PRÉPARATION DES SELS
Acétate de barite.
L’acétate de barite se prépare en traitant l’oxide de barium par l’acide acétique pur (i) jusqu’à saturation, fil—
(i) Les substances dont nous indiquons l’emploi dans toutes les préparations', doivent être à lVtat de pureté. Nous ne le rappelons posa chacune d’elles , pour éviter les répétitions ; nous avons indiqué d’ailleurs les moyens de les obtenir dans cet état.
5o6 TQA.ITÉ DES RÉACTIFS-
îrant la solution que l’on conserve dans un flacon bien
fermé.
Acétate de cuivre.
Ce sel, qui nous arrive des provinces méridionales de la France, et surtout de Montpellier où les marcs de raisin servent à sa fabrication, ne se prépare pas dans les laboratoires. On purifie celui que l’on rencontre dans le commerce sous le nom de verdet; c’est un deut-acétate de cuivre mêlé de sous-deut-acétate : on sépare ce dernier, qui est très-peu soluble, en dissolvant l’autre dans l’eau distillée; on filtre, on évapore et on met à cristalliser; on décante les eaux-mères, on lave les cristaux, puis on les fait égoutter; on répète cette opération une ou deux fois et l’on obtient le deut-acétate de cuivre cristallisé pur. On le conserve dans un flacon bouché à l’émeri. On en fait une solution aqueuse saturée à froid ^ pour s’en servir comme de réactif. On la conserve de même dans un flacon à l’émeri.
Acétate de plomb •
On prépare ce sel aveclaîitharge exempte de tous corps étrangers, et particulièrement de cuivre qui se trouve souvent dans la litliarge du commerce; on la traite par l’acide acétique, on évapore la solution jusqu’à 4° , de l’aréomètre; on ajoute alors une petite quantité d’acide acétique concentré , afin que la solution contenant un excès d’acide, donne des cristaux mieux prononcés. On laisse la capsule de porcelaine qui contient cette liqueur dans un endroit frais, et l’on obtient une cristallisation spontanée; on sépare ensuite l’eau-mère par décantation, et, après que les cristaux ont été bien égouttés sur du papier
TRAITE DES RÉACTIFS. Sq?
gris, on les redissout dans l’eau; on fait cristalliser une seconde fois , on égoutte de même les cristaux obtenus , on les fait dissoudre dans l’eau eti’on conserve la solution d’acétate de plomb dans un flacon bien bouché qu’on doit tenir toujours entièrement plein.
Sous-acétate de plomb.
Ce réactif s’obtient en faisant bouillir ensemble pendant vingt minutes le mélange suivant :
Ldharge porphyrisée et calcinée . . i5 parties.
Acétate de plomb neutre .... io
Eau pure . . . . . . . . . * 200
On filtre après l’ébullition et l’on fait concentrer jusqu’à réduction de moitié; on conserve cette solution avec les mêmes précautions que pour l’acétate précédent, afin d’éviter que l’acide carbonique de l’air ne le décompose en partie, en précipitant de l’oxide de plomb à l’état de carbonate
Bcnzoate d* ammoniaque.
Ce sel se prépare en saturant une solution de souscarbonate d’ammoniaque par l’acide benzoïque , et conservant le benzoate obtenu en solution dans un flacon fermé hermétiquement.
Borate de soude (1).
On prépare le borate de soude pour l’employer comme
(1) Les hollandais étaient depuis longtemps en possession du raffinagedu borax tinkal , qui nous venait de l’Iode, maiscettc branche d’industrie leur a été enlevée , et on prépare de toutes
réactif en purifiant celui qui se vend dans îe commerce* On le fait dissoudre dans l’eau; on filtre la solution , puis on l’évapore jusqu’à ce que cette liqueur chaude marque ao° à l’aréomètre; on laisse cristalliser par refroidissement; on lave les cristaux à plusieurs reprises avec de l’eau distillée ; on les redissout ensuite entièrement dans l’eau; on filtre à chaud , puis on laisse cristalliser comme la première fois; on lave les cristaux et on les redissout dans l’eau distillée. On conserve cette solution dans un flacon bouché à l’émeri.
On emploie aussi dans plusieurs essais îe borate de soude vitrifié; pour l’obtenir en cet état, c’est-à-dire privé de son eau de cristallisation , on le fait fondre dans un creuset de platine , on le coule sur une plaque de même métal sous formes de tables de deux à trois lignes d’épaisseur; on concasse ce produit, et on le conserve dans un flacon bien bouché.
Sous-carbonate cT ammoniaque.
