CHAPITRE VIL GLANDES
Les glandes sont des organes de forme et de volume Dcn^ui très-variables; elles sont caractérisées par des excavations revêtues ou remplies de cellules et débouchant à la surface de la peau ou des muqiieuses, soit directement, soit
MOREL. Ilislol. ^1
par l'intermédiaire des canaux particuliers désignés sous, le nom de canaux excréteurs.
Division. On appelle glandes sanguines et follicules clos des organes constitués par une ou plusieurs excavations remplies de globules, fermées de toutes parts ou bien communiquant avec le système circulatoire.
Le parenchyme des glandes, c'est-à-dire la partie essentielle ou sécrétante, se compose de tubes ou bien de demivésicules accolées les unes aux autres et «'ouvrant dans un canal commun, de manière à figurer des espèces de grappes. De là deux espèces de glandes : les glandes en grappe et les glandes en tube.
.Structure Généralement les glandes sont circonscrites à l'extérieur
générale. hme plus OU moius épaisse de tissu conjonctif.
De la face profonde de cette enveloppe se détachent des lamelles ou trabécules, qui se dirigent en divers sens et divisent ainsi le parenchyme glandulaire en une certaine quantité de segments appelés lobes, lobules; elles servent, en outre, de supports aux vaisseaux et aux nerfs destinés à ces organes. Les vésicules ou les tubes sécrétants ont une membrane propre (membrane fondamentale), d'habitude très-mince et amorphe; quelquefois, mais très-rarement, elle est assez épaisse et offre à l'extérieur une lamelle fibrillaire (testicule, poumon). Sur la face interne de cette membrane fondamentale s'étale une simple couche épithéliale ordinairement polyédrique, ou bien un épithélium stratifié, qui remplit les vésicules ou les canaux sécréteurs ; sur la face externe rampent les vaisseaux qui forment un réseau plus ou moins serré.
N,,,s. Les nerfs accompagnent les vaisseaux et sont relativement peu nombreux ; leur mode de tei minaison n'est pas encore bien connu ; cependant il est probable qu'il a lieu
GLANDI'S. '163
par des extrémités libres. Les expériences physiologiques tendent à prouver que la totalité ou au moins la plus grande masse de ces fdets nerveux appartient aux rameaux vaso-moteurs; car les vaisseaux offrent des changements de diamètre en relation avec l'état d'activité ou de repos de la glande.
Les canaux excréteurs possèdent deux tuniques : une tunique externe qui, dans les canaux de fort calibre, est formée par un mélange de fibres connectives et élastiques et de fibres musculaires lisses; une tunique interne, représentée par un revêtement épithélial, qui diffère en général de celui du parenchyme glandulaire. Quelques canaux excréteurs renferment dans leurs parois des petites glandes en grappe (foie, pancréas, poumons).
Art. i^^. Glandes en f/rappe. Les glandes en grappe ne diffèrent les unes des autres, dans leur structure, que par certains détails qui n'ont réellement d'importance qu'au point de vue de la disposition du revêtement épithélial. Aussi, afin d'éviter des répétitions inutiles qu'entraînerait infailliblement la description de chaque glande en particulier, nous exposerons la structure de quelques-uns de ces organes qui deviendront des types autour desquels se grouperont naturellement leurs analogues.
Glandes salivaires. Nous commencerons cette étude par un des groupes les plus simples : les glandes salivaires. En examinant une coupe très-mince de la glande sublinguale par exemple, on remarque que les culs-de-sac terminaux sont des demi-vésicules composées de deux tuniques. La tunique externe ou membrane fondamentale se présente sous l'aspect d'une lamelle ou d'un liséré amorphe transparent et très-mince, mesurant d/800 de millimètre; la tunique interne, qui revêt la précédente, est constituée
Canaux fxcrétuiMS.
rilaiidcs 011 graiHR-.
Glaiidus salivaires.
d6i ciîAiMTiîi'; VII.
par une simple couche de cellules polyédriques , à contours extrêmement pâles et mesurant en moyenne i/100 de millimètre, les noyaux foncés sont très-apparents et remplissent presque les cellules (pl. XIX, fjg. II).
Trois ou quatre de ces culs-de-sac s'adossent les uns aux autres, s'ouvrent dans un canalicule commun et forment ainsi un lobule microscopique. Plusieurs canalicules munis de leurs culs-de-sacs aboutissent à un canal un peu plus large et donnent naissance, parleur réunion, aux lobules que nous distinguons à l'œil nu (pl. XIX, fig. I). Enfin, de la jonction d'un certain nombre de lobules à un canal volumineux résulte la formation des lobes, lesquels communiquent à leur tour avec le tronc du canal excréteur. Celuici est composé à l'extérieur d'une membrane de tissu conjonctif et à l'intérieur d'un revêlement épithélial. Dans la tunique externe on ne trouve pas trace de fibres musculaires; aussi le canal excréteur des glandes salivaires est-il inerte ou plutôt il ne jouit que d'une certaine élasticité. La tunique épithéliale offre deux couches de cellules, dont la plus interne est formée par des éléments coniques (pl. XIX, fig. III). La glande possède une enveloppe commune formée d'un feutrage plus ou moins épais de fibres conjonctives et élastiques. De sa face profonde partent des lamelles qui pénètrent entre les lobules et leur apportent en môme temps leurs vaisseaux et leurs nerfs. Ce tissu conjonctif interlobulaire des glandes, contenant toujours une quantité variable de cellules plasmatiques, est trèsimportant à étudier au point de vue des altérations que subissent ces organes. On peut presque avancer qu'à part l'atrophie et l'hypertrophie, qui portent dans certains cas sur tous les éléments constitutifs de ces organes, les produits pathologiques organisés qui se développent dans les
glandes ont pour point de départ rélémcnt cellulaire du lissu conjonclif; c est du moins ce que l'on constate pour la formation des phlegmons , du tubercule et des tumeurs cancéreuses.
Les vaisseaux sanguins forment un réseau assez riche étalé sur la face externe des vésicules. Les nerfs accompagnent les principales branches du système vasculaire; mais ils ne paraissent pas aboutir jusqu'aux culs-de-sac sécréteurs. Les notions que l'on possède sur l'origine et la distribution des lymphatiques sont à peu près nulles.
A ce premier type se rattachent les glandes salivaires et muqueuses de la cavité buccale, du pharynx, de l'œsophage et les glandes de Brunner, le pancréas, les glandes muqueuses du larynx, de la trachée et de l'arbre bronchique, la glande lacrymale, les glandes muqueuses de la conjonctive, celles de la vulve, les glandes de Bartholin et deCowper, celle de la prostate, enfin les glandes qui sont enclavées dans les canaux excréteurs du foie et du pancréas.
Les préparations que nécessite l'élude de ces glandes sont d'une grande simplicité. Lorsqu'on veut avoir une idée de la configuration générale et de l'agencement des lobules, il faut faire durcir la glande par la cuisson dans l'eau et pratiquer ensuite avec le rasoir des coupes aussi minces que possibles. Pour donner une certaine consistance à ces organes, on emploie aussi l'acide chromique, qui a le grand avantage de ne pas altérer les éléments cellulaires et qui, pour ce motif, est d'un usage indispensable pour ces sortes de recherches. Enfin, il va sans dire qu'il faut également examiner le tissu glandulaire à l'état frais.
Les préparations relatives à la structure des canaux excréteurs consistent dans les manipulations indiquées pour l'édule des vaisseaux sanguins.
1G6 CHAPITRE Yir.
Poumons. Les bronches, comme on le sait, forment un arbre dont les branches principales se détachent du tronc à angle aigu, tandis que les ramifications terminales s'échappent des branches à angle droit. Lorsqu'on observe une de ces petites branches terminales, on voit que ses parois sont criblées d'ouvertures qui conduisent dans des excavations mesurant en moyenne 1 millimètre, et dont la structure est assez compliquée. Chacune de ces cavités ou lobules ressemble à un poumon de grenouille; en effet, on remarque sur leur face interne de grandes vésicules ou dépressions divisées en trois ou quatre vésicules secondaires, et largement ouvertes dans la cavité commune (pl. XX, fig. V, 1 , 2). Mais cette dernière, au lieu de former un grand vide au centre du lobule, comme on le voit dans le poumon de la grenouille, constitue une sorte de corps caverneux par l'entrecroisement de quelques trabécules qui se détachent des cloisons vésiculaires.
Il nous a semblé cependant que tous les lobules ne sont pas construits exclusivement d'après ce type; un certain nombre d'entre eux nous ont paru être de simples ampoules des parois bi'onchiques , offrant des dépressions vésiculaires, mais privées de trabécules, en un mot: do véritables poumons de batracien. Souvent on voit, près du sommet d'un lobule, des ouvertures latérales qui le font communiquer avec quelques lobules voisins, mais le nombre de ces derniers est assez restreint.
Les lobules primitifs que nous venons de décrire, unis les uns aux autres, pour ainsi dire sans substance intermédiaire, constituent les lobules secondaires. Ceux-ci ont la forme d'une pyramide, dont la base est dirigée vers la périphérie du poumon, tandis que le sommet correspond aux bronches. Ils sont séparés les uns des autres par une lame
r. LAN DES. 107
inLei'SliLielle très-mince de tissu conjonctif. Leur diamètre peut aller jusqu'à 2 centimètres et 'même au delà. Chez l'adulte habituellement, les contours de la base de ces lobules sont chargés d'une ligne de pigment plus ou moins foncée.
Tel est l'aspect de la charpente du parenchyme pulmonaire; voyons maintenant quelle en est la structure. Les parties constitutives des vésicules ou alvéoles pulmonaires sont en procédant de dehors en dedans : 1° une membrane fondamentale, 2° une tunique épithéliale. Un réseau de fibres élastiques fines forme la première. Ces fibres sont tassées principalement au niveau des cloisons intervésiculaires et constituent aussi la partie centrale des Irabécules (pl. XX, fig. VI, 1). Au milieu des mailles des fibres élastiques rampent les vaisseaux capillaires des poumons, mais un fait très-important à constater au point de vue des altérations de cet organe, c'est que les parois vésiculaires ne renferment pas de cellules plasmatiques; on n'en rencontre que dans le tissu conjonctif interlobulaire. La structure de cette membrane fondamentale rend compte de l'élasticité puissante des poumons.
La tunique épithéliale se compose d'une simple couche de cellules polyédriques à contours assez pâles, mesurant en moyenne 1/80 de millimètre et dépourvues de cils vibratiles; leur noyau est volumineux (1/133 de millimètre) et rempli de granulations foncées (pl. XX, fig. VI, 2; fig. VII , 1 , 2). Cette couche épithéhale existe aussi sur les trabécules.
Dans ces derniers temps, l'existence de l'épithélium pulmonaire a été mise en doute et même niée d'une manière absolue. Je crois que l'on a fait subir aux poumons des préparations trop compliquées, et qui ont pu amener la
destruction de cette membrane cellulaire très-délicate. Cependant chaque fois que nous avons examiné un poumon frais , nous avons toujours vu la face interne des alvéoles recouverte par une lamelle épithéliale parfaitement distincte. On peut se convaincre de ce fait, en examinant par exemple un poumon de grenouille, où les alvéoles sont ' beaucoup plus larges que chez les mammifères, et dont la préparation n'exige, pour ainsi dire, aucun soin particulier. De plus dans ces poumons il est tout à fait impossible de confondre les cellules en question avec les noyanx des vaisseaux capillaires. On voit également très-bien Fépithélium dans les poumons d'embryon, parce que les vésicules y sont moins nombreuses et par conséquent très-distinctes.
Du reste, si les choses étaient telles qu'on le prétend, le poumon serait le seul organe communiquant avec l'air extérieur qui ne présenterait pas de membrane épithéliale. Or on sait que le tissu conjonctif mis en contact avec l'air extérieur s'enflamme ou se nécrose; pourquoi alors le poumon, dont la charpente conjonctive est baignée par les gaz, jouirait seul du privilège d'être inattaquable, quand d'un autre côté il offre toutes les altérations qui peuvent se développer dans le tissu conjonctif? et puis ce qui vaut beaucoup mieux que toutes ces considérations physiologiques, c'est la démonstration directe de l'existence de cette membrane, et, je le repète, il est possible de la donner.
Bronches. SI dcs véslculcs ct dcs lobules pulmonaires ne pénètre (.piïhéî'àie. dans les bronches , on rencontre d'abord un épithélium stratifié dont le nombre des couches croît avec la largeur des canaux aériens. Les cellules profondes sont plus ou moins régulièrement polyédriques et n'offrent rien de par-
ticulier dans leur structure; mais les plus superficielles sont coniques, et leur base, qui regarde l'axe du tuyau bronchique, offre un bourrelet mince, amorphe, sur lequel sont implantés des cils vibratiles. Dans les bronches les plus fines, la couche profonde de répithcliuni disparaît, et il ne reste que la couche de cellules vibratiles.
Immédiatement en dehors de cette tunique cpithéliale vibratile se trouve la tunique ^u membrane muqueuse, constituée par une trame déhcate de fibres conjonctives et de cellules plasmaliques. Les fibres élastiques ont une direction longitudinale et occupent la couche externe de la membrane. Dans les bronches d'un certain calibre elles forment des petits faisceaux longitudinaux blanchâtres, que l'on aperçoit parfaitement à l'œil nu. Des fibres musculaires lissent, à direction circulaire, enveloppent la membrane muqueuse. Dans la trachée et ses deux branches de bifurcation, ces fibres n'occupent que la partie membraneuse du canal , et on a pu constater leur union avec les extrémités des cerceaux cartilagineux (Kôlliker). C'est encore dans ces canaux que l'on a rencontré quelques faisceaux musculaires longitudinaux placés en dehors des fibres circulaires.
Enfin la tunique externe ou fibreuse se compose d'un t feutrage assez épais de fibres connectives et élastiques. Elle contient en outre des petites plaques cartilagineuses de diverses formes, qui occupent seulement les régions antérieures et latérales de la trachée et des grosses bronches, tandis qu'elles sont réparties sur toute la circonférence des autres canaux pulmonaires. Il faut observer que ces lamelles cartilagineuses sont d'autant plus petites et plus rares, qu'elles appartiennent à des canaux plus grêles. Elles disparaissent complètement dans les bronches
170 ClIAPITUE VIT.
(Ici millimètre de diamètre; du reste celles-ci ne sont véritablement composées que d'une muqueuse extrêmement délicate, doublée à l'extérieur de quelques rares fibres musculaires et tapissée à l'intérieur d'un épithélium vibratile.
Des glandules ou grappes sont logées dans l'épaisseur des parois de la trachée et des bronches. Très-nombreuses dans les premières parties de l'arbre bronchique, elles deviennent plus rares dans les canaux de petit calibre; d'après Kolliker on n'en trouve plus sur les bronches de 2 à 3 millimètres de diamètre. Le corps de la glande, qui n'atteint qu'un demi-millimètre de diamètre, est situé dans les couches profondes de la muqueuse ou bien dans la tunique fibreuse externe dont il éraille les fibres. L 'épithélium du cul-de-sac glandulaire est polyédrique, tandis que celui du canal excréteur qui s'ouvre dans la bronche est cylindrique et non vibratile.
Plèvres. Les plèvres sont des membranes séreuses et comme telles ont une structure peu compliquée. Elles se composent d'un feutrage assez dense de fibres connectives et élastiques, et présentent sur leur face libre une simple couche épithéliale pavimenleuse. Un grand nombre de vaisseaux leur arrivent de diverses sources (artères bronchiques et pulmonaires , intercostales et mammaires internes) et ils pénètrent par leur face adhérente. Enfin on a constaté dans leur épaisseur des filets nerveux venant du grand sympathique, du nerf vague et du nerf phrénique.
Arièrcs Les artèrcs destinées aux poumons sont de deux sortes : pnimonsir.s, jgg artèrcs bronchiques et les artères pulmonaires. Ces dernières accompagnent les bronches jusqu'à leurs terminaisons, et pendant leur trajet offrent des divisions très-
mnUipliées, dontquelques-unes seulement fournissent aux plus petites bronches, tandis que les autres se rendent aux vésicules pulmonaires. Avant de se résoudre en réseau capillaire, les petites branches artérielles se placent dans les inlerstices lobulaires, s'anastomosent les unes avec les autres et forment ainsi, pour chaque lobule, une couronne vasculaire. De ce cercle artériel partent . en tous sens un grand nombre de ramuscules qui, en s'unissant les uns aux autres, constituent un réseau , capillaire à mailles étroites (l/iOO de millimètre), qui rampe dans l'épaisseur de la tunique fibreuse des alvéoles pulmonaires. Les capillaires sont flexueux et peuvent, de cette sorte, se prêter au mouvement d'expansion des poumons sans subir des tiraillements; c'est à tort qu'on a considéré cette flexuosité comme un état pathologique. Parmi les branches terminales des artères pulmonaires, quelques-unes abandonnent les lobules et vont se jeter dans la plèvre viscérale.
Les radicules des veines pulmonaires qui naissent de veu,es. ce réseau, s'étalent d'abord sur les vésicules pulmonaires en restant plus superficielles que les capillaires; puis elles s'engagent dans les interstices lobulaires, s'unissent les unes aux autres pour former des branches plus considérables et achèvent leur trajet, soit isolément, soit en s'accolant aux artères pulmonaires.
Les artères bronchiques donnent à tout l'arbre aérien Artères et aux plèvres. Parmi les rameaux terminaux il en est qui s'anastomosent avec les artères et les veines pulmonaires: ce sont ceux qui fournissent aux plus petits canaux bronchiques; les autres aboutissent à des veinules correspondantes, qui ramènent le sang dans la veine cave supérieure.
Les lymphatiques sont: les uns superficiels et rampent Lymphatiques.
17^ CHAPITRE Yll.
SOUS les plèvres, les autres profonds et accompagnent les bronches et les gros vaisscLiux. Dans les interstices lobulaires, de nombreuses anastomoses s'établissent entre ces deux systèmes, qui l'un et l'autre vont se jeter dans les ganglions lymphatiques situés au niveau des racines pulmonaires. On n'a pas encore constaté de ganglions dans les parties vésiculaires des poumons.
Le nerf vague et le grand sympathique fournissent les nerfs pulmonaires. Ceux-ci s'accolent aux bronches et à l'artère pulmonaire et offrent sur leur trajet de petits amas de cellules nerveuses; leur mode de terminaison est encore inconnu.
D'après M. Goste, l'apparition des poumons se révèle par un petit bourgeon médian de la paroi antérieure de l'œsophage. Ce bourgeon est creux à l'intérieur et communique avec l'œsophage au moyen d'une fente verticale, qui deviendra plus tard , par l'allongement de ses parois , le larynx et la trachée. Bientôt le bourgeon primitif se divise en deux bourgeons latéraux pour former les deux poumons. Plus tard chaque masse latérale se divise à l'infini, sous forme de végétations vésiculeuses, et se change de cette façon en parenchyme pulmonaire. Enfin le développement s'achève par les métamorphoses variées que subissent les cellules embryonnaires , et desquelles résultent les divers éléments histologiques qui composent le tissu des organes respiratoires.
Pour Bischoflf et la plupart des embryologistes Tillemands, les poumons apparaîtraient d'abord sous forme de deux bourgeons pleins, qui plus tard deviendraient creux par la fonte des cellules centrales. Quant à l'achèvement du développement, il s'opérerait comme nous l'avons dit plus haut.
Altérations des poumons. L'étude de l'origine et de l'é- Altérations, volution des produits pathologiques dans les glandes amène à ce résultat intéressant: c'est que ces produits se développent les uns dans le tissu sécréteur ou parenchyme glandulaire, et les autres dans le tissu conjonctif interlobulaire ; de plus on observe que, dans toutes les glandes, les altérations de même nature prennent toujours naissance au milieu d'éléments identiques.
Les produits pathologiques organisés du poumon, qui rnu,monics. ont pour point de départ les alvéoles du parenchyme pulmonaire, se rattachent à différentes formes de pneumonie; ceux qui se développent dans le tissu conjonctif de cet organe donnent naissance aux tumeurs tuberculeuses, cancéreuses etc. Il y a trois formes de pneumonie , à savoir: la pneumonie ordinaire ou catarrhale, la pneumonie caséeuse ou luberculiforme, la pneumonie fibrineuse ou croupale. Dans ces trois formes, le point de départ des altérations est toujours l'épithélium alvéolaire , et les premières modifications que celui-ci subit sont identiques au début; c'est seulement par les autres phases du développement de la maladie que s'établissent les caractères propres à chaque espèce de pneumonie.
Les premières altérations de la pneumonie portent, vm^nwnk avons-nous dit , sur la tunique épithéliale des vésicules. Il y a d'abord prolifération nucléaire des cellules (pl. XXXIV, fig. VII) et, comme conséquence, augmentation du volume de ces éléments, qui, gênés dans leur développement, s'entassent les uns sur les autres et comblent bientôt les alvéoles aériennes; alors le tissu pulmonaire s'indure, devient imperméable à l'air et répond par un son mat à la percussion. D'un autre côté, la compression que subit le réseau des capillaires saisis dans la masse indurée, et
peut-être aussi la paralysie des petites artères déterminent un ralentissement dans la circulation, et par cela même, une stase dans les vaisseaux sanguins. Prolifération de l'épithélium vésiculaire, congestion passive et induration des parties malades, tels sont les caractères anatomiques de la première phase de la pneumonie, état qu'on a désigné sous le nom de pneumonie au premier degré ou képatisalion rouge.
La seconde phase de cette maladie, qui correspond à l'inlillration graisseuse et à la i'onte purulente de l'épithélium hypertrophié, constitue l'hépatisation grise. Pendant cette période , le contenu granuleux et les parois des cellules épilhéliales s'infiltrent de graisse, et se réduisent en un liquide, au milieu duquel nagent les noyaux qui ont résisté à cette métamorphose l'égressive, et qui représentent les globules de pus. Pareilles choses se passent dans l'épi- Ihélium des petites bronches, lorsque l'inflammation envahit ces canaux. 11 est rare que les vaisseaux capillaires des poumons ne subissent pas aussi le ramollissement graisseux; alors il y a rupture de leurs parois et Ton observe de petits épanchements de sang qui se mêle aux détritus épithéliaux. On rencontre quelquefois, au milieu des débris de toute sorte, des cellules qui sont fortement pigmentées et qui doivent sans doute cette coloration à l'hématine qu'elles reçoivent des globules sanguins détruits , et qu'elles transforment en granulations pigmentaires.
Quand les altérations ne vont pas au delà des limites que je viens d'indiquer, l'épithélium vésiculaire se renouvelle aux dépens des cellules qui ont résisté à la destruction, et le parenchyme pulmonaire reprend sa structure normale. Mais il arrive aussi que l'inflammation envahit le tissu conjonctif interlobulaire et les petites bronches ; alors
il est rare que la destruction des poumons n'ait pas lieu par la fonte purulente et la nécrose de toute la masse enflammée, destruction qui entraîne de graves désordres fonctionnels et la mort du malade.
Pneumonie caséeuse. Les premièi'es modifications de r'H..Mn.,ni,.
caséiist' 011 liilifi-
Structure des poumons sont les mêmes que dans la pneu- ciiiitoma.. monie catarrhale. Il y a d'abord hyperplasie de l'épithélium vésiculaire, hyperplasie qui entraîne l'oblitération des vésicules et l'induration du tissu pulmonaire. Mais ce qu'il y a de particulier pour cette forme de pneumonie, c'est qu'elle n'envahit que des petits groupes de vésicules bien distincts les uns des autres, et simule ainsi la luberculisalion du tissu concjontif. En effet, ces lobules microscopiques atteints d'inflammations épithéliales forment de petites tumeurs arrondies, dures, grisâtres et demi-transparentes, comme le sont les tubercules pendant les premières phases de leur développement. Mais les deux produits pathologiques se distinguent l'un de l'autre par leur siège et les éléments anatomiques qui concourent à leur formation : la pnemonie caséeuse siège dans l'intérieur des vésicules pulmonaires et résulte de l'inflammation de leur revêtement épithélial, tandis que le tubercule prend naissance au milieu du tissu conjonctif des poumons et dérive des cellules plasmatiques.
Après la première période, c'est-à-dire après la période d'induration, les produits de nouvelle formation s'infil- ^ trent de graisse et donnent à la pneumonie un nouveau trait de ressemblance avec le tubercule. Enfin à l'infiltration graisseuse succède le plus souvent une destruction rapide de toute la masse pulmonaire enflammée. La marche de cette pneumonie a , comme on le voit, la plus grande analogie avec celle de la tuberculisation pulmonaire, mais
au point de vue de l'anatomie pathologique il n'est pas permis de confondi-e ces deux maladies, car encore une fois, elles dilTèrent l'une de l'autre par le siège et par l'élément générateur, nie Pneumonie fibrineiise. La pneumonie fibrineuse ou c."" croupale se dislingue des deux formes précédentes par la présence de petits cylindres arborisés qui se forment dans les dernières ramifications bronchiques et qui les oblitèrent en en conservant le moule. Ces cylindres ont l'aspect et la consistance de la fibrine coagulée, de là le nom ôe pneumonie fibrineuse. Cependant, en examinantla structure de ces produits, on est bientôt convaincu qu'ils résultent d'une hyperplasie de l'épithélium bronchique, et partant, qu'ils ne sont pas un simple exsudât des alvéoles et des canaux aériens. Leurs caractères hislologiques et le mécanisme de leur évolution leur assignent une commune origine avec les membranes du croup.
