‹ Traité élémentaire des réactifsChapitre 26 sur 69 · I%TO · texte numérisé non relu

I%TO

2o,55. j ir,P4J

V ins de l’HÔrmitagc , rouge , t2,3 2.

- - — — blanc , 17.48.

- Hock (do Rhin) , 12,08.

Hydromel, 7 82.

Vin de Lacryma-Chrisli , 1 9 s7°*

- Lisbonne, ib,94*

- Lissa , 20,41.

- Lunel , i5,52.

- Madère, 22,25.

— - Madère, rouge, 20, o5.

- Malagn , 17,26.

- Malaga (de t666), 18 9t.

- Ma Ivpisie de M idère , 16,40.

- Marsala, 25,54.

— - Nice,

Vin d Orange (fait à Londres), 1 1 ,26. Porter (de Londres) , 4,20.

Petite bière (de Londres), 1,28.

Vin deVidooie, 19,26.

Wiskey (d'Irlande) , 53.90.

Vin de raisin sec , 26.12.

- raisin , ‘ 1 8, 1 1.

- Rotissillon, 1.8, j o

Rhum, 53,68.

Vin de Syracuse, ,J-2 •

- S interne, 14,^2.

- ÏVnériflè , 19.7g.

- Tinto, 13,00.

- Tockai, 91,88.

Procédé de Brande pour préparer le sous-acétate de plomb Remployé à déterminer la quantité d’alcool existant dans less vins. On prend 10 parties de lilharge calcinée et pulvérisée , 10 parties d’acétate de plomb cristallisé ; 200 parties d’eau; on fait bouillir pendant 20 minutes, on concentre ce liquide par évaporation à moitié , et l’on garde dans un vase bien plein et bien bouché.

On emploie le sous-acétate de plomb pour distinguer la mucus de la gélatine animale; la première de ces subs-

tances est précipitée par ce sel sous forme floconeuse ,

tandis que la seconde ne l’est pas.

Benzoate cl’ ammoniaque. Ce sel est employé pour séparer le fer du manganèse, pour cela on fait dissoudre le sel triple de fer et de manganèse, et l’on y verse du benzoate d’ammoniaque en excès : le fer est précipité à l’état de benzoate de fer (insoluble) , tandis que le manganèse reste dissous : il faut aroir soin que la solution de ces deux métaux soit neutre, si elle contenait un excès d’acide , elle pourrait retenir une certaine quantité de fer, et la séparation serait incomplète. Le benzoate de fer étant facilement décomposable par la chaleur , on obtient, en le chauffant, î’oxide de fer.

Le Benzoate d’ammoniaque peut servir à séparer le fer de ses combinaisons avec le nickel et le cobalt; ce moyen d’analyse est aussi fondé sur la propriété qu’ont ces deux derniers métaux de former avec l’acide benzoïque des benzoates solubles , tandis que la combinaison de cet acide avec le fer est insoluble et se précipite; on préfère cependant employer d’autres moyens de séparation , parce qu’ils sont plus économiques et tout aussi exacts.

Sous-borate de soude (borax). Ce sel est employé à l’état concret pour séparer des mélanges gazeux les gaz acide sulfureux et hydro-chiorique ; ces deux gaz étant les seuls qui soient absorbés par le sous-borate de soude, du moins on n’en connaît pas d’autres que ce sel puisse séparer ainsi. Cette propriété donne aux borax une grande utilité dans l’analyse des gaz.

Le borate de soude vitrifié sert à faire connaître particulièrement, à l'aide du chalumeau ( i) , les oxides mé

(i) Voyez au chapitre, des Appareils } ia description de cet instrument, ci les procèdes y relatifs.

TRAITÉ DES REACTIFS. l5g

talliques avec lesquels il forme des verres diversement colorés. Nous avons cru devoir présenter ici le tableau de quelques-unes de ces colorations.

L’oxide de chrome, de cobalt ,

- de cuivre,

- d’étain ,

- de fer,

- de manganèse ,

- de nickel,

Le colore en vert émeraude.

- bleu intense.

- vert clair.

- opale.

- — vert bouthe ou jaune

- violet.

— — - vert-poireau.

Si l’on chauffe fortement le borax avec l’oxide de nickel il donne un globule rouge-hyacinte.

Les oxides métalliques blancs ne le colorent pas, cependant quelques-uns d’eux fondus avec ce sel lui font prendre une couleur jaune; les oxides d’antimoine d’argent sont de ce nombre.

Sous-carbonate cl9 ammoniaque. La solution de ce sel est employée pour séparer la glucine de l’alumine; on verse dans une solution de glucine et d’alumine du sous-carbonate d’ammoniaque par petites portions, jusqu’à ce qu’il y en ait un excès. Les deux oxides métalliques sont précipités, mais celui de glucinium est redissous par un excès de sous-carbonate, on laisse en contact pendant plusieurs jours, en agitant de temps en temps, puis on filtre; l’alumine reste sur le filtre, et la glucine passe en solution dans la liqueur; on fait chauffer , l’excès de sous-carbonate d’ammoniaque se volatilise, et l’oxide se précipite. On recueille le précipité qui, lavé, séché et calciné donne de la glucine pure (oxidede glucinium).

On peut appliquer le mêmeprocédé pour séparer l’yt— tria de l’alumine, si l’ytlria était accompagnée de cérium

lÊh TRAITE DES RÉACTIFS.

comme dans Vyttro-cérite , elle ne pourrait pas être obtenue à l’état de pureté en raison de la solubilité du cérium dans le sons-carbonate d’ammoniaque ; c’est pourquoi il faut employer un autre réactif. ( V oy . sulfate de potasse).

