‹ Traité élémentaire du microscopeChapitre 18 sur 105 · CHEVALIER · texte numérisé non relu

CHEVALIER

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Angle d'ouverture. — On appelle angle d’ouverture celui formé par les deux rayons extrêmes émanant de l’objet et que peut utiliser l’objectif.

MICROSCOPES COMPOSÉS

« Bien des conditions font que ces rayons sont réellement efficaces, ou qu’au contraire ils n’arrivent pas à concourir à la formation de l’image, et pourtant leur rôle a une importance telle, qu’elle surpasse comme résultat définitif les avantages du grossissement seul. En d’autres termes, on peut avoir des objectifs très puissants, montrant beaucoup moins de détails que des objectifs plus faibles, construits en vue d’obtenir un grand angle d’ouverture , c'est-à-dire d’utiliser la grande majorité des rayons obliques émanant de l’objet (4). »

D’une manière générale, l’augmentation de l’angle d’ouverture augmente de beaucoup l’éclat et la vigueur des images.

« L’addition de lumière qui résulte d’un grand angle d’ouverture donne un éclat beaucoup plus considérable à l’image et, chose plus importante, en fait bien mieux saisir les détails ; en effet, la perception des détails est due aux différences d’influence qu’exercent sur la lumière les inégalités entre les diverses parties d’une préparation (stries, granulations). Or il est facile de comprendre que les rayons les plus obliques, les plus excentriques, ceux que l’objectif à grand angle d’ouverture peut utiliser, sont précisément ceux qui sont les plus modifiés par ces inégalités, ceux qui, par exemple, s’il s’agit d’examiner une surface, donnent les perspectives les plus accusées des saillies qu’elle présente (2). »

L’agrandissement de l’angle d’ouverture ne peut être poussé au delà de certaines limites, sans amener de graves inconvénients ; en effet, la distance frontale d’un objectif dépend de son angle d’ouverture : plus cet angle est ouvert, plus la distance frontale diminue.

C’est pour avoir exagéré cet effet que les opticiens anglais sont arrivés à construire des objectifs à si courte distance frontale que toute dissection est rendue impossible, et que dans les forts grossissements il est indispensable d’user de couvre-objets

(’) Robin, op. cit., p. 182.

(a) M. Duval, op.cit., p. 21).

d’une épaisseur si réduite que leur emploi devient des plus difficiles.

Mais en Angleterre le microscope est beaucoup plus que chez nous un instrument de récréation, et il trouve place dans bien des salons; sa destination se trouve ainsi toute changée : il sert principalement à examiner des préparations soigneusement travaillées par d’habiles préparateurs, et il doit par suite être construit de manière à embrasser le champ le plus étendu, et à montrer les détails les plus minutieux. En France, au contraire, le microscope n’a pas encore quitté le laboratoire du chercheur, c’est un instrument d’étude, de dissection et, pourrions-nous dire, un instrument sérieux ; voilà pourquoi nos constructeurs français ont eu à établir des combinaisons différentes de celles de leurs voisins d’outre-Manche; et dans leurs objectifs l’angle d’ouverture est toujours proportionné au grossissement, de façon à conserver une distance frontale suffisante.

Enfin il convient d’ajouter encore que l’exagération de l’angle d’ouverture diminue le pouvoir pénétrant d’un objectif, question que nous étudierons bientôt.

Des qualités de l'objectif. — Un objectif parfait doit être doué du pouvoir définissant, du pouvoir pénétrant et du pouvoir résolvant; de plus, il doit donner un champ de vision très plan ; enfin nous rappellerons qu’il doit posséder une distance frontale suffisante.

Pouvoir définissant. — Un bon objectif doit limiter, définir les contours des objets par des traits nets, fins, et non par des lignes épaisses, indécises. Cette qualité, la plus importante de toutes, dépend de la correction plus ou moins complète de l’aberration chromatique et de l’aberration sphérique.

Pouvoir pénétrant. — La pénétration réside dans la possibilité d’apercevoir, dans une préparation, non seulement les parties qui sont mathématiquement au foyer, mais aussi celles qui sont à des niveaux un peu différents. Le pouvoir pénétrant est intimement lié à la grandeur de l’angle d’ouverture de l’objectif; aussi la profondeur focale diminue à mesure que l’angle d’ouverture

MICROSCOPES COMPOSÉS

augmente. Il convient d’avouer qu’au point de vue théorique un objectif très pénétrant est un instrument défectueux, car il manque de foyer mathématiquement défini. Nous avons déjà établi, en principe, que l’angle d’ouverture ne pouvait être exagéré sans nuire sensiblement à l’utilité pratique d’un objectif : en effet, il réduit à la fois sa pénétration et sa distance frontale, deux qualités indispensables dans les recherches minutieuses.

Pouvoir résolvant. — Le pouvoir résolvant ou d’ analyse est celui qui fait nettement voir les détails les plus fins. Cette qualité dépend encore de l’angle d’ouverture, c’est-à-dire de l’obliquité des rayons lumineux que l’objectif peut recevoir. Aussi peut-on encore augmenter cette puissance de pénétration en multipliant le nombre des rayons obliques par certaines positions du miroir éclaireur : c’est là ce qui rend si utile Yèclairage

oblique.

A ces différents pouvoirs il convient d’ajouter une qualité importante : celle qui donne à l’image une disposition parfaitement plane. Les loupes biconvexes donnent toujours une image plus ou moins convexe ; ce défaut est le plus souvent corrigé par la forme

plan-convexe donnée aux lentilles, mais il subsiste toujours un

peu, quoique l’observateur ne le perçoive pas; aussi, lorsqu’on veut avoir une idée absolument exacte de la forme d’un objet, est-il nécessaire de l’observer au centre du champ du microscope.

Objectifs a correction. — Dans tout ce qui précède, nous avons toujours supposé que les rayons lumineux émanés de l’objet à observer entraient directement dans l’objectif. Il en est rarement ainsi, et les préparations microscopiques sont à peu près toutes enfermées entre deux lames de verre : l’une sert de support, c'est le porte-objet ; l’autre le recouvre, c’est le couvre-objet.

Mais ce couvre-objet, quoique toujours extrêmement mince, produit une déviation des rayons lumineux, et cet effet, qui augmente avec l’épaisseur du couvre-objet, altère notablement l’image.

Amici, le premier, avait observé qu’à chaque objectif correspondait une épaisseur de couvre-objet, avec laquelle les images atteignaient le maximum de netteté ; aussi conseillait-il d’employer Trutat. — Microscope. 3

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