Du reste, lors même qu'on ne trouverait pas des cel- * Iules dans toute la masse des cylindres, on ne serait pas pour cela autorisé à conclure à une origine exsudative; car, dans ce cas, la substance amorphe qu'on a sous les yeux provient de la fusion des cellules. Ce fait n'est pas isolé: on l'observe dans différents autres produits pathologiques et notamment dans le cancer colloïde du péritoine, où la matière colloïde et amorphe est véritablement formée par la fusion des cellules, dont le contenu granuleux, ainsi que le noyau, se métamorphosent en matière gélatiniforme, et dont les parois disparaissent par résorption. Il est toujours possible de suivre ces transformations dans les produits qui nous occupent, et il n'y a qu'un examen trop superficiel qui puisse faire admettre la théorie de l'exsudat pour expliquer leur mode de développement.
Tubercule. Le tubercule pulmonaire siège dans le tissu conjonclif de cet organe et se développe aux dépens des cellules plasmatiques. Je n'ai donc rien à ajouter à ce que j'ai dit du tubercule du tissu conjonctif en général , si ce n'est cependant qu'on trouve habituellement dans les crachats, pendant la période de ramollissement, des fibres élastiques qui indiquent la destruction des vésicules aériennes *.
Je passe également sous silence les autres produits pathologiques organisés des poumons, car ils se rapportent aux altérations déjà décrites à l'occasion de l'histologie du tissu conjonctif.
Enfin il est deux autres altérations du tissu pulmonaire qui n'offrent pas grand intérêt au point de vue de l'histologie: je veux parler de l'emphysème et de l'état que l'en a désigné sous le nom de carnification.
' La première de ces altérations résulte, ou bien de l'atrophie des cloisons interalvéolaires, ou bien de leur rupture par cause mécanique. Quant à la carnification , elle provient de l'atrophie et de la résorption du revêtement épithélial, puis de l'affaissement des parois alvéolaires, d'où résulte une condensation du tissu fibreux, qui prend alors une consistance considérable et qui devient imperméable à l'air extérieur. Cette sorte de sclérose du parenchyme pulmonaire s'observe à la suite d'une compression mécanique qu'il subit, ou bien dans les cas où il est resté toujours étranger à la fonction respiratoire.
Préparations. Il faut, pour bien étudier la structure des poumons sains ou malades, exécuter un grand nombre de préparations. On fait dessécher des portions de pou-
' Consulter le mémoire de M. J. Villemin, intitulé: Du tubercule aie point de vue de son siège etc. , in-S^, avec planches ; Paris 1862.
MOPxEL. Uistot. 12
mons insufflés, cL on pratique ensuite des coupes dans tous les sens pour examiner à un faible grossissement la forme et l'agencement des alvéoles. Quand on veut s'assurer de l'existence et de la position de l'épithélium pulmonaire, il est nécessaire d'exécuter les préparations sur des poumons aussi frais que possible; c'est donc aux animaux qu'il faut s'adresser et, sous ce rapport, il faut choisir ceux dont les organes respiratoires offrent des vésicules très-larges et faciles à explorer, comme par exemple les grenouilles. On ne saurait employer trop de précautions pour pratiquer des coupes nettes et très-minces, afin qu'on ne puisse pas confondre les petites bronches avec les alvéoles. On a aussi conseillé d'injecter les bronches avec la gélatine pure ou colorée; ce mode de préparation peut être utile pour l'examen de la distribution de l'arbre bronchique.
Pour l'étude de la structure des bronches on doit pratiquer des coupes sur des canaux frais, desséchés et plongés dans l'acide chromique. Avec les canaux frais on fera des études sur la structure des différents éléments constitutifs, et particulièrement des cellules épithéliales, des glandes et des fibres musculaires lisses. Les coupes faites sur les canaux aériens desséchés, ou préalablement traités par l'acide chromique, sont nécessaires pour l'examen de leur structure soit dans ses détails soit dans son ensemble. L'acide chromique a l'avantage de conserver quelquefois très-bien les cellules épithéliales.
Quant aux produits pathologiques des poumons , il faut également les examiner à l'état frais, les soumettre à la dessiccation et les traiter par facidc chromique; ce dernier réactif est surtout très-utile pour l'étude de la pneumonie et des tumeurs de toute nature. Le tubercule peut parfai-
tement être suivi dans les différentes phases de son développement au moyen de préparations fraîches et de coupes très-minces faites sur des tissus desséchés, que l'on traite ensuite par l'acide acétique très-étendu. Ces coupes sont indispensables pour se former une idée exacte de la structure d'ensemble.
Glandes sébacées. Les glandes sébacées , qui presque ci toutes sont annexées aux follicules pileux , possèdent un canal excréteur, qui la plupart du temps reste indivis et se termine par un renflement considérable (pl. XIX, fig. IV). Ce renflement ou corps de la glande offre habituellement sur sa face interne, et de distance en distance, des dépressions qui correspondent aux vésicules des glandes que nous venons de décrire. Quelquefois un certain nombre d'entre elles s'isolent incomplètement de la cavité commune par un léger collet et constituent ainsi des lobules (pl. XX, fig. I, 2). La membrane propre est amorphe et très-mince , mais à l'extérieur se trouve une couche de tissu fibrillaire qui la renforce (pl. XIX, fig. IV, 5). La face interne supporte une ou deux couches déjeunes cellules, dont le contenu finement granuleux et transparent permet de voir facilement les noyaux qui sont plus foncés (fig. IV , 2). En dedans de cette couche épithéliale on rencontre d'autres cellules qui diffèrent des précédentes et par leur volume et par leur contenu. On remarque en effet qu'elles augmentent de volume au fur et à mesure qu'elles se rapprochent du centre de l'excavation commune ; pendant cet accroissement, le noyau disparaît et le contenu se métamorphose en gouttelettes de graisse (fig. IV, 4). Enfin , près du canal excréteur, les cellules arrivées à leur développement le plus complet et ne pouvant résister à la pression excentrique de leur contenu qui augmente toujours, éclatent et laissent échap-
Vaisseaux et nerfs.
Développement.
Altéiations.
Piéparationt,
180 CHAPITRE Ml.
per une quantité considérable de gouttelettes de graisse qui représentent le produit de sécrétion des glandes sébacées (pl. XIX, fig. IV, 4).
Le canal excréteur s'ouvre d'ordinaire dans le follicule pileux correspondant; cependant il aboutit quelquefois directement à la surface de la peau, et dans ce cas, la partie du canal qui traverse la couche épidermique ne possède pas de parois propres (pl. XIX, fig. IV, 6).
11 n'y a rien de particulier à dire sur l'appareil vasculaire des glandes sébacées; quant aux nerfs, on ignore si elles en possèdent en propre.
Les glandes sébacées se développent par bourgeonnement de la couche épidermique externe du poil, ou bien de la couche muqueuse de l'épiderme. A la surface du bourgeon primitif en apparaissent d'autres qui, en se multipliant, constituent les vésicules ou culs-de-sac de la glande, tandis que le collet de ce même bourgeon primitif s'allonge pour former le canal excréteur. Selon Valentin, c'est pendant la dernière quinzaine du quatrième mois de la vie embryonnaire que l'on aperçoit les premiers rudiments des glandes sébacées.
L'oblitération du canal excréteur de ces organes et l'accumulation du produit de sécrétion dans leur intérieur donnent naissance à des tumeurs graisseuses que l'on a désignées sous le nom de loupes.
La région cutanée la plus avantageuse pour l'étude des glandes sébacées est le scrotum. Cette membrane est mince, transparente et dépourvue de graisse; on peut très-bien distinguer ces petits organes, qui apparaissent sous forme de granulations blanchâtres accolées aux follicules pileux. La dissection de ces glandules n'offre aucune difficulté , soit qu'on les isole tout à fait des parties voisines,
soit qu'on les enlève avec la gaine du poil correspondant. Pour arriver au nnême but, on peut encore faire sécher le scrotum ou les petites lèvres de la vulve, et pratiquer ensuite des coupes que l'on traite par l'eau légèrement acidulée.
Glandes de Meibomius. Elles sont lo2fées dans les couches profondes des cartilages tarses des deux paupières. Elles se présentent sous forme de petites traînées blanchâtres parallèles les unes aux autres, et perpendiculaires à la direction du bord libre des paupières, dont la lèvre pos- •térieure offre les orifices excréteurs. Ces organes ne sont en réalité qu'une agglomération de glandes sébacées qui aboutissent toutes à un canal excréteur commun (pl. XX, fîg. II). Comme dans les glandes sébacées ordinaires, les éléments épilhéliaux qui reposent sur les parois externes sont formés par de jeunes cellules polyédriques possédant un contenu granuleux fin et transparent et un noyau trèsdistinct (pl. XX, fig. III, 1), tandis que les cellules plus profondes ou centrales sont tout à fait infiltrées de graisse et dépourvues de noyaux (fig. III, 2).
Le produit sécrété est sans doute destiné à enduire de graisse les bords libres des paupières et à former ainsi une barrière aux larmes qui sans cela tomberaient continuellement sur le visage.
Les glandes de Meibomius offrent quelquefois une véritable inflammation suppurative, cas dans lequel on voit la glande se distendre parles produits cellulaires de nouvelle formation et offrir assez souvent au niveau de son orifice une petite tumeur semblable à l'orgeolet, mais qu'il ne faut pas confondre avec lui.
Les préparations que nécessite l'étude de ces glandes sont faciles à exécuter et consistent à faire des coupes avec
Glandes de Meibomius, Structure,
Altérations,
Préparalions,
le rasoir sur des paupières fraîches ou desséchées. On arrive à des résultats plus complets et plus satisfaisants, en opérant sur des pièces sèches. Cependant on peut aussi obtenir des préparations de glandes entières, en détachant d'abord la conjonctive des cartilages tarses, et en taillant des lamelles dans les couches profondes de ces membranes; mais il faut avoir soin de faire marcher le rasoir parallèlement aux surfaces des paupières.
Glande mammaire. Cet organe qui, parla forme extérieure, ressemble tout à fait aux glandes salivaires, est identique aux glandes sébacées au point de vue de son revêtement, au moins pendant la lactation. Ce qui le rapproche encore des glandes sébacées , c'est sa situation dans les couches profondes de la peau et son mode de développement. La glande mammaire se compose de quinze à vingt lobes ou plutôt de quinze à vingt glandes tout à fait indépendantes les unes des autres et possédant chacune un canal excréteur particulier qui vient s'ouvrir à la surface du mamelon. La structure des culs-de-sac sécréteurs ressemble à celle des glandes sébacées; cependant il est bon d'observer que leur paroi externe est un peu plus épaisse et qu'elle contient quelques fibrilles conjonctives. Le tissu connectif interlobulaire est plus ou moins chargé de graisse et contient, surtout dans certaines régions , une assez grande quantité de faisceaux de fibres musculaires lisses dirigés dans tous les sens.
Les canaux galactophores, en arrivant à la base du mamelon, se dilatent, puis se rétrécissent brusquement au niveau de leur orifice cutané. La tunique externe de ces conduits, très-épaisse, est constituée par du tissu conjonctif; elle renferme surtout une grande quantité de fibres élasiques qui, pour la plupart, sont dirigées transversalement;
mais elle ne contient aucun élément contractile. C'est dans le tissu conjonctif ambiant, et principalement au niveau du mamelon , que l'on rencontre les fibres musculaires lisses. Dans cette région elles sont réunies en faisceaux volumineux dirigés en tous sens et embrassant dans les mailles qu'ils circonscrivent les canaux galactophores; de sorte que, lorsqu'ils se contractent, ils compriment les canaux excréteurs, ainsi que le contenu laiteux qu'ils chassent au dehors avec une certaine énergie. C'est à la contraction de ces faisceaux musculaires qu'est due la rigidité du mamelon, phénomène identique au phénomène de la chair de poule, et qu'il ne faut pas confondre avec l'érection des corps caverneux, qui résulte non pas de la contraction , mais bien de la paralysie des muscles contenus dans les trabécules des organes érectiles. Du reste, il est facile de constater que le mamelon n'augmente de dimension que dans un sens; il s'allonge, mais en même temps il devient plus mince; les dimensions des corps caverneux pendant l'érection augmentent, au contraire , dans toutes les directions.
Le revêtement épithélial des canaux galactophores est représenté par une couche de cellules polyédriques, qui prennent peu à peu la forme cylindrique en remontant des radicules au tronc.
La coloration foncée de l'aréole est due à la présence Aréoie. de granulations pigmentaires dans les cellules profondes de la couche muqueuse de Malpighi.
Pendant la lactation il arrive assez souvent que les glandes sébacées de la peau de l'aréole sécrètent un liquide tout à fait identique au lait; ce qui prouve une fois de plus que ces organes et les mamelles sont de même nature.
Les éléments histologiques du lait se réduisent à de
* simples petites perles graisseuses très-brillantes, dont les
contours sont nets, minces et foncés, et qui nagent dans un liquide incolore et transparent (pl. XX, fig. IV). Pendant les premiers jours de la lactation on remarque une certaine quantité de ces gouttelettes graisseuses qui , au lieu d'être libres, sont encore enveloppées par la membrane de la cellule, dans l'intérieur de laquelle elles se sont développées et forment des corpuscules sphériques mamelonnés à leur surface et que l'on appelle corpuscules du colostrum (fig. IV, 2).
Alléra lions. Normalement les globules de colostrum ne doivent se trouver dans le lait que pendant les quelques jours qui suivent l'accouchement; plus tard ils disparaissent complètement. Le lait de bonne qualité n'en contient pas et les globules de graisse sont très-nombreux, très-fins et de volume à peu près égal. Quand on rencontre des globules de colostrum dans le lait d'une nourrice, cela indique une évolution incomplète dans la métamorphose graisseuse des cellules épithéliales des vésicules glandulaires. Le liquide nourricier acquiert alors des propriétés purgatives et doit être considéré comme de mauvaise qualité. La glande mammaire peut également fournir du pus quand elle est irritée; dans ce cas on trouve les globules caractéristiques dans le lait, qui devient plus nuisible au nourrisson que lorsqu'il contient simplement des globules de colostrum.
Les autres altérations de la mamelle ont pour siège le tissu conjonctif de cet organe, et rentrent dans la catégorie des altérations du tissu conjonctif en général. Des coupes pratiquées sur la glande fraîche et durcie
Prépara lions, par la cuisson, l'acide chromique ou la dessiccation , suffisent pour l'étude de la structure normale et des produits pathologiques de cet organe.
Si nous comparons entre elles les glandes que nous venons d'étudier, seulement au point de vue de leur revêtement épitliélial, nous voyons que ces organes se divisent naturellement en deux groupes: 1° glandes à épithélium simple; 2° glandes à épithélium stratifié. Dans les glandes à épithélium simple, le plasma du sang passe à travers la couche épithéliale, s'y modifie et sort par le canal excréteur sans entraîner avec lui d'éléments solides; c'est une s^i::rétion par simple fdtration. Dans les glandes à épithélium stratifié, le plasma sanguin, en traversant les cellules, provoque chez elles une activité vitale plus grande; elles se multiplient et augmentent de volume rapidement, tandis que leur contenu se modifie dans tel ou tel sens ; puis contenant et contenu se désagrègent, se liquéfient et deviennent de cette façon le produit sécrété; c'est ce qu'on peut appeler sécrétion par végétation épithéliale.
Au premier mode de sécrétion se rattachent les glandes salivaires, le pancréas et la nombreuse famille des glandes muqueuses; au second mode appartiennent les glandes sébacées et la glande mammaire. Nous verrons plus tard que ces considérations s'appliquent également aux glandes en tube.
Art. 2. Glandes en tube. Les glandes en tube les plus simples sont les glandes de Lieberkûhn qui, ainsi qu'on le sait, sont dispersées dans toute l'étendue de la muqueuse de l'intestin abdominal. Elles se présentent sous forme de tubes droits , dont une -extrémité est ouverte à la surface de la muqueuse, tandis que l'autre extrémité, eu forme de cul-de-sac et légèrement renflée, correspond aux couches profondes de cette même membrane (pl. XXXII, fig. I]. Leur largeur est en moyenne de 1/13 à 1/10 de millimètre. Un liséré très-mince et amorphe
Division dos glandes.
Glandes de Lieberkalin.
'186 CIIAriTRE VII.
les limite à l'exlérieur et constitue leur membrane fondamentale. Sur sa face externe rampent les vaisseaux sanguins destinés aux glandes, et sur sa face interne repose une simple couche de cellules cylindriques qui sont disposées d'une façon très-régulière autour de la cavité glandulaire qu'elles circonscrivent (pl. XXXI, fig. XIII, 1). Celle-ci mesure ijQO à 4/50 de millimètre de largeur. Dévclopponirnt, Le développement de ces glandes se fait aux dépens du feuillet épithélial de l'intestin qui se déprime en doigt de gant. Il en sera plus amplement question à propos de la muqueuse intestinale.
Gland. s Les glandes à pepsine, qui se trouvent près du cardia et
de rpsloniac. , i r • f i n l
au niveau de la grosse tuberosite de 1 estomac, et les glandes muqueuses situées près du pylore, ne sont autres que des glandes de Lieberkûhn composées. Elles sont formées de plusieurs petits tubes, en tout semblables à ceux qui viennent d'être décrits, et qui s'unissent à un canal excréteur commun. Dans les glandes muqueuses, le revêtement épithélial des tubes sécréteurs et du canal excréteur est le même , et se compose de cel- . Iules coniques semblables à celles des glandes de Lieberkûhn; elles mesurent 1/133 à 1/100 de millimètre, et leur noyau 1/200 de millimètre (pl. XXXI , fig. III). L'épithélium du canal excréteur des glandes à pepsine ne diffère en rien du précédent, mais les cellules des canaux sécréteurs sont volumineuses , elles mesurent 1/50 de millimètre et elles ont une forme polyédrique (pl. XXXI, fig. IV). Quelquefois elles soulèvent la membrane fondamentale, de sorte que ces canaux présentent des bosselures à leur surface. D'après Kôlliker, l'épithélium de ces glandes composées s'infiltre de graisse, phénomène que ne présentent pas les glandes de Lieberkûhn. Mais ce fait n'est pas constant, et
il est probable que la présence ou l'absence des particules graisseuses, dans l'épithélium des glandes en question, correspond à une période d'activité ou de repos de la muqueuse stomacale.
Les glandes de la muqueuse utérine ont absolument la même physionomie que les glandes en tube de l'estomac. Comme ces dernières, elles se composent d'un seul tube ou bien de deux tubes réunis à un canal excréteur commun, et leur épithélium est formé d'une simple couche de cellules coniques. Comme la plupart d'entre elles ont une longueur dont les dimensions l'emportent sur l'épaisseur de la muqueuse, elles se plient sur ellesmêmes et leur extrémité cœcale devient flexuense. Les glandes du col utérin sont moins longues que celles du corps. Quand leur orifice s'oblitère, le produit de sécrétion accumulé dans leur intérieur les distend et forme des masses sphériques parfaitement transparentes que l'on connaît sous le nom d'œufs de Naboth.
Glandes sudoripares. Ces glandes en tube occupent les régions profondes du derme (pl. XXVIII, fig. I, 8). Le corps de la glande ou glomérule, se présente sous forme, d'une petite masse sphéroïdale, mesurant en moyenne un demi-millimètre. Il se compose d'un tube enroulé sur lui-même, et se termine par une extrémité borgne qui rarement se bifurque (pl. XXI, fig. I). Une lamelle trèsmince et anhiste en constitue la membrane fondam.entale qui, du reste, est renforcée par une gangue de tissu conjonctif très-riche en cellules plasmatiques (fig. 1,4), et que l'on peut considérer comme formant la paroi fibreuse de la glande. Sur la face interne du tube anhiste repose une simple couche d'épilhéliumpavimenteux de d/200 de millimètre d'épaisseur (fig. I, 2). Enfin un réseau vasculairc
488 CHAPITRE Vil.
assez serré embrasse le glomérule, et lui apporte les matériaux nécessaires à la sécrétion. On ignore encore les rapports de la glande avec le système nerveux.
Le canal excréteur sortant du glomérule, marche sans décrire de courbes jusqu'au fond d'un sillon interpapillaire de la surface du derme, puis il traverse l'épiderme en traçant une spirale assez régulière et vient s'ouvrir obliquement à la surface de la peau (pl. XXVIII , fig. 1 , 9). Dans l'épiderme, le canal excréteur n'a pas de parois propres, ce sont les cellules épidermiques qui le limitent; mais dans le derme ces parois existent réellement et elles se composent de deux couches: l'une externe, épaisse, mesurant 4/100 de millimètre, et fibrillaire, renferme quelquefois des fibres musculaires lisses que l'on retrouve dans la gangue du glomérule (Kôlliker) ; l'autre interne, mince, mesurant 1/600 de millimètre, anhiste et qui est revêtue d'un épithélium semblable à celui de la glande (pl. XXI , fig. II et III).
r.iande-s Les glttiidûs cénimineiises , qui appartiennent à l'oreille externe, ressemblent tout à fait par la forme extérieure aux . glandes sudoripares; elles n'en diffèrent que par l'agencement et la nature des cellules épithéliales. Ainsi, au lieu de s'étaler en une simple couche à l'intérieur du tube sécréteur, les cellules forment un épithélium stratifié qui remplit complètement ce canal (pl. XX, fig. VIII, 2). De plus, elles se chargent d'un pigment jaunâtre et s'infiltrent de graisse en abondance, caractères qui rapprochent ces organes , au point de vue delà sécrétion , des glandes sébacées. Dans la peau de l'aisselle il y a des glomérules glandulaires qui paraissent de même espèce que les glandes cérumineuses , car leur forme extérieure et la nature de leur contenu sont identiques.
Le développement des glandes sudoripares s'accomplit Déreloppement. du cinquième au huitième mois de la période embryonnaire. Elles apparaissent d'abord sous forme de bourgeons cellulaires, qui partent des couches profondes de l'épiderme et qui plongent dans le derme. Primitivement, ce sont de petits cylindres pleins et légèrement renflés à leur extrémité dermique. En grandissant ils atteignent les couches profondes du derme qu'ils ne dépassent pas; mais comme leur accroissement en longueur marche toujours , ils se courbent et s'enroulent sur eux-mêmes, de manière à constituer les glomérules tels qu'on les observe chez l'adulte. Pendant que ces changements s'opèrent dans les dimensions et dans la forme extérieure des glandes sudoripares, on remarque que le cylindre se canalise, et ce phénomène s'opère par la désagrégation et la fonte des cellules centrales. Enfin , à la suite de transformations morphologiques diverses des cellules superficielles, les canaux des parois glandulaires se trouvent constituées.
Les préparations nécessaires pour l'étude des glandes Piéparauons. qui viennent d'être décrites sont des plus faciles. Il suffit, au moyen de ciseaux; d'enlever des lamelles très-minces de la muqueuse intestinale en pratiquant des coupes parallèlement et perpendiculairement à la surface de celte membrane. On opérera de la même façon avec le rasoir sur la peau et sur la muqueuse utérine. Mais il est bon de faire durcir la peau par une légère cuisson dans l'eau bouillante ou bien par la dessiccation ; on fait également durcir la muqueuse utérine en la traitant par l'acide chromique. Quand on veut avoir un glomérule de glande sudoripare ou cérumineuse bien intact, il faut les extraire directement des couches profondes du derme, où ils apparaissent sous forme de très-petites granulations blanchâtres ou
jaunâtres; on les enlève facilement avec les petits ciseaux courbes.
Reins. Lorsqu'on fait une coupe du rein selon son grand diamètre et passant par le hile , les différentes parties constitutives de cette glande ^deviennent très-apparentes. En procédant de la superficie à la profondeur, on remarque d'abord l'enveloppe propre ou tunique albuginée du rein; c'est une membrane composée d'un feutrage de fibres connectives et élastiques et dont les limites ne sont pas nettement tracées. Sa face externe se continue par des lamelles fibreuses assez fortes avec le pannicule adipeux qui embrasse la glande; sa face interne estunie au parenchyme par des vaisseaux et des trabécules délicates, ce qui fait que par une très-légère traction on détache facilement cette membrane; arrivée au niveau du hile elle se soude aux calices.
Au-dessous de la tunique fibreuse du rein on rencontre le parenchyme, qui offre sur la coupe deux aspects différents: près du bord concave et au centre de la glande il est strié, et partout ailleurs il est granuleux. La partie striée (cônes médullaires , substance médullaire , pyramides de Malpighi) se présente sous forme de sections de cônes dont la base est dirigée vers la périphérie de l'organe, tandis que le sommet libre, connu sous le nom de papille, correspond au hile. La partie granuleuse ou substance corticale constitue non-seulement Fécorce de l'organe, mais s'engage encore entre les cônes jusqu'au niveau des papilles, sous forme de dentelures, auxquelles on a donné le nom de colonnes de Berlin. La base des papilles est entourée par un manchon fibreux qui représente le commencement du canal excréteur et qui a reçu le nom de calice. Tous les calices réunis forment une ampoule
assez large appelée bassinet; enfin au bassinet succède un canal plus étroit ou uretère, qui se continue par la vessie et le canal de l'urèlhre.
Les détails de structure que nous venons de donner sont parfaitement saisissables à l'œil nu; voyons maintenant ce que nous révèle le microscope. La surface des papilles est criblée d'ouvertures mesurant en moyenne 4/5 de millimètre de diamètre. Chacune d'elles conduit dans un canal qui marche en droite ligne jusqu'à la base des cônes médullaires et qui, dans ce trajet, offre un grand nombre de divisions dichotomiques à angles tellement aigus, que les branches secondaires sont pour ainsi dire parallèles au ti'onc dont elles proviennent. Arrivées à la base des cônes médullaires, toutes les branches de division du canal primitif, de rectilignes qu'elles étaient jusque-là , deviennent très-flexueuses pour former la substance corticale, se dirigent dans tous les sens et se terminent enfin par une extrémité renflée et borgne dans laquelle vient se loger uu peloton vasculaire appelé glomérule de Malpighi (pl. XXII, fig. I, i , 2, 3). Il est à noter que la base des cônes médullaires est limitée par une ligne dentelée, de sorte qu'au niveau de chaque saillie on trouve des canaux droits englobés dans des canaux flexueux; cette disposition rappelle ce que nous avons déjà vu à l'œil nu relativement aux cônes médullaires et à la substance corticale qui les enveloppe (pl. XXII, fig. 1, 1).
