‹ Traité élémentaire des rochesChapitre 1 sur 92 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Phisieurs personnes ra'àyant engagé à publier ce que j'ai écrit sur les Roches, soit au cours de la Faculté des sciences de Dijon, professé par M. de Christol, soit à la suite de mes entretiens sur cette matière avec cet habile professeur , soit enfin en présence des nombreux échantillons mis à ma disposition par M. de Christol et par M. Nodot, directeur du Musée d'histoire naturelle de la Tille, je me décide à faire paraître ce travail, qui est loin , sans doute , d'atteindre la perfection , mais que j'ai rendu le plus complet possible, en mettant largement à contribution divers ouvrages et mémoires de quelques-uns de nos savants géologues.

J'ai joui" de Pavantage, assez rare en province, de pouvoir étudier plusieurs fois en détail , dans le cours du professeur de Christol , une collection de roches de dioix et très-authentiques dans leurs déterminations ; car, depuis près de trente ans que M. de Christol a commencé à la former, il a eu une foule d'occasions de la montrer à plusieurs des plus célèbres géologues de l'Europe et d'en discuter avec eux les points les plus difficiles. Des séries entières de cette collection ont été déterminées et discutées par M. Cordier. Cette collection renferme d'ailleurs de magnifiques échantillcms de presque toutes les parties du globe, notamment de la Norwége, de la Suède, de l'Amérique , des Antilles , de ïa Corse , des Alpes et de l'Auvergne.

J'éprouve aussi le besoin de remercier M. Nodot de l'obligeance avec laquelle il a mis à ma disposition les nombreux échantillons que renferme la riche collection du Musée, et en même

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temps de quelques bons conseils dont je lui suis redevable. Puisse l'expression sincère de ma 'reconnaissance lui être aussi agréable qu'il m'est doux de la lui offrir !

Mon but en publiant une classification purement minéralogique est de conibler une lacune qui rendait difficile une étude aussi intéressante et qui a toujours été considérée comme l'introduction à celle de la géologie. Tout le monde reconnaissait que cette lacune était d'un fâcheux effet sur le début des études géologiques ; mais, néanmoins, personne que je sache ne s'occupait de la faire disparaître. J'aurais vu sans doute avec plaisir une main plus habile que la mienne s'acquitter d'une pareille tâche; mais pensant qu'il était temps de mettre un terme à cet état de choses ^ je me suis mis à l'œuvre. J'ai l'espoir qu'on voudra bien me tenir compte à la fois des difficultés de l'entreprise et de son importance; car, je le déclare, mon unique désir est d'avoir fait une chose utile pour tous ceux qui aiment à s'occuper sérieusement de cette branche de la science.

Qu'on me permette enfin de dire en terminant quelques mots sur le mode de classification que j'ai adopté.

Il est aujourd'hui généralement admis que des roches semblables se sont formées à diverses époques , et que des modes différents de formation ont pu produire des roches de même espèce. Aussi nos plus célèbres géologues pensent-ils que toute classification -doit être indépendante des considérations gépgnostiques. J'ai cru devoir, dans ce Traité, adopter la manière de voir de ces savants, et classer, par conséquent, les roches d'après leur nature, sans avoir aucun égard pour les considérations tirées de l'époque ou du mode de formation. Une telle classification, dont l'étude doit toujours précéder celle des terrains, rendra la description des diverses couches de la terre plus facile et beaucoup plus précise.

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