqu’ils sont parfaitement secs.
5“ Apporter, dans tout le cours de l’analyse, un giaud soin pour qu’il ne se perde que le moins possible du corps sur lequel on opère.
traité des réactifs. 4'^
6* Employer dans toutes les opérations de l’eau disllN î léc très-pure.
Ne pas filtrer les solutions acides sans avoir eu la j précaution de lave.r les filtres avec d^, l aci.de hydro-chloi rique étendu , et avoir enlevé ensuite tout l’acide avec de j l’eau distillée ; cette opération a pour but de séparer le fer et la chaux qui se trouvent dans le papier, ces deux I substances pourraient être dissoutes par l’excès d’acide de I la solution qu’on filtre, et donner lieu à quelques erreurs.
8° Peser avec toute l’exactitude possible les corps P analysés et leurs dilférens produits.
Pour vérifier si les balances sont exactes, ont niet à la ( fois des poids égaux dans les deux plateaux, ou bien, ;i après avoir mis parfaitement en équilibre les poids et la 1:. chose pesée , on les change de plateaux. Si dans ces cir- II: constances, que l’on multiplie en employant des poids difi férens, l’équilibre est parfaitement maintenu , les bac! lances sont exactes ; mais si l’un des plateaux , sous des } poids égaux, penche quelquefois plus que l’autre, les Hi balances sont fausses; il faut, dans ce cas, lorsqu’on ne v: peut s’en procurer d’autres , employer la méthode des j! doubles pesées, elle consiste à faire équilibre aux corps i dont on veut connaître le poids par de la cendrée ou par i, de petites balles en plomb ; on enlève le corps et on lui a substitue des poids de manière à rétablir l’équilibre; on ï voit que de cette manière il suffit que la balance soit scni sible et que la p€S.ée sera juste quand même les bras du »l fléau seraient inégaux ; çn effet les poids qui remplacent 8 le corps dans les mêmes circonstances, doivent nécessai- » rement le représenter avec exactitude.
9°Tenir compte de la température, de la pression atmos-
traité des réactifs.
lihériquc et de toutes les autres circonstances influentes , quand on fait l’analyse d’un corps. Cclteobscrvalion s’applique plus particulièrement aux opérations faites sur les
gaz-
10° Observer attentivement tous les phénomènes qui se produisent pendant une opération , multiplier le plus possible les réactions qui décèlent le même corps avant de regarder sa présence comme démontrée. Enfin répéter plusieurs fois une même expérience? pour peu que le résultat offre d’incertitude.
11“ Tenir les corps qu’on soumet à l’analyse etlesproduits qui en résultent, dans des lieux où aucune substance hétérogène nepuissese précipiter dessus, les mettre i\ l’abri des vapeurs acides ou alcalines qui pourraient être absorbées et devenir des causes d’erreur.
130 Quand on peut disposer d’une partie du corps dont on se propose de faire l’analyse, if est utile défaire quel-, ques essais préliminaires qui donnent des indices sur la présence des principes contenus dans la substance qu’on examine.
ï3° Avoir le soin, quand on a fait dessécher un corps, de lepeser tout de suite pour éviter qu’il n’absorbe de l’eau répandue dans l’atmosphère.
Nous étudierons successivement, et dans quelques exemples, les procédés analytiques qui sont employés jiour l’examen des gaz , l’analyse des sels , des eaux minéraies, des mélanges d’acides, et des matières animoiîcs et végétales.
De l’examen des gaz.
Les gaz sont nombreux, mais la plupart faciles iVre-
THA1TÙ DES nÉACTIfS. 4*^
ronnaîlrc par des caractères l)icn prononcés : ils sont solubles on insolubles dans l’eau, colorés ou incolores, susceptibles de servir à la combustion ou incapables de l’alimenter, doués d’une odeur particulière ou inodores, plus ou moins pcsans , etc. Ces propriétés caractéristiques donnent des indices sur les gaz que l’on examine, présentent des données qui déterminent ordinairement sur le choix des agens les plus convenables , pour l’essai qu’on se propose de faire.
Analyse d’un mélange de gaz azote et de gaz oxlgénc, qui contient accidentellement du gaz acide carbonique , et de ta vapeur d’eau, (air atmosphériquej.
On se procure l’air que l’on veut analyser, en renversant dans le lieu où l’on veut connaître sà composition, un flacon plein d’eau; quandjtoutle liquide en est sorti, on est assuré que l’air a pris sa place , et l’on bouche le vase. Si l’on voulait avoir l’air du fond d’un'puits, d’une carrière ou de tout autre lieu profond et inaccessible; on y descendrait, ;\ l’aide d’une corde, un flacon que l’on lien-v ^rait renversé en faisant plonger son goulot dans un vase également rempli d’eau et soutenu par une corde séparée; en tirant à soi la première corde ù laquelle le flacon est attaché, il se vide entièrement de l’eau qu’il contenait et se remplit de l’air qui l’environne; on l’enlève alors en le faisant plonger de nouveau dans le vase inférieur , afin que l’air qu’il contient ne puisse se mélanger avec l’air des parties supérieures.
L’oxigène contenu dans l’air atmosphérique pourrait, être indiqué et mesuré par tous les corps combustibles
4l8 TRAlïlî DES RÉACTIFS.
qui ont la propriété de se combiner avec lui. Plusieurs savans ont successivement employés divers moyens eudiométriques qui avaient pour base l’action de l’oxigène sur les corps combustibles, de ce nombre sont le phosphore, le gaz nitreux, les sulfures, etc. , etc. , etc. Il serait trop long d’indiquer ici toutes les causes d’erreurs auxquelles ces différens corps combustibles peuventdonner lieu; nous nous contenterons d’indiquer, que pour plus d’exactitude dans les résultats, on donne aujourd’hui la préférence au gaz hydrogène einployé d’abord par Volta. Le mode d’opérer est simple et très-facile à suivre : on introduit dans l’eudiomètre 5o parties d’air et 5o parties d’hydrogène, et l’on fait détonner cemélange par l’étincelle électrique; on remarque une absorption de 5i,5 qui provient de la combinaison de io,5d’oxigène : donc loo d’air contiennent 31 du même gaz en volume (i).
On peut encore démontrer que le résidu équivaut aux jri) centièmes de l’air employé : en effet , si dans l’eudioinètre on ajoute à ce résidu i4,5 d’oxigène nécessaire à la transformation en eau des 29 parties d’hydrogène non combinées dans la première expérience ; en excitant l’étincelle électrique , il sè forme de l’eau qui se condense et se, précipite; le résidu (azote) équivaut à 55,5, et n’est plus alors condensable, il éteint les corps en combustion; on le distingue de l’acide carbonique en ce qu’il n’est pas absorbé comme ce dernier gaz par la baryte, la
(1) Cria icvirnt, [ our un mélange quelconque, à ajouter un excès d’hydrogène , exciter rètincelle , observer le volume après lu detüunaliüQ, et diviser ce volume par 3.
TRAITÉ DES nÉACTlFS. 4 >-0
ciiaiix, etc. , et UC peut ainsi donner lien li la formation des carbonates dont les propriétés bien connues ont été j décrites plus haut.
! L’air contient donc en volume : '■>
' Oxiffètie 21 )
Azote. 79 )
L’acide carbonique, quoiqu’il nc soit pas ordinaire- K ment mêlé à l’air atmosphérique dans une proportion I; plus grande que celle d’un deux centièmes environ ,
I ■ peut cependant être apprécié par le moyen décrit à l’ar- I licle solution d’oxide de barium {Voy. pag. 56. )■
La vapeur d’eau se démontre souvent dansl’airpar le simple refroidissement ; on la condense dans des v-ases ; entourés de glace, elle est indiquée aussi par un instru- : ment nommé hygromètre, que l’on doit ù Saussure; il !' montre les limites entre lesquelles l’eau est contenue I dans l’air sans quelle soit visible , c’est-à-dire , le mini- I mum et le maximum d’humidité , et beaucoup de degrés intermédiaires; nous donnons ici une table des relations I établies entre les degrés marqués sur cet instrument, et les quantités d’eau souS" un volume donné d’air atmosphérique Ce procédé n’est pas d’une exactitude rigoui reuse , la température lorsqu’elle s’élève contre-balance . la proportion d’eau contenue. (Voyez V Appendice).
^ THAni DES UÉACTIPS.
V apeur cl' eau Indiquée dans un métro cube de gaz , par divers degrés de L’ hygromètre.
Di:};rts marques Sur l’instrument
Poids
en
{jranics
Degrés marqués .
Sur l’instrument.
Poids ■ en gram'» ,
So", . . . ; .
On pourrait encore, en connaissant la température et la densité du gaz, (tous les gaz, à température égale contenant les mêmes quantités de vapeur d’eau, sous le même volume) , et par le rapport, connu aussi, delà vapeur, déduire immédiatement les quantités d’eau contenues; mais ce moyen, qui d’ailleurs présente beaucoup ? d’exactitude, n’est pas d’un emploi facile pour tout le monde.
Un des procédé les plus simples dont on puisse se servir, consiste à peser exactenlent une substance très-hy- , grométrique : du muriate de chaux, desséché, en poudre, ■ ■ par exemple, le placer sur une capsule et l’introduire sous une cloche à mercure ; l’eau ne tarde pas à être entièrement absorbée, et le poids acquis par le corps hygrométrique , ou la diminution du poids de l’air donnent
traité r>ES RÉACTIFS. 4^1
t'èluî de l’eau qui était contenue dans la cloche dont là capacité , d’ailleurs , est mesurée et graduée d’avance;
Analysé d’un mélange de gaz acide carbonique et de gaz
dxiàe de carlfoné.
Ce mélange se produit dans certaines circonstances dé la combustion du charbon, suivant la température à laquelle se fait cette combustion, et la quantité d’air introduit pour la déterminer. On prend loo parties de ce gaz, on les introduit dans un tube gradué, en déplaçant le mercure que le tube contient; on fait passer dans 1 éprouvette une petite quantité de solution de baryte, l’on > agite légèrement; l’acide carbonique est absorbé par la baryte, tandis que l’oxide de carbone reste à l’état ga- ; zeux; on note la quantité de gaz absorbé et celle du gaz restant, qui seule donnerait la solution du problème J I mais pour plus d’exactitude, on recueille le Sous-carbo-* nate précipité, et après qu’il a été lavé et séché, on lé ( pèse (i). Les proportions de ses parties Constituantes indiquent la quantité d’acide carbonique que Ce sel rëpvé- * sente; On fait la contre épreuve pour reconnaître dir rectementla quantité de carbone. On établit ainsi de plu-
ii sieurs manières, chacune des quantités qui réunies, doi-» ’i vent former la totalité du gaz employé.
(i) Il faut, pour enlever plus aisetnent tout le carbonate de J baryte , le dissoudrë dans l^acide bydro-clilorique , et précipiter i ensuite la baryte par un carbonate , laver le précipité, etc.
TRAITt; DES RÉACTIFS.
Analysé du gaz hydrogène sulfuré pour reconnaître la quantité de soufre en solution dans ce gaz.
On fait, passer dans une cloche loo parties de gaz hydrogène sulfuré ; on introduit ensuite dans la même cloche, une solution d’acétate de plomb; ce réactif s’empare du soufre contenu dans le gaz analysé. On ne peut reconnaître la quantité de soüfre contenue dans ce gaz par les différences de volume, le soufre étant susceptible de se combiner avec l’hydrogène sans en augmenter le volume.
Analyse d’un mélange de gaz hydro-chlorique et d’ hydrogène.
Pour séparer ces deux gaz et connaître leurs quantités respectives, il suiïit d’en prendre une quantité donnée, de la mettre en contact sous une cloche avec de petits fragmens de borax qui absorbent l’acide hydro-chlorique , tandis que l’hydrogène reste à l’état gazeux. On peut encore, par la solution de nitrate d’argent, faire absorber complètement le gaz acide hydro-chlorique : le gaz restant, lavé, est l’hydrogène. L’eau pure, peut encore être employée ii cette analyse, le gaz hydrogène n’étant pas sensiblement soluble. Par ces deux moyens, on observe les quantités de gaz absorbées et celles restantes, et l’on s’assure ainsi que les quantités additionnées équivalent à la quantité totale du gaz, soumis i\ l’expérience. On peut aussi par le poids du précipité (chlorure d’argent), pesé bien exactement, déterminer celui de
TRilli BES RÉACTTFS. ^'i'â
î^acidc hyclro-clilorique équivalant à la quantité totale du gaz, soumis à l’expéiience.
Analyse d’un mélange de gaz acide sulfureux et carbonique.
On opère facilement la séparation de ces deux acides, <en plaçant, dans leur mélange, quelques fragmens de borax qui absorbent l’acide sulfureux, sans avoir oucunc action sur l’acide carbonique ; l’on additionne comme précédemment, les quantités de gaz absorbées et celles restantes; la somme doit être égale à la quantité primitive employée. On peut aussi, en s’emparant du gaz acide carbonique par l’eau de baryte, faire une contre épreuve pour être assuré de l’exactitude des résultats, {V oy, l’article Solution d’oxide de barium).
L’acide sulfureux peut encore être absorbé seul par l’oxide de manganèse en poudre très-fine et légèrement humecté.
Analyse d’un mélange d’azote et de deut-oxide d’ azote.
Le mélange de ces deux gaz étant introduit sousune cloche graduée, on y ajoute du chlore en excès; celnici convertit le deutoxide en acide , et laisse l’azote isolé. On sépare l’excès de chlore, et l’acide formé par la potasse ; on observe le volume de l’azote resté libre qui , ajouté au volume absorbé, doit égaler en somme le volume primitif du mélange soumis à l’analyse (Davy). Nous bornons-là ces détails sur les analyses des gaz dont nous nous étions proposé de donner seulement quelques exemples.
THAITÛ DES I\É, ACTIFS.
Analyse des
alliages.
C’est en général parl’aclion des acides sur les différent métaux, que l’on parvient à désunir ceux-ci , et l’on dé-» termine ensuite leur nature et leurs proportions dans l’alliage, en formant pour la plupart d’entr’eux des combinaisons nouvelles, reconnaissables a des propriétés caractéristiques : par exemple, si l’on traite un alliage, ( et que l’on ne connaisse p.as d’avance les métaux qui le constituent ) par l’acide nitrique que l’on porte é l’ébullition ; on sait que cet acide dissoudra l’argent, le bismuth, le cuivre , le mercure , le plomb , le zinc ; tandis que l’or et le platine ne seront point attaqués. M. Vauquelin, cependant, a observé que le platine allié i\ l’argent pourrait Être dissous par l’acide nitrique, si la proportion de platine était faible relativementà celle de l’argent. M. Thénard a indiqué la même observation pour l’alliage d'or et de platine. L’antimoine et l’étain restent précipités i l’état d’oxides; on sépare ensuite les métaux dissous et les métaux non-dissous par les moyens indiqués ci-aprés. On se sert avec beaucoup d’avantage du chalumeau pour
reconnaître la pureté des métaux qui composent les alliages ainsi que pour découvrir les plus petites quantités de substances métalliques contenues dans tous les corps en général. [F oy. à la fin de ce chapitre une notice sur l’emploi du chalumeau ).
