APPAREILS ET USTENSILES DIVERS
liEs bornes que nous nous sommes prescrites en écrivant ce Traité, ne nous permettent pas d’entrer dans de grands détails relativement aux divers instrumens et appareils que Ton emploie dans les laboratoires de chimie, déjà nous les avons indiqués en décrivant les opérations les plus familières aux chimistes exercés. ( Voyez le commencement de ce chapitre. ) Comme il serait d’ailleurs peu utile d’avoir une connaissance bien parfaite de ces objets, si l’on ne voulait se les procurer, nous insisterons surtout sur les principes qui doivent guider dans le choix que l’on en fera ou même dans leur construction.
Pour faciliter les recherches, nous avons encore adopté ici l’ordre alphabétique. *
J jutage. Oo donne ce nom à un petit bout de tuyau adapté en quelqu’endroit d’un vase ou d’un appareil.
Alambic. On se sert de ce vase pour opérer la distillation des liquides et pour séparer des substances volatiles de leur mélange avec d’autres qui sont fioces.
4 Les alambics en cuivre que l’on emploie le plus ordinairement sont composés d’une chaudière ou cucurbite étamée, munie à sa partie inférieure d’une canelle pour vider les résidus liquides de la distillation, et à sa partie supérieure, refermée ou rélréciede quelques pouces, d’un ajutage par lequel on introduit les liquides et que Ton ferme aisément au moyen d’un bouchon. Cette ouverture sert aussi àvider la chaudière au moyen d’un siphon.
TRAITÉ DES REACTIFS. 5/p
Lorsqu’elle n’a pas de canelle, le fond de la cucurbite doit être plat ou légèrement convexe, entièrement exposé au feu , afin que les dépôts ne s’attachent pas au milieu et qu’il soit échauffé sur toute la surface; le chapiteau qui recouvre la cucurbite est légèrement bombé , il est inutile qu’il soit creux , arrondi en tête de mort , garni intérieurement d’une gorge circulaire et muni d’un large tube conique ; un simple tube de 10 à 12 lignes de diamètre courbé, suffît pour conduire les vapeurs au serpentin : toute la partie supérieure de la chaudière , le couvercle et le tube, à son origine, doivent être recouverts de cendres , afin que la vapeur ne s’y condense pas.
Le serpentin dans lequel s’opère la condensation, se compose d’un tuyau en étain contourné dans un seau de cuivre ou dans un tonneau rempli d’eau ; cette eau doit se renouveller au fur et à mesure qu’elle s’échauffe. Un filet continu coule dans un tube qui amène l’eau froide à la partie inférieure ; elle monte en s’échauffant par degrés, et s’évacue près de la partie supérieure par un tube dît vide-trop- plein*.
Les alambics en verre se composent comme le précédent d’une cucurbite et d’un chapiteau, mais la forme de la première doit être arrondie, égale d’épaisseur et assez mince , afin qu’elle soit moins sujette à se casser au feu ; on la chauffe ordinairement au bain de sable; le chapiteau est recourbé de manière à former une rigole intérieure dans laquelle une partie de la vapeur se condense , le reste de la condensation s’opère dans l’allonge etle ballon , ce dernier peut communiquer par un tube avec un second, quelquefois avec un troisième flacon , plongés dans l’eau pour que la condensation soit plus parfaite. Les
alambics en verre dont la eucurbite et le chapiteau ne forment qu’une seule pièce , sont munis à leur partie supérieure d’une tubulure par laquelle on introduit le liquide à distiller , et l’on vide le résidu.
Allonge. On nomme ainsi un conduit , le plus ordinairement en verre blanc et quelquefois en grés , enflé à sa partie moyenne, éfilé à l’une de ses extrémités. Celleci se recourbant lorsqu’elle doit entrer verticalement dans le récipient.
Il y a aussi des allonges en métal. Celles qu’on emploie pour le potassium sont en cuivre , pour l’acide fluorique elles sont en plomb ou en platine.
Aréomètre, Nous avons indiqué les emplois de cet instrument dans le premier chapitre, nous ajouterons ici qu’en le supposant exact, ce que l’on doit vérifier avant de s’en servir, et d’après les principes que nous avons posés, on rendra les observations plus faciles et plus précises en espaçant le plus possible les degrés. Pour y parvenir, on divise l’échelle en plusieurs parties, en sorte que la tige ne soit pas trop longue et l’on en fait autant des aréomètres. Supposons que pour les liquides plus denses que l’eau on divise en 4 l’échelle de Baumé, le ier aréomètre comprendra les densités de o à 20 le 2' de 20° à 4o°, le 5° de 4°n à 60 > et le 4e de 6o° à 8o°. On conçoit qu’à longueur de tige égale les degrés seront 4 fois plus grands, et que l’on y observera des quarts de degré aussi facilement que des degrés entiers sur un aréomètre portant l’échelle entière.
On doit proscrire l’usage des aréomètres à plusieurs graduations, parce qu’en général leurlige est trop grosse, et par conséquent les degrés trop serrés.
Bain de sable. C'est ie nom que l’on donne à du grès pulvérisé passé au tamis et placé ordinairement dans un vase en fer ou en fonte et destiné à garantir de l’action trop vive du feu les vases en verre ou en porcelaine que l’on fait chauffer; il sert aussi de magasin de chaleur et régularise la température; mais la transmission du calorique étant plus ou moins difficile au travers de couches de sable plus ou moins épaisses , on ne se sert plus autant du bain de sable qu’autrefois. Le plus ordinairement on chauffe les vases à feu nu en les éloignant à une certaine distance au-dessus des charbons allumés, et les y maintenant au moyen de disques en tôle percés ou de gros fils de fer qui s’appuient sur les bords du fourneau.
Bain-marie. C’est le vase cylindrique en étain, en cuivre ou en argent , que l’on place dans la cucurbite d’un alambic dontles parois sont maintenues à égaie distance de quelques pouces, des parois intérieures de la cucurbite ; cet espace est rempli d’eau qui reçoit l’action directe de la chaleur et la transmet au bain-marie ; ses bords supérieurs viennent s’appuyer sur le bord de la cucurbite. Le chapiteau s’adapte sur le bain-marie comme sur la cucurbite, on le ferme hermétiquement à l’aide d’un lut ou de papier Collé.
On se sert du bain-marie pour opérer la distillation des substances dont on ne veut pas élever la température au-delà de celle de l’eau bouillante , et pour distiller les liqu ides très-volatils. Il faut avoir le soin d’entretenir la cucurbite constamment remplie d’eau au fur et à mesure qu’il s’en évapore ; l’ajutage par lequel on l’introduit , est bouché légèrement de manière à laisser une issue à la vapeur; si l’on voulait élever le degré de
fJUITE DES RÉACTIFS.
température au-dessus de celui de l’eau bouillante, il faudrait que la jonction du bain-marie avec la cucurbite fut serrée fortement à l’aide de vis, et que celle-ci fut munie d’une soupape correspondante à une pression déterminée.
Baguettes. On se sert fréquemment dans les laboratoires de baguettes en verre , soit pour agiter les liquides froids ou chauffés, et déterminer les reactions, les précipités ou une évaporation prompte, soit pour les imprégner de divers réactifs que l’on veut exposer au milieu de certaines vapeurs, tels, parexemple, que l’acide nitrique, l’acide hydro-chlorique faible ou l’hydro-cliiorate de platine pour reconnaître l’ammoniaque; l’ammoniaque elle-même pour reconnaître les vapeurs de chlore, d’acide hydro-chlorique ou d’acide nitrique qui se dégagent de diverses mélanges ou par les fuites d’un appareil.
Les baguettes se font avec des tubes de différentes grosseurs que l’on forme à la lampe ou que Fou achète chez les souffleurs. Elles ne doivent pas avoir une forte épaisseur par les bouts, surtout: lorsqu’elles sont d’un diamètre un peu gros.
On peut aussi préparer des baguettes avec des tubes pleins. Il suffit pour cela d’arrondir les angles que présentent les tubes à l’endroit où on les a coupés.
Balances. Ou se sert de plusieurs sortes de balances dans les laboratoires : il en faut au moins trois pour les différentes opérations que Fou a à faire , l’une destinée aux expériences de recherches doit être sensible à un demi milligramme, quoiqu’elle soit capable de peser un kilogramme. Pour obtenir une grande exactitude avec cette balance, et en général pour corriger les plus légères dif-
férenccs dans la longueur des leviers du fléau (c’est-à-dire des bras de la balance à compter du couteau sur lequel les oscillations ont lieu jusqu’au point de suspension des plateaux) , on emploie la méthode des doubles pesées; elle consiste à équilibrer les deux plateaux en mettant dans celui qui ne contient pas le corps à peser des grains de plomb en quantité suffisante pour rétablir l’équilibre, on remplace ensuite le corps que l’on voulait peser par des poids au moyen desquels on rétablit nue seconde fois l’équilibre; on conçoit que ceux-ci, remplaçant le corps absolument dans les mêmes circonstances, pèsent exactement comme lui. La balance que l’on emploie ainsi aux analyses délicates, doit être enfermée dans une cage de verre qui la garantisse des vapeurs du laboratoire , la face antérieure s’élève en glissant dans des coulisses, et est maintenue à toutes les hauteurs où on .veut la fixer par des ressorts qui la pressent constamment. On donne quelquefois à cette balance le nom de balance hydrostatique , parce qu’on s’en sert pour déterminer le poids .spécifique des corps. ( Voyez le ier chap. ) L’un des plateaux est inuni en dessous d’un crochet auquel on suspend par un fil le corps que l’on veut peser dans l’eau.
Les deux autres balances doivent être assez fortes pour peser, l’une jusqu’à 5oo grammes, l’autre jusqu’à 8 kil. et être sensible, la première à un centigramme, et la seconde à 5 décigrammes.
Ballon . Sphère creuse en verre terminée en un col cylindrique dans le prolongement d’un rayon ; outre ce col, on adapte quelquefois au ballon un ou plusieurs petits goulots que l’on nomme tubulures.
Ce vase sert de digesteur pour certaines substances ou
TRAITS DSS RÉACTIFS.
pour la préparation des gaz que l’on lait dégager au moyen de la chaleur et le plus ordinairement comme récipient et condenseur des vapeurs; il doit être en verre blanc, mince, égal d’épaisseur et surtout, comme tous les vases en verre susceptibles d’être chauffés, exempts de ces protubérances que l’on nomme pontis ; on dispose des ballons à robinet pour peser les gaz en coupant le col assez court y adaptant une virole en cuivre sur laquelle est fixé un robinet à vis.
Baromètre. Cet instrument destiné à mesurer la pression de l’atmosphère, se compose, comme on le sait, d’un tube vertical de 0,90 mètres dehauteurfermé àsa partie supérieure , et plongeant par sa partie inférieure dans une cuvette de mercure, le tube a été complètement purgé d’hmnidité; en y soufflant de l’air sec, on en a chassé l’air en y faisant bouillir du mercure successivement dans toute sa longueur ; enfin, rempli de mercure complètement, il a été plongé subi ilement dans la cuvette en inclinant un peu les ouvertures l’une vers l’autre ; ce baromètre est employé pour les observations peu rigoureuses; en effet, le niveau du mercure dans la cuvette notant pas constant, on ne saurait mesurer avec exactitude les variations dépréssion; on en a imaginé plusieurs qui ne présentent pas cette cause d’inexactitude, le plus simple et le meilleur de ceux-ci, est sans contredit, celui que M. Gay-Lussac a fait construire; ce baromètre est du genre des baromètres dits à siphons, (Ann. de Ch. et de phs. , t. icr, pag. 1 15). Nousne saurions en offrir une description plus précise qu’en rappelant ici celle qu’en donne M. Gay Lussaclui-même. L’auteur pour faire mieux concevoir ce qui caractérise ce baromètre , le suppose dé-
TRAITÉ I>KS REACTIFS. 55 1
pouillé de sa monture qui peut d’ailleurs varier d’une infinité de manières; la figure 1 , planche première, représente le tube barométrique placé comme il convient pour l’observation; N n sont les deux niveaux du mercure; la grande branche A, B est d’un diamètre égal jusqu’enF; là le tube A, F est soudé avec un autre tube fort, F, B, G, dont le diamètre intérieur est de un à deux millimètres; la petite branche C,D du baromètre a le mè ne diamètre que la partie A, F de la grande » elle est fermée en D ; au point E , distant de 2 ou 5 centimètres de D, se trouve un petit trou capillaire qui ne laisse pas le mercure s’échapper à moins d’une forte pression, et permet à l’air d’entrer et de sortir librement. (On peut régler ce baromètre pendant qu’il est encore ouvert en 0. ) La figure 2 fait voir le baromètre renversé, le mercure occupe la partie C,B,F,A du tube, l’excédent est logé en D,cet excédent doit être très-faible ou même nul. La fig. 3 représente le baromètre dans la même position que ci-dessus, mais la branche B, F, A est supposée vide de mercure depuis B jusqu’en G, ce qui ne peut arriver que par des secousses violentes; dans ce cas, le tube n’ayant au plus que 2 millimètres comme cela est indiqué, la colonneGF du mercure ne pourra être divisée par l’air, et celui-ci sera expulsé par le mercure dans sa chûte lorsqu’on retournera le baromètre. Si la colonne G, A restait suspendue un instant, on donnerait quelques légères secousses , elle retomberait en chassant l’air contenu en B, G.
Trois choses caractérisent ce baromètre, i° le trou capillaire E qui laisse une circulation libre à l’air et empêche le mercure de sortir, 20 le tube G, B, F assez étroit pour que l’air ne puisse pas diviser la colonne de mercure.
S- 52 TRAITÉ DES REACTIFS*
Si dans îabrancheB,C,D, il ne s’est pasintrodii t, en construisant l’instrument, la plus petite quantité d’huile, qui est la seule cause de la crasse noire des baromètres, le mercure restera aussi net que le premier jour , après les voyages les plus longs et les secousses les plus multipliées.
Le transport de cet instrument est très- facile, il ne peut se déranger si l’on a la précaution de le tenir renversé comme l’indique les figures s et 5, on l’enferme ordinairement clans un tube métallique fendu dans une partie de sa longueur ( fi g. 4) , et recouvert par un autre tube qui glissse à frottement, et fendu aussi , afin qu’on puisse voir la colonne de mercure ou la cacher à volonté.
Four rendre ce baromètre peu dispendieux, on peut tracer la division sur le verre même, et Fen fermer dans un étui de fer-blanc qui s’ouvre à ses deux extrémités, on peut alors évitcrl’emploi d’un Vernier , parce que les divisions rapprochées du mercure ne font pas craindre l’effet de la parallaxe, et qu’on peut avec un peu d’habitude, en observant l’origine de la courbe évaluer à l’œil nu même un dixième de millimètre.