On obtient ce sel en mêlant exactement 6o parties de mur ta te et’ ammoniaque et 8o parties de carbonate de chaux sec, l’un et l’autre en poudre fine et exactement mélangés; on les met dans une cornue; ou chauffe pour faire volatiliser le sous-carbonate d’ammoniaque. Le col de la cornue se rend dans un récipient en grès, qu’on a le soin
de rafraîchir par un filet d’eau continu; îe carbonate
pièces aux environs de Parts le borate de soude , en saturant par îe sous-carbonate de soude , l’acide borique obtenu de l’évapotation des eaux des lacs de Toscane. Cette fabrication a clé établie par les soins de MM. Payen et Cartier fils.
TRAITE DES REACTIFS. §0Q
d'ammoniaque volatilisé se condense dans le récipient* Un trou ménagé dans la partie qui ne plonge pas dans l’eau permet "de percer de temps à autre la croule de carbonate d’ammoniaque. On évite ainsi de former dans ce vase une pression qui pourrait le faire rompre ou briser la cornue. Quand l’opération est terminée, on démonte l’appareil et l’on enlève le produit de la sublimation qui doit être conservé dans des flacons de verre bien bouchés. On emploie ordinairement la solution aqueuse de ce sel préparée dans les proportions de 2 parties de sous-carbonate d’ammoniaque et 3 parties d’eau pure. On la conserve dans un flacon fermé avec un bouchon en verre.
Sous-carbonate de potasse.
On obtient le. sous-carbonate de potasse en faisant fuser dans un creuset un mélange de nitrate de potasse et de charbon. On fait dissoudre le résidu dans l’eau distillée; on laisse déposer la solution, et lorsqu’elle est parfaitement limpide , on la décante dans le flacon où l’on veut la conserver (1).
On prépare encore ce sel en faisant brûler ensemble 3 parties de tartre et une partie de nitre dans un creuset, et opérant du reste comme il a été dit ci-dessus*
Sous-carbonate de soude.
On trouve en abondance ce sel cristallisé dans le com-
(1) Ce flacon doit ctre bouché eu verre, il faut avoir le soin d’essuyer le bouchon chaque fois que l’on s’en est servi. Si l’on ne prenait cette précaution , le bouchon imprégné de sa solution
adhérerait fortement et ne pourrait être ensuite enlevé qu’avee , d illieu lté.
TRAITE DES REACTIFS.
merce (i). ïl faut le purifier pour remployer eomm# réactif: on le fait dissoudre dans l’eau distillée , on filtre la solution, on la rapproche à pellicule légère, on laisse cristalliser ; les cristaux sont lavés et redissous à l’eau dis-
tiUée et la solution mise à cristalliser une seconde fois. Le produit de cette deuxième cristallisation, lavé et dissous dans deux fois son poids d’eau, peut être employé comme réactif; on conserve la solution dans un flacon à l’émeri.
Carbonates saturés de potasse, de soude et d’ ammoniaque.
Ces carbonates peuvent être préparés à la fois dans la même opération ; il suffit de faire une solution saturée à froid de chacun des sous-carbonates de ces bases , et d« les mettre dans les trois flacons d’un appareil de Woulf qui suivent le flacon de lavage , en ayant le soin de placer le sous-carbonate d’ammoniaque dans le dernier flacon.
(1) On obtient le sous-carbonate de soude du commerce en lessivant à Jïoid les soudes naturelles ou factices; on .évapore de nouveau la solution claire jusqu’à pellicule légère, à 3o° Baume environ. Les cristaux obtenus sont redissous et misa cristalliser u ne seconde fois ; quelques personnes ont conseillé de laite cette lixiviation à chaud, afin d’épuiser plus promptement la matière insoluble. Cette métliéde est fort vicieuse; en effet, à la temperature de l’eau bouillante, et même à plusieurs degrés au-dessous , le sulfure de diaux réagit sur le carbonate de soude, et il se forme du sous-carbonate de chaux et du sulfure de soude. Cette dernière combinaison est soluble, elle se convertit dans l’eau bouillante en sulfite et sulfite sulfuré, et rend les solutions impures. (Cette observation est très importante relativement aux opérations des fabriques dans lesquelles on lessive une
grande quantité do soude brûle . }
TR.UT1» DES REACTIFS. 5l 1
Sans cette précaution , il passerait dans les autres solutions quelques portions de ce carbonate, qui altéreraient leur pureté. On peut ajouter encore un autre flacon contenant du sous-carbonate d’ammoniaque, afin d’absorber l’excès de gaz.
