‹ Traité élémentaire des réactifsChapitre 8 sur 64 · POIDS SPÉCIFIQUE DE QUELQUES SOLIDES · texte numérisé non relu

POIDS SPÉCIFIQUE DE QUELQUES SOLIDES

Platine. 20,980

Or 19,257

Tungstène ' . . 17,6 a 17, 5.

Mercure 1 3,568

Palladium écroué ou lamine, ii Son 11,8.

Plomb 11,352

Argent 10,4748

Bismuth 9,82a

Urane. . 9,°..*

Cuivre ; . . 8,895

' Cobalt 8,533

Cadmium. ..... . 8,6040

Arsenic. ; 8,3o8

Nickel 8,279

Fer . . 7,788

Molybdène. ....:. 7,400

Etain. . . 7,291

Zinc.' : . . 7,00 r

Mang.anèse 6,85o

Antimoine. ...... 6,7021

Tellure 6,1 15

Sodium. ' 0,97223

Potassium o,865o7 (1).

(i) Le poids spécifique peut, dans une infinité decas, donner

TBAirÉ DES néiCTiFS. a 5

De finfucnce des corps étrangers aiuc réactions.

Des cojps, en apparence inertes dans les réactions que l’on opère, ont quelquefois une influence que l’on explique dillicilement, mais dont on peuttirer parti, ou du

des indices sur la pureté ou tes allératioQS de divers corps ; ainsi, l’euii chargée de sels sélénitcux ou autres, pèsera plus de looo graiumis le litre, la solution saturée d’un sel pur augmente de densité si l’on y ajoute quelques centièmes d’un aulresel.

En comparant des volumes égaux d’étain et de ses divers alliages avec le p’oinb , on a rccounu des différences marquées. Bergcntiei ne a donné une table des poids spéciJüques de loo de ces alliages. Ce mode a été nommé Errai à èa iJa/ie. Ledoeteur Watson a donné une table, d’après ses propres expérii nrcs, qui a démontré que l’alliage de plomb et d’étaij augmente de poids spécifique lorsque la proportion du plomb est plus grande {^Thomson volume.).

Oa a essayé d’a|)pliquer les poids spécifiques h reconnaître la naluic et les mélanges de divers corps gras; on a trouvé qu’à Go» de température Rcaumur , l’aréomètre Baumé à Alcool uiaiv que clans la cire tondue 35»; le suif de mouton 3o“; lebeurre de cacao 2ç)o ; la graisse de porc 270. M. Duquesne de Lille a construit d’après le même principe un élaiomêtre sur lequel les huiles marquent dans l’ordre suivant : huile de lin o“. Huile d(. cliénecis 12a; huile d œillette 18°; huile de colza 40°. Cadet, parle même procédé, a trouvé que l’huile d’amande duuce marcjue 3i,5.

M. Vauqiielin a remarqué que les potasses qui contiennent le d alcali réel donnent à l’eau une densité plus grande que CCI es qui en contiennent davantage; er. effet, l’eau d.argée ■dcal. peut dissoudre encore différens autres sels; il en résulte q ' pourrait , faute d autres moyens, reconnaîtreapproximativeineut la proporUon d’alcali contenue dans une potasse, par l.t ciensuc de sa solution saturée dans l'eau.

moins dont on doit tenir compte. Ainsi, lorsqu’on verje l’un des acides sulfurique, nitrique, hydrochlorique,etc., dont l’affinité pour les oxides métalliques est beaucoup plus forte que celle de l’acide carbonique, dans une solution de carbonate de soude , etc. , il s’y produit d’abord une vive effervescence due au dégagement de l’acide carbonique gazeux; mais bientôt toute action cesse, quoique tous les principes qui ont une grande énergie les uns sur les autres, soient en présence, et même que le contact le plus parfait ait lieu entr’eux; que l’on introduise alors dans ce liquide, un corps solide quelconque en poudre ou non divisé , on verra l’effervescence se manifester de nouveau et avec plus de force : enfin, tout le dégagement ne pourra s’opérer sans une vive agitation, soit à l’aide d’une baguette de verre ou de tout autre moyen.

