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INTRODUCTION

On donne le nom de roches à des substances minérales, simples ou mélangées, qui forment des dépôts, des masses, des couches assez importantes pourêlre considérées comme parties constituantes de la croûte terrestre.

L'observation a démontré que , sur environ 400 espèces distinctes de minéraux qu'on a reconnues dans Fécorce solide du globe, il n'y en a guère qu'une trentaine qui entrent comme éléments essentiels ou constituants dans la composition des roches ; les autres espèces n'y figurent, pour ainsi dire, que comme parties accessoires on accidentelles.

Sur ces 30 espèces de minéraux, M. Cordier a reconnu qu'il n'y en a qu'une dizaine au plus qui se présentent en abondance dans la nature. Ainsi, d'après les calculs de ce savant géologue, si l'on suppose

que Fécorce terrestre consolidée ait une épaisseur de 20 lieues métriques» et que Tenveloppe sédimentaire n'en forme que la 20* partie, on trouve que , dans la composition de cette écorce , U entre environ :

48/100 de feldspath.

35/100 de quartz.

8/100 de mica.

5/100 de talc.

1/100 de carbonate de chaux et de magnésie.

1/100 de péridot, diallagey'amphibole, pyroxène et gypse.

1/100 d'argile sous toutes ses formes.

1/100 pour tous les autres minéraux.

Les substances minérales désignées sous le nom de roches sont tantôt homogènes et paraissent composées d'un seul élément, et tantôt hétérogènes ou visiblement composées par la réunion de deux, trois ou quatre éléments.

Les premières sont nommées roches simples ou homogènes; par exemple : le calcaire saccharoïde , le sel gemme, le gypse, etc. Les autres sont nommées roches composées ou hétérogènes ; par exemple : le granité, le porphyre, l'arkose, etc.

Ces roches se divisent en roches phanérogènes, c'està-dire dont les parties sont apparentes et discernables à l'œil nu (granité), et en roches adélogènes^ c'est-àdire celles où le volume des parties n'est pas visible.

Quelques roches sont à la fois adélogènes et phanérogènes; tels sont les porphyres, composés d'une pâte compacte, avec cristaux disséminés jet reconnaissables àl'œilnu.

Les roches sont les matériaux les plus abondants et même les matériaux essentiels de l'écorce du globe ; ce sont ceux qui renferment toutes les autres substances curieuses ou utiles du règne minéral; leur étude doit donc être plus générale, plus populaire que celle des minéraux.

La science des roches n'a, pour assurer ses déterminations, ni le secours des figures, ni celui de caractères précis, géométriques ou chimiques. Bien souvent on ne peut être certain d'avoir convenablement déterminé une espèce qu'en la comparant avec un échantillon authentique. Or, c'est en multipliant les exemples qu'on arrivera plus facilement à un bon résultat.

La ténuité extrême des éléments composant les roches rend quelquefois leur détermination tellement difficile, qu'elle exige l'emploi de plusieurs moyens dus entièrement à M. Cordier, et qui consistent principalement dans l'emploi du microscope et du chalumeau. Ces moyens , décrits avec détail par M. Charles d'Orbigny, constituent une véritable analyse mécanique des roches.

En ce qui concerne le chalumeau, la forme de cet instrument n'est pas indifférente. M. Cordier donne la préférence aux chalumeaux en verre dont l'extrémité par laquelle sort le vent est précédée d'une boule d'un diamètre notable, de manière que la masse d'air comprimée par le souffle dans le chalumeau soit la plus grande possible. La température à laquelle on peut atteindre à l'aide de cet instrument, en se servant d'un bec très-èffilé > est extrêmement élevée , et peut aller jusqu'à 500° du pyromètre de Wegdw^ood. n faut que le jet d'air qui alimente la flamme soit continu.

Dans l'usage du microscope, il faut sacrifier le gros-

sissement des objets à leur netteté. Des lentilles grandissant au plus 20 à 25 fois les diamètres suffisent presque toujours et permettent de jouir d'un trèsh grand champ et de toute Tintensité de la lumière directe, qui doit être la plus forte possible. Pour réflecteur, un simple disque de papier blanc mat est préférable au miroir simple ou concave.

