‹ Traité élémentaire des réactifsChapitre 5 sur 64 · POIDS SPÉCIFIQUE · texte numérisé non relu

POIDS SPÉCIFIQUE

C’est une propriété inhérente aux divers corps, d’avoir sous le même volume des poids différons; ces poids, plus ou moins considérables , tiennent à la nature et au rapprochement plus ou moins grand des molécules, cet état dépend de l’affinité, de la pression , de ia température, etc. On conçoit que c’est en comparant entr’eux les volumes des différens corps que l’on obtient cette relation nommée ^ pesanteur spécifique, ou mieux, poids spécifique; ainsi le poids<spécifique des gaz s’obtient en emplissant successivement de chacun d’eux, un même ballon dans lequel on a fait le vide le plus parfait possible , c’est à dire à un demi millimètre de pression; mais comme les poids spécifiques des gaz dépendent non seulement de leur nature , mais encore de leur teinpérature et de la pression qu’ils supportent, il faut tenir compte de ces deux causes en déterminant ces poids; on doit observer encore quelques autres précautions dont les principales sont indiquées dans l’exemple suivant.

Si l’on veut déterminer le poids spécifique de l’air, il faut prendre un ballon d’environ cinq litres et dont la capacité soit connue, bien sec et muni d’un robinet, on l’adapte en le vissant, sur le tuyau de la platine d’une excellente machine pneumatique, et l’on opère le vide jusqu’à ce que l’éprouvette indique ^ millimètre de mercure de pression; on ferme le robinet, on dévissé le ballon, on le pèse exactement, puis on adapte à la partie supérieure du robinet un petit tube recourbé qui corn-

TRAITÉ DES RÉACTIFS, muniquc avec un tube de loà 12 milliinèti’csdc diamètre, et de 7 à 8 décimètres de long rempli de petits morceaux de chlorure de calcium [muriate de chaux fondu) , on tourne alors doucement le robinet afin que 1 air atmosphérique traverse lentement les interstices que lais sent entre eux les morceaux de chlorure de calcium , et qu’il se déssèche complettement par son contact avec ce corps avide d’eau ^ lorsque le sifflement, formé par l’introduction de l’air, a cessé , on attend 4 ou 5 minutes afin que la température intérieure du ballon soit la même que celle extérieure ; 011 tient compte de cette température ainsi que de la hauteur du baromètre, on ferme le robinet, on enlève les tubes qui y sont adaptés; pesant de nouveau le ballon on retranche le premier poids du second , et divisant le nombre qui exprime la différence parle nombre de litres que contient le ballon, on obtient le poids d’un litre d’air. On trouve ainsi qu’un litre de ce fluide pèse 1,2991 à la température de zéro et sous la pression de 76 centimètres.

S’il s’agit de déterminer le poids spécifique de la plus part des autres gaz, il faut modifier ce procédé de la manière suivante; le gaz dégagé d’une cornue, d’un ballon ou de tout autre vase , se rend dans un gi'and tube rempli de chlorure de calcium ; il se dépouille de toute son humidité et arrive sec, par un petit tube recourbé, sous une cloche placée sur la cuve à mercure ; de cette cloche dont la capacité est ordinairement d’un litre environ , et qui est surmontée d’un robinet ; il passe peu à peu dans le ballon qui est vide , et que l’on a préalablement pesé avec soin. Le ballon étant plein de gaz , et le mercure au même niveau intérieurement qu’extérieure-»^

^ thaité des réactifs

ment, on ferme le robinet du ballon et celui delà cloche, on le pèse , et on en conclut le poids spécifique du gaz examiné (i). Si l’on prend l’air pour commune mesure on a les rapports suivans :

Air

Gaz hydriodique

fliiorique silice. ; . .

chloro-carbonique. .

chlore.

IjOOOO

— : — oxide de chlore ...... 2,8144

fluo-borique 2,3709

sulfureux 2,1930

cyanogène : . . .♦1,8064

protoxide d’azote. ..... 1,5204

acide carbonique, 1,5196

acide hydro-chlorique 1,2474

I (i)Pour donner plus d’exactitude à l’expérience, onnedoit recueillir le gaz dans la cloche que lorsqu’il est bien pur ,' c’eSt à direquand tout l’air des vases est chasse, et rejeter les premières portions de gaz arrivées dans la cloche , afin d’entraîner les petites bulles d’air adhérentes aux parois j faire passer le gaz de la cloche dsnsle ballon avec lenteur, et plutôt par intermittences que d’une manière continue.

Enfin si les gaz essayés avaient quelque action sur le mercure ou surla ciredes robinctsj il faudraitinlroduii'cle tube recourbé de manière à ce qu’il plongeât au fond d’un flacon de deux à trois litres, et qu’il remplit presque toute la capacité de l’ouverture duflacon^ il faut, lorsque le gaz passe dans le flacon, le laisser se dégager pendant quelques minutes entre les paiois de l’ouverture des flacons, et celles de l’extérieur du tube, alin d’clre assuré cjuc tout l’air en est chassé; enlever ensuite, avec adresse , le tube engagé dans le flacon, fermer celui-ci avec un bouchon à l’émeril, peser le flacon dans cet état, et comparer le poids net avec celui de l’ail- déterminé d’avance pour la capacité des Ilâcous, ( Voyez^ pour plus de dv^ik J les divers traités de pliysique ).