La manière de se servir de ce baromètre consiste à observer la hauteur de la colonne inférieure et celle de la, colonne supérieure, et à les retrancher l’une de l’autre. Si les colonnes sont d’un diamètre égal, il suffit d’observer la hauteur de la colonne supérieure, et de doubler les variations apparentes pour avoir les variations réelles.
Bassine. C’est une sorte de chaudière évaporatoire circulaire, applatie et munie de deux anses. Les bassines se font en cuivre, en plomb , en argent et quelquefois en étain ou en platine, on choisit le métal le moins attaquable par les liquides que Ton fait évaporer, 'le platine
TP. A ni. DES RÉACTIFS.
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3;kJ
serait préférable à tous les autres ,
s’il n’était à un prix
aussi élevé.
Bocal. On donne ce nom à un vase cylindrique en verre , en cristal, en porcelaine ou en faïence à col droit ou à col renversé de différentes grandeurs, on s’en sert pour conserver les substances solides dont les morceaux sont un peu volumineux, on les ferme avec de gros bouchons ou avec un couvercle , dans ce cas, on met à la jonc* lion un peu de lut pour prévenir l’accès de l’air ou l’issue des vapeurs.
Bouchon. Cylindre ou cône tronqué en liège , en cristal ou en verre, propre à fermer hermétiquement différons vases; les bouchons de liège sont les plus fréquemment employés, on doit les choisir bien sains et bien homogènes, ceux qui offrent une multitude de trous doivent être rejetés, la grosseur de ces bouchons varie suivant l’ouverture des vases que l’on veut fermer , les planches de liège dans lesquelles on découpe des bouchons de diverses grandeurs pour les laboratoires , n’étatit pas d’une épaisseur très-forte, on ne peut pas toujours se procurer des bouchons en liège d’un assez grand diamètre on d’une épaisseur proportionnée à leur grandeur ; et qui permette de les enfoncer assez pour comprimer leurs pores, on réussira facilement à préparer les bouchons de toutes les dimensions, et bien homogènes par le procédé suivant : on taille dans les endroits sains .d’une planche de liège plusieurs carrés dont les côtés soient égaux à la hauteur des bouchons que l’on veut préparer, on applanit bien à l’aide d’une grosse râpe et ensuite d’une râpe fine les surfaces larges; on met une légère couche de solnÜon de gélatine sur chacune des surfaces dressées , on applique
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ces surfaces l’une sur l’autre, on approche ainsi trois , quatre ou cinq morceaux destinés à composer un seul bouchon , et l’on place dans un même châssis en bois, à clavettes une ou plusieurs douzaines de ces assemblages, et on les comprime fortement à l’aide de coins en bois ; au bout de heures on démonte le châssis, et chaque assemblage ne forme plus qu’une seule masse de liège compacte que l’on peut tailler et percera volonté; ces bouchons de plusieurs pièces sont plus solides que tous les autres, et comme les Assures deviennent transversales au lieu d’être longitudinales , ils opposent beaucoup plus de résistance au passage des gaz et des liquides.
Les bouchons de plusieurs morceaux et ceux d’une seule pièce avec lesquels on veut fermer très-hermétiquement des flacons, et leur faire supporter une forte pression, doivent être préalablement amollis, soit à l’aide d’un marteau, soit en les comprimant à plusieurs reprises dans des mâchoires en fer. Les bouchons deviennentainsi plus souples, et se prêtent plus aisément aux formes des ouvertures contre les parois desquelles leur élasticité les fait appuyer dans tous les points.
Calorimètre. Cet instrument, destiné à donner la mesure des quantités de chaleur, a été’décritdans le ier chapitre ainsi que le mode de s’en servir.
Capsules. Ces vases dont la forme est ordinairement celle d’un segment de sphère, quelquefoisà fond plat, sont de differentes matières. On en fait en platine, en porcelaine, en argent et en verre, les capsules de platine sont- très-' commodes , elles s’échauffent et se refroidissent rapidement qns aucun danger, elles résistent à l’action de tous les liquides , à l’exception du mélange d’acide nitrique et
TRAITE DES REACTIFS. 355
hydro-chlorique ; elles peuvent être employées à la brûler et calciner diverses matières, on peut les laisser dans un brasier ardent pour les nétoyer dans certaines circonstances. Les capsules en porcelaine vonttrès-long-teinps au feu, lorsqu’elles sont minces , d’une épaisseur bien égale et qu’on a soin de les faire chauffer et refroidir graduellement; il faut prendre d’autant plus de précautions, que leurs dimensions sont'plus grandes. Les capsules d’argent doivent être assez fortes pour supporter le poids des liquides que l’on y fait évaporer, et quelques chocs légers qu’elles reçoivent souvent ; il n’y a d’autres soins à prendre dans leur emploi que de n’y faire chauffer aucun des acides forts, les acides végétaux eux-mêmes attaquent un peu l’argent, à la longue.
Les capsules en verre sont peu employées à cause de leur extrême fragilité; les fonds de cornues ou des ballons, que l’on détache à l’aide d’un fer rougi et d’une goutte d’eau, sont préférables aux capsules faites dans les verreries; celles-ci sont souvent trop épaisses et inégales d’épaisseur, on peut faire soi même une capsule en verre assez bonne, en plaçant un morceau carré ou rond de verres à vitres blanc sur un têt à rôtir; on chauffe celui-ci au rouge, à cette température, le verre s’amoiit, et par son poids s’applique contre les parois du têt à rôtir, les bords du verre qui excèdent se rabattent au-dessous, on peut les découper à l’aide de ciseaux pendant qu’ils sont rou-* ges ; on peut aussi appliquer dans ces vases en terre cuite les capsules faites avec des fonds de cornues ou de ballons, elles sont moins fragiles, parce que l’enveloppe de terre les garantit des impressions subites du froid.
Cascade chimique. M, Clément , professeur de chimie
hcfl TIU.ITÉ t'ïES H ËÂ CT S F? .
no Conservatoire des arts et métiers, a décrit un appareil propre à la production et à la condensation de quelques gaz ? il a nommé l’ensemble de cet appareil cascade chimique ; la première partie cascade productive et la seconde cascade absorbante. Nous la supposerons ici appliqué à la préparation du chlore liquide. On concevra facilement les autres emplois qu’il est possible d’en Faire s et qui n’ont pas encore été essayés
A est un ballon de verre, à demi rempli d’eau, destiné à envoyer delà vapeur. A’ est une chaudière en cuivre ou en tôle destinée au même usage et qui remplace avantageusement le ballon , lorsqu’il n’y a que de l’eau pure à échauffer; iî est nécessaire de placer entre la chaudière et la colonne productive une soupape qui empêche la rentrée du gaz clans la chaudière, celle-ci serait bientôt corrodée sans cette précaution. L’eau volatilisée est remplacée au fur et à mesure de son dégagement par de l’eau chaude (échauffée par le même fourneau) ; celle-ci est introduite à l’aide d’un tube H recourbé en S. La vapeur dégagée entre clans un flacon B à trois tubulures disposées comme on le voit dans lafig. 4* Ce flacon communique avec le ballon ou la chaudière par un tube M. Il contient des morceaux cle manganèse. La solution de manganèse produite , comme nous le dirons ci-après, s’écoule par un tube T, T , dans un réservoir G ; ce même flacon ( cascade productive ) reçoit par un tube V, Y , de l’acide hydrocblorique , contenu dans un flacon à robinet G, et envoie, par un tube IA, IA, le chlore produit dans un cylindre D, qui est entièrement rempli de petites sphères (boules) de verre, de porcelaine ou de terre cuite (■grès). Cette colonne ( cascade- absorbante ) , a trois tu-
foulures; l’une d’elles reçoit le tube li ; un autre le tubel qui va plonger dans un flacon F. Enfin onfaitentrer dans le bouchon j qui ferme la troisième tubulure du cylindre, l’extrémité du tube LR, adapté à un flacon à Robinet E. On ajoute dans !e meme bouchon du cylindre un tube droit et ouvert O qui sert de seule issue à l’appareil; les tubes plongeurs I et T peuvent être remplacés par des tubes en S , I’ et T’ qui produisent le même effet de laisser les liquides s’écouler, sans donner issue au gaz. ( Voyez la fig. 4 de la planche 2 ).
On porte l’eau du ballon ou de la chaudière à l’ébullition, la vapeur échauffe et humecte, en se condensant, les morceaux de manganèse contenus dans le flacon B. On ouvre le Robinet Y du flacon C. L’acide hydrochlorique coule et se trouve en contact avec l’oxide de manganèse. Cet acide se partage en deux parties ; l’une qui agit sur l’oxide de manganèse, en lui enlevant son oxigène pour l’amener à l’état de protoxide ; l’autre qui se combine au protoxide formé ; on conçoit que le passage du per-oxide, à l’état de protoxide, ne peut se faire qu’au dépens de l’hydrogène de l’acide hydrochlorique qui sert à former de Feau. Il y a donc dégagement de chlore qui, uni à l’hydrogène, formait cet acide; l’hydrochlorate de protoxide de manganèse s’écoule au travers des morceaux de manganèse jusque dans le réservoir G; le chlore s’élève en gaz etpasseparletube&K, dans le cylindre D, oûilren contre de l’eau (introduite en ouvrant le robinet L),celle-cirecouvre et enveloppe de toutes parts la surface extérieure des petites boules ; le chlore se condense et s’écoule par le tube I dans le récipient F. Si le robinet à l’eau était fermé , ou que l’eau manquât par quelque cause que ce
558 TRAITÉ DES REACTIFS.
lut, le chlore en se dégageant par l’extrémité du tube O,
annoncerait cet accident (1).
Les avantages que cet appareil présente sont faciles 11 apercevoir; on conçoit, en effet, que l’oxide de manganèse étant employé en morceaux , on s’évite ainsi la peine de le réduire en poudre; que l’acide hydrochlorique eu passant successivement sur tous les morceaux d’oxide de manganèse, dont la surface en somme est très-considérable, doit épuiser son action; que celle-ci est encore favorisée par la vapeur d’eau ; que le chlore , obligé de traverser tous les petits espaces, extrêmement multipliés entre les boules contenues dans le cylindre D, circulé dans un sens inverse de celui que suit l’eau, et ne peut manquer de se condenser entièrement.
Nous aurions pu présenter ici quelques calculs que M. Clément a donné sur les effets de cet appareil; mais cela nous mènerait trop loin, et d’ailleurs il y aurait plusieurs causes de corrections assez difficiles à apprécier. Il nous suffira de dire qu’au moyen de cet appareil , l’eau que l’on veut charger de chlore est toujours saturée au degré de température auquel l'opération a lieu, et que dans cette application il offre des avantages marqués , si on le compare h l’appareil de Woolf.
Nous devons avertir que si l’on employait du manga-
(t) On conçoit que si le mélangé cîe manganèse et d’acide hydrochlorique ou sulfurique on tout autre mélange qui doit donner lieu h un dégagement gazeux condensable , était opéré et réagissait complètemmt dans le baüon A, il faudrait adapter directement le tubeMà la tubulure K du cylindre D, puisqu’il deviendrait inutile , dansée cas, de faire passer les produits gazeux dans le flacon intermédiaire B.
TRAITÉ DES REACTIFS. 55()
nèse très-impur , les matières non dissoutes encombreraient bientôt la cascade productive .
Casserolles en cuivre , en argent, en platine. Ces ustensiles sont fort commodes pour diverses opérations qui se terminent promptement. ^
Chalumeau . Cet instrument est très-utile dans une foule de petits essais pour reconnaître la présence des divers métaux dans beaucoup de substances; on le construit en verre, en argent ou en cuivre; c’est ce dernier que Ton préfère , il réunit la solidité à l’économie; la douille par laquelle on souffle et la tuyère par laquelle le vent sort dans la flamme, sont en platine. Celui que M. Bailly a fait construire pour son usage particulier, et ensuite pour modèle, est un peu plus commode que celui de M. Bcrsélius dont il est une modification : le petit tuyau implanté dans le réservoir d’air, traversant entre les parois intérieures, le trou dont il est percé par dessous, ne permet pas à la salive de pénétrer jusqu’à la tuyère de platine qui souffle la flamme; une ouverture faite à l’extrémité du petit réservoir , et qui se ferme à l’aide d’un petit bouchon en cuivre, permet de vider l’eau qui s’y accumule lorsqu'on souffle longtemps.
La fig. 1 delaplanche 2 , indique su fils animent la construction des diverses parties de cet instrument; la fig. 2, même planche, montre ce chalumeau en action sur la lampe de M. Bailly. ( Voyez dans l’Appendice une note sur l’emploi du chalumeau ).
Chalumeau d gaz oxigène comprimé . Cet appareil consiste en une douille à bec éfilé, vissée sur une forte caisse en cuivre : une pompe aspirante et foulante est alimentée de gaz oxigène par une vessie adaptée à sa partie supé-
50t) TUAITÉ DES REACTIFS,
i-ieurè ; en faisant mouvoir le piston de haut en bas, ofî introduit le gazoxigène dans la caisse jusqu’à ce que l’on juge qu’il y soit suffisamment comprimé (1). On ferme alors un robinet qui intercepte la communication entre la caisse et la pompe , et l’on ouvre celui qui est entre le chalumeau et la caisse, le gaz s’écoule par le bec elle courant est dirigé sur la cavité enflammée du charbon ou est placé le corps qu’on veut soumettre à une haute température.
Chalumeau à gaz hydrogène et oxigène comprimés : Une diffère du précédent qu’en quelques dispositions propres à prévenir l’inflammation et la détonnation du mélange gazeux dans la caisse; à cet effet le bec du chalumeau est étiré en un tube capillaire, et l’autre bout du chalumeau est vissé sur un tuyau qui dans la caisse plonge de quelques lignes dans une couche d’huile contenue au fond de la caisse, ce tuyau est garni intérieurement de 100 à i5o toiles métalliques, assez fines pour présenter 7 à 800 trous au pouce carré, on voit que le mélange gazeux comprimé , comme ilest dit ci-dessus, n’arrive à l’extrémité du chalumeau qu’après avoir traversé l’huile pour se rendre dans le tube vertical où il rencontre un grand nombre de fils de laiton croisés, etenfin , il ne s’échappe qu’au travers d’un tube capillaire métallique. Pour plus de sûreté encore, on peut faire passer au travers d’un mur ou d’une forte planche, le tuyau qui fait communiquer la caisse avec le bec du chalumeau.