L'analyse mécanique consiste d'abord à écraser, à l'aide de la simple pression , les fragments de la roche qu'on veut examiner : il faut bien se garder.de les triturer i car on dépolirait les petits grains microscopiques qui en résidtent, et leurs caractères physiques ne pourraient plus être observés.

On place les grains ainsi obtenus à l'extrémité d'une plaque de verre, puis on frappe l'autre extrémité de cette plaque, en l'inclinant. Les parties les plus grossières tombent ; mais le reste de la poudre s'étend et se classe suivant le volume des parties. On choisit approximativement le degré de ténuité jugé convenable, et l'on recueille avec un pinceau la poudre ainsi réunie. Pour faire les essais, il faut employer des poudres dont les particules ont des volumes à peu près égaux. On les place ensuite sous le champ du microscope, où il est ordinairement facile de reconnaître les caractères physiques de chacun des éléments composant la roche qu'on cherche à déterminer. Ces caractères sont là aussi apparents que dans de grands échantillons : tout, jusqu'aux incidences des faces de clivage, se reconnaît distinctement.

Selon M. Cordier, l'analyse mécanique est aux roches adélogènes ce que l'analyse chimique est aux espèces minérales proprement dites.

La nomenclature géologique, quant aux roches, n'a rien d'uniforme. Pour éviter le néologisme, on a sou-

vent conservé aux roches les noms sous lesquels elles sont connues dans le pays où on les a d'abord étudiées, quelle que soit d'ailleurs la langue de ce pays. Souvent aussi on leur a conservé le nom vulgaire sous lequel elles sont connues des mineurs, des carriers , des marbriers, etc.

La classification des familles et des genres est, pour les roches homogènes, fondée sur les principes et l'analyse chimiques, et, pour les roches hétérogènes, ordonnée d'après la nature de l'élément minéralogique qui prédomine dans leur composition. C'est ainsi qu'on appelle, par exemple, roches hétérogènes quarl^ zeuses celles où le quartz entre pour une plus grande proportion qu'aucun des autres éléments qui les constituent (plus de moitié, s*ij y a deux éléments; plus du tiers , s'il y a trois éléments ; etc.).

Les diverses familles de ces roches sont rangées dans un ordre qui permet de les diviser en deux grandes classes, qui sont :

Les ROCHES HOMOGÈNES, Les ROCHES HÉTÉROGÈNES.

En tenant compte de l'origine des roches comme caractère supplémentaire et explication des autres caractères, M. Cordier considère quatre origines distinctes :

1** Roches pyrogènes, c'est-à-dire d'origine ignée;

2* Roches neptuniennesy à l'égard desquelles l'eau a servi de véhicule par rapport aux éléments ou par rapport au ciment;

S"* Rochas pyro-neptuniennes ;

4** Roches neptuno-pyrogènes.

lo Hochei Vyfogènef.

Par refroidissement séculaire.

Par épanchement.

Par éruption.

Les roches pyrogènes par refroidissement séculaire sont stratiformes. Elles résultent du refroidissement d'une partie de la matière incandescente qui constitue encore maintenant l'intérieur du globe , et elles continuent à se former aujourd'hui sous l'écorce consolidée, dont elles augmentent continuellement l'épaisseur (gneiss).

Les roches pyrogènes par épanchement proviennent de cette même matière intérieure incandescente» qui s'est fait jour à travers Técorce consolidée pour, venir s'épancher au dehors (granité, porphyre).

• Les roches pyrogènes par éruption ont été produites à différentes époques par les éruptions volcaniques, qui ont encore Ueu de nos jours (basalte, trachyte ).

2» &9ehes Neptuniennef.

Par précipitation (résultat chimique).

De sédiment (résultat mécanique).

De transport.

Les roches neptuniennes par précipitation sont dues à une action chimique ; elles sont cristallines (gypse).

Les roches neptuniennes de sédiment sont dues à des dépôts analogues aux dépôts limoneux (argile).