Brugnatelli a proposé le sous-carbonate d’ammoniaque pour reconnaître la présence des acides nitrique et bydr o ehlorique dans Facide sulfurique du commerce. Il saint pour cela de présenter à la surface de cet acide un tube trempé préalablement dans une solution de souscarbonate d’ammoniaque , il se produit un nuage qu’on aperçoit à la surface , si l’un ou l’autre de ces acides est mélangé à l’acide sulfurique.

M# Lonchamp a proposé ce sel pour séparer la chaux àe ta magnésie, il croit ce moyen plus exact pour déterminer le rapport de ces deux oxides contenus dans beaucoup de minéraux. Pour celail transforme les deux oxides en sels solubles , et verse dans leur solution du souscarbonate d’ammoniaque liquide en excès; la chaux est précipitée à l’état de carbonate , tandis que la magnésie reste en dissolution , il chasse le sous-carbonate d’ammoniaque par PébuIIilion , et le sous-carbonate de magnésie se précipite. On lave le précipité, on le fait sécher, on le calcine , et l’on obtient la magnésie qui retient cependant encore un peu de chaux.

Le sous-carbonate d’ammoniaque précipite comme les autres carbonates alcalins , un grand nombre de combinaisons salines ; on peut les reconnaître par les caractères physiques que présentent les précipités et les substances auxquelles ils appartiennent; mais le chimiste ne peut pas se fier seulement à ces caractères; il doit constater leur

TRAITÉ DES REACTIFS. ïGï

nature par les moyens chimiques les plus précis, la calcination, la combinaison avec les acides, etc.; par ces moyens , il obtient des oxides ou des sels; ces derniers donnent surtout des notions certaines sur les carbonates qui ont été précipités, et qui ont servi à leur donner naissance.

Carbonate de potasse neutre , bi-carbonate de potasse, La solution de bi-carbonate de potasse, a été conseillée pour séparer la chaux de la magnésie , après avoir converti en sels solubles ces deux bases, on verse dans Leur solution du bi-carbonate de potasse; la décomposition des sels s’opère en vertu des affinités doubles; mais comme le carbonate de magnésie est plus soluble, i! reste en solution tandis que le carbonate de chaux se précipite presqu’en totalité ; en exposant à l’action de là chaleur, la solution qui contient le carbonate de magnésie, elle se trouble et laisse déposer ce carbonate que Lob recueille sur un filtre.

Sous - carbonates alcalins 9 de potasse de soude , etc. Ces sels qui précipitent toutes les solutions salines , dont l'oxide peut s’unir à l’acide carbonique, sont employés particulièrement pour précipiter les oxides métalliques à l’état de carbonates, de leurs comb inaisons salines.

Ces précipités ont pour caractères généraux d’être dé-

composables par les acides, avec une effervescence causée par un dégagement d’acide carbonique, et de donner naissance à des sels divers, suivant la nature de l’acide et du carbonate.

Les carbonates sont presque tous. décomposés par l ac tion de la chaleur ( Voyez ce chapitre), mais à des températures et avec des phénomènes différens, le carbonate

1Ô2 TRAITÉ DES REACTIFS.

de chaux se décomposeau rouge blanc; les carbonates de magnésie 9 de zinc, le proto-carbonate de fer et de manganèse au rouge-cerise ; la plupart des autres à une température bien moins élevée ; il en est d’autres qui ne sont décomposés qu’en partie par l’action de la chaleur, ou qui sont indécomposables par ce moyen directement. Le carbonate de baryte, par exemple, n’est, décomposé que par le concours de la vapeur d’eau dont on fait passer un courant sur le carbonate; celui-ci est contenu dans une petite cuiller de platine que l’on a introduite dans un tube de porcelaine , et qui est chauffé à la température du rouge-cerise ; dans ce cas, il y a formation d’hydrate d’oxide de barium, et dégagement d’acide carbonique.

TRAITÉ DES REACTIFS.

Tableau des précipités obtenus de diverses solutions métalliques , à l'aide des sous-carbonates de soude ou de potasse (1).

D os solutions d’alumine , - d’argent,

- debarite,

- de bismuth,

- céi ium ,

- chaux,

- cobalt,

- cuivre ,

- fer ,

■ glucine ,

- yttria ,

- manganèse,

• magnésie,

■ plomb ,

- slrontianc ,

- titane, urane ,

■ zinc ,

■ zircone ,

blanc floconeux.

blanc ; il noircit par l’action de la lumière, et instantanément par l’acide hydro-sulfuriqu e.

blanc, pulvérulent, soluble dans l’acide nitrique.

blanc, noircit par rhydrogénc sulfuré.

grenu , blanc argentin, blanc , v iolâtre.

vert-pomme, jaune ou brunâtre, blanc.

blanc pulvérulent, blanc rosé.

blanc , léger , floconeux.

blanc , pesant , noirci par le contact de l’hydrogène sulfuré, blanc , pesant, blanc jaunâtre, blanc (2), blanc, blanc.

(1) Plusieurs métaux , précipités de leurs solutions par les sous-carbonates alcalins , ne donnent pas de carbonates, mais bien des oxides; l’ètain , l’antimoine , et l’alumine sont de ce nombre. Cependant, ce dernier oxide laisse dégager un peu d’acide carbonique lorsqu’on le calcine.