Après avoir comprimé dans la caisse le mélange d’un
(1) Il serait facile d’adapter à cette caisse un manomètre , [V°y. ce mol plus loi n ) qui indiquerait le degré de pression.
volume d’oxigène avec deux volumes d’hydrogène, on enflamme le courant de gaz et on le dirige sur le corps à traiter.
La température que Ton peut obtenir de cette manière est si élevée , quelle fond la plus part des corps qui avaient été regardéscomme infusibles avant l’emploi de ce moyen.
Chaudières en fonte, en cuivre, en plomb; on.se sert dans les laboratoires de chaudières en fonte pour préparer des quantités assez grandes de solutions alcalines, de lessives caustiques, etc. Ces chaudières sont sujettes à se casser dans plusieurs circonstances : lorsqu’après avoir vidé un liquide bouillant quelles contenaient, on y verse tout à coup une grande quantité d’un liquide froid; lorsque, faisant chauffer un mélange qui peut y former quelque dépôt consistant, on vient à briser la croûte formée au fond, on conçoit que la fonte ayant été privée pendant quelques instans du contact du liquide par le dépôtdurcî, $a température s’est élevée bien au-delà de celle du liquide bouillant; que si ce liquide pénètre tout à coup, il se produit une contraction subite comme dans le premier cas, et le métal peu ductile se fend. Il faut éviter de frapper sur les parois de ces chaudières, des coups trop forts, surtout avec des outils en fer; enfin avant de monter une chaudière en fonte sur un fourneau , il est utile de s’assurer si elle n’a pas de soufflures dans aucune dq ses parties. (1).
(i) On donne le nom de soufflures à des défauts de la tonie: ce sont des cavités intérieures résultantes des gaz qui se sont loges dans soo épaisseur pendant la roulée : Pour découvrir ces défauts on frappe à petits coups avec la pointe d'un tuai tclct sur
56a TRAITÉ DES REACTIFS.
Les chaudières en cuivre s’emploient plus rarement parce qu’elles sont attaquables par les liqueurs acides et alcalines, et même par plusieurs solutions neutres ; leur fond doit toujours être plus épais queles parois , elles offrent l’avantage d’être échauffées rapidement ; pour en profiter et cependant éviter qu’il se dissolve du cuivre dans les liquides, on y laisse ceux-ci le moins de temps possible après que l’opération est terminée.
Les chaudières en plomb sont utiles pour traiter beaucoup de substances dans lesquelles on laisse un excès d’acide fulfurique, tartrique ou oxalique, le plomb métallique étant peu attaqué par ces acides, et d’ailleurs les sels qu’ils forment étant très-peu solubles, il ne s’en dissout que très-peu à la longue; mais un autre danger accompagne toujours l’emploi des chaudières en plomb exposées à feu nu , (car c’est ainsi qu’elles servent presque toutes) pour peu que des dépôts consistants se forment sur la surface du fond, le liquide n’étant plus en contact avec le métal, celui-ci acquiert bientôt une température assez élevée pour se fondre, il se forme un trou, et le liquide se perd dans le foyer.
Il faut donc éviter avec soin de laisser les dépôts se former dans les chaudières en plomb ou en fonte; celles de cuivre, même , exposées à un feu actif sont quelquefois fondues par les mêmes causes.
toute la surface de la chaudière, le son qu’elle rend est voilé sur les souillures, et pour peu qu’on y trappe plus fort, la pointe du martelet y fait un trou. Il est surtout important de découvrir les soufflures dans les grandes pièces en fonte.
' TRAITÉ DES REACTIFS. 565
Chloromètro. M. Gay-Lussac a donne ce nom à la réunion des instruments de son invention au moyen desquels on peut apprécier la proportion de sous-chlorure de chaux pur contenu dans le sous - chlorure du commerce. Ce mode d’essai est établi sur les données que M. Gay-Lussac admet avec M. Welter : i° que le chlore peut se servir de mesure à lui-même, en déterminant d’avance, comme terme de comparaison, la quantitéd’une solution d’indigo qui peut être décolorée, par un litre de
chlore gazeux à la température de zéro et sous la pression de 76 centimètres ; 2° que le maximum d’effet du chlore ou d’un chlorure d’oxide, sur l’indigo, s’obtient en mélangeant ensemble d’un seul coup les deux solutions de chlore et d’indigo (i).
On prépare une solution d’indigo telle, que dix volumes soient décolorés par un seul volume delà solution d’un litre de chlore dans un litre d’eau, puis on fait dissoudre du sous-chlorure de chaux saturé à l’état pulvérulent en proportion telle que cette solution contienne, à volume égal, autant de chlore que la solution, ci-dessus, du chlore gazeux, et la même liqueur d’épreuve sera également décolorée par o, 1 de son volume de celte solution de sous-clilorure de chaux. Le calcul indique que l’on atteint ce terme en dissolvant 4î9(i) 28 grammes de sous-chlorure
(i) Telles For.tles bases sur lesquelles M. Gay-Lussac a fondé la construction du chlororqêtre. On trouve à fa fabrique de ce savant chimiste Ja liqueur d’épreuve toute préparée : il sulfit pour
s’en servir de l’étendre d’nnc certaine quantité d’eau. L’exactitude de cette préparation et celle des chlorooietrcs, son t garanties par le nom du chef de cet établissement.
de chaux en poudre dans o,5 litres d’eau. Cette solution décolore donc dix fois son volume de la solution d’indigo ou 10 grandes divisions du chloromètrequi indiquent 100 centièmes de sous-chlorure de chaux pulvérulent à l’état de pureté (1).
Essai du sous-chlorure de chaux par le chloromètre.
On pèse avec soin 4>958 grammes de sous-chlorure de chaux (ce poids, presqu’égal à 5 grammes, fait partie des pièces du chloromètre ) ; on le met dans un mortier de verre et l’on broie bien exactement en ajoutant un peu d’eau; on verse le tout bien délayé dans un tube à
pied, A pl. 5 fig. 5, sur lequel une raie horisontale gravée indique une capacité d’un demi-litre, aux - de la
capacité de ce vase; on rince à plusieurs reprises le mortier et le pilon avec de petites quantités d’eau et l’on réunit tous ces lavages dans le même tube. On y ajoute encore de l’eau jusqu’à ce que la courbe inférieure du liquide corresponde exactement à la raie horisontale; on agite tout le mélange, puis on laisse déposer pendant une minute ou deux; on prend avec la petite pipette, B fig. 6 , une mesure de la solution claire déterminée par un cercle tracé sur la tige au point p. Il faut que la concavité que forme le liquide soit tangeante au plan qui passe
(î) Ce composé qui s’emploie aujourd'hui dans les blanchis-
sériés, les papeteries , les fabriques de toiles peintes, etc. , marque 8 degrés au chloromètre lorsqu’il est bien préparé , c’est-àdire qu’il contient les o,8 de son poids de sous-chlorure de chaux pur. La fabrique de MM. le baron Bonnairej, Payen et Ador qui en prépare de très-grandes masses, a son dépôt àParis ? rue du faubourg St. Martin , n„ 43.
TRAITE DES REACTIFS.
par le petit cercle tracé sur la tige. Il est facile d’avoir exactement cette mesure en prenant plus de liquide qu’il
n’en faut dans la pipette et laissant écouler pçu à peu l’excès à l’aide d’un léger mouvement du doigt avec lequel on bouche l’extrémité supérieure de la pipette ( Voyez la fig. 7) ; on met cette mesure de la solution dans un verre à expérience C, fig. 8 , puis on rince la pipette, en y passant un peu d’eau à l’aide d’un tube effilé D, fig. 9, dont on introduit lebeo dans l’ouverture supérieure de lq tige.
On remplit avec la solution d’indigo , jusqu’à la 10e grande division, une burette E dont la petite tige creuseen col de cygne permet de verser cette liqueur d’épreuve goutte à goutte dans la solution de chlorure; on continue d’en verser jusqu’à ce qu’une teinte verte, que prend le mélange, indique qu’il y a excès d’indigo.
En opérant lentement le mélange , l’on obtient , * ainsi que nous l’avons fait observer, moins que le maximum de l’effet du sous-chlorure , et d’autant moins que la durée de l’essai est plus grande ; on peut n’obtenir quç moitié de l’effet possible; mais ordinairement l’on n’opère pas avec assez de lenteur pour être au-dessous de plus d’un quart; il est donc nécessaire de recommencer l’essai en versant tout d’un coup dans une deuxième mesure de chlorure, prise de meme avec la pipette dans la solution que contient le tube A, un volume de la liqueur d’épreuve plus grand d’un quart que celui employé dans le premier essai : cette quantité est mesurée dans un tube F gradué comme le premier, mais dont les 100 divisions sont en sens inverse; si la teinte du mélange, ainsi opéré brusquement, est jaune-fauve, il n’y a pas assez d’indigo:
il faut recommencer l’essai en en ajoutant un peu plus. Si
366 TRAITÉ DES R CACTEES..
la teinte était bleuâtre, il faudrait recommencer en ver* sant un peu moins de solution d’indigo. Enfin il faut arriver par quelques tâtonnements, à obtenir dans le mélange, brusque une teinte verdâtre que l’on reconnaît bien en opposant au liquide un corps blanc, tel qu’une feuille de papier. Si le chlorure de chaux essayé a exigé 8 grandes divisions de la liqueur d’indigo pour arriver à son terme de saturation f on en conclut que le sous-chlorure de chaux essayé contient o,8 de son poids de sous-chlorure pur.
Pour peu que Fon ait d’habitude de ces manipulations faciles, un essai entier dure au plus cinq minutes, lors même que l’on recommence trois fois pour arriver au dégré exact.
Cisailles. Outil à deux tranchants avec lequel on coupe aisément des fragments, des bandes ou des fils métalliques, soit pour les analyser, soit pour s’en servir comme de réactifs ( Voyez chacun des métaux ) , soit pour en faire des spirales propres à faciliter l’ébullition, soit enfin pour en préparer quelques ustensiles. Les cisailles doivent être éprouvées en coupant des feuilles de tôle un peu épaisses : l’on observera si leur acier ne se refoule pas, ou n’est pas égrené.
Cloche. Vase cylindrique en verre blanc, terminé par une calotte sphérique, muni quelquefois de deux ouvertures latérales opposées , surmonté par un bouton en verre au moyeu duquel on la tient facilement à la main. Ces cloches sont fréquemment employées dans les laboratoires; il faut eu avoir de plusieurs dimensions. On s’en sert pour couvrir les filtres desséchés et pour mettre divers produits d’une analyse commencée, à l’abri des corps légers qui fioltent dans l’atmosphère. Ou recueille dans
TRAITÉ DES IlÉACTlFS. 5(>7
Jcs cloches, préalablement remplies de mercure et d’eau sur la cuve pneumatique j divers produits gazeux; on fait passer les gaz d’une cloche dans une autre sous l’eau ou le mercure, soit pour faire réagir des mélanges gazeux, soit pour reconnaître la nature du gaz sur une petite quantité, soit enfin pour agir sur un volume déterminé de gaz; dans ce cas la cloche doit être graduée. Les divisions gravées en creux sur le verre indiquent des volumes connus et ordinairement des fractions décimales du litre. On peut graduer une cloche assez exactement en remplissant d’eau, plaçant ses bords inférieurs sur la tablette bien horisontale d’une cuve pneumatique et y introduisant successivement plusieurs décilitres d’air. On se procure aisément un flacon à goulot étroit dont la capacité soit d’un décilitre, exactement, en versant dans un flacon un peu plus grand, autant de cire ou de résine fondue qu’il enfautpour le ramener à la capacité d’un décilitre, on marque avec de la cire à cacheter la hauteur de l’eau à chaque décilitre d’air introduit;, juSqu’à ce quel’eausoit abaissée dans la cloche au même nivèau que dans la cuve. On grave ensuite toutes ces divisions avec un diamant. Il est important d’éviter, pendant tonte celte opération , que la température diffère dans la cuve, le flacon et la cloche, et pour cela on doit s’abstenir de poser la main sur ce vase.
Ces cloches sont préférables à celles dont les divisions
sont égales , parce qu’elles n’obligent pas à des corrections pour la différence entre le niveau de l’eau dans la cuve et celui de l’intérieur de la cloche.
Lorsque l’on veut extraire quelques portions du gaz contenu dans ces vases , le faire passer dans une vessie ,
36$ TRAITÉ DES UÉACTIPS»
ou réciproquement y introduire des produits gazeux , ou se sert de cloches à robinets. Dans celles-ci le bouton est
remplacé par un robinet capable de fermer très-hermétiquement \ on les éprouve en les emplissant d’eau et les relevant au-dessus du liquide , de manière à ce que leurs bords inférieurs y plongent seulement de quelques millimètres: pour peu que le robinet ne ferme pas exactement, on voit l’air s’introduire par la partie supérieure et l’eau descendre dans la cloche. On rend cette épreuve plus sûre en donnant à la cloche, plongée e,n partie dans la cuve , de petites secousses de bas en haut qui tendent à en faire sortir l’eau et augmentent l'effet de la pression de l’airç extérieur il faut réitérer celte épreuve en fermant le robinet dans le sens opposé.
Cloches courbées . On donne ce nom à des tubes cylindriques dont l’extrémité fermée est inclinée de qn degrés environ, le tube étant posé verticalement. Ges sortes de tubes-éprouvettes sont commodes pour faire des expériences sur le mercure avec plusieurs substances qu’on loge dans le bout fermé de La partie courbe , et que l’on chauffe au moyen d’une lampe à esprit de vin.
Cornues. On fait ces vases distillatoires.cn verre, en
grès, en porcelaine, en platine. Les cornues de verre doivent être choisies exemptes de pontis et sans inégalités d’épaisseur. Il faut les échauffer et les laisser refroidir avec précaution. On les place ordinairement dans un bain de sable ; on peut les chauffer à feu nu sans danger en n’élevant pas la température trop brusquement et évitant les courans d’air. Les cornues tabulées sont soujours plus sujettes à se casser que les autres.
Four rendre les cornues en verre plus capables de supporter un coup de feu plus violent sans se déformer ou.
TRAITÉ DtS REACTIFS! 56()
fcèder au poids des substances qu’elles renferment, on les enveloppe avec un lut composé d’argile, de sable fin et de crottin de cheval ou mieux encore avec la pûte argileuse des creusets. ( V oyez plus loin. )
Les cornues en grès peuvent être chauffées plus fortement que celles en verre. Elles sont assez sujettes à se Yasser, sur-tout pendant qu’elles refroidissent. On les Iule ordinairement soit avec la composition ci-dessus, soit avec la terre à creuset.