D'après cette description on remarque que chaque canal droit primitif donne naissance à un faisceau de tubes formant un lobule rénal ou pyramide de Ferrein, tubes qui ont une direction rectiligne dans les cônes médullaires (tubes de Bellini) et qui deviennent flexueux dans la substance corticale (tubes de Ferrein). J'ai cherché en
vain les tubes ansiformes décrits dans ces derniers temps par llenle, tubes dont les deux extrémités renflées en ampoule contiendraient les glomérules de Malpighi et qui ne présenteraient pas d'orifice en communication avec le canal excréteur.
Les canaux droits primitifs mesurent en moyenne 1/6 de millimètre, les tubes de Bellini 1/25 de millimètre, les tubes de Ferrein 1/15, et leur extrémité renflée 1/10 de millimètre.
Une membrane tout à fait hyaline et dont l'épaisseur équivaut à peine à 1/1200 de millimètre, représente la tunique externe ou membrane fondamentale des canaux sécréteurs; on ne la voit réellement bien que sur les parties dépourvues d'épithélium (pl. XXI, %. IV, 4). La tunique interne ou épithéliale , dix fois plus épaisse au moins que la précédente, est formée d'une simple couche de cellules polyédriques à contours ordinairement pâles et dont le noyau, assez volumineux et foncé, apparaît trèsnettement au milieu du contenu finement granuleux et transparent (fig. IV, 1 , 2 , 3). C'est surtout au moyen des coupes transversales que la disposition des cellules épithéliales et la lumière des canalicules sécréteurs deviennent très-apparentes (fig. IV, 6, 7, 8). Ces deux membranes constituent à elles seules les tubes rénaux depuis leur origine jusqu'à leur ampoule terminale, où apparaît un élément de plus que nous allons étudier.
L'artère rénale se divise en une douzaine de branches qui se placent entre les cônes médullaires, pénètrent dans la substance corticale et arrivent ainsi jusqu'à la surface du rein. Dans leur trajet, qui est à peu près rectiligne, ces branches fournissent un grand nombre de rameaux aux lobes entre lesquels elles passent et quelques ramuscules
à l'enveloppe libreuse de la glande, au pannicule graisseux qui l'entoure et à la capsule surrénale. Les fines ramifications de^'artère rénale gagnent, après leur naissance, les espaces interlobulaires et marchent en droite ligne vers la périphérie de l'organe. Pendant leur parcours au milieu de la substance médullaire elles n'offrent rien de particulier relativement à leur distribution , mais aussitôt arrivées dans la substance corticale, elles fournissent de distance en distance des petites branches (vaisseaux afférents), qui rayonnent en tous sens et qui, après un très-court trajet, traversent les parois des canaux sécréteurs et pénètrent ainsi dans leur ampoule terminale (pl. XXII, fig. Il, 4, 5, 6,7; pl. XXIII, fig. I, 1 , 2). Là, chaque vaisseau afférent se divise en quelques vaisseaux capillaires qui deviennent très-flexueux, se pelotonnent et forment un petit corps sphéroïdal connu sous le nom de gloménde de Malpiglii. Ce corpuscule remplit complètement l'ampoule des tubes de Ferrein, et on remarque que toute sa surface est revêtue de l'épithélium rénal. Sur des reins de Cabiai j'ai pu constater à plusieurs reprises les rapports qui viennent d'être indiqués entre le glomérule et le revêtement épithélial des tubes corticaux ; mes recherches sur les reins d'homme m'ont conduit au même résultat (pl. XXI , fig. V).
Du glomérule part une capillaire ou vaisseau afférent, qui traverse les parois de l'ampoule par le même pertuis que le vaisseau afférent, ou bien par un pertuis propre placé tout près du précédent; puis il se divise en un grand nombre de ramifications qui s'anastomosent entre elles et avec celles des vaisseaux voisins. De ces anastomoses résulte un réseau capillaire qui embrasse les tubes urinifères; dans la substance corticale il est très-serré (pl. XXIII,
MOUEL. Uistol. 13
Glomérule lie Mialpghi,
Vaisseau)!
t'fférenu.
194 CHAPITRE YII.
fig. 1, 3), mais dans la substance médullaire, ses mailles s'allongent et le nombre des vaisseaux décroît (fig. I, 4). Ceux-ci se continuent par de petites veines à direction rectiligne, qui se jettent enfin dans la grande veine rénale.
L'origine des lymphatiques du rein est mal déterminée, et il en est de même pour la terminaison des nerfs qui pénètrent dans l'organe avec les vaisseaux sanguins.
La structure du rein peut donc se résumer de la façon suivante : à un orifice papillaire succède un canal qui , abstraction faite de ses divisions, est rectiligne dans les cônes médullaires, devient flexueux dans la substance corticale et s'y termine par une ampoule dans laquelle est logé le glomérule de Malpighi. Celui-ci naît des petits artères interlobulaires par le vaisseau afférent, et il fournit le vaisseau efférent duquel émane le réseau capillaire, qui enveloppe les tubes urinifères et se jette enfin dans la veine rénale. Les canaux sécréteurs sont composés de deux tuniques : l'une externe, est très-mince et amorphe; l'autre interne, est représentée par une simple couche épithéliale qui, arrivée à l'ampoule terminale, enveloppe de toute part la glomérule de Malpighi. Rien de précis à l'égard des nerfs et des lymphatiques (pl. XXII, fig. II). trctère. Lc canal excréteur ou uretère s'élargit en haut pour former le bassin et les calices, et aboutit inférieurement à la vessie. En procédant de l'extérieur à l'intérieur, on trouve, dans la structure des parois de ce canal, trois tuniques distinctes. La tunique externe fribreuse est formée par un tissu conjonctif assez lâche, et abondamment pourvu de cellules plasmatiques. La tunique moyenne, qui à elle seule est plus épaisse que les deux autres , est essentiellement constituée par des faisceaux de fibres musculaires
iisses. On rencontre un certain nombre de couches qui sont assez régulièrement superposées et dont la direction des fibres est alternativement longitudinale et transversale. La quantité considérable de fibres musculaires contenues dans les parois de l'uretère, rend compte de la contraction énergique de ce canal, quand on le soumet à l'excitation galvanique. Enfin il y a une troisième tunique, tunique interne ou muqueuse, formée d'un tissu conjonctif délicat et riche en cellules plasmatiques; la face interne de cette membrane est tapissée par un épithélium stratifié, qui passe des calices sur les papilles en s'amincissant. Les cellules profondes sont assez régulièrement polyédriques, mais celles des autres couches ont les formes et les dimensions les plus variées et ressemblent tout à fait aux cellules dites cancéreuses. L'épitliélium de la vessie, qui fait suite à celui de l'uretère, offre la même physionomie (pl. XXXIV, fig. III); celui de l'urèthre se compose au contraire d'éléments parfaitement réguliers dans leur forme et dans leur agencement, tels que les épithéliums stratifiés (pl. XXII, fig. III).
L'urine pure, telle qu'elle sort d'un rein sain, n'offre uriue. rien à noter au point de vue histologique. C'est un liquide dans lequel on ne rencontre aucun élément organisé, si ce n'est cependant quelques rares cellules qui se détachent des parois des uretères , de la vessie et de l'urèthre , et qui sont entraînées au dehors pendant la miction.
Les reins se développent derrière les corps de Wolff et Dévcioi.pcmcm. tout à fait indépendamment d'eux. Ils naissent du feuillet muqueux de l'intestin; mais les données que l'on possède sur les transformations que subissent ces organes pendant leur développement, ne sont pas assez nettement définies, pour que nous en fassions mention dans cet ouvrage.
Aiicraiions. Allcrations des reins. Parmi les altérations assez nomnombreuses des reins il en est quelques-unes qui se rattachent à des maladies spéciales à ces organes et dont nous allons nous occuper. Il faut pour le rein, comme pour tous les autres organes, et plus particulièrement pour les glandes, distinguer avec soin les altérations qui ont pourpoint de départie parenchyme glandulaire, d'avec celles qui se développent dans le tissu conjonclif, lequel forme, pour ainsi dire, la base commune, la charpente, le squelette de tous les organes.
Du côté du parenchyme rénal, ou autrement dit, des canaux sécréteurs, l'inflammation suppurative est rare; c'est d'habitude dans le tissu conjonctif qu'elle prend naissance et elle n'envahit que plus tard les tubes urinifères. Ici, du reste, la formation du pus a lieu d'après le mécanisme indiqué à propos de l'inflammation suppurative du tissu conjonctif et des épithéliums.
Il est un état particulier de la sécrétion urinaire, caractérisé par la présence de l'albumine dans les urines, et qui se rattache à des altérations de tissu bien différentes les unes des autres, surtout au point de vue du siège qu'elles occupent primitivement. En effet, ces altérations portent tantôt sur le parenchyme, tantôt sur le système vasculaire de l'organe, ou bien encore sur sa trame conjonctive.
Népiiiiie La première forme se révèle d'abord par des changesntbymatcuir. ^^^j^g qul s'opèrcul daus le revêlement épithélial; les cellules s'hypertrophient, mais sans présenter de segmentalion nucléaire de leur contenu. Comme elles sont gênées dans leur développement par la résistance que leur opposent la tunique externe des canaux et le tissu conjonclif ambiant, elles s'entassent les unes sur les autres, se jet-
tent du côlé de la lumière des tubes et les oblitèrent plus ou moins complètement (pl. XXIII, fig. Il, 2). Pendant que ces phénomènes se passent dans le parenchyme rénal et que les cellules, en s'hypertrophiant, s'infdtrent de graisse, on observe du côté du système vasculaire sanguin unehyperhémie assez considérable; le tissu conjonctif luimôme paraît s'hypertrophiei:, de sorte que l'état du rein se traduit à l'œil nu par une congestion et une hypertrophie très-bien caractérisées.
Lorsqu'on examine les urines dans le courant de cette période et de la période suivante, on y rencontre presque toujours des débris d'épithélium résultant de la desquamation des tubes urinifères, et se présentant le plus souvent sous formic de tronçons de cylindre plus ou moins réguliers. Ces cylindres fibrineux, comme on les a appelés, se composent d'une substance finement granuleuse, transparente, assez souvent infdtrée de graisse et englobant presque toujours des noyaux, des cellules plus ou moins altérées (pl. XXlll, fig. 111, 1, 2), et même quelquefois des globules rouges du sang (fig. 111, 3). 11 est probable que ce produit fibriniforme résulte de la destruction et de la fusion des cellules épithéliales du rein.
Dans la seconde phase de la maladie de Bright on remarque que l'infiltration graisseuse envahit le système vasculaire, et particulièrement les glomérules de Malpighi, qui alors s'atrophient et disparaissent plus ou moins complètement. En môme temps Thyperhémie fait place à l'anhémie; à la coupe, le rein est pâle et d'aspect graisseux.
Enfin, la dernière période de la néphrite albumineuse est caractérisée par la fonte et la destruction de toutes les parties infiltrées de graisse qui sont alors résorbées , et par le retrait du tissu conjonctif hypertrophié, retrait qui en-
traîne l'atrophie générale de l'organe et une déformation de la surface, qui devient lobulée.
Il est une autre forme anatomique de l'albuminurie qui tient à la dégénérescence amyloïde du système vasculaire, et principalement des glomérules deMalpighi et des petites artères, altération qui peut, du reste, envahir à la longue les autres parties constitutives du rein.
La dégénérescence amyloïde du rein, comme celle du foie, de la muqueuse intestinale etc., ne doit pas être confondue avec la dégénérescence amyloïde des centres nerveux et particulièrement de la moelle épiniôre. Ici l'altération est produite par l'hypertrophie des corps amylacés qui se multiplient, envahissent le tissu nerveux et se substituent à lui. On peut voir ces corpuscules; ils ont une forme et une organisation déterminées, et l'on connaît la coloration qu'ils prennent au contact de la solution aqueuse d'iode. Dans la dégénérescence amyloïde du rein, au contraire, le corps du délit est pour ainsi dire invisible, car il est amorphe, incolore, et infiltre les tissus, sans en modifier la structure d'une manière sensible. Cette substance imprègne les parois des capillaires dans toute leur épaisseur; mais dans les artères elle aurait pour siège, selon Yirchow, la tunique musculaire de ces canaux^ Quoi qu'il en soit, les parois des vaisseaux atteints de dégénérescence amyloïde s'apaississent; il en résulte sans doute des troubles de nutrition dans l'organe , et l'on voit apparaître l'albumine dans les urines. Il est très-important de noter que, dans ce cas, la structure des tubes sécréteurs est normale; leur revêtement épithélial surtout n'offre aucune trace d'altération.
Le rein amyloïde offre à l'œil nu, sur la coupe, une
'Virchow, Pafholoçpe cellvlaire , 17" leçon.
teinle pâle, qui fait supposer d'abord une dégénérescence graisseuse, quoiqu'elle n'existe pas. Mais ce qui le distingue du rein qui a subi l'atrophie graisseuse, c'est que les glomérules de Malpighi et les petites artères se présentent: les premiers sous l'aspect de petites perles saillantes , et que leur puissance de réfraction rend très-visibles, les secondes sous forme de traînées linéaires et blanchâtres. Un autre caractère distinctif tient à la consistance de l'organe; dans la néphrite albumineuse, le rein conserve toujours une certaine élasticité ; dans le cas de dégénérescence amyloïde il perd complètement cette propriété et n'offre aucune résistance au rasoir, qui y pénètre comme dans un morceau de suif. C'est sans doute à cette consistance particulière, accompagnée de la pâleur du parenchyme, qu'est due l'expression de rein cireux.
Mais pour acquérir la certitude de la présence de la substance amyloïde dans le rein , il faut traiter cet organe par le réactif spécifique, c'est-à-dire par la solution aqueuse d'iode. Quand on veut se contenter d'un examen sommaire , on applique avec la baguette de verre quelques gouttes de ce liquide snr la coupe, et l'on aperçoit presque aussitôt de petites taches d'un rouge assez vif qui tranchent sur la coloration uniformément jaunâtre des autres parties. Mais lorsqu'on détache des lamelles trèsminces traitées de la même façon et qu'on les place sous le microscope, on constate aisément que l'altération a pour siège le système vasculaire de l'organe et principalement les glomérules de Malpighi. Ceux-ci, ainsi que les vaisseaux malades , offrent une coloration d'un rouge assez •vif, tandis que les autres parties constitutives du rein sont teintes en jaune pâle. Cette coloration rouge, qui s'éloigne assez de la coloration violacée du corps amyloïde des
iiiti'i'stilii'llp
Kystes
200 CHAPITRE YII.
centres nerveux, n'indiquerait-elle pas une différence dans la nature de ces substances? C'est ce qu'on ignore; mais le l'ait de coloration différente nous paraît constant.
Enfin, il est une troisième forme anatomique de l'albuminurie qui se rattache à une hypertrophie considérable du tissu conjonctif des reins, sans que primitivement on puisse constater d'autres altérations. Les mailles de la trame conjonctive, à la suite d'une hyperplasie très-active des cellules plasmatiques, s'épaississent considérablement et forment des gaines qui compriment fortement les glomérules et les tubes rénaux, et provoquent leur atrophie et leur destruction. D'après cela on voit que cette forme d'albuminerie se confond avec la première par sa terminaison; mais elle en diffère par son origine.
J'ai constaté à plusieurs reprises, soit sur des reins atteints de néphrite albnmineuse, soit sur des reins en apparence normaux, mais presque toujours chez des vieillards, des petits kystes remplis de cellules de formes variables, mais plus volumineuses que celles des canaux sécréteurs (pl. XXIII, fig. IV). Il m'a semblé que ces poches étaient constituées par la dilatation des tubes rénaux , dilatation qui elle-même résulterait de l'hypertrophie des cellules épithéliales de la glande. Les kystes en question deviendraient libres par la rupture des canaux qui leur ont donné naissance. Ne serait-ce pas là le mécanisme de la formation de la plupart des kystes rénaux? Préparations. ^l'cst sur dcs lamcllcs très-minces taillées avec le rasoir qu'on étudie la structure du rein. Cet organe atteint une dureté considérable par la cuisson dans l'eau bouillante ; on peut alors enlever des lamelles très-minces et trèslarges; mais ces préparations ne servent que pour donner une idée générale de la structure delà glande, et surtout
de la forme, du trajet et de l'agencement des tubes urinifères. La cuisson altère le tissu conjonctif et l'épithélium; c'est sur des parcelles de rein traitées par l'acide chromique qu'on doit étudier les détails de structure. On injecte les vaisseaux avec de là couleur à l'huile fine détrempée préalablement dans l'essence de térébenthine bien pure. Les préparations s'exécutent de la même manière pour les reins malades. J'ai dit comment on décèle la présence de la substance amyloïde; quand l'action de la solution aqueuse d'iode est un peu lente à se produire, on ajoute quelques atomes d'acide sulfurique.
Testicule. Quand on procède delà superficie à la profon- To^iicuie. deur, les parties constitutives du testicule s'offrent dans l'ordre suivant: on trouve d'abord la tunique séreuse ou vaginale qui revêt complètement la glande, à l'exception de son bord droit, où viennent aboutir les canaux et les nerfs qui pénètrent dans son intérieur; elle est constituée comme toutes les séreuses et adhère très-intimement à la tunique sous-jacente ou albuginée. Celle-ci, -composée d'un feutrage fibreux très-épais, représente l'enveloppe propre du testicule; par sa face profonde elle envoie dans l'intérieur du parenchyme des prolongements qui le divisent en lobules, et qui en même temps servent de rapports aux vaisseaux et aux nerfs destinés aux canalicules sécréteurs. De plus, au niveau du bord droit ou hile elle offre un épaississement cunéiforme, dont le sommet plonge assez profondément dans le testicule; c'est le corps d'Highmore, d'où partent la plupart des cloisons interlobulaires. Au-dessous de la tunique albuginée on trouve le parenchyme glandulaire, qui se compose d'une substance molle, grisâtre ou rosée, et est divisée en un grand nombre de lobules sous forme de pyramides, dont la base est dirigée à la périphé-
^02 CHAPITRE Yir.
rie, tandis que le sommet correspond aux corps d'Highmore. Chaque lobule est constitué par deux ou trois canaux réunis, rarement par un seul. Ces canaux commencent au sommet des lobules, après un trajet rectiligne trèscourt, ce qui les a fait appeler les vaisseaux droits; ils deviennent extrêmement flexueux, se divisent en plusieurs branches qui s'anastomosent entre elles et se terminent soit par des extrémités borgnes , soit par des anses. Quant aux troncs principaux, ils forment des anses, et reviennent à leur point de départ, c'est-à-dire au sommet des lobules. On rencontre assez souvent des canaux de communication d'une lobule à l'autre.
Les canaux droits,, au nombre de vingt-cinq à trente, et mesurant en moyenne 1/5 de millimètre, vont du sommet des lobules dans un réseau {rete testis, réseau de Haller) logé dans l'épaisseur du corps d'Highmore. L'extrémité antérieure de ce réseau donne naissance à une douzaine de canaux efférents qui , par leur réunion, forment la tête de l'épididyme. Tout après leur sortie du rete testis, ces canaux se replient un grand nombre de fois sur euxmêmes et figurent des cônes (cônes séminifères) , dont le sommet correspond au corps d'Highmore, tandis que la base est dirigée en haut. Les cônes siminifères, en s'anastomosant, forment un seul canal qui , très-flexueux , constitue à lui seul le corps et la queue de l'épididyme avec son diverticulum ou vas aberrans. Enfin la queue de l'épididyme se continue par le canal déférent et le canal éjaculateur qui vient déboucher dans la portion prostatique du canal de l'urèthre.
Tels sont les détails de structure que nous donnent la dissection et les injections du testicule; voyons maintenant ce que l'examen microscopique nous révèle.
Sur une coupe d'un testicule durci par la cuisson ou camvwnu par l'acide chromique, et examiné à un faible grossissement, on se rend parfaitement compte des sinuosité et de l'agencement des canalicules spermatiques , ainsi que du nombre et de l'épaisseur relative de leurs parois (pl. XXIII, fig. V). Mais il faut un grossissement de 300 à 400 pour étudier les détails de structure de la glande. Les canalicules spermatiques , ainsi que les canaux droits qui leur font suite, ont des parois très-épaisses, qui se composent de deux tuniques bien distinctes. L'externe plus épaisse , mesurant en moyenne 1/100 de millimètre, est dénature fibreuse et relativement très-riche en cellules plasmatiques (pl. XXIII, fîg. VI, 1); l'interne, très-mince et parfaitement anhiste, est unie d'une part avec la tunique précédente, et d'autre part elle est en rapport immédiat avec un épithélium stratifié , qui oblitère complètement la lumière du canalicule sécréteur (fig. VI, 2, 3). L'existence de cette tunique amorphe ne m'a pas paru constante chez les enfants et chez les vieillards.
Quant au revêtement épithélial , il offre des différences É|)ilhéliiini notables aux trois principales époques de la vie. Chez l'enfant, les cellules sont relativement petites, car elles ne mesurent en moyenne que 1/80 de millimètre, régulièrement polyédriques, et leur contenu toujours finement granuleux et transparent permet d'apercevoir le noyau sphérique, assez foncé et dont le diamètre oscille entre 1/200 et 1/133 de millimètre. Chez le vieillard, l'épithélium subit la métamorphose régressive, il s'infiltre de graisse , les cellules se désagrègent, il arrive même, dans certains points, qu'elles se liquéfient totalement et donnent naissance à un produit semblable au lait. Quelquefois aussi la dégénérescence graisseuse envahit les parois des
canaux et entraîne leur destruction complète. Chez l'adulte, les cellules épithéliales ressemblent les unes à celles de l'enfant, les autres à celles du vieillard, sans cependant présenter une infiltration graisseuse aussi prononcée; enfin il en est un grand nombre qui offrent une segmentation nucléaire multiple, et qui sont destinées, comme nous le verrons dans un instant, à la formation des spermatozoïdes.
Le réseau de Haller n'a pas de parois propres; les canaux qui le constituent, sont simplement creusés dans le corps fibreux d'Highmore , et tapissés à l'intérieur par une seule couche de cellules épithéliales pavimenteuses.
Dans l'épididyme, l'élément musculaire lisse vient s'ajoutera ceux que nous connaissons déjà, pour former une tunique contractile. La membrane épithéliale, quoique formée par une seule couche de cellules cylindriques, est cependant très-épaisse et mesure jusqu'à 1/40 de millimètre (pl. XXIII, fig. YII).
Dans l'épaisseur des parois du canal déférent on compte trois tuniques : tunique externe, tunique moyenne , tunique interne. La tunique externe, peu épaisse, est représentée par un feutrage assez lâche de fibres élastiques et conjonctives, au milieu desquelles on rencontre une assez grande quantité de cellules plasmatiques. La tunique moyenne est essentiellement musculeuse et très-épaisse, sous ce rapport elle l'emporte sur la tunique musculeuse des intestins. Comme dans ceux-ci elle offre deux couches parfaitement distinctes : dans l'externe, qui est la moins épaisse (1/5 de millimètre), les faisceaux musculaires sont dirigés dans le sens longitudinal; dans l'interne, dont l'épaisseur va jusqu'à un demi-millimètre, les fibres sont circulaires. Je n'ai pas vu la troisième couche mus-
culaire inleriiû à fibres longitudinales décrites par Kolliker. En dedans de cette tunique se trouve la membrane muqueuse dont l'épaisseur mesure en moyenne d/10 de millimètre; elle se compose d'un lacis assez lâche de fibres élastiques et connectives avec une quantité notable de cellules plasmatiques. Une simple couche de cellules épithéliales pavimenteuses tapisse la face hbre de cette tunique interne, qui d'habitude olTre des plis longitudinaux (pl. XXIV,fig. III).
Les vésicules séminales, qui s'unissent par leur extrémité vïsk.„i.s^
, . ^ , r-f 11 séminales.'
antérieure aux canaux déférents, se composent dune poche principale allongée en forme d'intestin , d'où s'échappent, de distance en distance, quatre ou cinq diverticulums plus ou moins flexueux et se terminant par une extrémité borgne. La structure de cet organe rappelle celle du canal déférent ; ainsi en allant de dehors en dedans on trouve trois tuniques. La première ou tunique externe , est une membrane conjonctive, la deuxième ou tunique moyenne , est musculeuse et offre deux couches de fibres contractiles dirigées en sens inverse; la troisième enfin est aussi une membrane muqueuse. Cette dernière, parla quantité considérable do culs-de-sac qu'elle présente à sa surface, se rapproche de la structure des glandes. Son épithélium est stratifié et le liquide que la vésicule contient paraît être le résultat d'une sécrétion par végétation, car il renferme de nombreux débris de cellules mélangés quelquefois avec la liqueur séminale. L'extrémité inférieure du canal déférent est assez souvent hérissée de diverticulums identiques, et pour la forme et pour la structure, à ceux des vésicules, mais beaucoup plus petits.
