‹ Traité élémentaire des rochesChapitre 17 sur 92 · AZiGAZâS (chaux carbonatée · texte numérisé non relu

AZiGAZâS (chaux carbonatée

Substance facile à reconnsutre par la propriété qu'elle a de faire une vive effervescence dans les acides, de se réduire en chaux vive par la calcination , et de se laisser rayer profondément par une pointe de fer; dureté moyenne. Pesanteur spécifique 2,7.

Sa structure est très-variée , et l'ou trouve le calcaire en masses laminaires susceptiblesde se cliver en plaques plus ou moins épaisses; en masses lamellaires à grandes ou à petites lames , bacillaires , fibreuses, compactes ou terreuses. Ses variétés en grands dépôts renferment souvent des matières étrangères, tantôt plus ou moins cristallines, tantôt terreuses, et lui donnant des couleurs de toute espèce; les variétés mélangées d'argile se nomment marnes , et on les distingue en marne cal-

caire où le mélange est peu considérable, et en marne argileme où, au contraire, la matière étrangère est en grande quantité.

Le calcaire est employé comme pierre à bâtir ; il présente l'avantage de se laisser tailler facilement et de conserver néanmoins les arêtes, les moulures et les ornements les plus délicats. Cependant il y a du choix à faire : la craie est le plus souvent trop tendre; les variétés lamellaires simples ou micacées résistent peu à la charge ; beaucoup de calcaires compactes sont secs, suivant le terme reçu, et d'ailleurs sont fréquemment remplis de fissures qui leur ôtent beaucoup de solidité. LiCS variétés qui conviennent le mieux sont celles qui sont compactes, à cassure inégale , plate ou irrégulière ; qui sont mates, et souvent ont quelque chose de terreux. On en trouve d'excellentes dans les formations analogues à celles de Paris et dans les dépôts jurassiques.

La calcination du calcaire produit la chaux; mais il faut encore distinguer avec soin les variétés : les calcaires les plus purs produisent ce qu'on appelle la chatix grasse, qui prend beaucoup d'eau à l'extinction et ne durcît pas dans les lieux humides. Les calcaires mélangés de sUicates alumineux, et principalement de silicates hydratés, produisent au contraire la chaux maigre ou la chaux hydraulique, qui a l'avantage immense de durcir promptement à l'air, dans les endroits humides et sous l'eau.

On nonune marbres les variétés de calcaire à grains fins, susceptibles de poli, et qui, par leur blancheur ou par leurs couleurs plus ou moins vives, peuvent être employées à la décoration des édifices ou dans l'ameublement. Les variétés les plus riches en couleur se trouvent dans les parties qui avoisinent les terrains de cristallisation.

Le calcaire forme des couches qui composent une partie importante des terrains de sédiments ; il se subdivise en un grand nombre d'espèces , énumérées en partie ci-après :

Calcaire lamellaire. — Ordinairement de couleur blanche ou grisâtre, ne contenant jamais de corps organiques , cette espèce appartient le plus souvent aux terrains de transition; elle est susceptible de prendre un beau poli ; tel est le marbre de Par os.

Calcaire sagcharoïde. — Calcaire d'unetexture grenue, cristalline, qui a le même gisement que le calcaire lamellaire ; il prend aussi un beau poli , et lorsqu'il est de couleur blanche on le considère de même conune marbre statuaire : tel est le mxirbre de Carrare; d'autres fois le calcaire saccharoïde est d'un gris bleuâtre nuancé : tel est le warftre bleu turquin.

Calcaire compacte. — Calcaire caractérisé par la finesse de son grain, qui le rend compacte ; tels sont le calcaire lithographique , le marbre noir africain, le jaune de Sienne, la plus grande partie des calcaires du Jura; cassure ouconchoïde, ou inégale, écailleuse. Il présente des couleurs très-variées et contient un trèsgrand nombre de débris de corps organisés. Il se trouve dans presque tous les terrains et fournit une grande quantité de matériaux de construction et des marbres de diverses nuances.

Calcaire argileux. ^— Calcaire mélangé de matières argileuses. Lorsqu'on fait dissoudre cette roche dans les

acides 9 U reste un résidu d'argile pure qui peut former jusqu'au 1/3 de la masse. Ce calcaire, étant rarement susceptible de fuser à l'air, ne peut servir à marner les terres, mais il fournit les chaux et ciments hydrauli-^ ques. Il se trouve notamment dans le lias et dans les terrains tertiaires des environs de Paris.

Calcaire globulifère. — Calcaire à globules arrondis, de même volume, rayonnes du centre à la circonférence, et non à couches cohcentriques. Cette roche, due sans doute à un jeu de cristallisation, se trouve assez rarement dans les divers étages sédimentaires.