Les cornues en porcelaine, plus réfractaires encore que les précédentes, sont sujettes à se casser dans l’opération. EUïs sont assez imperméables pour les expériences sur les produits gazeux; en les enveloppant d’un enduit de terre à creuset, on les rend moins fragiles au feu. On fait aussi des cornues toutes en terre de creuset ; mais elles sont poreuses : les gaz et les substances trèsfluides peuvent les traverser.
Les cornues en platine sont employées pour traiter des substances qui attaqueraient la matière des cornues en verre , en porcelaine ou en grès On s’en sert en grand pour concentrer l’acide sulfurique; on pourrait s’en servir même pour distiller cet acide.
Coupe-racines . C’est un outil formé d’une sorte de serpe tranchante , fixé d’un bout sur un petit tourillon et semouvant à l’aide d’un manche comme une cisaille , près d’un couteau d’acier en repos. Cet outil doit être en bon acier; il sert à réduire en tranches minces, coupées transversalement, les parties ligneuses des plantes dont on se propose de faire l’analyse ou seulement des décoctions ou des infusions.
Coupelle . Petit vaisseau moulé en forme de coupe plate
ZjQ TRAITE DES REACTIFS.
d’oéi lui vient le nom de coupelle. 11 se prépare avec de.l os calcinés , pulvérisés et humectés, on donne la forme Convenable au moyen d’un moule. La propriété de ce vaisseau est d’être poreux et de se laisser traverser par quelques oxides métalliques. C’est à cette qualité qu’est dft son emploi dans la coupellation. [Voyez ce mot. )
Couteau. Cet outil , en ivoire ou en corne, sert à enlever les précipités gélatineux de dessus les filtres.
Creuset. Ce Vase, de forme cylindrique ou conique extérieurement et présentant à l’intérieur celle d’un cône ou d’un cylindre terminé par un fond arrondi, s’emploie pour porter différentes substances à une température élevée. Les creusets se font en platine, argent, fonte, fer forgé, terre réfractaire , etc. Ils sont munis chacun de couvercles de même nature qu’eux; quelquefois on se sert d’un petit creuset renversé pour couvrir un plus grand et on lute la jonction avec de l’argile.
La préférence que l’on doit donner à la matière du creuset est déterminée par l’action spèciale des substances sur lesquelles on opère. ( Voyez Calcination dans le chapitre précédent. )
Le platine doit être bien pur ainsi que l’argent, celui-* ci est revivifié du chlorure. La fonte grise est emplo}rée pour les grands creusets des monnaies, la fabrication en grand du prussiate de potasse, etc. ; celle qui est blanche étant trop fusible et la fonte noire étant trop peu tenace. Les creusets de fer forgé servent aux mêmes usages que ceux de fonte; ils sont plus solides, mais beaucoup plus dispendieux. Les creusets en terre servent à une foule d’opérations : aux essais des mines, à la fusion du cuivre, de l’acier, du fer , à des réductions et des oxidations, etc.
TRAITE DES REACTIFS,
rr
On pourrait les préparer soi-même avec un mélange d’une partie de terre grasse, contenant le moins possible de fer et de carbonate de chaux, dite argile plastique réfractaire, et deux parties de la même terre fortement calcinée et réduite en poudre grossière, ou de tessons de vieux creusets débarrassés de toute matière fondue à leur surface. Les meilleurs creusets que l’on trouve dans le commerce, ce sont ceux de Hesse, et ceux de la fabrique de M. Beaufay, à Paris.
Creusets brusqués. Ce sont des creusets en terre que l’on emplit de charbon en poudre mêlé avec un peu d’argile délayée. On pratique au milieu du charbon tassé une cavité plus ou moins grande.
On prépare encore des creusets en prenant Un charbon exempt de pores et y creusant une cavité. On adapte à ce creuset un couvercle de charbon, et pour le soumettre à une haute température on renferme dans un creuset de Hesse rempli de sable qui recouvre le creuset de charbon.
Cuiller à projection. C’est une cuiller plus ou moins grande, en fer ou en platine, dont le manche est assez long pour que l’on puisse s’en servir à introduire dans des vases au milieu du feu ou en retirer diverses substances, sans se brûler la main.
Cuve hydrargir 0- pneumatique. On donne ce nom h un bloc rectangulaire, en marbre ou en pierre, creuséet destiné à contenir une quantité de mercure plus ou moins grande ; i5o kilogrammes présentent un volume suffisant pour les plus grandes expériences que l’on fasse communément. Cette cuve est posée sur des pieds, afin que ses bords supérieurs soient à hauteur d’appui. La pierre est taillée intérieurement de manière à laisser près des parois
5ÿîT TRAITE DES RÉACTIFS.
mie plate-forme (recouverte de mercure) sur laquelle oii
pose les cloches, flacons, etc., renversés, remplis entièrement ou en partie de mercure ; une fosse creusée au milieu de la plate-forme et terminée d’un bout par un cylindre creux plus large, présente intérieurement dèux rainures dans lesquelles on fait glisser j à volonté , une planchette en bois percée d’un ou plusieurs trous pour laisser passer le bout des tubes recourbés qui apportent le gaz sous les cloches; celles-ci s’appuient sur la planchette. Lorsque Ton veut recueillir un gaz dans un flacon, on place un entonnoir renversé sous la planchette et l’on engage le bout du tube recourbé dans l’entonnoir, la douille de celui-ci entre dans le flacon , dont le goulot rabattu s’appuie sur la planchette. Un trou pratiqué dans la plate-forme de la cuve sert à plonger un tube gradué dans lequel on mesure les gaz; une échancrure rectangulaire faite vis-à-vis ce trou dans la partie supérieure de la paroi correspondante, est munie d’une glace bien scellée et permet d’observer aisément le niveau du mercure dans le tube. On conçoit que cette partie de la cuve doit être bien éclairée.
Cuve hydro-pneumatique. Elle se compose d’une caisse rectangulaire en bois doublée de plomb , soutenue par des pleds.à hauteur d’appui. Une table horisontale, plus basse d’environ i5 centimètres que les bords de la cuve, sert à poser les cloches pleines d’eau ou contenant des gaz. Une cavité quadrangulaire , ou fosse de la cuve, reçoit à sa partie supérieure une tablette dans deux rainures pratiquées horisontalement; cette tablette est peifo^ rée d’un ou de plusieurs trous en forme d’entonnoir sur lesquels on place les vases pleins d’eau qui doivent re-
TRAITÉ DES RÉACTIFS. 3y5
<mxiinir les gaz. On se sert quelquefois de caves qui n’ont pas de table ; mais seulement une tablette plongée horizontalement sous l’eau et qui sert à poser les cloches , flacons , etc. , et à recevoir par des trous les tubes recourbés. Cette cuve doit être enduite sur toutes ses parois intérieures d’une couche de vernis gras , afin que les globules de mercure qu’on y laisse tomber dans le cours des expériences , ne puissent être en contact avec le métal à nu , s’y amalgamer et le percer.
Dans un bain d’eau ou de mercure, lorsque l’on veut transvaser un gaz d’une cloche dans une autre remplie de liquide , on incline la première en engageant le bord inférieur dans l’autre cloche. S’il s’agit d’introduire le gaz dans un flacon, on place un entonnoir renversé dans le goulot.
Décolorimètre . M. Payen a donné ce nom a un instrument au moyen duquel on peut apprécier le pouvoir décolorant de plusieurs substances, et particulièrement celui du charbon animal .
Cet instrument est composé d’un tube horisontal en cuivre, AA pl. 2, fig. 5, dans lequel un tube BB glisse à frottement comme un piston; ces deux tubes sont ouverts à leur extrémité correspondante, l’autre extrémité est terminée par un disque en verre blanc; en sorte que l’on peut à volonté augmenter ou diminuer l’intervalle entre les deux disques de verre. Depuis leur contact jusqu’à un décimètre d’écartement; des divisions sur la tige creuse à piston indiquent cet écartement. Un tube vertical CD communique avec le tube horisontal et entre les deux disques de verre par une petite ouverture transversale. Enfin, un petit cylindre, dans lequel sont fixés deux
5^4 TU Alité DES RÉACTIFS.
disques en verre à un centimètre de distance, est muni d’un pas de vis à l’aide duquel on peut le fixer sur le haut, de l’instrument ou sur le côté. Lafig. 6 et les lettres PP représentent dans les deux positions ce petit cylindre. On l’emplit avec la liqueur d’épreuve par un trou rond & qui le bouche hermétiquement à l’aide d’un bouchon rodé en cuivre. Yoici comment on se sert du décolorimètre pour essayer le noir animal, végétal, ou un charbon quelconque :
Prenez un centilitre de la liqueur d’épreuve ^i), ver» sez-le dans un flacon qui contienne un peu plus qu’un litre, mesurez un litre d’eau, et servez-vous de cette eau pour rincer à plusieurs reprises le centilitre dans lequel vous aurez versé la liqueur d’épreuve mesurée, puis enfin, versez dans le même flacon tout le reste du litre d’eau; de cette manière , vous aurez une solution de caramel étendue qui contiendra 10 grammes de liqueur d’épreuve et 1000 grammes d’eau. Cette quantité suffit pour faire
(i) La liqueur d’épreuve se vend avec Pmstrumcnt, chez Chevalier aîné, opticien. On peut la préparer soi-même. Il suffit de faire une solution concentrée de caramel , ( Voyez le chapitre des Préparations). Pour être assuré dç la quantité d’eau que l’on devra y ajouter au moment de s’en servir, il faudra comparer cette solution étendu!!: avec celle qui est entre les deux disques ïixes, et si Fou n’avait plus aucun objet de comparaison, il faudrait essayer le liquide d’épreuve en le décolorant par du îloir animal bien prépare en grand avec des os propres, et bien pulvérisés ; on retrouverait ainsi, après quelques tâtonnemens , la nuance qu’il faut donner au liquide pour que les 2/3 de la matière colorante soient enlevées par ce charbon dans l’essai ci-dessus.
dix essais; puisque pour chaque essai, il faut seulement un décilitre de cette solution étendue. Pour essayer le pouvoir décolorant d’un noir , pesez-en exactement deux grammes, introduisez-les dans un flacon dit de 4 onces , à large goulot, versez par-dessus un décilitre de la solution de caramel étendue ; ngitez vivement pendant une minute, puis versez le tout sur un filtre de papier Joseph; passez le liquide filtré une seconde fois sur le filtre, eL lorsque tout sera écoulé, vous pourrez connaître la décoloration que le noir aura fait subir à la solution de caramel. Pour cela, vous verserez toute la liqueur filtrée dans le tube vertical de l’instrument, puis en tirant la double tige horisontale intérieure, vous ferez passer une partie du liquide dans cette tige, et vous aurez une couche d’autant plus épaisse et d’autant plus colorée que vous la tirerez davantage ; vous regarderez dans cette tige creuse en opposant le bout qui contient le liquide au jour, et dès que la nuance de ce liquide traité par le charbon sera de même intensité que la solution de caramel contenue dans le double disque en verre vissé sur le côté de l’instrument, ( ce qu’il est très-facile d’obtenir, puisque cette intensité varie à volonté en tirant ou poussant la tige creusé) , vous observerez sur l’extérieur de la tige de l’instrument les divisions qui marquent l’écartement; ainsi le premier centimètre, ou 10 millimètres, produit un écartement égal à celui des deux disques fixes vissés sur l’instrument ; le ni 2 indique une épaisseur double et le n° 3 une triple. Si la nuance de la liqueur traitée par le charbon et filtrée deux fois était telle , qu’il fallût tirer la tige inférieure seulement jusqu’à la première division, c’est-à-dire d un
centimètre, il est évident que le charbon ne l’aurait pas
décolorée du tout, puisqu’elle serait précisément aussi colorée que la liqueur d’épreuve. Si l’on avait tiré la tige inférieure jusqu’à la deuxième division, il est encore évident que le charbon aurait enlevé à la liqueur d’épreuve la moitié de sa matière colorante ; puisque la couche serait doublée. Si, enfin, l’on avait triplé fa couche en tirant
la tige inférieure jusqu’à la troisième division, on serait
assuré que le charbon lui aurait enlevé les f de sa matière colorante; c’est à ce terme qu’arrive le meilleur charbon animal. Les noirs d’os du commerce sont ordinairement compris entre ce degré et le deuxième ; le noir végétal entre le premier et le deuxième; le noir de schiste ne dépasse guère le deuxième. Il faut avoir le soin , pour bien apprécier la nuance du liquide d’épreuve contenu entre les disques fixes , de le regarder au travers d’un rouleau de deux doubles de papier TT. de la même grosseur que le tube Tm cuivre horisontal et de la même longueur à peu près, que l’on applique contre ce tube en cuivre. On aurait pu faire ce tube en cuivre, séparé, et éviter ainsi la peine de faire un rouleau de papier; mais on aurait rendu l’instrument plus lourd et plus cher sans utilité.
Di gesteur. Toute chaudière, marmite, fiole, etc. , peut être considérée comme un digesteur; mais on donne plus particulièrement ce nom aux vases clos susceptibles d’endurer une certaine pression ; telle est la marmite à Papin : elle se compose d’un vase cylindrique en cuivre épais de deux lignes pour une contenance d’environ 6 litres; -un couvercle adapté exactement est maintenu et serré entre deux rondelles en 1er par des boulons. Ce couvercle est muni d’une soupape que l’on charge à volonté
TRAITÉ DES REACTIFS. 3*7
pour obtenir une pression d’une ou de plusieurs atmosphères. (1)
Electrophore. On a donné ce nom à un instrument de physique au moyen duquel on peut charger une bouteille de Leydc. On s’en sert quelquefois dans les laboratoires pour enflammer des mélanges de gaz oxigène et hydrogène : il se compose d’un disque de résine bien uni que
l’on électrise en le frappant avec une peau de chat bien
sèche ; on place dessus un disque en bois recouvert d’une feuille métallique et suspendu par des fils de soie, ou tenu par une tige de verre implantée au milieu, à chaque fois que l’on enlève le plateau supérieur, isolé, il peut donner une étincelle. (Voy. la théorie de l’électrophore dans les traités de Physique).
Entonnoir. Ceux que l’on emploie dans les laboratoires sont tous en verre blanc : Leur dimension varie depuis lu contenance d’un centilitre jnsques h celle de trois litres. Les plus petits sont soufflés à la -lampe ci’ Pinailleur . Ils servent à verser les liquides dans des tubes'étroits, et sont quelquefois soudés au bout du tube de àüreté. On s’en sert aussi pour transvaser les gaz sous le mercure, etc.
