CHAPITRE SIXIÈME
DES SELS
Acétate de baryte,
- de cuivre \
- de plomb \
- de plomb ( sous ) ,
Benzoate d’ammoniaque , Borate de soude ( sous ) , Carbonate d’ammoniaque (sous)
k - de polasse ,
- de polasse ( sous} ,
- de soude (sous) ,
Chlorate de potasse ,
Chromâte de potasse,
Hy d r o-c h 1 o r a te d ’a m m o n î a q u e ,
- debaryle,
- * de chaux ,
- d’étain ,
- d’or ,
- de platine,
Hydro-chlorate dépotasse, Hydriodates de potasse et de soude Hydro-cyanate ferrure de potasse,
- ferrure de soude.
Hydro-sulfate de potasse.
- d’ammoniaque.
Nitrate d’argent.
- de baryte ,
de mercure , de plomb.
Oxalate d’ammoniaque.
Phosphate de soude (sous).
Sulfate de cuivre
- decui vreet d’ammoniaque..
- de fer ( proto ).
- de fer ( per).
- de platine.
- de potasse.
— •- - de soude.
Salon.
Succmatede d’ammoniaque.
L’acétaté de Baryte n’est pas généralement employé \ il peut cependant servir pour reconnaître la présence de l’acide sulfurique de même que la solution d’eau de barite, le nitrate et l’hydro-chlorate de la même base, les précipités obtenus, quand les liqueurs essayées contiennent de l’acide sulfurique libre ou combiné, présentent les mêmes phénomènes que ceux décrits à l’article Eau de barite.
Acétate de cuivre. Ce sel a été proposé par M, Desfosses , pharmacien à Besançon , dans l’analyse des Eaux
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1Ü0 TRAITE DES REACTIFS.
sulfureuses, pour reconnaître la quantité de soufre qui y est contenue; pour cela on ajoute aux eaux sulfureuses qu’on examine , un léger excès de ce réactif qui fait complètement disparaître l’odeur sulfureuse en précipitant le soufre combiné au cuivre ; on laisse déposer le précipité brun qui s’est formé par cette addition, on le lave par des décantantions successives, on le dessèche avec soin, et le poids du bi-suîfure obtenu indique la quantité de soufre qui constituaitl’acide hydro-sulfurique contenu dans l’eau; ce moyen donne des résultats aussi exacts que ceux obtenus par le sulfure de plomb, en observant que le bisulfure de cuivre est composé de 100 de métal , est de 5o,856 de soufre (Berzelius),
L’acétate de cuivre peut être employé comme réactif pour reconnaître les solutions d’or qu’il précipite à l’état métallique : cet effet a lieu à l’aide de la chaleur.
( Proust).
L 9 acétate de plomb est employé pour reconnaître la présence de l’acide sulfurique libre ou combiné : pour cela on verse la solution de ce sel dans une solution contenant de l’acide sulfurique ou un sulfate, l’acide se porte sur le plomb, forme un sulfate de plomb pesant , insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’acide sulfurique, plus soluble dans l’acide hydro-chlorique (1).
Soumis à l’action du feu dans des vaisseaux fermés, il n’éprouve pas d’altération : chauffé sur un charbon à l’aide delà flamme du chalumeau, il se fond et l’on peut obtenir le métal réduit.
(i) La dissolution du sulfate de plomb dans racide-hjdrochlorîque , donne par évaporation des cristaux d’hydro-cldo= rate de plomb.
TRAITE DES REACTIFS l5l
Le sulfate de plomb, d’après Klaproth, est formé de 26, 3o d’acide, et de 73,70 d’oxide , 01127 ac. 73 ox. éq,s .
L’acétate de plomb démontre la présence de l’acide borique qui le décompose et forme un borate insoluble dansl’eau, celui-ci seprécipite en une poudre blanche , soluble dans l’acide nitrique sans effervescence. Ce précipité se fond au chalumeau en un verre transparent et incolore : traité par l’acide sulfurique, àl’aidede la chaleur, il se décompose, l’oxide métallique qui était uni à l’acide borique, se combine avec l’acide sulfurique, et donne naissance à du sulfate de plomb, ( dont nous avons décrit plus haut les caractères). L’acideborique mis à nu se précipite, en grande partie, sous forme de petites lames feuilletées; on les sépare aisément du sulfate de plomb , en jettant ce précipité sur un filtre , et le lavant à l’eau bouillante : le sulfate de plomb reste sur le filtre, l’acide borique passe en solution, et cristallise par refroidissement. On fait concentrer le liquide afin d’obtenir par cristallisation les dernières parties d’acide borique.