Analyse d’an alliage d’argent et dccuitre.
On fait dissoudre cet alliage dans l’acide nitrique, quand
TRAlTlî nES RÉACTIFS. <^J25
lu solutioii est opérée coniplélementj on précipite 1 argent par une solution d’hyclro-clilorate de soude, dont on ajoute successivement de petites portions, jusqu’îi ce qu’il ne sc forme plus de précip ité par une addition uourvelle; on verse alors le tout sur un filtre pour séparer le précipité insoluble (i), on le lave bien, puis on le fait sécher; on pèse exactement, et l’on peut conclurede son poids, directement, les proportions de l’alliage ; en effet, 100 parties de chlorure d’argent représentent jS d’argent pur; la différence du poids total de l’alliage au poids de l’argent, ainsi obtenu, exprime la quantité de cuivre. On peut d’ailleurs réduffe l’argent du chlorure à l’état métallique, enlefaisaut fondre avec la potasse.
Pour obtenir d’une autre manière encore, la quantité du cuivre resté en solution, on le précipite par une lame de zinc qu’on plonge dans la liqueur; le cuivre sc précipite à l’ctat métallique, on le lave bien, puis on le fait sécher dans un creuset de platine à une température peu élevée, afin qu’il ne puisse brûler; on le pèse aussitôt. On obtient encore d’une manière exacte le rapport de l’argent au cuivre par la coupellation. (P'ojcs à la fin des Analyses des alliages).
Alliage d’or et decuiore.
L’analyse de cct alliage en différentes proportions
(i) U ne font p.Ts que In liqueur contienne un grand excès diu'idc, de peur qu’elle attnque le filtre et le fasse percer au fond.
42^ IBAlaji DES RÉACTIPS-
peut y comme le précédent, être faite par lacoQpeUationy s’il n’y a pas une trop grande quantité de cuivre en. proportion de l’argent, on fait ensuite le départ. On peut employer à cet essai l’acide nitrique sans la coupellation, si cet alliage ne contient pas moins de o,r5 de cuivre. ( Foj. Texemple d’Analyse que nous avons donnée eu tête de cd chapitre).
Alliage de plomb et cf dtain. (Soudure des plombiers). i
On réduit cet alliage en grenailles , on l’introduit dans une fiole à médecine, on verse dessus de l’acide nitrique, à 5oo et en excès, au moins 3 parties ; on fait bouillir jusqu’à ce que l’on n’aperçoive plus de grains non dissous, et que le dégagement du gaz doutoxîd® d’azote qui passe à l’état d’acido nitreux, rutilant, au contact de l’air, ait cessé ; dans ce moment, tout l’étain oxldé aux dépens de l’oxigène de l’acide nitrique est précipité, et ii s’est formé en même temps un nitrate do plomb soluble ÿ on évapore à siccité pour chasser l’excès d’acide, on verse de l’eau distillée, on délaye, on jette sur unfiltro; l’oxide d’étain insoluble reste dans le filtre, on l’y lave bien exactement à l’eau bouillante, et son poids, après qu’il a été desséché, donne celui de l’étain contenu dans l’alliage; on sait, en effet, que loo de peroxide d’étain contiennent ai, 5^ d’oxigène. Comme il n’est pas facile d’être assuré que le précipité soit complètement desséché , il vaut mieux encore faire calciner une partie deeeperoxideet déterminer j
ainsi la perte que la totalité aurait éprouvée par la calci- J nation. ( Fayez plus loin analyse du Bronze). On peut ] déduire de la quantité d’étain obtenu , le poids du plomb i
TKAIli DES RÉACTIFS.
auqud il élail allié, mais il est mieux de s’en assurer directement; et pour cela , on le précipite par le suH'alc de soude et de magnésie; on recueille le précipité formé sur un filtre; on le lave, et son poids, après qu’ila.été desséché complètement, donne le poids du plomb, qu’il représente dans le rapport de o,68; on peut encore obtenir le poids du plomb par un autre procédé ■; on ploirge dans la solution de laquelle l’étain a été séparé, une lame de zinc, le plomb se précipite en lamelles ciislaUlaes; on les rassemble avec soin, on les mfdearvec du charbon pulvérisé ; on les réduit , en les chaulTant dans un , creuset, en un culot métallique qu’il suffit de peser exactement.
Analyse de zinc et de cuivre ( Laiton ).
On fait dissoudre cet alliage dans l’acide nitrique faible, on évapore à eiccité la solution , on convertit les deux nitrates en sulfates par l’acide sulfurique; on plonge dans la solution une lame de zinc qui précipite le cuivre en totalité, on lave le précipité jusqu’à ce qu’il ne retienne plus de la solution acide;, on le dcsséclie à l’aide d'une douce chaleur, et on le pèse; en déduisant sou poids ainsi obtenu du poids total de l’alliage employé; la diflercnce doit être le poids du zinc. On opère encore d’une autre manière pour obtenir le poids de chacun dos métaux en particulier : après avoir dissous l’alliage dans l’acide nitrique faible, à l’aide d’une chaleur ménagée ,
- on étend la solution d’un peu d’eau , et l’on y verse de la solutionde potasse, jusqu’à ce qu’il y en ait un excès assez considérable; les deux o?idcs de zinc et de cuivre sont précipités; on fait bouillir le tout, l’oxide de zincest redissous ; on lave l'oxidc de cuivre jusqu’à ce que l’eau
4o8 •ÏRAITL TES RÉACTIFS.
de layage ne verdisse plus la teinture de mauves, ou ne ramène plus au bleu le papier de tournesol rougi. On réunit toutes les eaux de lavage qui contiennent de l’oxide de zinc en solution, on prend le poids de l’oxide de cuivre resté sur le filtre, qu’on a eu le soin de bien faire sécher; on en retranche 0,2 qui est le rapport de l’oxigène au cuivre, et on obtient le poids du ouivre pur. Si l’on soustrait celui-ci du poids total, on a iiuq^diatement la proportion du zinc dans l’alliage.
Mais comme ilvauttoujours mieux faire la contre-épreuve, on doit ajouter dans les eaux de lavage un excès d’acide hydrochlorique; il se forme des hydrochlorates de potasse et de zinc; on précipite le zinc par le sous- Carbonaite de potasse ou de soude; on recueille sur ua filtre, et on lave bien le précipité de carbonate de zinc qui s’est formé, on le fa. t dessécher et on le calcine ; l’acide carbonique se volatilise; il reste de l’oxide de zinc formé de 20 centièmes d’oxigène et de 80. centièmes de métal; cet alliage de cuivre et de zinc connu sous le nom de laiton, contient quelquefois du plomb; pour s’en asassurer, on verse dans la solution, par l’acide nitrique, ( après l’avoir rapprochée pour en chasser l’excès d’acide et étendue d’eau), quelques gouttes d’une solution de potasse, et si l’o^ y détermine par-là un précipité , on continue d’en ajouter jusqu’à ce qu’il y en ait un excès; on recueille le précipité , on le lave, on le pèse , et le poids du sulfate de plomb indique, comme nous l’avons dit cidessus , la quantité de plomb qu’il représente.
Alliage de cuivre et d’elain (Bronze).
On réduit cet alliage en grenaille sous le marteau , on mi«ux caeore, on en passe un fragment de 4 ou 5 gramims»,
traité dus réactifs.
enU’C les cylindres d’un petit laminoir. On fait dissoudra un poids pris exactement de cet îtlliage, dans l’acide nitrique étendu de quatre fois environ son poids d’eau; on aide la réaction par la chaleur, et IpFsque la dissolution est complète, c’es t-à-dire, que l’on n’aperçoit plus dans, la liqueur trouble, de petits grains lourds; on rapproche h siccité afin de chasser l’excès d’acide nitrique. On traite le résidu par l’eau bouillante, qui dissout le nitrate de cuivre, on recueille l’oxide d’étain sur un filtre, on achève de séparer le nitrate de cuivre en lavant cet oxide jusqu’à épuisement complet; on fait dessécher le filtre, et on le pèse ; retranchant le poids du filtre, un a celui du précipité dans l’état oû il se trouve ; mais il faut encore en déduire le poids qu’il peut perdre A la calcination. Pour cela, on en prend une partie, moitié ou un tiers ^ par exemple , qu^on fait chaiiûer au rouge, dans une petite capsule de platine ; si la perte, pendant la calcination, s’est élevée en poids ào, i , on retranche un dixième du poids du précipité obtenu dans le filtre, et l’on a, pour différence, le poids de l’oxide d’étain pur fourni par l’étain de l’alliage; il suffit alors d’en déduire le poids de l’oxigène pour connaître la proportion exacte de l’étain dans l’alliage; celle du cuivre s’eu déduit nécessairement, on peut l’obtenir d’une manière directe en lo précipitant par une lame de zinc. [F oyez plus haut Alliage de zinc et de cuivre)»
Alliage d’étain^ de bismuth , d'argent, de plomb et do
cuivre.
On traite cet alliage par de l’acide nitrique pur à 5o’'(i)^
(i) D.ms tout te cours «Je cel onvnige nous avons clé lorco d’-spiidcr jnirt'S , les substances qui jic sont uièlécs ou dissoutes
quand hi dissolution des quatre métaux qui accompagnent l’étain est opérée ; ou verse dans une capsule le mélange des sels et de l’oxide d’étain , et on évapore presque à siccité; on traite ensuite ce produit par l’eau distillée qui dissout les sels formés parle plomb , le cuivreet l’argent, avec l’acide nitrique, et précipite l’oxide de bismuth et d’étain ; on lave le mélange de ces deux oxides pour enlever les dernières portions salines, dont le précipité pourrait encore être imprégné; puis, on traite de nouveau ce précipité par l’acldc nitrique, qui dissout l’oxide de bisuiuih , et laisse l’oxide d’étain ; on séparo cet oxide de la dissolution de bismuth par la filtration, on le lavo avecde l’eau acidulée, puis avec l’eau pure; lorsqu’il est bien ' lavé, ou le fait sécher; on évapore la solution de bisr muth jusqu’à siccitié, puis on la fait précipiter au moyen de l’eau distillée , on recueille l’oxide de bismuth qui se sépare, on le lavo bien, on le fait sécher, ou le pèse, , puis ou en déduit la quantité d’oxigèmr qui , suivant M. Lagerliielm est sur loo do 11,375; ainsi 100 d’oxidc de bismuth représentent 88,735 de métal.
D’après les proportions atomiques, ronde cet oxide *. contiennent go de bismuth; le poids des deux métaux, bismuth et étain, étant déterminé par le poids des deux oxides, il reste à trouver celui des deux métaux alliés;, on prend, la première solution, on en précipite l’argent au moyen de l’hydrochlorate de soude (r); on lavo le
<juu dans l'eau narc, et culajjour évileidts pcriplipsis qui auraient eX|)rimii d’une inanicrc jdus exacte, à la vérité; mais pas j)liis intelliy;iljlc , et en produisant des longueurs inutiles. |
(i) On peut ici faire remarcpier, en passant , coiubieii il iiu- j poite d’avoir des réactifs bien purs; si, par exemple , l'iiydi ocL orate de soude contient uu peu de sulfate de ir.cme b^e , au
TRAITÛ DES RÉACtIfS. 43 1
chlorure avec soin; ou précipite ensuite le plomb pai le siiliatcile soude , on lave le sulfate de plomb précipité» et on le fait dessécher; enfin, on sépare le cuivre de la liqueur au moyen de la potasse qui s’empare de l’acide , et précipite lecuivreà l’état dedeutoxide; onle recueille sur im filtre et on le lave. Tous ces précipités, bien séchés , doivent Être exactement pesés ; puis on déduit, parle calcul, les quantités de chlore, d’acido sulfurique, d oxigéne; on additionne les cinq quantités des métaux obtenues, et on voit si elles se rapportent en somnte au poids de l’idliage snr lequel on a opéré.
ÂxuAGU : 1“ D’argent, de plomb, d’étain, de cuivre de zinc ; 'la plus, du rnanganesé.
On expose cet alliage à la réaction de l’acide nitrique, et ou'obtient, à l’aide des précautions indiquées dans les 'analyses ci-dessus, l’argent, le plomb et l’étain; le cuivre et le zinc, restés en solution, sont précipités à l’état d’oxide par la potasse, en ajoutant un excès d’alcali; à l’aide de la chaleur, le zinc est redissout, et l’oxide de cuivre peut être recueilli sur un filtre, lavé et séché. Si l’alliage contient du manganèse, il se trouvera mêlé avec le cuivre qui , étant oxidé , sera dissous complètement par l’ammoniaque; en filtrant, on aura le manganèse, qui se trouverait mêlé' avec le cuivre, celui-ci étant oxidé, est dissous complètement par l’ammoniaque ; on aura sur le filtre le manganèse à l’état de liltoxide. il suffira de le laver et de le peser pour
lieu d’uii rlilorurc d’arj;cnl ])ur , oti obtiendrait un mélange de cc composé avec du sulfate de plomb.
43a TRAITÉ UES RÉACTIFS.
obtenir le cuivre, on évaporera la dissolution anunonla* cale, et tout l’alcali volatil étant dégagé, le deutoxide de cuivre reste seulj oa en prendra le poids, elles proportions de ses principes constituans indiqueront la.quanlilé de métal puf qu’il représente.
"Les métaux purs, obtenus des précipités, ou déduits par lo calcul , et additionnés les uns aux autres , doivent donner, en somme, la quantité totale de l’alliage analysé»
ESSAIS DE L’OR ET DE L’ARGETJJT Au moyen de la coupellation et du départ.
Outre les dispositions que nous avons indiquées sur les fourneaux, les coupelles, les moufles, les préparations du l’acide nitrique ; quelques détails additionnels sont utiles pour opérer plus facilement..
Purification de l’ acide nitrique ^OUT le départ de l’or; L’acide hydro-chlorique, que l’eau-forte du commerce contient ordinairement, en est-séparé en faisant dissoudre 4 grammes d’argent fin dans un kilogramme d’acide nitrique; le chlorure d’argent se précipite. Si Facide bydrochlorique était en grande proportion, il ne serait pas séparé complètement. Il faut s’en assurer et ajouter plutôt un excès d’argent, que de laisser de l’acide bydro-chlorique.
Lorsque le dépôt de chlorure d’argent est suffisamment formé, il faut décanter l’acide avec précaution pour ne pas laisser entraîner du chlorure.
Il est utile de faire bouillir ensuite Facide nitrique, pendant quelques minutes, pour en chasser l’acide nitreux dont il se forme toujours un peu dans la réaction de l’acide nitrique sur l’argent.
TRilTÛ BBS HïïACTIFS. 4^^
Üu^iJc mlrlque doit être étendu à aa dogréb Baumé.
l^vvpdrütloH d.& V'ücùlû peuv Ig touchaut* L* acide ni-^ trique pur n^ayant pas d action sur 1 or dont le titre s’élève à i5 ou i6 karats , il est nécessaire d’y ajouter de l’acide hydro-cliloriquc. La proportion qui a paru préférable pour l’or au-dessons de iS karats > est de a parties d’acide hydro-chlorique d’un poids spécifique de iir’3 ( l’eau étant rooo ) pourgS d’acide nitrique, dont la densité est de J 540, et de a5 parties d’eau distillée.