( Voyez ce mot plus loin ). Les autres se font dans les verreries; ils s’emploient dans une foule de manipulations pour transvaser des liquides, contenir des filtres , transvaser les gaz sous l’eau, etc. Leur douille est quelque fuis allongée de plusieurs décimètres, afin d’introduire des
(O L’une des expériences les plus remarquables que Papin ait Lii.cs avec cette marmite , c’est la solution de la gélatine des os. Ou a appliqué dernièrement ce procédé A la fabrication de la toile forte en g ranch
TRAITE DES REACTIFS.
liquides au fond des ballons, des cornues, etc., sans mouiller les parois. Lorsque celte douille est trop longue, on la coupe aisément avec un trait de trépoint et à l’aide d’un léger effort.
Eprouvettes. Ce sont dés tubes de plusieurs grosseurs*
fermés d’un bout seulement, comine’les cloches ; ils s’em-
ploient fréquemment pour recueillir de petites quantités de gaz sous le mercure, et les éprouver par quelques réactifs , examiner leurs propriétés physiques , etc. On s’en sert quelquefois dans la cuve hydro-pneumatique ; enfin lorsque les éprouvettes ont un pied soudé au bout fermé, elles servent soit à laisser déposer des liquides > soit â examiner leur densité au moyen d’un aéromètre .
Etau . Outil en fer que l’on emploie pour maintenir solidement les corps que l’on veut user à la lime ou à la rSpe.
Etuve, On nomme ainsi un endroit dont la température est plus élevée que celle de l’air atmosphérique. On se sert dans les arts et dans les laboratoires de chimie d’é» tuves pour dessécher diverses substances, ou peur entretenir certains mélanges au degré auquel certaines réactions s’opèrent plus aisément; les dépôts se font sans que les liquides s’épaississent, ou cristallisent; enfin les cristallisations s’opèrent d’une manière plus régulière, parce qu’elles sont plus lentes.
Pour obtenir ces différons effets , il est nécessaire que l’étuve soit à volonté complètement close, et c’est le premier cas : ( des fermentations, des dépôts, des cristallisations) ou qu’un grand courant d’air puisse s’y établir, c’est le deuxième cas : (de toutes les dessications), en effet, l’espace une fois saturé de vapeur, à une température
TRMTÉ DES REACTIFS. 5?Q
et sous une pression données, n’en saurait plus prendre davantage. . , .*
Les étuves les plus simples se font en plaçant un poêle dans une chambre , dirigeant un léger courant d’air sur le poêle 9 et ménageant une ou plusieurs issues pour l’air chargé d’humidité, il est très-facile de construire une étuve qui soit échauffée par le moyen de la vapeur: Il suffît de faire circuler dans un endroit clos des tuyaux en cuivre disposés de manière à former les supports de plusieurs tablettes étagées; celles-ci sont faites en grillage ou en toile métallique tendus sur des châssis en bois, une petite ouverture arrondie au bas de l’étuve, sert à donner à volonté accès à l’air; une ouverture semblable permet, à la partie supérieure, le dégagement de l’air humide ; on peut à volonté fermer ces deux ouvertures avec un bouchon de liège.
Cette étuve présente l’avantage de donner un degré de température constant égal à ioo°; si la vapeur n’est pas forcée; on pourrait élever cette température, en établissant une pression plus ou moins forte et régularisée par une soupape.
M. Darceta indiqué la construction d’une petite étuve de laboratoire : c’est un parailépipide rectangle en planches de bois assemblées à rainures et languettes ; des tablettes en toile métallique sont posées par étages, et reçoivent les substances à échauffer ou dessécher ; à la partie inférieure de cette caisse , le verre d’un quinquetd’Àrgand entre dans un double fourreau en tôle, celui-ci est recouvert à quelque distance par une sorte de calotte qui empêche la flamme de darder trop directement; on peut du reste donner accès à l’air, ouïe supprimer à volonté
58o TRAITE DÈS REACTIFS.
dans cette étuve à l’aide de dispositions semblables à celles ci-dessus.
Eudiomètre. Appareil au moyen duquel on peut analyser Pair et divers autres mélanges gazeux. On en a construit plusieurs; mais on donne la préférence à l’eudiométre à gaz hydrogène; la fig. 5, de la p. 3, fait voir un eudiomètre à gaz hydrogène , perfectionné par M. Gay- Lussac : il se compose d’un tube A B en verre très-épais ouvert à la partie inférieure B, et fermé en A par un bouchon G en cuivre jaune ou en fer, qui se termine en une tige surmontée d’une boule au même métal K.
Une spirale EE en fil de cuivre ou de fer presqu’aussi longue que le tube , est munie d’une boule à son extrémité supérieure, au milieu, du tube une garniture à charnière et à vis M sert à maintenir l’instrument dans une position fixe, sans le secours de la main. A la partie inférieure B , une virole embrasse Je tube et maintient une plaque mobile à l'aide d*une vis et d’une sorte de crochet; au milieu de cette plaque qui ferme le tube’, est une soupape s’ouvrant de bas en haut , et dont la course est dirigée et arrêtée par une petite tige M n traversée par une goupille.
Les dimensions les plus ordinaires de cet instrument, sont de 22 centimètres de long, 22 millimètres de diamètre intérieur, 5 millimètres d’épaisseur (pour le tube en verre).
Four appliquer cet eudiomètre à l’analyse de l’air, par exemple, dans la cuve hydro-pneumatique, on remplit d’eau tout le tube, sans qu’il y reste la plus petite bulle d’air, on le renverse sur la table de la cuve, puis on le fixe dans la garniture, à charnière M. On mesure
successivement dans le tube gradué 100 parties d’air atmosphérique et 100 parties de gaz hydrogène; au moyen d’un entonnoir, on les introduit dans l’cudiomèlre on fait passer encore dans l’intérieur la tige terminée par une boule. Cette boule doit être à une très-petite distance du bouchon C, puis on fixe la plaque mobile au moyen du crochet et de la vis ; on approche de la boule supérieure K’ la boule d’une bouteille de Leydc légèrement chargée, ou le plateau supérieur d’un électrophore. L’étincelle passe entre les deux boules, puis entre le bouchon et la boule intérieure, le mélange gazeux détonne en pressant sur la soupape inférieure qui reste fermée jusqu’à ce que la condensation ait lieu ; alors elle s’ouvre et permet l’entrée de l’eau ; on peut la soulever avec le doigt pour que son poids n’ait aucune influence; il ne s’agit plus que de mesurer le gaz résidu, de le retrancher des 200 parties d’air et d’hydrogène employées, et de diviser le reste par trois. ( Voyez l’analyse de l’air, page 90). Lorsque l’on opère dans l’eau, toutes les garnitures de cet instrument doivent être en laiton; mais si l’on agit
dans la cuve à mercure, elles doivent être en fer, afin que
dans les deux cas le liquide n’ait pas d’action sur le métal.
On peut se procurer un eudiomètre moins dispendieux que celui-ci, en supprimant la poignée à charnière JH, et la plaque à soupape, ainsi que la garniture; mais les expériences ne sont pas alors aussi faciles à faire : on tient le tube à la main et l’on bouche son extrémité avec le doigt pendant l’explosion.
L’ Eudiomètre de V olta que l’on connaît depuis longtemps, ainsi nommé du uom de son auteur, n’est plus
3'8'2 * TRAITÉ DES REACTIFS.
guerre en usage aujourd’hui que pour les démonstrations que l’on fait en public d’une manière élégante ; nous ne le décrirons pas ici.
Filtres . Nous les ayons décrits au mot Clarification , pag.a5Q. On place les entonnoirsqui soutiennent les filtres, dans le goulot d’un flacon , en ayant le soin d’y insérer une bande de plusieurs feuilles de papier pour laisser une issue à l’air entre le goulot et la douille de l’entonnoir ; quelquefois on place l’entonnoir dans l’un des trous pratiqués dans une planche en bois supportée par des pieds., Cette disposition permet de changer les vases récipients sous le filtre sans déranger l’entonnoir.
Fioles. Ces petites bouteilles de forme arrondie, en verre commun ? se vendent à bon marché, et sont trèscommodes dans une multitude d’essais; parce qu’elles supportent, sans se casser, des cbangemens de tempéra^ tare assez brusques. Il faut les choisir également minces, dans toutes leurs parties.
Flacons . On nomme ainsi plusieurs yase9 , à peu près cylindriques, à fond plat ou bombé en dedans , dont les goulots et les tubulures diffèrent ; leur contenance varie depuis 2 centilitres jusqu’à 10 litres.
Les flacons ordinaires, dits à goulots renversés, sebouchent facilement avec du liège. On s’en sert pour rece-< voir une multitude de liquides, de solutions ou de gaz. On colle dessus des étiquettes de papier lorsque l’on ne se sert pas souvent des substances qu’ils Contiennent ; mais lorsque Ton en fait un usage habituel, et surtout que ces substances, acides ou alcalines, peuvent altérer l’encrc ou décoller le papier , on emploie des flacons fermés avec des bouclions en verre ou en cristal , et dont les édr
TRAITÉ DES REACTIFS. 583
quelles sont vitrifiées au feu. Ces flacons sont employés presqu’exclusivement aujourd’hui dans toutes les boites de réactifs.
Les flacons de Woulf ont trois tubulures à la partie supérieure ( Voyez Appareil de Woulf); quelquefois une tubulure sur le côté ou près du fond, sert à vider les fia? cons sans démonter l’appareil. Il existe souvent des défauts près de ces tubulures , qui elles-mêmes sont imparfaitement cylindriques , et se bouchent mal , etc. ïl faut donc apporter beaucoup de soin dans leur choix.
Fourneaux. Ces ustensiles destinés à échauffer diverses substances à des degrés de température différens , varient par leur grandeur, leur forme et la matière qui les compose.
Fourneaux en terre. On pourrait construire tous les fourneaux avec des mélanges terreux réfractaires, puisqu’ils peuvent supporter les basses et les hautes températures. La composition que nous avons indiquée pour les creusets , est très-convenable pour tous les fourneaux de laboratoire ; la forme seule varie suivant les usages : ils doivent être cerclés en fer avec des cercles à vis , afin de les adapter plus aisément et de les serrer à volonté.
La fig. 4 5 pL 3, montre en élévation un petit fourneau arrondi employé fréquemment pour opérer é feu nu ou au bain de sable , dans des fioles , des capsules , etc. ; les lignes ponctuées indiquent la forme des parois intérieures , a porte du foyer , b porte du cendrier, fA anses, ee9 en
tailles pour laisser une issue aux produits de la combus-
lion.
La fig. 5,'p- J 5 fait voir la construction du fourneau àréver -
384 TRAITÉ DES REACTIFS.
êtres ou à dôme, en trois parties ; les lignes ponctuées indiquent les formes intérieures et les lignesnoires épaisses, les cercles à vis; A, partie inférieure du fourneau, contenant le foyer a, le cendrier b et leurs portes correspondantes. J), hausse, ou laboratoire, posésurle fourneau A, et supportant le dôraeE ; ce dôme percé au milieu d’une ouverture circulaire, laisse passer les gaz de la combustion, et réfléchit la chaleur sur la cornue disposée comme la figure l’indique, ou sur tout autre vase placé dans le fourneau. Pour activer le tirage et augmenter la température , on place quelquefois sur le dôme un tuyau en tôle de 38 à Go centimètres; pour obtenir line température encore plus élevée, on se sert du fourneau de forge ci-dessous décrit, ff, barres de fer servant é supporter la cornue (î). li , échancrure en demi-cercle faite moitié dans la hausse et moitié dans le dôme pour laisser, sortir le col de la cornue.
La fig. 6 indique, par une coupe, un fourneau de forges. Ce fourneau est ordinairement construit dans l’un des bouts de la paillasse : il est fait en briques bien, jointes et très-réfractaires, lorsqu’elles supportent le feu à, nu, on peut aussi les revêtir intérieurement d’un manchon en terre h h fait avec la* composition des creuset^. Ce fourneau sert à opérer clés calcinations à une haute température. Le tuyau d’un soufflet s’introduit dessous le loyer, un disque en terre a a, percé de six ou huit trous et posé sur un pied b, sert a diviserle vent en six ou huit jets verticaux; on .allume le charbon dans l’espace cc, après.
l'on chauffe un creuset, on le place sur ua ctourle souk- Due parla grille.
TRA1TIÎ DES REACTIFS. 38 0
a'voir placé le creuset e comme la fig. le’ montre sur un fromage ou tourte d d qui repose sur la grille.
On peut augmenter les dimensions de ce fourneau , puis y faire de plus grandes opérations, en enlevant le manchon h li f et surmontant l’espace circulaire d’une hausse ii; enfin, on augmente l’intensité delà chaleur en plaçant un dôme dessus ce fourneau. Si le soufflet est assez puissant (i) ; lorsque le fourneau est ainsi agrandi, on y peut brûler du coke compact, et fondre le cuivre, le bronze, etc. Plus le creuset que l’on emploie dans ces fourneaux est grand , et plus on doit prendre de soin pour l’échauffer, et le laisser refroidir graduellement ; il est maintenu sur la tourte s au moyen d’un lut réfractaire et le couvercle est fixé avec le meme lut.
La fig. 6 et 7 montrent un fourneau de coupelle dont les lignes ponctuées indiquent les parties intérieures, on voit les parties séparées les unes des autres dans la fig. 7, (les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans les deux fig. ) : aa , cendrier entaillé à sa partie supérieure pour recevoir le foyer quadrangulaire ; une grille en terre bb9 percée de trous carrés est soutenue à la partie inférieure du foyer par le rétrécissement de ses parois latérales; c indique une des portes du foyer, il y en a deux autres semblables; d fait voir la porte d’une petite caisse appelée moufle , et destinée à contenir les coupelles ce, dans lesquelles on met les substances à essayer; la
(1) Le soufflet doit être assez grand pour que l’on soit obligé, dans les petites opérations , de modérer le vent qu'il donne ; on y parvient à l’aide d’un registre ou d’un robinet placé dans un endroit commode du tuyau qui conduit le vent.