On peut employer l’acétate de plomb à reconnaître la présence des carbonates et des sous - carbonates qui le précipitent en blanc; le précipité qui en résulte ( blanc de plomb, cèruse ) , est pesant, il se dissout dans l’acide nitrique avec effervescence , et donne naissance au nitrate de plomb, dont les caractères ont été décrits précédemment. Le carbonate de plomb est composé sur 100 parties : d’acide carbonique 16,40, d’oxide 83, 60.
L’acétate de plomb peut encore être employé pour faire reconnaître les phosphates avec lesquels il donne un précipité; phosphate de plomb, composé de 20 d’acide
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et de 80 d’oxide; ce précipité est blanc, soluble dans l’acide nitrique sans effervescence. Chauffé au chalumeau sur un charbon, ce phosphate se fond et donne une odeur de phosphore , il cristallise en polyèdres par refroidissement.
Ce réactif, ainsi que le sous- acétate de plomb, peut être employé pour reconnaître la présence de l'acide hydro-sulfurique et des hydro-sulfates , et apprécier la quantité de soufre que ces composés contiennent; mis en contact avec un liquide qui les tient en dissolution , 1@ soufre s’en sépare en se combinant au métal, et forme lin sulfure de plomb qui contient sur 100 parties, 4?6? de soufre; ce précipité obtenu à l’état de dessication complète, donne directement, par son poids, la quantité exacte de soufre contenue dans le liquide ou même dans le gaz que l’on a examiné.
L’acétate de plomb est employé pour précipiter delà bile, la résine qui s’unit à l’oxide de plomb; on sépare ensuite la résine de ce précipité , en le traitant par l’acicîe nitrique faiblë.Cetacide dissout l’oxide de plomb qui était uni à la matière résineuse. Voy . à Y Appendice l’analyse de la bile.
Ce réactif sépare presque toutes les matières colorantes de leurs solutions, et produit, par les précipités qu’il forme, diverses laques de couleurs variées selon les matières colorantes sur lesquelles on agit. La matière coîo-
(1) D’après une observation de M. Hume , on devrait préférer le nitrate de plomb pour reconnaître les phosphates, parce que dans l’emploi de l’acétate de plomb, une petite quantité d’oxide de plomb se précipite en même temps que le phosphate.
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rante des roses, et principalement celle des roses dites de Provins, donne avec ce sel une belle laque verte. (Cartier).
On emploie l’acétate de plomb pour séparer les acides végétaux dissous dans l’eau , et mêlés avec différentes substances. L’oxide de plomb en se combinantàces acides, donne lieu à des sels qui doivent être d’abord lavés par l’eau, puis par l’alcool bouillant. On les délaie ensuite dans l’eau distillée, et on les décompose par l’acide hydro-sulfurique qui précipite le plomb à l’état de sulfure , et met à nu l’acide. Pour achever la séparation , il suffit de filtrer et d’évaporer la solution; le sulfure reste sur le filtre, et l’acide est obtenu sous forme cristalline, s’il est susceptible de cristalliser, ou a l’état liquide. On détermine alors sa nature par les réactifs ( Voyez la table).
On se sert avec avantage de l’acétate de plomb pour distinguer l’acide tartrique de l’acide pyro-tartrique : pour cela on verse dans une solution d’acétate de plomb, quelques gouttes de l’un de ces deux acides dont on veut reconnaître la nature; l’acide tartrique forme aVecl’oxide de plomb, une combinaison insoluble qui se précipite, tandis que l’acide pyro-tartrique ne trouble pas la liqueur.
On peut, à l’aide de l’acétate de plomb, s’assurer de la présence de l’acide sulfurique dans l’acide citrique. Il suffit pour cela de verser quelques gouttes de ce réactif dans l’acide citrique qu’on essaye, et d’examiner si le précipité obtenu est un citrate pur, ou s’il est mêlé de sulfate : le citrate est soluble dans un excès d’acide acé-
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L’acétate de plomb peut être employé pour reconnaître si la couleur de l’onguent rosat est due à la matière colorante des roses, ou à celle de l’orcanette. Pour cela on étend un peu de cet onguent sur une carte, et l’on y ajoute quelques gouttes d’acétate de plomb. Ce réactif doit donner à l’onguent essayé une couleur verte, si ce médicament est coloré par la matière colorante des pétales de roses , et ne produit pas ce changement si la matière qui a été employée pour sa coloration est l’orcanette.
M. Yogel de Munich, a proposé l’emploi de l’acétate de plomb pour reconnaître quelques matières colorantes étrangères ajoutées aux vins.
Les vins colorés par les baies de sureau , de myrtbile, ou le bois de campêche, donnent par ce réactif un précipité d’un bleu foncé.