Calcaire oolithique. — Dans ce calcaire les globules, ordinairement de même grosseur et arrondis, ne sont pas rayonnes ; ils ont un très-petit noyau central, étranger à la matière calcaire : c'est tantôt un grain de sable , tantôt une partie de débris organiques autour desquels se sont déposées successivement, sous forme de concrétions, les petites couches concentriques du globule. Ce calcaire fait d'excellentes pierres à bâtir ; les parties qui se trouvent au jour ont souvent beaucoup de tendance à se diviser en plaques, que l'on emploie dans certaines contrées à couvrir les toits , et qui portent vulgairement le nom de /awes. Cette espèce se désagrège assez facilement ; aussi est-elle moins employée que la précédente pour l'entretien des routes. Cette roche se trouve surtout dans l'étage oolithique, où elle forme des dépôts considérables ; elle est appelée ooUthe milUaire lorsqu'elle est formée de parties de la grosseur des grains de millet.

Calcaire pisolithique. — Ce calcaire a des globules qui diffèrent de ceux de la roche précédente en ce qu'ils

varient beaucoup en dimension dans la même masse ; ils sont également composés de couches concentriques. Lorsqu'ils sont allongés, le corps étranger qui leur a servi de noyau paraît avoir appartenu à une tige végétale. Cette roche se trouve dans les terrains secondaires et dans les terrains tertiaires.

Calcaire brogatelle. — Calcaire à texture bréchiforme, dont la texture provient du fendillement par retrait que les masses ont éprouvé et du remplissage de ces fentes par des concrétions calcaires; telle est la brocatelle de Tortose en Espagne. Cette roche se trouve dans les terrains secondaires.

Calcaire tuf. — Calcaire souvent spongieux, produit toujours par des sources minérales. Sa couleur est ordinairement jaunâtre. Le tuf appartient principalement aux terrains modernes , et se fonne encore dans plusieurs lieux par les matières que déposent certaines eaux. Il donne quelquefois des matériaux de construction, qui sont d'autant plus recherchés, qu'ils réunissent à beaucoup de solidité et de légèreté une grande aptitude à prendre le mortier. C'est au tuf connu sous le nom de travertin, et qui est presque compacte, quoique tubuleux, que les monumente de Rome doivent leur origine.

Calcaire crayeux. — Calcaire écrivant; matière blanche, pulvérulente et tachante, formée par précipitation ou trituration ; faibl^nent consolidée , friable, susceptible de s'imbiber d'eau et quelquefois de se délayer. Ce calcaire est tantôt pur, tantôt un peu argilifere ou arénifère ; souvent il contient des débris de coquilles et de polypiers; il renferme aussi du silex, soit

en lits» soit en rognons. La craie sert comme pierre à bâtir lorsqu'elle n'est pas trop friable ; on l'emploie aussi comme crayon pour tracer des traits ; on en fait usage pour les peintures gvossières; certaines variétés friables sont recherchées pour l'amendement des terres. Cette roche se trouve dans les terrains secondaires.

Galgairb grossier. — Calcaire formé par des sables* résultant de coquilles et de polypiers triturés , puis réunis par un ciment calcaire ; le grain de cette roche est tantôt très-fin et presque compacte , tantôt assez grossier ; il est communément fort impur. Sa couleur ordinaire est jaunât^re sale, passant quelquefois au brunâtre. C'est une roche très -favorable pour l'architecture, et qui a exercé une grande influence* sur la beauté des monuments de Paris ; elle se trouve notamment dans le bassin tertiaire de Paris.

CALGAms SILICEUX. — Calcaire à texture compacte, d'une dureté moyenne ; il raie l'acier et se laisse rayer. Il donne un résidu siliceux par la dissolution dans l'acide nitrique. Sa couleur varie du grisâtre au jaunâtre sale. La silice y est souvent tellement mêlée, qu'elle n'est pas visible. Cette roche se trouve aussi dans le bassin tertiaire de Paris.

Calcaire lugullite. — Calcaire fétide, appelé aussi pierre de porc, qui dégage par le frottement et par la percussion une odeur hépatique très-prononcée, qui est probablement due à de l'acide sulfhydrique. Cette espèce se confond quelquefois avec le calcaire bitumineux ; mais elle en difière en ce qu'elle ne parait pas contenir d'anthracite ni de bitume. Sa couleur est grisâtre.

Calcaire bitumineux. — Ce calcaire est imprégné de matières bitumineuses qui manifestent leur présence par l'odeur qui s'exhale, soît naturellement, soit par le frottement, soit par réchauffement. Sa couleur est noirâtre , brunâtre ou grisâtre. On l'exploite quelquefois pour en retirer du bitume. Cette roche se trouve dans les terrains de transition et dans les terrains se- *condaires.

Calcaire lunachelle. — Calcaire presque entièrement composé de débris de coquilles, qui donne quelquefois des marbres remarquables par leurs reflets nacrés. Cette roche se trouve dans presque tous les terrains de sédiments ; le petit granité qui couvre la plupart des meubles et qui est rempU d'encrinites est une lumachelle.

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