PRODUITS DES VÉGÉTAUX ET DES ANIMAUX
Albumine.
La solution d’albumine se prépare en mettant dans 100 parties d’eau, 10 parties de blanc d’œuf, agitant fortement ce mélange pour diviser la matière albumineuse et la faire dissoudre; on filtre et l’on conserve dans un flacon bouché en verre.
Cette solution albumineuse ne se conserve pas longtemps sans s’altérer ; c’est pourquoi il ne faut guère la préparer qu’au moment de s’en servir.
On fait dessécher de i’albumine pour la conserver et pour la transporter au loin. Cette opération exige des soins, elle ne réussit bien qu’en évaporant à une basse température; on profite, quand on le peut, de la chaleur de l’atmosphère, et à défaut, on chauffe doucement au bain-marie en agitant continuellement. Quelque précaution que l’on ait prise, l’albumine desséchée au contact de l’air ne produit jamais autant d’effet comme clarifiant } que celle que l’on emploie toute fraîche, il faudrait, pour ne rien perdre de sapropriété utile, iadessécher dans le vide. Cependant, le procédé indiqué ci-dessus présente des avantages dans beaucoup de circonstances; on l’emploie pour la pharmacie et pour le transport de l’albumine dans les fabriques de sucre des colonies. Pour employer l’albumine sèche en poudre , il suffit de la bien délayer dans 20 fois son poids d’eau, et de seservir de la solution comme de blanc d’œuf battu (i).
(i) M. Çray-Lussac a fait connaître que les poudres clarifiantes
traité des réactifs. 5üq
A Icool.
On peut obtenir l’alcool en distillant des solutions végétales sucrées qui ont subi la fermentation alcoolique ; mais, comme on le trouve très- facilement et à bas prix dans le commerce, il serait plus long et plus coûteux d’en préparer de petites quantités; il est utile seulement de le purifier et de le priver de l’eau et de l’acide qu'il retient. IL faut pour cela mettre cet alcool au contact avec de la magnésie caustique , et laisser séjourner quelque temps sur cette substance , afin de combiner une petite quantité d’acide acétique que l’alcool du commerce contient ordinairement, on filtre ensuite ce liquide pour le distiller. On emploie dans la distillation différentes substances très-hygrométriques pour pi iver l’alcool de l’eau qu’il retient. On se sert le plus généralement de l’hydro-chlorate de chaux ramené à l’état de chlorure par la dessication , qu’on pousse le plus haut possible. On met ordinairement 10 parties de ce sel sec sur 100 parties d’alcool à 53°, et on distille au bain-marie. En répétant deux fois cette opération , on amène l’alcool à i jo° à l’aréomètre, son poids spécifique est alors de 0,823, l’eau étant
On conserve l’alcool à la cave , dans des flacons bien bouchés; on a vu plus haut dans les usagesde l’alcool, l’utilité de l’avoir le plus près possible de l’état anhydre;
que l’on vend pour éclaircir les vins , ne sont formées que d’albumine drs œufs desséchés, et que leur propriété clarifiante est moindre que celle de l’albumine humide qu’elles représentent.
550 TRAITÉ OES REACTIFS.
il est d’ailleurs aisé de l'étendre d*eau lorsqu’il est nécessaire de l’employer plus faible.
On a fréquemment occasion dans les laboratoires de chimie et dans les fabriques , de rechercher les proportions d’eau et d’alcool contenues dans différens mélanges de ces deux substances; il est très-commode de décider cette question par la densité des liquides que l’on connaît à l’aide d’instrumens, et par des moyens que nous avons indiqués dans le ï" chapitre de cet ouvrage. Le tableau suivant présente 9ur une même ligne horizontale les proportion/ d’eau, d’alcool et la densité de chaque mélange pour deux différens degrés de température, le l5e et le 20e du thermomètre centigrade. Le premier fait partie de la table de Tompson , le second de celle de Lowitz. Les tables suivantes dressées pour i5 degrés différens de température présentent moins d’utilité, parce que l’alcool absolu n’a pas été pris pour type , et que les mélanges ne sont faits que par cinq centièmes d’eau sans intermédiaires.