Les roches neptuniennes de transport sont composées

de fragments arrachés de divers terrains superficiels, puis entraînés et plus ou moins atténués (poudingues).

30 &oèlief Vyro-Meptunieniief .

Ces roches proviennent soit de matières volcaniques emportées par les eaux et déposées ensuite» soit de cendres ou autres déjections volcaniques rejetées dans les eaux , où elles forment une couche dontles parties sont liées par un ciment. Dans les terrains secondaires» il existe des couches de ce genre qui prouvent l'existence ancienne d'éruptions en tout semblables à celles actuelles.

40 &ooli0s Neptuno-Pyrogéiief.

Ces roches ont été formées au sein des eaux , puis modifiées parla chaleur résultant de l'apparition d'une roche ignée (thermantide).

Avant d'aborder l'étude des roches , il est très-important de bien savoir ce que l'on entend par les inots : élément, acide, oxyde, affinité, attraction, cohésion.

On entend par élément une substance simple , c'està-dire un corps qu'on n'a pas encore pu jusqu'^à ce jour décomposer en plusieurs substances d'autre nature. Dans l'état actuel de la science , on compte soixante-un éléments ou corps simples.

Les. acide$ sont des substances formées par la combinaison d'un corps simple avec l'oxygène ou tpielques autres corps simples en petit nombre ; ils ont une sa-

veur aigre et la propriété de rougir certaines couleurs végétales qui étsdent bleues, comme celles du tournesol, de la violette, etc. Ces corps neutralisent d'une manière plus ou moins prononcée les propriétés des oxydes métalliques et produisent avec eux des seh, c'est-à-dire des combinaisons dont les acides sont négatifs et les bases positives.

Les oxydes sont aussi formés de la combinaison des corps simples avec l'oxygène, mais leurs propriétés sont bien différentes de celles des acides; car, loin de rougir les couleurs végétales , les oxydes les verdissent, et ramènent au bleu les couleurs rougies par les acides, etc. Les oxydes sont généralement solides, inodores, plus denses que l'eau, et presque tous insolubles dans ce liquide ; il n'y a guère de solubles que la soude, la potasse, la lithine, la baryte, la strontiane et la chaux. La solubilité de cette dernière base est même très-faible.

On désigne par attraction moléculaire une loi physique en vertu de laquelle les corps ou les molécules des corps tendent irrésistiblement à se réunir. Il faut alors distinguer :

Si les molépules sont de même nature, ou intégrantes (corps à l'état d'élément) ; alors l'attraction se fait par cohésion ;

Si les molécules sont de nature différente , ou constituantes (atomes d'espèces différentes) ; alors l'attraction se fait par affinité.

L'analyse des roches a démontré qu'elles sont , en général , le résultat de la combinaison des corps simples ou éléments ; et ceux qu'on y rencontre le plus ordinairement sont le gaz oxygène, V aluminium, le caU cium, le chrome, le magnésium, le potassium, le st7tcium.

On y remarque aussi trois acides ou corps composés : V acide silicique, V acide carbonique et Vacide sulr furique.

10 Éléments.

Oxygène. — L'oxygène est un gaz ou fluide aériforme, incolore, inodore et sans sî^veur. Il se combine avec la plupart des substances , et sa combinaison est ordinairement accompagnée d'un certain dégagement de chaleur.

L'oxygène fait partie de l'air, de l'eau , et entre dans la composition des animaux, des plantes et de la plupart des minéraux. Il entretient la vie, fait brûler les corps combustibles, altère et rouille les métaux.

ALUMINIUM. — Nom qui vient du mot alumen, alun, élément obtenu par le chimiste Woehler, qui çst parvenu à l'isoler par l'analyse de l'alumine.

L'aluminium forme une poudre grise qui ressemble^ beaucoup à celle du platine. Les paillettes qui en sont formées ont le brillant métallique et la blancheur de l'étain. L'aluminium brûle dans le gaz oxygène avec une flamme si éclatante , que l'œil peut à peine la supporter. Il ne s'oxyde point dans l'eau tant qu'elle est froide ; combiné avec l'oxygène , il forme un oxyde auquel on donne le nom d'alumine.