Le sperme, tel qu'il sort du canal de l'urèlhre, c'est-à- y^,^,,,,,^, dire mélangé avec les produits des vésicules séminales ,
des glandes pi'ostatiques et de Gowpei", est un liquide alcalin, épais, gluant, incolore, exhalant une odeur particulière ; quelque temps après l'éjaculation il devient liquide, par le dessèchement il acquiert une certaine consistance et prend la couleur jaune et la demi-transparence de l'ambre. Ce liquide renferme des éléments accessoires, tels que cellules et débris de cellules , et des éléments essentiels et caractéristiques, sous forme de corpuscules filiformes doués de mouvement et désignés sous le nom de filaments spermatiques , spermatozoaires , spermatozoïdes. Ils sont constitués par des filaments très-déliés, dont une extrémité renflée en amande forme la tête à laquelle succède un long fil terminé en pointe extrêmement fine et qui représente la queue. A la ligne de jonction de ces deux parties existe un petit sillon, ou espèce de collet, sur les côtés duquel on trouve quelquefois un petit appendice tuberculeux (pl. XXIV, fig. 1). Leur longueur moyenne est de 1/20 de millimètre, la largeur de la tête mesure 1/400 de millimètre. Malgré la plus grande attention on ne voit aucune trace d'organes dans toute l'épaisseur du spermatozoïde; la substance qui le compose est homogène , transparente et anhiste. Le prolongement caudal exécute desmouvements d'oscillation en serpentant. Les mouvements des spermatozoïdes persistent assez longtemps après la mort (10 à 24 heures); Kôlliker dit que dans les organes génitaux femelles on peut les constater après sept ou huit jours révolus ; chez le bœuf il les a vus au bout de six jours; l'eau et les acides les arrêtent, mais les liquides légèrement alcalins les réveillent.
Ces éléments , qui forment la partie essentielle de la sé- ■ crétion du testicule , se développent de la manière suivante : lorsqu'on examine l'épithélium des canaux sécré-
.leurs, on remarque que les cellules centrales sont en général plus volumineuses que les autres, et offrent une segmentation nucléaire plus ou moins active; ainsi on rencontre des cellules qui renferment jusqu'à dix noyaux et plus (pl. XXIV, fig. 11). Outre le nucléole, qui se révèle dans chaque noyau sous forme d'une vésicule brillante et sphérique, il existe sur un des points de sa périphérie une tache allongée , à contours foncés et très-nets, tout à fait anhiste et transparente et réfractant très-puissamment la lumière, c'est la future tête du spermatozoïde. Aune des extrémités de la tache ovale apparaît bientôt un filament qui s'allonge rapidement pour former la queue du spermatozoïde, et qui, en grandissant, s'enroule sur lui-même et reste toujours appliqué sur l'enveloppe du noyau (fig. II, 7). Lorsque les noyaux sont arrivés à leur complet accroissement, la cellule mère, ne pouvant plus les contenir, éclate, et ils deviennent libres; bientôt les éléments dont ils se composent se dissocient et tombent en déliquium. Alors la queue du spermatozoïde se déroule (fig. 11,8), puis la tête elle-même se dégage et le développement est achevé. Sur des testicules de Gabiai j'ai pu suivre à plusieurs reprises les transformations que subit la cellule épithéliale pour produire les spermatozoïdes , et j'ai toujours vu que les phénomènes se passent tels que je viens de l'exposer, c'est-à-dire que chaque noyau donne naissance à un fil spermatique ou vibratile. Les observations faites sur l'homme, à cet égard , s'accordent avec les précédentes.
Les artères destinées à l'organe sécréteur du sperme y,,.^, viennent de trois sources différentes; il y a d'abord Tartère spermatique, qui est spécialement destinée au parenchyme de la glande et qui vient directement de l'aorte; ensuite on trouve l'artère déférentielle qui naît médiate-
ment de Thypogaslrique par la vésicule inférieure, el qui fournit le sang au canal déférent et à l'épididyme ; enfin il y a l'artère funiculaire qui provient de l'anse de l'épigastrique et qui rampe dans les enveloppes du cordon. Mais il est utile de noter que ces trois vaisseaux s'anastomosent entre eux au niveau de l'épididyme, de sorte que dans le cas d'obstruction de l'un d'eux, le canal oblitéré serait suppléé dans ses fonctions par les deux autres. La plupart des branches de l'artère spermatique pénètrent dans le testicule par lehile, les autres rampent d'abord dans la tunique albuginée, puis s'accolent aux trabccules fibreuses pour arriver au milieu des lobules et former un réseau assez lâche qui entoure les canaux séminifères. Les veines s'accolent à l'artère spermatique, puis, arrivées dans la région lombaire , elles s'unissent en un seul tronc qui se jette, à gauche, dans la veine rénale, et à droite, dans la veine cave inférieure. Quantauxlymphatiques, ilssonttrèsnombreux , accompagnent les vaisseaux sanguins du cordon et aboutissent aux ganglions lombaires. Les nerfs, assez rares, s'appliquent sur les artères et pénètrent avec elles dans les glandes, mais on ignore encore leur mode de terminaison.
DévcloppL'Illenl Le testicule se développe aux dépens de la masse indu icsucuie, ^^^^^ corps de WolfF, tandis que le canal excréteur est formé par le conduit externe du même organe. Le vas aberrans vient de la partie centrale du corps de WollT qui pour certains auteurs donnerait naissance à l'épididyme. M. Giraldès prétend que le ms aberrans n'est pas l'analogue du corps de Rosenmùller. D'après cet observateur, ce serait un petit organe placé derrière la séreuse vaginale , en avant du paquet de veines qui se rend dans le testicule, et dans l'espace compris entre l'épididyme et le point où
la tunique vaginale se réfléchit pour former le cul-de-sac séreux ^ Les métamorphoses hislologiques qui s'opèrent dans le cours du développement du teslicule, ne sont pas encore assez bien connues pour que nous en fassions mention dans cet ouvrage.
Les idées émises plus haut, relativement au revêtement épithélial et au mode de sécrétion des glandes en grappe, s'appliquent également aux glandes en tube. Les glandes à épithélium simple et à sécrétion par filtration, sont les glandes en tube de l'inlestin, celles de l'utérus, les glandes sudoripares, le rein et la glande biliaire. Les glandes à épithélium stratifié et à sécrétion par filtration sont les glandes cérumineuses et spermatiques.
Les altérations du testicule, au point de vue de leur dé- AUéiations, veloppemcnt histologique, ressemblent trop à celles des autres glandes pour que nous en fassions l'objet d'une étude spéciale ici; seulement nous dirons que c'est encore un des organes où l'évolution du tubercule proprement dit est très-facile à étudier.
Quant aux préparations que nécessite l'examen micros- p,épa.atiuns copique du testicule, elles sont les mêmes que pour les reins.
Art. 3. Glandes mixtes. L'ovaire , sous certains rapports, ressemble aux glandes foUiculeuses, mais il s'en éloigne par l'existence temporaire d'un canal excréteur et parla déhiscence de ses follicules; le foie, par son double appareil biliaire etglycogène, participe et des glandes tubuleuses et des glandes sanguines. La structure de ces deux organes permet donc d'en former un petit groupe distinct qui établit naturellement un trait d'union entre
' Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de biolofjic , pendant l'année 1859, p. 123; Paris 18G0.
MOIIEL. llistol.
^2'10 CHAPITRE Yir.
les deux calùgories des glandes Iblliculeuscs et sanguines.
Ovaire. L'ovaire ressemble beaucoup par sa forme extérieure au testicule, il offre comme cette glande deux faces convexes, un bord libre également convexe et un bord droit ou bile qui se rattache aux vaisseaux nourriciers. L'enveloppe de l'ovaire, ou tunique albuginéc, est encore identique à celle du testicule et, comme elle, est enveloppée de toute part, le bord droit excepté, par une membrane séreuse. Enfin, pour compléter Tanalogie entre les deux tuniques, celle de l'ovaire offre au niveau du liilc un épaississement comparable au corps dllighmore. La face interne de l'enveloppe albuginéc adhère intimement au parenchyme de l'organe et se confond avec lui. Celui ci se compose d'une masse fibrillaire mélangée à une grande quantité de vaisseaux, et au milieu de laquelle sont disséminées les parties essentielles de la glande, c'est-àdire les ovisacs ou vésicules de Graaf. Au niveau du liile on ne rencontre pas d'ovisacs, mais un peu plus loin, et jusqu'à la périphérie de l'organe on en trouve un grand nombre et de toutes dimensions; cependant les plus volumineux sont habituellement situés au-dessous de la tunique albuginéc.
L'ovisac est limité à l'extérieur par une enveloppe fibro-vasculaire composée des mêmes éléments que le parenchyme, mais plus condensés. Les couches superficielles do cet organe, qui adhère lâchement au tissu conjonctif ambiant, sont moins vasculaires que les couches profondes. Sur celles-ci repose un épithélium stratifié, ou autrement dit la couche granuleuse, qui augmente considérablement d'épaisseur dans le point tourné du côté dd l'albuginée, pour constituer le disque proligère, dans l'intérieur duquel repose l'ovule ou l'œuf (pl. XXIV, fig.IV, %
0, 4). La partie centrale de la cavité de l'ovisac est remplie par un liquide albumineux, qui contient des cellules ou des débris de cellules détachées de la membrane granuleuse.
La structure de l'ovule rappelle tout à fait celle de la ovuie. cellule. Son enveloppe, qu'on appelle zone transparente ou membrane vitelline, est épaisse (1/100 de millimètre), transparente et tout à fait anhiste. Son contenu ou vitellus, de consistance un peu liquide, renferme une grande quantité de granulations très-fines, au milieu desquelles on distingue quelques gouttelettes de graisse. Sur un point de la périphérie du vitellus existe un noyau sphérique et brillant -connu sous le nom de vésicule g erminative ou de Purkinje. Enfin ce noyau contient lui-même un nucléole auquel on a donné le nom de tache germinative ou de Wagner (pl. XXIV, fig. IV, 5, 6, 7, 8).
On sait qu'ordinairement l'ovisac contient un seul ovule, cependant il peut arriver qu'il en renferme deux, ainsi que nous l'avons vu sur un ovaire d'adulte (pl. XXIV, fig. V,
1, 2). Ce fait peut expliquer la cause, au moins dans certains cas, de la grossesse gémellaire:
La segmentation du vitellus, qui dans l'œuf fécondé est s,,g„,,„j,„„ le point de départ des métamorphoses qui doivent produire '''' l'embryon, et dont nous avons exposé le mécanisme à propos de la formation de la cellule^ n'est pas nécessairement le résultat du contact des deux germes mâle et femelle; Les faits suivants nous paraissent très-significatifs à cet égard: en examinant des vésicules de Graaf hypertrophiées, chez des femmes mortes de péritonite puerpérale, huit à dix jours après l'accouchement, nous avons rencontré plusieurs ovules mesurant 1/10 à 1/7 de millimètre, dans lesquels la segmentation était aussi nettement dessinée •
21*2 CHAPITRE Yll,
que dans les œufs fécondés: seulement les cellules du pseudo-blastoderme subissaient déjà la métamorphose graisseuse, quelques-unes d'entre elles étaient même réduites à letat de cellules adipeuses (pl. XXV, fig. 1,3,4). Dans d'autres ovules, le contenu était complètement transformé en une masse graisseuse (pl. XXV, fig. II). Tous ces ovules étaient entourés d'une zone cellulaire provenant du disque proligène de la vésicule de Graaf, et dont les éléments sphériques ne pouvaient être confondus avec les cellules polyédriques résultant de la segmentation du vitellus (fig. I, fig. II, 1). La segmentation du jaune est donc possible sans fécondation préalable, mais l'œuf reste stérile, les cellules n'offrent jamais les métamorphoses histologiques du blastoderme fécondé; loin de donner naissance à des produits organisés nouveaux , elles périssent par dégénérescence graisseuse. Du reste, le phénomène de la segmentation de l'œuf non fécondé n'a rien d'anomal en soi, car l'ovule n'est qu'une cellule, et chaque jour on observe que les cellules de l'organisme, sous l'influence d'une cause irritative, d'un choc par exemple, offrent aussi une segmentation ou prolifération nucléaire, à la suite de laquelle naissent- les produits pathologiques les plus variés.
Sur ces mêmes pièces, la structure de la paroi externe des vésicules de Graaf m'a semblé différer de celle des vésicules ordinaires. Cette membrane est riche en vaisseaux; de plus elle est constituée presque exclusivement par des cellules fusiformes Irès-allongées et soudées régulièrement les unes aux autres, ce qui fait que sur la coupe elle paraît fibreuse, mais en réalité elle ne contient pas de fibres. Les parois des vaisseaux sont également formées par les mômes éléments fibro-plastiques. Cette organisation rend
parfailcmont compte de la fragilité de l'enveloppe de l'ovisac.
Les enveloppes de l'embryon , provenant des deux Envioppe feuillets du blastoderme, sont Tamnios et l'allanloïde ou chorion définitif. La première de ces membranes, mince, incolore, transparente, est une membrane épithéliale dont les cellules lamelliformes ont des contours nets, mais très-pâles et difficiles à saisir; le noyau un peu plus foncé est au contraire très-visible, il plonge dans une substance presque amorphe. Les cellules mesurent 1/40 à 1/26 de millimètre, le noyau 1/133 à 1/100 de millimètre.
L'allantoïde est, comme la précédente, une membrane cellulaire, mais ses cellules diffèrent de celles de l'amnios par leur volume qui est moindre (1/100 à 1/80 de millimètre), et par leur contenu fortement granuleux qui masque en partie le noyau. Celle membrane s'épaissit considérablement dans un point pour former le placenta, dont la face externe est hérissée de villosités qui rappellent, par leur configuration extérieure, les arborisations du corail (pl. XXV, fig. III). Une substance conjonctive à peu près amorphe forme le squelette de la villosité; à sa surface on trouve une couche épithéliale, et dans son intérieur des vaisseaux qui , arrivés près du sommet, décrivent des anses et ne s'anastomosent jamais avec les vaisseaux du placenta maternel (pl. XXVI, fig. I). Cette structure, comme on le voit, a la plus grande analogie avec celle des villosités intestinales ; du reste ici l'identilé de structure correspond à l'identité de fondions : les villsoilés placentaires sont les organes d'absorption des matériaux nutritifs, elles baignent dans le sang de la mère où elles puisent, comme les villosités intestinales baignent dans le liquide alimenlaire qu'elles absorbent. Le placenta muni de ses villosités est donc le véritable intestin de l'embryon.
214 CHAPITRE YII.
Corps janm-. Après la cliute de l'œuf on trouve dans l'ovisac les débris de la couche granuleuse ou épilhéliale, mélangés à du sang provenant des vaisseaux déchirés pendant la rupture de la tunique fibro-vasculaire. Ce mélange forme une petite masse qui, à cause de sa coloration, a reçu le nom de corps jaune. Très-peu de temps après son apparition , les parties qui le composent s'infiltrent de graisse et disparaissent par résorption; l'hématine, provenant des globules rouges, donne assez souvent des cristaux d'hématoïdine, mais souvent aussi elle est résorbée sans laisser la moindre trace. Les parois de l'ovisac reviennent sur ellesmêmes , se plissent et forment une sorte de cicatrice étoilée ; il arrive quelquefois que la cicatrisation est précédée de la formation de cellules fibro-plastiques, qui se métamorphosent ensuite en faisceaux de tissu conjonctif.
oviducto. La trompe de Fallope ou oviducte, qui sert de canal excréteur à l'ovaire après la chute de l'œuf, se compose de trois tuniques : la première est séreuse et appartient au péritoine; la seconde est musculo-vasculaire , et rappelle la structure des organes érectiles; la troisième est une membrane muqueuse offrant des plis longitudinaux qui s'effacent pendant la dilatation du canal, et tapissée à l'intérieur par une simple couche de cellules cylindriques et vibratiles. Le mouvement des cils vibratiles fait marcher les particules contenues dans l'oviducte , de l'intérieur à l'extérieur, par conséquent favorise la descente de l'œuf vers la cavité utérine.
uiérus. L'utérus, qui fait suite à l'oviducte, possède les mêmes tuniques que lui; seulement la tunique musculo-vasculaire est beaucoup plus développée, surtout pendant la gestation. Quant à la troisième, elle est un peu plus compliquée dans la structure; elle se compose d'un tissu conjonctif très-
délicat et parsemé d'une quantité considérable d'éléments cellulaires; ses couches profondes se confondent avec le tissu conjonctif de la tunique musculaire; il n'y a pas de ligne de démarcation entre les deux parties. La face libre est tomenteuse au niveau du corps; mais au niveau du col elle présente des papilles lamellaires et filiformes; ces dernières siègent près de l'orilice inférieur; de plus, nous savons déjà que cette membrane contient un grand nombre de glandes en tube qui ont été décrites plus haut. L'épithélium de la muqueuse utérine forme une simple couche de cellules coniques et vibratiles; pendant la grossesse il devient pavimenteux et perd ses cils.
Le vagin possède également trois tuniques : l'externe est vn fibreuse; la moyenne, muscuio-vasculaire, et l'interne est muqueuse. Cette dernière membrane ofïre à sa surface un gi-and nombre de larges plis, surtout vers son extrémité inférieure, et un nombre plus grand encore de papilles coniques. Son épithélium est épais et stratifié; jusqu'à présent on n'a pas découvert de glandes dans l'épaisseur de ses parois.
Les artères de l'ovaire pénètrent dans cet organe par vai son bord droit ou hile, puis se divisent en un grand nombre " de rameaux très-flexueux qui se perdent, les uns dans le tissu conjonctif de la glande et l'albuginée, tandis que les autres vont former dans la tunique externe de l'ovisac un réseau assez serré. Les veines suivent le trajet des artères et vont aboutir aux veines ovariques et utérines. Les lymphatiques, dont on ne connaît pas parfaitement l'origine, accompagnent les vaisseaux sanguins et se jettent ensuite dans les ganglions lombaires et pelviens correspondants. Quant aux nerfs, ils s'accolent aux vaisseaux et arrivent
2i6 CHAPITRE Yll.
avec eux clans la glande; mais on ignore leur mode de terminaison.
D.-veioppi.mcnt. Q'est aux dcpons de la masse interne du corps de WolfT que se développe l'ovaire, tandis que l'oviducte et l'ulérus sont formés par le canal externe du môme organe; la portion centrale s'atrophie et donne le corps de Rosenmiil- 1er. Ce qui dislingue l'ovaire du testicule, c'est qu'il ne se soude pas avec son canal excréteur. Il est d'abord exclusivement constitué par des cellules embryonnaires, dont la plus grande partie se transforment en divers éléments qui composent la glande; les autres cellules sont destinées à la formation des ovisacs et ovules. Primitivement la vésicule de Graaf et l'ovule ne forment qu'une seule masse sphérique de cellules possédant toutes la même forme et les mêmes dimensions (pl. XXY, fig. V, 2). Ce n'est que plus tard qu'au milieu du groupe on aperçoit une cellule qui, par son volume augmentant de plus en plus et par sa forme sphérique, se distingue des autres éléments dont elle est entourée. Eh bien, c'est cette cellule qui représente l'ovule embryonnaire (pl. XXV, fig. IV, 3) : elle n'a plus à subir que quelques modifications dans son enveloppe qui s'épaissit, et dans son volume qui augmente, pour arriver à son complet développement. Les cellules qui entourent primitivement l'ovule embryonnaire se multiplient et forment la couche granuleuse, ainsi que le disque proligère. Pendant les derniers temps de la vie intra-utérine, l'ovaire de l'embryon renferme déjà les groupes 'sphériques des cellules qui doivent produire plus tard les ovisacs et les ovules.
Le corps de RosenmùUer, situé entre les lames péritonéales qui unissent l'ovaire à la trompe et formé d'un certain nombre de canaux sans issue, représente les débris de la partie centrale du corps de Wolff.
La plupart des kystes de l'ovaire se développent dans les Kystes ovisacs qui s hypertrophient et qui sécrètent des liquides très-variables d'aspect et de composition. Assez souvent ils contiennent une liqueur de consistance sirupeuse et couleur chocolat, composée de débris d epithélium infiltrés de graisse, de pigment sanguin et de cristaux de cholestérine (pl. XXV, fig. VI et VII). Le plus habituellement le liquide, transparent, jaune citrin, ne renferme que quelques rares cellules détachées de la poroi interne de la poche, et des globules rouges tout aussi rares.
Les préparations de l'ovaire se font comme celle des Préparations, glandes en général. Pour obtenir des coupes d'ensemble convenables, on durcit la glande par une légère cuisson dans l'eau bouillante, ou bien on la traite par l'acide chromique, qui a l'avantage de ne pas altérer les éléments cellulaires. Il faut également exécuter des préparations analogues sur des ovaires frais, surtout lorsqu'on veut étudier la structure de l'ovule. La dissection des ovisacs n'est pas bien difficile; dans les ovaires de femmes mortes quelques jours après l'accouchement, ces poches sont trèsvolumineuses et adhèrent fort peu aux parties voisines ; aussi on les énuclée sans difficulté. En rompant les parois de la vésicule sur la grande plaqué de verre, on en voit sortir un liquide transparent entraînant quelques granulations blanchâtres que l'on doit examiner avec soin ; car c'est dans leur intérieur qu'est logé l'ovule. Les ovaires des petits mammifères (lapin, chien, cabiai, rat), sont très-bons pour faire ces recherches.
Foie. Le foie est enveloppé par une membrane de tissu Foie, conjonctif qui embrasse de toute part la glande et qui, arrivée au niveau du sillon transverse, se réfléchit sur les canaux qu'elle y rencontre et pénètre avec eux dans le
518 CHAPITRE YII.
parenchyme, en leur formant une gaîne connue sous le nom de capsule de Glisson. La face externe de cette enve loppe est intimement unie au péritoine dans toute son étendue, excepté au niveau du bord postérieur, du sillon transverse et de la gouttière biliaire; la fusion des deux membranes est telle qu'il est impossible de trouver une ligne de séparation entre elles; aussi le péritoine paraît-il simplement représenté par son revêtement épithélial. La face interne envoie dans la profondeur des trabécules qui la rattachent assez solidement au parenchyme glandulaire.
Celui-ci se présente à l'œil nu sous l'aspect de petites granulations de 1/5 à 1 millimètre de diamètre, violacées et dont le centre est tantôt plus foncé, tantôt plus paie que les contours. Cette variété de siège de la coloration dans les granulations tient à la réplétion exclusive de tel ou tel système de vaisseaux. Ainsi, le point central foncé correspond à la congestion de la veine sus-hépatique, tandis que le pourtour rouge foncé et le point central pâle résultent de Fhyperhémie de la veine-porte et de l'anhémie de la veine sus-hépatique. Chez l'homme, le pourtour de ces granulations appelées encore lobules^ acini, est assez vague; mais il en est autrement chez beaucoup d'animaux et plus particulièrement chez le porc, où chaque lobule forme un petit polyèdre indépendant des lobules voisins et dont les bords sont très-nettement dessinés.
Chaque lobule hépatique représente par sa structure un foie tout entier; il suffira donc d'en étudier un seul pour avoir une idée exacte de l'histologie de cette glande. Dans un lobule on trouve : 1° une masse considérable de cellules ; 2° l'appareil vasculaire de la veine-porte et de la sushépatique; 3» l'appareil biliaire composé de canaux biliaires et de l'artère hépatique.
Les cellules sont de deux espèces : les unes, qui constituent la presque totalité de la masse épilhélialc, se présentent sous /orme de polyèdres volumineux et irréguliers, mesurant en moyenne 1/50 à 4/40 de millimètre. Un noyau pnBsque toujours infdtré dégraisse, desgoutlelcllcs de graisse libre et une très-grande quantité de granulations fines et pâles, queSchiff regarde comme un amidon animal, en représentent le contenu (pl. XXVI, fig. II, 1). Les autres cellules, beaucoup plus petites (1/100 de milmètre) et bien moins nombreuses, ont une forme polyédrique régulière et un contenu finement granulé et ordinairement privé de graisse (fig. II, 2).
Dans les espaces interlobulaires, espaces très-apparents chez le porc, on trouve de petites branches de la veineporte (veines interlobulaires), qui fournissent des rameaux aux lobules entre lesquels elles sont situées (pl. XXVI, fig. IV,2, 3). Si l'on envisage ces veines interlobulaires dans leurs rapports avec un seul lobule, on remarque qu'elles lui forment une espèce de couronne vasculaire, de la concavité de laquelle naissent un grand nombre de ramuscules qui se capillarisent immédiatement après leur naissance (fig. IV, 4; fig. V, 2). Ils s'anastomosent très-fréquemment entre eux et forment ainsi un réseau à mailles assez serrées, qui mesure en moyenne 1/20 de millimètre, et qui se jette au centre du lobule dans une petite branche veineuse représentant la racine de la veine sus-hépatique (fig. VI, 2). Chez l'homme, les lobules n'étant pas trèsnettement déhmités, on ne remarque pas de couronne vasculaire formée par la veine-porte; mais le réseau capillaire ofire la même physionomie et la môme distribution. Les capillaires ne sont pas , ainsi que le pensent certains observateurs, de simples canaux limités par les cellules hépa-
220 ciiAninE vu.
tiques: ils oiUréelleiiienl des parois propres constituées de la même façon que celles des autres capillaires; de plus, autour de ces canaux on trouve des traces de tissu conjonctif très-délicat (pl. XXVI , fig. III , i).