T R Al TH 7* SS RRAUTirf.
TABLE des proportions d'eau i d'alcool indiquais par les densités des mélanges observes à chaque centième.
POIDS i?
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ÙÙ2 TRAITE DES REACTIFS.
Amidon,
Ce principe immédiat des végétaux peut s’extraire des graines céréales de plusieurs tubercules, racines et de quelques autres parties des plantes; mais on le prépare en grand, et il se trouve dans le commerce près qu’à l’état de pureté. On le purifie cependant encore par des lavages à l’eau froide; on le fait dessécher à une douce chaleur en l’étendant en couches minces ou en troebisques sur des capsules plates de porcelaine. On le conserve à l’état sec dans un flacon bouché. Lorsque l’on veut se servir de sa solution , on le fait dissoudre dans 100 fois son poids d’eau que l’on chauffe graduellement jusqu’à l’ébullition, après l’avoir bien délayé à froid.
Charbon animal .
Ce produit se prépare en carbonisant des os à l’aide de divers procédés; il est répandu dans le commerce sous différens noms qui désignent l’usage auquel on le destine (i) : Dans les laboratc^Mk on doit employer celui qui est connu sous le nom de noir d’ivoire. Il est fabriqué avec des os choisis, et broyés par la voie humide. On doit encore le purifier par des lavages à l’eau distillée bouillante; ü est même nécessaire, dans quelques circonstances, de le traiter avec un cinquième de son poids d’acide hydro-chlorique , et l’épuiser ensuite par des lavages à l’eau bouillante, afin d’enlever tout le carbonate de chaux. Enfin pour obtenir le charbon bien pur et plus énergique, il faudrait le faire chauffer avec deux fois sors poids d’acide hydro-chlorique à 22° afin de dissoudre tout
(i) Voyez Mémoire sur les Char! cuis , 1822; par À P.ycu , chez Bachcbà r , itbraii r.
TRAITÉ DES REACTIFS. 355
e phosphate et le carbonate de chaux ; le laver complètement et le faire dessécher ou calciner dans un creuset fermé.
• Caramel.
Le caramel se prépare en torréfiant légèrement dn sucre blanc en poudre dans une capsule d’argent ou de platine. Il faut prendre garde de continuer trop longtemps Faction du feu, de peur que la carbonisation ne soit complète; on n’obtiendrait dans ce cas que du charbon. On doit s’arrêter en général, lorsque les vapeurs acides[blanches et acres, résultant de celte décomposition ignée, se dégagent avec le plus d’abondance, et que la matière brune presque noire est près d’adhérer en queîqu es points de la capsule, bien que l’on agite constamment. On verse alors peu-à-peu de l’eau dans la même capsule, on fait dissoudre le caramel obtenu, et on filtre cette solution.
Pour l’employer et en obtenir des résultats comparatifs , on doit l’étendre d’avance et pour beaucoup d’essais d’une quantité d’eau telle, que si on l’interpose à la lumière, on puisse facilement distinguer sa nuance. Cette solution, à laquelle on ajoute un vingtième d’alcool, se conserve facilement. Lorsqu’elle est concentrée, on l’étend d’eau au moment de s’en servir.
Ether sulfurique
Il se prépare en grand en distillant ensemble parties égales d’acide sulfurique à G6 , ( ou du poids spécifique de 1^45), et d’alcool à l\ù°; on fractionne les produits qu’on recueille dans des récipiens entourés de glace.
55 4 TRAITÉ DSS EÉ ACTIFS.
Les premières portions doivent être re^lîsîilîées. On sépare aussi les dernières , qui sont d’une nature foute différente ( huile douce de vin ). On ne doit don© employer que celles qui passent entre ces deux limites , encore faut-il les rectifier.