386 TRAITE DES RÉÂCTIÈS-
moufle est soutenue sur le devant par une saillie de la parois intérieure du fourneau 9 et de l’autre bout par une brique réfractaire qui passe au travers , et est assujétie dans l’ouverture du fourneau avec delà terre» (La fig. 8 fait voir une moufle de face et de côté) , une tablette h qui fait corps avec le fourneau , sert à éloigner ou approcher à volonté la porte i de la moufle. Les trous U], fig. 6, correspondais aux deux côtés de la moufle, servent à faire tomber le charbon dans l’intérieur du fourneau, à l’aide d’une tige en fer. Un gueulard M, fermé avec une porte en tôle creuse remplie de terre , sert à charger le fourneau de charbon, onl’ôte , et on le replace à
volonté au moyen d’une poignée mobile R dont le bout en fer applati et recourbé, entre dans une sorte d’anse fixée sur cette porte. On se sert au môme usage d’une tige à double crochet qui entre dans deux pitons de la porte.
La cheminée 55 du dôme est ordinairement surmontée d’un tuyau qui augmente la force du tirage.
Le fourneau elliptique de L'invention de MM. Ânfrye et d’Arcct est plus commode que le précédent. Ses dimensions sont moins grandes, et il n’exige pas au tant de combustible pour chaque essai. La fig. g représente ce fourneau en plan et en élévation : un pied creux a a muni d’une ouverture b pour donner accès à l’air, supporte une pièce cylindrique contenant le cendrier cc, la grille en terre dcl et le foyer ee ; une petite ouverture transversale i sert ù dégager la grille des cendres qui l’obstruent ; f moufle assujétie dans le fourneau avec un peu de lut argillcux dans une rainure pratiquée à la paroi du fourneau; g porte de la moufle ; h h avant-corps du fourneau en forme de tablette pour éloigner à volonté la porte; k dôme
qui forme la troisième pièce du fourneau et dans lequel une ouverture i est pratiquée pour introduire le charbon en petits fragments. Un obturateur / s’adapte à celte ouverture ; on augmente le tirage à l’aide d’un tuyau en tôle d’un mètre de longueur environ que l’on adapte sur le dôme. i
Lorsque l’on veut élever plus haut et plus rapidement la température, on adapte au cendrier un tuyau P, quef’on fait communiquer avec le souflet d?une forge ou d’une lampe d’ émailleur ; on ferme la porte de ce cendrier.
On nomme fourneaux en fonte des vases arrondis, coniques ou de forme pyramidale 9 au fond desquels une rainure soutient une grille mobile. Ces fourneaux se placent dans l’épaisseur delà paillasse , on les recouvre d’une
plaque pour étouffer , conserver le feu ou servir de
plate-forme lorsqu’on ne les allume pas.
Fromage ou tourte. Ce sont les noms que l’on a donnés à des disques en terre plus ou moins épais et de 5 à 8 centimètres de diamètre , qui servent de support aux creusets dans les fourneaux, afin de les maintenir à l’endroit où la température est le plus élevée.
Gazomètre. Cloche graduée en verre , mobile, et maintenue dans une direction verticale par une corde qui passe sur deux poulies et un contre-poids. Cette cloche plonge entièrement dans un cylindre en fer d*un diamètre un peu plus grand qu’elle, rempli d’eau (1) ; on emplit la cloche
(x) On peut faire plonger le gazomètre dans une cuve lndropneumatique , pourvu qu’elle soit assez profonde ; il suffit de placer verticalement trois ou quatre tiges qui lui servent de conducteur. ;
388 traite f>es réactifs.
en ouvrant le robinet qui est fixé à sa partie supérieure t jusqu’à ce que tout l’air qu’elle contenait soit expulsé par la pression et remplacé par l’eau ; on ferme alors le robinet*
On fait passer le gaz dans le gazomètre à l’aide d’un tube recourbé qui entre par la partie supérieure du réservoir, glisse le long de ses parois et se relève verticalement au milieu de la cloche et jusqu’au haut de la partie bombée. Dès que le gaz s’introduit dans le gazomètre, ü déplace l’eau et la cloche, équilibrée par son contre-poids contenu dans un plateau de balance , s’élève en mesurant le gaz par les divisions latérales dont elle est marquée* ïl faut avoir le soin d’ajouterdes poids au fur et à mesure que le gazomètre s’élève, parce qu’il acquiert un poids égal à celui du volume d’eau qu’il déplaçait , et qu’il perd lorsqu’il plonge [davantage. Pour être assuré que la pression intérieure dans le gazomètre est égale à la pression extérieure , on place sur le tube qui apporte le courant de gaz un petit tube de sûreté , on observe le niveau de l’eau dans les deux branches de ce tube. ïl est facile de le rendre égal en augmentant ou diminuant le contrepoids; enfin, il est nécessaire que les bords supérieurs de la cloche soient de niveau lorsque l’on observe le volume des gaz par sa graduation,
Dans les expériences avec le gazomètre, comme dans toutes celles que l’on fait sur les gaz, il faut tenir compte de la pression et de la température actuelle.
C’est le nom de cet appareil employé dans nos laboratoires que l’on a donné aux grands réservoirs, au gaz de l’éclairage.
Grilles des fourneaux , elles sont formées de barreaux
TRAITE DES REACTIFS, $8c>
de fer mobiles ou réunis , d’une plaque en tôle percée dé trous ou d’un disque en terre également troué.
Hotte. On nomme ainsi la partie inférieure évasée d’une grande cheminée destinée à enlever le gaz et les
vapeurs qui se dégagent dans un laboratoire de chimie;
il arrive fréquemment que les hottes des laboratoires manquent leur but, parce qu’il n’existe dans le corps de cheminée qu’im faible courant ascentionel, ou même qu’il ne s’y établit pas de courant, il faut pour que cette construction atteigne son but, remplir plusieurs conditions essentielles (1), i° l’air, dans le courant de la cheminée, doit être constamment dilaté par la chaleur, etcet effet s’obtient en y faisant passer les tuyaux des fourneaux du laboratoire; mais comme ceux-ci ne sont pas toujours employés, il faut ménager dans la çonstruction uil petit fourneau d’appel qui sert à échauffer un bain de sable , et détermine un tirage lorsque les autres fourneaux ne sont pas allumés ; 2° il est utile de faire avancer les côtés de la hotte dans le laboratoire aussi avant que le manteau de cette hotte, afin que l’air n’afflue pas inutilement sur les parties latérales; le courant d’air qui emporte le gaz sera d’autant plus fort, que le passage à la partie antérieure de la hotte sera moins large, on peut
(i) Dansles articles Assainissement chaleur, 'calorifère et cheminée du Dictionnaire technologique , on trouvera les notions utiles aux ventilations parles cheminées d’appel .On doit à M.Darcet plusieurs applications heureuses des principes de ces cheminées : les laboratoires, les soufroirs, les ateliers des doreurs, les cuisines qu’il a fait construire, présentent toutes les garantie* désirables sous le rapport de la salubrité.
500 TRAITE DES REACTIFS.
employer, pour le rétrécira volonté, des châssis vitrés à coulisse, ondes rideaux plombés dans le bas, et ne laisser à découvert que la partie de la paillasse sur laquelle on opère; 4° enfin, l’air extérieur devant être admis dans le laboratoire en proportion du tirage, il faut que des vasistas disposés sur plusieurs points, dans un ou deux carreaux de chaque croisée, par exemple, puissent donner un passage égal à celui de la grande cheminée.
Laboratoire . Les, détails que nous donnons sur chaque partie du laboratoire , indiquent assez quelles doivent être les dispositions générales; nous résumerons en quelques mots les motifs de cet arrangement.
L’emplacement d’un laboratoire doit être choisi, bien éclairé , non humide , dans un lieu où l’on puisse se procurer beaucoup d’eau, et en répandre sur le carelage sans inconvénient ; il doit être divisé en deux parties, dans la plus vaste, on établit la paillasse sous la hotte, à l’un des bouts de celle-ci , on dispose le fourneau de la forge. Le soufllet est en dehors ; et plusieurs autres fourneaux sont distribués dans l’épaisseur de la paillasse; un fourneau à l’autre extrémité sert de ventillateur et échauffe une plaque couverte de sable, des rideaux plombés se déploient à volonté sur des tringles, un fourneau extérieur à la hotte, peut chauffer des bains de sable ou differens vases i\ feu nu, etc. Plusieurs petites ouvertures pratiquées dans l’épaisseur du chambranle de la hotte, et qui peuvent être fermées par des registres , servent à passer les tubes , les cols de ballons , etc. , par lesquels des vapeurs délétères se dégagent; on dispose autour des autres côtés du laboratoire un étau, et un tas. Un baquet à pieds, un évier et un panier à égout-
TRAITE DUS RÉACTIFS. 5g {
ter. Au Inilieu une table rectangulaire oblonguc, garnie de tiroirs, sert à poser le9 réactifs usuels, dans une boîte portative, le flacon à eau distillée , de l’éther , de l’alcool, les verres- à expérience, des entonnoirs, des filtres , des baguettes en verre, etc. ; des armoires vitrées à tablettes servent à contenir divers réactifs, les produits de quelques opérations, des capsulés , des fioles; on place des ustensiles plus volumineux: tels que des ballons, des cornues, etc. , dans des bas d’armoires à portes pleines*
Les cuves hydro-pneumatique et hydrargiro-pnéumatique sont placées nu bout de cette table, dans l’endroit le plus éclairé; à l’autre, bout, on met une paire de balance commune, et sur une petite table séparée, le cahier de papierà fi ltre que l’on emploie habituellement , et dans les tiroirs quelques ustensiles : ciseaux, couteaux d’ivoire, pinces, etc.
Dnn9 la seconde pièce, on conserve les ustensiles déli -
eats que les vapeurs pourraient altérer : tels que les balances sou9 verre, une machine pneumatique, un électrophore, une batterie voltaïque , les creusets, les tubes à courber, la lampe d’émailleur; enfin des armoires pour conserver les produits étiquettés.
Lampe à esprit de vin * C’est Une petite lampe basse ordinaire, alimentée par de l’esprit de vin. Il faut avoir le soin de recouvrir la mèche avec un obturateur Creux chaque fois que l’on s’en est servi, afin de prévenir l’évaporation d’une partie de l’esprit devin, ce qui augmenterait les proportions d’eau dans la mèche , et pourrait l’empêcher de s’allumer*
Lampe d’émailleur. On nomme ainsi une lampe plate
à forte mèche, montée sur une table, sous laquelle est fixé
5()îï TRAITÉ DES REACTIFS,
un soufflet assez fort, à courant continu ; la tuyère de ce soufflet passant au travers de la table , vient se rendre près de la mèche de la lampe en formant, avec la table , un angle de 45 degrés, ensorte qu’en soufflant au milieu de la flamme, il forme un jet qui suit celte direction. On fait mouvoir ce soufflet en agissant avec le pied sur une pédale; le jet de la flamme obtenu ainsi , est à une tem« pérature assez élevée pour amollir le verre des tubes, au point de leur donner toutes sortes de formes, de les souder ensemble, etc. Cet ustensile est fort commode, lorsque l’on a acquis l’habitude de s’en servir, pour courber les tubes, faire des pipettes , des tubes de sûreté , etc.
Il faut un certain temps et quelqu’adresse pour savoir arranger la mèche de manière à obtenir un jet de flamme suffisamment chaud et durable, connaître les parties les plus chaudes de ce jet , chauffer également les tubes, les les soufler à propos et régulièrement , toutes ces choses ne peuvent être enseignée que par l’exemple; à Paris, quelques soufîeurs habiles donnent des leçons de leur art.
Lorsque l’on ne saitpas se servirdela lampe pour courber les tubes, on y peut plus aisément réussir en les exposant au feu du charbon de bois sur un fourneau quelconque; pour y travailler plus à l’aise, on forme une rainure en plaçant deux briques sur le fourneau à une distance double environ des diamètres du tube; on place l’endroit que l’on veut courberentre ces briques, on tourne entre les doigts pour le chauffer également, et l’on courbe sans attendre qu’il soit trop chaud.
Lampe à souffler au chalumeau. M. Lebaillif a arrangé une lampe très-commode pour cet objet. La mèche s’y
TRAITÉ DES REACTIFS. f><)5
trouve divisée en quatre faisceaux dont la disposition imite l’arrangement que l’on donne à la grosse mèche de la lampe d’émailleur , et l’on obtient sans peine une flamme convenable pour le chalumeau. PI. a, fig. 2.
Limes. Il fout en avoir un assortiment dans un laboratoire; celles qui sont triangulaires et que l’on nomme trépoints , servent à couper les fils ou les tiges métalliques, les tubes en leur faisant une petite entaille d’abord, puis à l’aide d’effort pour les rompre entre les mains. Les Limes plates servent à plusieurs usages, on les emploie pour user les métaux, ou aviver leur surface pour donner aux bouchons façonnés à la râpe , un dernier poli.
La lime demi-ronde est plane d’un côté, arrondie sur la surface opposée , et se termine en pointe; on se sert de la surface plane comme d’une Lime plate , et quefo quefois de son arrête comme d’un trépoint ; sa surface, arrondie est utile pour polir l’intérieur des bouchons de liège, percés d’un trou assez grand à l’aide d’une râpe demi-ronde. Queue de rat. On nomme ainsi les limes dont la moitié de la longueur est cylindrique , et le reste sc termine en un cône très-allongé, on l’emploie presque toujours pour polir les trous faits dans le liège avec une râpe; il faut avoir un assortiment de queues de rat pour correspondre au diamètre des tubes dont la grosseur diffère beaucoup.
On se procure un assortiment de râpes semblables aux limes ci-dessus décrites, à l’exception du trépoint, elles s’emploient pour façonner les bouchons et les ajuster sur les différens vases, les traverser par des tubes, etc. Lorsque l’on veut percer un bouchon , 00 prend une râpe queue
5(j4 TRAITÉ WE$ REACTIFS*
de rat d’un petit diamètre, on l’enfonce en tournant jusques à la moitié de l’épaisseur du bouchon, puis on l’enfonce de même du côté opposé, et on le traverse entièrement; pour agrandir le trou , on prend une queue de rat plus grosse que l’on passe dedans, enfin, on peut le faire plus grand encore à l’aide d’une demi-ronde ; ou polit le trou avec la lime. On facilite l’entrée des tubes dans le liège en les enduisant d'un peu d’empois, lorsque l’on doit luter avec un lut à l’eau, et de suif si l’on doit employer le lut gras, Quelquefois on commence les trous dans le liège avec une broche de fer pointue, rougie au feu ; de cette manière, on risque moins de faire fendre le bouchon ; on termine du reste, cojnjne nous l'avons dit, avec One rfipe , puis une lime.
Lingotlère. On se sert de cet ustensile pour mettre le» métaux sous forme de baguettes que l’on nomme lingots.