On fait dégager l’acide carbonique en décomposant dans un ballon le carbonate de chaux , aussi pur qu’on peut le rencontrer ordinairement, le marbre blanc par exemple , par l’acide hydro-chlorique; on verse cet acide peu à peu et au fur et à mesure du dégagement à l’aide d’un tube en S.
Les carbonates cristallisent dans la solution; ils pourraient obstruer les tubes, si ceux-ci n’étaient pas assez gros. On recueille les cristaux; on les redissout dans l’eau distillée, après les avoir lavés avec un peu d’eau, on conserve les solutions dans un flacon bouché à l’émeri.
Ccvadate d* ammoniaque.
On prépare ce sel en saturant la solution aqueuse d’acide cévadique par le sous-carbonate d’ammoniaque. On filtre la liqueur et on l’enferme dans un flacon bouché à l’émeri.
Chlorate de potasse .
On prépare ce sel en faisant passer un excès de chlore ( Voyez la préparation de ce corps au commencement du chapitre), dans une solution concentrée de sous- carbonate de potasse. Celle-ci est contenue dans les deuxième et troisième flacons d’un appareil de Woulf. Les tubes qui plongent dedans, doivent être assez gros pour ne pag s’obstruer promptement par le chlorate de potasse quiN
j5ia TRAITE DES REACTIFS.
cristallise dans la solution; on se sert ordinairement d’un tube plein en Terre recourbé pour conserver le passage au gaz. Ce tube glisse à frottement dans le bouchon de liège , on peut le faire mouvoir de haut en bas et vice versa sans que le gaz s’échappe. Lorsque le chlore est en excès, on démonte l’appareil. On recueille les cristaux sur un entonnoir; on les laisse égoutter ; on les lave avec un peu d’eau , puis on les fait sécher sur du papier Joseph , et on les conserve dans un flacon bouché.
Les eaux-mères évaporées fournissent une nouvelle quantité de chlorate qui cristallise par le refroidissement.
Chrômate de potasse.
Le chrômate de potasse s’obtient de la décomposition du chrômate de fer par le nitrate de potasse. On prend pai lles égales de chrômate de fer réduit en poudre fine et de nitrate de potasse; on môle ces deux substances, on les met dans un creuset que Ton chauffe jusqu’au rouge, et on soutient à cette température pendant au moins trois quarts d’heure à un feu de forge; on retire alors le creuset du feu , on enlève la masse qui s'y trouve, on la traite par l’eau distillée , on l’épuise par des lavages successifs; les solutions réunies , filtrées et évaporées, cristallisent par refroidissement. On fait redissoudre les cristaux; leur solution rapprochée et refroidie lentement, donne des cristaux plus purs ; on les redissout encore et on fait cristalliser une troisième fois pour être assuré de la pureté de ce sel.
On peut aussi obtenir le chrômate de potasse pur en combinant directement l’acide chrômique avec la potasse
TRAMÉ L)liS RK ACTIFS. 01 5
à l’alcool. On fait cristalliser, et dissoudre les cristaux dans l’eau distillée.
On prépare la solution du chrômate de potasse qu’on se propose d’employer comme réactif, dans les proportions de 20 parties de sel pour 100 d’eau distillée, on filtre et l’on conserve dans un flacon bien bouché.
H y dro- chlorate cC arn moniaque.
On obtient ce sel en grand de la décomposition des matières animales par la chaleur; mais ce procédé n’étant pas praticable dans les laboratoires, on se sert d’mi moyen plus simple : il consiste à saturer le sous-carbonate d’ammoniaque pur par l’acide hydro chlorique ; quand la saturation est complète, on filtre, et l’on conserve la solution ainsi obtenue pour s’en servir au besoin. Il serait mieux encore de faire rapprocher la solution saturée, de laisser cristalliser par refroidissement, et de n’employer les cristaux qu’après les avoir lavés et bien égouttés ; alors on les lait redissoudre dans l’eau distillée.
On peut encore préparer cette solution pour servir de réactif, en faisant dissoudre à chaud dans l’eau distillée l’hydro-chlorate d’ammoniaque blanc sublimé. Ce sel étant presqu’absolument pur lorsqu’il est incolore et diaphane; on laisse cristalliser la solution, on lave les cristaux, on les fait dissoudre, etc.
Hydro-chlorate de baryte.