(2) L’urane, séparé de scs solutions par les alcalis , donne un précipité jaune.

La couleur blanche qu’affectent le plus grand nouibre des carbonates ne permettrait pas de les distinguer par ce caractère physique. Nous avons cru devoir rapporter les caractères chimiques qui peuvent résulter de la décomposition de ces précipités , soit par la calcination s soit à l’aide d’un acide. ( Nbiil choisirons pour exemple V acide nitrique ).

EXAMEN foE CES PRECIpItÉs; ,

Précipité cC alumine : Ce précipité calciné diminue graduellement de volume, en raison de l’élévation de la température; c’est sur ce fait que le pyromètre de Wegwood est fondé; ce précipité, encore humide, traité par un excès de potassé , se dissout dans cet oxide.

Par la calcination , le carbonate d’argent est réduit complètement, et donne de l’argent métallique.

Le carbonate de baryte , sans la vapeur d’eau, ne se décompose pas par la chaleur, mais devient phosphorescent.

Par la calcination, le carbonate de bismuth donne un oxide jaune, fusible à la température du rouge-cerise.

Le carbonate de cèriuiri est converti en un oxide brunrougeâtre.

Le carbonate de chaux en oxide de calcium (chaux vive) qui, trempé dans l’eau, l’absorbe vivement, se délite, dégage une vive chaleur, absorbe vivement l’acide carbonique de l’air atmosphérique, verdit fortement le sirop de violettes, le papier de mauves, et fait passer au rouge le papier coloré en jaune par le curcuma.

Le carbonate de cobalt passera l’état d’oxide noir, cc-=

TRAITÉ DES REACTIFS. iG5

iui-ci chauffe au chalumeau avec du borax donne un verre d’une couleur bleue très-intense.

Le carbonate de cuivre est converti en un oxide noir à la température du rouge-blanc.

Le carbonate de fer, en oxide de fer de copieur rouge.

Le carbonate de glucine, en oxide de glucinium blanc, pulvérulent, qui, avec les acides, forme des sels sucrés.

Le carbonate d’yttria, en oxide blanc.

Le carbonate de manganèse, en oxide de couleur noire.

Le carbonate de magnésie en un oxide blanc, léger, ( magnésie caustique) , qui verdit de sirop de violettes et la teinture de mauves.

Le carbonate de mercure, en un oxide qui, à une tempéralure plus élevée est réduit, et le métal se volatilise.

Par la calcination , le carbonate de plomb est changé en oxide jaune pâle.

Le carbonate d’urane est converti en un oxide d’une couleur grise tirant sur le noir.

Le carbonate de zinc, en un oxide blanc, fixe à un trèshaut degré de température.

Le carbonate de zircone, en un oxide blanc fixe, oxide de zirconium.

Tous ces résultats peuvent être obtenus très-rapidement à l’aide du chalumeau. ( V oyez le chapitre où sont décrits les instrumens et les préparations).

Ces carbonates traités par l’acide nitrique donnent des sels particuliers qui, parleurs forme, couleur, saveur, etc , etc. , peuvent faire reconnaître les oxides auxquels ils appartiennent. Nous rapporterons ici les caractères les plu* saillans de ces sels.

l66 TRAITE DES REACTIFS.

Traité par l’acide nitrique, le précipité obtenu d’une solution d’alumine donne un sel, ( nitrate d’alumine ), astringent déliquescent , facilement décomposable par le feu , incristallisable ; par l’évaporation il se prend en une masse visqueuse.

Le carbonate d’argent forme un sel, (nitrate d’argent), âcre, très-caustique, soluble dans l’eau, cristaîlisable en lames minces et larges, de formes indéterminées ; il se boursouffle à une légère chaleur, perd son eau de cristallisation, éprouvela fusion ignée, se prend par le refroidissement en une masse remplie d’aiguilles cristallines , décomposable à la chaleur rouge , et réductible en métal pur. La solution de nitrate d’argent mise sur la peau y produit des taches violettes qui passent au noir, et qui ne disparaissent qu’après le renouvellement de l’épiderme.

Par l’action de l’acide nitrique, le carbonate de baryte donne un sel, nitrate de baryte , âcre, inaltérable à l’air, cristaîlisable en octaèdres, demi-transparent, saris eau de cristallisation ; il décrépite au feu , entre en fusion à la chaleur rouge, est décomposé, et laisse l’oxide de barium pour résidu. Une partie de nitrate de baryte dissoute dans 5ooo parties d’eau distillée donne , par l’addition d’une goutte d’acide sulfurique, ou d’une solution d’un sulfate , un précipité insoluble dans l’eau et dans l’acide nitrique concentré.

Le carbonate de bismuth donne un sel, nitrate de bismuth , très-stiptique , décomposé par l’eau en nitrate acide et en oxide blanc retenant un peu d’acide, sous nitrate de bismuth. Le nitrate de bismuth rougit la teinture

de tournesol , cristallise en prismes allongés»; sa soin-

TRAITÉ DES REACTIFS. 167

tion est précipitée en brun par l’acide hydriodique ou par un hydriodate alcalin, en noir par l’hydrogène sulfuré et par un hydrosulfate.

Le carbonate de cérium donne un sel, nitrate de cérium , blanc, piquant, sucré , qui rougit le papier bleu de tournesol ,est déliquescent et incristallisable.