Coupeliation. Cette opération a pour but de parvenir à la détermination exacte des métaux alliés à l’or ou à l’argent, ou à ces deux métaux réunis^ Le plomb est le métal que l’on emploie pour entraîner dans son oxidation le cuivre à l’état d’oxide dans les pores de la coupelle. Le plomb dont on peut se servir contient toujours un peu d’argent. On doit choisir celui qui en contient le moins ; en sorte. que sa proportion trés-faible n’influe pas sensiblement sur les résultats. Si, cependant, on ne pouvait pas s’en procurer qui fut assez pauvre pour cela, il faudrait faire un essai préalable dans lequel on déterminerait la quantité qu’un poids donné de ce plomb peut fournir à la coupellation, puis on déduirait cette quantité de la propoition d’argent trouvé dans l’essai. La proportion de plomb à employer dépend de la quantité de cuivre allié , que l’on doit, autant que cela est possible, déterminer d’avance. L’habitude et le tâtonement servent de guide dans cette évaluation approximative. Plus l’or et l’argent sont alliés de cuivre , plus leur couleur tire sur le rouge , plus ils ont d’élasticité et plus ils brunissent au feu ; la dureté et la résistance à la lime augmentent, et le poids spécifique diminue.
4^4 Tr.Ani DES RÉACTIFS.
Coiipellalion de l'argent. Si l’argent contient environ O50S de cuivre, on emploie 4 fois et demi autant de plombqu’ilyademétalallié; s’il en contient 0)2o, il faut mettre au moins 1 1 fois ce poids de plomb. La proportion de.plombadovaut augmenter avec la quantité de cuivre, ün ne peut opérer que sur 5 décigrammes , lorsque l’ar- I gent à essayer exige i5 é 16 parties de plomb. En gêné- j ral, les coupelles ne peuvent guère absorber plus que leur II poids d’oxide de plomb , à moins que l’on n’expose la cou- fl pelle chargée sur une coupelle vide renversée ; celle-ci fl absorbe l’excédent de l’autre. Lorsque l’essai n’a pas assez H de plomb , le bouton de rctour est aplati , ses bords sont fl aigus et il.préscnte à sa surface des taches grisâtres. fl
La quantité de plomb étant approximée, on place la H coupelle dans lamouüe ; on charge le fourneau de charbon fl moyen;, et lorsque la température est suffisamment éle- I vée , ce que l’on reconnaît au rouge légèrement blanc des H coupelles, on y met le plomb. Dès qu’il est découvert et H que sa surface est brillante , on y place avec soin , à l’aide H d’une pincette , l’argent enveloppé dans un cornet de fl papier; l’argent se fond promptement; la matière se de- H couvre et s’éclaircit; il se forme à sa surface des points H lumineux qui tombent vers la partie inférieure; une fu- H mée s’élève en serpentant dans l’intérieur de la moufie. H Peu à peu Cceavre s’arrondit davantage , les points brillans H deviennent plus grands et s’agitent plus rapidement; il H faut prendre garde que l’essai ait trop chaud à la fin de H l’opération , parce qu’une partie de l’argent se volatilise- H mit et le bouton de retour risquerait de rocher, ce sont deux causes d’erreur qu’il faut éviter soigneusement. H Il faut donc, lorsque les deux tiers environ de l’essai fl
TRAITÉ DES RÉACTIPS. .
sont passés, rapprocher la coupelle sur le devant de la moufle, aGii de donner seulement la lenipérature nécessaire pour bien présenter tous les signes de Véclair. On 'nomme ainsi ( et fiilgaration ) le mouvenàent rapide du boulon, lorsque les dernières parties diiplomb se vaporisent : il présente sur toute sa surface des rubans colorés de toutes les nuances de l’iris i il se fixe ensuite en devenant terne et s’éclaircit immédiatement après. ‘
- On reconnait qu^in essai est bien passé, lorsque le bouton de retour est bien arrondi, qu’il est blanc-clair, cristallisé en dessous, et qu’il se détache facilement lorsque la coupelle est froide. Si le bouton était brillant et comme miroité en-dessous, au lieu d'’Ctre'tblahé mat et grenu, cela indiquerait qu’il reste du plomb dans l’argent.
■ ‘ Au reste, comme il est très-diflicile de saisir le degré de température convenable pour l’essai de tel ou tel argent, il est prudent d’en faire deux; si les deux boutons ne diffèrent que d’un millième, on peut regarder l’essai comme suffisamment approché en prenant là' moyenne des deux. '
la pureté du plomb n’ést pas à négliger ; il arrive souvent qu’il contient une quantité d’argent assez considérable. On peut l’essayer préalablement en le passant seul à la coupelle et s’il en contient, on peut l’employer à défaut d’autre, en tenant compte de la proportion d’argent qu’il peut ajouter.
Il faut se rappeler que, lorsque l’argent est à un litre bas, il nécessite une température plus élevée, dans le commencement surtout, que l’argent fin. Le plomb n’agissant sur le cuivre et les métaux étrangers qu’en s’oxi-
7'ftArii ï)tS BKACTXFS.
duait, on volt qu’U est indispensable de laisser accès à l’nir dans rintéricur de la moufle.
Coupellation de l’or. Les métaux étrangers, et le cuivre principalement, adhèrent si fortement à l’or que le plomb seul ne suffirait pas pour les entraîner en oxide au travers de la coüpelle; on est obligé d’y ajouter de l’argent en proportion du titre de l’or; et ce titre est apprécié au moyen de la pierre de touche.
Lorsque l’or contient i , 2 ou 3 centièmes de cuivre ; on doit ajouter 5 fois son poids d’argent : c’est ce que l’on nomme inquartation; s’il recèle de 20 à 3o centièmes de 1 cuivre , deux fois son poids d’argent suffisent. La quantité | de plomb augmente au contraire dans la proportion de ' l’impureté de l’Or, et si ce métal n’est qu’à ^5o mil- J lièmes de fin , il faut employer 24 fois son poids pour en- f
traîner tout l’oxide de cuivre dans la coupelle. On emploie 1 donc seulement 5 décigrainmes pour un essai, dans ce j dernier cas > tandis que l’on peut employer un gramme entier lorsque l’or est à un titre élevé. ^
L’essai de l’or exige une température beaucoup plus élevée que celui de l’argent; mais il n’y a pas de danger de chauffer trop, parce qu’il ne se volatilise pas comme l’argent. L’or étant pesé, on l’enveloppe dans un petit cornet de papier avec la quantité d’argent convenable , et lorsque, dans la coupelle, le plomb est bien découvert \ et bien chaud, on y pose ce cornet; l’or et l’argent se 1
fondent, et les phénomènes que nous avons décrits plus j
haut se représentent ici. La température étant élevée sans danger, on n’est pas obligé aux mêmes précautions que pour l’argent.
Quand l’essai est bien passé et qu’il est refroidi, on
THA1TÛ DES nÉACTIEP. 4^7
aplatit le bouton sui rcnclume i petits coups de marteau; on le recuit en le chauffant sur les charbons, au feu do lampe ou dans la moufle, en prenant garde qu’il ne s’amollisse. On le passe ensuite au laminoir pour le réduire en une lame d’un sixième de ligne au plus d’épaisseur; on recuit encore, et l’on roule cette lame en spirale.
On met cette lame contournée dans un petit ’malras ou ballon allongé’.onverse dessus de l’acide nitrique ia2 degrés environ /jo grammes; on place le matras sur un bain de sable ou sur des charbons couverts de cendres. Cette opération, qui a pour but d’éliminer tout l’argent, se nomme le départ à la voie humide. Il se dégage des vapeurs rouges ^^’acide nitrique qui sont entraînées dans une cheminée d\ippel, afin qu’elles n’incommodent p.as l’opérateur. Apéés qu£ l’ébullition a été soutenue pendant 20 minutes, on décante la solution avec soin et on la rempl.aee par un volume à peu près égal d’acide nitrique à 22 degrés, afin d’enlever les dernières portions d’argent adhérentes, ün fait encore bouillir pendant 8 à 10 minutes; on décanle et l’on remplit avec de l’eau distillée.
On met un petit creuset à recuire sur l’ouverture du m.alras ; on renverse celui ci : le rouleau (ou cornet) tombe sans se briser au travers de l’e.au; on retourne le matras avec dextérité pour ne pas faire tomber toute l’eau qu’il contient; on décante l’eau restée dans le creuset en prenant garde de laisser échapper quelques petits fragmens d’or détachés du cornet, puis on lait recuire au milieu des charbons allumés ou dans la moufle.
Le cornet qui, au sortir de l’acide nitrique, était trèsfragile et d’une couleur de cuivre oxidé, prend du retrait, devient ductile et reprend sa couleur et son éclat métal-
'438 TRAITÉ DES RÉACTIES.
iique. Il n’y a plus alors qu’à observer exactement le poids du cornet pour connaître, par sa diminution, le titre de l’or essaye. On doit répéter cet essai deux fois comme pour la coupellation de l’argent, afin de rendre sensible une erreur que l’on aurait pu commettre.
Si l’or ou l’argent étaient alliés de platine, on remai<querait plusieurs différences dans les phénomènes que leurs essais présentent. L’une des plus sensibles, c’est qu’après avoir faiblement développé les couleurs de l’iris, l’essai ne se découvre pas , et la surface , au lieu de devenir brillante comme dans les essais d’or et d’argent , reste mate et tetne.
■Voyez, pour des détails plus étendus et les particularités relatives aux essais des dorés, etc. , le Manuel de l’essayeur, par M. Vauquelin.
Nous terminerons ici ce que nous nous étions proposé de dire sur l’analyse des alliages. Pour peu que l’on ait acquis l’habitude des manipulations que nous avons décrites avec soin, il sera facile de suivre toutes les périodes des opérations que nous avons indiquées. Nous allons nous occuper maintenant de l’examen de divers mélanges d’acides , nous choisirons de préférence ceux qui se rencontrent le plus fréquemment dans le commerce, soit qu’ils résultent du mode ordinaire de fabrication en grand, soit qu’on les ait mélangés à dessein.
Analyse d’an mélange d’acide hydro-chlorlque et
sulfurique.
Ce mélange se rencontre dans la: plus grande partie de l’acide muriatique du commerce. Ou détermine aisément
THAITÉ T>KS RÉACTIFS. .4^>9
1 . la proportion d’acide sulfurique , en y versant une solad tion d’hydro-chloralc de barite (i) jusqu’à cessation de précipité par une addition nouvelle. On lave le sullàlc de barite par plusieurs décantations et en le versant sur un filtre où l’on achève de l’épuiser; on le dessèche, on pèse, on en sépare une partie que l’on calcine fortcinenf dans un creuset de platine , et l’on connaît, en prenant le poids du résidu, qu’elle est la quantité de sullate de barite précipité. On eu tire la proportion d’acide sulfurique contenu dans le mélange, puisque la composition du sulfate de barite admet 54 d’acide pur pour loo ou 4i,5 d’acide concentré à GG“.
Il arrive assez souvent que V acide muriatique contient du fer. On trouve sa proportion en le précipitant par V hydro-cyanatc ferruré de potasse ( Voy. ce mot dans la table). Si cet acide contenait du sulfate de soude, on ! connaîtrait sa proportion en faisant rapprocher, évaporer à siccité et calcinant le résidu; on redissoudrait le sel sec;
' on précipiterait par l’hydro-chlorate de barite , et loo de . sulfate de barite obtenu représenteraient en poids Go, i de
sulfate soude pur. ■
Acide nitrique mêlé d’acide hydro-clitoriqiie.
Ce mélange se rencontre dans tout l’acidc nitrique du commerce, parce que le nitrate de potasse employé à sa
(i) L(’ nitrate de barite indiqué dans presque tous les onvr;ij;e,s de Cliimie, donne un résultat inexact, parce qu’une p.nrlie dti nitrate devient iusnliibtc avec le sulfate, et augmente’ le |.oids oe iclui-eidela barite qu’il laisse après la calcination.
44o ' TRAITÉ DES RÉACTIFS.
fabrication contient toujours des hydro-chlorates. On détermine aisément la proportion d’acide hydro-chlorique, en versant du nitrate d’argent jusqu’à léger excès. Le chlorure d’argent , précipité , lavé , séché > représente 35,256 d’acide hydro-chlorique.
Mélange d' acide sulfurique et nitrique.
Ce mélange se rencontre quelquefois dans l’acide sulfurique du commerce; on l’étend d’eau, on sature exactement par l’eau de barite et le sulfate de barite précipité, calciné, pesé, indique, comme nous l’avons vu ci-dessus, la proportion d’acide sulfurique. Pour connaître l’acide nitrique, on réunit la solution filtrée aux eaux de lavage du sulfate, et l’on évapore à siccité : le résidu sera le nitrate de barite, qu’il sera facile de dessécher, puisqu’il ne se décompose qu’au rouge naissant; loo de ce sel sec indiqueront 4* d’acide nitrique pur. Si, comme l’a fait observer M. Lonchamp , une petite quantité de nitrate de barite s’est précipitée avec. le sulfate, on n’aura pas obtenu toute la proportion d’acide nitrique. Il faudrait , pour la déterminer exactement par ce moyen , faire l’analyse comparée d’un mélange que l’on aurait fait à dessein à peu près semblable à celui essayé , et reconnaître ainsi la correction à faire en raison du nitrate précipité.
On peut aussi, dans un mélange quelconque de deux acides , connaissant la proportion de l’un d’eux par l’un des moyens indiqués, déterminer celle du second par la quantité de sous-carbonate de^ soude qu’il peut saturer. Les acides faibles sont difficilement appréciés par ce moyen.
Mélange d'acides sulfurique, nitrique et hydro-ciilorique.
L’acide nitrique du commerce présente quelquefois ces trois acides : ayant déterminé la proportion d’acide sulfurique et d’acide liydro-chlorique , d’une part à l’aide de l’hydro-chlorate de barite, de l’autre au moyen du nitrate d’argent, il sera facile de connaître la proportion d’acide nitrique en saturant le mélange tout entier par le sous-carbonate de soude cristallisé et retranchant de la quantité employée à cette saturation la quantité de souscarbonate de soude que les deux acides connus ont pu saturer.
On y parvient encore en agitant le mélange des trois acides avec un excès d’oxide d’argent très-divisé, agitant, laissant déposer et décantant le liquide clair; on réunit à celui-ci les eaux de lavage ; on y ajoute de l’eau de barite jusqu’à cessation de précipité ; on sépare ce précipité, on le lave, on réunit le liquide filtré et les eaux de lavage , on sature le tout exactement ( au papier tournesol rouge et bleu ) par l’eau de barite, et l’on a dans la liqueur le nitrate de barite. On le fait évaporer à siccité; on fait dessécher le résidu au-dessus de la température du rouge naissant, et son poids indique celui de l’acide nitrique qui forme les 41 centièmes de nitrate.
Mélange d'acide sulfurique et phosphorique.
