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DK L’APPLICATION DES RÉACTIFS A L’ANALYSE

JlActiok intime et réciproque des corps les uns sur les autres, constitue l’ctude delà chimie; un certain nombre d’agens choisis donne lieu à des phénomènes caractéristiques que nous avons cités avec le plus grand soin. Nou^ donnerons ici quelques exemples, des applications dc£ réactifs à séparer des corps les uns des autres.

Le chimiste, avant de se livrer à ces opérations qui doivent le conduire à la connaissance des élémens primitifs des corps, recherche dans les caractères extérieurs les premiers indices qui peuvent servir à les distinguer; Ies propriétés physiques sont en assez grand nombre, le poids spécifique, la dureté, la couleur, l’élasticité, la friabilité, la ténacité, la forme cristalline, la fragilité, la transparence , la propriété de développer ou de conduire l’électricité, la chaleur, etc.

Nous supposerons ces premières notions acquises; elles ne doivent pas entrer d’une manière détaillée dans notre plan. ( Voyez cependant quelques notions préliminaire» au commencement de cet ouvrage, articles poids spécifiques, cristallisation, chaleur, etc.)

Les caractères chimiques sont ceux qui doivent nous occuper plus particulièrement , ils sont très-nombreux et se développent à l’aide de certains agens dont nous

avons cité les usages et les effets les plus remarquables ; nous rapporterons ici quelques exemples de leur emploi dans les analyses.

De C Analyse.

L’Analys e est un ensemble de procédés qui ont pour but de séparer un ou plusieurs corps, ou leurs élémons, des combinaisons qu’ils forment aveo d’autres corps; nous en citerons d’abord un exemple dans une analyse très-siuiple, afin que l’on comprenne plus facilement ce genre d’opération.

Analyse (fan alliage d* or et de cuivre [ i).

Qn réduit cet alliage en limaille , et on le traite par an corps qui agisse sur l’un des deux métaux sans attaquer l’autre; l’acide nitrique pur, comme nous l’avons dit, est dans ce cas ; on met en contact l’acide nitrique avec l’alliage divisé : le cuivre se dissout tandis que l’or n’éprouve aucune altération ; quand la réaction a cessé, on décante la partie liquide qui contient le cuivre , on lave bien i’or qui ne s’est pas dissous pour lui enlever les dernières portions de la solution de cuivre dont il pourrait être imprégné , on fait sécher ; on sépare ensuite le cuivre, qui se trouve en solution , par un réactif susceptible de ramener ce corps à l’état métallique; nous avons indiqué le fer pour cet usage. On prend donc une lame de fer bien décapée , on la met en contact avec la solution de cuivre;

(i) Pour que cet alliage soit soluble , il faut qu’il contienne au moins trois parties de cuivre |>our une d’or.

4 1 k TRAITE DÈS REACTIFS.

le précipité qui a lieu gous forme de poussière, lavé avec un peu d’acide hydro-chlorique très-faible, puis à l’eau distillée bouillante, séché dans un creuset muni de son couvercle, est le cuivre métallique divisé.

On pèse les deux métaux, l’un qui formait le résidu non» dissous (l’or), l’autre qui, après sa solution dans l’eau, a été précipité par le fer (le cuivre) , et réunissant les poids de ces métaux, on voit si leur somme est égale au poids total de l’alliage essayé. Il y a un grand nombre de précautions à prendre dans l’application des réactifs aux analyses un peu compliquées ; nous décrirons les plus essentielles, et celles qui sont le plus généralement applicables, pour compléter ce que nous avons déjà dit à chacun des réactifs en particulier. i0 II faut examiner avec soin les réactifs que l’on emploie pour s’assurer de leur pureté ; nous en avons plus haut indiqué les moyens.

Laver exactement avec l’eau distillée , les vases dans

lesquels on se propose d’opérer ;

5° S’assurer que les vases que l’on emploie, ne peuvent être attaqués pendant l’opération par les corps sur lesquels on agit , ou par les matières dégagées de leurs combinaisons» Il est souvent utile de dessécher ces vases avec du papier à filtre, afin d’éviter que la petite quantité d’eau adhérente aux parois ne se mêle aux substances que l’on traite.