L'alumine est une des substances les plus abondamment répandues dans la nature. On la trouve quelquefois cristallisée à l'état de pureté ; alors on la nomme corindon. Lorsqu'elle est transparente , elle constitue le rubis et le saphir. Elle entre dans la composition du feldspath , du mica. Mêlée de silice , elle forme les

argiles ; avec Tacide sulfurique et la potasse, on obtient Valun. L^alumine pure ou sous-sulfatée est blanche > douce » onctueuse au toucher, insipide ; elle happe à la langue et fait pâte avec Peau.

Les combinaisons de Pdluniine avec Facide silicique forment la base de la porcelaine, de la faïence , etc.

Calcium. — Le calcium est un métal blanc d'argent; il est ductile et mou comme de la cire, il s'enflamme très-facilement à l'air; il a beaucoup d'affinité pour l'oxygène, et, lorsqu'il lui est uni, il donne l'oxyde de calcium ou chaux ( 1 atome de calcium et 1 d'oxygène).

On ne trouve jamais cette substance à l'état élémentaire ; elle est toujours combinée avec des acides, tels que l'acide carbonique dans la craie, le marbre, la pierre de chaux ou calcaire, où elle forme le carbonate de chaux ; avec l'acide sulfurique dans le gypse, où elle copititue \e sulfate de chaux ; avec l'acide phosphorique dans les os des animaux {phosphate de chaux) ; et avec l'acide silicique dans beaucoup de minéraux.

Chrome. — Ce métal a été découvert dans le plomb rouge de Sibérie ou chromate plombique. Il est d'un blanc argentin doué de quelque éclat, cassant; il est attiré facilement par l'aimant.

L'acide de chrome est d'une belle couleur rouge ; c'est à lui que le rubis spinelle doit sa couleur. L'oxyde de chrome est d'un beau vert ; il donne sa couleur à l'émeraude, à la diallage verte, etc. Il sert à peindre en vert la porcelaine; il peut supporter l'action du feu sans s'altérer. Cet oxyde se trouve dans beaucoup de minéraux.

Magnésium. — Le magnésium et un mèïaPcTun^ blanc argentin, très-malléable, qui, par sa combinaison avec l'oxygène, constitue la magnésie, d'où on l'extrait ; il ne se trouve jamais à l'état d'élément dans la nature.

La magnésie carbonatée ou carbonate de magnésie est une substance blanche, de texture terreuse, soluble avec effervescence dans l'acide nitrique. Cette substance est très -usitée en médecine ; le sulfate de magnésie est connu dans le commerce sous le nom de sel d'Epsom, sel de Sedlitz. Ce sel se trouve en solution dans les eaux, à Sedlitz en Bohême, et à Epsom en Angleterre.

Potassium. — Le potassium s'extrait de l'hydrate potassique sous la forme de globules métalliques d'un blanc grisâtre , mou conune de la cire. Ce métal est un de ceux qui ont le plus d'affinité pour l'oxygène ; aussi faut-il, pour le conserver, le tenir dans des flacons hermétiquement bouchés et remplis d'huile de pétrole ou de naphte.

Un globule de potassium mis en contact avec l'eau en parcourt la surface, prend feu, et brûle avec une flanime rouge. Lorsque la flamme s'éteint, il reste un petit globule transparent qui pétille en disparaissant. Ce globule est de la potasse que le métal produit en s'oxydantaux dépens de l'eau qu'il décompose. Au moment du contact du potassium ^vec l'eau, il s'empare de l'oxygène de l'eau , qui , en s'unissantavec le métal, produit laflamme.L'hydrogène, n'ayant point d'affinité pour le potassium, se dégage. sous la forme de vapeur blanchâtre.

Uni à Toxygène, le potassium forme la potasse, dont

l'usage est fréquent. La potasse s'extrait le plus ordinairement des cendres des végétaux.

La potasse pure se nomme potasse caustique. Parmi les préparations de potassium on distingue le nitre, ou salpêtre, ou potasse nitratée, dont on se sert pour la préparation de la poudre à canon.