Les vins qui tiennent leur couleur des bois de Fernambouc, de Santal, ainsi que des betteraves, donnent un précipité rouge, tandis que la matière colorante du raisin donne constamment par ce réactif un précipité verdâtre.
Le papier imprégné d’acétate de plomb offre un moyen commode d’employer ce réactif pour reconnaître la présence de l’acide hydro-sulfurique et de l’hydro-sulfate d’ammoniaque en vapeurs. Ces gaz noircissent ce papier, ce qui est dû à la formation du sulfure de plomb.
Sous-acétate de plomb. Ce sel sert à séparer le picromel de la bile : pour y parvenir, on verse un excès d’acétate de plomb dans ce produit des animaux , toute la matière jaune et la résine se précipitent unies à l’oxide de plomb, cet oxide entraîne encore avec lui les acides phosphoriquo et sulfurique qui, dans la bile, étaient
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combinés avec la soude (sulfate et phosphate de soude); on filtre la liqueur et on lave le précipité resté sur le filtre; on verse dans la solution claire du sous - acétate de plomb, une partie de l’oxide de ce sel se combine au picromel, et se dépose sous forme de flocons d’un blanc jaunâtre; on lave à l’eau froide les flocons recueillis sur le filtre; on les délaye dans l’eau, on fait passer du gaz acide liydro - sulfurique en excès dans le mélange ; le plomb se précipite uni au soufre; on filtre la liqueur, et par l’évaporation on obtient lepicromeLF oy. l’appendice.
Le sous-acétate de plomb est utile pour apprécier la quantité d’alcool contenue dans les liqueurs fermentées, (vins, bières, cidres , eaux-de-vies, etc.)*. Il sert dans ce cas à précipiter les matières extratives et colorantes qui accompagnent ces liquides ; à cet effet on ajoute, sur 100 parties du liquide à essayer, 12 parties de ce sel réduit en poudre fine ; cette addition détermine un précipité ; on remue afin que le sel soit mis en contact avec toutes les parties de la liqueur, et que la précipitation se fasse le plus complètement possible. On filtre, la matière colorante précipitée reste sur le filtre, et la liqueur claire contient l’alcool mêlé à une certaine quantité d’eau qu’on sépare en y projettantpeuà peu du sous-carbonate de potasse sec et chaud, jusqu’à ce que ce sel ne se dissolve plus : ce sous-carbonate sec s'empare de l’eau dans laquelle il se dissout , et l’alcool isolé surnage. On aperçoit alors deux couches distinctes, la couche supérieure est l’alcool seul, on peut le séparer et mesurer facilement sa quantité. Si l’on fait cette opération dans un tube gradué, on n’a pas la peine de séparer l’alcool pour en connaître la proportion , puisque les degrés marqués sur le tube n-
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diquent directement le volume de l’alcool; il suflit d’observer le nombre des divisions comprises entre la surface supérieure , et l’autre surface commune aux deux cou» ches ; il faut dans cette opération avoir égard à la température. Il serait plus convenable d’employer lalilharge qui a, ainsi que le sous-carbonate du plomb, la propriété de décolorer les liqueurs fermentées, et présente sur ce sel l’avantage de ne pas apporter d’acide dans cette opération (GayLussac).
Nous avons cru devoir joindre ici une table par ordre alphabétique, des quantités approximatives (1) d’alcool contenues dans différons vins et autres liqueurs fermentées; dans cette table l’alcool est supposé à une densité de 845, l’eau étant 1000, et équivaut à 0,92 d’alcool absolu. Les nombreuses analyses dont nous donnons ici les résultats, sont dues à M. Brande.
(x) On sait au reste que diverses circonstances telles que les variations de l’atmosphère, le sol,, l’exposition ,1a culture, etc. 9 font varier la composition de ces divers liquides.
TRAITÉ DES REACTIFS.
Noms des vins.
Proportions d’alrool sur ioo parties en volume.
Noms dps vins.
Proportion d'alcool su r ioo parties eu volume.
Vind’Alba-Flora,
Ale de Barton (bière), Ale d’Edimbourg ,
Ale de Dorrhester ^ Vin de baies de sureau ,
- B a rsa c,
- Bordeaux,
- Bourgogne ,
- Bu relias,
Biète lot te ,
Vin de Calcavella,
- Cap , muscat ,
- Cap Madère,
- Champagne,
- . — /</, mousseux ,
- CH iras,
- Colares,
- Constance, blanc,
- Côte Rôtie,
Cidre (le plus spiritueux) ,
- (moins spiritueux),
- de poires ,
Eau-de vie ,
- de grains ,
Vin de Frontignau ,
— — Gra \ e ,
- groseilles,
- (à maquereau) ,
Eau-de-vie de genievre.