‹ Traité élémentaire des réactifs, leurs préparations, leurs emplois spéciaux et leur application à l'analyse. Supplément contenant les nouvelles recherchesChapitre 6 sur 19 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

ET DES VASES A EMPI.OVER DANS LA RECHERCHE DE l’aRSENIC.

Les réactifs et uslensihis que l’on met en usage pour rechercher l’arsenic au moyen de l’appareil de Marsh sont: l’acide sulfurique , l’acide nitrique, l’acide chlorhydrique , la potasse à l’alcool, le nitrate de potasse, l’eau, le fer, le zinc, les chaudières en fonte, les capsules de porcelaine, les creusets de Hesse, les flacons, les tubes, les bouchons et les verres à expériences. Examinons les successivement et voyons ce qu’ils offrent de particulier sous ce point de vue si important pour la certitude des expertises médico-légales.

Acide sulfurique. — Le soufre employé pour la fabrication de cet acide, contenant quelquelois de l’arsenic, le produit lui-même est souvent arsénifère, ainsi que Vogel, Vackenroder et Berthels l’ont déjà démontré (1). M. Orfila, qui

(i) M. ArthauJ et moi, avous coustaté que l’acide suli'urique préparé à

5o SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES RÉACTIFS, a leiilé (le nombreuses expériences dans le triple but de reconnaître -l’clal au(|uel se trouve l’arsenic contenu dans l’acide, de s’assurer delà présence d’un composé arsenical et de savoir s’il est possible de l’éliminer en totalité, pense que l’arsenic existe dans l’acide suUiiriciue arsenical, à la foisà l’état d’acide arsénieux et d’acide arsénique.

11 a reconnu que la méthode de Marsh l’emporte de beaucoup sur l’acide hydro-suH'ui'ique, pour constater l’existence de l’arsenic dans l’acide suiluri(|ue , et que , même lorsque sa quantité est très faible , il serait possible de l’y découvrir en versant quinze ou vingt gouttes d’acide sulfuiique pur dans wn appareil de la contenance d’un litre, et dans le- (]uel on aurait déjà introduit du zinc , de l’eau et une once d’acide sulfurique arsenical. En effet , au moment de cette addition, l’effervescence diminuerait et ne tarderait pas à se suspendre, le zinc noircirait, la liqueur s’éclaircirait, et, pour obtenir un courant d’hydrogène, il deviendrait nécessaire d’ajouter de nouveau six gros , une once ou même une once et demie d’acide sulfurique : il pourrait alors se faire que la flamme laissât déposer sur la capsule des taches arsenicales; mais dans le cas où la proportion du composé arsenical serait des |)lus minimes , il serait préférable de saturer l’acide par la potasse à l’alcool dissoute dans l’eau distillée , et après le départ du sel formé, de filtrer le liquide et de l’introduire dans un appareil de ftlarsh.

Quant aux moyens de priver entièrement l’acide de l’arsenic qu’il contient; il propose de recourir au suivant: on verse l’acide sulfurique arsenical dans un grand flacon rempli de gaz acide sulfhydrique , et on bouche avec soin. Après vingt-quatre heures de contact pendant lesciuelles il

Lyon avec les pyrites, contient de l’acide arsénieux; il est probable que tout anide préparé avec les pyrites en contient.

DES RÉACTIFS DANS LA RKCHERCIIE DE l’ ARSENIC. 5 I s’est déposé un précipité Ibi mé de souire blanc et de suli'ure jaune d’arsenic, on lilire le li(iuide à li-avers un tampon d’amiante placé convenablement dans le bec d’un entonnoir. On l’ail bouillir lé produit de la filtration, pour volatiliser et décomposer le restant de l’acide sull'liydrique , puis on distile dans un appareil composé d’ime cornue et d’un récipient.

M. Deverg'ie pense que l’acide sulfurique pur du commerce ne renferme jamais assez d’arsenic pour qu’il soit nécessaire de le soumettre au traitement par l’acide sufhydrique. Suivant lui, toutes les fois que les trois ou quatre onces d’acide stdfurique, saturé par la potasse et l’alcool , donnent des taches arsenicales à l’appareil de 3Iarsh , il suffit, pour le purifier, de le distiller trois fois, en rejetant chaque fois les deux premières onces distillées, avec lesquelles passe l’acide arsénieux, et les deux dernières non encore distillées dans lesquelles se trouve l’acide arsénique (i).