Four préparer ce sel, on sature l’acide hydro-chlorique par l’oxide de barium baryte , on filtre la liqueur parlai-
lement saturée, on la fait évaporer jusqu’à pellicule, afin d’obtenir des cristaux par le refroidissement; on lave les cristaux obtenus avec de l’eau distillée; on les redissout ensuite, et l’on conserve cette solution dans un flacon bien bouché.
On peut encore obtenir ce sel en traitant par l’acide hydro-chlorique le résidu de la décomposition du sulfate de baryte par le charbon , à l’aide de la chaleur : cette décomposition qui s’opère à la température du rougecerise est d'autant plus parfaite que les substances sont plus divisées. On délaye dans l’eau le sulfure obtenu , on le sature par l’acide hydro-chlorique, on filtre, on évapore et l’on fait cristalliser; on calcine les cristaux, on redissout le produit delà calcination pour faire cristalliser de nouveau; on répète cette cristallisation plusieurs fois, afin d’obtenir l’hydro-chlorate de baryte bien pur. Avant d’employer ce sel comme réactif , on doit s’assurer qu’il ne retient pas d’hydro-chioçate de fer que l’on pourrait enlever au moyen de l’alcool.
Hydro-chlorate de chaux»
On prépare ce sel en dissolvant dans l’acide hydro-
chlorique pur du carbonate de chaux; le marbre blanc ( saccharoïde) est employé de préférence, parce qu’il est plus pur que les autres carbonates calcaires; on peut en même temps obtenir l’acide carbonique, {Voyez plus haut la Préparation des carbonates). On chauffe cette solution jusqu’à l’ébullition, qu’on soutient pendant un quart-d’heure, il faut laisser quelques morceaux de marbre plongés dans le liquide, afin d’être assuré que Ja sa-
traite des réactifs. 5i5
turation est complète, et pour précipiter l’oxide de 1er qui peut s’y trouver; on filtre la solution; on la conserve clans un flacon bouché à l’émeri.
Hydro-ch iorate d ’ étal n ,
Ce sel se prépare en traitant une partie d’étain pur divisé en feuilles, en poudre ou en grenaille (1) , par quatre parties d’acide hydro-chlorique à 2.5°. On introduit l’étain dans une fiole à médecine ou dans un ballon, au col duquel on adapte un tube recourbé à angle droit et dont l’extrémité opposée va plonger de quelques lignes dans un flacon contenant de l’eau; on fait passer dans îeméme bouchon, à l’aide duquel on a fixé le tube à double courbure, l’extrémité inférieure d’un Uibeen S, et on lute le tout : L’appareil ainsi disposé , on introduit l’acide hydrochlorique par la partie supérieure dutubeen S ; on verse cet acide à plusieurs reprises, afin de ne pas causer un dégagement trop considérable de gaz. On chauffe légèrement*, puis on élève peu à peu la température; quand la solution est complète, on débite l’appareil , on décante la liqueur et on la fait évaporer dans une capsule de porcelaine; on obtient des cristaux. par refroidissement, on les lave à l’eau distillée, puis on les fait égoutter, re-
(i) On réduit l’étain en poudre en le roulant encore en fusion dans un mortier, et triturant sans cesse pendant que le métal se refroidit; pour le réduire en grenaille, on roule l’étain fondu dans l’eau en prenant la précaution de mettre au dessus «lu vase un balai -qui sert à diviser le métal , et Peut pêche d'être projeté au dehors.
3l6 TAAl'i'K DES il É A CTI FS.
dissoudre de nouveau et cristalliser une seconde fois; on les emploie pour faire une solution qui doit être conservée dans un flacon plein et hermétiquement bouché.
Quelques portions d’acide hydro-chlorique s’étant volatilisées , n’ont pu agir sur rétain. Cet acide condensé dans le flacon , mis à la suite de cet appareil , peut être employé dans des opérations semblables.
Hydro-chlorate d'or.
On prépare cet hydro-chlorate en traitant l’or sous forme de lames minces , coupées en petits morceaux par Y acide hydro-chloro-nitrique étendue d’une petite quantité d’eau. Cette liqueur est formée d’une partie d’acide nitrique à 56 J , et de trois parties d’acide hydro-chlorique à 22°. La proportion qu’on emploie de ce mélange est de trois parties en poids , pour une de métal ; la dissolution doit être opérée dans une fiole à médecine ; on introduit d’abord l’or, puis on ajoute l’acide ; on place sur un bain de sable que l’on échauffe lentement jusqu’à la température de 6o° ; on soutient à ce degré jusqu’à ce que la solution soit complète, alors on évapore à siccité dans une capsule de porcelaine sans élever la température à un haut degré, de peur que le sel d’or ne soit réduit à l’état d’or métallique. On redissout le sel et l’on conserve la solution dans un flacon bouché en verre, placé à l’abri de la lumière.
