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CHAPITRE II

donnée aux prismes, qui augmente le champ de vision et permet d’éviter toute réflexion ou réfraction irrégulière. Nous reviendrons plus au long sur cette question en traitant des applications du microscope à la minéralogie.

Oculaire redresseur. — Le microscope composé donne des images renversées, et c’est là un grave inconvénient dans les dissections ; les combinaisons suivantes permettent de redresser les images.

Oculaire redresseur d’IIartnack. — Celui-ci est formé de deux oculaires ordinaires placés aux deux extrémités d’un tube; en augmentant plus ou moins l’écartement entre ces deux oculaires, on augmente à volonté le pouvoir grossissant.

Prisme redresseur de Chevalier (fig. 40). — Celui-ci se place audessus de l’oculaire ordinaire ; il est simplement formé par un prisme

rectangle P. 11 a l’inconvénient de diminuer un peu le champ ; mais son usage est très avantageux, car il ne demande aucune modification dans les combinaisons optiques du microscope.

Oculaire à dissection de Nachet ( fig . 41). — Cet instrument

Fig. 40.

donne d’excellents résultats; il remplace l’oculaire. « Une sorte

MICROSCOPES COMPOSÉS

de boîte de cuivre contient un prisme formé de quatre surfaces disposées de telle façon que, l’image étant réfléchie trois fois avant d’arriver à l'œil, produit un renversement total de l’objet; mais, comme le microscope donne lui-même des images renversées, il s’ensuit que l’image se trouve replacée dans sa situation normale. La direction terminale des rayons est oblique par rapport à l’axe du microscope, de sorte qu’en employant cet appareil, on voit l'objet un peu en avant du microscope (’). » Ce prisme est combiné avec les lentilles qui composent ordinairement l’oculaire.

De la chambre claire. — On donne le nom de chambre claire à un petit appareil qui permet de projeter sur une feuille de papier l’image donnée par le microscope, de telle façon que l’observateur puisse apercevoir à la fois l’image donnée par l’oculaire et celle qui est réfléchie par le papier ; il est alors facile de suivre au crayon les contours de l’objet, et de faire ainsi un dessin d’une exactitude complète.

Il existe plusieurs modèles de chambre claire, mais presque tous sont établis d’après ce principe : faire pénétrer dans l’œil par une partie de la pupille les rayons qui émanent directement de l’objet, et par une autre partie de la pupille les rayons qui proviennent du papier; par un effet d’accommodation de l’œil, les deux images se superposent et se confondent l’une l’autre.

Quel que soit le mode de construction employé, la chambre claire se place au-dessus de l’oculaire, et elle est reliée au tube du microscope par un collier mobile.

Chambre claire d’Oberhauser [fig. 42). — « Cette chambre claire se compose d’un tube coudé à angle droit, dont une des branches est disposée verticalement et peut s’adapter sur le microscope à la place de l’oculaire. L’autre branche est horizontale et a environ 0m,15 de longueur.

«Au coude même de l’instrument, exactement au-dessus de l’axe optique du microscope, se trouve un premier prisme à réflexion totale qui envoie les rayons dans une direction horizontale, à tra-

(’) Robin, op. cit., p. 165.

vers le tube muni d’un oculaire, sur un second prisme à réflexion totale placé à l’autre extrémité ; les rayons lumineux sont ramenés dans la direction verticale et de bas en haut, de manière à arriver à l’œil de l’observateur, qui les reporte sur un plan horizontal situé à une hauteur variable et à une distance suffisante du microscope pour permettre de dessiner facilement l’image que l’on voit.

Fig. 42.

« Il faut que les prismes soient d’excellente qualité pour ne pas altérer l’image. Il est vrai que, dans cette double réflexion, un certain nombre de rayons lumineux sont absorbés nécessairement, et que tous ceux qui passent h travers le microscope n’arrivent pas à l’œil de l’observateur. Mais ce n’est pas toujours un inconvénient (*). » Nous verrons effectivement, en traitant de l’usage de la chambre claire, qu’il faut toujours chercher à diminuer l’intensité de l’éclairage; faute de quoi l’œil ne voit plus le crayon.

F) R^nvter, op.cit., p. 34.

MICROSCOPES COMPOSÉS

Chambre claire de Chevalier ( fîg . 43). — Cette chambre claire est formée d'un petit miroir en acier percé au centre d’une ouverture qui correspond à celle de l’oculaire, au-dessus duquel il se

Fig. 43.

place; la surface polie de ce miroir forme un angle de 45° avec l’horizontale ; enfin un prisme rectangulaire, placé à côté, réfléchit dans ce miroir l’image de la feuille de papier.

On comprend aisément le jeu de cet instrument ; l’œil placé au-dessus du miroir perçoit à la fois l’image donnée par l’objectif et qui arrive directement par l’ouverture du miroir, en même temps que celle du papier que le prisme réfléchit sur le miroir annulaire, et les deux images se superposent.

Chambre claire de Nachet (fig. 44). — « M. Nachet emploie un

prisme à peu près rhomboïdal, dont l’une des faces inclinée est placée au-dessus de l’oculaire; sur cette face, on a collé un

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