M. Thénard a fait entrer dans l’eau 666 fois son volume d’oxigéne, la densité de ce liquide était de i452, et en y ajoutant de l’or ou de l’argent en poudre , ou de l’oxide de ce dernier, Toxigène s’en dégage avec explosion.

L’ammoniaque se décompose i\ la chaleur rouge, par le concours du cuivre ou du fer. Celui-ci devient trèscassant, sans cependant avoir retenu aucune portion des principes constituans de l’ammoniaque. M. Vauquelin a observé que cet effet ne dépendait pas du métal, mais bien de sa chaleur; il est parvenu à décomposer l’ammoniaque avec des morceaux de porcelaine placés dans un tube de la même matière rougi au feu de réverbère.

L’acide sulfurique détermine la conversion de l’amidon en sucre, de l’alcool en etber, sans y rien ajouter de scs principes, etc. , etc.

DE IA LDMIÈRE.

L’action de la lumière sur beaucoup de corps a la plus grande analogie avec celle du calorique ; ses effets ainsi que la propriété particulière à cet agent de se changer en chaleur lorsque ses rayons sont rassemblés au moyen d'un verre lenticulaire, etc. , ont fait regarder ces deux fluides comme deux modifications l’un de l’autre ; nous adopterons ce système, et sans consigner ici les phénomènes à l’aide desquels les physiciens ont cherché à démontrer cette hypothèse ou l’hypothèse contraire, qui faisait de la lumière et delà chaleur deux fluides distincts; nous nous bornerons à rapporter les effets généraux de la lumière.

Un rayon de lumière peut déterminer la combinaison d’un volume de chlore à un volume d’hydrogène , et former de l’acide hydrochlorique , la combinaison a lien rapidement et avec détonation ; cette expérience exige des précautions , car elle n’est pas sans danger. On opère la même combinaison sans craindre aucun accident en exposant le mélange des gaz à la lumière diffuse. En quelques jours l’union des gaz est effectuée.

La lumière décompose l’acide nitrique , et le convertit en acide nitreux et en oxigène ; elle réduit les oxides d’argent et d’or, décompose une partie des sels d’or , d’argent et de mercure, détruit instantanément une partie de la matière colorante des toiles; si au sortir d’un bain on les expose à ses rayons. Le chlore produit à chaud un effet analogue, plus rapide, et avec d’autant plus d’énergie, qu’il pénètre dans tous les sens à-la-fois. La lumière détruit en quelques heures la couleur rose du car-

2® TRAni DES BÉACTIIS. ‘

thame que l’on applique oïdinairement sur la soie; en général elle altère ou détruit toutes les matières colorantes appliquées sur divers corps ; elle est nécessaire à la coloration de toutes les plantes vivantes. En effet, les végétaux prives de la lumière restent sans couleur, ou se décolorent lorsque déjà ils étaient colorés ; la lumière a aussi une action très-sensible sur l’économie animale; les ^lom^^es et les animaux sont sujets à des maladies dont l’absence de la lumière est la seule cause,

Rasteleya a remarqué que les fleurs. ammoniacales martiales {mariale d’ammoniaque et de fer), exposées aux rayons du soleil prennent une couleur orangée trèsfoncée, couleur qu’elles perdent ensuite par l’absence des rayons lumineux; mais on peut la leur conserver en les enfermant dans une fiole. Ces variations dans les couleurs ont été regardées par ce chimiste comme dues aux états différens d’oxidation du fer contenu dans cette préparation.

Chacun sait qu’on est parvenu à produire une lumière artificielle très-vive par la couibuijtion de diverses, subsr tances et notamment du suif, de l’huile, de la cire; dans ces derniers temps on s’est beaucoup occupé des jnoyens les plus économiques de produire ainsi lalumière artificiellement, soit en combinant entr’eux quelquesunes des substances dont nous venons de parler, soit eu les décomposant, ou en exposant de même à une haute , température de la houille dans des appareils susceptibles de fournir des quantités considérables de gaz hydrogène percarburé, gaz liglil ^ etc., etc. (i). M. Dalton a décou-

(i) Afin de s’assurer de la quantité de gaz que ces étahli^sel^cuA

TRAITÉ DES RÉACTIFS. 'jg

vert dernièrement un nouveau gaz qui contient deux fois autant de carbone que ce dernier, il le nomme hydrogène supercai'buré, son jjouvoir éclairant est très-considérable.