On précipite ces deux acides par l’hydro-chloratc de barite; on lave et l’on fait dessécher le précipité obtenu ; on en prend le poids, on le délaye dans l’eau , puis on fait dissoudre tout le phosphate par l’acide nitrique; on lave ,
44® TRAITÉ DES BÉACTILS.
on séclie et l’on pèse la partie insoluble (sulfate) ; son poids, déduit du poids total du premier précipité, indique celui du phosphate.
Le sulfate de baritc contient ^4 centièmes d’acide sulfurfque, et le phosphate a6,5o d’acide phosphorique.
Analyse d’un mélange d'acide sulfurique et acétique (i).
Après s’être assuré par les divers réactifs que nous avons indiqués , que ce mélange ne contient pas d’autres acides, on le sature bien- exactement par la barite, on fdtre; le sulfate de barite précipité obtenu sur le filtre, et bien lavé et séché, indique la quantité d’acide sulfurique précipité; il ne reste plus dans la liqueur et les eaux de lavage, que l’acétate de barite; on le précipite par un sulfate soluble, et le poids du sulfate de barite obtenu indique son équivalent en barite, et par conséquent en acide acétique; lOO de sulfate de barite représentent 108, 5 d’acétate.
Analyse d’unmélange d’acide sulfurique ^ d' acide acétique et d’acide malique.
Après avoir saturé exactement l’acide sulfurique et malique par la barite, on lave le précipité de sulfate et de malate; on le pèse, puis on le traite par l’acide nitrique qui dissout le malate de barite et laisse le sulfate. La différence de poids du précipité donne la quantité de malate, et par conséquent celle d’acide malique
(1) Lds vin.iÎRres du commerce présentent rjuclqucrois ce luéiiiuge d'acides qui n’csl pas autorisé par les lois.
que l’on peut détenniner aussi en le décomposant par l’acide sulfurique. En précipitant les eaux de lavage par cet acide-, on a la quantité ' de barite saturée par l’acide acétique, puis on en déduit celle de cét acide, loo de sulfate de barite équivalent a io8,5 d’acétate, et à 42>4 d’acide malique.
Analyse d’un liquide contenant de l’alcool : le vin, l’ale, la bière, le cidre, etc.
Le sous-acétate de plomb et la potasse séparent de ces liquides l’alcool, ainsi que nous l’avons dit plus haut, page i55’; mais on opère aussi quelquefois d’une autre manière ; on sature par un excès de soude , on distille dans un petit appareil qui condense parfaitement tous les produits alcoob'ques ( l’alcoolimètre de Descroizilles est dans ce cas ). On pèse ou l’on mesure la quantité de liquide obtenu par la distillation; sa densité (poids spécifique^ , indique directement la proportion à' alcool réel. ( V oyez la table des quantités d’alcool , contenues dans de l’alcool, étendu à diverses densités).
Lorsque l’on veut savoir si \Avinasse qui s’écoule constamment de la chaudière , ou appareil distillation continue, est bien épuisée, il faut en distiller une certaine quantité dans un alambic à essais , et s’assurer si le produit de cette distillation est d’une densilé précisément égale à la température zéro ; s’il était d’un poids spécifique moindre, cela indiquerait que la vinasse contient encore de l’alcool.
Analyse des sels et des mélanges de différens sels.
Lorsqu’on se propose d’analyser une substance saline, formée d’un ou de plusieurs sels, on doit s’assurer d’abord de la nature du sel ou des sels qu’elle contient; nous croyons devoir renvoyer ù la table, pour les indices que l’on peut tirer des formes régulières , de l’action de la chaleur , des corps simples et des divers réactifs que nous avony indiqués, et cela , pour éviter des répétitions inutiles; nous ajouterons cependant ici quelques notions sur des sels dont nous n’avons pas eu occasion de parler jusqu’ici, et sur une classe particulière : les sels végétaux. Les premiers sont les hypo-sulfates , hypo-sul fîtes [sulfites sulfurés), hypo-nitrites , fluo-borates , chloroxlcarbonates , iodates , hydriodates , hydro-séléniates ou hydro-séléniures , hypo-sulfates , chlorates oxigénés , sélénites et hypo-phosphites.
L’un quelconque de ces sels étant essayé par l’acide sulfurique , les hypo-iiltrites dégageront un gaz rouge, les hypo-sul files dégageront du gaz acide sulfureux, facile à reconnaître à son odeur (de soufre brûlé), et laisseront déposer du soufre; le gaz dégagé des bydro-séléniures ( acide hydro-sélénique ) , développera une odeur désagréable analogue à celle de l’hydrogène sulfuré , irritera fortement les yeux et la membrane pituitaire; mis en contact avec un papier humide et de l’oxigène, il colorera ce papier en rouge ; soluble dans l’eau , sa solution évaporée é l’air rougit à la surface; produit des précipités couleur de chair dans les solutions de zinc, de manganèse et de cérium. Les chloroxi-carbonatcs laissent dégager dans l’air dos vapeurs blanches qui sont très-piquantes.
TBAUi DES ȃACTir3. 44 5
Legazhyclriodique répand aussi des vapeurs blanches; mais si l’on traite les hydriodates par l’acide sulfurique, ils sont décomposés: on obtient du gaz sulfureux et de l'iode en vapeur.
Les vapeurs, dues au gaz acide hydro-chlorique , recueillies, sont très - solubles dans l’eau , précipitent le nitrate d’argent en chlorure d’argent. ( V oyez ce mot. )
Un hypo-sulfate traité par l’acide sulfurique étendu d’eau, ne donnera pas d’acide sulfureux à froid; mais en chauffant le mélange , la réaction aura lieu ; on sentira à l’instant l’odeur du gaz sulfureux; réduit simplement en poudre, et chauffé , il laisse dégager du gaz sulfureux et passe i l’état de sulfate neutre. Enfin, les hypo- sulfates paraissent être tous solubles dans l’eau.
Les iodates sont tous très-peu solubles ; ils sont décomposables par l’acide sulfureux et l’hydrogène sulfuré qui en séparent l’iode , on peut rendre l’iode sensible en recueillant le dépôt et le chauffant dans un ballon.
Les chlorates oxigénés , projettés sur les charbons , activent la combustion; mais ils ne donnent pas, comme les chlorates, un gaz jaune-verdâtre avec l’acide sulfurique. Chauffés avec cet acide étendu du tiers de son poids d’eau , ils laissent dégager leur acide à la température de i4o".
Lorsqu’un séléniate est chauffé dans de l’acide sulfurique étendu, le liquide filtré contient un séléniate acide ; si l’on y verse du sulfite d’ammoniaque, le séléniate s’en séparera peu à peu en flocons rouges ou bruns.
Les hypo-phosphites devront être amenés i l’état d’bypo-phüsphilcs de potasse ou de soude, alors le sel obtenu
sera très-déliquescent , très-soluble dans l’alcool ; chauffe avec l’acide sulfurique, il laissera dégager de l’hydrogène phosphoré; traité par l’acide nitrique, il passera à l’état de phosphate.
Nous allons indiquer une marche générale que l’on doit suivre pour procéder méthodiquement à l’analyse des sels dont on ignore l’espèce particulière; mais dont on a déterminé le genre à l’aide de la chaleur ou des acides sulfurique , nitrique ou hydro-chlorique, comme nous venons de levoir, ici, pour quelques sels, et dans le cours du traité pour tous les autres.
Si le sel est soluble dans l’eau et que sa solution en entier ne soit pas troublée par la potasse, la soude ou l’amraoniaque, leurs sous-carbonates ou bydro-sulfures , il a pour base l’un de ces trois alcalis ; si la cbaux en poudre, humectée, n’en dégage pas d’ammoniaque, c’est un sel de potasse ou de soude. U hydro-chlorate de platine caractérisera la potasse , s’il précipite la solution rapprochée, et réciproquement le sel à base de soude ne sera pas précipité.
Si le sel est insoluble ou que sa solution concentrée soit précipitée par la potasse, ou la soude, ou l’ammoniaque , ou les hydro-sulfures ou sous-carbonates de ces bases, il a pour base un oxide autre que l’un de ces trois alcalis.
On s’assurera si c’est un sel de lithium en calcinant un peu au chalumeau avec de la soude sur une lame de platine : celle-ci est attaquée, s’il y a de l’oxide de lithium.
Pans le cas où le lithium ne serait pas indiqué, si le sel est soluble dans l’eau, on l’y dissoudra et l’on ajoutera dans la solution un excès de solution d’alcali ou de sous-
carbonate. On emploiera du carbonate , si l’alcali caustique ne donne pas de précipité ou qu’un excès' d’alctdi le re- ) dissolve. Quelquefois il est nécessaire de favoriser l’action ( par la chaleur (pour les sels d’or , par exemple).
Si le sel est insoluble, on le réduira en poudre ira- [ palpable, et on le fera bouillir dans lo fois son poids ) d’une solution contenant o,a de sous-carbonate de po- I tasse. Il est quelquefois utile de répéter ce traitement sur i le résidu , sr tout n’est pas décomposé , ce dont on s assu- 1 rera en faisant réagir l’acide nitrique ; cet agent doit dis- I soudre tout le résidu avec ou sans effervescence.
Si le carbonate de potasse dissolvait tout le sel (les sels » d’urane, par exemple), on prendrait de l’alcali caus~ I tique, (i)
De quelque manière que l’on ait décomposé le sel pour » en obtenir un oxide ou un carbonate, on lavera à grande i eau ce dépôt décomposé dont on déterminera la nature : i après l’avoir calciné au rouge avec un peu de charbon , I on verra si la base mise à nu est âcre, caustique , alcaline;, et en la dissolvant dans un acide, on reconnaîtra, par les réactifs que nous avons indiqués , la présence de la barite, de la slrontiane ou de la chaux.
j (il Quelques sels iosnlubles sont très-clifficilcraent derompn- I bli'8 par les « ai bonales de potasse : ecs sels sont di’coruposés par l’aridesidfiirique, et leurs bases forment avec cet acide des sels * insolubles.
Des sels végétaux à bases minérales , et des sels végétaux à ' bases végétales.
Les sels dont l’acide et la base sont de nature végétale, sont entièrement décomposés par la chaleur, et donnent les produits des végétaux; si l’acide seul est végétal et la base minérale Oxe, on obtient celle-ci dans le résidu de la décomposition ignée. Ainsi, l’acétate de soude, l’oxalate de chaux, le tartrate de potasse, etc. , donnent par ce moyen de la soude, de la chaux, de la potasse, etc. Le moyen le plus généralement employé , pour obtenir et reconnaître l’acide , consiste à décomposer le sel par Pacétate de plomb, recueillir le précipité formé, le bien laver, le délayer dans l’eau et le décomposer par un courant de gaz acide hydrosulfurique; le plomb, dans cette combinaison , devient totalement insoluble, on filtre et on évapore la solution claire jusqu’à consistance sirupeuse; l’acide, ainsi rapproché, peut cristalliser , et on le reconnaît à ses caractères physiques et chimiques.
Si l’on soupçonnait que le sel fut formé d’acide acétique, on le dégagerait à l’aide de l’acide sulfurique, on le reconnaîtrait à son odeur piquante agréable, à sa vapeur qui rougit le tournesol, été.
Les sels à bases végétales , dont on veut connaître la base, doivent être précipités par la magnésie en excès. On traite le précipité formé par l’alcool ; celui-ci dissout la base isolée et la dépose en cristaux par refroidissement, après l’évaporation. Les caractères que cette base végétale présente dans ses combinaisons avec les acides , son pouvoir saturant, etc., la font reconnaître.
A l’aide des divers réactifs, et des moyens que nous
RTons îndifjués pour connaître les sels, et tleterinincr exactement leurs parties constituantes, il sera facile de faire l’analyse des mélanges de plusieurs sels, contenus dans une matière s.aline. En général , on doit d’abord séparer, à l’aide de l’eau, les sels solubles , des sels insolubles, et traiter ensuite àpart, chacune de ces deux parties, après les avoir isolées bien complètement par des
lavages ; mais ce qui est le plus important dans ces operations, c’est de tenir compte des actions complexes des divers agens : ainsi, par exemple, si l’on précipite une solution saline par de l’eau de barite (hydrate d’oxide de barium), le précipité obtenu pourra être dû aux acides différens de deux ou plusieurs sels; si nous supposons , par exemple , que l’on ait reconnu d'avance la présence des sulfates et des carbonates, il faudra pour déterminer leurs proportions relatives; peser d’abord tout le précipité bien desséché. Le traiter ensuite par l’acide nitrique qui dissoudra le carbonate de barite, et laissera le sulfate intact; on obtiendra directement le poids de celui-ci après qu’il aura été bien lavé et séché; en le déduisant du poids total obtenu , on aura pour difîérence la quantité du carbonate de barite
Il y a une loule de précautions à prendre, et de considérations importantes sur ces actions complexes dans les application,s des réactifs ; mais outre qu’il est fort diïficile de les prescrire toutes , le cadre de notre ouvrage ne nous permettrait pas d’entrer dans ces détails. Nous avons dû nous borner à des données générales , en citant seulement quelques cas particuliers. Nous croyons devoir recommander encore un mode utile pour déterminer le plus il exactement possible, les quantités réelles de sels ou d’a-
/|5o TllAlrÈ 1)TS hÉACTirS.
cidcs dans des mélanges ; il consiste t'i faire un essai comparatif, toutes les fois que cela est possible , sur un acide ou sur un sel pur ou mélangé dans des proportions connues; on conçoit que les quantités comparatives obtenues ainsi , sont facilement converties en quantités absolues : citons un exemple pour faire bien comprendre cette régie générale. Si l’on veut connaître exactement la quantité de sulfate de soude cristallisé, contenue dans un mélange quelconque, 'en appliquant les moyens usités, on obtiendra un précipité de sulfate de barite, d’où l’on conclura la quantité d’acide sulfurique équivalente et les quantités correspondantes de soude et d’eau; mais pour cela il faudra choisir pamai les proportions de sulfate de barite, qui diffèrent suivant plusieurs chimistes (i) et parmi les proportions d’eau du sulfate de soude cristallisé sur lesquelles l’on n’est pas d’accord. Ce ne sont pas là les seules cause.s d’erreurs ; les circonstances dans lesquelles on aura opéré ne se rapporteront pas exactement à celles dans lesquelles les chimistes ont agi dans la détermination des propor- | tions qu’ils ont indiquées ; le papier à filtre sera plus ou j moins perméable, etc. Ce sont ces causes d’erreurs qui ^ font différer les essais des chimistes d’une habileté recon- | nue, elles disparaissent toutes par la méthode des cs.«ais ' comparatifs que nous indiquons. Ainsi, dansle cas choisi pour exemple, on se procure du sulfate de soude cristal- ^ lisé pur ; on en pèse bien exactement une quantité égale
(i) Composition dn sulfate de barîte : Chenevix-, acide 24, base 76 ; Thénard , 25,i8 d’acide , 74’^^ de base ; Bucln.la , 1 asc 95, acideSi; Vau<iuelin, aride 68, base 3a ; Foiirriov, liasc 66, aride 34; Klaprolh , acide 34 base 66.