Le nitre s'emploie encore dans la préparation de l'acide nitrique et de l'acide sulfurique.

Silicium. — Le silicium est un corps simple ; sa combinaison avec l'oxygène forme la silice, qui est un des principes constituants du globe.

La silice ou oxyde de silicium , telle qu'on l'obtient par des procédés chimiques, est une poudre blanche, rude au toucher ; on trouve aussi cette substance parfaitement pure dans la nature , puisque Je cristal de roche (quartz) est de la silice pure.

2o Aeides.

ÂGiDB 8ILIGIQUB. — On doune aussi le nom d'acide silicique à la siKce ; en effet , cet acide , quoique un des plus faibles, est cependant susceptible de se combiner avec les oxydes métalliques ou bases salifiables, pour produire des sels.

Il n'est peut-être, parmi les minéraux, aucune substance qui soit plus commune que l'acide silicique, soit libre, soit combiné; ooloré par des oxydes, il forme beaucoup de pierres précieuses, telles que l'agathe, le rubis, etc.

Acide carbonique. — L'acide carbonique, formé ^ de carbone et d'oxygène, est un gaz incolore, d'une

saveur un peu aigre, d'une odeur légèrement piquante. Il ne peut servir à la combustion ; il asphyxie promptement les animaux qui le respirent. 11 est plus pesant que Fair atmosphérique.

L'acide carbonique se trouve tout formé dans l'atmosphère, dans quelques cavités SQuterraines, telles que la célèbre grotte du Chien, près de Pouzzoles, dans les environs de Naples ; dans quelques eaux minérales , conjpie à Sedlitz.

Dans d'autres localités , l'acide carbonique sort de terre en quantité parfois considérable ; ainsi la fontaine empoisonnée, près d'Aigueperse, en Auvergne, n'est autre chose qu'une ouverture d'où sort continuellement une énorme quantité de ce gaz, qui asphyxie les êtres qui en approchent. Il produit la mousse du vin de Champagne et des liqueurs fermentées. Il se trouve dans le carbonate dp chaux et occasionne V effervescence que produit un fragment de calcaire mis dans un acide. L'acide nitrique décompose l'oxyde de calcium ou calcaire , s'empare de la chaux et met en liberté l'acide carbonique , qui , n'ayant point d'affinité pour l'acide nitrique, se dégage \ivement et donne lieu au phénomène de l'efiervescence.

L'acide carbonique, qui n'était connu qu'à l'état gazeux et à l'état fluide ou liquide , est obtenu maintenant à l'état solide. Cette remarquable découverte est due à M. Thilorier. L'acide carbonique a l'aspect de neige comprimée, lorsqu'il est solidifié. Exposé à l'air, il fume et se vaporise en moins d'un quart-d'heure. Appliqué sur la peau, il produit uuje vive sensation de froid, et occasionne une cautérisation. — L'intensité du froid qu'il produit est telle qu'un thermomètre entouré d'acide carbonique solide est descendu à 90** audessous de zéro en moins de deux minutes.

Acide sulfuriqub. — L'acide sulfurique, le plus important de tous les acides , reçoit vulgairement le nom d'huile de vitriol, parce que primitivement, pour l'obtenir, on calcinait dans une cornue de la couperose ou sulfate de fer, de sorte que l'acide qui se trouvait dans le récipient, étant très- concentré, avait la consistance de rhuile ; il est liquide , blanc , inodore , et doué de propriétés acides au plus haut degré. «

Cet acide se trouve très-rarement à l'état pur dans la nature ; mais on l'obtient dans les laboratoires par la combustion du soufre ou par la distillation du vitriol de fer.

Avant dé parler des substances formées par la réunion ou combinaison des différents principes, remarquons que, lorsqu'un corps est composé de deux ou de plusieurs substances , on lui donne, dans la science, un nom qui indique les parties constituantes qui le composent. On commence ordinairement par les acides , dont on énonce d'abord le nom. Par exemple, pour les corps où entre l'acide sulfurique, on dit sulfate; l'acide carbonique , carbonate. On énonce ensuite la seconde substance, sans parler des autres qui s'y trouvent aussi. Dans l'usage , on se contente de la connaissance de ces deux substances ; ainsi, quand on dit, en parlant du marbre , carbonate de chaux, on entend une roche dont la base est l'oxyde de calcium combiné avec l'acide carbonique, sans parler de l'alumine ni de la magnésie, qui s'y trouvent en petite quantité.

