POIDS SPÉCIFIQUE DES LIQUIDES
On détermine le poids spécifique des liquides en pesant des volumes égaux d’eau et du liquide à essayer, on réduit ces poids à leurs équivalons dans le vide , à la température du maximum de condensation de Feau, puis on les divise l’un par l’autre.
Pour Être assuré d’avoir des volumes égaux, on emploie un flacon fermé par un bouchon usé à l’émeril, afin que la jonction soit exacte, on remplit successivement ce flacon d’eau et de liquide; après avoir déterminé avec soin le poids du flacon vide par la méthode des doubles
l6 / TRAITÉ des réactifs.
pesées, on le pèse ensuite plein d’eau distillée à une tem~ pérature connue; retranchant le premier poids du deuxième, on a le poids , dans l’air, de l’eau que contient le flacon à cette température. On le remplit alors avec le liquide dont on observe aussi la température; on obtient de la même manière le poids dans l’air du volume du liquide renfermé dans le flacon.
Avec ces données et les lois de la dilatation du liquide employé, on peut calculer son poids spécifique.
Si l’on négligeait toutes les réductions, rien ne serait plus facile à faire; on employerait directement les deux pesées comme si elles étaient faites dans le vide et à la température du maximum de condensation ; il suffirait alors de diviser le poids du liquide par le nombre qui exprime celui de l’eau ; ainsi, par exemple, si le liquide est de l’éther, que le flacon en contienne 59, 184 grammes, et qu’il ait été rempli avec 5o,5 grammes d’eau, on dira : le poids de l’eau, 5o,5, est au poids de l’éther, 59,184? comme 1 est à 0,779; ce qui revient à di viser le poids du liquide par celui de l’eau. En effet : de 5o,5 : 59,184 : : 1 : x on tire ^.^=0,779.
On obtient ainsi une approximation dont on se contente dans la plupart des expériences (1).
(1) pour parvenir à la connaissance du poids spécifique vrai dans les recherches délicates, on peut considérer la pesée do l’eau comme servant uniquement à calculer la capacité du flacon dont la deuxième pesée donnera le poids. On en tirera celui d'un centimètre cube du liquide pour une température quelconque j il n’y aura plus qu’à réduire ce poids, par le calcul , au vide et à la température dumaxitnum de condensation de l’eau, en appliquant les formules indiquées pour ces réductions à des pesées très exactes.
TRAITÉ DES REACTIFS. lÿ
Le poids spécifique ou densité des liquides , peut s’obtenir de même en emplissant successivement la même capacité avec clifférens liquides , et comparant les poids obtenus ; dans ces expériences on prend pour unité ou commune mesure, le poids de l’eau distillée que l’on exprime par 1000 ; mais comme dans une foule d’opérations chimiques , il est utile de s’assurer de la densité d’une multitude de solutions salipes , alcooliques, acides, etc , on a imaginé plusieurs instrumens qui peuvent indiquer immédiatement ces densités diverses ; en ayant toujours égard à la température. Le gravimètre de iYichol- $07i , fondé sur ce qu’un corps perd de son poids, unpoids égal à celui du volume d’eau qu’il déplace, indique bien précisément le poids spécifique de tous les liquides sous le même volume; mais comme il fallait ajouter des poids pour faire enfoncer cet aréomètre dans tous les liquides plus pesans que l’eau, et ensuite faire un calcubde proportion pour rapporter tous les poids spécifiques à celui de l’eau prise pour unité, on a cherché un mode plus simple qui pût être à portée de tout le monde. L’aréo-
3VI. Biot a déduit les résultats suivans : poids d’un centimètre cube
de mercure à o° . i3 grades, 597190.
rapport du poids de l’eau et du mercure à volume égal et à la température de q° . 13,598207.
Rapport du poids du mercure à celui de l’ai r atmosphérique sous la pression de 0,76 à la température de o°. 10466,82.
Si l’on voulait obtenir le poids d’un centimètre cube des mêmes substances pour une autre température que o°, il faudrait réduire ces évaluations proportionnellement aux dilatations de chaque substance,
l8 TRAITÉ DES REACTIFS*
mètre de Baume, dont on se sert aujourd’hui ie plus généralement, a été construit de manière à ce que plongé dans l’eau distillée ^ il indique zéro degré : c’est le point de départ ; en le plongeant ensuite successivement dans une solution de sel marin contenant 3, 2, 5, 4, etc., centièmes de sel marin , Baumé forma une échelle qu’il continua sur des divisions à peu près égales pour les liquides d’une densité plus grande qu’une solution saturée de sel marin, et pour les liquides plus légers que l’eau distillée-, On conçoit que cet instrument ne se rapporte directement qu’aux solutions de sel marin, entre certaines limites , et ne présente que des relations indirectes relativement aux autres liquides.
Les degrés de cet aréomètre peuvent être con vertis en expressions de poids spécifique à l’aide de relations établies ; la table suivante présente ces rapports auxquels le chimiste et le manufacturier sont souvent obligés de recourir.
TABLE de la correspondance des poids spécifiques des iquides avec les degrés de l'aréomètre de Baumé pour io° Réaumur.