à celle présumée (par un essai préliminaire ) dans le sulfate impur. On fait en même temps et de la même manière, dans des circonstances qu’il est facile de rendre semblables en tous points (i) , l’essai du mélange salin dont on veut connaître l’equivalent en sulfate de sonde cristallisé; les quantités comparées de sulfate de barite I obtenues dans les deux essais, donnent également la rei lation cherchée.
, Analyses des pierres ( mélanges de sels et d’ oxides insolubles, et combinaison des oxides entr'eux).
On peut diviser les pierres ou substances terreuses , en deux classes : l’une, dans laquelle nous plaçons toutes les substances attaquables par les acides ; l’autre , qui comprend toutes les pierres dont il est nécessaire de déitruire préalablement l’agrégation à l’aide du feu et des I alcalis.
Dans les deux cas , il faut réduire en poudre d’une Ü très-grande ténuité celle de ces substances qu’on se propose d’examiner.
(i) En eflet , ces deux essais seront faits dans le même lien , le fl meme temps, la même température, les précipités lavés de la fl même manière, recueillis sur des filtres semblaldcs mlcinés an fl meme feu : on pourra aisément observerejue l< s solutions soient ) faites à quantités d’eau égales J enfin , que toutes les manipiilaij lions soient les mêmes.
Analyse d*ane pierre nttaquahlo par les acides ( Carbonate de chaux f silice et oxide de fer ) . (i).
Après avoir pesé une certaine quantité de cette pierre réduite en poudre impalpable , on l’introduit dans une fiole à médecine , à laquelle on a adapté un tube recourbé; on ajoute de l’acide hydrochlorique en excès. On recueille dans d^ l’eau de barite le gaz qui se dégage; on porte à l’ébullition, et quand l’acide n’agit plus sur la 1 pierre, on délute l’appareil; on détermine, par la barite, ] la quantité d’acide carbonique contenue dans le gaz re- j cueilli [voyez p. io4 ) ; on étend ensuite d’eau la liqueur 1 acide; on la verse sur un filtre lavé par l’acide hydro- 1 chlorique; on lave bien la silice qui reste sur le filtre ; j on la fait sécher et on la pèse; on verse dans la liqueur I filtrée de l’ammoniaque qui précipite l’oxide de fer : ce- 1 lui-ci doit être recueilli sur un filtre bien lavé , séché et j pesé. On obtient ensuite la chaux en la précipitant par ' l’oxalate d’ammoniaque’, que l’on ajoute dans la liqueur jusqu’à ce qu’il y en ait un excès. On recueille sur un filtre le précipité d’oxalate de chaux formé; on le lave bien. On le décompose dans un creuset de manière à le réduire seulement en carbonate, et on pèse le résidu. La somme des quantités de ces substances obtenues séparément doit être égale au poids primitif de la pierre analysée (2). ^
Los marbres, I.1 cr.aie ; les pierres deronslrurtions , etc.
(2) On doit s’assurer , par d’autres réactifs , que loi; substances j ainsi isolées , sont .à l’élal de pureté : on sait en cfl'ot, que les * agcf'ts chimiques , employés pour obtenir leur sépaniliou , auraient pu précipiter d’autres substances niél.angées arec clics.
THAITÉ DES RÉACTIFS. 435
Il faut, avant de soumettre ces pierres i l’analyse par les réactifs, les exposer, réduites enpoudre, à unechaleiir d’étuve un peu forte; ou au feu dans un creuset de platine , si elles ne sont pas altérables par la chaleur , afin de connaître par leur poids, comparé avant et après cet essai , si elles contiennent de l’eau , et la quantité qu elles en contiennent.
Analyse d' me pierre duré, composée d’qfiu, de silice ,
d'alumine, d'oxide de fer et de carbonate de chaux.
On réduit cette pierre en poudre , on en met une quantité donnée dans un Creuset de platine qu’on soumet à l’action dè la chaleur, pendant lo minutes; après ce temps , on retire du feu et on observe quelle est h différence dé poids, qui est due à la perte de l’eau (i).
La quantité d’eau, une fois connue, on prend une quantité quelconque de la pierre non calcinée, on la traite par quatre fois son poids de potasse à l’àlcool, dans un creuset d’argent j muni de Son couvercle; à l’aide d’une spatule
(i) Quelquefois les pierres contiennent aussi des matières végétales ou aninaales , susceptibles de se décomposer î> la clialeur : en les chauffant douccmerit, et recueillant les produits gazeux , bn observe des vapeurs acides, provéhantes de la décomposition des matières végétales , de l’eaù et de l’huile noire. Les matières animales se décomposent ensuite, donnent des produits gazeux alcalins (ammoniaque), de l'huile empyrenmatique, d’une odeur fétide, etc. Le charbon resté dans la pierre, la noircit. Enfin, si la pierre analysée contenait du charbon , on en obtiendrait la preuve en le calcinant avec du chlorate de potasse qui dégagerait de l’aeidc carboniqnc facile a recueillir, et .à apprécier paé l’can de baritc. I
4H TRAITÉ DES RCACTÎFS.
de mêtflo mêla] , on remue le mélange cl l’on en forme une pâle en y ajoutant une très-petite quantité d’eau ; on expose à une douce chaleur: puis, peu-à-peu on augmente le feu jusqu’à ce que le mélange soit réduit en une masse péteuse ; on remue avec la spatule, et on lient en fusion pendant 20 minutes, ou laisse lomher le feu poair que le creuset refroidisse. Quand il est presque froid, on verso dedans de l’eau distillée chaude; on laisse quclque^tcmps en contact; on décante, on verse une nouvelle quantité d’eau , on fait chauffer jusqu’à l’ébullition ; enfin , lorsqu’on répétant les lotions, on n enlièrement enlevé la matière qui était restée adhérente au creuset , on Averse dans le liquide de l’acide hydrochlolique pur jusqu’à ce qu’il y en ait excès ; on évapore presque jusqu’à siccilc , en ayant soin de remuer sur la tin , de peur qu’une partie du mélange ne soit projcllée hors du vase par des expansions subites de la vapeur accumulée ; quand tout est amené à l’étal sec pulvérulent , on y ajoute de l’eau, on fait bouillir , puis on filtre; la fiuce reste sur le filtre, tandis que les sels de fer et d’alumine passent en dissolution. Quand la silice n’est pas blanche, ce qui souvent est dû à ce que l’opération a été jioussée trop loin , et qu’une partie du sel de fer a été décomposée; on la prend, on la lave d’abord avec de Tcau aiguisée d’acide hydrochlorique, ensuite par des lotions d'eau pure, enfin, on la fait sécher.
On salure la liqueur qui contient la chaux, le fer et rnlumine par l’ammoniaque ; celle-ci précipite les deux derniers oxides, on les recueille sur un filtre, on les lave et on les fait bouillir avec de la potasse caustique, qui dissout l’alumine ; on étend d’eau , on filtre;
ThAfrê nEfi niAcfïïs. 4'^>5 '
l’oxkle d« for roetesur lo filtre ; on lo lave bien , on le fait féclier, on le pèse et on tient note de son poids. On précipite ensuite l’alumine passée en solution dans la potasse par rh}^drochlorate d’ammoniaque; cette précipitation a lieu par la combinaison dé l’aCideliydrochlorique de l’hydrochlorate d’aüimohiaque avec la potasse ; on recueille le précipité, on le lave , on le sèche et on lepèsej on précipite ensuite la première liqueur, de laquelle on a séparé le fer et l’alumine par l’oxalate d’ammoniaque ; on recueille le précipité, on le lave et on le fait sécher : son poids donne la quantité équivalente de carbonate de ( chaux; on peut convertir au feu cet oxalate en sous-car- I bonate calcaire.
' On voit ensuite si les différées produits obtenus fort tuent le poids primitif de la pierre analysée (i).
I Analyse d’une pierre formée de siiiee , à’ alumine, de t chauXy de strontlane i de magnésie , de gluclne de barUe ,
I e\. d’ oxide de fer e\ de manganèse.
I Après avoir fondu dans la potasse , tfaité par l’acide h}"- ) drochlorique et séparé là silice comme nous iWons fait ( dans l’analyse précédente ; tout le reste étant dissous dans I l’acide hydrochloriqué , on verse un excès d’hydrosulfure > d’ammoniaque qui précipite l’alumine, la glucincj l’ot jdde de fer et de manganèse, la liqueur filtrée Contient les autres substances.
Traitement de la liqueur. On y verse de l’acide hvdrochlorique, et 1 on fait chauffer pour chasser l’acide hydrosulfurique; on fait évaporer et dessécher, puis on
(i) Les argllos doivrnl être annljsées pn'r le mode que nous t tenons de décrire.
/jSG TBAITÉ DES RÉACTIFS.
traite le fcsidu par l’alcool bouillant, le chlorare de barium reste seul insoluble; on fait évaporer la solution, et on redissput dans l’eau ; on verse un excès de carbonate d’ammoniaque qui précipite la chaux et la strontiane à l’état de carbonate. La magnésie sera obtenue- de la solution en évaporant et calcinantpour chasser les sels ammoniacaux (i). Pour séparer ensuite la strontiane de la chaux, on dissoudra dans l’acide nitrique , on desséchera les»nitrates ; on les délayera dans l’alcool qui ne dissoudra que le nitrate de chaux; on fera passer chaque nitrate isolé à l’état de sulfate, eu les traitant iso- | lement par l’acide sulfurique, et en calcinant dans un .. creuset de platine : on pourrait en faire autant du chlo- i rure de barium. Connaissant donc les poids des sulfates de barite., de chaux et de strontiane; on concluerade leur composition, les quantités équivalantes de leur base^ nous avons vu que la magnésie était donnée directement.
Traitement du. précipité. On traitera par la potasse qui dissoudra tout, excepté le fer et l’oxide de manganèse; on dissout ces oxides dans l’acide sulfurique, on fait passer le fer au maximum par quelques gouttes d’acide nitrique à la température de l’ébullition, et tandis que la liqueur est bouillante, on neutralise exactement avec du carbonate d’ammoniaque; tout le fer se précipite , le manganèse reste, dissous , on fait évaporer à siccité , et l’on calcine : .
on peut même, par ce procédé, séparer le fer du cérium
(i) Si la magnésie rclcn.ait de la chaux , on la ferait redis- •
soudre dans J’acidc hj drochlorique , et on traiterait une seconde t
fois parle sous-carbonate d'ammoniaque qui ne précipiterait que * la chaux , etc.
TnAITÛ DBS BliACTlFS. 4^7
du nickel cl du cobalt (Ilcrschcll, Ann. de Ch. et Phys., t. XX, p. 3o4)-
La glucine et l’alumine restées en solution avec la potasse, devront être converties en hydroohloratcs par une addition d’acide hydrochlorique ; un excès de sous-carbonate d’ammoniaque redissoudra toute. la glucine, et laissera l’alumine précipitée ; en faisant bouillir la solution , on fera vaporiser le carbonate d’ammoniaque , et la glucine sera précipitée à l’état de carbonate >oa la lavera demême que l’alumine. Ces deux substances, recueillies sur des filtres, calcinées dans un creuset de platine , donnent le poids des deux derniers oxides.
Si la somme de tous les produits de l’analyse était moindre que les quantités de matière employées, ili faudrait rechercher le lithium, sodiiim ou potassium par le procédé indiqué pag. 455.
Le procédé pour analyser les pierres, est, à quelques modifications près , le même pour toutes ; il peut être cependant plus ou moins compliqué, selon qu’il y a un plus ou moins grand nombre de corps combinés entr’eux; mais il n’entre pas dans notre plan de donner un cours complet do cette étude; nous nous bornons à indiquer quelques applications des réactifs à l’analyse. Pour de plus grands détails, on peut consulter et les analyses publiées par les savans, et l’ouvrage de M. Thénard, dans le 5* volume ; on y trouvera les divers ^modes d’analyses usitées.
Applications de quelques réactifs à l’analyse des eaux minérales.
Les eaux minérales sont extrêmement rep ardues dans
TIUITU UES n^ACTIFS.
la nature; elles varient suivant le sol, la températnr# , les changemens atmosphériques , cl elles contiennent des corps gazeux, des sels, des matières végétales et animales, etc,
D»3 Eaux minérales,
Ou peut i la rigueur considérer toutes les eaux que l’on rencontre dans le sein de la terre , ou â sa surface, comme autant d’eaux minérales; elles ne diffèrent les unes des autres que par le nombre et les proportions des substances qu’elles renferment ; l’usage, cependant, a consacré ce mot pour désigner lessolutionsqui contiennent assez de matières étrangères pour être douées d’une action marquée sur l’économie animale.
Les eaux minérales varient suivant le sol, la température , les changemens atmosphériques ; les unes sont froides f d’autres sont tièdes, ou thermales, quelquesunes sont Xvhi-ckaudes ; elles contiennent des gaz, des sels , etc. , etc*
. On a trouvé, en assez grand nombre, de substances lixes et de gaz, dans les eaux qui ont été examinées; de ce nombre sont les substances gazeuses observées jusqu’aujourd’hui l’oxigène, l’azote, l’acide carbonique, l’acide hydrosulfurique et l’acide sulfureux. Les substances fixes, comprennent l’acide borique, la silice, la soude, des sulfates, des nitrates, des hydrochlorates, des bydrosulfates, des carbonates, des phosphates, des borates , de l’iode, des matières végétales et animales, etc, La protnière précaution û prendre, lorsque l’on veut exai
TRAITÉ DES RÉAtmrS. /J 5g
iniiicr UQc eau minérale , c’est de reconnaître la situation et la nature des terrains (ju’elle traverse j ou ceux sur lesquels elle coule, les vegétauxqui croissent sur ses bords, I le dépôt qui se forme, puis, enfin, les propriétés phj'siques et chimiques.
Avant de se livrer i l’analyse exacte d’une eau miné- ; raie, il faut rechercher d’abord les indices de sa compoi silion dans ses caractères extérieurs : l’odeur, la saveur, l’apparence trouble ou limpide, le degré aréométrique , etc. On doit ensuite reconnaître les substances qui entrent dans la composition de l’eau que l’on veut analyser ; pour cela, on essaie Taction do divers réactifs. Ceux qui sont les plus usités pour les eaux minérales sont, i". la teinture de tournesol bleue, qui décèle la présence d’un acide en changeant de couleur, ( elle passe du bleu au rouge); la nature de l’acide qui produit cet effet, doit être dclermiiiéc par d’autres réactifs. Si l’eau minérale portée i l’ébullition , 80 trouble , et laisse déposer un précipité pulvérulent, il est probable qu’elle oontient un carbonate de chaux ou de magnésie, qu’un excès d’acide carbonique rendait soluble. a> La teinture bleuâtre des dalhias et des mauves, le sirop de rioîcttes, cto. , étant virés au vert, indiquent la présence d’un aica/i. Si rébulUtion ôte à celte eau ses propriétés alcalines,, elfe les devait à l’ammoniaque ou au carbonate de cette base.
Une eau qui ne présenterait aucune dô ces propriétés, ne contiendrait ui acide ni alcali en excès, elle pourrait cependant contenir des sels neutres.
L’acétate de plomb, soit par le précipité qu’il donne, soit par la couleur noire qu’il prend quckpicfuis, indique
4^*0 TIIAJTÉ DES IIÉACTIFS.
des carbonates, sulfates, ou de l’acide hydrosulfurique libre ou combiné.