4° Examiner si les précipités obtenus sont isolés, bienpurs, et les laver soigneusement avec de l’eau distillée, ne les peser que lorsqu’ils sont parfaitement secs.

5° Apporter, dans tout le cours de l’analyse, un grand soin pour qu’il ne se perde que le moins possible du corps sur lequel on opère.

TRAITE DES RÉACTIFS. 4l 5

6e Employer dans toutes les opérations de l’eau distillée très-pure.

7 j Ne pas filtrer les solutions aeides sans avoir eu la précaution de laver les filtres avec de l’acide hydro-chlorique étendu , et avoir enlevé ensuite tout l’acide avec de l’eau distillée ; cette opération a pour but de séparer le fer et la chaux qui se trouvent dans le papier, ces deux substances pourraient être dissoutes par l’excès d’acide de la solution qu’on filtre, et donner lieu à quelques erreurs.

8° Peser avec toute l’exactitude possible les corps analysés et leurs diffère ns produits..

Pour vérifier si les balances sont exactes, ont met à la fois des poids égaux dans les deux plateaux, ou» bien , après avoir mis parfaitement en équilibre les poids et la chose pesée, on les change de plateaux. Si dans ces circonstances, que l’on multiplie en employant des poids différons, l’équilibre est parfaitement maintenu, les balances sont exactes ; mais si l’un des plateaux , sous des poids égaux, penche quelquefois plus que l’autre, les balances sont fausses; il faut, dans ce cas, lorsqu’on ne peut s’en procurer d’autres, employer la méthode des doubles pesées, elle consiste à faire équilibre aux corps dont on veut connaître le poids par de la cendrée ou par de petites balles en plomb ; on enlève le corps et on lui substitue des poids de manière à rétablir l’équilibre; on voit que de cette manière il suffît que la balance soit sensible et que la pesée sera juste quand même les bras du fléau seraient inégaux ; en effet les poids qui remplacent le corps dans les mêmes circonstances, doivent nécessairement le représenter avec exactitude.

9°ïenir compte de la température, delà pression atmos-

4l6 TRAITÉ DES PtEACTIFS.

phêrique et de toutes les autres circonstances influentes * quand on fait l’analyse d’un corps. Cetteobscrvation s’applique plus particulièrement aux opérations faites sur les gaz. "

io° Observer attentivement tous les phénomènes qui se produisent pendant une opération , multiplier le plus possible les réactions qui décèlent le même corps avant de regarder sa présence comme démontrée. Enfin répéter plusieurs fois une même expérience, pour peu que le résultat offre d’incertitude.

1 1° Tenir les corps qu’on soumet à l’analyse et legprcrumts qui en résultent, dans des lieux où aucune substance hétérogène ne puisse se précipiter dessus, les mettre à l’abri des vapeurs acides ou alcalines qui pourraient être absorbées et devenir des causes d’erreur.

12^ Quand on peut disposer d’une partie du corps-dont on se propose de faire l’analyse, il est utile défaire quelques essais préliminaires qui donnent des indices sur la présence des principes contenus dans la substance qu’on examine.

i3° Avoir le soin, quand on a fait dessécher un corps, de lepcser tout cle suite pour éviter qu’il n’absorbe de l’eau répandue dans l’atmosphère.

Nous étudierons successivement, et dans quelques exemples, les procédés analytiques qui sont employés pour l’examen des gaz, l’analyse des sels, des eaux minérales, des mélanges d’acides , et des matières animales et végétales.

De l’examen des gaz ,

les gaz sont nombreux , mais la plupart faciles à re-

connaître par des caractères bien prononcés : ils sont solubles ou insolubles dans l’eau, colorés ou incolores , susceptibles de servir à la combustion ou incapables de l'alimenter, doués d’une odeur particulière ou inodores, plus ou moins pesans , etc. Ces propriétés caractéristiques donnent des indices sur les gaz que l’on examine, présentent des données qui déterminent ordinairement sur le choix des agens les plus convenables, pour l’essai qu’on se propose de faire.