On se contente ordinairement dans les laboratoires de chimie (à moins que l’on ne veuille faire toute l’opération pour l’examiner et s’en rendre compte) , de purifier l’éther que l’on s’est procuré à bon marché dans le commerce. Pour cela il suffit de le faire séjourner sur delà magnésie eaustîque , de le décanter et de le redistiller avec précaution et de séparer les premières et les dernières parties distillées; on recueille les produits dans des flacons plongés dans un mélange de glace et de sel marin, afin d’obtenir une condensation plus parfaite. On prend de nouveau cet éther, on le met en contact avec une petite quantité d’eau distillée, on agite fortement et on laisse reposer ; l’éther qui surnage étant décanté etredistillé de nouveau, est le plus pur possible.
Gélatine.
Cette substance se trouve abondamment répanduedans le commerce sous diverses formes et dans divers états. On emploie de préférence comme réactif l’rcthyocolle ou colle de poisson , qui s’approche davantage de l’état de pureté. On la lave à plusieurs reprises après l’avoir laissé tremper pendant 12 heures dans l’eau distillée; on la fait ensuite dissoudre dans l’eau à l’aide de la chaleur du bainmarie; on étend cette solution de beaucoup d’eau, afin de laisser déposer quelques impuretés, et l’on décante ; oa
TRAÏT& UKS EÉA.GïfFf^
ajoute un peu d’alcool 41a solution claire, afin de la couserver quelque temps sans altération sensible. La quantité d’alcoçl à ajouter est d’environ un dixième du volume total. Si l’on a le soin de faire concentrer la solution de gélatine au point où elle peut se prendre en gelée consistante, et que l’on n’ajoute l’alcool que lorsqu’elle est prise et refroidie, on peut décanter presque tout l’alcool avant de l’étendre et de la faire chauffer pour s’en servir, il serait encore plus convenable de rapprocher la solution au bain-marie et de redissoudre cette gélatine en petites portions, au fur et à mesure qu’on en aurait besoin.
Glaladine.
Cette substance eS extraite du gluten d’où son nom dérive?. On sépare d’abord le gluten de la farine de bled , en mettant cette farine en pâte par l’addition d’une petite quantité d’eau, et malaxant ensuite la pâte obtenue sous un filet d’eau, jusqu’à ce que l’amidon, complètement entraîné par ce faible courant d’eau, laisse dans la main une substance molle, élastique, en quelque sorte membraneuse, que, l’on connaît sous le nom de gluten; on fait dissoudre cette substance dans l’alcool en la triturant avec ce liquide ; la solution rapprochée à siccité donne la gloïadine, que l’on peut employer comme réactif. Cependant à Cet état elle n’est pas parfaitement pure : on parvient à la^époniîler d’une matière jaune étrangère avec'de l’éther sulfurique; cct agent entraîne la matière jaune sans dissoudre la glaïadinc; on dissout ensuite cette dernière' qui est pure dans l’alcool, on filtre et on conserve cette solution dans un flacon bouché à l’émeri.
TRAITE DES REACTIFS.
Héma "me.
M. Chevreul , qui a trouvé le moyen d’ob'emr cette substance pure et à l’état cristallin, indique le procédé suivant pour l’obtenir : on réduit le campêche en poudre, on le laisse digérer avec de l’eau à la température de 5o à 55", pendant cinq heures; on filtre la liqueur, on l’évapore à siccité , on verse sur le résidu de l’alcool à 36° qu’on y laisse séjourner pendant 2/j heures ; on filtre cette seconde solution, on la concentre jusqu’à ce qu’elle devienne sensiblement épaisse, on la redissout ensuite dans une petite quantité d’eau ; on l’évapore à une douce chaleur, et l’on abandonne la liqueur à elle-même. ïls’vdé- 3 ■ ^ , *'■
pose une assez grande quantité dé cristaux d’hématine ; on les lave à l’alcool, on les met sécher. On les conserve dans un flacon bien fermé.
On prépare le réactif, connu sous le nom de solution d’hémaline, en dissolvant ces cristaux dans l’eau à l’aide d’une douce chaleur, et l’on conserve cette solution dans un flacon bouché à l'émeri.
