DE L’ARSENIC NORMAL
DANS LE CORPS DE l’hOMME.
De faits observés en i852 par M. Couerbe, de recherches faites par ce chimiste, faits communiqués en i853 à diverses personnes, il semblait résulter que le corps de l’homme contenait de l’arsenic à l’étal normal. Celte découverte , qui a donné lieu à de graves discussions, a été le sujet de nombreuses recherches, et aujourd’hui il semble établi , d’après ces recherches nombreuses et variées , que le corps de l’homme ne contient pas d’arsenic.
De l’arsenic peut-il provenir de ce que le sujet aurait clé soumis à un traitement arsenical , ou bien d’un empoisonnement ?
Voici ce qui a été établi à ce sujet. Si le sujet dont le cadavre serait l’objet d’un examen médico-légal avait été soumis, pendant un temps plus ou moins long, à l’usage médicamenteux de l’arsenic, et si l’on retirait une certaine quantité de ce métal des organes qui n’en contiennent pas à l’état normal, il faudrait, d’après M. Orlila , s’enquérir minutieusement de tout ce qui aurait précédé la mort ; à quelle dose, pendant combien de temps et à quelle époque l’individu aurait pris le médicament arsenical^ si la maladie à laquelle il aurait succombé serait survenue tout-à-coup et au milieu d’une santé bonne en apparence; jjar quels symptômes elle aurait été caractérisée ; qu’elles auraient été sa marche et sa durée. A tout cela devrait être jointe une exploration attentive du canal digestif et surtout de l’estomac, afin de reconnaître s’il ne serait pas phlogosé , ecchyrnosé, ramolli, durci, comme tanné, même perforé; et nul doute que la
SUPPLÉMENT AU TRAfTÉ DES REACTIFS.
mort ne dût être attribuée à un empoisonnement récent et aijju , (luaiul même i’individu aurait lait usage de petites doses d’un composé arsenical médicamenteux , quelques mois auparavant, s’il avait éprouvé les symptômes que détermine une assez forte dose d’arsenic, si l’invasion de la maladie avait été brusque et sa marche rapide; que l’on eût pu cqpsiater après la uiorl des lésions cadavériques analogues à celles (|ue développent les préparations arsenicales, et que la quantité du poison trouvé par l’analyse fût assez notablp.
On pourrait aflirmer (ju’il y a eu empoisonnement réceut et aigu , alors qu’un composé arsenical aurait été pris comme medicameal (|uel(jues mois auparavant, si l’on obtenait un nombre considérable de taches eu traitant les divers organes , quand même jjeudant la maladie , supposée de courte durée, on n’aurait observé que (|uel(iues uns des symptômes occasionnés par l’arsenic , et qu’il auiaiit été impossible de constater après la mort les lésions de tissus que produit le plus ordinairement l’acide ai-sénieux. On sait, en effet, que des malades uni péri par ce poison sans avoir éprouvé ni douleurs ni évacuations, et sans que le canal digestif fût le siège d’une altération manifeste.
Il n’en serait pas de même , si dans celle dernière espèce la quantité d’arsenic fournie par l’analyse n’était pas considérable; il lûudrait se borner à établir des présomptions d’empoisonnement.
Si le composé arsenical médicamenteux avait été administré peu rie jours avant la mort, (|ue la maladie eût été de com te durée , (lu’elle eût présenté les caractères d’un empoisonnement par l’arsenic, que l’estomac et les intestins fussent profondément altérés et la quantité d’arsenic considérable, ou pourrait affirmer qu’il y a eu empoisonnement.