Analyse dy un mélange de gaz azote et de gaz oxlgêne9 qui contient accidentellement du gaz acide carbonique , et de la vapeur d’eau , (air atmosphérique).

On 5e procure l’air que l’on veut analyser, en renversant dans le lieu où l’on veut connaître sa composition, un flacon plein d’eau; quand] tout le liquide en est sorti, on est assuré que l’air a pris sa place, et l’on bouche le vase. Si l’on voulait avoir l’air du fond d’un'puits, d’une carrière ou de tout autre lieu profond et inaccessible; on y descendrait, à l’aide d’une corde, un flacon que l’on tiendrait renversé en faisant plonger son goulot dans un vase egalement rempli d’eau et soutenu parune corde séparée; en tirant à soi la première corde à laquelle le flacon est attaché , il se vide entièrement de l’eau qu’il contenait et se remplit de l’air qui l’environne; on l’enlève alors en le faisant plonger de nouveau dans le vase inférieur , afin que l’air qu’il contient ne puisse se mélanger avec l’air des parties supérieures.

L’oxigène contenu dans l’air atmosphérique pourrait être indiqué et mesuré par tous les corp§ combustibles

4l8 TRAITÉ DES REACTIFS.

qui ont la propriété de se combiner avec lui. Plusieurs savans ont successivement employés divers moyens eudiométriques qui avaient pour base Faction de l’oxigène sur les corps combustibles, de ce nombre sont le phosphore, le gaz nitreux s les sulfures te. , etc. , etc. Ï1 serait trop long d’indiquer ici toutes les causes d’erreurs auxquelles ces diflérens corps combustibles peuventdonner lieu; nous nous contenterons d’indiquer, que pour plus d’exactitude dans les résultats , on donne aujourd’hui la préférence au gaz hydrogène employé d’abord par Volta. Le mode d’opérer est simple et très-facile à suivre : on introduit dans Feudiomètre 5o parties d’air et 5o parties d’hydrogène, et l’on fait détonner ce mélange par l’étincelle électrique; on remarque une absorption de 5i,5 qui provient de la combinaisonde io,5d’oxigène : donc 100 d’air contiennent 21 du même gaz en volume (i).

On peut encore démontrer que le résidu équivaut aux 79 centièmes de l’air employé: en effet 5 si dans l’eudiomètre on ajoute à ce résidu i4?5 d’oxigène nécessaire à la transformation en eau des 29 parties d’hydrogène non combinées dans la première expérience; en excitant l’étincelle électrique, il se forme de l’eau qui se condense et se précipite; le résidu (azote) équivaut à 55,5, et n’est plus alors condensable., il éteint les corps en combustion; on le distingue de l’acide carbonique en ce qu’il n’est pas absorbé comme ce dernier gaz par la baryte, la

(1) Cola revient, pour un médange quelconque , à ajouter un

excès d’hydrogène , exciter l’étincelle , observer le volume après la de tonnation, et diviser ce volume par 3.

chaux, cto. , et ne peut ainsi donner lieu à la formation des carbonates dont les propriétés bien connues ont été décrites plus haut.

L’air conlicnt donc en volume :

Oxigène.

Azote.

L’acide carbonique, quoiqu’il ne soit pas ordinairement mêlé à l’air atmosphérique dans une proportion plus grande que celle d’un deux centièmes environ , peut cependant être apprécié par le moyen décrit à l’article solution d’oxide de barium ( V oy . pag. 56. )

La vapeur d’eau se démontre souvent dans l’air par le simple refroidissement : on la condense dans des vases entourés de glace, elle est indiquée aussi par un instrument nommé hygromètre, que l’on doit à Saussure; il montre les limites entre lesquelles l’eau est contenue dans l’air sans quelle soit visible, c’est-à-dire, le minimum et le maximum d’humidité , et beaucoup de degrés intermédiaires; nou3 donnons ici une table des relations établies entre les degrés marqués sur cet instrument, et les quantités d’eau sous un volume donné d’air atmosphérique Ce procédé n’est pas d’une exactitude rigoureuse , la température lorsqu’elle s’élève contre-balance la proportion d’eau contenue. (Voyez Y Appendice).