L’acide ÿallicju.c en communiquant à l’eau une couleur brune du noire, pourrait y déceler la présence d’un sel de fer.
L’acide oxalique, ou un oxalate soluble, indique la chaux, s’il détermine un précipité brillant, nacré, qui, desséché et calciné , laisse un résidu dans lequel il est aisé de reconnaître cet oxide.
L’acide phosphorique peut indiquer la chaux, le précipité'de phosphate de chaux qu’il forme, étant très-facile à reconnaître. ( Voyez ce mot à la table ).
L’amidon en solution, qu’on a rendue acide, désigne l’iode et scs sels, en prenant une couleur bleue.
Le niùj'cite cl’ ar'gerit , s’il forme un précipité cailleboté, soluble dans l’ammoniaque, insoluble dans un excès d’acide nitrique , indique la présence de l’acide hydrochlorique libre ou combiné. S’il noircit, il indique la présence du soufre en dissolution ou des hydro-sulfates.
L’ arséniale de potasse, s’il donne un précipité vert , indique la présence de cuivre. On reconnaît encore les, solutions de ce métal par V hydro-^cyanate ferruré de potasse, qui donne un précipité lie de vin ou brun-mari-on, ou par r«mmo7u'«^ae en excès, qui développe une Bello teinte bleue , ou par une lame de fer, décapée, qui se recouvre d’une couche cuivreuse,
La barite et ses sels solubles déterminent un précipité insoluble dans l’eau et dans les acides concentrés. Si l’eau qu’on examine contient de l’acide sulfurique ou un sulfate , si le précipité est soluble avec eircrvcsccnce , elle
italique l’aciilo carbonique ou un carbouale, si le pioci- ];ité n’est qu’en partie soluble avec eflervesecuoe , ou en conclut qu’il y a un carbonate et un sullate > ou les acides de ces sels.
La chaux mise en assez grande quantité dans l eau pour former une pâte , indique une combinaison d ammoniaque, en dégageant de ce liquide des vapeurs dont l’odeur füi’f.o , Irritante , est facilo à reconnaître , elles deviennent opaques et très-visibles en exposant au milieu d’elles un tube iarpregné d’acide nitrique ou hydroehiorique peu ccaoentré.
Si le sel umc'ouiacal , autre que le carbonate, était en petite .quanti i.é dans l’eau, il faudrait réduire par l’évaporutlon au d'rdème do son voluaia.
La solution do protoTrSulfatc do fer indique la présence de l’oxigène dans une eau minérale, en se troublant et donnant un précipité Jaunâtro,
L’feydi’o-cyar aie {'erruré de potasse , en déterminant dans les liquides vsk précipité bleu ou ’arun-marr.on , peut indiquer la préscucc du fer ou colla du cuivre.
Métiiqde â saicre pour analyser une eau trAuérule.
Après avoir acquis quelques données sur les matières qu’une eau minérale peut contenir, bn doit clierclier à on extraire les principes volatils. On en évapore ensuite uiie assez grande quantité pour obtenir un résidu de i5 à 20 grammes; on délaye ce résidu dans l’eau distillée; on ültre; on rapproche à siccité la solution claire; on traite la deuxième résidu par l’alcool t\ une douce chaleur. 'De cette manière, on partage en quatre toutes les substances contenues et chaque produit, ainsi fractionné, en contient plus trois qu’il est facile d’isoléf.
TRAITÛ DES UÛACTIFS.
Produits volalUs. Pour les séparer, on introduit Tenu dans un ballon auquel on adapte un tube également rempli d’eau et qui ta s’engager sous une cloche pleine do mercure. On chauffe; les gaz se dégagent, et lorsqu’on les a obtenus sous la cloche , on en prend dans plusieurs petites cloches dites éprouvettes , afin de reconnaître chacun des gaz contenus en les mettant en contact avec plusieurs réactifs : l’eau de barite Indiquera l’aeida carbonique; une solution d’acétate de plomb ou de nitrate d’argeut annoncera l’acide hjrdro-sulfurlque (hydrogène sulfuré ) ; en présentant un précipité noir, l’acide sidfureuï pourrait être reconnu par l’acîds sélénlque , ou ttiieuï , par le borax qui l’absorbera. L’oxigèno sera décélé par do phosphore que l’on fera brûler, et l’azoïe ne pouvant être absorbé pap aucun de ces réactifs , formera mj résidu gasetix qui éteindra les corps en oonj' busfîon.
Si l’on veut déterminer la quantité d’oxigène et d’azote qu’oBO eau minérale contient, on fixe d’abord dans l’eau,, par mie addition convenable de potasse, le gaz acido carbonique, Si celte eau contient du gaz acide hydro-sulfurique, on le décompose par une solution d’acétate de cuivre, et on apprécie la quantité de sulfure formée, après avoir fait dégager les gaz azote et oxigène (i). Pour y parvenir, on fait bouillir l’eau; ces gaz se dégagent, et, au moyen du tube recourbé, vont se rendre sous la
(i) Ou peut encore estimer la quantité d’ocide Lydrosulfiirique libre pu (ombinc, en se serrant du sulfate de enirre. Il faut a;ouleru t’eau uu peu d'acitle bjdrcvcldoriquc pour décoBiposes
TIVAIli I>E£ IVÜXCTJI'S.
: cloulic à mercure. Quaud le volume do gaz n’augmouto
plus dîjoëlaoloclic, ou fait cesser rébullitioii, on déterj uduü lü rapport de l’oxigène avec l’azote , à l’aide d’uu J eiidiomèlfc. ( page go, Analyse de l’air. )
bi l’on veut reconnaître la quantité d’acide carbonique, ou remplit d’eau un matras d’un litre et derni de capacité et le tube qui s’engage sous une cloche graduée pleine ) de mercure et l’appareil étant disposes comme ci-dessus, I ou cbauli'ü l’eau Jusqu’à rébullitlon, qu’on entretient pen- » daul dix uiiuutes. L’ozigàna et l’azole étant ainsi recucilf lis sous la cloch'’ avec l'acide carbonique et un peu d’eau, ) ou laisse* refroidir le mélange gazeux, et quand il est à r une température et sous une pression bien déterminées, on
I prend note de son volume. Pour estimer la quantité d’a- > eide carbonique dissous dans l’eau , il faut agiter ce liquide i dans le gaz pour l’en sature?, et observer que l’eau , à la t température de 3o° et sous la pression de 0,76 , dissout i ua volume de cet acide égal au sien , ou mieux encore , ) ou double la quantité d’eau que la cloche contient; on lu ( sature d’uclde carbonique; en l’agitant, on observe l’ab- ! sorption , qu’il suffit de doubler pour connaître toute la » quantité d’acide en solution dans l’eau.
Pour déterminer la quantité d’acide carbonique conte*
I nue dans le mélange gazeux, on prend une portion do
le* c.nrhonates qu’elle peut conleuir; puis , verser eesuilu du sulfale de cuivre dissous eu excès , il se produituii deuto-sidtiii c do cuivre <]uel’oa recueille sur un lillrc, qu’un lave, qu’on scclie, et dont le poids laitconiiahre la quantité de soufre, et par eourv'fucnt , celle de l’aoide Iipilxomlfuri<jne,
/|0/i TRAITÉ UES RÉACTIFS.
e;)iui-oi dans une éprouvette graduée; on note le voluirie; on ajoute de la potasse; on reconnaît l’absorption qui est enîièrameut due au gaz acide carbonique.
Lu quantité d’acide bydro-suU'urlque est appréciée par e juÜ'ate de cuivre , à l’aide des précautions Indiquées dans la note précédente.
Si l’eau que l’on examine contient de l’ acide sulfureux, que l’on a recounu à son odeur ou par les réactifs indiqués plus haut, on peut déterminer la proportion, soit par le borax, qui absorbe tout oo gaz en opérant sous une clocbe graduée, soit pur le chlore, qui convertit le gas | «mlfureux en acidq sulfurique; on précipite ensuite celuici pai'l’hydro-cblorale de barite. Le précipité, lavé, séché <“t calciné, indique par son poids celui de l’acide sulfureux , puisque loo de .sulfate do barite représentent 27,47 d’aoido sulfureux.
Il faut avoir le soin de s’assurer que l’eau essayée ne contient pas d’acide sulfurique , ce qui lui ferait attribuer une quantité trop grande d’acide sulfureux. Pou» éviter cette cause d’erreur, si l’acide sulfurique était reconnu , ou déterminerait préalablement sa proportion pour la re- Irandier do celle que le chlore a formée.
Le carbonate d’ammoniaque ne se trouve , ainsi que l’acide sulfureux, que très-rarement dans les eaux minérales naturelles; l’on en peut déterminer la proportion , en distillant une partie de ces eaux, etrecueillant leur vapeur dans un flacon de Woulf.qui contient de l’acide hjdro-chloriquo étendu ; on fait ensuite approcher la solution à siccité à une température moins élevée que celle à. laquelle l’hydro-chloratc d’ainuioniaque serait volatilisé >
traité BES RÉACTÎrS. /iî>5
üt lo poids du résidu indique la quantité équivalente so«s-cai'bonftte d’ammoniaque.
Extraction des matières fixes et solubles.
Pour obtenir ces snbstances, on évapore une quantité connue d’eau dans une bassine d’argent ou de porcelaine. Quand l’évaporation est près de se terminer (i) . on ménage l’action du feu , afin dfe ne pas décomposer les matières végétales et animales qui pourraient se trouver dans le résidu. On rassemble avec soin et au moyen d’une petite spatule le résidu, on enlève jusqu’aux dernières portions adhérentes à la capsule avec la barbe d’une plume; on pèse exactement le produit obtenu; on lave ensuite les parois de la capsule avec de l’eau distillée , frottant avec le doigt; on réunit les eaux du lavage dans uue capsule de. porcelaine ; on évapore et on réunit le deuxième résidu, que l’on enlève avec précaution au premier produit obtenu , en ayant soin d’eil prendre le poids (2).
(1) Il serait utile de faire celle eVaporaliou des enu.v minérales dans une rornne, afin d’examiner les produits de la distillaliou. Ils peuvent contenir de l’alcali volatil libre du souscarbonate d’ammoniaque, et quelquefois des matières végeloànimalas volatilisées pendant l’évaporation.
Nous supposons ici que l’çau essayée ne contient pas rl’hydrosullate , si elle en rontensit , 00 déterminerait sa quantité comme nous l’avons dit plus haut.
(2) Pour éviter les erreurs ((ui pmirraîent résulter de ce qu’en détachant le résidu, même avec un peu d’eau, on en aurait laissé perdre , on piiond d’abord le poids de la onpsule , et on la pèse.
4 tu/nû DE? IliiCTlFS.
On réduit lo rcKidii en poudre ûno; on en pèse exactement une partie que l’on traite avec dix fois son poids d’eau distillée , dans une fiole; on porte à l’ébullition ; on jette le tout sur un filtre séché et pesé d’avance. On lave le filtre é l’eau bouillante. On évapore la solution claire obtenue jusqu’/i siccité; on dessèche lo résidu avec beaucoup de soin , puis on le traite à plusieurs reprises par l’alcool presqu 'anhydre dont on élève la température; on verse le tout sur un filtre; on épuise par l’alcool ; on évapore le liquide filtré.
Les matières qui étaient dissoutes dans l’ean minérale sont ainsi divisées en trois parties : la l'" est insoluble dans l’eau distillée bouillante j et peut contenir des carbonates de chaux de magnésie, de l’oxide de fer, du sulfate de chaux , enfin , do la silice. Traités par l’acide bjdrn-chlorique faible, l’oxlde de fer et les carbonates seront dissous et séparés par le filtre , le liquide recueilli et le filtre lavé exactement.
On précipitera l’oxide de fer par l’ammoniaque. Cet oxide, recueilli suvun filtre, séché, indiquerapar son poids celui dn carbonate. On ajoute ensuite à la liqueur du souscarbonate d’ammoniaque qui précipite la chaux é l’état de sous-carbonate; on recueille le précipité sur un filtre que l’on lave et que l’on desséche complètement avant d’en reconnaître le poids. On évapore la solution filtrée
loi'sqii’elle contient encore tout le résida, l.a différence donne le )ioids exact de cclui-ei , (ntin, pour n’étre p s oblige d'rmj)l<'ycr une capsule trop grande, on peut rapprocher qiialrx lois le voiume dVau qu’elle cdnlicnt, eu remplissant ati furet î mesure du lapprorliemcnt.
TRilTF. DES nÉlCtlFS.
jiisqu'A sicoitô. Celte solution laisse un résidu qui, traité par l’eau, abandonne le carbonate de manganèse que l’on rwîicille et qu’on lave bien exactement, puis on le fait dessècbei’ et on le pèse.
Une petite quantité de sulfate de chaux a pu sc dis-^ soitdre, mais «ou acide se retrouve uni à rammoniaque dans la dernière eau de lavage. On apprécie sa quantité par l’hj'dro-chlorate de barite , eu recueillant le sulfate de barite qu’il forme.
Pour séparer le sulfate de chaux de la silice, on fait chanfier le précipité avec un excès de sous-carbonate de potasse qui décompose le sulfate de oliaux et forme un ! sulfate de potasse. Celui-ci se dissout et laisse un résidu
I insoUrhle composé de carbonate de chaux et de silice; on
1 ti-aile ce résidu par l’acide hydro-cblorique qui dissout la ) chaux et abandonne la silice que l’on recueille sur un I fillTc et que l’on lave parfaitement (i). On peut A volonté obtenir ou la chaux ou le sulfate de chaux. Dans le pre- ( mier cas , pn devra précipiter par l’oxalate d’ammoniaque; 1 dans le second , ajouter de l’acide sulfurique en excès, évaporm- et calciner dans un creuset de platine ; le résidu J sera du sulfate de chaux qu’il sufiTira de peser.
Matih’es solubles dàns l’eau et dans l’alcool.
Les substances solubles dans ces véhicules sont les hy~ (: drochlorates de chaux et de magnésie, les nitrates de
(t) Si l’inii conlirnl de snndp, il pjt pos>;il)I<! que (on(c la silice ni: SC prccipilt. pas; il faudrait ajouter de l’acide acci tique.
l'hii'Tiî nr.s réactifs
diiiui lie magnésie, ia sonde, l’hydro-chloratc d’ammoniaque 5 le imiriale de sonde; soude excluant les liydroclilorntes et les nitrates de chaux et de magnésie, elle exclut aussi riiydro-chlorate d’ammoniaque. La partie soluble dans l’alcool ne sc trouve donc plus composée que d’hydrochloratcs et de nitrates de chaux de magnésie et de muriate de soude.
L’on dissout une partie du résida alcoolique (i) dans l’eau distillée, et l’on y ajoute du sous-carbonatc d’ammoniaque en excès qui donne un précipité du sous-carhonatcdcchaux, et forme un sous-carbonate-ammoniacomagnésicn Soluble. Le carbonate de chaux étant séparé cl pesé, on fait évaporer la liqueur jusqu’à siccité; on calcine ensuité pour décomposer les sols d’ammoniaque et de magnésie. ïl reste un mélange de magnésie et de muiiale de soude. On obtient Ces deux substances séparées puf l’eau et l’évaporation ; la magnésie reste sur lé filtre, le muriate de soude est le produit de révaporolion. î*ar ce procédé, on détermine les quantités de chaui dé magnésie et de sel marin.
