‹ Traité élémentaire du blasonChapitre 23 sur 40 · DES TIMBRES · texte numérisé non relu

DES TIMBRES

On entend par timbre tout ce qui se met au-dessus de l'écu, pour distinguer les degrés de noblesse ou de dignité, soit séculière, soit ecclésiastique : comme la tiare papale, le chapeau des cardinaux et des évèques. les crois, les mitres, les couronnes, les bonnets, et les casques ou heaumes.

Le casque, une des pièces essentielles de l'armure du chevalier, a dû nécessairement entrer dans les armoiries, quoiqu'on trouve de ces dernières qui se composent simplement d'un ècu sans timbre.

On a distingué les timbres ouverts et les timbres fermés;

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mais cette distinclioii était ineonnue un .\royen Age : on ne connaissait que les derniers pour les armoiries tant nobles que bourgeoises, et tels que le chevalier portait son casque au tournois. Parmi les armoiries modernes, il en est dont le timbre est composé dautant de casques qu'il y a de (igures différentes dans Técu, c'est surtout en Angleterre et en Allemagne qu'on rencontre cette profusion. Alors le casque du milieu est vu de face, les autres sont vus de trois quarts ou de protil, et de manière que leurs visières soient tournées plus ou moins vers le casque du milieu. Lorsque Técu est penché, le casque est tourné du côté droit de Técu. Cette position de l'écu est la plus ancienne (1).

Les casques ou heaumes employés comme timbres de l'écu, indiquent la qualité, le rang, la noblesse des personnages, suivant leur métal, leur position, leur nombre de grilles, etc.

Les empereurs et les rois portent le casque d'or ouvert ; seuls, ils ont ce droit ; s'ils le ferment, ilsdoivent y placer onze grilles.

Les princes portent le casque demi-ouvert.

Les princes et ducs non souverains, les grands dignitaires, ont le casque d'argent à neuf grilles ; les marquis à sept grilles ; les comtes et les vicomtes à sept grilles

(1) Comme nous l'avons déjà dit, on appelle, dans le blason, c3lé droit de l'écu, celui qui, en réalité, se présente à jçauche à celui qui voit l'écu en face. Le chevalier étant placé derrière son bouclier, et va de face, le côté qui paraît à sa gauche est sa dextre Aussi les pièces honorables, placées à droite de l'écu, sont les plus distinguées.

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également ; les barons et gentilshommes d'ancienne race le portent en argent bruni avec cinq grilles. Les autres gentilshommes doivent porter le heaume en acier poli avec trois grilles.

Le nouvel anobli a le casque en fer, fermé, morne.

Le bâtard porte le même casque que le précédent tourné à droite, contourné.

Les cimiers sont les ornements supérieurs des casques. Ils reproduisent souvent les figures de l'écu, et sont des mêmes émaux qu'elles. F^es plus anciens cimiers représentaient des trompes ou des ailes. Plus tard, les figures des cimiers se multiplièrent comme celles des écus. Exemples :

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Les lambrequins sont des morceaux d'étoffe qui descendent soit du dessus, soit du dedans du casque, et accompagnant l'éou pour lui servir d'ornement ; ils doivent être des mêmes émaux que le champ de l'êcu et des pièces (du moins de la pièce principale) qui s'y trouvent.

Nous entrons dans quelques détails sur les lambrequins, pour démontrer, par des faits historiques, que ces derniers ont donné naissance aux ornements végétaux qu'on voit dans les entourages de beaucoup d'armoiries, et dont aujourd'hui on parait avoir oublié l'origine.

Le lambrequin n'était primitivement autre chose qu'un coupon d'étoffe de forme carrée. Cette forme était dominante jusqu'au commencement du xiv siècle, si ce n est qu'on arrondissait parfois les coins et le bord inférieur du laiiibrequin. Plus tard, on commenta par en denteler le bord inférieur, puis on en garnit tout le contour de dentelures semblables, jusqu'à ce qu'enfin ces dentelures prissent la forme de feuilles.

A partir du xv*" siècle, toute la surface du lambrequin

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ne présente plus qu'un seul réseau de feuilles nettement découpées. Cette forme, qui subsiste depuis, était employée non seulement à la décoration des armoiries, mais encore au costume de tournois, comme on le reconnaît dans beaucoup de dessins du Moyen Age.

Fi-. 405

Les rouronues dans les armoiries sont de diverses espèces, suivant le rang de celui qui les porte. On distingue la couronne papale, les couronnes impériales et royales. Celles de la noblesse varient aussi suivant les degrés d'illustrations : il y a la couronne ducale; les couronnes de marquis, de comte, de vicomte, de vidame, de baron. D'ailleurs la présence des couronnes dans les armoiries de la noblesse est aue à un abus qui s'est introduit vers la fin du .Moyen Age ; et l'usage insignifiant qui consiste à mettre une première couronne immédiatement au-dessus de l'écu, puis une seconde au-dessus du casque, est une invention toute moderne.

Les ornements propres aux couronnes d'armoiries se composent principalement de feuilles gothiques. Dans

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l'origine, les cintres des couronnes impériales et ro3'aIes étaient garnis de feuilles semblables, de nos jours on leur a substitué des perles. Les cintres qui se réunissent dans la partie supérieure de la couronne, portent des figures de lions, d'aigles, de croix, etc.

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