TRAITE DES REACTIFS,

Vapeur d’eau Indiquée dans un mètre cube de gaz, pat divers degrés de V hygromètre.

Degrés marqués

Sur l’instrument

Poids

en

graines

Degrés marqués

Sur l’instrument.

Poids

éh

» grain3

lo®. •••••»

On pourrait encore, en connaissant la température et la densité du gaz, (tous les gaz, à température égale contenant les memes quantités de vapeur d’eau, sous le même volume) , et par le rapport, connu aussi, delà vapeur, déduire immédiatement les quantités d’eau contenues; mais ce moyen, qui d’ailleurs présente beaucoup d’exactitude, n’est pas d’un emploi facile pour tout le monde.

Un des procédé les plus simples dont on puisse se servir, consiste à peser exactement une substance très-hygrométrique : du muriate de chaux, desséché, en poudre, par exemple, le placer sur une capsule et l’introduire sous une cloche à mercure ; l’eau ne tarde pas à être entièrement absorbée, et le poids acquis par le corps hygrométrique , ou la diminution du poids de l’air donnent

TRAITÉ Î>ES RÉACTIFS. 4a*

Celai de l’eau qui était contenue dans la cloche dont la capacité , d’ailleurs , est mesurée et graduée d’avance.

Analyse d'an mélange de gaz acide carbonique et de gaz

oxide de carbone.

Ce mélange se produit dans certaines circonstances de la combustion du charbon , suivant la température à laquelle se fait cette combustion , et la quantité d’air introduit pour la déterminer. On prend 100 parties de ce gaz, on les introduit dans un tube gradué, en déplaçant le mercure que le tube contient; on fait passer dans l’éprouvette une petite quantité de solution de baryte, l’on agite légèrement: l’acide carbonique est absorbé parla baryte, tandis que l’oxide de carbone reste à l’état gazeux; on note la quantité de gaz absorbé et celle du gaz restant, qui seule donnerait la solution du problème; mais pour plus d’exactitude, on recueille le sous-carbonate précipité, et après qu’il a été lavé et séché, on lè pèse (1). Les proportions de ses parties constituantes indiquent la quantité d’acide carbonique que Ce sel représente. On fait la contre épreuve pour reconnaître directement la quantité de carbone. On établit ainsi deplusieurs manières, chacune des quantités qui réunies, doivent former la totalité du gaz employé.

(i) Il faut, pour enlever plus aisément tout le carbonate de baryte , le dissoudre dans l’acide hydro-chlorique , et précipiter ensuite la baryte par un carbonate , laver le précipité, etc.

TRAITÉ DES REACTIFS.

Analyse cia gaz hydrogène sulfuré pour reconnaître ta quantité de soufre en solution clans ce gaz.

On fait passer dans une cloche 100 parties de gaz hydrogène sulfuré; on introduit ensuite dans la même cloche, une solution d’acétate de plomb ; ce réactif s’em« pare du soufre contenu dans le gaz analysé. On ne peut reconnaître la quantité de soufre contenue dans ce gaz par les différences de volume, le soufre étant susceptible de se combiner avec l’hydrogène sans en augmenter le volume.

Analyse cC un mélange de gaz hy dr o-chlorique et

cC hydrogène.

Pour séparer ces deux gaz et connaître leurs quantités respectives, il suffit d’en prendre une quantité donnée, de la mettre en contact sous une cloche avec de petits fragmens de borax qui absorbent l’acide hydro-chlorique, tandis que l’hydrogène reste à l’état gazeux. On peut encore, par la solution de nitrate d’argent, faire absorber complètement le gaz acide hydro-ehlorique : le gaz restant, lavé, est l’hydrogène. L’eau pure, peut encore être employée à cette analyse, le gaz hydrogène n’étant pas sensiblement soluble. Par ces deux moyens , on observe les quantités de gaz absorbées et celles restantes, et l’on s’assure ainsi que les quantités additionnées équivalent à la quantité totale du gaz , soumis à l’expérience. On peut aussi par le poids du précipité (chlorure d’argent), pesé bien exactement, déterminer celui de

l'acide hydro-chiorique équivalant à la quantité totale du gaz, soumis à l’expérience.