Le carbonate de chaux forme un sel, (nitrate de chaux), très-âcre, déliquescent, l’un des sels les plus 9olubles, difficilement cristallisable (excepté dans l’alcool) , phosphorescent après qu’il a été calciné; sa solution est précipitée par l’oxalate d’ammoniaque en une poudre blanche, (oxalatede chaux) qui, suspendue dans la liqueur, a une apparence nacrée.

Le carbonate de cuivre donne un sel, nitrate de cuivre , bleu , âcre, caustique, un peu déliquescent, cristallisable en parallelipipèdes , passant au bleu verdâtre par un excès d’acide; sa solution est précipitée en brun maron par l’hydrocyanate ferruré de potasse : le précipité obtenu est un hydrocyanate de cuivre.

Le carbonate de fer donne un sel, nitrate de fer , incristallisable; une portion de l’oxide en s’emparant d’une partie de l’oxigène de l’acide nitrique, passe à l’etat de tritoxide rouge qui se précipite.

La réaction de l’acide nitrique sur le carbonate de glucine donnelieu à un sel, nitrate de glucine , sucré , un peu astringent, décomposable par le feu, déliquescent, qui rougit la teinture de tournesol, dont la solution rapprochée se prend en une masse pâteuse, sans apparence de cristaux.

Le carbonate d’yttria forme un sel, nitrate dy yttria , semblable au nitrate de glucine; mais qui en diffère ce-

lf>& I TRAITE DES REACTIFS.

pendant en ce qu’il donne, par une addition d’acide sulfurique, un précipité cristallin de sulfate d’yttria.

Le carbonate de magnésie donne un sel, nitrate de magnésie , amer, déliquescent, cristallisable en petites aiguilles, quelquefois en prismes rhomboïdaux, susceptible de former un sel triple avec le nitrate d’ammoniaque : nitrate ammoniaco magnésien.

Le carbonate de manganèse produit un sel y nitrate de manganèse , très-soluble , 'difficilement cristallisable, qui se décompose par la calcination ; l’oxide résultant de cette décomposition absorbe une nouvelle quantité d’oxigène avec dégagement de lumière. (Schéele. )

Le carbonate de mercure donne lieu à la formation du nitrate de mercure qui est âcre , en cristaux transparens, formant deux pyramides tétraèdres appliquées base à base et à angles tronqués; ce sel, dissous dans l’eau, estprccipite en gris par l’ammoniaque: sa solution tache l’épiderme en noir; exposé sur des charbons ardens, ce nitrate fuse en donnant une flamme vive et blanche, et répandant des vapeurs susceptibles de blanchir une lame de cuivre qu’on met en contact avec elles.

Le carbonate de plomb se dissout avec effervescence et produit un sel, nitrate de plomb , blanc, opaque, sucré, pesant, inaltérable ù l’air, soluble dans huit fois son poids d’eau à i5°, cristallisable en tétraèdres anhydres, à sommets tronqués, il décrépite sur les charbons, en s’y décomposant; sa solution est précipitée en noir par l’hydrogène sulfuré, et en jaune brillant par l’hydriodate de potasse.

La réaction de l’acide nitrique sur le carbonate destrontfcme forme un sel, nitrate de strontiahe , piqùant, peu

âcre, êoluble dans son poids d’eau à i5ù et moitié de son poids d’eau bouillante , cristallisable en octaèdres ou en prismes, efîlorescent, fusible à la chaleur rouge , susceptible de se décomposer, laissant pour résidu de l'oxide de strontium ; ce nitrate, dissous dans l’alcool, donne à ce ■véhicule la propriété de brCder avec une flamme pourpre.

Le précipité de titane produit un sel, nitrate de titane , blanc, acide, facilement décomposable par la chaleur, cristallisable en tables hexagones; sa solution est précipitée en jaune orangé par l’hydrocyanate ferrure de potasse et par l’infusion de noix de galies.

Le carbonate d’urane forme un proto-nitrate susceptible de donner des cristaux de couleur vert poireau ; le deuto-nitrate est soluble, cristallisable, susceptible d’éprouver la fusion aqueuse, desséché, il passe a l’état de sous-nitrate jaune et se décompose en entier par l’action continuée de la chaleur : sa solution est précipitée en jaune par les alcalis caustiques.

Le carbonate de zinc produi t un sel , nitrate de zinc, incolore , très-styptique, soluble, déliquescent, cristaflisable en prismes à quatre pans terminés par des pyramides quadranguîaires.

La réaction de l'acide nitrique sur le carbonate de zircone donne un sel , nitrate dezircone , astringent, incristnllisable, dont la solution rapprochée se prend en unemasse transparente , visqueuse, soluble à l’aide d’un excès d’acide nitrique. Celte solution est précipitée par le carbonate d’ammoniaque , dont un excès redissout le précipité.

Ces nitrates, par leurs caractères particuliers , présentent entre eux, comme on le voit, des différences

i;g traité des réactifs.

qui suffisent pour les faire reconnaître et déterminer ; par conséquent, les carbonates qui les ont produits en cédant leur base à l’acide nitrique.

On peut employer le sous-carbonate de potasse pour distinguer une solution de baryte d’une solution de strontiane. Pour cela , on yerse dans la solution à essayer du sulfate de soude en excès, on filtre la liqueur : si c’est une dissolution de baryte, elle restera claire lorsqu’on y ajoutera du sous-carbonate de potasse ; le contraire aura lieu, si c’est une solution de strontiane, elle se trouble à la longue, et il se forme un précipité.