Pour nous (|ui croyons qu’on ne peut s’entourer de trop de précautions dans une matière aussi importante, nous conseillerons de l ecourir dans tous les cas au mode de purification proposé par 31. Orlila , parce qu’il est le seul qui puisse donner la certitude de l’élimination complète des composés arsenicaux.

Acide nilricjue. — Get acide ne contient pas ordinairement d’arsenic; on peut d’ailleurs s’en assurer en le saturant par la potasse à l’alcool , décomposant le nitrate par l’acide

(i) Les assertions de M. Devergie présentent de la gravité; elles ont besoin de recevoir la sanction d’expériences plusieurs fois répétées avant d’être adoptées, et il est facile d’en concevoir toutes les conséquences, il ne faut pour cela que lire un rapport présenté à l’Académie de médecine dans les premiers mois de 1840 , rapport relatif à des recherches chiiuicolégales de MM. Pariset et Chapeau de Lyon.

sulfurique pur, et introduisant le sulfate acide obtenu dans l’appareil de Marsh.

Quoi qu’il en soit, il suffira dans tous les cas, pour être certain de la pureté de cet acide, de le rectifier sur du nitrate d’argent (i ).

Acide chloiliydrique. — Cet acide étant obtenu en décomposant le chlorure de sodium par l’acide sulfuri(]ue du commerce qui peut être arsenical, ii ne serait pas impossible de le trouver Ini-méme altéré par la présence de l’arsenic. On peut reconnaître l'existence de ce dernier en saturant l’acide par la potasse à l’alcool , dissolvant le chlorure de potassium formé et introduisant le soluté dans l’appareil de Maish, que l'on lait alors fonctionner avec l’acide chlorhydrique pui-.

Pour purifier cet acide, M. Devergie dit qu’il suffit de le distiller, en ayant soin de rejeter les premiers produits de la distillation dans lesquels se trouverait contenu l’acide arsénieux. L paraît préférable d’employer exclusivement l’acide chlorhydrique obtenu avec le chlorure de sodium et l’acide sulfurique bien purs.

Potasse à l’alcool. — Ce réactif ne contient pas d’arsenic ordinairement. Toutefois, pour en acquérir la certitude, M. Orfila conseille de le saturer par l’acide sulfurique purifié, étendu de trois ou quatre fois son poids d’eau, puis d’essayer le sulfate obtenu par l’appareil de Marsh.

Nitrate de potasse. — Bien que ce sel ne soit jamais arsenical , cependant on conçoit la possibilité d’en trouver de tel ; il faut donc s’assurer de sa pureté ; pour cela M. O/ fila

■■ (i) Il est (lifllcile d’obtenir de l’acide pur ne laissant pas de résidu; nous en avons rcclilié jusqu'à six fois, et chaque fois il donnait un résidu; il faut distiller eet acide avec de l’acide sulfurique concentré pour l’obtenir exempt de matières organiques. Cet acide n’est pas pur d’acide sulfurique, mais il ne contient plus de matières organiques.

DES RÉACTIFS DANS LA RECHERCHE DE l’aRSENIC. 53 indique le procédé suivant. On décompose ce sel dans une capsule de porcelaine , à la température de l’ébullilion , par l’acide sulfurique concentré et purifié que l’on met en contact avec lui jusqu’à ce qu’il ne se dégajje plus de vapeurs orangées de gaz acide hyponitrique. Alors on ajoute encore un peu d’acide sulfurique, et on continue de chauffer tant que les vapeurs blanches qui s’élèvent conservent l’odeur nitrique. Dès que ces vapeurs ont perdu ce caractère , on retire la capsule du feu , on la laisse refroidir , puis on y verse de l’eau distillée, et on fait encore bouillir un quart d’heure afin de chasser ce qui peut rester d’acide hyponitrique et d’acide nitrique. Après le refroidissement de la liqueur, on la sature par la potasse à l’alcool , puis on la traite par l’eau distillée bouillante , on la filtre et on l’essaie dans l’appareil de Marsh.

Eau. — L’eau ne doit être employée qu’après avoir été soumise à la distillation. Dans cet état elle ne renferme jamais d’arsenic; on peut du reste s’en assurer aisément, car il suffit pour cela d’introduire trois ou quatre litres de ce liquide dans un grand appareil de Marsh, avec du zinc et de l’acide sulfurique sur la pureté desquels on puisse compter.