Analyse d’un mélange de gaz acide sulfureux et carbonique.

On opère facilement la séparation de ces deux acides,

en plaçant, dans leur mélange, quelques fragmens de borax qui absorbent l’acide sulfureux, sans avoir aucune action sur l’acide carbonique ; l’on additionne comme précédemment, les quantités de gaz absorbées et celles restantes; la somme doit être égale à la quantité primitive employée. On peut aussi , en s’emparant du gaz acide carbonique par l’eau de baryte, faire une contre épreuve pour être assuré de l’exactitude des résultats. ( V oy. l’article Solution d’oxide de barium).

L’acide sulfureux peut encore être absorbé seul par l’oxide de manganèse en poudre très-fine et légèrement humecté.

Analyse cC un mélange d’azote et de cleut-oxide cC azoté.

Le mélange de ces deux gaz étant introduit sousune cloche graduée, on y ajoute du chlore en excès; celuici convertit le deutoxide en acide, et laisse l’azote isolé. On sépare l’excès de chlore, et l’acide formé par la potasse ; on observe le volume de l’azote resté/libre qui , ajouté au volume absorbé, doit égaler en somme le volume primitif du mélange soumis à l’analyse (Davy). Nous bornons-là ces détails sur les analyses des gaz dont nous nous étions proposé de donner seulement quelques exemples.

T'IUITE DES REACTIFS.

Analyse des alliages ,

C’est en général parl’action des acides sur les différent métaux, que l’on parvient à désunir ceux-ci , et l’on détermine ensuite leur’ nature et leurs proportions dans l’alliage, en formant pour la plupart d’entr’eux des combinaisons nouvelles, reconnaissables a des propriétés caractéristiques : par exemple , si l’on traite un alliage, ( et que l’on ne connaisse pas d’avance les métaux qui le constituent ) par l’acide nitrique que l’on porte;! l’ébullition ; on sait que cet acide dissoudral’argent, le bismuth, le cuivre , le mercure , le plomb , le zinc ; tandis que l’or et le platine âe seront point attaqués. M. Vauquelin, cependant, a observé que le platine allié à l’argent pourrait être dissous par l’acide nitrique, si la proportion de platine était faible relativement à celle de l’argent. M. Thénard a indiqué la même observation pour l’alliage d'or et de platine. L’antimoine et l’étain restent précipités à l’état d’oxides; on sépare ensuite les métaux dissous et les métaux non-dissous par les mo}rens indiqués ci-après. On se sert avec beaucoup d’avantage du chalumeau pour ïecon naître la pureté des métaux qui composent les alliages ainsi que pour découvrir les plus petites quantités de substances métalliques contenues dams tous les corps en général. ( V oy. à la fin de ce chapitre une notice sur l’emploi du chalumeau ),

Analyse d'un alliage d'argent et de cuivre.

On fait dissoudre cet alliage dans l’acide nitrique, quand

Ici solution est opérée complètement, on précipite l’argent par une solution d’hydro -chlorate de soude, dont on ajoute successivement de petites portions,, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précip ité par une addition nouvelle; on verse alors le tout sur un filtre^ pour séparer le précipité insoluble (1), on le lave bien, puis on le fait sécher; on pèse exactement, et l’on peut concîuredc son poids, directement , les proportions del’alliage ; en effet, 100 parties de chlorure d’argent représentent 7 5 d’argent pur; la différence du poids total de l’alliage ail poids de l’argent, ainsi obtenu, exprime la quantité de cuivre. On peut d’ailleurs réduire l’argenf du chlorure à l’étal métallique, en le faisaut fondre avec la potasse.

Pour obtenir d’une autre manière encore, la quantité du enivre resté en solution, on le précipite par une lame de zinc qu’on plonge dans la liqueur; le cuivre se précipite à l’etat métallique, on le lave bien, puis on le fait sécher dans un creuset de platine à une température peu élevée, afin qu’il ne puisse brûler; on le pèse aussitôt, On obtient encore d’une manière exacte le rapport de l’argent au cuivre par la coupellation. [Voyez à la fin des Analyses des alliages).