Huiles essentielles.
On obtient les huiles essentielles par expression de certaines parties des plantes qui en contiennent beaucoup , comme les zestes de citrons, d’oranges , etc. ; mais le procédé qu’on suit le plus généralement consiste à les séparer au moyen de l’eau et de la chaleur. On met les plantes dans un alambic garni d’une seconde enveloppe intérieure perforée de beaucoup de trous , qui maintient les plantes
parlout à égale distance des parois en contact avec la flamme du fourneau ; oiHy verse de l’eau j usqu’à ce qu’elles soient entièrement baignées ; on porte à l’ébullition ; Tenu en se vaporisant entraîne l’huile essentielle, etou reçoit le produit de la^apeur condensée dans un récipient flore ntin à l’aide duquel on recueille aisément J’huile surnageante, tandis que l’eau qui occupe la partie inférieure
s’écoule seule, en entraînant seulement l’huile qu’elle
peut dissoudre ; mais^outes les huiles essentielles n’entrent en ébullition qu’à îSo’ environ; elles ne seraient pas volatilisées sans le concours de l’eau à la température de oo"’ , pour élever la température du liquide qui sert de bain etïaire agir d’une manière plus' Efficace encore la vapeur d’eau qui, dans cette opération, lui sert de véhicule, on fait dissoudre un sel dans l’eau qui baigne les plantes , afin d’élever sa température d’ébullition au-delà
de ioo° centigrades.
Indigo.
L’indigo qu’on emploie comme réactif peut être obtenu par sublimation; ou bien, si l’on veut l’employer comme mesure du pouvoir décolorant du chlore, on en prépare une solution de la manière suivante : on broie dans un mortier de verre ou de-porcelaine l’tndigo du
commerce ( guatimale flore ) ; on y ajoute peu à peu de l’acide sulfurique concentré (,>à i§45 de poids spécifique! j jusqu’à ce que Tou en ait ajouté quatre fois Je poidsKÎe l’indigo employé; on étend cette solution de 20 parties d’ean , on sature l’acide sulfurique par la craie ( carbonate dé chaux ) , on filtre et on conserve la liqueur bleue obtenue dans un flacon bouché à l’émeri.
L’essai du sous-chlorure de chaux devenant d’une utilité générale, depuis que l’on emploie cette combinaison dans toutes les blanchisseries , les fabriques de toiles peintes, les papeteries, etc.,, M. Gay-Lussac a construit un instrument qu’il nomme chloromètre , et qui peitméd d’apprécier exactement les proportions de sous-chlorure de chaux pur contenues dans celui du commerce.
Nous croyons devoir en donner la description, et indiquer la manière de s’en servir au ctktpitre desinstrumens.
Noix de galles .
On emploie ordinairement, comme réactîM’infusion alcoolique ou aqueuse de cette substance; pour la préparer , il suffit de concasser la noix de galles et de la laisser infuser dans l’eau ou dans l’alcool à 56° pendant quelques jours; on filtre et on conserve la liqueur claire dans un
flacon bien bouché. Il arrive ordinairement que l’une et * • • l’autre de ces liqueurs se trouble après quelques jours,
on la filtre de nouveau. Pour conserver l’infusion aqueuse
de noix de galles, on y ajoute une petite quantité d’alcool
( un cinquième par exemple ).
• âtoPicrômel.