Zinc. — On dit que le zinc est presque toujours arsenical ; cependant si l’on a trouvé dans le commerce, et même parmi les zincs qui ont été plusieurs fois distillés, des échantillons qui renferment de l’arsenic, ce q:’' est très rare, il en est beaucoup qui n’en fournissent pf i à l’appareil de Marsh (i).

On peut d’ailleurs reconnaître la présence de l’arsenic dans le zinc en faisant fondre ce métal , le traitant par le ni-

(r) J’ai fait des expériences sur un grand nombre d’échantillons de zinc pris dans le commerce de Paris , et je n’en ai trouvé que deux qui continssent des traces d’arsenic.

trate de potasse, puis par l’eau distillée bouillante; décomposant la liqueur filtrée par l’acide sulfurique pur et concentré jusqu’à ce qu’il ne se dé(jage plus d’odeur nitrique, on l’essaie ensuite par le procédé de Marsh. Mais pour que cctie opération réussisse, il est nécessaire que le zinc soit en poudre ou du moins en grenailles très fines.

Pai- ce traitement avec le nitre il est jîossible d’obtenir du zinc bien exempt d’arsenic.

Quel que soit le zinc dont on se sertdaus les expertises médico-légales , on doit toujours , comme nous l’avons dit, l’essayei- d’abord dans l’appareil de Marsh , avec de l’eau et de l’acide pur pendant quinze ou trente minutes. Si , après ce temps, et avec une flamme faible ou forte, on n’a obtenu aucune tache arsenicale, le zinc peut être employé; dans le cas contraire, il faut s’en procurer d’autre qui ne soit pas dans les mêmes conditions.

Fer. — On a fait au fer le même leproche ([u’au zinc; il est en effet quelquefois mérité. Néanmoins, eu prenant la précaution de l’essayer pendant un quart d’heure ou une demi-heure dans l’appareil de Marsh, on peut, s’il ne donne pas des taches arsenicales pendant cet espace de temps, l’employer ensuite dans les recherches médico-légales avec autant de confiance que le zinc.

Chaudières en fonte. — Ces vases, dans lesquels il convient «l’opérer lorsiju’on ne peut se procurer des capsules de porcelaine d’une assez grande dimension, contiennent, dit-on, de l’arsenic; mais les expériences faites par M. Orfila ont oémontré jusqu’à l’évidence, et cela contrairement à l’opinion émise par quelques auteurs , qu’on n’a jamais à craindre que ces vases en fonte neuve cèdent une partie de l’arsenic (jii’ils peuvent renfermer aux décoctés des matières animales pour la préparation desquels on les emploie, lors- <jue l’on a saturé l’acide de ces liquides par la potasse à l’ai-

DES REACTIFS DAWS LA RECHERCIIE DE l’aRSENIC. 55 cool. 11 y a plus : on peut se servir plusieurs fois (l’une même chaudière, quand les cadavres qu'on y a fait bouillir n’ont point donné d'arsenic , il suffît tout simplement alors de laver ce vase avec de l’eau cl de la potasse d’ahoial , puis de le décaper avec de l'acide sulfurique faible, et enfin de le laver de nouveau.

Capsules en porcelaine; creusels en porcelaine; creusets de Hesse (i) ; jlacons et tubes en verre; verres à expériences et entonnoirs; bouchons. — Tous ces diflérenis vases et ustensiles ne peuvent donner d’arsenic; il faut noter seulement, j)ar rapport aux capsules de porcelaine et aux instruments en verre , qu'ils doivent être lavés avec le plus grand soin , à l’aide d’une eau alcaline, puis, récurés avec du sable et lavés de nouveau à grande eau, surtout lorsqu’ils ont déjà été employés , si l’on veut êti’e certain qu’ils ne retiennent pas le moindre atome d’une préparation arsenicale avec laquelle ils aui'aient été pr-écédemment mis en contact ; il en est de même des bouchons. Quant aux creusels de Hesse, dans lesquels ou a fait brûler des matières organicjues , il ne faut pas les employer une seconde fois. D’après Ri. Devergie, ces creusets doivent être r’ejelés des analyses, à cause de leur' perméabilité par les acides; en effet, (luand ou décompose le uitr-aie de potasse par l’acide sulfur ique dans un de ces vases, on perd une gr-ande quantité de matière qui tr anssude à iraver-s les parois.