Alliage d’or et de cuivra*

L’anafyse de cet alliage en différentes proportions

(1) Il ne faut pas que la liqueur contienne un grand excès d’acide, de peur qu’elle attaque le filtre et le fasse percer aa fond.

4'i6 TRAITE des réactifs.

peut, comme le précédent, être faite par la coupellation, s’il n’y a pas une trop grande quantité de cuivre en proportion de l’argent, on fait ensuite le départ. On peut employer à cet essai l’acide nitrique sans la coupellation, si cet alliage ne contient pas moiris de 0,70 de cuivre. ( Foy. l’exemple d’Analyse que nous avons donnée entête de ce chapitre).

Alliage de plomb et d’étain. (Soudure des plombiers).

On réduit cet alliage en grenailles, on l’introduit dans une hoieâ médecine, on verse dessus de l’acide nitrique, à 5 Oo et en excès, au moins 3 parties ; on fait bouillir jusqu’à ce que l’on n’aperçoive plus de grains non dissous, et que le dégagement du gaz deutoxldo d’azote qui passe a l’état d’acide nitreux, rutilant, au contact de l’air, ait cessé ; dans ce moment, tout l’étain oxidéaux dépens de l’oxigène de l’acide nitrique est précipité, et il s’est formé en même temps un nitrate de plomb soluble ; on évapore â siccité pour chasser l’excès d’acide, on verse de l’eau distillée, on délaye, on jette sur un filtre; l’oxide d’étain insoluble reste dans le filtre, on l’ÿ lave bien exactement à l’eau bouillante, et son poids, après qu’il a été desséché, donne celui de l’étain contenu dans l’alliage ; on sai t, en effet, que 100 de peroxide d’étain contiennent ai,3(j d’oxigène, Comme il n’est pas facile d’être assuré que le précipité soit complètement desséché , il vaut mieux encore faire calciner une partie de ce peroxide et déterminer ainsi la perte que la totalité aurait éprouvée par la calcination. ( F oyez plus loin analyse du Bronze). On peut déduÿ?e de la quantité d’étain obtenu, le poids du plomb

TRAITÉ DES REACTIFS. 4^7

auquel il était allié , mais il est mieux de s’en assurer directement; et pour cela , on le précipite par le sulfate de soude et de magnésie; on recueille le précipité formé sur un filtre; on le lave, et son poids, après qu’il a été desséché complètement, donne le poids du plomb, qu’il représente dans le rapport de o,68; on peut encore obtenir le poids du plomb par un autre procédé : on plonge dans la solution de laquelle l’étain a été séparé, une lame de zinc, le plomb se précipite en lamelles cristallines ; on les rassemble avec soin, on les mfdeavec du charbon pulvérisé ; on les réduit , en les chauffant dans un creuset, en un culot métallique qu’il suffit de peser exactement.

Analyse de zinc et de cuivre ( Laiton ).

On fait dissoudre cet alliage dans l’acide nitrique faible, on évapore à siccité la solution, on convertit les deux nitrates en sulfates par l’acide sulfurique; on plonge dans la solution une lame de zinc qui précipite ïe cuivre eu totalité, ou lave le précipité jusqu’à ce qu’il ne retienne [dus de la solution acide; on le desséche à l’aide d’une douce chaleur, et on le pèse; en déduisant son poids ainsi obtenu du poids total de l’alliage employé; la différence doit être le poids du zinc. On opère encore d’une autre manière pour obtenir le poids de chacun des métaux en particulier : après avoir dissous l’alliage dans l’acide nitrique faible, à l’aide d’une chaleur ménagée , on étend la solution d’un peu d’eau , et l’on y verse de la solution de potasse, jusqu’à ce qu'il y en ait un excès assez considérable; les deux oxides de zinc et de cuivre sont précipités ; on fait bouillir le tout, l’oxide de zinc est redissous; on lave l'oxide de cuivre jusqu’à ce que l’eau

4û8 TRAITE DES RÉACTIFS.

de lavage ne verdisse plus la teinture de mauves, ou ne ramène plus au bleu le papier de tournesol rougi. On réunit toutes ies eaux de lavage qui contiennent de l’oxide de zinc en solution , on prend le poids de l’oxide de cuivre resté sur le filtre, qu’on a eu le soin de bien faire sécher; on en retranche o ,2 qui est le rapport de I’oxlgène au cuivre, et on obtient le poids du cuivre pur. Si l’on goustrait celui-ci du poids total, on a immédiatement la proportion du zino dans l’alliage.