Qn fait des lîngotlères en cuivre, en fer; leur forme varie; celles que l’on emploie pour couler les métaux, se composent d’une règle épaisse dans laquelle on a pratiqué une rainure qui détermine les proportions du lingot; cette règle est munie de pieds pour la poser , et d’un manche pour la tenir. Il faut avoir soin que la rainure soit exempte d’humidité lorsque l’on y coule un métal, car l’eau, en se réduisant subitement en vapeurs, pourrait projeter au loin le métal liquéfié et blesser l’opérateur.
On fait des lîngotlères de deux pièces, elles renferment plusieurs rainures verticales demi-cylindriques dans lesquelles la matière fondue est conduite par une traînée commune à toutes, en ouvrant la lingotière, on trouve les cylindres moulés. Ce sont ces lingotières que l’on em*
TRAITÉ DES REACTIFS. 3g5
ploie dans les pharmacies pour couler la pierre infernale.
( Nitrate d'argent fondu).
Lut. Matière que l’on applique dans les diverses parties d’un appareil pour prévenir les déperditions , et pour garantir les corps fragiles de l’action immédiate de la chaleur. 11 y a plusieurs sortes de luts que l’on peut ranger en trois classes : lut gras , lut à l'eau , lut argileux.
Le lut gras que l’on emploie le plus communément dans les laboratoires , se prépare avec de l’argile, (lu meilleure est la terre de forges) calcinée, légèrement broyée et passée au tamis desoie ; on la pile dans un mortier avec une proportion- d’huile de lin siccative suffisante pour faire une pâte consistante. Il faut éviter soigneusement que les endroits où ce lut doit être appliqué soient humides.
L’huile de lin que l’on emploie pour préparer ce.l«t, est rendue siccative en la faisant bouillir avec un vingtième de son poids de litharge.
Pour les brides et les jonctions de divers tuyaux de chaudières à vapeurs qui supportent une haute pression, ont fait usage d’un lut gras composé de céruse broyée à l’huile et de minium en poudre; on amalgame ces deux substances le plus exactement possible sur une pierre à broyer, on ne suit d’autre règle dans leurs proportions, que le degré de consistance qu’il est utile d’obtenir, on l’augmente en ajoutant du minium et vice versa.
Les luts gras se conservent dans un vase en verre ou en grès hermétiquement fermé, ou dans une vessie ficelée.
Lut de graine de lin. Pour le préparer, on broyé ensemble , dans un mortier, de la farine de graine de lin et de lu colle de pâte ( faite avec de lu farine de bled) en
TRAITÉ DEs RÉACTIF, sé
proportion telle, que le mélange forme une pâte peu forte. Ce lut est très-commode à employer et facile à pré» parer; aussi est-il d’un usage assez général dans les labo» ratoires, on l’applique à toutes les jonctions des appareils, et on recouvre ces luts, pour les soutenir, d’une toile fine, de morceaux de soie, ou mieux d’une vessie assouplie dans l’eau, on ficelle le tout solidement aveG de la petite ficelle. Ce lut résiste moins que le précédent à l’action des vapeurs corrosives.
Lut de chaux et *df albumine. On le prépare en triturant de la chaux vive en poudre avec des blancs d’œufs ou du sang, de manière à en faiie une bouillie peu épaisse, et on en imprègne des bandes de toile dont on recouvre le lut précédent ; on s’en sert quelquefois pour couvrir à nu les jointures de tuyaux en métal; on peut remployer utilement pour en imprégner les bouchons avant que de les introduire dans le coi d’un ballon, d’une cornue, etc. Ce lut doit être préparé au moment de s’en servir, parce qu’il n’est pas susceptible de se conserver.
Lutargilleux. On le prépare de plusieurs manières suivant ses usages : dans les fabriques où il doit résister aux vapeurs acides, on recouvre d’abord les parties qui doivent être lutées avec de la glaise en pâte très-ferme, on enveloppe ensuite celle-ci d une couche d-’argille dé-' trempée et bien malaxée avec du crottin de cheval ; la glaise, formée presqu -entièrement d’alumine, résiste bien aux acides; mais il faut qu’elle ne sèche pas complètement pour qu’elle ne se fendille pas; la deuxième couche produit l’effet de retenir l’humidité intérieure , et de soutenir le lut.
Four Inter les cornues, les ballons, etc , on fait dé»
TRAITÉ DES RÉACTIFS. 5f)7
tremper de bonne argile réfractaire, on y incorpore du crottin de cheval , un quart de son volume environ , puis du sable tamisé au gros tamis ,1e plus possible, on en frotte d’abord toute la surface à lu 1er, puis on l’enduit d’une couche, d’une deux ou de trois lignes; suivant la grandeur du vase; on laisse sécher à l’ombre, puis à l’é* tuve.
La terre de creuset (argile calcinée et écrasée, une partie, tçrre de forges deux parties) , forme un excellent lut ; mais il faut le travailler, en le tapant pendant qu’il sèche sur les cornues, sans cette précaution, il se fen^ dillerait.
Machine pneumatique. On emploie cet instrument pour enlever l’air d’un vase et pour faire des expériences dans 1 evide. Cettemachine se compose dedeux corps de pompe communiquans par des tuyaux avec les vases, ou la cloche que l’on pose sur un plateau antérieur horisontal. Ces corps de pompe parfaitement unis et cylindriques intérieurement, sont munis à leur partie inférieure de deux soupapes, s’ouvrant de bas en haut. Les pistons qu’ils renferment sont également munis de soupapes qui s’ouvrent de bas en haut ; ensorte qu’en faisantmouYoir ces pistons alternativement à l’aide d’une double manivelle, l’air est attiré dans chacun d’eux successivement et expulsé au dehors.
Quoique les bords bien polis du vase dans lequel on se propose de faire le vide, s’appliquent exactement sur le plateau, il faut enduire ce plateau et les bords correspondans delà cloche avec un peu de suif avant demettre les pistons en mouvement, et appuyerla cloche en la faisant un peu frotter sur le plateau. Lorsque l’on supprime
TRAITE DES REACTIFS-
ensuite la pression intérieure, l’air atmosphérique pesant au dehors , l’appuie fortement sur le plateau.
Une sorte de baromètre que l’on nomme éprouvette, est enfermée dans un gros tube de verre; fermé, il communique à volonté par un robinet avec les conduits du plateau et l’intérieur de la cloche. Son utilité est d’indiquer la pression intérieure : il se compose de deux iubes formant un siphon renversé dont une branche est fermée , purgée d’air et remplie de mercure. Lorsque l’on fait le vide dans la cloche, le mercure descend dans la branche fermée, et monte dans la branche ouverte, il parviendrait à une hauteur égale dans les deux branches, si le vide était complet , ce qui est impossible ; jusqu’ici nos meilleurs machines laissent un millimètre de différence, parce qu’il reste encore un peu d’air et de la vapeurd’eau.
Il faut avoir le soin de tenir la machine pneumatique dans un endroit bien sec, et de dessécher complètement les vases dans lesquels on fait le vide.
Manomètre . On nomme ainsi un baromètre à siphon qui s’adapte à un bocal en verre ou à tout autre vase fermé, pour connaître la tension des gaz à l’intérieur; le même bocal est ordinairement muni d’un robinet qui s’adapte à un tube éprouvette, au moyen duquel on peut extraire une partie du gaz pour l’examiner.
Les manomètres destinés à indiquer les hautes pressions ( celles de plusieurs atmosphères) , se composent
d’un tube épais fermé à la partie supérieure, et posé verticalement dans un bain de mercure. La cuvette à mercure est exactement close, et communique à volonté à l’aide d’un robinet , avec l’intérieur des corps de pompe
dans lesquels la tension de la vapeur s’élève. Le tube
tbaité des réactifs. 5f)9
étant rempli d’air atmosphérique, la pression comprime cet air, et le mercure monte graduellement dans ce tube. Or, d’après la loi de Mariott , les volumes des gaz étant en raison inverse de la pression , il est facile de connaître la pression indiquée par la réduction des volumes de l’air dans le tube; une échelle en cuivre graduée, indique cette relation , et une deuxième graduation latérale fait connaître la correction qu’il faut faire pour le poids do la colonne de mercure élevée dans le tube. On peut l’appliquer à la rnemnite doPapin. Voyez Digestèur*
U arleatt. On se sert dans les laboratoires de marteaux ordinaires, et l’on emploie aussi des marteaux à tranchants et à pointes aciéréespour déliter des pierre^, d,£tur cher des fragmens de minéraux , etü.
plastic. On fait une composition de quatre partie* de briques pilées et tamisées, de trois de résine, et une de cire jaune, pour fixer plusieurs pièces de l’appareil voltaïque; on fait fondre ces trois substances dans une cuillère de fer, en remuant sans cesse à l’aide d^une spatule. Ce mastic doit- être appliqué à chaud avec une brosse. Il se fige et durcit en refroidissant. ( V oy . plus hautin/).
Matras. Vase sphérique ou ovoïde en verre blanc à minces parois , il sert à faire des décompositions à chaud. Son col ordinairement allongé, peut être ajusté à des tubes qui conduisent à un appareil de Woulf, ou sous une cloche ù recevoir les produits gazeux; ( Voy. Ballons) les matras tubulés servent de récipient pour les produits liquides, une tubulure posée à angle droit avec le col sert à ajuster un tube pour envoyer les produits gazeux dans tics flacons ou sous des cloches, quelquefois une tubulure éfilée en pointe, placée du côté opposé à celle de dessus,
4ûO traité des réactifs»
plonge clans un vase inférieur qui reçoit les produits liquides, ensorte qu’on peut les fractionner, et que le ballon ne s’emplit pas.
Mortier. C’est un vase épais présentant à l’intérieur une forme hémisphérique plus ou moins parfaite , terminée par un cône renversé et des bords évasés munis d’un goulot, il sert à contenir les substances que l’on veut réduire en poudre, ou concasser par le choc du pilon, la matière des mortiers varie comme leurs formes. On en fait avec un alliage de cuivre et do zinc ( laiton ) , d’autres en pierre calcaire, en marbre, en verre , en porcelaine, en silex, en agate ; on choisit les mortiers dont la substance est plus convenable, suivant la dureté des matières à broyer, et l’action chimique que certains corps pourraient exercer sur eux.
Les mortiers de verre, de porcelaine et d’agate, moins attaquables que la plupart des autres, par les agens chimiques, ne souffrant pas les chocs violons, on ne s’en sert en général qu’en triturant avec le pilon au lieu de frapper.
Lorsque les substances que l’on pulvérise sont susceptibles d’être enlevées en poussière par lesmouvemens que le pilon imprime à l’air, on enveloppe le mortier et son pilon d’une peau souple qui arrête ces poudres, sans empêcher le pilon d’agir.
Moustache. On a donné ce nom à des espèces de pinces allongées dont on se sert dans les laboratoires pour mettre ou retirer les charbons dans les fourneaux, tenir un morceau de charbon allumé près du col d’une cornue, d’un tube que l’on veut échauffer sur un point, etc. Obturateur. C’est im disque en verre sur lequel on
' * TRAITÉ DES REACTIFS. . ^0-|
place les cloches ou les éprouvettes pour les transporter pleines de gaz ou de liquide d’un endroit à un autre.
Paillasse . Sorte de banquette en pierre, en briques ou en carreaux construits sous la hotte du laboratoire, et sur laquelle on monte divers appareils , principalement ceux qui doivent être chauffés dans une partie par un fourneau, ou qui dégagent des gaz délétères ; quelquefois l’extrémité seule, d’un tube par lequel le dégagement a lieu, s’engage sous la hotte. On met habituellement sous
la paillasse , le charbon , le bois , les pelles à braise ,
quelques fourneaux d’un usage journalier, etc. Lorsque
des fourneaux en fonte sont scellés dans l’épaisseur de la
paillasse, on construit au-dessous des plate-formes qui
servent de cendrier; il reste encore assez de place sous
ces plaie-formes pour y disposer du charbon, du bois, etc.
Papier à filtre. On se sert, dans une foule d’opération, de papier non-coîlé pour filtrer différens liquides. ( Voy. Clarification dans le chapitre précédent ) . Le papier blanc, dit papier Joseph, est plus fréquemment employé dans les essais analytiques , parce qu’il contient moins de matières étrangères au ligneux, et qu’il est moins susceptible de laisser dissoudre une partie de sa substance. Le papier gris, en général, plus fort et plus consistant, est trèsutile dans beaucoup de préparations moins délicates. Lorsque l’on veut se procurer de bon papier à filtre , il faut l’examiner en opposant plusieurs de ses feuilles au jour; afin de reconnaître s’il contient des parties trop faibles qui pourraient être percées par les liquides. On répète le même examen chaque fois que l’on prend une feuille de papier pour faire un filtre.
f\ 02 • ÏRillTÉ DÉS RÉâCTÎÉS
Pelle à main. C’est une pelle en tôle large et bordée $ emmanchée d’un court manche en bois* On s’en sert pouf mettre du charbon dans lès foyers , enlever les cendres , etc.
Pèse-liqUcur. On donne ce noni a l’étui en verre 'que l’on emplit de liquide pour y plonger l’aréomètre. ( V oy . Eprouvette). Quelquefois on appelle ainsi Y Aréomètre. {F oy. ce mot).
Pile de voltâ. Cet instrument, h l’aide duquel on produit beaucoup de réactions et de séparations au moyen des. deux courans électriques de nature différente, exigerait desdéveloppemens trop longs pour que la description complète entrât dans le cadre de notre ouvrage; nous renverrons aux ouvrages de physique oû l’on trouvera de plus la théorie de sa construction (i).
j Pince. On se sert de cct outil, que chacun connaît, pour courber les fds de fer, briser quelques fragment de minéraux , etc.
Pince à creuset. Elle diffère de la précédente par ses dimensions qui sont plus grandes , et la forme de ses mâchoires qui se recourbent et sont terminées par deux arcs de cercles destinés à embrasser étroitemeut le creuset et le tenir solidement pour le transporter, le mettre dans le feu , ou le retirer tout incandescent.
(1) Des modifications importantes ont été apportées à la con9* fraction de cet appareil , qui produit des effets bien plus considérables. On a substitué aux disques alternatifs de cuivre, de zinc et de drap mouillé, empilés verticalement, des anges en bois qui contiennent le liquide excitateur, et dans lesquelles ont fait plongera la fois tous les élémens formés de lames carrées réunies par paires.
TRAITÉ DES REACTIFS. 4o5
Pinces à cuillères . Les branches par lesquelles on saisit ces pinces, sont tenues écartées au moyen d’un ressort, et les extrémités opposées se terminent par deux petites cuillères qui s’appliquent exaclemen t l’une sur l’autre, les branches qui portent ces cuillères sont un peu courbées. Ces pinces servent à introduire dans les petites cloches courbes les substances pulvérisées.
