TERMINOLOGIE MINÉRALOGIQUE
Pour la détermination et la terminologie minéralogique des roches , il existe un très-grand nombre de caractères distinctifs» dont les principaux sont :
1* La composition,
2"* La structure,
3* La texture,
4" La'coliésion,
5* La cassure,
6' La dureté ,
7*" L'action chimique des acides, du feu;
8"* Le passage minéralogique.
lo Compofitûm.
On doit examiner d'abord dans la composition d'une roche les parties constituantes ou essentielles, ensuite les parties accessoires , puis les parties accidentelles.
Les parties constituantes sont celles qui, disséminées uniformément, indiquent le caractère essentiel de la roche; ainsi le mélange du feldspath, du quartz et du mica, en quantités égales à peu près, constitue le granité.
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"" 2* "" N^^Uf ^S^ Les parties accessoires sont les suBSfiïïte^ qoTvien-
nent quelquefois s^ajouter au mélange en quantité notable» sans pour cela changer la nature de la roche; ainsi le quartz dans le gneiss, et le mica et la serpentine dans le calschiste.
Les parties accidentelles sont celles qui se trouvent quelquefois dans une roche, éparses et en quantité moindre que les parties constituantes; ces parties sont disséminées, comme le titane nigrine dans la syénite, le fer sulfuré dans le diorite; ou pelotonnées, conune Tagathe dans le porphyre, le mésotype dans le basanite.
Dans rénumération des parties constituantes essentielles d'une roche, le minéral ordinairement prédominant doit être nonuné le premier; ce minéral forme habituellement la base de la roche et sert à sa classification (le mica dans le micaschiste , le pétrosilex dans Teurite).
2o Stmoture.
Par structure on entend la disposition que présentent les joints de séparation des fragments d'une roche ; il faut des fragments volumineux pour en reconnaître la structure : les fragments les plus petits en désignent la texture.
On peut distinguer dans les roches plusieurs sortes de structures, savoir :
1* La structure lamellaire, qui offre de petites lames ou joints à peu près planes ; ainsi le cipolin , Tamphibolite, Féclogite; cette structure est cristalline;
^''La structure sphéroïdale ou globaire, qui a ses parties disposées en sphéroïdes dans la roche ; ainsi les varioUtes, lespyromérides et le diorite orbiculaire;
3"" La structure fragmentaire, qui a ses parties divisées
par une multitude de joints qui suivent toutes sortes de directions 9 et qui permettent départager la masse en fragments anguleux, à angles et arêtes indéterminables; ainsi les trappites, les porphyres, les basanites, les trachytes ;
Lorsqu'une roche né présente aucun joint, on peut dire que la structure est massive ;
4** La structure entrelacée, qui a ses parties anguleuses, arrondies ou ovoïdes, qui s'engrènent les unes dans les autres et semblent Uées par une matière colorée disposée en veines ou en réseaux ; ainsi le marbre Gampan, i'ophiolite, Tophicalce (vert de mer), quelques brèches ;
5° La structure fissile ou feuilletée, dont les parties paraissent formées de lits minces et quelquefois même de feuillets; ainsi le phyllade micacé, le schiste ardoîsier, le gneiss, le cakcMste veiné , Tamphibolite schistoïde, certains calcaires ;
6* La structure mamelonnée, qui a ses parties hérissées de mamelons et de tubercules ; ainsi le grès de Fontainebleau , les dépôts d'albâtre ;
7* La structure prismatiqm, dont le nom indique des groupes de prismes , se montre dans beaucoup de roches d'origine ignée, comme les basaltes, les trapps, les diorites ; et dans les roches de sédiment, comme les marnes et souvent les gypses.
3o Texture.
La texture se rapporte à la pâte d'une roche ; nous décrivons ci -après les nuances les plus tranchées :
l"" La texture compacte est celle qui présente une surface serrée, unie ; ainsi plusieurs calcaires ; • 2° La texture grenue est celle d'une roche composée
de grains arrondis ou anguleux réunis par un ciment ; ainsi les granités.
Les grains ou parties arrondies sont : — miliaires, de la grosseur d'un grain de millet ou de chéneyis ; — pisaires, de la grosseur d'un pois ; — avellanaires, de la grosseur d'une noisette ; — colombaires , de la grosseur d'un œuf de pigeon ; — ovulaires, de la grosseur d'un œuf de poule; — pugillaires, de la grosseur du poing; — céphalaires, de la grosseur de la tête d'un homme; — piponnaires, de la grosseur d'un potiron;
3" La texture terreuse est celle cpii tient le milieu entre la texture compacte et la texture grenue ; ainsi les argiles sèches ;
4** La texture laminaire est celle qui offre une réunion de grandes lames ; ainsi quelques pegmatites ;
5* La texture lamellaire est celle qui présenteMe petites lamelles cristallines; ainsi le marbre de Paros;
6® La texture sublamellaire est celle dont les lamelles» peu visibles» se détachent sur un fond compacte; ainsi certains calcaires ;
7" La texture saccharoîde est celle dont les lamelles présentent le même aspect que celle du sucre cristallisé ; ainsi le marbre de Carrare ;
8* La texture cellulaire est celle des roches qui offrent des cavités nombreuses ; ainsi les laves poreuses et les meulières dites caverneuses;
9*" La texture globuliforme ou oolithique est celle qui présente comme une réunion de petits œufs de poissons» et qui est particulière au calcaire appelé oolithique ;
lO"" La texture empâtée est celle où la base de la roche est une pâte homogène au milieu de laquelle sont disséminées les parties constituantes; ainsi les porphyres et lespoudingues.