Les grosses cellules hépatiques remplissent les mailles des capillaires, et forment elles-mêmes, dans leur ensemble, un réseau épitliélial qui pénètre le réseau vasculaire (fig. III , 3). L'agencement des parties que nous venons d'étudier, c'est-à-dire le système de la veine-porte et de la sushépatique , uni aux grandes cellules hépatiques, constitue l'appareil glycogène du foie, fnnnnx Lcs cattaux hépatiques entrent dans le sillon Iransverse panques. ^1^^ ^^j^ ^^^^ l'artère hépatique, la veine-porte, et accompagnent les vaisseaux jusqu'aux lobules. Dans leur parcours ils fournissent un assez grand nombre de branches arborescentes, dont les plus volumineuses offrent entre elles de nombreuses anastomoses, tandis que les plus petites restent indépendantes et s'appliquent sur la périphérie des lobules. De ces petits rameaux périlobulaires naissent des tubes qui pénètrent peu profondément dans les lobules et s'y terminent en cul-de-sac. Ils sont revêtus à l'intérieur d'une simple couche épilhéliale formée par les petites cellules dont nous avons parlé plus haut (pl. XXYI, fig. YIII, 5,6,7). Sur les canaux biliaires, qui ont au delà de 4/40 de millimètre, l'épithélium pavimenteux fait place à un épithélium cylindrique (KôUiker). Enfin les canaux hépatiques projii'ement dits, le cystique et le cholédoque, renferment dans leurs parois l'élément musculaire et un assez grand nombre de glandes en grappe. L'artère hépatique accompagne les canaux biliaires jusqu'aux lobules, leur fournit un grand nombre de branches et se jette enfin dans le réseau de la veine-porte.
Ce second appareil, formé par les canaux biliaires et l'artère hépatique, représente une glande en tube. Le Ibie est donc composé de deux glandes qui se pénètrent réciproquement; Tune de ces glandes (glande sanguine) est en rapport avec la sécrétion du sucre, et l'autre (glande en tube) avec la sécrétion de la bile. La physiologie du ibie, si bien établie par M. Claude Bernard*, et l'anatomie comparée légitiment complètement cette manière de voir.
Le mode de terminaison des canaux biliaires a fait l'objet de recherches les plus variées, et le nombre des théories que l'on a émises dénote l'incertitude où l'on est encore à cet égard. Cependant il n'y a plus guère que deux opinions qui tendent à prévaloir dans ce moment, à savoir : que les canalicules se terminent par une extrémité béante en rapport immédiat avec les grandes cellules hépatiques, ou bien par une extrémité cœcale qui sépare nettement la glande biliaire de la glande glycogène. Nous avons admis que le foie se compose de deux glandes distinctes, parce que, comme nous l'avons déjà dit, la physiologie et l'anatomie comparée le prouvent, et nous avons décrit les canaux biliaires comme terminés en cul-de-sac, parce que nous avons constaté cette disposition sur un foie cirrhotiqne, et nous savons que M. le professeur Kûss a déjà fait la même observation sur un foie syphilitique.
La vésicule biliaire offre dans ses parois les mômes élé- y ments que les gros canaux biliaires. La tunique muqueuse présente à sa surface de nombreux plis qui s'entrecroisent et leur donnent un aspect gaufré; elle est tapissée par un épithéhum cyhndrique, dont les cellules très-pâles sont souvent privées de noyau (pl. XXVI, fig. Yll).
h\ouvelle fonction du J'oie; l'aris 1853. — Leçons de physiologie ex- 2Jérimenlale , t. I; Paris 1853.
^>2'2 CIIAPITUE VII.
Lymphaiiques. Lcs lymplialiques fonncii t clcux rcscaux i Tun, superficie], situé dans l'épaisseur de l'enveloppe du foie; l'autre, profond, qui suit les divisions de la veine-porte; ils communiquent fréquemment entre eux et vont aboutir, d'un côté aux ganglions ihoraciques, et de l'autre aux ganglions abdominaux.
Les nerfs qui vienneut du grand symphatique et du pneumo-gaslrique, s'accolent à l'artère hépatique et pré-, sentent la même distribution; mais on ignore encore leur mode de terminaison dans l'intérieur des lobules.
)év.ioitoMRiit. Les premiers traces de foie apparaissent sous forme de deux bourgeons cellulaires qui occupent, l'un la couche externe, l'autre la couche interne ou épilhéliale des parois de l'intestin. Quant aux métamorphoses ultérieures de ces bourgeons, les observations de la plupart des embryologistes permettent d'arriver aux conclusions suivantes : pendant que le bourgeon externe grandit, en enveloppant le tronc de la veine omphalo-mésentérique, et constitue ainsi une masse parenchymateuse, qui représente le système de la veine-porte embrassée de tous côtés par les grandes cellules hépatiques, le bourgeon interne offre une végétation ramescente , dont les branches tubuleuses se distribuent dans l'intérieur du bourgeon externe pour former le système ou la glande biliaire. En même temps que s'opèrent ces changements dans la forme générale des bourgeons , les cellules primordiales, qui en composent la masse, subissent à leur tour les métamorphoses les plus variées pour former les divers tissus qui entrent dans la structure du foie.
AiiDruiions, A propos dcs produits pathologiques du foie*, on constate encore les mêmes phénomènes que dans les autres
^Traité j^ratique des maladies du foie^ traduit de ralicmand par L. Dumcnil et l^ellagot; l'aris 1862.
glandeSt 223
glandes; ainsi on renconlre deux espèces d'aUérations nettement tranchées au point de vue de leur origine. Les unes appartiennent au parenchyme, c'est-à-dire aux cellules hépatiques, les autres se développent dans le tissu conjonctif.
Les cellules hépatiques ne présentent guère que l'atrophie graisseuse après avoir passé ou non par un état hypertrophique. Cette dégénérescence, qui marche ici comme dans les autres organes , se rencontre habituellement chez les phthisiques et chez les individus atteints d'ictère grave. Dans ces cas, le tissu conjonctif ne paraît pas subir de modification dans sa structure. Les cellules hépatiques contiennent presque toujours du pigmentbiliaire amorphe, lorsque le cours delà bile est gêné par une cause quelconque.
Les produits cancéreux , tuberculeux etc. se déve- ruboicic. loppentdans le tissu conjonctif de la glande et plus spécialement au milieu des mailles de la capsule de Glisson. Le tubercule du foie, comme celui des poumons, des séreuses, des muqueuses et du tissu conjonctif en général, est le résultat de l'hyperplasie des cellules plasmatiques du tissu conjonctif interlobulaire. Celles-ci se groupent pour former des petites tumeurs sphériques, grisâtres, demi -transparentes, qui ensuite s'infiltrent de graisse, deviennent opaques, et enfin subissent les métamorphoses qui ont déjà été indiquées à l'occasion du tubercule du tissu conjonctif.
Dans la cirrhose et le foie svphilitique , les altérations , débutent également par une hyperplasie du tissu conjonctif de la capsule de Glisson. Puis les éléments de nouvelle formation se métamorphosent successivement en cellules fibro-plastiques et en faisceaux de fibres conjonctives et élastiques. Ce tissu, en se développant, comprime les lobules j alors les cellules hépatiques s'étiolent sous celte
pression, s'infiltrent de graisse, se désagrègent et dispalaissent plus ou moins complètement. Pendant que les lobules s'atrophient, le tissu conjonctif se rétracte, le foie diminue de volume et offre à sa surface des bosselures résultant du retrait du tissu fibreux nouvellement formé.
cancors. Lcs tumcurs cancéreuses de toute sorte proviennent de la même source, et se développent ensuite en subissant chacune les métamorphoses qui lui sont propres.
Ainsi ce qui caractérise le tubercule, ici comme ailleurs, c'est que, dans son évolution, les éléments anatomiqucs ne vont pas au delà de la forme nucléaire, et qu'ils subissent fatalement l'infiltration graisseuse. L'hypertrophie du tissu conjonctif avec formation nouvelle de tissu fibreux cicatriciel , puis, comme conséquence, atrophie, infiltration et fonte graisseuse des lobules hépatiques : telles sont les. modifications de structure qui se rapportent à la cirrhose et au foie syphilitique. L'hyperplasie des cellules plasmatiques et l'évolution morphologique des produits nouveaux dans tous les sens représentent l'origine et la marche des tumeurs cancéreuses.
ïénéicscence La dégénéresccncc amyloïde du foie offre le môme caractère anatomique que celle du rein. Elle débute par les vaisseaux et surtout par les petites branches de l'artère hépatique; mais elle envahit souvent les cellules hépatiques, dont le contenu se transforme en une substance amorphe transparente qui, mise en contact avec la solution aqueuse d'iode, donne la réaction caractéristique. Kysus Le foie est assez souvent le siège de kystes hyda tiques renfermant des échinocoques ou des débris de ces entozoaires mélangés avec d'autres éléments de la glande plus ou moins altérés. La poche est limitée à l'extérieur par une membrane fibreuse dont l'épaisseur varie et qui appartient
au tissu conjonctif de la glande (pl. XXVII, fig. II). Audedans de celle enveloppe externe s'en trouve une autre appartenant à Thydatide et constituée par un quantité considérable de lamelles anhistes et emboîtées les unes dans les autres (fig.III). Enfin, quand l'échinocoque est détruit, on rencontre des crochets qui témoignent de son existence passée (fig. , puis des cellules hépatiques infiltrées de graisse (fig. I, d), de la graisse libre et des cristaux de cholestérine (fig. 1,3), des cristaux d'hématoïdine (fig. I, 4) , tous éléments qui résultent des altérations diverses et de la destruction des parties constitutives de la glande.
Les recherches relatives à la structure du foie sont hé- r,é rissées de difficultés de toutes sortes. C'est surtout ici qu'il faut avoir recours à l'acide chromique, car sans lui il est pour ainsi dire impossible d'obtenir des coupes assez minces sans déranger les rapports des éléments constitutifs de la glande. Les injections du système vasculaire sanguin sont faciles; elles m'ont bien réussi avec de la couleur à riiuile délayée dans l'essence de térébenthine; mais il n'en est pas de môme pour celles des canaux biliaires, dont les ramifications terminales très-minces et très-fragiles se rompent presque toujours à la moindre augmentation de pression. C'est au niveau du bord antérieur du foie qu'il faut pratiquer les coupes pour les recherches relatives au mode de terminaison des canaux biliaires; du reste, il faut bien l'avouer, c'est l'efiet d'un pur hasard si l'on fait passer l'instrument dans la direction de ces tubes sécréteurs. Les mêmes préparations suffisent pour l'étude des altérations du foie.
Art, 4. Glandes folliciileuses et glandes sanguines. Les glandes folliculeuses les plus simples sont les follicules isolés du tube intestinal; nous les décrirons ainsi que les
MOREL. Ilislol. 15
556 CHAPITRE YH.
amygdales, les follicules de la base de la langue et du pharynx, quand nous examinerons la structure de la muqueuse du canal digestif, orps ihyroMo. Covps thyroïclo. L'enveloppe fibreuse du corps thyroïde se continue par sa face profonde avec des trabécules délicates du tissu conjonctif, qui circonscrivent les espaces dans lesquels sont logées les vésicules de la glande (pl. XXYII, fig. V et VI]. Chaque vésicule est donc limitée par une lamelle formée de fibres connectives, au milieu desquelles on rencontre une grande quantité de cellules plasmatiques et beaucoup de vaisseaux (fig. V et YI , 2). Une simple couche de cellules épithéliales polyédriques tapisse la face interne de la vésicule, et un liquide albumineux en remplit la cavité. Chez le fœtus et l'enfant, la couche épithéliale est composée de cellules de 1/80 de millimètre de diamètre, à contenu finement granuleux, et dont le noyau mesure en moyenne i/133 de millimètre (fig. V, 1). Mais chez l'adulte et chez le» vieillard il est très -rare de trouver l'cpi- Ihélium intact et bien nettement séparé du contenu liquide; le plus souvent on remarque l'infiltration graisseuse des cellules , et dans le liquide on rencontre une grande quantité de gouttelettes de graisse et de noyaux libres, qui attestent la désagrégation et la fonte des éléments cellulaires (fig. YI, 1). L'aspect lobulé du corps thyroïde tient à l'agrégation des follicules en petites masses, qui restent plus ou moins indépendantes les unes des autres. Vaisseaux Lbs vaisscaux sanguins ne sont remarquables que par leur grande masse et par le réseau délicat qu'ils vont former dans les enveloppes de chaque follicule. On ne possède rien de précis à l'égard de la distribution des lymphatiques et de la terminaison des filets nerveux que fournit le grand sympathique.
Les observations relatives au développement de la glande Dévoioppcmem. thyroïde n'ont pas fourni de résultats assez positifs pour que nous les relations dans cet ouvrage.
Altérations. La déî^énérescence colloïde est l'altération Dégénérescence
colloïde.
qui atteint le plus fréquemment le corps thyroïde et détermine le développement du goitre. Au début de la maladie, le corps thyroïde est plus consistant qu'à l'état normal , et quand on fait une coupe , on sent que le rasoir traverse une substance dure et poisseuse. La surface de section est grossièrement granulée, demi-transparente, de couleur jaune ambré ou rose pâle. En examinant la structure de l'organe, on remarque que c'est dans les vésicules qu'apparaissent les premières altérations. Les cellules épithéliales s'hyperlrophient d'abord et remplissent plus ou moins complètement les loges de la glande. Ensuite un grand nombre de ces éléments s'infiltrent de graisse et se désagrègent, tandis que les autres métamorphosent leur contenu granuleux en une substance amorphe et de consistance gélatineuse (pl. XXYII, fig. YII, 2). Enfin toutes les cellules se détruisent à peu près complètement et on en rencontre les débris dans l'intérieur de la poche sous diverses formes , tels que noyaux libres , granulations graisseuses, liquide colloïde, cristaux de cholestérine et de margarine (fig. YII , 1).
Pendant que ces modifications se passent dans l'intérieur des follicules, qui deviennent de plus en plus volumineux , le tissu conjonctif ambiant s'hypertrophie de son côté, et les vaisseaux sanguins se dilatent et se multiplient. Alors on observe souvent que les parois des follicules subissent la dégénérescence graisseuse , les vaisseaux qui rampent dans leur épaisseur se rompent, et il en résulte des épanchemenls de sang qui se coagule et subit ensuite"
toutes les métamorphoses des caillots depuis la simple décoloration jusqu'à la fonte graisseuse. Assez souvent les sels calcaires se mélangent à la graisse qui infiltre les parois fibreuses des follicules ; alors celles-ci prennent l'aspect et la consistance d'une coque osseuse. Dans ce pays-ci il y a très-peu de femmes qui échappent à la dégénérescence colloïde du corps thyroïde; heureusement que l'altération s'arrête assez souvent à la première période. Il est peu probable qu'on ait observé des goitres produits par l'hypertrophie simple du système vasculaire de la glande, rrcpaiaiions. H n'y a aucunc indication spéciale à faire relativement aux préparations du coi'ps thyroïde. Si l'on veut avoir une idée exacte de sa structure normale, il faut prendre de préférence des glandes d'enfant ou de mammifère. Il est nato. bon d'en faire durcir des parcelles dans l'acide chromique. Rate. La rate est un organe dont la structure laisse encore beaucoup de points à élucider; voici du reste ce qu'il est permis d'établir à cet égard d'après les travaux des plus habiles micrographes. L'enveloppe de cette glande vasculaire est semblable à celle du foie, elle adhère inti- , mement, d'une part au pertoine, et d'une autre part au parenchyme glandulaire; au niveau du hile elle se réfléchit sur les vaisseaux et leur fournit une espèce de capsule de Glisson.
rarciiciomc. Lc parcnchymc se compose d'une sorte de corps caverneux dont les trabécules, de nature fibreuse , aboutissent et s'insèrent à la face profonde de l'enveloppe commune , et dont les mailles contiennent une bouillie de couleur lie de vin , que l'on appelle h pulpe splénique. Il faut encore indiquer, comme faisant partie du parenchyme, de petits corps sphériques annexés aux artères et désignés sous le nom de corpuscules de Malpi/jM.
Nous avons dit que l'enveloppe fibreuse de la rate se réfléchit sur les vaisseaux et leur forme une capsule ou gaine en continuité avec les trabécules. L'artère splénique fournit, près du liile , un certain nombre de branches qui , en pénétrant dans la glande, restent indépendantes les unes des autres et constituent chacune, par ses divisions, une sorte de pinceau vasculaire. Sur les artérioles de 1/30 à 1/10 de millimètre reposent de petits corps blanchâtres, arrondis, de 1/4 à 1/2 millimètre, et que nous connaissons déjà : ce sont les corpuscules de Malpighi. Leur structure est identique à celle des follicules de l'intestin. Ils ont une enveloppe très-mince de tissu conjonctif, se confondant avec la goîne des artères, leur contenu se compose des éléments que l'on rencontre dans les ganglions lymphatiques, et ils sont distribués de la même façon. Leydig a représenté le réseau vasculaire qui pénètre dans ce corpuscule et qui rappelle par sa disposition celui des follicules clos; aussi cet observateur n'hésite-t-il pas à considérer le corpuscule de Malpighi comme un petit ganglion lymphatique.
La pulpe splénique, qui est traversée par les plus fins vaisseaux et les trabécules les plus délicates, renferme des éléments de nature diverse. Sa masse principale se compose de globules semblables à ceux des corpuscules de Malpighi ; des débris de globules rouges, du pigment sanguin et des cellules volumineuses (1/40 de millimètre) multinucléaires forment le reste. Parmi ces derniers éléments il en est qui offrent une formation endogène de globules rouges , c'est au moins ce qu'il est permis de conclure d'après le dessin de Otto Funke^ Mais Kôlliker
'Atlas de chimie physiologique: Leipzig.
230 CHAPITRE Yll.
prétend , au contraire , que ces éléments ne sont primitivement que des amas de globules sanguins, autour desquels se dépose une membrane qui les transforme en cellules ; ces noyaux (anciens globules rouges) subiraient plus tard une métamorphose rétrograde, et cet anatomiste donne des dessins à l'appui de son opinion. Est-il permis, après cela, de considérer la rate, avec Otto Funke, comme un foyer de formation de globules rouges, ou bien avecKôlliker , comme un organe destructeur de ces mêmes globules ?
Au milieu des éléments extraits de la rate on rencontre encore des cellules fusiformes et fortement renflées au niveau du noyau. En comparant la forme de ces corps avec les cellules épithéliales des vaisseaux, on doit les considérer comme des éléments de la même espèce (pl. XXVII, fig. IV). Cependant Fûhrer (Gazette hebdomadaire , 1855, p. 314) leur assigne une autre nature et leur fait jouer un rôle physiologique très-important. Pour lui, les cellules fusiformes, renflées en forme d'anévrysme, ne sont autres que des tubes ajustés entre eux bout à bout et communiquant avec les capillaires de la rate, et le noyau, futur globule rouge du sang, une fois complètement formé, se détache de sa petite loge et tombe dans la circulation générale; ces corps seraient donc les organes formateurs des globules rouges. Fûhrer s'est sans doute laissé entraîner par le désir d'établir une analogie entre ces fuseaux et les dilatations artérielles que l'on observe sur les poissons, et il aura méconnu leur nature épithéliale. Veines. Lcs plus pctltcs veiucs naissent des capillaires, restent pendant un certain temps indépendantes et s'accolent plus tard aux artères. Les lymphatiques superficiels et profonds se réunissent au niveau du hile et vont ensuite se
jeter dans le canal thoracique. Les nerfs sont nombreux et s'accolent aux artères; ils paraissent se terminer par des extrémités libres.
Il est une question très-obscure ^ c'est celle de savoir sim.mr. quels sont les rapports de la pulpe splénique avec le système veineux. Est-elle absolument sans relations avec les vaisseaux sanguins, comme le veulent certains observateurs , ou bien les espaces qui la contiennent sont-ils des dilatations veineuses, et, dans ce cas, font-ils partie du torrent circulatoire? Je crois que cette dernière opinion se rapproche le plus de la vérité; voici du reste ce que j'ai pu constater relativement à cette question: dans la rate existent des canaux assez larges (-1/33 de millimètre) dont la paroi ou tunique externe, fibreuse, est composée presque exclusivement de fibres élastiques fines qui, mélangées à quelques fibres conjonctives, forment un réseau serré n'ayant aucune ressemblance avec la tunique externe des vaisseaux. La face interne de ces tubes m'a paru tapissée par une simple lamelle épithéliale de cellules fusiformes dont j'ai parlé plus haut; enfin ils sont remplis de globules sphériques mesurant en moyenne 4/200 de millimètre. Ces canaux s'anastomosent les uns avec les autres, mais ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont leurs connexions avec le système vasculaire sanguin. Dans certains points de leur trajet ils se rétrécissent brusquement et se continuent directement avec de très-petits tubes, dont la structure rappelle celle des petits vaisseaux et des capillaires sanguins. On peut donc conclure de ces faits que la rate est une glande en tube réticulée dont les canaux sécréteurs s'aboucheraient directement avec un certain nombre de capillaires artériels, qui leur apporteraient les matériaux de sécrétion , et d'une autre part avec les
232 CHAPITRE Yll.
veines, qui leur serviraient de canaux excréteurs. 11 est bien entendu que je ne donne cette opinion qu'avec la plus grande réserve, et comnne étant simplement l'expression probable des faits observés.
»éveioppement. Ou n'cst pas d'accord sur le lieu d'origine de la rate. Arnold prétend que primitivement, c'est-à-dire vers la septième ou huitième semaine de la vie intra-utérine, cet organe se confond avec le pancréas. Bischoff dit l'avoir vu naître de la grande courbure de l'estomac sur des embryons de vache; enfin, pour d'autres observateurs, la rate se développe aux dépens d'un blastème d'abord indépendant et qui plus tard se soude à l'estomac. C'est à l'opinion d'Arnold que je me rangerai, car j'ai pu constater, comme lui, la fusion de ces deux organes sur un embryon humain de neuf semaines. On voyait une languette étendue du grand cul-de-sac de l'estomac au duodénum. La partie correspondante au pancréas était blanchâtre, tandis que la partie soudée à l'estomac, un peu plus large, était tout à fait rouge , et par cela même semblait posséder déjà une structure spéciale. Plus tard la languette se divise en deux portions et l'extrémité rouge, qui reste attachée à l'estomac, forme la rate. On ne sait rien de précis relativement aux métamorphoses histologiques que subit l'organe pendant son développement.
Préparations. Lcs préparatlous de la rate sont très-difficiles à exécuter, ou plutôt c'est presque par un pur effet du hasard qu'on réussit à les obtenir. Pour pratiquer des coupes, il faut faire durcir les fragments dans l'alcool concentré et dans l'acide chromique. Ensuite, quand on veut étudier les dispositions du tissu conjonctif qui contient les éléments cellulaires, on fait tomber sur la pièce un léger filet d'eau qui détache et entraîne ceux-ci; alors le réseau conjonctif et les canaux
de toute sorte deviennent plus apparents. Il est facile de fabriquer à cet effet un irrigateur: on prend un petit flacon à large tubulure et on pratique deux trous dans son bouchon de liège. Dans l'un des trous, on enfonce un tube dont une extrémité plonge jusqu'au fond du vase, tandis que l'autre, qui est en dehors, est effilée et recourbée sur elle-même; c'est par ce tube que passe le courant d'eau. Dans l'autre trou on enfonce encore un tube, mais de façon que l'extrémité inférieure ne dépasse pas le bouchon; l'extrémité supérieure recourbée à angle droit sur ellemême est introduite dans la bouche; c'est le tube insufflateur. Au moyen de ce petit appareil on a l'avantage de pouvoir régler à volonté la force du courant d'eau. On met encore à découvert le réseau de tissu conjonctif en détachant les éléments cellulaires au moyen d'un pinceau , mais cet instrument est plus difficile à manier que î'irrigateur et expose davantage à dilacérer les pièces.
Capsule surrénale. La nature et le rôle physiologique capsuie
siinénalc.
de cet organe sont inconnus. Cependant il semble que , par certains éléments qui entrent dans sa composition et qui forment la presque totalité de la partie centrale, il se rapproche davantage du système nerveux que des glandes folliculeuses.
La capsule surrénale possède une enveloppe mince , de smiciuro. nature fibreuse et qui est unie au parenchyme par des trabécules délicates. En faisant une coupe qui divise complètement l'organe, on remarque qu'il se compose de deux substances dont l'une forme l'écorce et l'autre le centre. La première , ou substance corticale, de 4 à 2 millimètres s,>bstanc<d'épaisseur, assez consistante, brunâtre, est un peu plus foncée dans les couches superficielles que dans les couches profondes. Au milieu du tissu fibrillaire qui en forme la
médullail'o.
charpente, existent de nombreuses cavités allongées et remplies de cellules volumineuses (1/50 à 1/40 de millimètre) et qui oflrent la plupart une infiltration graisseuse prononcée.
subsianco La tramc fibrillaire de la substance centrale ou médullaire est plus délicate que celle de l'écorce, et les cellules qu'elle contient ressemblent tout à fait aux cellules multipolaires des centres nerveux. Les nombreux nerfs destinés à la capsule surrénale pénètrent dans cette substance et s'unissent, ainsi que l'a démontré Leydig, aux prolongements des cellules multipolaires. On est donc en droit, d'après ces données, d'admettre que cet organe est un ganglion nerveux, et de considérer la substance corticale comme une simple membrane de protection , car l'infiltration graisseuse considérable de ses éléments globuleux semble indiquer chez elle un arrêt d'activité fonctionnelle.
Les artères et les veines sont nombreuses; leur distribution n'offre rien de particulier à noter. Les lymphatiques sont rares et paraissent appartenir à l'écorce seulement.
Le développement de la capsule surrénale se fait en même temps que celui du rein, mais d'une manière indépendante. Les transformations histologiques qu'elle subit pendant la vie embryonnaire sont peu connues.
L'organe étant très-mou , il faut toujours le faire durcir soit par l'alcool, soit par l'acide chromique, afin de pouvoir pratiquer des coupes.
Vaisseaux
Dévflopppnipnt.
Préparations .