Mais comme ilvauttoujours mieux faire la contre-épreuve, on doit ajouter dans les eaux de lavage un excès d’acide hydroçhlorique ; il se forme des hydrochlorates de potasse et de zinc ; on précipite le zinc par le sous,çarbonate de potasse ou de soude ; on recueille sur un filtre, et on lave bien le précipité de carbonate de zinc qui s’est formé, on le fait dessécher et on le calcine ; l’acide carbonique 6e volatilise; il reste de l’oxide de zinc formé de 20 centièmes d’oxîgène et de 80 centièmes de métal; cet alliage de cuivre et de zinc connu sous le nom de laiton , contient quelquefois du plomb ; pour s’en asassurer, on verse dans la solution, par l’acide nitrique, ( après l’avoir rapprochée pour en chasser l’excès d’acide et étenclue d’eau), quelques gouttes d’une solution de potasse, et si l’on y détermine par-là un précipité, on continue d’en ajouter jusqu’à ce qu’il y eu ait un excès; on recueille lé précipité , on le lave , on le pèse , et le poids du sulfate de plomb indique, comme nous l’avons dit cidessus , la quantité de plomb qu’il représente.

Alliage de cuivre et d’etain (Bronze).

On réduit cet alliage en grenaille sous le marteau, ou mieux encore, on en passe un fragment de 4 ou 5 grammes

TRAITE DUS REACTIFS*

entre les cylindres d’un petit laminoir. On fait dissoudre tm poids pris exactement de cet alliage, dans l’acide nitrique étendu de quatre fois environ son poids d’eau; on aide la réaction par la chaleur, et lorsque la dissolution est complète, c’est-à-dire, que l’on n’aperçoit plus dans, la liqueur trouble, de petits grains lourds ; ou rapproche à siccité afin de chasser l’excès d’acide nitrique. On traite le résidu par l’eau bouillante, qui dissout le nitrate de çuivre , on recueille l’oxide d’étain sur un filtre , on achève de séparer le nitrate de cuivre en lavant cet oxide jusqu’à épuisement complet ; on fait dessécher le filtre, et on le pèse; retranchant le poids du filtre, on a celui du précipité dans l’état od ü se trouve ; mais il faut encore en déduire le poids qu’il peut perdre à La calcination. Pour cela, on en prend une partie , moitié ou un tiers, par exemple , qu’on fait chauffer au rouge, dans yne petite capsule cje platine : si. la perte, pendant la calcination, s’est élevée en poids ào,i , on retranche un dixième du poids du précipité obtenu dans le filtre, et l’on a , pour différence, le poids de l’oxide d’étain pur fourni par l’étain de l’alliage; il suffit alors d’en déduire le poids de l’oxigçne pour connaître la proportion exacte de l’étain dans l’alliage ; celle du cuivre s’en déduit nécessairement, on peut l’obtenir d’une manière directe en le précipitant par une lame de zinc. ( V oyez plus haut Alliage de zinc et de cuivre)#

Alliage d'étain, de bismuth, d'argent , de plomb et de

cuivre .