Cette substance est contenue dans la bile de divers animaux ; on emploie ordinairement pour l’obtenir la bile de bœuf. On l’étend d’eau, on y verse de la solution d’acétate de plomb jusqu’à ce qu’il y en ait un excès; la matière jaune et toute la résine unies à l’oxide de plomb se précipitent, ainsi que les acides sulfurique et phosphorique du sulfate et du phosphate de soude; on filtre et ou
TRA ITÉ DSS REACTIFS. 53C)
■'.'c.i'se dans la liqueur un excès de sous-acétate de plomb. Le picromel s’empare à l’instant de l’oxide de plomb qui constitue ïc sous- acétate , s’y combine et se dépose sous ferme de flocons blancs-j au outres. L’acétate de plomb reste dans la liqueur; on lave le précipité par décantation ; on le recueille sur un filtre , on le lave de nouveau, puis on le dissout dans de l'acide acétique étendu , on le délaye dans beau, et on fait passer au travers de la solution claire (ou du mélange délavé) un courant de gaz aeideflhj'dro-sulfurîque, qui précipite tout le plomb; on filtre et on chasse l’acide acétique par évaporation ; le résidu que l’on obtient est le picromel pur. On le dissout dans l’eau distillée, on filtre et l’on conserve la liqueur
dans un flacon bien bouché, après avoir pris la précaution d’y ajouter une petite quantité d’alcool.
Tannin .
Cette substance, quoiqu’étudiée par plusieurs chimistes très-distingués, n’est pas encore bien connue; on n’a même pas de moyens pour l’obtenir parfaitement pure ; cependant, elle s’emploie utilement comme réactif à l’état dans lequel on la connaît. Nous désignerons l’un des procédés par lesquels on la prépare.
Celui que L roust a indiqué consiste à précipiter la solution de non: de galles par l’hydro-chlorate d’étain. On recueille sur un Litre le précipité blanc-jaunâtre qui s’est formé et on le lave jusqu’à épuisement complet; on délaye ensuite ce précipité dans l’eau et l’on y fait passer un courant d’acide hydro-sulfurique en excès; on filtre la liqueur et on l’évapore à siceiié; le résidu est le tannin tel
TRAITE DES REACTIFS-
qu’on le connaît; il est mêlé d’un peu d’acide galüque et d’acide hydro chloriquc; mais les autres moyens indiqués jusqu’aujourd’hui ne le donnent pas plus pur. On le dissout et on conserve sa solution dans un flacon bouché en
yerre.
Tein tues „
La matière colorante des différentes substances que nous ayons indiquées, peut être extraite par le même procédé, à de très-légères modifications près et que la nature de chaque corps coloré indique suffisamment.
On broie des fleurs de mauves, par exemple, dans un mortier de verre; on coupe quelques autres en morceaux, tels que les choux rouges, et on y ajoute une quantité d’eau distillée plus ou moins grande , qui dépend de celle déjà contenue dans la matière végétale et de l’intensité de la matière colorante; on exprime, on recueille la partie liquide , on filtre et après avoir ajouté un dixième d’alcool, on conserve celte teinture dans un vase de verre bien bouché.
Lorsque l’on veut obtenir la matière colorante pluspure et plus sensible , on fait dessécher les matières végétales avec précaution, et on les fait infuser dans l’alcool à 56°; on filtre la solution et on la fait évaporer jusqu’à l’état d’un sirop léger; on fait dissoudre dans l’eau et l’on filtre. On peut aider à la conservation des teintures en ajoutant à la solution un peu d’alcool.
Pour préparer la teinture de campêche ou de bois de Brésil, on réduit ces substances en petits fragmens ; on les fai, digérer avec.de l’eau distillée , à une douce chaleur, pendant 12 heures; on filtre et on conserve ces teintures comme les précédentes.
TB AJ TE DES RÉACTIFS. j
Quoique soin que l’on ait pu apporter dans la préparation des teintures et dans les moyens de les conserver , elles éprouvent toutes avec le temps des altérations plus ou moins sensibles. Ainsi la teinture de tournesol gardée dans un flacon bouché passe spontanément au jaune fauve et développe , lorsqu'on la débouche, une odeur d’hydrogène sulfuré. Exposée à l’air dans cet état, elle reprend sa couleur primitive.
La teinture de violette est plus altérable; elle devient acide et rougeâtre, lors même qu’elle est à l’état sirupeux. Les papiers réactifs sont moins sujets à** ces altérations , pourvu qu’on les mette à i’ubri des vapeurs ambiantes. Ils s’altèrent aussi à la longue.