PEAU ET SES ANNEXES
PEAU ET SES ANNEXES
La peau se compose de deux lames distinctes: l'une, superficielle, est de nature exclusivement cellulaire, c'est l'épiderme; l'autre, profonde, a pour substance fondamentale une trame de tissu conjonctif, au milieu de laquelle on rencontre une grande quantité de nerfs et de vaisseaux, ainsi que des glandes et des masses de cellules adipeuses: c'est le derme.
Dans l'épiderme on distingue nettement trois zones : la Épijprme. première, en contact immédiat avec le derme, est constituée par une seule rangée de cellules cylindriques, à noyau foncé, et dont le grand diamètre est dirigé perpendiculairement à la surface qu'elles recouvrent (pl. XXVIII, fig. II, 3). C'est principalement dans cette couche que se fait le dépôt de pigment noir chez le nègre, et dans certaines régions de la peau chez le blanc, par exemple l'aréole de la mamelle et le scrotum (fig. III , 1).
Au-dessus de cette zone de cellules cylindriques il en existe une autre, cinq à six fois plus épaisse et également composées de cellules à noyau (fig. 1,3; fig. II , 2 ; fig. IV, 3). Les plus profondes sont ovales , les moyennes rondes ou polyédriques et les superficielles de nouveau ovales; mais leur direction est inverse à celle des cellules profondes, c'est-à-dire que leur grand diamètre est parallèle à la surface cutanée. Ce sont ces deux zones qui, par leur réunion, forment la couche muqueuse ou le réseau muqueux de Malpighi. Enfin, la troisième zone, la plus externe, ou couche cornée de l'épiderme, très-variable dans
236 CHAPITRE YIII.
son épaisseur, ainsi que la zone précédente, ne renferme que des cellules lamelliformes régulièrement stratifiées (fig. I, 2; fig. II, 1), et qui diffèrent des cellules de la couche muqueuse, non-seulement par leur forme, mais encore par l'absence du noyau et par leur contenu plus ou moins opaque et grossièrement granuleux. Elles résistent aussi, pour ainsi dire, indéfiniment à l'action de l'acide acétique, et longtemps à celle de la potasse caustique, tandis que les cellules de la couche muqueuse de Malpighi sont détruites assez rapidement par ces agents chimiques et surtout par la potasse. L'épiderme, quoique privé de vaisseaux, comme les épithéliums, n'en jouit pas moins d'une orcfanisation réelle et d'une vitalité incontestable.
n,.,mo. Le derme se divise naturellement en deux zones superposées, qui se fondent insensiblement l'une dans l'autre à leur ligne de contact. La zone profonde ou réticulée est constituée par un feutrage très-lâche des fibres conneclives et élastiques, feutrage qui se tasse à la limite interne de la peau pour former le fascia super ficialis. C'est dans cette couche réticulée que l'on trouve les glandes de la peau, les follicules pileux et les cellules adipeuses groupées ordinairement par petites masses (pl. XXVIII, fig. I, 8, 10). C'est aussi là que rampent les vaisseaux et nerfs cutanés avant de présenter leurs divisions ultimes.
Papiiios. La surface de la zone superficielle ou papillaire est hérissée de petites saillies auxquelles on donne le nom de papilles. Celles-ci ne sont pas uniformément réparties et ne présentent pas partout le même volume; c'est à la pulpe des doigts et des orteils qu'elles sont le plus nombreuses et en même temps le plus développées ; quelques*unes même sont surmontées de papilles secondaires. Les papilles, ainsi que les parties dermiques attenantes,
PEAU ET SES ANNEXES. "SS
sont composées d'un tissu fibrillaire très-délicat, parsemé d'une quantité considérable de cellules plasmatiques (fig. II, 5 ; fig. IV, 1) et sillonné par les ramifications terminales des systèmes vasculaires et nerveux. Un liséré amorphe, et ne mesurant que 1/800 de millimètre d'épaisseur, sépare le derme de l'épiderme (fig. II, 4).
Les vaisseaux du derme forment deux masses : l'une vaisseaux, reste dans la zone profonde et fournit des rameaux aux glandes, aux follicules pileux et aux pelotons de graisse adipeuse; l'autre se résout en un réseau serré qui occupe les couches superficielles, et donne en même temps des anses vasculaires qui pénètrent dans l'intérieur d'un grand nombre de papilles (papilles vasculaires).
Les filets nerveux de la zone profonde , très-rares, sont Kei,'s. destinés aux organes situés dans cette région; mais ceux de la couche superficielle, très-nombreux, forment un réseau plexiforme et paraissent se terminer par des extrémités libres, après s'être préalablement divisés. Une trèsgrande quantité de ces filets nerveux pénètrent dans certaines papilles (papilles nerveuses) , et s'y terminent ou par des extrémités libres, ou par des anses (rares), ou bien encore par fusion avec de petits corps olivaires, pour constituer les corpuscules du tact que nous avons décrits plus haut (pl. XXYIII, fig. II, 6). On se rappelle aussi que les corpuscules de Pacini représentent un autre mode de terminaison des nerfs cutanés (pl. XIV, fig. II). Si les papilles ont toutes la même structure au point de vue de leur substance fondamentale conjonctive, elles forment, au contraire, deux groupes bien distincts, eu égard à leurs relations avec les vaisseaux et les nerfs; il y a, comme on l'a vu, des papilles qui renferment des vaisseaux et qui ne contiennent pas de nerfs ) et d'autres qui reçoivent des
nerfs et qui sont totalement privées de vaisseaux; les premières sont les papilles vasculaires , les secondes représentent les papilles nerveuses.
Lym,.h,tu,ues. Les vaisscaux lymphatiques forment un réseau trèsserré à la superficie du derme et communiquent par des rameaux de plus en plus volumineux avec les troncs souscutanés. On ne possède pas de données positives sur leur origine. Prennent-ils leur source dans le réseau des cellules plasmatiques? ou bien, comme le prétend M. Kùss, sont-ils en communication directe avec les couches profondes de l'épiderme? Jusqu'à présent ces questions n'ont pas reçu de réponse élablie sur la démonstration directe des faits.
Nous rappellerons que nous avons déjà étudié la structure des glandes de la peau.
Développement. Suivant BlschofF, la peau se montre comme couche distincte dès le commencement du deuxième mois. Bientôt le derme, qui est encore formé de cellules primordiales, acquiert une plus grande densité et se distingue ainsi de l'épiderme; plus tard, les cellules qui le composent se transforment, les unes en fibres connectives et élastiques, les autres en vaisseaux etc. Enfin, un certain nombre d'entre elles semblent subir un temps d'arrêt dans leurs métamorphoses, et représentent alors ce qu'on a appelé les cellules plasmatiques ou corpuscules du tissu cenjonctif. Sur un embryon humain de quatre mois j'ai pu assister à la formation des cellules adipeuses, et j'ai parfaitement vu qu'elles dérivent des cellules plasmatiques , dont le contenu s'infiltre de graisse en môme temps qu'il augmente de volume. Quant à l'épiderme, il se développe par multiplication et augmentation de volume de ses éléments globuleux. Quoique l'on ne soit pas encore arrivé à la dé-
PEAU ET SES ANNEXES. 239
monstralioii du fait, il est probable que la multiplication des cellules s'opère sur l'embryon, et pendant toute la vie, par formation endogène de noyaux et scission de la cellule primitive.
Pour étudier la structure de la peau, il faut pratiquer i''<:i">rations à l'aide du rasoir des coupes très-minces de cette membrane, soit fraîche, soit desséchée. L'acide acétique rend les préparations plus transparentes; la potasse caustique très-étendue produit le même eftet et de plus dissocie, et à la longue détruit tous les éléments constitutifs, les fibres élastiques exceptées ; l'emploi de ces réactifs sera donc utilisé pour observer certains détails de structure. On trouvera les corpuscules du tact sur des coupes faites à la région palmaire de la troisième phalange et à la région correspondante des orteils.
Art. 2. Ongle. L'ongle n'est qu'une forme particulière ongi». de l'hypertrophie de l'épiderme. La face profonde de celte lame cornée repose immédiatement sur le derme; son bord antérieur est libre, mais ses bords postérieurs et latéraux sont enfoncés dans une gouttière connue sous le nom de rainure îinguéale, et qui est formée par un repli de la peau ou pli sus-unguéal (pl. XXIX, fig. I, II, III).
A la surface du derme unguéal ou matrice de l'ongle. Demie unguéai. lit de T'ongle, on trouve des crêtes privées habituellement de papilles, et qui marchent parallèlement les unes aux autres d'avant en arrière jusque vers le bord postérieur , où elles convergent à un centre commun. La structure du derme unguéal est la même que celle de la couche dermique superficielle des autres régions; seulement il faut observer que le réseau vasculaire est beaucoup moins séri é en arrière que dans le reste de son étendue , et il en résulte une tache blanche, semi-lunaire, recouverte en partie par
^2iO CHAPITRE VIII.
le pli sus-unguéal, c'est la lunule. Le pli sus-unguéal se compose des deux couches constitutives de la peau , mais son derme est privé de papilles (fig. 1 , 5). Épiderino. ]3ans Tonglc on retrouve les trois zones de cellules que nous avons déjà constatées dans l'épiderme. L'inférieure et la moyenne sont exactement semblables à celles de la peau, avec lesquelles elles se continuent sans ligne de démarcation (fig. II, 5,5, 7). Quant à la zone superficielle, la persistance du noyau dans les cellules, une plus grande transparence de leur contenu et une cohésion plus considérable entre elles sont les caractères qui lui appartiennent en propre et qui la différencient d'avec la zone correspondante de l'épiderme.
L'épiderme du pli sus-unguéal adhère intimement à l'ongle (fig. II, 10); cependant, comme les globules n'ont pas la même structure que ceux de l'ongle, il en résulte une ligne de démarcation très-nette entre les deux couches (fig. 11,4).
eioppemcMi ^^s Ic troisièmc mois, l'ongle se dessine par l'apparition d'une rainure qui le circonscrit (rainure unguéale). Le derme et l'épiderme s'hypertrophient tous les deux , et déjà au cinquième mois, la surface dermique est surmontée de saillies lamelliformes parallèles; dès ce moment l'ongle se distingue très-bien, par sa structure, du reste du revêtement épidermique.
■loissemcnt. L'accroisscment de l'ongle se fait aux dépens de la couche muqueuse deMalpighi, dont les cellules superficielles se transforment successivement en cellules cornées. L'accroissement en longueur résulte de la végétation trèsaclive des cellules de la rainure postérieure et de leur accolement à la racine de l'ongle. Pendant que celui-ci est ainsi poussé en avant, sa face inférieure entraîne une
PEAU ET SES A^iNEXES. '241
certaine quantilc de cellules qui recouvrent le derme unguéal ou lit de l'ongle , et il en résulte unt augmentation dans son épaisseur , mais il est à remarquer que l'accroissement en longueur l'emporte de beaucoup sur l'autre.
On fera pour l'ongle les mêmes préparations que pour riq,a.aiio.is. l'étude de la peau : l'emploi de la potasse étendue est nécessaire pour dissocier les cellules de la couche cornée.
Art. 3. Poil. Le poil, comme Tongle, est de nature épitliéliale ; il se présente sous forme d'un filament cylindrique ou aplati, dont les dimensions sont très-variables, et il se compose de deux parties distinctes: l'une, qui surmonte librement la surface cutanée, c'est la tige; l'autre, qui se trouve enfoncée dans une gaine ou follicule que lui fournit la peau , c'est la racine. Celle-ci se termine par un renflement en massue ou bulbe, dont l'extrémité inférieure ofl're une excavation profonde dans laquelle pénètre une papille dermique appelée germe, pulpe, 'papille du imil(\± XXIX, fig. IV, 3, 7).
Le poil est limité à l'extérieur^par une simple couche shucumo. épitliéliale, que l'on désigne sous le nom iVépiderme du poil (fig. YIl, 1) : immédiatement en dedans se trouve une substance à stries longitudinales, formant la masse presque entière du poil et que l'on appelle la substance corticale (fig. YlI, 2); enfin au centre du poil on rencontre ordinairement, mais pas toujours, im canal rempli de cellules particulières qui forment la substance médullaire (fig. YII , 3).
L'épiderme , comme nous venons de le dire , se compose '•-pi'i<'»H'. d'une simple couche de cellules lamelliformes, imbriquées les unes sur les autres, de telle sorte que leur bord supérieurestlibre (p].XXIX,fig. Y). Quand on traite cette couche par l'acide acétique et surtout par la potasse caustique, les
MOKEL. lUsfol. IC
242 CllAPlTllE VllI
cellules se gonflent, deviennent plus transparentes, et on remarque que le contenu est finement granuleux et que le noyau a disparu (fig. VI). L'épiderme n'appartient qu'à la lige, il cesse brusquement au niveau de la racine. Leydig a figuré, comme épidémie de la racine, une couche de cellules cylindriques qui reposent perpendiculairement sur elle, mais son existence est loin d'être constante. Substance La substaucc corticale, dont la couleur varie avec
COlticalc. 111 •! r 1 - l'TI 1
celle du poil, présente des stries. longitudmales et des taches linéaires dirigées dans le même sens (pl. XXIX, fig. VU, 2). Les éléments qui la composent ont une grande cohésion entre eux, mais à l'aide de potasse caustique on peut les dissocier aisément, et constater que ce sont de longs fuseaux homogènes dans leur structure , sans trace de noyau et contenant quelquefois des granulations pigmcntaires. Les taches linéaires foncées nous paraissent simplement des espaces remplis d'air, car on les observe sur les cheveux blancs comme sur les autres (pl. XXX, fig. 1).
Dans la racine, la substance corticale présente une autre physionomie : au niveau du bulbe on trouve des cellules régulièrement polyédriques, dont le contenu est finement granulé et transparent, ou bien très-chargé de pigment et le noyau très-nettement délimité (pl. XXX, fig. Il, 6). Un peu plus haut, les cellules s'allongent, ainsi que les noyaux; enfin , à la limite supérieure de la racine, les contours des cellules pâlissent et disparaissent, tandis que les noyaux s'allongent de plus en plus et restent parfaitement visibles. Pendant que les celles sont résorbées , les noyaux persistent et forment les fuseaux de la substance corticale.
snb.ia.Rc Le canal médullaire n'existe pas toujours, et quand il existe, il ollrc des variétés dans sa lorme et dans sa
PEAU ET SES ANNEXES. 24o
luijgLicLii'. Ainsi quelquelbis il occupe presque toute la longueur du poil; d'autres fois il s'arrête au niveau de la racine; enfin , il arrive assez souvent qu'il présente de distance en distance des élrandements considérables et môme des solutions de continuité (pl. XXIX, fig. IV, 6; pl. XXX, fig. II , 8). Les cellules qui le remplissent constituent la substance médullaire; elles contiennent ordinairement un noyau assez paie et des granulations d'aspect graisseux; d'après Kolliker, elles renferment en outre des bulles d'air.
La gaine ou' follicule du poil rappelle par sa structure celle de la peau : en effet on y trouve deux zones de tissu conjonctif, semblables à celles du derme, et deux autres zones cellulaires semblables aussi à celles de l'épiderme. C'est ce qui fait croire, avec une certaine apparence de raison, quoique le développement du poil prouve le contraire, que le follicule pileux est une poche produite par le refoulement de la peau. Yoici du reste quelle est sa structure.
En procédant de dehors en dedans, on voit : 1° une première zone formée de tissu conjonctif assez lâche et qui se continue avec la couche profonde du derme (pl. XXX, lig. II, 1) ; une autre zone très-distincte de la précédente, et dont la structure est identique à celle de la couche superficielle du derme, avec laquelle elle est en continuité; elle est limitée en dedans par un liséré mince et amorphe comme celui du derme (fig. II, 5,3; fig. III, 5); 3° sur ce liséré amorphe, la gaine épidermique externe, composée de cellules dont la forme et le mode de stratification rappellent la couche muqueuse de Malpighi, avec laquelle du reste elle se confond (fig. II, 4; fig. ÎII, 4); 4° la couche épidermique interne qui, avec ses cellules
<244 ciiArnuE vin.
lamelliformes et privées de noyau, est en tout semblable à la couche cornée de l'épiderme; elle se termine en s'effilant à peu près au tiers supérieur du follicule, où débouche ordinairement le canal excréteur des glandes sébacées annexées aux poils (pl. XXIX , fig. IV , 10; pl. XXX, fig. II, 5; fig. III, 3). Au follicule pileux est annexé un très-petit faisce'au de fibres musculaires lisses, qui s'insère à la partie inférieure de cette gaîne et du côté correspondant à l'inclinaison du poil; de là il monte obliquement vers la surface du derme, où il prend son autre insertion: c'est un muscle redresseur du poil.
Papille. La papille qui est logée dans la cavité du bulbe appartient au derme et offre une structure plus délicate que les autres papilles de la peau. Elle est riche en vaisseaux , qui décrivent plusieurs anses dans son intérieur, mais on ignore encore ses rapports avec le système nerveux (pl. XXX, fig. 11,7).
Développement. Lc poil alusi quc Ics deux couches épidermiques du follicule dérivent d'un bourgeon de la couche muqueuse de Malpighi, qui s'enfonce dans la profondeur du derme, tandis que les deux tuniques externes dépendent des cellules formatrices du derme. Le poil se forme tout d'une pièce au centre du bourgeon et apparaît sous forme d'un cône, dont le sommet, très-effilé, est dirigé en haut; puis les cellules subissent diverses métamorphoses qui déterminent la forme et la nature des divers éléments constitutifs de cet organe et des deux tuniques épilhéliales du follicule. J'ai pu constater que la régénération du poil se fait d'après le même mécanisme et aux dépens d'un bourgeon provenant de l'iiyperplasie des cellules du bulbe resté dans le follicule.
Préparations, Les préparations du poil n'offrent aucune difficulté. On
obtient le follicule avec le bulbe pileux et les glandes sébacées, en disséquant le follicule dans l'épaisseur du scrotum, oi!i le derme est transparent et dépourvu de graisse. - Quand on veut obtenir de très-belles coupes transversales du poil et de sa gaine, on fait dessécher une paupière, ensuite on taille des lamelles perpendiculairement à la direction des cils, et on les plonge dans de l'eau très-légèrement acidulée. Pour dissocier les éléments du poil, on le traite par la potasse caustique, qui le ramollit; alors il n'y a plus qu'à dilacérer les parties.
GHAPITRE IX.
En se fondant sur les caractères généraux de structure des muqueuses , il est impossible de donner une définition qui établisse une ligne de démarcation bien nette entre ces membranes , les séreuses et les synoviales. Quoique les muquesses aient beaucoup d'analogie avec la peau, elles s'en distinguent cependant par leur revêtement épi- Ihélial qui ne présente jamais la couche cornée de l'épiderme. L'épithélium des membranes séreuses et synoviales est humide comme celui des membranes muqueuses; dans la séreuse il forme une simple coudie de cellules, dans les synoviales il est stratifié; or le revêtement épitliélinl des muqueuses olfre cette double variété de structure. Peut-être trouverait-on un caractère difierentiel en s'appuyant sur l'absence des glandes dans les synoviales et les séreuses? pas davantage; car il existe des membranes muqueuses absolument privées de glandes. La seule difif)l'ence réelle entre ces membranes se rattache A leurs re-
lalions avec rexléricur: les muqucusns aboutissent plus ou . moins directement à la surface du corps, tandis que les séreuses el les synoviales constituent des cavités closes de toute part, et encore, sous ce rapport, trouvons-nous une exception dans la séreuse abdominale de la femme.
sirnciiuo La muqucusc du canal alimentaire est en continuité avec la peau et olfre la môme structure dans ses parties fondamentales; ainsi, elle se compose de deux feuillets dont l'un correspond et ressemble à la zone dermique supérieure, c'est le feuillet muqueux proprement dit; l'autre fait suite à l'épiderme, c'est le feuillet épithélial. Cependant la forme et l'agencement variables de son épithélium , la distribution particulière et variable aussi des vaisseaux qui la sillonnent, la nature et la forme de ses glandes, en font une membrane spéciale qui mérite une description détaillée.
Il suffit d'obserVer un peu attentivement cette muqueuse pour voir que sa physionomie n'est pas la môme partout. . Il y a sous ce rapport des différences notables en tel et tel segment du tube digestif: aussi, en nous appuyant sur ce fait, et dans le but de faciliter l'étude de la membrane qui nous occupe, nous examinerons sa structure successivement: dans la bouche, le pharynx, l'œsophage , l'estomac, l'intestin gixde et dans le gros intestin.
Murinonsr. j^Q fcuillct muQuCux dcs lèvres, des ioues , du palais et des gencives ressemble tout à fait à la couche dermique superficielle de la peau. C'est une lamelle munie de papilles au moins aussi nombreuses et de môme forme que celles du derme, et dont la slructure , peut-être un peu plus délicate, offre les mômes éléments. On remarque aussi une analogie frappante dans la distribution vasculaire et nerveuse , mais jusqu'à présent on n'a rencontré
(îes corpuscules du tact que clans les papilles des lèvres. Au niveau du palais et des gencives, le feuillet muqueux adhère très-for tennent au périoste, avec lequel, du reste, il se confond; mais aux joues et aux lèvres il est doublé par une lame fibreuse très-làche qui le rattache faiblement à la couche musculaire sous-jacente.
Le feuillet épithélial présente la même physionomie Kpithéimm. que lepiderme: les deux zones profondes, correspondant au corps muqueux de Malpighi, sont absolument identiques, et dans la forme de leurs éléments, et dans leur ordre de superposition. La couche superficielle est également composée de cellules lamelliformes, mais différant (le celle de lepiderme par la persistance de leur noyau.
Les glandes de cette porlion de la muqueuse digestive GUm\o,. appartiennent toutes à la catégorie des glandes en grappe; elles occupent la lame sous-muqueuse; quelquefois même, comme aux joues, elles plongent dans la couche musculaire; la partie antérieure du palais et des gencives en sont dépourvues.
La muqueuse qui revêt la face inférieure de la langue Mnqueus,.
liiigiinio,
est semblable à celle des lèvres, mais celle de la face dorsale de cet organe en diffère, et par l'aspect extérieur, et par certains détails de structure.
La partie qui correspond à la base de la langue est à peu près lisse, cependant elle offre-, de distance en dislance, de petites saillies lenticulaires, percées d'un trou à leur centre et formées par le relief des follicules clos sous-jacents. Le reste de la surface de cette membrane est hérissé de papilles très-saillantes que l'on peut diviser, d'après leur forme, en trois espèces, à savoir: les papilles caliciformes , les papilles fongiformes et les papilles filiformes ou coniques.
caiii'iiornif s.
foii},'ifi)i mes,
liliformos.
Papilles Les papilles de la première espèce siègent immédiatement au devant de la base de la langue et constituent ce qu'on appelle le V lingual. Elles ont la forme d'un cône dont le sommet adhère à la muqueuse, tandis que la base tournée en haut est libre; de plus, elles sont circonscrites par un anneau muqueux, qui forme une sorte de capsule, dans laquelle elles sont presque complètement cachées (pl.XXX,fig. IV).
rai.,ii.s Les papilles fongiformes sont plus petites que les précédentes et ont la même forme; mais elles surmontent librement la surface de la muqueuse. Leur distribution est assez égale sur toute l'étendue de la face dorsale de la langue; cependant on en trouve une plus grande quantité vers les bords et la pointe de cet organe. raiHii.s Les papilles filiformes, dont le nom indique fort bien la configuration, quoique disséminées partout, sont cependant plus nombreuses sur la ligne moyenne de la langue que sur ses bords, où elles dégénèrent en petits plis lamelliformes. Leur direction est oblique de bas en haut et d'avant en arrière (pl. XXX, i\g. V).
stnaïuio Chaque papille, quelle que soit sa forme, se compose de deux parties : l'une profonde ou muqueuse, l'autre superficielle ou épithéliale. Dans les trois espèces de papilles, le feuillet muqueux est surmonté de papilles secondaires , qui se présentent sous forme d'appendices plus ou moins longs et grêles (pl. XXX, fig. IV, 1 ; fig. V, 2).
Quant au feuillet épithéliâl, il se moule exactement sur la muqueuse sous-jacenle, et offre une surface libre qui varie d'aspect, selon qu'elle correspond aux papilles caliciformes et fongiformes*, ou bien aux papilles filiformes; dans le premier cas elle est tout à fait lisse (fig. IV, 3); mais dans le second cas elle présente des filaments plus
Ji's )iapill
OU moins longs et déliés, qui reproduisent assez exactement la forme des papilles secondaires du feuillet muqueux qu'ils surmontent (fig. V, 3, 4). C'est ce revêtement épilliélial des papilles filiformes qui, chez certains animaux , se métamorphose en produit corné et devient ainsi un organe de préhension ; chez le brochet il offre la môme structure que les dents de cet animal. Il est presque inutile de dire que l'épithélium de la langue est identique à celui des joues quant à la forme et à l'agencement de ses éléments.
Les papilles filiformes diffèrent des deux autres espèces, non-seulement par la forme extérieure de leur revêtement, épithélial, mais encore par leurs rapports avec le système nerveux; ainsi les filets nerveux qu'elles reçoivent sont très-rares, et encore ils ne pénètrent pas dans les papilles secondaires. Les papilles caliciformes et fongiformes sont, au contraire, relativement très-riches en fibres nerveuses, et l'on peut suivre celles-ci jusque dans les papilles secondaires, où elles paraissent se terminer par des extrémités libres ; on a même constaté des corpuscules du tact dans les papilles fongiformes de la pointe de la langue, et, d'après Krause, ils seraient logés dans les prolongements secondaires du feuillet muqueux.
La distribution des vaisseaux ressemble à celle des autres papilles des parois buccales.