On détermine ensuite les quantités d’acide Iiydro-cblo- . tique et nitrique, qui étaient unies i\ la chaux et à la magnésie, en dissolvant dans l’eau Un pqids donné du résidu , y ajoutant un excès de nitrate d’argent , recueillant le précipité sur un filtre. Le poids du chlorure d’argent indique la proportion de l’acide bydro-cbloi ique ; on' en retranche celle qui appartient eu sel marin , et l’on sf
(i) Il faut, nutantfjiu' jios'-ihlf , agir sur tirs fractions (le résidu pour obtenir ths résultats exacts, en s’y prenant à plai-' ieiiis lois , et coiu] araeises résultats.
! THAIïÉ des HRA0T1F8. 4^SI
' four dift’éionce cûUo qui cluit oombinoe à la oham et à la 1 Juagnésie. Connaissant ainsi les quantités d’acide hydroî chluiique , de chaux et de magnésie qui se trouvaient dans ' le résidu , on peut en déduire la quantité d’acide nitrique. Cependant il vaut mieux l’obtenir directement. Il faudra traiter une nouvelle portion dü résidu salin par l’eau ^ saturer par tin excès de sous-carbonate d’ammoniaque, filtrer , püii évaporèr ; introduire le résidu dans une petite cornue , uü col de laquelle est adâpté un tübe recourbé qui s’engage Jusqu’au haut d’une cloche pleine de inercure. Oo èhaulTe peu à peu la cornue; le nitrate d’ammoniaque sé convertit en eau et en protoxide d’a- I tote ; celui-ci te rend dans la cloche atec l’air de l’ap- [ pareil. On laisse refroidir, et lorsque l’on a amené
[ le tout à la même pression et température qu’au com-
[ inencemeut, bn prend noté de la quantité de gaz recueilli i ( protoxide d’azote ) , d’où l’on obtient par le calcul celle 1 de l’acide nitrique.
Il ne reste plus qu’à déterminer les proportions des I matières fixes , solubles dans l’eau , et insolubles dans l’ali fcobl ; elles sont en plus grand nombre què les autres. On • y a observé les sulfates de soude, de magnésie, d’ammot diaque, dè fer et de Cuivre; les hydro-chlorates dî po- 1 tasse et de soude qui deviennent des chlorures par la cali cination ; le nitrate de potasse, l’alun ,les sous-carbonates ï de potassé et dè soude i le borax ( sous-borate de soude } ,
> et l’acide borique.
Nous avons indiqué plus haut les moyens de recon- I naître les sulfates d’atomoniuque , de magnésie , de fer et
> de cuivre , ainsi que les caractères des hydro-chlorates I et des sous-carbonates de potasse et de soude. On recoo-’'
4/0 THA1TK nns nÉACTiFS.
naîtra aiséincnt le sulfaté de soude et le nitrate de potasse ch les faisant cristalliser ; l’un et l’autre cristallisant en aiguilles ( prismes allongés) ; le i" projette sur les charbons, les fait brûler en scintillant avec une vive lumière; le 2“’” se fond dîîns son eau de cristallisation , ét éteint les charbons allumés; le borax est indiqué dans ces eaux, après qu’on les a concentrées, en y versant de l’aeide sub riiriquequi précipite l’acide borique. L’acide borique libre sera indiqué par sa cristallisation, ainsi que l’alun; celuici pourrait être reconnu aisément en en séparant l’alumine par l’ammoniaque.
Plusieurs de ces sels ne peuvent se rencontrer dans là même solution, on ne les trouve jamais dans une seule eau minérale; quelques-uns n’ont été observés que fort rarement : Les substances que l’on trouve, en général, dans l’analyse de la matière soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool , n’excèdent pas les suivantes : sulfate dé soude, sulfate de magnésie, hydrochlorate de soude et sous-carbonate de soude ; encore ne peut-on rencontrer à-la-fois le sulfate de magnésie , et le sous-carbonate de soude , puisque les deux sels se décomposent mutuellement.
S’il n’y a pas de sulfate de magnésie , on traitera à plusieurs reprises le mélange des trois autres sels en poudre fine , par l’alcool étendu à 0,8^5 de poids spécifique : tout le sel marin sera dissous ; on convertira le carbonate de soude en acétate, par l’acide acétique, et l’on éliminera encore ce sel par l’alcool : le poids de l’acétate donne celui du sous-carbonate.
On peut opérer plus exactement encore, en séparant en deux la solution, traitant une partie par l’hydrochlo-
TRAllÉ IlU« RtACIirS. 47*
taie Je barite (jui fera précipiter les acides du sulfate et du carbonate; cc dernier sera dissous pari acide nitrique j puis, on précipitera de nouveau la barite par l’acide sulfuriqué ; on aura deux précipités de sulfate de barite, le 1", qui a résisté à l’action de l’acide nitrique, représente le sulfate de soude ; le second, indiqué son équivalent en Sous carbonate de soude.
L’autre portion du résidu salin dissous, sera traité par l’acide nitrique d’abord , puis on versera du nitrate d’argent jusqu’à cessation du précipité ; le chlorure d’argent ! rassemblé, lavé et calciné, indiquera par son poids l’équivalent en hydrochlorate de soude;
Si le mélange ne contenait pas de carbonate de soude j I mais seulement des sulfates de soudé et de magnésie , et I de l’hydrochlorate de soude , celui-ci sera séparé par l’al- I Cool , le résidu dissous sera précipité par l’hydrochlorate ^ de barite dont on versera la quantité précisément néces- I saire. Les sulfates de soude et de magnésie concourref| tontj par leur acide , à la formation du précipité; la lij queur contiendra les hydrochloratés de soude et de 1 magnésie , on la fera évaporer à siccité, et le résidu Cal- 3 ciné , sera eti partie décomposé, l’acide abandonnera la a magnésie et l’on aura un mélange de cet oxide avec le I chlorure de sodium; ces deux substances seront très-* 3 faciles à séparer , puisque l’une est soluble, et l’autre ne ’l l’est pasi Des quantités de chlorure de sodium et de la a magnésie, on concluera les proportions équivalentes deg t sulfates de soude et de magnésie dont l’acide, d’ailleurs j t sera donné en somme par le sulfate de harite.
Lorsque les eaux contiennent des nitrates; il est utile i d’employer l’alcool à leur séparation , on peut, au con-»
traire, s’endispenscr, lorsqu’elles n’en contiennent pas : il suffit de rechercher, à l’aide des réactifs appropriés dans la solution aqueuse fractionnée, les proportions des acides et des bases qu’elle contient. Ainsi que nous l’avons vu plus haut , si les eaux minérales contiennent de l’acide carbonique et de l’ hydrogène sulfuré', après avoir déterminé séparément, comme nous l’avons dit, les proportions de ces substances , o«i chassera des autres parties du liquide, l’acide hydrosulfurique, en y versant de l’acide acétique, et faisant bouillir, on agira ensuite sur le reste avec des réactifs propres à chaque substance ; il faudra tenir compte de ce que les carbonates seront convertis en acétates.
'M. Murray, au lieu de suivre la méthode que nous venons d’indiquer , propose de déterminer directement les quantités de bases et d’acides qui entrent dans la cemposition deseaux minérales , et de calculer ensuitedans quel état de combinaison ils doivent exister. (Ann. de Chimie et de rh. , t. vi , pag. i5y ).
ANALYSE DES SUBSTANCES ORGANIQUES VÉGÉTALES Ot ANIMALES.
La détermination précise des principes constituans de CCS substances , l’hydrogène, le carbone, l’oxigène et l’azote, n’avait été donnée par aucun chimiste avant le procédé indiqué par MM. Thénard et Gay-Lussac pour résoudre cet important problème , les diverses méthodes proposées successivement par MM. Th. de Saussure, Bersélius, Bérard, Chevreul, etc., sont des modifications apportées à celle de MM. Thénard et Gay-Lussac, puisqu’elks consistent toutes à brûler le carbone et l’hydro-
TnAiTK nE? nu.vcTiF?. /|-5
gonc (le ocs substances, de manière à transformer ces principes en eau et acide carbonique. Nous décrirons seulement une do ces méthodes, et nous choisirons cello qui est, généralement adoptée aujourd’hui; elle fut em ployée la i” fois par M. Gay-Lussac, et depuis MM. Ee rard, Chevreul etc. , l’ont suivie dans leurs analyses; nous empruntons ici la description qu’en a faite M. Chevreul dans le 5" vol. do M. Thénard, p. 233; nous y ajouterons seulement quelques précautions de détails.
L’une des causes d’erreurs les plus fréquentes , et dont il est le plus dilTicilc de se garantir, c’estla quantité d’eau étrangère à la substance, et qui peut être tellement engagée, qu’on no puisse l’enlever sans altérer la matière organique , ou qui peut provenirdo l’absorption, del’huniidité atmosphérique , par quelque partie de l’appareil ou des agents employés : on doit donc opérer dans un endroit sec, et dessécher le plus possible toutes les choses que l’on emploie, et chauffer -tous les vases dont on so sert.
On prend un tube de verre t, a, pl. 3, fig. 2, fermé d’un bout, et légèrement courbé de l’autre, d’une capacité déterminée d’avance, de 20 centimètres cubes, par exemple; son diamètre intérieur de 7 à 8 millimètres, on l’expose au feu pendant une demie heure, pour le dessccher complètement, on le ferme alors, et on le pèse avec son bouchon , dans une grande balance de Fortin ; on pèse par lamélhodedes doubles pesées , 45 à 5o centigrammes de la substance que l’on veut analyser , et que l’on a fait préalablement dessécher à la chaleur de go à 100", et autant que possibh'; certaines matières animales doivent être pulvérisées et séchées allcrnalivcment à plu-
4/4 THAITÉ DBS BBACTIFS.
siwnrs reprises. La balance dont ou se sert doit Cire sen-t eible f à moins d’un inilligraimne étant chargée de ao gr. On verso la substance dans une capsule de porcelaine, dans laquelle on a mis d’avance 5o grammes de deutoxide de cuivre qui vient d’être calciné au rouge, (mais pas trop fortement, de peur qu’il soit durci); on opère le mélange le plus subtilement possible à l’aide d’un pilon çn verre. Si la matière est fixe, on peut tenir la capsule entre deux fourneaux allumés, afln que l’oxlde de cuivre soit moins disposé à absorber l’humidité do l’air.
On introduit dans le tube , »o un gramme d’oxide de cuivre en poudre; a» le mélange, 5° en trois fois environ lo grammes d’oxide de cuivre que l’on triture à chaque fois dans la capsule, et avec lo pilon qui a déjà servi, afin d’exclure les moindres parcelles du mélange qui pour-r. raient être restées adhérentes. i gramme de
tournure de cuivre que l’on a calciné pour oxider sa surface , et que l’on tasse avec une tige en platine : s’il s’a-? git d’une matière animale , le cuivre doit être en plus grande quantité, et il ne faut pas que sa surface soit oxidée, parce qu’il est destiné alors à décomposer l’acide nitreux qui peut se former.
On prend le poids du tube plein avec son bouchon; en retranchant de ce poids la somme des poids de la matière organique , du cuivre et du tube , l’on a le poids de l’oxide de cuivre; d’un autre côté, connaissant i“ la densité et le poids du cuivre , 2 > la densité et le poids de l’oxide, 3“ la densité et le poids de la matière organique; il est facile de déterminer le volume de chacune de ces substances ; soustrayant la somme de ces volumes delà capacité du tube, QD connaît le vohime, et par conséquent
Îji,qiianlil6 d’air restée avec les matières que 1 on aiu- Irocluites dans le tube. ;
On remplit de mercure un flacon étroit, gradué , fermé é l’émeri., dont la capacité jusqu’à la. naissance du goulot, doit avoir été déterminée avec une grande précision ; sa capacité doit être de 9 à 10 décilitres. On le renversadans une cuve à mercure, et onl’assujétit à l’iiidede, l’appareil ingénieux imaginé par Gahn. On pas^e sons, le goulot du flacon la branche a d’un tube coudé fig.r Avant de le faire passer, on a le soin de remplir le coude ^
I b, d, fl,, de.mercure, afin de ne pas introduire d’air dans 1 le flacon ; on adapte en c un bouchon qui s’applique eX£)C-
I tement dans l’orifice du, tube f, 0 , et qui s’y eu-,
j fonce d’un centimètre au moins, la longue^ branche du,
: lube doit avoir une longueur égale à 76 centimé-
5 très, et sa capacité, à partir de. la ligne b a doit être, de,. |> deux à deux centimètres et demi, on détermine cette capa-, |i cité ainsi que celle du premier tube au raoyeudu mercure.
I On place le tube t,o, dans, un fourneau en terre -
!i dont le foyer a environ 4^ centinaètres de longueur, 14 centimètres de largeur et6 centimètres de profondeur, lespuyçrlures de la grille et celles des parois dolv.entêtre, (|i bouchées avec de la terre. Le tube est incliné dans le |l fourneau, ainsi que le représente la figure. On y adapte I Iç tube Cj b, d, a; et on lute le bouchon avec de la cire à 1 cacheter.
j On met du charbon allumé dans le fourneau de manière rji à échauffer seulement le cuivre, et environ la moitié de la i, colonne d’oxide qui recouvre le mélange ; celui-ci est pré- { serve de la chaleur au moyeu d’un écran en tôle e ; lorsque f l’uiide est cliaulfé au t'ouge obscur, ou cioigue l’écran du .
mAité DBS niUcTiFS.
bout.o, et l’on met du cliarboii dans le nouyel inlcrvalle; dç proche en proche on arrive & chauffer l’extrémité t, ci\ ayant le soin d’entretenir constamment au rouge obscur les parties antérieurement échauffées, et de ne reculer l’écran que dans le moment où il ne se dégage presque plus de gaz. Il faut éviter de mettre le charbon en contact avec ie tube, de peur que celui-ci ne se ramolîsse au point dp se percer. Enfin, lorsque l’on est arrivé à l’extrémité t, H est nécessaire de continuer le feu pendant lo minutes au moins, après que tout dégagement de gaz a cessé. La combustion de la matière organique est alors complète. On laisse refroidir le tube. Pour que l’opération ait été 2)ien conduite, il faut qu’il ne se soit pas manifesté dans le tube des vapeurs orangées ou fuligineuses : Les premières indiqueraient de l’acide nitreux, les autres que la décomposition de la, matière aurait été Incomplète; enfin, il faut, qu’après le refroidissement, le mercure s'élève dans le tube vertical, et qu’il reste stationnaire au point oii il »’est élevé : s’il ne s’élevait pas, ou qu’après s’ôtre élevé il redescendit, ce serait un Indice certain que l’appareil a perdu ; l’opération serait manquée.