Papiers réactifs.
Pour préparer les papiers réactifs colorés, on extrait la matière colorante par les moyens indiqués ci-dessus , en ajoutant moins d’eau > ou en rapprochant la teinture; puis on imprègne avec cet extrait le papier que l’on veut colorer, et on le fait sécher; s’il n’est pas assez coloré , on étend dessus une seconde couche de teinture; on répète cette opération jusqu’à ce que la couleur soit assez intense; il ne faut cependant pas qu’elle soit trop foncée, car le papier serait moins sensible. On peut se dispenser' de filtrer les teintures destinées à être étendues sur le papier, ce qui permet de ne pas ajouter d’eau à quelques substances , les (leurs par exemple, dont la matière colorante n’est pas très-abondante; l’eau de végétation suffit dans ce cas. On peut même obtenir une coloration suffisante en écrasant les pétales sur le papier; on doit
54 %. TRAITÉ DÏS RÉACTIFS, .
choisir pour cet usage du papier fin et bien lisse; on rougit, au moyen d’un acide, ces papiers teints en bleu, afin de s’en servir pour reconnaître la présence des alcalis : il faut avoir le soin de bien laver ces papiers après les avoir rougis par un acide. Lorsqu’on se sert d’acide acétique faible , la couleur bleue reparaît au bout d’un certain laps de temps s’ils sont exposés à l’air; l’acide sulfurique ( très— affaibli ) ne présente pas cet inconvénient (i ).
Les papiers réactifs imprégnés d’acétate de plomb , de sulfate de fer et d’un grand nombre de solutions salines , alcalines et acides que l’on a très-peu employés sou9 cette forme , et dont nous indiquerons plus tard le degré de sensibilité, se préparent en faisant tremper des morceaux de papier blanc dans une solution de chacune de ces substances et les faisant dessécher; on les conserve dans des flacons bouchés ; il faut éviter soigneusement de les laisser en contact avec des vapeurs, acides, alcalines, etc., lorsque l’on débouche le flacon pour en prendre quelques bandes.
Pour observer certaines réactions sur de petites quantités de substances que l’on calcine dans un tube afin d’en
obtenir les produits gazeux, on imprègne au moment
d’opérer de petites bandes de papier avec l’un des réactifs propre à cet essai.
Avant de passer à l’appiication des réactifs à l’analyse, noos avons cru devoir ajouter des notions sur les poids de diverses corps , en les rapportant à une mesure com-
(:) La teinture des mauves , dont on a extrait la gomme, n’a pas besoin d’ètre rougie ; elle est verdie sensiblement par 5 m iiioniémes de potasse.
mune, et dont toutes les divisions sont très-faciles: le mètre cube qui équivaut, comme on le sait, à 1000 litres ou à 1000 kilog. d’eau, et dont on peut toujours retrouver toutes les divisions par le poids spécifique de l’eau distillée. En effet, une capacité qui contient 1000 gram. est égale à un litre ou à la millième partie d’un mètre cube; 100 grammes d’eau équivalent à la capacité d’un déei-litre, 10 grammes à celle d’un centi-litre, etc.
TABLEAU des Poids comparés d'un Mètre cube de
diverses substances.
gram.
Eau. . . ... . 1,000,000
Air . i,t85
Oxigène . I?41^
A^Otc . 1,^40
Hydrogène. ..... o,og3 Chlore. . . . • . • • 3,178
Acide hydr«*-chlorique. . 1,602
- hydro-sulfurique. • i,53o
Hydrogène prolo-carburé. 0,713
gram
Hydrogène per-carburé»
Oxide de carbone* . .
Acide carbonique. .
- sulfureux. . .
Deutoxide d’azote. . .
Ammoniaque. . . .
Eau en vapeur. . . .
o,8or
AlcO'd ( pur ). •
Ether sulfurique. .
Vi'i
«WMMyn*aCMgll«l liHH ^^TJCTgTi'j’ÆLSflW TZBsnyGEXi