Il a été dit précédemment que diverses espèces minérales figurent , comme parties accessoires ou accidentelles , dans la composition des roches ; il parait

donc convenable» avant d'aborder l'étude de ces roches» de décrire quelques-unes des substances que Ton y rencontre le plus habituellement.

Ces substances sont :

1"* Sulfures : — Galène» blende» cinabre» molybdénite, arsenic sulfuré ;

2** Carbonates : — Aragonite ;

3* Silicates : — Péridot^ diallage» zircon» disthène» staim)tide» amphigène» tourmaline.

lo Sulfîiref.

Galène (plomb sulfuré). — Substance métalloïde d'un gris de plomb » mais très-brillante ; cristallisant en cubes» et clivable parallèlement aux faces de ce solilide ; non ductile» se raclant au lieu de se couper avec un insU*ument tranchant» facilement réductible en plomb métallique sur le charbon ; soluble dans l'acide nitrique » avec précipité blanc de sulfate de plomb.

La galène se trouve assez fréquemment cristallisée en cubes» en octaèdres diversement modifiés; mais c'est en masses lamellaires, à lamelles plus ou moins fines » qu'elle se trouve principalement.

Blende (zinc sulfuré). — Substance non métalloïde, jaunâtre ou brune; cristallisant dans le système cubique ; infusible au chalumeau» non réductible» ne donnant par le grillage qu'une très -faible odeur d'acide sulfureux.

Dans les collections» on voit souvent la blende en cristaux tétraèdifeg et octaèdres diversement modifiés. Les grandes masses qu'elle forme dans U sein de la

terre sont» en général » à structure lamellaire plus ou moins prononcée.

Cinabre (mercure sulfuré, vermillon). — Substance non métalloïde , rouge ou brune ; cristallisant dans le système rhomboédrique ; facilement réductible en poussière d'un beau rouge ; volatile sans résidu sur le charbon, avec vapeur sulfureuse. Attaquable seulement par l'eau régale (acide hydrochloronitrique), et donnant une solution qui précipite sur une lame de cuivre une poussière grise qui en argenté la surface. Les cristaux de cinabre sont généralement petits et rares. On trouve le plus souvent le cinabre en masses granulaires ou compactes , quelquefois à l'état terreux, et colorant les matières argileuses ou autres qui l'accompagnent. C'est du cinabre qu'on retire le mercure.

MoLYBDÉNiTE ( molybdèuc suHuré ) . — Substance métalloïde, gris de plomb, onctueuse au toucher, offrant de petits cristaux rares , en prismes hexagones réguliers, ou de petites masses lamellaires composées de lamelles flexibles, infusible au chalumeau, laissant par le grillage un résidu blanc d'acide molybdique, attaquable par l'acide azotique, et laissant aussi un précipité insoluble d'acide molybdique.

Arsenic sulfuré (réalgar et orpiment). — Ces deux substances ne présentent pas l'éclat métallique ; la première est rouge et la seconde jaune. Elles donnent une forte odeur d'ail par le grillage, et ne laissent aucun résidu.

Le réalgar se trouve en prismes 4*homboïdaux obliques assez nettement prononcés, réunis quelquefois en

petites masses bacillaires; le plus souvent il est en petites masses compactes. L'orpiment se trouve en cristaux peu distincts» rbomboïdaux » avec des clivages parallèlement aux plans des diagonales, dont un beaucoup plus distinct que l'autre. On le rencontre plus fréquemment en petites masses lamellaires , quelquefois oolithiques, ou bien compactes et terreuses.

20 Oarbonatei •

Aragonite. — Substance susceptible de cristalliser dans le système prismatique rectangulaire, non susceptible de clivage; donnant .par la calcination une matière caustique appelée chaux, et contenant un peu de carbonate de strontiane ; rayant le calcaire. Cassure vitreuse très-brillante.