Hydro-chlorate de potasse.
On prépare ce sel en saturant la solution de sous-car-
TRAITÉ DES REACTIFS 017
bonale de potasse par l’acide hydro-chlorique. On filtre, ou fait rapprocher jusqu’à pellicule, on obtient des cristaux qu’on lave et que l’on fait dissoudre ensuite dans l’eau bouillante.
Hydriodate de potasse ou de soude.
On obtient ces sels en traitant l’iodure d’étain par une grande quantité d’eau, filtrant la liqueur et saturant par la potasse ou la soude pure ; on fait évaporer , et l’on sépare ainsi l’hydriodate formé. Dans cette opération , l’eau est décomposée , l’oxigène se porte sur l’étain , tandis que l’hydrogène se combine avec l’iode et le convertit en acide. Celui-ci sature l’oxide de potassium ou de sodium. ( Voyez le Mémoire de M. Yauquelin, Ann» de Ch. }
L’hydriodate de potasse peut aussi être préparé d’après le procédé de M. Caillot. Ce procédé consiste à faire réagir 4 parties d’iode , 2 de limaille de fer non rouillée, et environ 20 d’eau dans un matras de verre ; on introduit d’abord l’iode et l’eau, puis la limaille de fer; on agite le mélange dans le matras jusqu’à ce que la liqueur soit incolore. O11 fait chauffer le liquide, on le jette sur un filtre, on lave le résidu à plusieurs reprises jusqu’à ce que la liqueur cesse d’être précipitée par le deuto-chlorure de mercure. On verse une solution de sous-carbonate de potasse pur dans les eaux de lavage réunies, qui tiennent en solution l’iodure de fer, jusqu’à ce que la liqueur, dont on filtre de temps en temps une petite portion pour l’essayer, ne précipite plus que légèrement par une addition nouvelle; alors on achève la décomposition parla potasse caustique étendue d’eau. Lorsque la liqueur cil
5l8 TRAITE DES REACTIFS.
au point de ne plus précipiter par la potasse ni par l’io-
dure de fer, dont on conserve une petite quantité pour
cet essai , on la filtre toute entière et l’on fait évaporer jusqu’à pellicule ; on obtient par refroidissement des cristaux qui, lavés et dissous dans l’eau distillée, peuvent être employés comme réactifs.
Hydro-cyanate ferruré de potasse .
Pour obtenir ce sel, on délaye dans l’eau 5o parties de bleu de Prusse foncé du commerce , broyé en poudre fine , et l’on y ajoute 5o parties d’acide sulfurique étendit de 5 fois son poids d’eau, afin de dissoudre l’alumine que le bleu de Prusse contient ordinairement. On fait bouillir pendant une demi-heure, on verse le tout sur un filtre, et on lave a grande eau ; quand l’eau de lavage ne donne plus de précipité par la solution de nitrate de baryte, on verse le résidu dans une solution de potasse pure en quantité suffisante pour faire passer le liquide du bleu au brun jaunâtre; on filtre alors, on rapproche au degré convenable et on laisse refroidir; on obtient des cristaux d’hydro-cyanate ferruré de potasse en prismes quadrangulaires; on lave ces cristaux, on lestait redissoudre dans l’eau distillée, puis cristalliser de nouveau; l’hydrocyanate ainsi purifié , dissous dans l’eau , peut être employé comme réactif.
Hydro-sulfate de potasse ^ de soude et d’ ammoniaque.
Pour préparer ces hydro-sulfates, on fait passer dans tes différons, fiaedns composant l’appareil de Weulf. et
qui contiennent des solutions de potasse, de soude et d’ammoniaque, un excès de gaz acide hydro-sulfurique que l’on fait dégager en décomposant, dans un ballon de verre, du sulfure d’antimoine par l’acide hyuro-chlorique; on ajoute celui-ci, a l’aide d’un tube en S, par petites portions au fur et à mesure du dégagement; on chauffe graduellement. 11 faut avoir le soin de placer un flacon intermédiaire entre le ballon où se forme le gaz hydrosulfurique et les flacons qui contiennent la potasse , la soude et l’ammoniaque; ce flacon contient une petite quantité d’eau qui sert à purifier le gaz en le lavant; l’ammoniaque doit être dans le quatrième flacon; afin qu’il ne s’en volatilise pas dans les flacons qui contiennent les solutions de potasse et de soude; il est en outre convenable de terminer l’appareil par un dernier flacon contenant du lait de chaux qui empêche tout à la fois le contact de l’air avec les hydro-sulfates et le dégagement de l’excès d’hydrogène sulfuré dans le laboratoire. La solution du gaz acide hydro-sulfurique dans le dernier flacon doit toujours être avec excès de chaux; elle contient aussi un peu d’ammoniaque. On ne doit pas s’en servir à cause de son impureté.