D’auir’es modifications ont encore été apportées à l’appareil de Marsh ; il en est de même , soit des procédés, soit des

(ij Quelques persouues ont prelendu que les creusels de Hesse conleiiaien l de rursenic ; !ts essais que nous avons faits , soit avec M, Ribesfils, soit seul , nous ont déiiiontrê que ces creusets ne contiennent pas d’ar¬

senic.

5G supplément au traité des réactifs.

prëcaulions à prendre dans ces expérimentations. M. Lassai."ne, appli(|uani les caractères de l’hydrogène arsénié signalés par Simon dans les Annales de Pogejendorf, t. XLII, p. 565, a indiqué de faire passer l’hydrogène siij)posé arsénié dans un flacon contenant une solution de nitrate d’argent en se servant d’un appareil (jui ,j)eut varier, mais dont nous donnons ici une idée.

Le gaz hydrogène arsénié qui se trouve mêlé au gaz hydrogène est successivement décomposé, lors de son passage à travers le nitrate et par l’oxide d’argent; cet oxide passe à l’état de métal et se précipite sous forme d’une poudre noire; il y a, dans ce cas, production d’acide arsénieux qui reste en dissolution mêlé au nitrate d’argent liquide. Lorsque tout le gaz hydrogène arsénié est dégagé, on convertit le nitrate d’argent excédant en chlorure par l’acide hydroch!ori(iue , on filtre pour séparer le chlorure qui se trouve mélo à l’argent métallique, on fait évaporer le liquide filtré à une douce chaleur dans une petite capsule de porcelaine ; pendant cette opération , l’acide hydrochloro-nitrique réagit sur l’acide arsénieux et le convertit en acide arsénique que l’on obtient comme résidu de l’évaporation. Ce résidu peut être essayé 1“ par le nitrate d’argent; 2“ par l’acide sulfhydrique; 5“ par l’appareil de Marsh.

Des observations faites plus tard par M. Lassaigne, auteur de cette application, lui ont démontré, 1“ <|u’à l’aide de cette modification, il est possible de reconnaître, même en petite quantité, une préparation antimoniale mêlée à une préparation arsenicale, puisque le précipité qui se forme dans cette circonstance est formé d’argent , d’antimoine provenant de l’hydrogène antimonié , et d’une petite quantité d’arsenic; 2*^ (|ue la plus grande quantité d’arsenic qui se

Fjg. 10.

DES RÉACTIFS DANS LA RECHERCHE DE l’aRSEJNIC. 67

trouvait claus le produit se trouve dans le liquide à l’état d’acide ai’sénieiix.

31. Lassai^que, voulant déterminer les quantités il’arsenic contenues dans un liquide, reconnut: i®que ta proportion d’arsenic qui se dég^aycail par l’appareil de 3Iarsh représentait les 9./'^ de l’acide arsénieux employé dans l’expérience; 9" qu’une portion de ï’arsenic l'este à l’état métallique et fait partie du résidu qu’on trouve dans la liqueur dans laquelle le zinc a été mis en dissolution. (V. le J. de ch. 7)iéd., t. vi, 2® série, p. 688.)

Parmi les observations laites sur l’appareil de 3Iarsh , nous devons mentionner des remarques faites par un pharmacien de 3Iontpeiiicr. Ce pharmacien, (jui n’avait pas bien étudié les modilicatiuns pi’oposées à l’appareil de 3Iarsh, présenta comme nouveau l’emploi d’un tube pour décomposer l’hydrogène arsénié, application proposée par diverses personnes, ainsi qu’on a pu le voir dans les passages de ce travail. La seule modilicaiion qui nous a paru exister dans ce trav.ail , c’est la substitution du chlorure de chaux à la potasse, déjà indiquée, ainsi qu’on a pu le voir.