Les glandes de la muqueuse linguale sont de deux i^iamios. espèces: les glandes en grappe, les follicules clos. Les premières, à vrai dire, n'appartiennent pas à celte membrane; car elles sont plongées dans les couches musculaires superficielles. Elles sont très-nombreuses ù la base de la langue, où elles forment une couche continue qui, sur les côtés, s'étend jusqu'aux piliers du voile palatin , et
250 CIIAPITUE IX.
on avant empiùLc un peu sur la région papillaire. Celles qui sont situées à la partie postérieure des bords latéraux, et à la face inférieure de la pointe de la langue, sont également cachées dans les faisceaux charnus superficiels, et n'ont de rapport avec la muqueuse que par leurs canaux excréteurs, qui la traversent et viennent s'ouvrir soit dans le fond des sillons marginaux, soit sur le côté du frein.
Follicules ilos. Les glandes folliculeuses ou follicules clos de la base de la langue correspondent aux saillies lenticulaires de cette région. Au centre de chaque saillie existe un orifice, trèsvisible à l'œil nu, qui conduit dans une excavation borgne et renflée à la façon d'un flacon; ses parois sont en continuité avec la muqueuse linguale et offrent absolument la même structure. Le réseau vasculaire qui entoure l'orifice est plus serré que dans les parties voisines (pl. XXX, fig. VI). Une lame dense et épaisse de tissu conjonctif double les parois de cette excavation, et renferme une vingtaine de petits corps sphériques du volume des follicules clos de l'intestin, et dont la structure, est absolument la même; en un mot, ce sont de petits ganglions lymphatiques. Ces organes n'ofi'rent pas de traces do canaux excréteurs en communication avec l'extérieur; ce qui a induit en erreur à cet égard, c'est la présence d'un pertuis à la surface de la muqueuse sous-jacente ; mais nous savons déjà que cet orifice conduit simplement dans une cavité borgne.
Amyp:.h,i.s. Les amygdales sont constituées par une agglomération de follicules clos identiques aux précédents; ce sont donc des glandes folliculeuses composées; elles représentent en quelque sorte les plaques de Peyer de la bouche. Les excavations qui siègent sur leur face libre et bombée sont de simples culs-de-sac; quelquefois elles sont remplies
(le grumeaux blanchâtres et infects, composés de débris d'épithélium en voie de métamorphose graisseuse.
Les lymphatiques de la bouche sont très-nombreux, Lymphaiiques surtout ceux qui appartiennent a la muqueuse linguale. Ils paraissent naître immédiatement sous la couche épithéhale et vont se jeter dans les ganglions du cou.
La muqueuse du pharynx possède des papilles plus pe- m„.|.ip«so tites et moms nombreuses que celles de la bouche, bon épithélium stratifié ressemble à celui de la cavité buccale; cependant il faut observer qu'à la partie, supérieure, ou voûte pharyngienne, il est muni de cils vibratils. Les couches profondes de cette membrane renferment des follicules clos et des glandes muqueuses en grappe; les premiers n'existent qu'à la voûte du pharynx , tandis que les glandes muqueuses se trouvent partout; cependant elles sont plus nombreuses à la région pharyngienne supérieure. Les vaisseaux sanguins sont nombreux et offrent une distribution analogue à celle des vaisseaux de la muqueuse buccale. Les lymphatiques se rendent aux ganglions cervicaux profonds. Les nerfs, très-abondants, paraissent se terminer par des extrémités libres.
La muqueuse de l'œsophage possède une grande quan- ^^"v^^^" titéde papilles coniques, et offre, du reste, la même structure que la muqueuse du pharynx. Elle est privée de follicules clos , et ses glandes muqueuses sont en petit nombre. Les vaisseaux sanguins, bien moins abondants que ceux du pharynx, ne présentent rien de particulier dans leur distribution. Les lymphatiques aboutissent aux ganglions cervicaux profonds inférieurs et à ceux du médiastin postérieur. Les nerfs sont nombreux; mais leur mode de terminaison est encore indéterminé (pl. XXXI, fig. I).
La muqueuse pharyngo-œsophagicnne est enveloppée,
comme on le snit, par une tunique musculeuse, représentée, pour le pharynx, par les muscles constricteurs, et pourrœsophage,par deux lames dontrinterne est formée de fibres circulaires, et Texterne, de fibres longitudinales. La tunique musculeuse du pharynx se compose exclusivement de fibres striées; celle de l'œsophage est de même nature à sa partie supérieure; mais vers son extrémité inférieure, et déjà à cinq ccntimèti'es au-dessus du cardia, les fibres striées font place aux fibres lisses. Mnquonso La muqucuso de l'estomac est plus molle et plus épaisse e j,.sto.m.c. ^^Ug l'œsophage; d'un rose pâle pendant le jeOne,
elle devient rouge pendant la digestion. Dans l'état de relâchement, elle offre un grand nombre de plis qui s'effacent pendant la distension de l'organe. Sa surface est lisse dans toute son étendue, excepté au cardia, où l'on trouve des papilles analogues à celles de l'œsophage (Berres), et au pylore, où existent des villosilés lamelliformes (Krause).
Son épithélium est composé d'une simple couche de cellules cylindriques semblables à celles de l'intestin. La couleur rosée, qu'il emprunte aux couches sous-jacentes, tranche nettement sur la couleur blanchâtre de l'épithé- Hum de l'œsophage; aussi voit-on parfaitement bien les dentelures de la ligne qui unit ces deux lames cellulaires. Glandes. Lq surfacc de la muqueuse est criblée de trous de 1/60 à 1/35 de millimètre, qui conduisent dans les glandes de l'estomac (pl. XXXI, fig. II, 1). Celles-ci appartiennent toutes à la classe des glandes en tube; mais les unes sont simples et les autres composées. Les premières (glandes à suc gastrique) occupent presque toute l'étendue de la muqueuse et offrent la même forme et la même structure que la glande de Lieberkiilin. Quant aux glandes composées, les unes occupent la région cardiaque et la grosse tubé-
rosité de l'eslomac (glandes à pepsine) ; les autres , la région pylorique (glandes muqueuses); nous en avons donné la description au commencement de l'article traitant des glandes en tube (pl. XXXI, fig. III et IV).
La muqueuse stomacale possède de nombreux vaisseaux, v,.i.sM aux qui fournissent d'abord aux glandes, puis gagnent la couche superficielle, où ils forment un réseau très-régulier, dont les plus grandes mailles circonscrivent les orifices glandulaires. Le réseau lymphatique de la muqueuse communique avec les petits ganglions situés le long des deux courbures de l'estomac. On ignore encore le mode de distribution et la terminaison de nombreux filets nerveux fournis par le grand sympathique et le pncumo-gastrique.
La muqueuse de l'intestin grêle, qui , dans sa structure mu,|„cusc. fondamentale ressemble à celle de l'estomac, en diffère cependant par l'aspect de la surface et par la nature de certaines glandee qu'elle possède. A la face interne de l'intestin grêle on remarque deux espèces de saillies: les valvules conniventeset les villosités. Les premières sont de longs plis semi-lunaires, résultant de l'endossement de la muqueuse à elle-même; elles sont dirigées perpendiculairement à l'axe du canal, et occupent la moitié ou les deux tiers de sa circonférence ; elles se terminent en s'effilant et se rattachent les unes aux autres par de petits plis obliques. Très-nombreuses dans la région duodénale, elles sont imbriquées comme des tuiles et de telle sorte que leur bord libre est dirigé en bas. Au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de l'iléon, elles deviennent plus rares et plus étroites, enfin elles ne sont plus qu'à l'état de vestige dans la partie inférieure de l'intestin grêle.
Les villosités sont de petites saillies analogues aux pa- viiiosiic,. pilles de la langue, mais plus grêles. Lorsqu'on veut avoir
254 cii vriTRE IX.
une idée exacte de leur l'orme et de leur distribution, il faut placer un fragment de muqueuse sous l'eau et l'examiner, soit avec la loupe, soit avec le microscope, mais à un faible grossissement. On constate alors que ces villosités occupent toute la surface de la muqueuse et qu'elles sont plus nombreuses dans le duodénum et le jéjunum que dans l'ilcum; on voit aussi qu'elles revêtent deux formes principales : la forme lamellaire et la forme conique. Les villosités lamelliformes siègent principalement sur la muqueuse des régions supérieures de l'intestin grêle; elles sont simples ou bien composées , et dans ce dernier cas elles reproduisent en miniature l'image des valvules conniventes (pl. XXXI, fig. V, 2, 3). Les villosités coniques se trouvent partout, mais elles sont en plus grand nombre dans l'iléum (fig. VI, 1). Quelquefois, au lieu de se terminer en pointe, elles offrent un léger renflement à leur sommet (pl. XXXI, fig. XI); leur hauteur en moyenne est de i/2 à 1 millimètre et leur largeur de 1/8 à 1/2 millimètre.
Quelle que soit la forme de la villosité , sa structure est la même, et en l'examinant de la superficie à la profondeur, on voit: d'abord une simple couche épi théliale qui , sur une villosité intacte et fraîche, offre l'aspect d'une mosaïque à la surface de laquelle est appliquée une lamelle non interrompue de substance amorphe (pl. XXXI, fig. VII, 1 , 2; fig. VIII, 1). En brisant cette couche, on aperçoit la forme des éléments qui la composent; ce sont des cellules coniques dont le sommet repose sur la muqueuse, tandis que la base, tournée du côté de Taxe du canal digestif, est libre ou plutôt est recouverte par la couche amorphe dont je viens déparier, et 5 laquelle elle adhère intimement (fig. VIII , 2). Il n'y a que les cellules fraîches qui soient revêtues de ce bourrelet amorphe; elles en sont to-
lalemeiit dépourvues vingt-quatre heures après la mort. Leur contenu est finement granulé et leur noyau ovale se trouve habituellement plus rapproché du sommet que de la base; la longueur moyenne des cellules est de 4/20 de millimètre, leur largeur 1/116 de milhmètre, et leur noyau mesure 1/150 de milhmètre. La couche épithéliale qui revêt la muqueuse située entre les papilles , a la même physionomie et est composée des mêmes éléments que celleci. En vain j'ai cherché des traces de canalicules dans le bourrelet amorphe des cellules épithéliales; il m'a été également impossible de voir sa division en bâtonnets, analogues aux cils vibratiles; le sommet ne m'a pas paru percé d'un orifice en communication avec le réseau des cellules, plasmaliques sous-jacentes. Mais pourquoi invoquer l'existence plus que problématique de ces orifices ou canaux, pour expliquer le mécanisme de l'absorption? A-t-on jamais vu des trous dans les parois des cellules adipeuses? et cependent personne ne met en doute le passage de la graisse à travers ces membranes.
Immédiatement au-dessous de la tunique épithéliale se trouve la villosilé muqueuse qui est limitée par un liséré anhiste semblable à celui que nous avons déjà remarqué à la superficie du derme.
Sous cette lamelle anhiste on voit le réseau vasculaire sanguin , à mailles assez serrées et dont l'ensemble forme une sorte de calotte qui coîïîe le corps de la villosité (pl. XXXI , fig. IX) ; ses rapports paraissent plus largement établis avec le système veineux qu'avec le système artériel, car il est plus facile de l'injecter par la veine-porte que par les branches correspondantes de l'aorte abdominale. Au centre de la villosité existe un canal volumineux (1/80 à 1/66 de millimètre), qui se termine par une extré-
mite borgne, ordinairement un peu renflée; c'est le vaisseau cliylifére (fig. X). J'ai toujours vu le canal trèsnettement limité et sans communications avec le réseau des cellules plasmatiques. La position du vaisseau cliylilere dans la partie la plus profonde de la villosité, comparée à la position superficielle du réseau sanguin , dont les rameaux sont si nombreux, doit faire comprendre combien peu est actif le rôle de ce canal dans l'absorption.
Le reste de la villosité est constitué par une substance très-vaguement fibrillaire, pour ne pas dire amorphe, dans laquelle on rencontre un certain nombre de cellules plasmatiques. Il se trouve aussi quelquefois, autour du chylifôre, des fibres musculaires lisses dont la direction est parallèle à l'axe de la villosité. On ignore les rapports du système nerveux avec ces organes.
L'appareil glandulaire de l'intestin grêle se compose de glandes en grappes, de glandes en tubes et de follicules clos.
r.ian.i,. Les glandes en grappe ou de Brunner sont situées dans les couches profondes delà muqueuse ou plutôt de la couche sous-muqueuse. Ce sont de petits grains blanchâtres qui mesurent en moyenne i millimètre, et dont la structure ressemble tout à fait à celle des glandes salivaires. Son épithélium, composé de cellules polyédriques, forme une simple couche, et le produit de sécrétion est un liquide alcalin , dans lequel on ne découvre aucun élément organisé. Ces glandes n'occupent que le duodénum (pl. XXXI, fig. XII). f;i,„des Les glandes en tube ou de Lieberkûhn , juxtaposées à L<eiKrkui„.. manière de canons de fusil, forment un appareil sécréteur qui occupe toute l'étendue de l'intestin grêle. En examinant un fragment de muqueuse à un faible grossisse-
ment, on voit à sa surface un nombre considérable d'ouvertures qui ne sont autres que les orifices de ces glandes (pl. XXXI , fig.'V, 4; fig. YI , 2). Quant à la structure, nous l'avons déjà étudiée.
Les follicules clos sont de petits corps sphériques qui siègent dans les couches profondes de la muqueuse, et dont le volume varie de 1 à 2 millimètres; ils sont limités en dehors par une enveloppe fibroïde parsemée de cellules plasmatiques. Leur contenu, grisâtre et assez consistant, se compose d'une grande quantité de globules arrondis de 1/100 à 1/60 de millimètre, ressemblant tout à fait aux globules lymphatiques.De nombreux vaisseauxs'appliquent d'abord sur l'enveloppe, puis pénètrent dans le follicule en convergeant au centre, où ils décrivent des anses. Quant à l'agencement des différentes parties constitutives de ces organes, il rappelle la structure des alvéoles des ganglions lymphatiques : aussi on les considère généralement comme de très-petits ganglions.
Dans l'intestin grêle, les follicules clos sont isolés ou agglomérés. A l'état d'isolement, ils sont disséminés dans toute l'étendue de la muqueuse du jéjunum et de l'iléum; ce n'est qu'exceptionnellement qu'on en rencontre dans le duodénum; à l'état d'agglomération, ils constituent la partie essentielle des plaques de Peyer. Celles-ci, très-variables dans leur nombre, occupent habituellement l'iléum et la moitié inférieure du jéjunum, quelquefois, mais très-rarement, on en rencontre aussi plus haut et même dans le duodénum. On sait qu'elles ont une forme ovalairc dont le grand diamètre est parallèle à Taxe du canal digestif et qu'elles sont situées à l'opposé de l'insertion du mésentère. Leur surface est hérissée de villosités et criblée de pertuis correspondant aux glandes de Lieberkùhn ,
MOREL. Hislol. 1'
comme sur le reste de la muqueuse intestinale; mais elles offrent en outre d'assez larges dépressions (i millimètre) , au fond desquelles on aperçoit une saillie produite par un follicule clos. Ce sont ces dépressions borgnes situées audessus des follicules, qui ont fait supposer à tort que ces orcanes sont munis d'un canal excréteur. Les follicules isolés, au lieu d'ôlre cachés au-dessous d'une dépression , font au contraire saillie, et la muqueuse qu'ils soulèvent présente la même physionomie que partout ailleurs (pl.XXXr, lig. XI, 1).
Mu,|„eu.se La muqucusc du gros intestin est lisse, privée de
''" villosilés, et sous ce rapport ressemble à la muqueuse
stomacale. Son appareil glandulaire se compose de glandes de Lieberkûhn et de follicules clos isolés, identiques à ceux de l'intestin grêle; seulement il faut observer que les follicules clos du gros intestin sont surmontés d'une dépression analogue à celle que l'on rencontre sur les plaques de Peyer (pl. XXXII, fig. III, 2). Son appareil vasculaire offre le même aspect et la même distribution que celui de l'eslomac. On ne sait rien de précis à l'égard des nerfs.
La muqueuse intestinale de l'abdomen adhère à la tunique musculeuse du tube digestif par une lamelle de tissu conjonctif assez lâche (couche sous-muqueuse, tunique fibreuse, nerveuse de l'intestin), dans lesquelles on trouve les glandes de Brunner, les follicules clos, le réseau vasculaire sous-muqueux, et le réseau nerveux, qui présente sur son trajet un grand nombre de cellules nerveuses.
Dùvcio,,p,mo,u. développement des glandes intestinales se fait par bourgeonnement du feuillet épithélial , et sous ce rapport offre la plus grande analogie avec le développement des glandes de la peau.
Le mode de régénération de l'épithélium intestinal est
inconnu jusqu'à présent, cependant il est probable qu'il s'opère par végétation endogène et par scission des cellules ; la présence de deux noyaux, dans bon nombre de ces éléments, doit faire présumer que les choses se passent ainsi.
Les préparations à faire pour l'étude de la muqueuse Préparauo«s. buccale et pharyngo-œsophagienne sont les mêmes que pour la peau.
Quand on veut se rendre compte de la quantité relative et de la distribution des glandes en tubes de l'intestin abdominal, on détache avec le scapel un fragment de la muqueuse, large de deux centimètres à peu près, et on le fixe avec des épingles sur une plaque de liège percée d'un trou de un centimètre de diamètre. Ceci fait, on place la préparation sous le microscope, de façon que la surface libre de la membrane soit dirigée du côté de l'observateur, et on l'examine avec un {grossissement de 50 à 100. La môme préparation pratiquée sur l'intestin grêle, fera voir le nombre et la forme des villosités. Au lieu de recouvrir la pièce avec la petite plaque de verre qui affaisserait les villosités, on jette sur elle quelques gouttelettes d'eau afin de submerger ces petils appendices filiformes, qui alors se redressent et flottent librement dans les liquides.
Les glandes de Brunner sont cachées dans la couche sous -muqueuse du duodénum; il faut, pour les découvrir, détacher la tunique muqueuse; on remarque alors, sur sa face profonde, comme un semis de très-petits grains blanchâtres représentant chacun une ou deux glandes qu'on détache avec des ciseaux courbes, et qu'on place ensuite entre les deux plaques de verre.
C'est avec un grossissement de 300 à 400, qu'ils faut étudier les détails de structure de la muqueuse abdomi-
260 CIIAriTRE X.
iialc. Des ciseaux courbes suffisent pour pratiquer toutes les coupes nécessaires , soit perpendiculairement soit parallèlement à la surface de la membrane en question. Il arrive assez souvent qu'en raclant légèrement la surface de l'intestin surtout du colon, avec le scalpel , on extrait en entier la tunique épithéliale des glandes de Liebcrkùlin, qui conserve parfaitement la forme tubuleuse et que l'on peut étudier dans tous ses détails.
Les injections des vaisseaux sanguins n'oiïrent aucune diniculté.
Aux. 1^''. Œil. L'appareil de la vision se compose de l'organe de la vue proprement dit ou globe oculaire, des organes de protection ou paupières et des appareils moteur et lacrymal. Comme ces derniers ne présentent pas un grand intérêt au point de vue histologique , nous les passerons sous silence.
Paupières. Les différentes lames ou tuniques qui entrent dans la composition des paupières sont, en procédant de la superficie à la profondeur : la peau, le muscle orbiculaire, la tunique fibreuse et enfin la muqueuse ou membrane conjonctive.
La peau est très-délicate et offre d'ailleurs la même structure que dans les autres régions. C'est dans sa zone dermique profonde que l'on trouve, en se rapprochant du bord libre des paupières, les follicules des cils entourés de leurs glandes sébacées; les cellules adipeuses y sont extrêmement rares (pl. XXX, fig. III).
Le muscle orbiculaire des paupières appartient à la classe des muscles striés : ses faisceaux sont peu serrés et
chaque fibre musculaire paraît avoir une gaine propre de tissu conjonctif (pl. X, fig. II).
La tnniqne fibreuse, très-mince vers le bord adhérent des paupières , s'épaissit en se rapprochant du bord libre, où elle forme les cartilages tarses. Ceux-ci sont composés de tissu conjonctif très-dense et parsemé de cellules plaslïialiques. Mais on cherche en vain dans cette trame fibreuse des cellules cartilagineuses, ou du moins, on en rencontre si rarement, qu'on ne peut pas les considérer comme faisant normalement partie de ces organes. Il faut donc renoncer à regarder ces lames comme des fibrocartilages, car ils n'en ont que l'apparence sans en posséder la structure. Dans leurs couches profondes il y a vingt à trente canaux parallèles les uns aux autres qui logent les glandes de Meibomius (pl. XX , fig. II).
La membrane muqueuse ou conjonctive est composée d'un feutrage assez dense de tissu connectif; sa face libre' est surmontée de nombreuses papilles analogues à celles de la peau et dans lesquelles Krause a découvert des corpuscules du tact; son épithélium stratifié ressemble à celui de la muqueuse buccale et renferme six à huit couches de cellules (pl. XXXII, fig. V, 5). Cette membrane, après avoir tapissé les paupières, forme un cul-de-sac pour se réfléchir sur le globe oculaire et se souder à lui; en la suivant jusqu'au pourtour de la cornée, on remarque que son feuillet profond s'amincit et cesse brusquement en prenant insertion au liséré amorphe de la face antérieure de la cornée, tandis que son feuillet épithélial continue son trajet et revêt toute la face antérieure de cette même membrane (pl. XXXII, fig. V, 4, 5). La conjonctive contient quelques petites glandes en grappe; ses vaisseaux n'offrent rien de particulier dans leur distribution.
Glohc oculaire. Le globe de l'œil se compose de trois coques ou membranes superposées, qui circonscrivent un espace dans lequel sont logés les milieux. Les enveloppes ou coques sont, en procédant du dehors en dedans : la sclérotique et la cornée, la choroïde et l'iris, la rétine; les milieux sont, en allant d'arrière en avant : le corps hyaloïde ou humeur vitrée, le cristallin, l'humeur aqueuse.
La sclérotique est une membrane très-dense, plus épaisse à sa partie antérieure et postérieure qu'à son centre, et composée d'une trame serrée de fibres conjonctives et élastiques. En avant cette membrane adhère assez intimement au feuillet profond de la conjonctive, qui s'en distingue par la rareté de ses fibres et une plus grande quantité de cellules plasmaliques (pl. XXXIl, fig. IV, 5). Au niveau de l'entrée du nerf optique elle s'amincit brusquement et offre un grand nombre de pertuis qui livrent passage aux filets nerveux. Sa face profonde n'est solidement unie à la choroïde qu'à sa limite antérieure, où elle donne insertion au muscle ciliaire (pl. XXXIII, fig. III, 1). C'est aussi à la limite antérieure et dans les couches profondes de la sclérotique que se trouve le canal de Schlemm (fig. III, 2, pl. XXXII, fig. IV, 4).
La cornée présente une structure très-compli'quée, et se compose de plusieurs couches très-distinctes qui sont placées dans l'ordre suivant: la couche antérieure ou la plus superficielle est formée, comme nous le savons déjà, par un revêtement épithélial stratifié qui se continue sans ligne de démarcation avec le feuillet épithélial de la conjonctive (pl. XXXII , fig. V , 5). Derrière cette lamelle s'en trouve une autre qui, sur la coupe, se présente sous forme d'un liséré amorphe de 1/130 à 1/100 de millimètre d'épaisseur, et dont les extrémités donnent insertion au feuillet fibreux
(le In conjonolivo (fig. V, 3, 4). Ln troisième couche, qui forme à elle seule presque toute l'épaisseur de la cornée, se compose d'une substance fondamentale amorphe dans laquelle on remarque une grande quantité de cellules plasmatiques (pl. XXXII , fig. IV, 2 ; fig. YI , 1 , '1). Celles-ci sont placées d'une manière assez régulière sur des lignes concentriques et parallèles aux deux faces de la cornée (fig. VI, 2, pl. XXXIII, fig. 1 , 2). Lorsqu'on traite les préparations par l'acide acétique très-étendu , on voit parfaitement la forme étoilée de ces éléments et les nombreuses anastomoses entre leurs prolongements, disposition qui rappelle la structure de la substance osseuse. Mais lorsque l'acide est trop concentré, les prolongements palissent et le corps des cellules reste seul visible.
La quatrième couche est constituée par une lamelle amorphe de même épaisseur que la première; ses extrémités se rattachent par un tissu fibreux au bord antérieur de la sclérotique et au muscle ciliaire (pl. XXXII, fig. VI, 3). Sur la face postérieure de cette lamelle repose une simple couche de cellules épithéliales pavimenteuses , qui se réfléchit sur la face antérieure de l'iris et s'arrête à la pupille; c'est à ce revêtement épithélial qu'on a donné le nom de membrane de Demours , membrane de Descemet (fig. VI, 5).
Il n'y a pas de ligne de démarcation tranchée, comme l'inspection à l'œil nu pourrait le faire supposer, entre la cornée et la sclérotique; ces deux membranes se fondent i'nsensiblement l'une dans l'autre (pl. XXXII, fig. IV, 3). Les fibres de la sclérotique deviennent plus rares en se rapprochant de la cornée, et l'on voit très-bien qu'elles se continuent avec les prolongements des cellules plasmatiques (fig. V, 1,2).
La sclérotique possède peu de vaisseaux et presque pas de nerfs. La cornée ne renferme pas de vaisseaux; son réseau de cellules plasmatiques suffit à la circulation du liquide nutritif. Les nerfs sont fort nombreux et forment un réseau très-riche, qui siège principalement dans ses couches superficielles (KôUiker) ; selon certains observateurs, ils se termineraient par des extrémités libres.