Nitrate cl argent.
Pour préparer ce sel, on prend douze grammes d’argent ( obtenus de la décomposition du chlorure d’argent par les alcalis à l’aide de la chaleur, ( voy. cette préparation plus haut ). On divise le métal et on l’introduit dans un petit matras; on verse dessus 24 parties d’acide nitrique pur marquant 53°. La solution s’opère vivement et i, vec dégagement de gaz nitreux dû à la décomposition
5*20 TRAITS Dns REACTIFS-
métal ; lorsque celui-ci est dissous, on verse la liqueur dans une capsule de porcelaine ; on l’évapore , et, par refroidissement, on obtient le nitrate d’argent cristallisé en lames minces; on lave légèrement ce sel et on le laisse égoutter. On prépare la solution de nitrate d’argent en dissolvant dans îoo parties d’eau distillée 20 grammes de ces cristaux; on filtre, et l’on conserve dans un flacon de
verre bouché à l’émeri et placé à l’abri de la lumière.
N Uvale de baryte .
Ce sel se prépare, soit en saturant l’oxide de barium pur par l’acide nitrique, faisant évaporer et cristalliser, soit en décomposant le sulfate de baryte natif, le plus pur possible, parle charbon : on prend îoo parties de ce sel porphyrisé , on le mêle bien exactement avec i5 parties de charbon en poudre très-fine , on introduit ce mélange dans un creuset de Hesse et l’on soumet le tout à un feu de forge pendant deux heures et demie ; le sulfate se décompose, le charbon lui enlève son oxigène et le réduit en sulfure; 011 le retire du feu, 011 pulvérise le résidu , on le jette dans l’eau qui est décomposée en partie et donne lieu à la formation d’une certaine quantité d’hydrosu Hat e sulfuré de baryte soluble ; on ajoute de l’acide nitrique par petites portions, en délayant le tout jusqu’à ce que la saturation soit complète, et- qu’il y ait même un léger excès d’acide ; on agite constamment avec un tube de verre pour déterminer le dégagement de la plus grande partie de l’acide hydro-sulfurique (1) ; iacido nitrique
(1) L'action délétère de ce gaz commande les plus grandes pré-
TRAITE DE* REACTIFS.
s empare Je la baryte et précipite l’excès de soufre qui lui était combiné ; on échauffe le mélange liquide jusqu’à G5 degrés environ du thermomètre, centigrade; on jette à
cette température le tout sur un filtre, et on l’épuise par des lavages à l’eau bouillante jusqu à ce que la solution n’ait plus de saveur sensible; le nitrate de baryte estdissous ; on réunit toutes les liqueurs, on les fait évaporer , et par refroidissement elles donnent des cristaux qu’on lave et qu’on fait égoutter. On purifie le nitrate de baryte ainsi cristallisé en dissolvant dans l’eau et ajoutant un excès de baryte pour précipiter l’oxide de fer qui s’y rencontre ordinairement; on filtre, on évapore de nouveau, on laisse cristalliser et l’on conserve dans un flacon bien bouché les cristaux après les avoir lavés, égouttés et
séché
Qutf o-nitrate de mercure.
On prépare ce sel en faisant réagir dans un matras de l’acide nitrique étendu de cinq fois son poids d’eau sur du mercure à l’état métallique. L’acide doit être ajouté en excès. On décante dans une capsule lorsque la réaction a cessé et avant que le liquide soit refroidi; on laisse reposer; le nitrate de mercure cristallise par l’abaissement
cautions; il faut év iler d’en respirer les moindres quantités: le meilleur moyen d’y parvenir e^t déplacer les vases , dans lesquel-. la saturation s’opère, près de l’embouchure d’une cheminée d’appel , dont le tirage soit le plus fort possible ; ou de faire passer le gaz qui se dégage au travers du charbon incandescent, soit dans un fourneau , soit dans une cheminée. L'effet de ce gaz est tel, qu’un 8ooe mêlé à l’air atmosphérique, suffit pour donner la mort à un cheval qui respire ce rnélan Se«
5î‘i TRAITÉ DE i REACTIFS.
de la température ; on le fait égoutter sur du papier Joseph et on le conserve dans un flacon à l’émeri hermétiquement fermé.