Pipette, Cet outil se compose d’une boule ou cylindre en verre, soudé au 'milieu d’un tube éfilé d’un bout. On plonge le bout éfilé dans le liquide que l’on veut décanter , on opère une aspiration au moyen de la bouche par le bout opposé, le liquide monte, emplit la pipette, on ferme avec le doigt ou la langue l’extrémité par laquelle on aspirait, afin de supprimer la pression de l’air, et de pouvoir transporter la pipette au-dessus du filtre ou d’un vase quelconque sans que le liquide se répande. Il faut avoir le soin de rincer bien exactement les pipettes chaque fois que l’on s’en est servi , soit pour éviter de perdre quelque quantité des liquides décantés , soit afin de ne pas s’exposer à introduire des matières étrangères dans les liquides des décantations suivantes.
Porphyre, Le nom de cet ustensile provient de la substance qui le compose ordinairement, c’est une table bien plane de porphyre ou de granit sur laquelle on broyé diverses substances , à l’aide d’un liquide et d’une molette de meme matière que la table. On fait mouvoir circulairement la molette en étendant la substance sur prèsque toute la surface de la table; de temps à autre on rassemble, à l’aide d’un couteau mince et flexible, tout ce qui est adhérent ù la molette, sur les bords et à la surface de la table pour les soumettre de nouveau à l’action de la molette.
Il est nécessaire que la surface de la table et celle dë la molette qui pose dessus, soient bien dures et bien polies.
Pyromètre de TV edgwood. Cet instrument, inventé par Wegdwood, se compose de deux règles en cuivre, fixées sur une table de même métal, et formant entré elles un fingle très-aigu dont le sommet est tronqué; des petits cylindres d’argile réfractaire s’engagent entre ces deux règles, le retrait qu’ils prennent au feu est d’autant plus
grand, que la température est plus élevée et plus proion-
gée; leur enfoncement entre les deux règles donne la mesure de leur retrait, on en déduit une relation avec la température. Ce mode d’apprécier les températures élevées s’emploie dans plusieurs arts, il n’est pas rigoureusement exact; car la durée de l’essai et plusieurs autres circonstances peuvent faire varier les résultats. ( Voyez le chapitre qui traite de la chaleur.
Râpe. C’est une sorte de lime dont la denture est plus grosse, et qui sert à disposer les bouchons. ( Voyez plus haut Lime).
Récipient . Nom d’un vase quelconque qui reçoit les produits d’une opération.
Récipient florentin. Sorte de ballon ovoïde , à large ouverture, dans le fond duquel prend naissance un tube qui se relève et se recourbe en col de.cygne jusqu’à un pouce au-dessous du niveau de ses bords. Ce vase sert à séparer les huiles essentielles, plus légères que l’eau, de ce liquide qu’elles surnagent : en effet, l’eau s’écoule par le vide-trop-piein qui , partant du fond du vase, n’est pas atteint par la couche huileuse.
Siphons. On nomme ainsi un tube recourbé à l’aide
TRAITÉ DES RÉ ACTIFS. <$o5
duquel on peut transvaser des liquides; pour se servir ■d’un siphon on l’emplit d’eau ou du liquide à transvaser, on ferme les deux bouts avec un doigt de chaque main , bn plonge dans le liquide la branche la plus courte, et l’on ôte le doigt qui bouchait le tube de la plus longue, alors l’écoulement a lieu et se continue tant que la branche est plongée dans le liquide, et que le liquide dans le vase ou là transversale n’est pas au niveau de l’autre. Quelquefois on amorce le siphon en aspirant par une secousse avec la bouche, le liquide du yase dans lequel on a plongé la branche la plus courte; mais il faut uue certaine habitude pour faire arriver le liquide assez avant sans qu’il s’en introduise dans la bouche ; on a fait dernièrement un siphon assez ingénieux qui remplace avec avantage les siphons simples ci-dessus décrits, et les siphons doubles qui ne diffèrent des précédons que par une branche relevée servant à aspirer. Ce nouveau siphon , fig. 10, planch. iere, inventé par M.Bunten, estmunid’une boule A sur sa large branche, la capacité de cette boule est telle quelle égale au moins celle des deux branches du siphon, et lorsqu’on les emplit d’eau ainsi que la branche longue, on bouche l’extrémité de celle-ci, on plonge l’autre dans le liquide à transvaser, on débouche la branche longue , et l’écoulement a lieu; il doit continue r puisque la boule ne peut se vider entièrement avant que le liquide soit monté dans la branche courte qu’il remplit. On voit que ce siphon n’oblige pas à avoir de l’atfresse pour s’en servir, il n’offre pas l’inconvénient ou même le danger de faire avaler des liquides ou des gaz
délétères. En emplissant la boule et la branche longue
aC
4o6 TltÂTTE ses réactijfs
arec la liqueur meme que l’on veut décanter ou transvaser s on évite d’y ajouter de l’eau ou tout autre liquide.
Serpentin , Tube contourné en hélice et plongé dans l’eau d'un réservoir; il sert à rafraîchir et condenser les vapeurs d’un alambic s d’une cornue ; pour que l’eau s’y renouvelle méthodiquement, il faut qu’elle soit introduite froide au fond du réservoir et qu’elle sorte échauffée à îa partie supérieure.
Spatules » Lames un peu fortes, larges et arrondies d’un bout, qui servent à agiter les liquides ou les matières épaisses ou pulvérulentes que Ton fait chauffer; elles sont en platine, en fer, en cuivre, etc.
Support . Cylindre en bois massif qui sert à maintenir à une hauteur convenable les divers vases d’un appareil ; on en a de plusieurs grandeurs. On nomme aussi support ou couronne une tresse circulaire en natte de paille ou de jonc, qui sertàposer les ballons , les récipiens floren* rentins , etc.
Tamis , C’est un cercle de toile en crin, en soie, en cuivre ou en fer, garai d’un bourrelet sur les bords et tendu au moyen de deux cylindres creux en bois ( dits cerces) qui entrent l’un dans l’autre. Lorsque les substances à tamiser peuvent incommoder le manipulateur par leur poussière ou causer une perte sensible, on emploie des tamis fermés à leur partie supérieure et inférieure par des cylindres courts tendus de peau. Les tamis en soie donnent des poudres plus tenues que les autres. Les tamis en toile métallique s’emploient dans les grandes préparations chimiques.
Tas dy acier. Sorte de petite enclume qui reçoit le choc du marteau lorsque Ton ycut aplatir ou écraser quelque substance dure.
TRAITE DES REACTIFS. ^0?
Thermomètre. Nous avons indiqué la théorie, les usages et les différentes graduations de cet instrument dans le chap. de la Chaleur.
Terrinc.Y ase en forme (peu régulière) d’un cône tronqué renversé, ordinairement en grès; il faut les choisir assez cuites pour qu’elles ne soient pas poreuses , mais pas au point d’être vitrifiées à leur surface. Cesustensiles servent à opérer une foule de cristallisations, à entreposer des liquides cl même faire vaporiser des solutions. Dans ce dernier cas, il faut que réchauffement et le refroidissement soient très-gradués , car ces vases supportent mal les changements de température.
Têtàrôtir. On appelle ainsi une capsule faite en terre à creuset et qui supporte aisément une température élevée. On s’en sert dans les laboratoires pour griller les minerais, calciner diverses substances. Quelquefois on en perce le fond et l’on échancre le bord; on le renverse dans une terrine contenant de l’eau et l’on fait passer un tube recourbé sous le têt. On peut ainsi recueillir des gaz sous des cloches , des flacons , etc. , comme aveo une cuve pneumatique.
Tourte. Disque en terre argilleuse cuite, qui sert à supporter les creusets dans le feu à une hauteur convenable.
Tubes. Ce sont de petits tuyaux cylindriques plus ou moins longs et gros. On emploie dans les laboratoires des tubes en verre, en porcelaine, en fer et en platine.
Les tubes en verre sont très-fréquemment employés ; leur diamètre varie depuis la capillarité jusques à trois ou quatre centimètres. On en fait même de six à huit centimètres ; ils servent rarement. Les tub?s capillaires servent à construire les thermomètres , et lorsqu’on les a fermés
4o8 TRAITÉ DES REACTIFS.
des deux bouts , ce sont les baguettes que l’on emploie pour agiter les liquides. Il est plus commode pour cet usage de couper des tubes pleins, et d’arrondir les bouts à la lime.
Les tubes dont le diamètre est compris entre un et quatre centimètres , servent à soumettre des gaz ou des vapeurs, avec d’autres corps, à la température du rougecerise; il est nécessaire de les luter; on le fait avec avantage en employant la terre à creuset. On en fait aussi des cloches courbes, des éprouvettes , des tubes gradués , etc. Les tubes qui ont de quatre à dix millimètres servent à faire des tubes courbés , des siphons , les pipettes , aréomètres, tubes de sûreté, tubes en S , etc.
Tube en S . Tube contourné de manière à former .trois branches parallèles dans le même plan : la iere et la dernière sont assez longues, l’ime pour être introduite dans le goulot d’une cornue, d’un ballon, etc. , l’autre ( terminéeparun entonnoir) pour que la pression ne fasse pas monter le liquide jusqu’au haut. Ce tube est utile pour introduire un liquide dans un ballon ou une cornue, sans que les gaz puissent se perdre.
Tube de sûreté. On en fait à boules qui sont recourbés et l’on en emploie qui sont droits. Ceux-ci plongent dans un flacon de quelques lignes seulement et permettent l’accès à l’air dans les parties de l’appareil où il y a absorption. ( Voyez l’appareil de Woulf. ) Les tubes de sûreté à boules, ou tubes de JV eltei\ ne sont autres que des tubes en S portant à la branche du milieu une boule , qui forme un réservoir: étant à demi pleine d’eau , on conçoit que s’il y a absorption, le liquide remonte dedans; mais comme il ne l’emplit pas, l’air y pénètre ensuite en
bulles qui se succèdent plus ou moins rapidement jusqu’à ce que l’équilibre soit établi entre la pression intérieure et la pression extérieure. Ces tubes peuvent être placés Sur une tubulure ou soudés à un tube, suivant la disposition de l’appareil.
Tube gradué .. C’est un tube en cristal que l’on choisit le plus cylindrique possible (1). Pour le reconnaître, on y verse successivement plusieurs quantités égales d’un, liquide et l’on mesure la hauteur que chaque quantité occupe; elles doivent être égales ou différer très-peu. On ferme le tube à la lampe, puis on verse encore, à l’aide d’une petite mesure en verre dont les bords sont usés à l’émeri, des quantités égales de mercure; on marque à chaque fois le point auquel le métal correspond. Lorsque l’on a ainsi tracé io ou 20 divisions principales, on les divise au compas chacune en io subdivisions; le tube sc trouve gradué en 100 ou 200 parties. On donne plus de longueur à chaque division décimale, qui d’ailleurs sont numérotées, et l’on allonge le trait de 5 en 5.
Les tubes en platine servent aux mêmes usages que ceux de porcelaine; mais leur cherté s’oppose à ce qu’on le emploie généralement..
Tubes en porcelaine . On leur donne communément de^ 7 à 8 décimètres de long et de 1 à 5 centimètres de dia-
(i)Pour vérifier si un tube capillaire est cylindrique, ou le graduer en ayant égard aux défauts d’égalité dans son diamètre intérieur, M Gay-Lussac indique d’y promener un globdle de mercure, et de marquer successivement toutes les longueurs qu’il occupe, elles ne sont toutes égales que dans le cas où le tube est parfaitement cylindrique»
4 1 0 TRAITE DES REACTIFS.
mètre intérieur. Ils sont d’autant moins fragiles au feu r qu’ils sont moins épais; un enduit vitreux intérieur les rend imperméables aux gaz; quelquefois on les courbe un peu. On les emploie pour exposer à une haute température des gaz ou des vapeurs^ que l’on met en contact avec des corps solides et fixes à la température qu’ils doivent éprouver. On les introduit préalablement dans le tube de porcelaine. L’un des bouts du tube est luté avec la cornue ou le ballon^ qui dégage les gaz ou les vapeurs, et le bout opposé est fixé hermétiquement avec un tube plus étroit qui conduit à un appareil sous une cloche pneumatique, etc.
Tubes en fer. Ce sont des canons de fusils coupés à une longueur voulue ou séparés de leur culasse. On les enduit d’un lut infusibie (mélange de terre à creuset voyez ce mot). Ils servent ordinairement à préparer le potassium et le sodium. ( Voy. le chapitre des Préparations. )
Tubes éprouvettes. Voyez Cloches .
Tuyau à manche. La fig. n , de la planche iere, fait voir un tuyau en tôle évasé à la partie inférieure et qui est fort commode pour déterminer le tirage sur les fourneaux sans cheminée. Il en faut au moins un dans un laboratoire ; il est utile qu’il soit assez évasé pour couvrir l’un quelconque des fourneaux.
V alet j couronne 9 support 3 etc. On donne ces différens noms aux tresses circulaires en paille qui servent à poser
les cornues, matras et capsules à fonds arrondis.
Verres à pied ou verres à expériences. Ce sont des vases coniques en verre soutenus sur un pied. Ils servent trèsréqucmment à examiner les réactions qui peuvent don-
TRAITÉ DES REACTIFS*
ner lieu ù des précipités dans des liquides : les matières
insolubles qui se précipitent deviennent plus sensibles en se réunissant ail fond. Ces verres doivent être blancs et
diaphanes pour laisser aisément apercevoir un léger lou« clic et une coloration faible dans le liquide que l’on essaie*
Vessies. On doit les choisir sans fissures et bien dégraissées. Elles sont employées pour contenir les gaz que l’on fait passer à volonté, par une légère pression, au travers d’un tube exposé ù une haute température.
Pour remplir une vessie que l’on a fixée préalablement au robinet d’une cloche, il faut la priver totalement d’air; on y parvient en la comprimant dans toute sa longueur, puis aspirant ce qui reste d’air avec la bouche, on visse alors le robinet auquel elle est fixée sur celui d’uuecloche remplie de gaz et placée dans la cuve pneumatique; on ouvre les robinets de la cloche et delà vessie, après quoi on fait enfoncer la cloche afin que la pression de l’eau expulsé le
gaz et le fasse passer dans la vessie. On ne peut conserver long-temps un gaz dans une vessie, parce qu’il la traverse lentement quelque bien choisie qu’elle soit»
4 12 ÏTIMI’I DES R& ACTIFS*