On traite cet alliage par de l’acide nitrique pur à3on(i)^

(r) D.ins tout le cours de cet -ouvrage nous avons été forcé d’appeler pures , les substances qui ne sont mêlées ou dissoutes

45o TRAITE DES RÉACTIFS,

quand la dissolution des quatre métaux qui accompagnent l’étain est opérée; on verse dans une capsule le mélange des sels et de l’oxide d’étain ? et on évapore presque à siccité; on traite ensuite ce produit par l’eau distillée qui dissout les sels formés parle plomb ? le cuivre et l’argent, avec l’acide nitrique? et précipite l’oxide de bismuth et d’étain ; on lave le mélange de ces deux oxides pour enlever les dernières portions salines? dont le précipité pourrait encore être imprégné; puis? on traite de nouveau ce précipité par l’acide nitrique? qui dissout Foxîde de bismuth , et laisse l’oxide d’étain ; on sépare cet oxide de la dissolution de bismuth par la filtration? on le lave avec de l’eau acidulée? puis avec l’eau pure; lorsqu’il est bien lavé? on le fait sécher ; on évapore la solution de bismuth jusqu’à siccité? puis on la fait précipiter au moyen de l’eau distillée ? on recueille l’oxide de bismuth qui se sépare? on le lave bien? on le fait sécher? on le pèse?puis on en déduit la quantité d’oxigène qui ? suivant M. Lagerhielm est sur soo de 11,275; ainsi 100 d’oxide de bismuth représentent 88,725 de inétah

D’après les proportions atomiques? soo de cet oxide contiennent 90 de bismuth; le poids des deux métaux? bismuth et étain? étant déterminé par le poids des deuxoxides? il reste à trouver celui des deux métaux alliés; on prend la première solution? on en précipite l’argent au moyen de i’iiydrochlorate de soude (î); on lave le

que dans Tenu pure? et cela pour éviterdes périphrases qui auraient exprimé d’une manière plus exacte , à la vérité ; mais pas plus intelligible , et en produisant des longueurs inutiles.

(1) On peut ici faire remarquer, en passant , combien il importe d’avoir des réactifs bien purs; si, par exemple? l’hydro- « h oratc de soude contient un peu de sulfate de même b^sc , au

TRAITÉ DES RÉACliPS. 4^1

chlorure avec soin ; on précipite ensuite le plomb par le sulfate de soude , on lave le sulfate de plomb précipité, et on le fait desséaher; enfin, on sépare le cuivre de la liqueur au moyen de la potasse qui s’empare de l’acide , et précipite lecuivreà l’état dedeutoxide; on le recueille sur un filtre et on le lave. Tous ces précipités, bien séchés, doivent être exactement pesés ; puis on déduit, parle calcul, les quantités de chlore, d’acide sulfurique, d’oxigène; un additionne les cinq quantités des métaux obtenues, et ou voit si elles se rapportent en somme eu poids de l’alliage snr lequel ou a opéré. \

ÀfeEiAGE ; D* argent t de plomb, d’étain, de cuivre de

zinc ; 20 plus, du manganèse.

On expose oet alliage à la réaction de l’acide nitrique, et on obtient , à l’aide des précautions indiquées dans les analyses ci-dessus, l’argent, le plomb et l’étain; le cuivre et le zinc, restés en solution, sont précipités à l’état d’oxide par la potasse, en ajoutant un excès d’alcali; à l’aide de la chaleur, le zinc est redissout, et l’oxide de ctrivre peut être recueilli sur un filtre, lavé et séché. Si l’alliage contient du manganèse, il se trouvera mêlé avec le cuivre qui, étant oxidé, sera dissous complètement par l’ammoniaque; en filtrant, on aura le manganèse , qui se trouverait mêlé avec le cuivre, celui-ci étant oxidé, est dissous complètement par l’ammoniaque ; on aura sur le filtre le manganèse à l’état de tritoxide . il suffira de le laver et de le peser pour

lieu d’un chlorure d’argent pur , ou obtiendrait un mélangé de ce compose avec du sulfate de plomb.

4&2 TRAITE DES REACTIF?,

obtenir le cuivre, on évaporera la dissolution ammoniacale, et tout l’alcali volatil étant dégagé, le deutoxide d© cuivre reste seul ; on en prendra le poids, elles proportions de ses principes eonstituans indiqueront la quantité de métal pür qu’il, représente,, ,

Les métaux purs , obtenus de£ précipités , on déduits par le calcul, et additionnés les uns aux antres , doivent donner , en somme , la quantité totale de l’alliage analysé*

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