L'aragonite, qu'on trouve assez souvent en cristaux réguliers prismatiques à bases j*hombes diversement modifiées , se présente plus fréquemment encore en cristaux groupés. C'est cette substance que l'on trouve le plus souvent sous la forme coralloïde ; on la rencontre aussi en petites masses bacillaires, fibreuses, qui offrent des passages à l'état compacte et même terreux; mais alors ce n'est plus que du carbonate d^ chaux.

80 Sîlieates.

Péridot (olivine, chrysolite des volcans, siUcate magnésien simple, anhydre). — Substance vitreuse, le plus souvent verdâtre; cristallisant dans le système prismatique rectangulaire droit; rayant fortement le

verre et presque le quartz ; ne donnant pas d^eau par la calcination ; infusible au chalumeau , inattaqusÂ)le par les acides. Le péridot se trouve en rognons, quelquefois assez gros» et en grains disséminés dans le basalte , roche pour laquelle il est en quelque sorte caractéristique.

DiAiXAGE (silicate magnésien hydratifère). — Substance verdâtre ou brunâtre, sous la fonhe de petites masses lamellaires ; clivage par deux plans parallèles ; chatoyante sur les faces du clivage ; mate et à cassure compacte ou esquilleuse dans les autres sens; rayée par une pointe d'acier, quelquefois même par l'ongle ; donnant de l'eau par la calcination ; infiûible au feu du chalumeau.

ZiRGON. — Substance vitreuse , presque toujours transparente ; le plus souvent rouge ; quelquefois jaunâtre, bleuâtre et même incolore; d'un éclat gras particulier qui rappelle l'éclat du diamant; toujours cristallisée et offrant des prismes à bases carrées, ordinairement pyramidaux et modifiés de diverses manières; très -rarement des octaèdres, qui sont alors très-surbaissés; assez dure pour rayer le quartz, mais rayée par. la topaze; infusible au chalumeau, mais perdant ses couleurs par l'action du feu. Le zircon jie se trouve que disséminé; il existe dans les syénites, dans les gneiss et dans les basaltes.

DiSTHÈNE (cyanite, schorl bleu). — Silicate alumineux rayant le verre , mais rayé par une pointe d'acier lorsqu'on suit les stries du clivage ; cristallisant dans le système prismatique allongé. On le trouve encore

en petites masses bacillaires et même fibreuses trèsdenses.

Staurotidb (croisette, silicate alumineux simple). — Substance opaque , rayant le quartz et rayée par la topaze ; sa couleur est le rouge , le brun et le noirâtre. Elle cristallise en prismes rhomboïdaux, qui le plus souTent se réunissent au nombre de quatre» tantôt obliquement et tantôt à angle droit.

Amphigène (silicate alumineux double, anhydre). — Substance grisâtre ou rougeâtre qui appartient au système cubique et cristallise en trapézoèdre. Elle se trouve en cristaux disséminés , assez abondants dans les roches qui constituent la Somma et dans les anciens épanchements volcaniques.

Tourmaline (silicate alumineux borifère). — Cette substance » depuis longtemps connue sous le nom de schorl électrique» est une des plus remarquables sous le rapport de la propriété qu'elle a de s'électriser par la chaleur» en prenant l'électricité positive à Tune de ^p s extrémités et Félectricité négative à l'autre ; cristallisée soit régulièrement, soit en cristaux déformés, tantôt isolés, tantôt groupés en masses bacillaires; cassure vitreuse n'ofirant aucun indice de clivage. Les cristaux appartiennent au système rhomboédrique et se font remarquer par le défaut de symétrie géométrique. La tourmsdine raie le quartz , mais elle est rayée par la topaze. Elle est difficilement fusible dans certaines variétés, n y a des tourmalines de toutes couleurs : de bleues, de vertes plus ou moins foncées, de rouges et de noires. La tourmaUne noire est lapins commune, et se trouve disséminée dans toutes les roches cristallines.

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