La solution de nitrate de mercure doit être conservée également dans un flacon bouché en verre et au fond duquel on laisse un globule de mercure.
La solution dont on se sert pour l’essai des huiles que l’on suppose falsifiées, doit être préparée dans les proportions de 6 parties de mercure dans 7 parties d’acide nitrique à 38 degrés Baume. Ce réactif rend l’huile d’olive* «oncrète et laisse les autres à l’état fluide.
Nitrate de plomb.
Ce sel sc prépare en traitant par l’acide nitrique étendu d’eaii le protoxide de plomb pur, filtrant la solution, faisant évaporer et laissant cristalliser. On lave les cristaux avec de l’eau distillée, on les enferme dans un flacon.
On peut encore préparer ce sel en traitant le carbonate
de plomb pur par l’acide nitrique , filtrant la solution et
continuant comme nous l’avons dit plus haut.
Nitrate de potasse .
On prépare ce sel pour être employé comme réactif en saturant une solution de potasse à l’alcool par l’acide nitrique pur, filtrant la liqueur, la faisant évaporer, lavant les cristaux obtenus à l’eau distillée. On les conserve dans un flacon.
On peut aussi l’obtenir à l’état de pureté en lavant le nitrate de potasse de 5sme cuite du commerce, et le faisant cristalliser plusieurs fois.
TRI 1TB DES RÉA.CT1FS.
Oxalate d* ammoniaque.
Pour préparer ce sel, on emploie l’ammoniaque ou le sous-carbonate d’ammoniaque dont la pureté a été reconnue. On sature avec une solution d’acide oxalique pur; on fait concentrer le liquide dans une capsule; on le laisse refroidir, et l’on obtient des cristaux d’oxalate d’ammoniaque; on les fait égoutter, on les lave et on les fait dissoudre dans de l’eau distillée pure , et l’on conserve cette solution dans un flacon bouché à l’émeri.
Si l’on n’était pas assuré de la pureté de l’acide et de l’ammoniaque employés, il serait nécessaire de laver les cristaux et de les redissoudre pour les faire cristalliser plusieurs fois. On parviendrait ainsi à obtenir l’oxaîate d’ammoniaque pur.
On prépare la solution d’oxalate d’ammoniaque dan* les proportions de 10 de ce sel pour 100 d’eau,
Sous-phosphate de soude .
Pour préparer ce sel, on fait calciner les os avec le contact de l’air ; on décompose le résidu blanc de la calcination ( phosphate et carbonate de chaux, etc. ) par l’acide sulfurique. Sur i5o parties d’os calcinés, réduits en poudre, délayés dans 5oo parties d’eau et placés dans un vase de plomb , on ajoute 90 parties d’acide sulfurique à 66 ; on brasse vivement le mélange , puis on l’abandonne à une réaction spontanée pendant quelques jours, après y avoir encore ajouté 200 parties d’eau. Quand la réaction paraît terminée, ce que l’on reconnaît à ce que la
3a4 TRAITA DES RÉACTIFS.
liqueur s’éclaircit, on décante le liquide clair, puis on jette le dépôt sur un filtre ; on le laisse égoutter, on le lave en l’arrosant de temps en temps avec de l’eau ; on rassemble les solutions , et on les sature par le sous-carbonate de soude , dont on ajoute même un excès; on sépare le précipité de phosphate de chaux qui se forme, puis on concentre la solution jusqu’à 25 Alors on laisse déposer et i’on verse le liquide chaud et clair dans des terrines où il cristallise en refroidissant; on fait égoutter les cristaux , on les lave, puis on les redissout dans l’eau distillée; on laisse cristalliser de nouveau et à plusieurs reprises; on les obtient ainsi à l’état de pureté. On prépare la solution de phosphate de soude dans les proportions de 20 parties de sel sur 100 parties d’eau distillée; on peut préparer le phosphate de soude directement en saturant le sous-carbonate de soude pur par de l’acide phosphorîque , aussi à 1 état de pureté, faisant évaporer, cristalliser, etc.
^ Sulfate cl* alumine et cle potasse ( alun ).
L’aîun ne se prépare pas dans les laboratoires. On purifie celui qu’on trouve dans le commerce. Pour cela il suffît de faire dissoudre dans l’eau l’alun connu sous le nom (T alun fin ou en petits cristaux, qui est déjà presque complètement exempt de fer, et de le laisser cristalliser par refroidissement; les cristaux obtenus, lavés, sont suffisamment purs.