La mousse qui se forme dans les liqueurs animales arsenicales a été aussi le sujet de diverses recommandations : les uns ont recommandé d’employer l’huile, ce que déjà 3îarsb avait fait, les autres l’alcool. 3Iais tous ces moyens a[)parliennent à 31arsh , qui dans son mémoire dit: Pour éviter tout-à-fait cet inconvénient (la mousse), je veisc aussi quelques gouttes d’huile ou d’aleool à la surface du liquide avant déplacer le robinet avec son ajutage. Enfin d’autres ont indiqué l’essence de térébenthine ; mais on sait que cette essence a une action décontposante , et que Stromeyer et Berzélius l’ont signalée. En effet, il est dit, des faits assez curieux sont la décomposition de l’hydrogène arsénié par son contact avec l’huile essentielle de térébenthine ; ou bien , (juand on le

fait passer à travers celle liuile, la formation, dans ces circonstances, de petits cristaux liexaèdres ai{}Ms qui bi ùlent, quand on les chauffe, en l'épandanl l’odeur d’ail.

M. Adorne a aussi lait subir une modification à l’appareil de Marsh. Nous allons donner ici la fig.ure de cet appareil et la description, due à M Adorne lui-méme.

M. Adorne s’est proposé , i“ de rendre impossible la détonation qui quelquelois se fait remarquer loisqu’on emploie les appareils actuellement connus, lorsqu’on n’altend pas un temps assez sulfisant pour enlîammer le {jaz; 2" d’éviter la perle du gaz hydrogène qui a lieu dans ce cas; 3" d’empécher la destruction, par l’explosion de la substance à examiner, qui souvent n’est plus remplaçable; 4“ de modérer et graduer à volonté le dégagement du gaz dans l’appareil ; 5° de conserver en entier ; 6“ de n’élre point gêné par l’écume qui s’élève pendant l’opération lorsque la substance à examiner contient des matières organiques animales ( i); 7“ d’éviter l’influence, souvent très importante, des bouchons en liège, des robinets ou tubes en cuivre , ou , ce qui est pis encore , en laiton; 8» d’avoir la possibilité d’introduire dans l’appareil de nouvelles doses , soit d’acide , soit de zinc , soit de la matière à examiner, sans ouvrir l’appareil; 9" enfin, de pouvoir estimer approximativement la quantité d’arsenic contenue dans un corps, sans être obligé de faire p,asser le gaz hydrogène arsénié par un tube chauffé. Tels sont les avantages principaux, dit M. Adorne, que présente l’appareil que je propose. Cet appareil consiste en un flacon de cristal de la contenance d’environ un demi-litre, portant, 1° à sa partie supérieure une ouverture, ou tubulure, de 5 à 4 centimètres, usée à l’émeri; 2“ une autre tubulure recourbée, armée

(i) Ce que l’on obtient encoie par un courant de chlore lave.

DES RÉA.CTIFS DANS LA RECHERCHE DE l’aRSENIC. 69

d’un robinel en verre qui esl termine par un tube en verre

ellilc et mobile , de manière a pouvoir être ehanjjc (luand il est bj ùlé on eassé. Ce flacon est surmonté d’un <jlobe de même substance et conteuance, se terminant inlérieurement par un prolongement , ou col conique , également usé à l’émei i a sa base , de manière à s’ajuster dans l’ouverture du flacon et de s’y introduire jusqu’à un centi-mèlre du fond.

Ce globe es-t ouvert à sa partie supérieure pour recevoir un bouchon de veiie armé de; rainures pour ne fermer qu’incompléiement.

Loz’squ’on veut l’aiie fonctionner cet appareil, on introduit dans le flacon le liquide à examiner, puis on achève de le remj)lir avec de l’eau pure, de façon à ce qu’il ne contienne plus d’air quand tout y sera mis; on ajuste le col du vase supérieui’, et on bouche par le rapprocheuient , puis on fait entrez- environ 4{ï''am!nes, d’abord, d’acide sulfurique bien pur par l’ouvertui-e du globe; on secoue légèz'cment l’appaz-eil, puis on introduit successivement par la même ouverture de tz-ès petites parcelles de zinc pz-éalablement essayé. Le dégagement de l’hydrogène ne larde pointa s’effectuer, il gagne la paztie supéiieure du flacon , comprime le liquide qu’il contient , foz-ce une partie de ce liquide à remontez- dans le ballon, et dès qize le (|uarl envit-on du flacon est rempli de gaz, on ouvi-e le robinet, on y met le leu , et on présente au mêzTie instant un morceau épais de

Fig. 12.

6o SUPPLÉMENT AU TRAITÉ DES RÉACTÎFS.

porcelaine poli , avec l’atteniion de fermer le robinet toutes les fois que l’on éloigne lecorns froid du bec. Parce procédé, on arrive à des résultats intéressants.