4« CohéiîoB.
Suivant le mode de cohésion d'une roche, on dit que celte roche est : — solide, lorsque ses parties sont solidement liées entre elles; ainsi les porphyres ; — friable, lorsque ses parties se désagrègent facilement; ainsi quelques granités,* des psammites; — tenace, lorsqu'elle est difficile à casser; ainsi la serpentine,, le basanite, Feupbotide, FamphiboUte, etc. ; — aigre ou fragile, lorsqu'on la casse aisément; ainsi Teurite compacte, les calcaires siliceux et certains calcaires compactes.
50 Oafsure.
Nous ne parlerons ici que des variétés de cassures qui semblent particulières aux roches mélangées ; la cassure est : -^. unie, lorsque les parties sont assez solidement Uées pour que la fissure de séparation les coupe toutes sans être dérangée de sa direction; ainsi certains granités, les porphyres ; — raboteiise, lorsque , la fissure traversant toutes les parties, celles-ci opposent des obstacles différents à la propagation du choc : il en résulte une fissure ondulée et une surface raboteuse; ainsi beaucoup de granités ; — grenm, lorsque la fissure ne coupe point les grains, mais en suit au contraire tous les contours; — conchoïde ou conchoïdale, lorsqu'elle offre d'un côté une partie convexe et de l'autre une partie concave qui rappelle l'empreinte d'une coquille bivalve unie; ainsi un grand nombre de calcaires à texture compacte.
6» Ihureté.
Tantôt toutes les parties d^une roche sont à peu près d'égale dureté : elle est alors susceptible de recevoir un poli très-vif et très-égal, si d'ailleurs ses parties réunissent les conditions nécessaires (le porphyre).
Tantôt les parties sont d'une dureté très-inégale : alors, quoique chaque partie soit susceptible de recevoir séparément un poli assez beau, cette cÛfférence dans la dureté des parties constituantes s'oppose au poli vif et égal de la roche (la syénite, la protogyne, le gneiss, etc.).
7» Aetion chimique des aeides et en feu.
1* Action des acides. — Elle sert à faire reconnaître si la roche présente les caractères d'insolubilité (phyllade) ou de solubilité complète (calcaire compacte) , de solubiUté incomplète (marne), de solubilité sans odeur (calcaire compacte) ou a¥ec odeur (calcaire bitumineux). On examine si reffervesçence ou la dissolution est lente ou prompte ; s'il y a résidu, et si ce résidu fait gelée ou non avec les acides; etc. Enfin, par l'action des acides, on obtient aussi de bons résultats de coloration ou de décoloration de certaines roches. Ainsi k fer carbonate compacte , plongé dans l'acide, passe superficiellement à l'état d'hydrate de fer, et de brungrisâtre qu'il était devient jaunâtre. Le basalte étant soumis à l'action des acides, son pyroxène devient vert, le feldspath blanc, et le fer titane conserve sa couleur noire.
2* Action du feu. — Une faible action du feu ordinaire suffit quelquefois pour déterminer la nature de diverses roches : on examine s'il y a changement de coloration (carbonate de fer) , combustion facile (Ugnite» houille) ou difficile ( anthracite » graphite), combustion avec odeur (gypse avec soufre disséminé)» etc. Mais le plus souvent la détennination des roches adélogènes obUge de recourir à l'action d'une température plus élevée, qui s'obtient à l'aide du chalumeau. On conçoit que certains éléments étant infusibles, et d'autres au contraire plus ou moins fusibles, il devient facile de les distinguer. On connaît, par ce moyen, s'il y a inaltérabilité (silex, phtanite), altérabilité (calcaire, gypse), fusibilité sans boursouCQement (basanite, obsidienne), fusibilité avec boursoufflement (rétinite).
80 Passage mînéralogîqiie.
Les roches passent des unes aux autres soit par la nature et le nombre des parties qui les composent, soit par l'altération d'une ou de plusieiu*s de ces parties, soit enfin par un changement de texture.
Dans le premier cas, le granité passe à la protogyne à mesure que le mica est remplacé par le talc; si le mica est remplacé par l'amphibole, la roche prend le nom de syénîte.
Dans le second cas , lorsqu'un des principes , en se désagrégeant ou même en s'altérant, prend l'aspect et les caractères d'un autre minéral, il est difficile de décider, par exemple, si lamphibole désagrégée de la syénite est de l'amphibole ou de la chlorite ; dans ce dernier cas ce serait une protogyne.
Dans le troisième cas, la texture grenue passe insen-
siblement soit àla feuilletée ( le granité au gneiss) , soit à Tempâtée (le granité au porphyre).
Notre méthode de classification n'a pas admis parmi les espèces bien caractérisées :
!• Les roches meubles» c'est-à-dire celles dont les éléments composants ne sont pas liés entre eux;
2*" Les associations intermédiaires, qui ne sont que de véritables variétés de passage d'une roche à une autre ;
3*" Les roches anomales (comprenant les roches de concrétion, de grottes, de cavernes et de filons), qui se distinguent par un caractère d'irrégularité ;
4^ Les roches météoriques, qu'on ne pouvait placer, par suite de leur composition, dans aucune des familles décrites.
PREBIUÈRE CLASSE.