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CHAPITRE I

difficulté de modifier la direction de l’éclairage sans faire mouvoir l’instrument tout entier; ce défaut est particulièrement sensible dans les modèles Vérick et Prazmôwski; il provient des deux plans inclinés qui empêchent' l’arrivée de la lumière latérale. Dans le modèle Nachet, même inconvénient, mais moindre, par suite de la plus petite surface des ailes latérales de la platine.

Sous ce rapport, le microscope de Cuff était préférable, et la platine réduite à un simple anneau dans le microscope Raspail laisse arriver la lumière de tous côtés et permet de projeter les rayons lumineux dans tous les sens.

Un second défaut, et celui-là paraîtra singulier au premier abord, est celui qui empêche l’observateur de trouver facilement à placer l’œil contre la lentille grossissante. L’impossibilité de donner un éclairage convenable, autrement qu’en prenant la lumière par la face antérieure de l’instrument, oblige forcément à avoir devant soi la colonne, les boutons molettés et le bord postérieur de la platine, toutes parties plus ou moins saillantes et qui viennent obstinément buter contre la figure de l’observateur. Ce défaut, qui peut paraître puéril en quelque sorte, est, en réalité, celui qui fait mettre de côté le microscope simple, et dans tous les laboratoires que nous avons fréquentés, il n’est pas un travailleur qui ne soit arrivé à convenir avec nous que c’était bien là un des grands ennuis de cet instrument.

Cependant le microscope simple rend les plus grands services dans les dissections : il ne renverse pas les images, aussi ce serait un très grand tort que de l’abandonner.

Dans le modèle que nous allons décrire, nous nous sommes efforcé de corriger ces divers défauts, et si nous ne nous faisons illusion, nous sommes arrivé à les éliminer d’une manière à peu près complète.

Nous avons été singulièrement aidé dans tous nos essais par M. Molteni, à qui nous avons confié la construction de cet instrument; aussi est-ce sous le nom de cet habile opticien que nous allons le décrire.

MICROSCOPES SIMPLES. 25

Microscope simple de Molteni ( fig . 19). — Notre premier soin a été de rendre possible l’éclairage de tous côtés ; nous avons donc été obligé, tout d’abord, de supprimer les ailettes ou les plans

Fig. 10.

inclinés. Il fallait cependant donner un point d’appui aux mains pour les dissections; pour atteindre ce résultat, nous avons abaissé la platine le plus possible, de telle sorte que la main peut prendre un point d’appui sur la table même où se place le microscope; le bras posé à plat sur cette table et la main fortement relevée permettent aux doigts d’atteindre facilement la platine et de manœuvrer les aiguilles ou les scalpels nécessaires aux dissections.

En cela nous avons simplement imité une des dispositions adoptées dans le microscope composé de M. de Lacaze-Duthiers. Mais en abaissant ainsi la platine, il ne restait plus assez de place pour le miroir ; nous avons donc été conduit à évider le pied dans sa partie centrale et à donner ainsi la forme d’un anneau à la base de l’appareil. Cet anneau rempli de plomb donne en outre une grande stabilité à l’instrument tout entier.

La platine est à peu de chose près celle du microscope Raspail; seulement au lieu d’être mobile, elle fait corps avec la colonne verticale; elle se compose d’un anneau en cuivre noirci portant à sa partie intérieure une feuillure dans laquelle peuvent se placer à tour de rôle des plaques de cuivre percées à leur centre d’ouvertures plus ou moins grandes, des plaques de verre planes ou des verres démontré; enfin deux valets peuvent se fixer dans des trous pratiqués à la base de la platine et permettent ainsi de fixer l’objet à examiner.

Le porte-loupe est muni de deux mouvements de haut en bas et d’arrière en avant, celui-ci étant donné par une coulisse à arrêt fixe.

Il est facile de voir que ces modifications rendent libres tous les abords de la loupe ou du doublet; la colonne et les boutons molettés qu’elle porte peuvent se mettre sur le côté, car dans toutes les positions le miroir peut réfléchir la lumière dans l’axe de l’instrument, et de cette façon ce malheureux nez, si gênant avec les autres modèles, trouvera toujours à se loger facilement.

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