La deuxième tunique du globe oculaire est représentée en arrière par la clioroïde et en avant par l'iris. La choroïde double exactement la face interne de la sclérotique, et se continue en avant sans ligne de démarcation avec l'iris (pl. XXXII, fig. IV, 42, 10). La face externe de cette membrane adhère très-légèrement à la sclérotique par les vaisseaux et nerfs ciliaires et par quelques rares faisceaux fibrillaires très-déliés; la teinte brunâtre qu'elle offre est due à une couche de cellules irrégulièrement rameuses et remplies de granulations pigmentaires (fig. YII, i). Sa face interne est également revêtue d'une couche de cellules pigmentaires; mais celles-ci sont bien plus nombreuses que les précédentes, très-régulièrement polyédriques et contiennent une plus grande quantité de pigment; ce qui les dislingue encore des cellules de la face externe, c'est qu'elles forment une couche continue et non pas un réseau (fig. VIII). Entre ces deux couches pigmentaires se trouve le corps de la choroïde.
A son extrémité antérieure, la choroïde s'épaissit et présente deux anneaux concentriques; le renflement annulaire externe est blanc grisâtre et unit solidement cette membrane à la sclérotique ; le renflement annulaire interne, qui est plus saillant, est formé de petites lamelles triangulaires (procès ciliaires) placées les unes à côté des autres, et embrasse dans sa concavité le pourtour du cristallin,
rapport important à constater. Le premier cercle a reçu divers noms : anneau , cercle, ligament, ganglion , muscle ciliaire; le second est appelé corps ciliaire. La structure MiueUc,i,air de ces parties est essentiellement musculaire; c'est là que l'on rencontre le muscle ciliaire, qui joue un rôle si imimportant dans l'acte de l'accommodation. La masse principale ou le corps du muscle renferme dans ses couches superficielles des fibres dirigées parallèlement à l'axe antéro-postérieur de l'œil; en avant, ce muscle s'amincit (i/26 de millimètre) et vient s'insérer d'abord 5 la paroi inférieure du canal de Schlemm; puis un peu plus loin, à l'extrémité postérieure d'un faisceau fibreux, qui se continue avec le liséré amorphe postérieur de la cornée et adhère en même temps au grand cercle de l'iris (pl. XXXIII, fig. III, 3). Les couches profondes du muscle ciliaire, celles qui correspondent aux procès ciliaires , se composent de faisceaux musculaires entrecroisés, et forment ainsi un anneau contractile qui embrasse le pourtour du cristallin (fig. III, 4, 5 , 6). En arrière, le muscle se prolonge par des faisceaux longitudinaux jusqu'à la partie moyenne de la choroïde, et en avant il envoie également des faisceaux qui pénètrent dans l'iris et convergent vers la pupille. Le muscle ciliaire se compose donc de trois faisceaux distincts : un faisceau circulaire en rapport avec le pourtour du cristallin, un faisceau longitudinal postérieur qui pénètre dans la choroïde, et un faisceau antérieur destiné à l'iris. Lorsque le premier faisceau se contracte, il comprime le pourtour du cristallin; or, comme cet organe est très-élastique, pendant que son diamètre transversal diminue, son diamètre anléro-poslérieur augmente, et il en résulte que les deux faces de la lentille deviennent de plus en plus convexes. Ce faisceau agit donc dans la
vision à coiirlo distance. Pendant la contraction -du faisceau postérienr, la choroïde et le milieu de l'œil sont entraînés en avant; mais comme la cornée fait obstacle à ce mouvement, le cristallin se trouve comprimé selon son axe anléro-poslérieur, et ses deux faces sont sensiblement aplaties; donc ce faisceau est l'antagoniste du précédent et agit dans la vision à longue distance. Le faisceau antérieur, en se contractant, dilate la pupille. Les fibres musculaires sont lisses et leur contraction s'exécute avec lenteur.
Les vaisseaux ciliaires qui traversent le muscle ciliaire s'unissent intimement à lui, et il en résulte la formation d'un appareil érectile (Rouget). Dans la moité postérieure de la choroïde on ne trouve que des vaisseaux unis les uns aux autres par un tissu connectif très-délié et renfermant quelques cellules plasmatiques, qui dans les yeux noirs contiennent des granulations pigmentaires. Je crois, avec M. le professeur Kiiss, que les vaisseaux de la choroïde sont principalement destinés à former un appareil de caléfaction pour le globe de l'œil.
Sur les deux faces de l'iris on rencontre une simple couche épithéliale. Nous connaissons déjà celle qui revêt la face antérieure; quant au revêtement épithélial de la face postérieure (uvée), il est formé de cellules pigmentaires polyédriques semblables à celles de la face profonde de la choroïde. Outre les vaisseaux que l'iris contient, on trouve encore dans cette membrane un anneau musculaire qui circonscrit la pupille et s'unit par sa circonférence externe aux faisceaux rayonnés du muscle ciliaire. Ce muscle, qui se compose de fibres lisses, comme le muscle ciliaire, est constricteur de la pupille. Enfin, ces différentes parties sont unies par une trame de tissu conjonctif, dont
les cellules plnsmaliques contiennent une quantité variable de pigment.
Les nerfs de la choroïde et de Tiris, appelés nerfs ci- np.ms liaires, sont très-nombreux; ils viennent du ganglion ophthalmique et paraissent destinés principalement à l'appareil musculaire de ses membranes.
La rétine qui forme la troisième tunique du globe ocu- r./tme laire a exactement la même étendue que la choroïde, en dedans de laquelle elle est située.. A l'entrée du nerf optique,- elle est plus épaisse que dans les autres parties, et présente une petite saillie circidaire que l'on a appelée papille de la rétine; à l'extrémité postérieure de l'axe antéro-poslérieur de l'œil , par conséquent en dehors de la papille, elle offre une dépression allongée et légèrement jaunâtre, connue sous le nom de tache jaune de Sœmmering; son bord antérieur s'amincit et ne s'arrête qu'à la grande circonférence de l'iris; mais ses éléments nerveux ne dépassent pas Yora scrrata ou corps ciliaire de la rétine. A l'état frais, cette membrane est incolore et tout à fait transparente; après la mort elle prend une teinte laiteuse et devient opaque.
D'après les recherches de H. Mi^iller, voici quelle est la structure de la membrane : les couches superficielles ou externes se composent de petits bâtonnets serrés les uns çontre les autres, de manière à former une lamelle non interrompue appelée membrane de Jacob. Leur direction est perpendiculaire à la surface de la rétine , et leur forme, ainsi que le nom l'indique, est cylindrique; mais on rencontre aussi des bâtonnets dont l'extrémité interne s'élargit, et qui constituent de véritables cônes. Ceux-ci sont bien moins nombreux que les bâtonnets proprement dits, et ils sont assez uniformément répartis; cependant, au
niveau du centre de la tache jaune, ils forment à eux seuls la partie correspondante de la membrane de Jacob. L'extrémité inférieure des bâtonnets s'effile et s'unit à une fibre (fibre de Mùller) qui traverse toute l'épaisseur de la rétine. Sur le trajet de celte fibre on trouve trois renflements : le premier est situé à son extrémité externe immédiatement au-dessous des bâtonnets; le second à sa partie moyenne, et le troisième à son extrémité interne. Le premier correspond à la couche granuleuse externe; le second à la couche granuleuse interne, et le troisième, mélangé aux fibres du nerf optique, fait partie de la couche fibreuse (pl. XXXIII, fig. IV). Les renflements externes et moyens sont de nature cellulaire; l'interne est formé par une masse liomogène déprimée à son extrémité interne et reposant sur une lamelle amorphe très-mince (1/1000 de millimôtre),.qui constitue la membrane limitante de la rétine.
Au-dessous de la couche granuleuse interne existe une autre lame composée de cellules nerveuses multipolaires, mélangées avec une certaine quantité de fibres nerveuses appartenant au nerf optique. Par un de leurs prolongements filiformes , les cellules nerveuses se continuent avec le nerf optique, et par les autres elles s'anastomosent entre elles. Ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que la tache jaune , qui est la partie essentielle de la rétine, ofïre une structure relativement très-peu compliquée; en effet, elle se compose seulement de la couche des cônes, de la couche des cellules nerveuses et de la membrane limitante.
En résumant ce que nous venons de dire sur l'agencement des divers éléments qui composent la réline, nous voyons que celte membrane offre une série de couches superposées parfaitement distinctes et qui sont, en procédant do dehors en dedans: 1° la couche des bâtonnets;
2«la couche granuleuse externe, correspondant au renflement externe de la fibre de Mùller; 3*^ la couche granuleuse interne correspondant au renllement moyen de la même fibre; 4° la couche nerveuse grise fournie par les cellules nerveuses; 5° la couche fibreuse fournie par les fibres du nerf optique; 6» énfm la membrane limitante.
Des recherches nouvelles touchant la structure de la rétine tendent à établir que les faisceaux de fibres radiées sous-jacents aux cellules et aux fibres nerveuses ne sont que des faisceaux de tissu conjonctif, qui traversent toute l'épaisseur de la membrane, mais qui se raréfient et disparaissent en arrivant dans les couches superficielles. S'il y a encore beaucoup de points obscurs dans cette question, il est cependant un fait essentiel et parfaitement acquis: c'est l'union des fibres du nerf optique avec des cellules nerveuses, ce qui permet de considérer la rétine comme un petit centre nerveux.
L'artère centrale de la rétine traverse la papille du nerf optique et se distribue dans les couches profondes de cette membrane; elle forme une couronne autour de la tache jaune et se termine par un réseau circulaire autour de Vora serrata. h3i\eine a la même distribution que l'artère.
Milieux de l'œil. Corps hyaloïde. Le corps hyaloïde ou Coi [is hvaluiili; vitré est placé sous la rétine et n'adhère à cette membrane qu'à partir de Yora serrata jusqu'à son bord antérieur; en avant il est creusé en capsule pour recevoir le cristallin. Sa membrane d'enveloppe est transparente, anhiste et trèsmince, surtout en arrière; mais en avant elle s'épaissit et se dédouble pour s'insérer sur les deux faces du cristallin, et former, avec le pourtour de cet organe, le canal godroné de Petit. Le contenu, qui adhère à la face interne de l'enveloppe, offre chez l'embryon une structure analogue
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à celle de la gélaLiiie deWurLhou, c'est-à-difc qu'il se compose d'une substance amorphe , au milieu de laquelle on rencontre des noyaux ovales et des cellules étoiiées. Mais chez l'adulte, les éléments cellulaires disparaissent, et il ne reste plus qu'une masse amorphe et gélatiniforme.
Le corps hyaloïde ne contient ni nerfs ni vaisseaux. Pendant la vie embryonnaire, son axe antéro-postérieur est creusé en canal pour livrer passage à une petite branche, de l'artère centrale de la rétine, destinée au cristallin pendant son développement et peut-être aussi à la membrane pupillaire : c'est l'artère capsulaire. Mais après la naissance, ce vaisseau s'atrophie, se résorbe peu à peu et le canal du corps vitré s'oblitère complètement.
Le cristallin se compose d'une enveloppe et d'un contenu. L'enveloppe ou capsule du cristallin est une membrane parfaitement anhiste et transparente, c'est-à-dire qu'elle ressemble à une lame de verre très-pur. Elle jouit d'une grande élasticité et se déchire facilement; son épaisseur est en moyenne de 1/80 de millimètre dans sa moitié antérieure, et de 1/200 de millimètre dans sa moitié postérieure. Elle résiste parfaitement à l'action de l'eau bouillante, de la potasse et des acides, propriétés qui la rattachent au tissu élastique. Sa face externe adhère au corps hyaloïde en arrière; mais elle est tout à fait libre en avant; sa face interne est tapissée par une couche de cellules polyédriques, dont les contours sont très-nettement dessinés. Au-dessous de cette lamelle assez solidement fixée à la capsule on rencontre deux ou trois couches de cellules qui se distinguent des précédentes par leur forme sphérique et par leur volume plus considérable (1/60 de millimètre). Leur enveloppe est extrêmement mince et pâle; le contenu, très-pâle aussi, est presque hquide; le noyau lui-môme
ORGANES DES SENS. ^7i
paraît plus délicatement constitué que dans les autres cellules. Peu de temps après la mort, ces éléments subissent une fonte complète, et il en résultera formation dune couche de liquide placée immédiatement au-dessous de la capsule et qui a reçu le nom de liquide de Morgagni.
Au;dessous de l'épithélium capsulaire et des globules sphériques se trouve le cristallin proprement dit, qui se compose d'une partie centrale ou noyau, et d'une partie périphérique ou corticale. Le noyau central forme une petite masse étoilée, dans laquelle on ne rencontre que des granulations très-fines. La substance corticale se compose de lamelles concentriques, et chaque lamelle, de prismes hexagonaux juxtaposés et aplatis d'avant en arrière. Ces bandelettes prismatiques sont d'autant plus étroites et plus nombreuses qu'elles sont situées plus profondément, et elles adhèrent plus intimement entre elles par leurs bords que par leurs faces; ce qui explique, d'un côté, l'accroissement de la densité du cristallin de la superficie au centre et, d'un autre côté, sa décomposition plus facile en lamelles qu'en fibres. Elles possèdent une enveloppe très-mince et amorphe et un contenu demiliquide, également amorphe et de nature albumineuse; d'habitude une des extrémités est renflée et contient un noyau qui indique l'origine épithéliale du cristallin. Leurs bords sont armés de dents qui, par leur engrenage, ajoutent à la solidité de leur union.
Chaque prisme prend naissance sur un rayon du noyau central, marche jusqu'au bord du cristallin , qu'il contourne, et se jette sur sa face opposée, où il se termine; il ne mesure pas la môme longueur sur les deux faces , c'est-à-dire que s'il prend naissance au pôle d'une face, il se termine avant d'arriver au pôle de l'autre face.
Le crisloUin ne possède pas de vaisseaux ni de nerfs; son enveloppe n'en contient pas non plus, du moins chez l'adulte. Nous avons déjà dit que pendant la vie embryonnaire une branche de l'artère centrale de la rétine traverse le corps vitré, fournit des rameaux qui embrassent la capsule et vont ensuite se perdre dans la membrane pupillaire, où ils s'anastomosent avec les artères ciliaires.
lumcur aqueuse. L'humcur aqucusc ne prête à aucune considération histologique puisque c'est un liquide incolore, transparent et qu'il ne contient aucun élément morphologique, à moins que ce ne soit quelque cellule détachée des faces correspondantes de la cornée et de l'iris.
Lévdopi,cii,.nt. Le développement histologique de l'œil suit la loi commune; toutes les parties qui la composent dérivent des cellules embryonnaires, qui subissent des métamorphoses déterminées pour former tel ou tel tissu. Chaque prisme du cristallin paraît résulter de l'allongement d'une seule cellule et non de la fusion d'un plus ou moins grand nombre de ces éléments.
Aiiciaticub Altérations. Le revêtement épithélial de la cornée s'hypertrophie assez souvent et quelquefois la végétation cellulaire est tellement active qu'elle donne lieu à des tumeurs qui simulent le cancer. Dans un cas de ce genre, la cornée était criblée de petites taches blanches et opaques, qui étaient dues à la présence de sels calcaires déposés dans l'intérieur des cellules épithéhales.
Cercle séniie. Chcz Ics viclllards on voit fréquemment à la limite de la cornée un anneau blanchâtre plus ou moins large qui s'appelle le cercle séniie ; en pratiquant une coupe de la membrane à ce niveau, on aperçoit une infiltration graisseuse de cellules plasmatiques et de leurs prolongements canaliculôs. La couleur laiteuse du cercle séniie tient
OKUA.NES DES SElNS. '27o
évidemment à celle décrénérescence des éléments cellulaires de la cornée (pl. XXXIII, fig. H, 2). J'ai examiné quelquefois la structure des taies de cette membrane et j'ai remarqué que ces taches étaient dues à la même cause que le cercle sénile.
C'est dans l'épaisseur de la cornée que l'on peut parl'aitement étudier la formation du pus, par l'hyperplasie des cellules plasmatiques, et le mécanisme de l'ulcération , par la fonte des éléments cellulaires et de la substance fondamentale amorphe.
L'iris et la choroïde ayant une structure assez compliquée, peuvent présenter les altérations les plus variées. Mais, parmi ces produits pathologiques, l'ossification de la choroïde est sans contredit la plus remarquable. Mon ami M. Th. Lœnnec, de Nantes, m'en a communiqué un cas et j'ai pu constater une fois de plus, que dans la choroïde comme dans le périoste, la cellule osseuse dérive de la cellule plasmatique.
Les produits pathologiques organisés que l'on rencontre quelquefois dans la rétine, prennent sans doute naissance dans les couches profondes de cette membrane, car c'est là où le tissu conjonctif est le plus abondant.
Le cristallin ne subit guère que des métamorphoses régressives , quoiqu'il entre dans sa structure des éléments cellulaires. L'altération la plus fréquente est l'opacité de cet organe ou aulremcnt dit la cataracte. Quel que soit le siège de la cataracte, elle est toujours due à l'infiltration graisseuse des parties sous-jacenles à la capsule. Quand l'altération siège dans les couches profondes de l'organe, la tache est jaunâtre et assez bien circonscrite; quand, au contraire, elle envahit les couches superficielles, la tache est d'un blanc laileux et ses contours sont frangés et mal
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définis ; dans lo premier cas, la cataracte est dure, dans 1(3 second elle est molle. La cataracte noire provient également de l'infdtration graisseuse du cristallin; mais dans ce cas, à la graisse viennent s'ajouter des granulations de pigment. On a beaucoup discuté sur l'existence réelle ou problématique de la cataracte capsulaire. Dans les quelques cas que j'ai observés , j'ai toujours vu la capsule intacte, et l'infiltration graisseuse siégeant dans les couches cellulaires sous-jacentes. Lorsque le globe oculaire est envahi par des tumeurs cancéreuses, le cristallin esLune des parties qui résistent le plus longtemps à la destruction; il ne paraît pas donner naissance aux éléments cancéreux, il se ramollit et subit ensuite une sorte de liquéfaction.
Les préparations pour l'étude des paupières n'offrent aucune difficulté, je dirai seulement qu'il faut dessécher cette membrane pour obtenir de belles coupes d'ensemble. C'est surtout dans les paupières qu'on peut parfaitement étudier la structure des follicules pileux.
C'est également en faisant sécher la sclérotique, la cornée, la choroïde et l'iris qu'on peut pratiquer des coupes très- favorables pour l'étude de ces membranes, mais je répéterai encore qu'avant de les recouvrir avec la petite plaque, il faut les plonger pendant quelques minutes dans l'eau légèrement acidulée, afin qu'elles reprennent leurs dimensions primitives. Pour obtenir des coupes bien réussies du muscle ciliaire, il est nécessaire de ne pas détacher la choroïde de la première coque de l'œil ; du reste, c'est le seul moyen de se faire une idée exacte du mode d'attache de ce muscle au canal de Schlemm.
Quant à la rétine , il faut la faire durcir dans l'acide chromique, puis pratiquer des coupes avec le rasoir, après avoir appliqué la membrane sur une plaque de verre. On
pourrait ici employer le couteau de Valentin, mais le rasoir peut encore parfaitement le remplacer. Il ne faut pas oublier de prendre toujours des rétines fraîches, parce que leurs éléments se décomposent et se désagrègent trèspeu de temps après la mort.
Il n'y a pas d'indications spéciales pour l'étude pratique du corps hyalin. Quand on veut bien voir l'épithélium de la capsule cristalline ainsi que les cellules sphériques sous-jacentes qui fournissent le liquide de Morgagni, il faut avoir des cristallins très-frais. Il faut également en faire durcir par l'acide chromique afin de pratiquer des coupes, et étudier la structure des prismes et leur agencement, d'où résulte la formationdeslamellesconcentriquesdela lentille.
Il n'y a aucune indication spéciale à donner relativementaux préparations des produits pathologiques du globe oculaire.
Art. 2. Oreille. Le squelette de l'oreille externe est osseux "'•6'"'^ f'^'w"'dans les parties profondes du conduit auditif, et fibro-cartilagineux dans toutes les autres parties. La peau qui le revêt renferme des glandes de nature diverse et inégalement réparties. Au niveau de la conque on rencontre un grand nombre de glandes sébacées ; encore ces organes se retrouvent dans le conduitauditifextcrne, mais ils sont mélangés à des glandes cérumineuses; enfin on voit des glandes sudoripares à peu près partout, mais principalement sur la face interne du pavillon.
La distribution des vaisseaux et des nerfs n'ofl're rien de particulier à noter.
La muqueuse de l'oreille moyenne est fort mince; ce '"«y"""'' n'est qu'au niveau de la trompe d'Eustache qu'elle acquiert une certaine épaisseur. Des parois osseuses elle se réfléchit sur la membrane du tympan à laquelle elle se soude,
sur les muscles cl sur les osselets auxquels elle sert de périoste. Son revêtement épiLliélial est partout vibratile, à l'exception de la lace interne de la membrane du tympan, où il est simplement pavimenleux (Kôlliker).
La membrane du tympan est constituée par une lame fibreuse, à fliisceaux rayonnés et circulaires, et son pourtour est enchâssé dans sa rainure temporale, à la façon d\m verre de montre dans son cadre. Nous connaissons déjà les rapports de sa face interne avec la muqueuse tympanique; quant à sa face externe, elle est revêtue par l'épiderme du conduit auditif externe.
Les vaisseaux de l'oreille moyenne sont nombreux et forment un réseau très-riche dans l'épaisseur de la muqueuse et de la membrane du tympan. Les vaisseaux lymphatiques accompagnent sans doute les artères et les veines.
Les nerfs sont également nombreux et viennent de la cinquième, septième et neuvième paire; on ignore leur mode de terminaison; Kôlliker signale sur le trajet du nerf tympanique des amas de cellules ganglionnaires.
Les canaux demi-circulaires, le vestibule et le limaçon osseux sont revêtus par une lamelle de tissu conjonctif, sur laquelle s'étale une simple couche de cellules pavimenteuses. '
Les canaux demi-circulaires et le vestibule membraneux se moulent exactement sur les parties correspondantes du squelette. Ils se composent de trois tuniques: l'externe est formée par un tissu conjonctif très-délicat, à peine fibrillaire, et dans lequel on rencontre un assez grand nombre de noyaux ovales; un feuillet très-mince et amorphe repose sur la face interne de cette membrane et représente la tunique moyenne; une simple lame épithéliale tapisse le feuillet amorphe et constitue la tunique interne.
Les laclies blanches que l'on observe sur le saccule et l'utricule, sont formées de granulations calcaires ou ololithes, qui revêtent quelquefois des formes cristallines. A l'extérieur et à l'intérieur de ces canaux et renflements membraneux existe un liquide dont la nature chimique n'est pas encore bien déterminée (périlymphc , endolymphe).
Les nerfs qui aboutissent aux ampoules des canaux demi-circulaires, au saccule et à l'utricule, paraissent se terminer par des extrémités libres après s'être divisés un assez grand nombre de fois; jusqu'à présent on n'a pas pu les poursuivre au delà de ces renflements.
Les vaisseaux forment un réseau serré qui siège principalement dans la tunique fibreuse des canaux demi-circulaires et des deux renflements vestibulaires.
La structure du limaçon est extrêmement compliquée, et comme rien de bien précis n'a été établi à cet égard, je n'entrerai pas dans des détails descriptifs que ne comporte pas l'esprit de cet ouvrage. Je dirai seulement que les travaux de Corti , de Kôlliker et d'autres anatomisles tendent à établir que les fibres nerveuses du limaçon se terminent par des extrémités libres dans l'épaisseur de la portion membraneuse de la lame spirale. Ces auteurs ont constaté en outre, dans la continuité- de ces fibres, des renflements globuleux analogues à ceux des fibres nerveuses de la rétine.
Le réseau des vaisseaux cochiéens est aussi riche que celui du vestibule et des canaux demi-circulaires.
Art. 3. Membrane olfactive. La muqueuse nasale est „ épaisse, molle, tomenteuse et rosée, surtout dans ses deux " tiers inférieurs. Sa trame est constituée par un feutrage de fibres connectives et élastiques, mais ces dernières sont relativement rares; elle renferme aussi dos cellules plas-
rnatiques en abondance; les couches profondes adhèrent intimement au périoste ou au périchondre. Dans toute l'épaisseur de ce feuillet fibreux on rencontre une quantité considérable de glandes en grappe, qui souvent forment une couche continue assez étendue (pl. XXXIII, fig. V, 3). La face libre est tapissée par un épithélium stratifié épais, dont les cellules superficielles, coniques, supportent des cils vibratiles (pl. XXXIII, fig. VI). Les vaisseaux sont extrêmement nombreux et forment un reseau très-serré et très-épais. Les filets nerveux qui viennent du trijumeau se distribuent dans toute l'étendue de la muqueuse et n'offrent rien de particulier à noter; mais ceux que fournit le nerf olfactif n'occupent que la muqueuse qui recouvre l'os ethmoïde; ils paraissent se terminer par des extrémités libres. Cependant, pour quelques observateurs, ils aboutiraient à des renflements cellulaires semblables à ceux de la rétine.
Il se développe assez souvent dans l'épaisseur de la muqueuse nasale des polypes, qui croissent avec une trèsgrande rapidité et se reproduisent sur place avec une certaine ténacité. Ces tumeurs sont constituées principalement par une hypertrophie de la tunique épilhéliale et des couches les plus superficielles du feuillet fibreux de la muqueuse; quelquefois elles renferment une grande quantité de vaisseaux.
Quand on veut obtenir de belles coupes de la muqueuse olfactive, il faut absolument la faire durcir par l'acide chromique, et la laisser fixée sur le squelette des fosses nasales.