Chlorate de potasse .

Ce sel est employé pour convertir, dans les soudes ou potasses qu’on veut essayer, les sulfures en sulfates. On s’en sert aussi dans l’analyse des substances végétales suivant le procédé de MM. Gay-Lussac et Thénard. Voyez le chapitre de l’application des réactifs à l’analyse.

Chrômate de potasse .

Ce sel est employé avec avantage pour reconnaître quelques solutions métalliques avec lesquelles il forme des précipités diversement colorés suivant les oxides qu'elles contiennent

La solution de plomb essayée par ce réactif, donne un précipité , chrômate de plomb , insoluble dans l’eau et d’une belle couleur jaune; il est vrai que cette couleur peut varier; elle dépend non-seulement <du degré d’oxidation du métal, mais encore de la concentration de la liqueur et du degré d’acidité du sel. Le chrômate de plomb est d’une couleur jaune brillante, si ce sel est précipité d’une solution neutre ; jaune orangé , s’il est avec excès d’oxide: et citron pâle, si laliqueur estavec excès d’acide.

TRAITÉ DES REACTIFS.

On peut reconnaître ainsi la plus petite quantité de plomb contenue en solution dans un liquide : il suffit de placer sur un morceau de porcelaine blanche une goutte de solution de chrômate de potasse, et d’observer, en y mêlant une goutte du liquide à essayer, si la transparence est troublée et s’il y a coloration en jaune. Cette méthode peut au reste s’appliquer à beaucoup d’autres essais analogues lorsque l’on ne peut agir que sur de très petites quantités.

Le chrômate de plomb , sur 100 parties , contient :

Aride rlfiôrnique . 34-,9 Oxide de plomb. , 65, i

| Vauquelin ou

Le proto-nitrate de mercure est précipité par le chrômate de potasse : le précipité est d’une belle couleur rouge; chauffé dans un creuset de platine , le mercure se volatilise. L’oxide de chrome qu’on obtient en résidu est d’une belle couleur verte. ( Vauquelin. )

Ce réactif précipite aussi l’argent en pourpre foncé : ce précipité, chrômate cl’ argent, chauffé comme celui obtenu avec le mercure , ne donne pas un résidu d’oxide de chrome pur, mais bien un mélange de cet oxide et d’argent métallique.

Hydrochtorate d’ ammoniaque.

Ce sel est employé pour reconnaître, dans une solution, la présence du platine qu’il précipite à l’état de sel triple : ce précipité a pour caractères distinctifs d’être peu soluble dans l’eau, décomposable par la chaleur, en laissant pour résidu du platine métallique sous forme spongieuse, d’où lui vient le nom de platine en éponge ou en mousse. Sous cette forme', le platine présente la pro-

priété tîe s’échauffer jusqu’au rouge, lorsqu'on lui fait rencontrer dans l’air un courant d’hydrogène sec. (Dobeireincr. ) Cette propriété n’est pas constante, elle se perd dans plusieurs circonstances et particulièrement lorsque la mousse de platine est tenue pendant quelque temps au milieu d’un courant d’air. On la lui rend de plusieurs manières, et surtout par la réaction de l’acide nitrique et en la chauffant au rouge et la laissant refroidir dans un yase fermé; elle se conserve d’autant mieux que la mousse est à l’abri des courans d’air dans un flacon bien bouché. On opère la décomposition du sel triple de platine et d’ammoniaque en le chauffant au rouge dans un creuset : l’hydro-chlorate d’ammoniaque, l’oxigène et l’acide hydro-chlorique se dégagent et le platine reste seul; l’hydro-chlorate d’ammoniaque entraîne avec lui, en se sublimant, une petite portion de fer lorsqu’il s’en trouve dans le précipité; si on recueille ce produit volatil, on trouvera en l’examinant que c’est un muriate d’ammoniaque et de fer, (fleurs ammoniacales martiales) , Le résidu resté dans le creuset est comme nous l’avons déjà dit, le platine en mousse. L’hydro-chlorate d’ammoniaque est employé pour séparer l’alumine de sa solution dans la potasse : son action, dans ce cas, résulte de la combinaison de l’acide hydro-chlorique avec la potasse ; l’ammoniaque mise à nu se dégage, et l’alumine qui n’est pas soluble dans l’hydro-chlorate de potasse se précipite,

L’hydrochlorafe d’ammoniaque, réduit en poudre fine ,est employé pour reconnaître la présence de la chaux dans le sucre : à ceteffet, on pulvérise le sucre que l’on veut examiner, on le mêle à parties égales* avec dumurialed’ammo-

niaque en poudre, on introduit ce mélange dans une petite cornue ou dans un tube de verre fermé par un bout, et Ton chauffe doucement; si le sucre contient de la chaux, il v a dégagement d’ammoniaque , ce que l’on reconnaît à l’odeur et mieux encore à l’aide d’un papier de dahlia ou de mauves ou bien encore de tournesol rougi. Trempés dans l’eau ; les deux premiers verdissent par le contact de l’ammoniaque ; celui de tournesol est ramené au bleu. On détermine aussi la présence des vapeurs ammoniacales, en présentant au-dessus du tube une petite baguette de verre imprégnée d’une solution d’hydro-chlorate de platine, on voit le précipité d’hydro-chlorate double se former par stries jaunes opaques sur la baguette, s’il y a dégagement d’ammoniaque. (Lassaigne. ) Si ces changemens n’ont pas lieu , on en peut conclure que le sucre ne contenait pas de chaux , puisqu’il n’y a pas eu dégagement d’ammoniaque.