Je dirai enfin que cet appareil convient plus que tout autre quand on veut employer les procédés de Liébig, de Berzélius, de Chevallier, en faisant passer le gaz par un tube chauffé , soit par une grille armée de charbons ardents , soit par une lampe à esprit-de-vin.

31. Wanden Broeeka aussi fait connaître un appareil pour la recherche de l’arsenic. Cet appareil, ainsi que la figure le

démontre, se compose : d’un flacon à trois tubulures AA.

Sur la tubulure du milieu est fixé le ballon B, dont l’extrémité inférieure C descend jus(iu’au fond du flacon. Ce ballon est scellé sur la tubulure ; l’extrémitésupérieure du ballon D est munie d’une ouverture fermée par le bouchon E.

Une autre tubulure du ballon se ferme hermétiquement au moyen d’un bouchon à vis F.

Ce bouchon, d’après l’auteur, doit être en argent ; il est muni d’une tige G qui se replie à son extrémité inférieure de manière à recevoir et supporter une lame de zinc 11 qui est roulée en spirale et à lai[uelle bi tige G sert d’axe.

La troisième tubulure du ballon A'" est munie d’un robinet 1 (|ue l’auteur dit devoir être en argent, ou , ce qui vaudrait mieux, en platine. Ce robinet est terminé par un ajutaj’e

1)AZ<«XS..

DES RÉACTIFS DANS LA RECHERCHE DE l’aRSENIC. 6l terminé en forme de bec. Snivani que le robinet est ouveri ou fermé, le gaz s’accumule ou se dégage.

Voici comment on opère :

Le flacon A étant propre , on dévisse le bouchon F ; on introduit par la tubulure le liquide à essayer jusqu’à ce qu’il remplisse exactement le flacon; on réunit alors le bouchon F à la tige G sur laquelle on a fixé une lame de zinc roulée en spirale, et on ferme la tubulure. On ajoute alors, en enlevant le bouchon E, une suffisante quantité d’acide sullurique dans le ballon B , de manière à ce que l’opération puisse marcher; à mesure (péil y a production de gaz, le liquide monte dans le ballon G. Lorsqu’on ouvre le robinet I, il y a production d’un jet de gaz, que l’on modère à volonté en faisant jouer le robinet.

31. 3Ialapert, de Poitiers, a aussi indiqué un appareil qui est basé sur la décomposition complète et prompte de l’hydrogène arsénié par le chlore; décomposition qui avait été signalée par Simon dans les Annales de Pogyendorf.

L’appareil , ainsi que le démontre la figure ci-jointe , se

62 SÎTPPLliMENT Aü TRAITÉ DES RÉACTIFS.

compose li’im mairas à lonjj col A, commmiicjiiimt avec un iiacon à iargfe {goulot. Le llacon C, de la conlenance d’un <|iiai i, de liire, esl muni d’un bouchon percé de (i-ois irons qui sert à lecevoir les tubes. E est un tube qui ne plonge dans le flacon C que de 2 centimètres au plus. B est un flacon tubulé communiquant au flacon C par un tube dont l’extrémité effilée plonge jusqu’au fond ; à l’autre tubulure du flacon B est un tube droit à entonnoir. G est un tube (jui n’entre que d’un centimètre au plus dans le ballon A, et dont l’autre extrémité plonge au fond du flacon cylindrique, flacon à hanmc opodeldocli , D qui termine l'appareil.

On opère de la manière suivante :

Ou met, 1" dans le malras du pei oxidede manganèseet de l’acide liydrocliloriiiue pur; 2” dans le flacon tube B, du zinc et 200 grammes d’eau tenant en dissolution 5 milligrammes d’acide arsénieux; 5” 00 grammes d’eau distillée dans chacun des flacons C et D. L’appareil étant disposé et luté , lorsque cela est nécessaire, on fait chauffer légèrement le inalras pour obtenir un dégagement de chlore; aussitôt que le flacon C esl rempli de ce gaz, on verse une petite quantité d’acide sulfurique dans le flacon B par le tube à entonnoii' sans expulser l'air : il y a aussitôt production d’hydrogène mêlé d’hydrogène arsénié, qui, traversant l’eau du flacon C, arrive, sous forme de jieiites bulles, dans le chloi’e gazeux dont le flacon esl rempli. On active alors le dégagement du chlore , pour ([ue ce gaz soit toujours en excès , et on n’ajoute de l’acide sulfurique dans le flacon B que par petites portions, afin (jue la protluclion de l'hydrogène ait lieu lentement , et ([uo par conséijuenl son passage dans le flacon C soit suivi d’une décomposition complète du gaz hydrogène arsénié.