Pour juger du mérite des divers procédés d’éclairage , et distinguer ceux qui sont réellement économiques , il importe surtout de mesurer la quantité de la lumière que chacun d’eux peut procurer à prix égal. On obtiendra facilement cette donnée, en connaissant l’intensité de la lumière de chaque point lumineux ; pour y parvenir ou rapporte à un point lumineux d’une intensité connue, tous ceux qu’on veut évaluer, et en général on est convenu pour ce point de départ , deprendre un bec d’un quinquet à'Argand.

Pour comparer la lumière de ce quinquet avec celle d’un autre, ou en général deux lumières entr’elles, il suffit d’éclairer isolément et sous la même incidence, avec chaque lumière, deux disques égaux d’un papier très-blanc; on regarde à-la-fois les deux disques, s’ils sont également éclairés , les lumières sont égales, dans le cas contraire , il faut éloigner la plus forte des deux lumières jusqu à ce que les deux disques paraissent éclairés egalement; les intensités de ces lumières seront alors euti elles comme les carrés des distances des lumières aux disques. Ainsi, la distance d’une des lumières à l’un des disques étant double de celle de l’autre lumière à l’autre disque, 1 intensité de la première sera quatre fois plus grande que celle de la seconde.

fournissent joumellement àceux quis’iibonneiU à ces mudes d’ê.^ claiia^c , ou a imaginé des instrumens .à l’aide desijiicison peut mesurer avec précision l.i, quantité de gaz qui passe par un ( ouduit dans un temps donné.

TBAITÉ DES RÉACTIFS.

Celte illumination partielle et comparatÎTc s’obtient plus commodément en éclairant une seule feuille de papier, ou tout autre corps mat et bon réflecteur avec les deux lumières, et interposant au devant un petit cylindre implanté verticalement ou un petit disque; les ombres indiquent les points isolément éclairés, il faut donc rendre ces ombres d’une intensité égale en variant les distances des corps lumineux aux corps opaques ; on peut mesurer ensuite ces distances, et on en tire la conclusion indiquée ci-dessus de la même manière.

Les teintes des ombres varient suivant les couleurs différentes des lumières que l’on essaie , mais il est toujours possible d’amener à une intensité égale (i).

DE l’électricité.

Les effets de l’électricité ne sont pas encore tous bien connus; on ne leur a pas attribué toute l’importance qu’ils ont sans doute, et tout porte à croire que lorsque l’influence de ses actions attractives etrépulsives sera étendue davantage; là où elle est ignorée aujourd’hui, elle viendra expliquer une foule de-phénomènes chimiques et d’anomalies apparentes. Delà situation électrique, des molécules des corps naîtra sans doute un système général sur les causes des allinités électives. Des expériences nom breuses faites par nos plus habiles physiciens font conce-

(i) On observe que la lumière présen te di-s nuances diCférentes suivant les différens corps qui la produisent ou les appareils de la combustion; ainsi la lumière du gaz hydrogène peu carboné tire snrlebleu; celle du gaz olèliant, plus chargé de carbone et que produit le gaz de l’huile, est souvent très -blanche ; celle dos lampes est rouge etc.

TRAITÉ DES REACTIFS. 3*

Toir cette espérance (i) ; nos données ne sont cependant pas encore assez certaines pour que nous hasardions dès ce moment d’entrer dans cette voie.

Déjé cependant, une foule de découvertes sont dues aux effets de la pile de Volta. Cet ingénieux instrument a démontré que les forces attractives et répulsives produites par l’état électrique des éléraens des corps suffisent à leur désunion. Entre les mains de plusieurs chimistes habiles , ces phénomènes se sont multipliés etpeuvent faire croire au système général de théoi’ie annoncé.

On doit à la pile voltaïque la découverte de la décomposition des alcalis regardés naguères comme des corps simples, et qui pour nous sont devenus des oxides métalliques.