Hyclro-chlorate de baryte .

Ce sel sert de réactif comme la baryte et les sels solu-

blés pour reconnaître la présence de l’acide sulfurique. Il a été prescrit légalement pour constater la présence de cet acide dans les vinaigres du commerce ; mais il peut induire en erreur les personnes qui n’ont pas l’habitude des’en ser^ vir, car il est également précipité par les vinaigres qui contiennent du tartre (i) ; il ne faut donc prononcer affirmativement que lorsque l’on a séparé le précipité, et qu’il présente les caractères que nous avons décrits. Ces ca~

(0 Les vinaigres contiennent toujours une petite quantité de tarir» te et de sulfate de potasse. On ne peut bien juger que par la comparaison avec de* vins du même pays.

1 7 4 TRAITÉ DLS R É A CT J F S .

factures sont un poids spécifique considérable, l'insolubilité dans beau, dans l’acide nitrique, d’être indécomposable au feu à une haute température; de passer ù l’état de sulfure lorsqu’on le chauffe avec du charbon, etc. Les sels végétaux ne présentent, pas les mêmes caractères : en effet, ils sontdécomposables par la chaleur, et donnent lieu à du carbonate de baryte, soluble dans l’acide nitrique avec effervescence et aux produits volatils que l’on obtient de la décomposition des végétaux, eau , acide acétique, hydrogène carboné, etc. , etc.

Nous essaierons d’indiquer ici la manière de déterminer la quantité d’acide sulfurique contenue dans un vinaigre ou dans quelque autre liqueur acide, telles que le suc de limons, de citrons, l’acide acétique concentré , etc. : on verse dans îoo parties de ce liquide de la solution d’hydro-chlorate de baryte jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité; on laisse déposer, on filtre, en ayant le soin de faire d’abord passer, sur le filtre qui doit recevoir le précipité, une certaine quantité du liquide clair; on y verse ensuite le dépôt de sulfate de baryte. Sans cette précaution, le précipité passerait en partie, et la liqueur, quoique filtrée, ne serait pas limpide (i). Le précipité, étant réuni sur le filtre, on le lave le plus exactement possible, on le fait sécher parfaitement, on le pèse , et comme l’on sait que 55,9 d’acide sulfurique exigent pour leur saturation 66, î d’oxide de barium, et produisent îoo parties de sulfate, par la quantité de sulfate obtenue, on reconnaît la quantité d’acide sulfuri-

(i) On peut ont oie faire bouillir ie préi ipjlé pendant <j ucbjuc temps pour c\ ilcr cet inconvénient.

TRAITÉ DES REACTIIS. l~5

que libre ou à l’état de combinaison contenue dans le liquide qu’on examine (1).

L’hydro-chlorate de baryte peut démontrer la présence de —Vrr d’acide sulfurique ou solution dans un liquide. L’acétate de plomb est 10 fois moins sensible; le nitrate de plomb , le muriate de strontiane le sont encore moins. Quand l’acide sulfurique est à l’état de combinaison, le muriate de baryte est 1 1 fois moins sensible même après 2 ou 3 heures de réaction. Suivant Bergman, une solution de muriate de baryte découvre immédiatement — j R d’acide sulfurique combiné ou —\tî en 2 ou 3 heures. Le même réactif, au bout de 24 heures, indique une partie de sulfate de chaux dans 6000 parties d’eau. (Extrait de l’examen du Traité des Réactifs par M. Brande. )

Hydrochlorate de strontiane,-

L’acide sulfurique mêlé à l’acide borique est séparé par le muriate de strontiane, qui ne précipite pas ce dernier, tandis qu’il forme avec le premier un sel insoluble.

Hydro-chlorate de chaux.

Ce sel calciné, converti en partie en chlorure de cal-

(1) M. Delonchamp a lu dernièrement à l’Institut un mémoire sur les inexactitudes des analyses chimiques , dans lequel il dit que l’on doit donner la préférence au muriate de baryte sur le nitrate , parce qu’une partie de ce dernier sel est entraînée dans la précipitation avec le sulfate de baryte; il ne peut être dissous malgré des lavages réitérés. Cependant, en général, quand on emploie le muriate de baryte pour précipiter l’acide sulfurique , il faut faire bouillir avec l’acide nitrique le précipité, le laver , le faire sécher et calciner, afin de séparer les phosphates , nialates , tartralcs , e le.

i;6 TRAITE DES REACTIFS.

cium (1] , est employé pour dessécher les gaz, et reconnaître la quantité d’eau qu’ils contiennent.

On r emploie aussi pour enlever l’eau a l’alcool en rai» »on de son affinité prédominante pour le premier liquide.

L’hydro-chlorate de chaux sert à reconnaître l’acide oxalique et les oxalates solubles, avec lesquels il donne un précipité d’oxalate de chaux, nacré, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide nitrique sans effervescence, susceptible d’être réduit par la chaleur en carbonate ou en oxide de calcium.

On l’emploie pour précipiter le tartrate neutre de potasse. yV oyez la préparation de l’acide lartrique, chapitre des préparations.)

Hydro-chlorate de potasse.