TRAITÉ DES RÉACTIFS. l5

Gnz hydro-suUuriquc

oxigcne -i,io36

dculoxide d’azote i,o388

hydrogène pcrcarbui’c . . . . 0,9796

azote • 0,9691

oxide de carbone. ..... 0,9669

hydrogène phosphuré 0,8700

ammoniac '. . 0,6967

— hydrogène proto-carbure. . . o,555o

hydiogèoe arsénié 0,6290

— vapeur d’iode.* ...... 8,6195

vapeur de térébenthine. . . . 5,oi5o

d’hydropercarbure de chlore. . . 8,4434

nitreux 3,1764

de sulfure de carbone 2,6447

— d’éther sulfurique. ..... 2,586o

d’éther hydrochlorique. . . . 2,2igo

d’acide chloro-cyanique . . 2,iii3

d’alcool absolu I,6i33

d’acide bydro-eyanique. . . . 0,9476

vapeur d’eau ....... 0,6286

de carbone. ....... 0,4160

hydrogène 0,0782

POIDS SPÊCrFIQtlE DES LIQUIDES.

On détermine le poids spéciflque des liquides en pesant des volumes égaux d’eau et du liquide à essayer, on réduit ces poids à leurs équivalens dans le vide , ii la température du maximum de condensation de l’eau , puis on les divise l’un par l’autre.

Pour être assuré d’avoir des volumes égaux, on emploie un flacon fermé par un bouchon usé l’émeril, afin que la jonction soit exacte, on remplit successivement ce flacon d’eau et de liquide ; après avoir déterminé avec soin le poids du flacon vide par la méthode des doubles

TRAITÉ DES RÉa'cTIFS.

pesées 5 on le pèse ensuite plein d’eau distillée à une température connue; retranchant le premier poids du deuxième , on a le poids , dans l’air , de l’eau que contient le flacon à cette température. On le remplit alors avec le liquide dont on observe aussi la température; on obtient de la même manière le poids dans l’air du volume du liquide renfermé dans le flacon.

Avec ces données et les lois de la dilatation du liquide ^ employé , on peut calculer son poids spécifique.

Si l’on négligeait toutes les réductions, rien ne serait plus facile à faire ; on employerait directement les deux pesées comme si elles étaient faites dans le vide et à la température du maximum de condensation ; il suffirait alors de diviser le poids du liquide par le nombre qui expi’ime celui de l’eau ; ainsi, par exemple, si le liquide est de l’éther, que le flacon en contienne 5g, 184 grammes, et qu’il ait été rempli avec 5o,3 gramuies d’eau , on dira : le poids de l’eau, 5o,3, est au poids de l’éther, 5g, 184, comme 1 est à 0,77g; ce qui revient à diviser le poids du liquide par celui de l’eau. En effet : de 5o,5 : 3g, 184 : : 1 : a? on tire 0,77g.

On obtient ainsi une approximation dont on se contente dans la plupart des expériences (1).

(i) pour parvenir .à la connaissance du poids spécifique vrai dans les recherebes délicates, on peut considérer la pesée do l’eau comme servant uniquement à calculer la capacité duUacon dontla deuxième pesée donnera le poids. Ou entirera celui d’un centimètre cube du liquide pour une température quelconque; il n’y aura plus qu’à reduire cc poids, par le calcul, au vide et à la température dumaximurn de condensation de l’eau, en appli<|uant les formules indiquées pour ces réductions à des pesées très exactes.

TIIAITK DES RÉACTIFS. lÿ

Ï.C poids spécifique ou densité dos liquides, peut s’obtenir de même en emplissant successivement la même capacité avec différens liquides, et comparant les poids obtenus ; dans ces expériences on prend pour unité ou commune mesure, le poids de l’eau distillée que l’on exprime par looo; mais comme dans une foule d’opérations chimiques , il est utile de s’assurer de la densité d’une multitude de solutions salines , alcooliques, acides, etc , on a imaginé plusieurs instrumens qui peuvent indiquer immédiatement ces densités diverses; en ayant toujours égard à la température. Le gravimètre de iSidiolson, fondé sur ce qu’un corps perd de son poids, un poids égal à celui efu volume d’eau qu’il déplace, indique bien précisément le poids spécifique de tous les liquides sous le même volume; mais comme il fallait ajouter des poids pour faire enfoncer cet aréomètre dans tous les liquides, plus pesans que l’eau, et ensuite faire un calcul de proportion pour rapporter tous les poids spécifiques à celui de l’eau prise pour unité, on a cherché un mode plus simple qui pût être à portée de tout le monde. L’aréo-

M. Biol. T déduit les résultats suivans: poids d’un centimètre cube

de mercure à o" iSgrames» 597190.

rapport du poids de l’eau et du mercure à volume égal ét .à la température de o” 13,598207.

Rapport du poids du mercure à celui de l’ai r almos;)hérique sous la pression de 0,76 à la température do o". io'j66,82.

Si l’on voulait obtenir le pt>ids d'un cenlimèlrc cube des memes substances pour une autre température que o", il faudrait r<'duire ces évaluations proportionnellement aux dilulatious de chaque substance.

inèlrcdeBaumé, dont on sc sort aujourd’hui le plus généralement, a été construit de manière à ce que plonge dans l’eau distillée , il indique zéro degré : c’est le point de départ,; en le plongeant ensuite successivement dans une solution de sel marin contenant 1,2,5,45 etc. , centièmes de sel marin , Baumé forma une échelle qu’il con'* tinuasur des divisions à peu près égales pour les liquides d’une densité plus grande qu’une solution saturée de sel marin, et pour les liquides plus légers que l’eau distillée- On conçoit que cet instrument ne se rapporte directement qu’aux solutions de sel marin , entre certaines limites , et ne présente que 'des relations indirectes relativement aux autres liquides. ,

Les degrés de cet aréomètre peuvent être convertis en expressions de poids spécifique à l’aide dè relations établies ; la table suivante présente ces rapports auxquels le chimiste et le iTranufacturicr sont souvent obligés de recourir.

la

TABLE, de ta correspondance des poids spécifiques des iquides avec les degi'és de l’uréomèiré de Baumé pour io° Réaumur.

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