L’action galvanique peut démontrer la présence d’un 200“ de zinc allié àl’étain , c’est sur cette propriété qu’est fondée l’application faite par Volta du papier argenté qu’on prépare en Allemagne avec le zinc et l’étain pour les expériences galvaniques.

M. Rousseau a présenté à l’institut une pile galvanique dont les effets sont durables , et qui, pouvant électriser par influence une aiguille aimantée , fait dévier rapidement celle-ci d’une portion considérable d’un arc de cercle, lorsque l’on établi une communication entre l’un des pôles de la pile, et un conducteur qui s’approche d’une des extrémités de l’aiguille; cet effet n’a pas lieu

(i)MM. Prévois etDumas ont appliqué dcrnièrementl’actioa delà pile galvanique à la décomposition des calculs de la vessie ; leurs ingénieuses expériences ont besoin d’être répétées, pour qu’on ait la certitude que ce moyen puisse être avantageusement pratiqué.

5a TRAITÉ DES RÉACTIFS.

lorsqu’on interpose un corps non conducteur dans le conduit de la pile, et il a lieu plus ou moins lentement si le corps interposé est plus ou moins mauvais conducteur.

Cet ingénieux appareil pourra trouver plusieurs applications utiles, déjà l’auteur s’en est servi pour reconnaître l’huile d’olive entre toutes les autres huiles végétales, cette huile est très peu conductible , et pour peu qu’elle contienne quelques centièmes d’un autre huile végétale, sa conductibilité est altérée d’une manière extrêmement sensible.

Il suffit de 10 ou 12 grammes d’une huile pour l’essayer par ce moyen ; on voit qu’il est d’une simplicité très-grande, et sa sensibilité, dans l’emploi cité, surpasse celle de tous nos moyens chimiques.

Nous croyoqs devoir attribuer a un eÛét électrique le mode ingénieux que le docteur Marcet a mis en usage pour connaître 1a magnésie dans un miuéraloù cette substance n’est qu’en très-petite quantité. Ce mode d’opérer n’étant pas très-connu, nous l’avons rapporté ici.

On dissout dans un verre démontré, à une douce chaleur, un petit fragment du minéral que l’on soupçonne contenir de la magnésie; par exemple la dolomite dans quelques, gouttes d’acide hydrochlorique étendu. On ajoute ensuite de l’acide oxalique pour rendre la chaux insoluble, on verse quelques gouttes de phosphalc d’ammoniaque ou de soude; on laisse le précipité déposer quelques instans, on sépare du liquide clair une goutte ou deux qu’on place sur un morceau de carreau de vitre; on mêle à cette liqueur deux ou trois gouttes d’une solution de carbonate d’ammoniaque qui détermine une ciïcr-

TRAITÉ DES REACTIFS. 33

vescence ; on enlève avec un tube de verre [glace rod) , un peu de liquide clair, on le met sur unepartiedu verre et l’on trace avec une pointe de platine ou de verre des lettres ou des signes; on expose à la chaleur la plus douce pqssible (comme on y pourrait parvenir en faisant couler sous le plan de glace un peu d’eau chaude) , les traces blanches paraîtront sur tous les points où l’on a fait des lignes, si le minéral essayé contient de la magnésie. Ces traces résultent de la combinaison double du phosphate de soude et de magnésie.

Suivant le docteur Marcel loo grains de sel triple desséché 100“ Fahreinheit équivalent à 19 de magnésie; ce même sel calciné au rouge laisse un phosphate de magnésie qui suivant Murray contient p- 0/0 de magnésie.

D’après les expériences récemment publiées par M. Murray, un barreau aimanté plongé dans une solution de perchlorure de mercure, en opère la décomposition, et le mercure est réduit à l’état métallique, on obtient une décomposition semblable dans une solution de muriate de platine.

L’argent est également réduit lorsque l’on plonge un barreau aimanté dans une solution du nitrate de ce métal.

Il paraît que ces phénomènes ont également lieu lors même que le barreau aimanté est recouvert d’un vernis de copale.

TBAU'É DES BÉACTIFS.

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