Ce sel est d’une grande utilité pour distinguer l’acide citrique de l’acide tartrique, acides qui ont entre eux une grande analogie et qui pourraient être vendus l’un pour l’autre. L’acide citrique ne décompose pas la solution de ce sel, tandis que l’acide tartrique la décomposant, donne lieu à des cristaux de crème de tartre, (tartrate acidulé de potasse), qui se précipitent instantanément dans le liquide, sous forme de petits cristaux brillans et Irons pare ns. Cet effet n’a pas lieu avec l’acide citrique pur. C’est un excellent moyen de reconnaître une fraude que peut encourager la grande différence de prix entre ces deux acides.

Hydro- ch l orale d* étain.

L’hydro -chlorate d’étain est employé pour reconnaître

(1 V<*Tr£ b« unie sur 1rs < libw tires , rha'-rlre- iri‘.

TRAITÉ DES REACTIFS. I77

l’acide molybdique qu’il précipite en bleu de ses solutions. (On peut aussi reconnaître les solutions d’étain à l’aide du molybdate de potasse qui j détermine un précipité de même couleur (i).

Ce sel est un réactif très-sensible pour reconnaître le platine ; il produit dans les solutions de platine un précipité de couleur jaune orangée. Ce précipité , chauffé fortement, est réduit à l’état de platine métallique qui , mêlé avec un peu d’étain, reste sous forme spongieuse d’une couleur grisâtre , (platine divisé). Ce métal n'est pas réduit en culot à cause de son infusibilité. ( Chenevix. )

On emploie aussi l’hydro-chlorate d’étain pour reconnaître la solution de perclilorure de mercure qu’il précipite en brun foncé. Le précipité, lavé, séché, mis sur des charbons incandcscens , laisse volatiliser le mercure dont on peut retenir une partie sur une lame de cuivre décapée qu’on met en contact avec la vapeur, et qui se trouve blanchie par le mercure condensé.

Versé dans une solation neutre de palladium, le muriate d’étain donne un précipité d’une couleur brune foncée qui diffère du précédent en ce que si l’on ajoute un excès d’hydro-chlorate d’étain le précipité disparaît, et la liqueur éclaircie prend une belle couleur verte-émeraude.

Ou peut encore s’en servir pour reconnaître la présence de l’albumine : cette substance forme avec l’hydro-chlo-

(ï) Cette propriété peut faire reconnaître les acides muriatiques du commerce qui ont été blanchis avec de l’étain. Cet effet est dû à la clcsoxidation du fer à l’aide de l’étain.

J7& TRAITÉ des réactifs

rate d’étain un précipité blanc floconneux ; mais cette réaction est moins sensible que celle du perchlorure de mercure qui démontre la présence de o,ooo5 d’albumine contenue dans un liquide.

Ce réactif s’emploie pour démontrer la présence du tanin , avec lequel il forme un précipité blanchâtre,, floconneux, qui, lavé, brunit lorsqu’il reste exposé à l’air; mis sur les charbons ardens il se décompose, et donne les produits de la combustion des matières végétales; il laisse pour résidu l’oxide d’étain.

Hydro - chlorate d’or. ( Chlorure d* or. )

Ce sel est employé pour reconnaître la présence des huiles essentielles dans les eaux distillées. ( Voyez Huiles essentielles. )

Il sert à faire reconnaître la solution de proto-sulfate de fer et réciproquement : ces sels sont décomposés, il se forme de l’hydro-chlorate de fer, l’or se précipite à l’état métallique sous forme d’une poudre brune; cette poudre, frottée sur un corps dur, laisse apercevoir la belle couleur jaune qui caractérise ce métal. On lave ordinairement l’or ainsi précipité avec un peu d’acide hydro-chlorique pour enlever les dernières portions de fer, on épuise avec de l’eau distillée, on fait sécher, et l’on obtient de l’or pur.

Le muriale d’or est employé pour reconnaître les solutions d’étain avec lesquelles il forme un précipité d’une belle couleur pourpre; mais qui varie d’intensité, suivant le degré d’oxidation des sels d’étain; la plus belle couleur des précipités d’étain parle muriate d’or, pourpre de Cassius , s’obtient de la solution muriatique du

TRAITÉ DES REACTIFS. 1^9

protoxide d’étain étendue de beaucoup d’eau. ( Voyez Etain. )

Hydro-chlorate de platine. ( Mariale de platine , chlorure de platine. )

Ce réactif est utile pour distinguer la potasse et les différens sels qu’elle forme avec les acides, de la soude et des différens sels de soude. Les solutions de potasse , lorsqu’elles ne sont pas trop étendues d’eau , précipitent l’hydro-clilorate de platine. Cet effet est dû au peu de solubilité du sel double, hydro-chlorate de platine et de potasse, qui se précipite, tandis que le sel de platine et de soude, qui est très-soluble, reste en solution.

La solution de platine démontre aussi la présence de l’ammoniaque et des sels ammoniacaux. L’ammoniaque et ses sels donnent lieu à un précipité qui a des caractères analogues à l’hydro-chlorate de platine et de potasse : il est cependant facile de distinguer ces deux précipités l’un de l’autre; celui qui est dû à la potasse , calciné au rouge, laisse un résidu de platine et de muriate de potasse, tandis que le précipité dû à l’ammoniaque ou bien à ses sels laisse , après la calcination , un résidu de métal pur. On peut encore distinguer ces deux sortes de sels d’une autre manière. A cet effet , on traite par la potasse caustique qui ne produit aucun effet avec le'sel à hase de platine et de potasse, tandis qu’elle dégage l’ammoniaque à l’état gazeux du muriate de platine et d’ammoniaque.