On note la hauteur du mercure dans le tube vertical pour en tenir compte dans la détermination du volume du gaz contenu dans les deux tubes. On dégage le tube ihda^ puis on essaie si l’eau contenue dans ce tube rougit le tournesol d’une manière permanente (i); on chauffe la partie du^tube qui ne contient pas de cuivre métallique, ( afin que celui-ci ne s’oxide pas au dépens do l’air et que
(i) Elle rougit tonfonrs iiû peu en pai«oa de l’acide cari»»- (|u’clttt rontiaiit.
TRMTK nES RÉAGTtFS.
f'<:pJ'|i(kint le tiibcïoit soc) ; on le laisse un peu rofroidir; on y adaplo son boucl'fu^ 5 pi'i-s on le pèse. La (lifTcronce fin poids actuel d’avec le poids primitif provient entièrelïifint, i^de ce que le tube ne confient plus de matière organique; 3° de ce que l’oxide de cuivre a cédé de son oxigêne la partie combustible do cette substance organique (on supposant que dans les deux pesées, la surface extérieure du tiibo se soit trouvée également humide ).
Il resfo i\ déterminer, pour conclure la composition de la matière organique, 1° la quantité de gaz restée dans les tubes après l’opération; 3“ la proportion de l’acide carbonique, do l’oxigène et de l’azote, contenue dans les produits do l’opération, ainsi que celle du carbone et de l’hydrogène qui pourrait avoir échappé à l’action combiiranfe de l’oxide de cuivre.
On vide le tube te, on le remplit de mercure jusqu’à l’endroit où le bouchon du tube côda était enfoncé , puis on détermine le volume du mercure; on fait la même opération sur la partie du tube qui était remplie de gaz , après que les tubes étaient revenus à la température de l’air ç on connaît le volume du cuivre, on détermine celui du mélange d’oxide et de cuivre qui était dans le premier tube, on retranche la somme de ces deux volumes de la capacité des tubes ; la dilTérence est le volume du gaz qui s’y trouvait après la combustion. Il faut ramener celui-ci é la température de 0” et au zéro d’humidité et à la pression de yfi centimètres.
Comme il est très-diiïicile de connaître d’une manière exacte le volume de gaz recueilli dans la cloche en abaissant celle-ci jusqu’à mettre au nivean le mercure intérieur et extérieur, on s’y prend d’une autre manière :
traité des réactifs.
s’étant procuré une cloche étroite, graduée en centimètres, cubes, on y introduit la quantité do mercure saturé de vapeur d’eau , présumée nécessaire pour achever d’emplir le flacon ; puis on fait passer.le gaz acide dans le flacon, de manière à l’emplir jusqu’à Ja naissance du goulot. Cela fait, on absorbe l’acide carbonique par la potasse; on transvase le résidu gazeux dans un tube étroit gradué ( cette dernière opération se fuit dans la cuve à eau ) ; ce résidu , soustrait de la, capacité du flacon, donne la quantité d’acide carbonique qui y était contenue; en retranchant de celle-ci la quantité que l’on y a introduite, on obtient la quantité d’aicide carbonique provenante de l’analyse.
Quant au résidu gazeux, on détermine : i“ son oxigèneau moyen du phosphore ; a° l’hydrogène, et le carbone qu’il peut contenir, en le faisant. détoner ( après en avoir absorbé l’oxigène ) avec un mélange connu d’hydrogène et d’oxigène en excès ; 3° enfin, son azote, en faisant absorber, pojr le phosphore, l’oxigène qui reste après la détonation.
Connaissant la proportion respective des gaz du flacon, connaissant le volume total de ceux restés dans les tubes après l’opération , il est facile de déterminer la proportion respective de ces derniers. Avec toutes ces données , on peut conclure la proportion des élémens de la matière organique comme il suit :
Détermination du carbone. Ayant ramené le volume de l’acide carbonique A la pression de 76 centimètres , la température zéro et la sécheresse extrême, par le calcul , on détermine son oxigéne et son carbone en poids; on ajoute, s’il y a lieu, la quantité de carbone que peut coüt tenir le résidu gazeux insoluble dans la potasse.
TBAITI DES «ÙA.CTIFS. 4?0
DeterinhiaUûV çls l’hjdrogànc et de l’oxigène. En sous^ frayant do l’oxlgèno quo lo cuivre a céde à la matière organique, pour la brûler, l’oxigène de l’acide carbonique; la difl'érence est la quantité d’oxigèno que le cuivre a cédé i pour brûler une partie de l’hydrogène de la matière organique, et par une règle do proportion, l’on a celte partie i d’hydrogène.
Il y avait de l’oxigène atmosphérique dans les tubes; ) cet oxigèno a dû coi>cüurir avec celui de l’oxide de cuivre, S à brûler la matière organique; on en doit tenir compte , 1 cela est facile : en effet, la quantité d’oxigène qui était ) dans les tubes au commencement de l’opération est con- I nue, ainsi que celle qui reste après la combustion; U \ est évident que la différence de ces deux quantités repré- I sente une quantité d’hydrogène brûlé que l’on peut dé- 1 terminer comme la précédente.
; On ajouta au poids des deux portions d’hydrogène, le || poids de celui qui peut se trouver dans le résidu gazeux. ^ EnOn , la somme des poids du carbone et des trois porj| tjons d’hydrogène , soustraite du poids de la matière orj ganique , doniie les quantités d’eau formées au dépens I' d’une quatrième portion d’hydrogène et de tout l’oxigène de la matière organique, (i)
■ Si l’on craint quelqu’erreur pour l’hydrogène , par la raison que l’on ne recueille pas l’eau formée, on dét0r-^ mine directement, par un essai préliminaire, la quantité
1 (0 Puisqu’il s’agit ici de substances dans lesquelles il y a une
quantité d’hydrogène qui excède les proportions nécessaires pour Qi lüjnaer düfeau avec l’osigènc de ces mêmes substances.
Tl\AtTji Î>E>^ H:*:ACTI7S
d’eau produite par la combustion de la matière organique; l’on en conclut ensuite, par le calcul, la composition de cette matière, lorsqu’on sait d’ailleurs la quantité d’oxigène que le enivre a cédée pour la brûler.
On recueille l’eau dans nn appareil, fig. lo, pl. 3, qui se compose ; i" d’un tube a contenant 5 décigrammos de matière organique et 55 é 6o grammes d’oxide de cuivra; a" d’un tube b contenant environ 4^ grammes de chlorure do calcium ; à l’une de ses extrémités est adapté un tube c qui communique au tube a, et i\ l’autre 'i un tube o’ qui communique :’i un tube d dont l’ouverture plonge dans le mercure; les tubes c et c’ sont lutés avec do la cire û cacheter. L’extrémité c’, qui est Implantée dans le tube é, est garnie de batiste claire, afin que le chlorure ne puisse pas sortir du tube, lorsqu’on le charge de cette substance. Le tube a est fixé au tube s au moyen ; d’un tuyau de caoutchouc qui est solidement attaché aux ^ tubes au moyen d’un fil de soie bien serré. Avant l’expé- i rience , on pèse i ® le tube a ; a, le tube b fermé avec deux petits bouchons que l’on garde soigneusement.
Quand l’opération est terminée, on sépare le tube d f on ferme l’ouverture du tube c’ avec son bouchon, puis on coupe le tube a en a' après avoir fait volatiliser toute l’eau qui pourrait être condensée entre a et a’; on porte ■' le tube dans la balance avec la portion a’ a” du tube a , et le second bouchon ; quand l’équilibre est établi , on ôte tous ces objets du plateau où on les a mis ; on détache du tube qui ço.nf,i.ent le clilorure la portion a’ a" du tube a; » on la fait sécher ; on la reporte clans le plateau de la ba- f lance avec le tuyau de caotUchouc et la soie qui tenait le tube a fixé au tube b , puis on ajoute les poids cpji sont
TRilTB I>eS BÉACTIFS. 4^ ^
Hêodssaii'os pour rétablir l’équilibre. Si , de cas poiik , u» 50«8trait les poids primilifs du tube qui contient le chlorure et qui est l'ermé avec ses deux bouchons, la diüerence donne le poids de l’eau lorinée. Enûn , en pesant le tube a et la portion a a' , o» détermine la proportion d’oxigène que l’oXide de cuivre a cédée pour brûler la matière organique.
Cet essai a plusieurs avantages : i* il fait connaître le volume d’acide carbonique que l’on recueillera d’une quantité donnée de la matière organique. D’après cela , on calcule le poids de la matière que l’on doit brûler pour obtenir le plus possible de gaz acide carbonique , sans pourtant que celui-ci excède le volutne que le flacon peut contenir; il sert de preuve à l’analyse où l’on détermine la composition de la matière organique par la quantité d’acide carbonique recueillie; et si la quantité d’hy« drogèueque l’on a obtenue par l’expérience, différait trop de celle déterminée par le calcul, il faudrait rccommcuT cer une combustion, afin de recueillir l’acide carbonique, en prenant, cette fois, toutes les précautions possibles pour dessécher complètement l’intérieur du tube, et pour y introduire rapidement tout le mélange. Ces précautions ont lu plus grande influence sur l’ exactitude de l’analyse.
|OlCa£&CB&S SÜE LES PRINCIPES IMMÉDIATS DES SDBSXi.NCGS VÉGÉTALES EX ASIUALES.
Celte sorte d’analyse est, sans contredit, la plus diflicile de toutes celles que la chimie nous permet de tenter; ici les ageüs que l’on peut employer ît la séparation de ces
48a TRAITÉ DES IVÉACTIPg.
principes, modifient souvent leurs compositions, les dénaturent quelquefois complètement pour former des substances nouvelles : si, après avoir extrait le suc d’une plante que l’on veut analyser, on l’abandonne à une température douce pendant quelques minutes , ses principes réagissentles uns surles autres , et formentdes substances nouvelles; que l’on procède ensuite à l’analyse, et leà produits que l’on obtiendra ne représenteront en aucune manière ceux qui existaient dans le végétal. Le sucré cristallisable , par exemple, se modifie avec une extrême facilité dans des liquides étendus et contenant d’autres matières végétales en solution ; le jus des betteraves est dans cé cas : exposé à l’air , il ne tarde pas, dans un endroit Chaud, à se dénaturer, et il devient impossible d’en extraire la plus petite quantité dé sucré cristallisable, quoiqu’il en contienne dans la racine de 5 à 8 pour loo. II faut se défier non-seulement de ces réactions spontanées, mais encore de tous les agens que l’on emploie et de ceux qui nous environnent ; la combinaison d’une petite quantité d’oxigène de l’air peut changer tous les résultats , l’eau favorise souvent des réactions importantes. Une très-petite quantité d’acide préexistant en excès ou que l’on ajoute dans une solation végétale, peut y opérer un changement considérable. L’un de nous a démontré, par exemple, quela dahline (ou l’inuline ) est complètement convertie en matière sucrée par de faibles proportions d’acide phosphorique , sulfurique , hydro-chlorique , acé* tique, etc. Une dessiccation trop avancée peut rendre in-^ soluble plusieurs substances et leur séparation difficile. M. Chevreul a fait voir que l’énergie très-grande’ des sur beaucoup de substances organiques, de ve^
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Niait très-faible sur les mêmes matières sans le concoïws , 'dé l’itir ntmosphérique.
An milieu de tant de dauses d’incertitude sur les résultats, il est impossible d’indiquer des règles précises qui s'appliquent à tous les cas : il faudrait dônner des principes spéciaux, et poür cela , citer un grand nombre d’exemples d’analyses végétales et animales, afin que l’on pût choisir parmi celles-ci dés compositions analogues à celles ^ue l’on veut examiner; mais on sent que cela nous entraînerait fort loin et que les exemples nous manqueraient éneore. Nous nous bornerons i indiquer des préceptes généraux sur les circonstances les plus favorables dans iesquelles on doit opérer.
On doit employer les agens les moins énergiques possibles, afin de produire en quelque sorte une séparation mécanique ; c’est pur la différence de solubilité dés divers principes immédiats dans Veaa, V alcool et V éther , quC l’on parvient en général à faire *le plus grand nombre d’analyses de ce genre ; mais il faut prendre garde que dans ces dissolvans mêmes lés substances ne s’altèrent, et pour cela, il ést presque toujours utile d’évaporer promptement les solutions; pour accélérer l’évaporation, on élève la température de l’air ambiant et même on le dessèche i l’aide d’une substance hygrométrique (la chaux, le chlorure de calcium , l’acide sulfurique concentré, etc.) -Enfin, pour sa garantir même de l’action de l’air atmosphérique , l’on doit souvent évaporer dans le vide à l’aide d’une substance hygrométrique. Quelque soit le mode d’opérer, il est toujours nécessaire d’agir promptement, tant que les substances sont en solution ou dans tout ûulre état qui permet leur altération.
4^4 TliAllli DUS RÉACUF».
Lorsque l’on csl purveiui ù éliiiiincr plusieurs sui)sla:ices cliÜ'éreiiles dans une analyse végétale, il ne faut regarder chacune d’elles cuiniae un principe inuuédiat ù I étal de pureté, qu’après avoir employé tous les moyens possibles de Ifcs purilier. On y parvient par des cristallisations ou des précipitations répétées et ()ar des lavage» méthodiques des cristaux ou des précipités obtenus. Lu l'naniére de laver les substances insolubles dans le liquidé ou solubles, est très-importante. Si la substance est insoluble, il faut la laver par des décantations multipliées; lorsqu’on l’a épuisée sur un filtre, il faut souvent la délayer de nouveau, de peur que lé liquide ne l’ait pas traversée dans tous les points. Si la matière qu’on lave est soluble, il faut la placer sur un entonnoir et ajouter trèspeu de liquide à la fois et très-souvent, linfin, lorsqu» l’on pense que la substance est pure, il faut s’en assurer en la faisant dissoudrepar des lotions successives en comparunt la première solution obtenue de la huitièuie ou de la dixième ou même de celle obtenue après un plus grand nombre de lavages et en fractionnant tous les produits ; on èonpoit que si la substance contient quelques principes étrangers en petite proportion, ils seront entraînés par les premiers lavages ou du moins se trouveront en proportion relative beaucoup plus faibles dans la dernière Solution que dans toutes les autres, et réciproquemeut seront en proportion plus forte dans la solution du premier lavage que dans toutes les suivantes; examinant donc et comparant entre elles la première et la dernièré solutions, on devra, au moyen de divers réactifs, y démontrer quelque dilfcrence pour peu que le principe imuiédiat lie soit pas pur, et si l’on ue peut découvrir atr*'
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«une différence entre ces solutions , il sera très-probable qire le produit était à l’état de pureté.
Enfin, quelques soient les résultats que l’on ait obtenus avec toute la dextérité possible, et en prenant toutes les précautions nécessaires, il sera bien de répéter l’analyse une seconde fois au moins.
On ti’ouvcra des exemp4^s de toutes ces analyses difficiles, dans celles qui déjà ont été faites par MM. Vauquelin, Thénard, Gay-Lussac, Cbevrcul, etc., etc., et qui sont insérées dans les Annales de chimie, les Mémoires de l’institut, les Annales duMuséum, le Journal de Pharmacie, etc. On fera bien de consulter surtout les analyses qui se rappi’ochent le plus de celles dont on s’occupe. ( Voyez les tables de ces différens ouvrages.)