Sulfate d’ alumine.
Ce sel s’obtient en traitant l’oxide d’aluminium ( alumine) en gelée par l’acide sulfurique étendu de 5 fois son poids d’eau. On ajoute de l’acide en quantité suffisante
TRAITÉ DES RÉACTIFS, pour opérer la solution, on fait bouillir; on filtre et on fait évaporer en consistance sirupeuse. On renferme le sel en cet état dans un flacon exactement bouché où il cristallise confusément.
Sulfate de cuivre.
On ne prépare pas ordinairement ce sel dans les laboratoires. On purifie celui du commerce en le faisant dissoudre et cristalliser à plusieurs reprises et lavant les cristaux à chaque fois avec un peu d’eau; on peut encore l’obtenir en traitant le carbonate de cuivre pur par l’acide sulfurique jusqu’à saturation, évaporant et faisant cristalliser. La solution de sulfate de cuivre se fait dans la proportion de 20 de ce sel pour 100 parties d’eau.
Sulfate de cuivre et d’ ammoniaque.
Pour préparer ce sel, on prend une solution de sulfate de cuivre pur obtenu par l’un des procédés ci-dessus; on y verse du sous-carbonate d’ammoniaque liquide qui détermine un précipité verdâtre; on agite avec un tube de verre en continuant de verser du sous-carbonate d’ammoniaque jusqu’à ce' que le précipité soit redissout, on ajoute alors à la liqueur bleue un poids égal au sien d’alcool qui détermine la formation des cristaux d’un beau bleu ( sulfate de cuivre et d’ammoniaque ) ; ces cristaux, séchés, sont redissous ensuite dans l’eau distillée, et cette solution conservée dans un flacon de verre.
Sulfate de fer ( proto- ) .
Ce sel se trouvant en grande abondance dans le com-
5|fl TR Al# D.SS RÉACTIFS.
meree:et à très-bas pî'iz , a’est pas préparé directement dans les laboratoires ; on doit seulement le purifier. Four cela on -prend 100 parties de sulfate de-fer qu'on dissout à l’aide cle la chaleur dans 80 parties d’eau ; on ajoute ro parties de limaille de fer bien nette, et Fou fait bouillir pendant 20 minutes ; oo filtre, on laisse refroidir,, il se forme des cristaux qui, lavés et séchés, doivent être redissous une seconde fois , égouttés et lavés. La solution de sulfate de fer se fait dans la proportion de 5o de ce sel pour 100 d’eau distillée. On doit la conserver dans un flacon bouché hermétiquement et parfaitement plein.
Persulfate de fer .
On obtient ce sulfate soit en traitant le tritoxide de fer humide par l’acide sulfurique , soit en calcinant à l’air libre le proto-sulfate de fer purifié , comme nous l’avons dit plus haut : afin de hâter la réaction , on ajoute quelques centièmes d’acide nitrique. On fait dissoudre le résidu de la calcination , on filtre la solution et on la conserve dans un flacon bouché à î’èmcri.
Sulfate de platine.
On obtient ce sel en traitant l’oxide de platine à uns température peu élevée par de l’acide sulfurique étendu d’eau , filtrant la solution et la rapprochant presqu’à siccité; on fait redissoudre dans l’eau et on conserve cette solution dans un flacon à l’émeri. On peut encore prépa rer ce réactif en faisant bouillir ensemble le sulfate d’argent et le mariai e de platine . On filtre la liqueur pour séparer le chlorure d’argent formé. La solution claire peut tslre employée dans cet état.
Sulfate de potasse.
Ce sel est le résultat de la saturation de la potasse à l’alcool par l’acide sulfurique pur. On fait évaporer la liqueur saturée jusqu’à 20., et par refroidissement on en obtient des cristaux qui , lavés et séchés, sont propres à être employés comme réactifs : on peut en préparer une solution pour l’usage dans les proportions de iode sel sur 100 d’eau distillée.
Sulfate de soude.
On prépare ce sel en saturant la soude à l’alcool par l’acide sulfurique, filtrant la solution, la faisant évaporer et cristalliser, ou, plus simplement, en purifiant le sul» fate de soude du commerce au moyen de plusieurs cristallisations successives. La solution de sulfate de soude se fait habituellement dans les proportions de 10 de sel sur 100 d’eau distillée.
Succinate d’ ammoniaque.
Pour obtenir ce sel, on sature le sous-carbonate d’ammoniaque par l’acide succinique; quand la saturation est complète, on filtre et on conserve cette solution dans un flacon de verre bien bouché.
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