L’excédant du gaz hydrogène et du gaz chlore se dégage par le flacon D qui termine l’appareil.

DES EÉACTIFS DANS LA RECTIERCIIE DE l’aRSENIC. G3

On conçoit qu’on doit opérer, à l'aide de cet ap|)areil , dans un lieu abrité des rayons solaires ; car on sait ([u’un inélan{îe d’hyilrogène et de chlore peut détoner lorsqu’on l’expose à la lumière diffuse.

Lorsque l’opération est terminée, on recueille la licpieur contenue dans les flacons C et D. On la faitchauffer pour chasser l’excès de chlore, on la concentre et on la soumet à l’action des réactifs qui font reconnaître la présence de l’arsenic.

Une modification importante, selon nous, est celle de l’emploi de l’amiante pour remplacer la porcelaine, empêcher la projection des liquides dans l’emploi de l’appareil de Hlarslî, et diviser ie {jaz hydrogène arsénié lorsqu’on le chauffe pour le décomposer et obtenir l’arsenic.

Celte modification, que nous avons vue pour la première fois employée dans les laboratoires de l’Ecole de Médecine, appartient , dit-on , à la commission de l’Institut qui s’est occupée d’un rapport sur l’appareil Flandin et Danger, et est, selon nous , d’une très grande utilité; elle peut s’appliquer à tous les appareils , et déjà nous l’avons mise en pratique dans divers cas de recherches médico-légales, et nous nous sommes bien tiouvé de sou emploi.

Elle consiste à placer, dans le tube où doit passer l’hydrogène arsénié, de l’amiante en assez grande ([uaniité pour faire un tampon qui laisse passer le gaz ; mais ce gaz, pour passer

Fig. I 4.

à travers l’amiante, a besoin ,.’de se diviser, puisque celle amiante forme obstacle. Sous la partie du tube remplie d’atnianle, on place une lampe à i'aicoül dont la flamme chauffe l’amiante et le gaz (jui la traverse. Il y a alors décomposi- -lion et formation d’un anneau

méiallique qui se dépose sur la partie du tube qui , au-delà de l’auiiante, est refroidie.

Si on avait du gaz hydrogène sali par des matières organiques, ces matières se charbonnent en passant, et le charbon reste avec l’amiante. Il en est de môme si l’hydrogène chauffé était un mélange d’hydrogène arsénié et d’hydrogène antimonié; l’antimoine reste avec l’amiante.

fllM. Flandin et Danger ont aussi fait un appareil destiné à modifier l’appareil de 3Iarsh. Cet appaieil est destiné à recevoir les produits de la combustion de l'ijydrogène ai sénié, du métal , de l’acide arsénieux solide et de l’acide arsénieux liquide. Selon nous, la décomposition dans un tube est préférable, parce que quand on a tout l’arsenic métallique, on peut en faire de l’acide arsénieux , de l’acide aisénique , et alors examiner et le métal et les produits qui en dérivent.

MM. Kœppelin et Kampmann avaient aussi indiqué des modifications à apporter à l’appareil de 3Iarsh, mais ces modifications avaient été publiées.

31. Guéranger, du 3Ians, a fait observer que l’on ne devait pas recevoir un jet de gaz hydrogène enflammé sur la faïence, le gaz hydrogène pur, reçu sur cette faïence, formant tache.

31. Orfila a aussi constaté œ fait. 3131. Thénard, Dumas, Régnault, Boussingault, ont établi que des substances salines métalliques pouvaient être entraînées par le gaz et donner lieu sur la porcelaine , à des taches dues à la réduction des sels métalliques entraînés, les sels de mercure, de plomb, d’étain , de zinc.

Nous avons vu que des assiettes de terre de pipe qui avaient servi , donnaient des taches noires, dues à du (diarbon , résultant de la décomposition des matières organiques qui s’étaient infiltrées sous la couverte de l’assiette.

ARTICLE Ht.

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