Hydriodate de potasse ou de soude.

L'acide hydriodique et ses combinaisons avec les alcalis peuvent être employés avec avantage pour distinguer les uns des autres quelques métaux qui ont la propriété de former arec l'hydrogène sulfuré des composés noirs ,

l8û TRAITÉ DES RÉACTIFS r

tels que l’argent, le plomb, le bismuth, le mercure. Ce réactif les fait reconnaître par les précipités diversement colorés qu’il forme avec eux. Les solutions de plomb donnent un précipité jaune brillant; le mercure sur oxidé est précipité en rouge; le bismuth en brun-maron; l’argent en blanc jaunâtre. Par ce réactif, on peut reconnaître de très-petites quantités d’oxides métalliques en solution.

Hydro'-cyanate ferrure de potasse. ( Prussiate triple de potasse.

Ce sel est un des réactifs les plus employés par les chimistes. Il produit dans plusieurs solutions métalliques des précipités diversement colorés, et dont la couleur peut indiquer l’oxide auquel le précipité est dû. On l’emploie le plus souvent pour reconnaître, dans des liquides, la présence du fer et celle du cuivre en solution.

Il précipite en blanc les solutions de fer lorsque ce métal est à l’état de protoxide; cette couleur passe sponlarnément au bleu parle contact de l’air qui cède de l’oxigène à cet oxide; on voit une couche bleue se former à la surfücedu liquide. Si on l’agite de manière à mettre en contact une plus grande quantité de surface avec l’air atmosphérique , la couleur bleue se propage plus rapidement dans la masse du liquide. On peut rendre cet effet instantané en ajoutant quelques gouttes de chlore.

Si l’on verse ce réactif dans une dissolution de deutoxide de fer (1), on obtient à l’instant même un précipité d’un

(i) Tous les chimistes ne sont pas d’accord sur l’existence de trois oxides de fer ; quelques-uns n’en admettent que deux: ils pensent que le troisième oxide cal un mélange des deux autres. ( Laugier.)

TRAITÉ DES REACTIFS. 1 S 1

beau bleu, (hydro-cyanatede fer) qui, décomposé par la chaleur, laisse pour résidu de l’oxide de fer. La quantité d’oxide produite par la calcination de l’hydro-cyanate ainsi obtenu, n’est pas toujours exactement la même. On attribue ces différences, que l’on a remarquées et qui sont à la vérité peu considérables, au fer du prussiate double qui s’ajoute au précipité formé par la solution ferrugineuse essayée.

La couleur bleue de l’hydro-cyanate de fer et F aspect bronzé qu’il prend lorsqu’il est sec et en masse pour-» raient le faire confondre avec l’indigo ; mais on le distin^ gue aisément de cette dernière substance par les phéno-? mènes caractéristiques qu’il produit dans des circonstances semblables et avec les mêmes réactifs. ( Voyez page ) L’hydro-cyanate ferruré de potasse établit encore des différences bien caractérisées entre 1 es solutions de cuivre et de nickel qui ont d’ailleurs beaucoup de points de ressemblance. L’on obtient avec la première un précipité blanc ou brun-rnaron, tandis que le précipité obtenu avec la seconde est vert foncé,

Ces hydro-cyanates précipitent le cuivre de ses SD-s lutions de différentes manières : i° si le métal est dans la solution à l’état de protoxide le précipité est blanc s on le fait passer au brun en l’agitant avec le contact de l’air atmosphérique ; 2° si la solution que l’on précipite est dans un état d’oxidation plus avancé , le précipité est au moment même de sa formation d’une couleur brune.

L’hydrorcyanate ferruré de potasse précipite en jaune orangé les solutions de titane pur; le précipité tire au vert brunâtre quand ces solutions contiennent du fer* Ce réactif est encore employé pour précipiter une foula

182 TRAITÉ DES REACTIFS.

de solations métalliques, comme nousle verrons plus bas,

Hydro -cyanate simple de potasse.

Ce sel peut aussi être employé comme réactif, mais les éiémens de cette combinaison ayant peu d’affmité entre eux, 011 en fait peu d’usage à cause de ses altérations très-faciles et très-promptes dans une foule de circonstances. Tous les acides opèrent aisément sa décomposition : l’acide carbonique, celui même de l’air atmosphérique, en sépare l’acide hydro-cyanîque. En effet, lorsqu’on expose à l’air libre cet hydro-cyanate , il perd son acide , et se convertit en sous-carbonate de potasse.

Cependant nous avons cru devoir indiquer comparativement et réunir dans un seul tableau les couleurs des précipités formés par les deux hydro^cyanates dans les mêmes solutions métalliques.

Une des propriétés les plus remarquables de l’hydrocyanate simple est de donner, avec tous les sels de fer à l’état de protoxide, des précipités abondans de couleur jaune orangée, qui, par leur exposition à l’air, passent spontanément au vert sale d’abord, puis au bleu. On peut accélérer ces variations de couleur par l’agitation qui renouvelle les surfaces exposées à l’air.

Cet hydro-cyanate précipite les solutions de fer dans lequel le métal est à l’état de deutoxide en bleu pâle. Le précipité, par son exposition à l’air, acquiert une couleur bleue intense; les solutions de fer tritoxidé produisent à peine, parce réactif, un léger précipité bleu.

TABLEAU des précipités produits par l* hydro-cyanat e de potassé simple * et par l’ hydro-cyanate ferruré de potasse dans diverses solutions métal* tiques.

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