‹ Traité élémentaire du microscopeChapitre 27 sur 105 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

mouvement lent par la colonne est remplacé par un système différent logé dans le tube porte-lentilles (fig. 35).

Fig. 35.

« Le mécanisme de ce mouvement lent consiste en un double tube intérieur sur lequel les objectifs sévissent de telle sorte que s’ils viennent h toucher l’objet, ils remontent sous l’effort de la résistance; c’est ce même tube qui, monté à ressort, obéit à l'impulsion de la vis de rappel agissant sur un petit levier placé dans une boîte circulaire placée au milieu du corps. Le corps tout entier pouvant s’élever et tourner dans le canon central, permet

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de donner à la vis de rappel la position qu’il devient nécessaire d’obtenir ('). »

Mise au point par l'oculaire. — « Lorsqu’on fait usage des objectifs forts, la mise au point est une opération beaucoup plus délicate qu'avec de faibles grossissements.

« En effet, dans ces cas, le plus léger déplacement de l'objectif,

I celui, par exemple, qui correspond au vingtième, au cinquantième de tour de la vis, change totalement l’aspect des objets très petits ^ que l’on examine; il faut donc apporter une très grande précaution au mouvement de la vis, et cela d’autant plus que l’objectif ayant un très court foyer touche presque la préparation, et qu’un mouvement un peu trop considérable de la vis fait porter l'objectif [> sur le verre qui écrase la préparation ou qui se brise.

« Nous (M. Ranvier) avons imaginé, pour obvier à cet inconvénient, d’arriver à la mise au point par le déplacement, non pas de l’objectif ou du corps du microscope tout entier, mais simplement par le déplacement de l’oculaire. Nous nous servons pour cela l d’un appareil très simple {fîg. 36) : il consiste en deux anneaux en laiton, reliés entre eux par une crémaillère au moyen de laquelle . on peut augmenter ou diminuer la distance qui les sépare.

Le premier de ces anneaux a s’ajuste au haut du tube du micro- ! scope; dans le second d, on fixe l’oculaire, que l’on peut de cette façon faire plonger plus ou moins dans le tube du microscope en manœuvrant le bouton de la crémaillère. En nous servant de ce petit instrument avec les objectifs forts, comme par exemple avec le n° 10 à immersion de Prazmowski, nous avons constaté que l’on dispose, pour effectuer la mise au point, d’une étendue beaucoup plus considérable que lorsqu’on déplace l’objectif; c’est-à-dire qu’un changement dans l’image, obtenu avec un vingtième ou un cinquantième de tour de la vis ordinaire, n’est obtenu avec le déplacement de l’oculaire que par un tour tout entier du bouton • de la crémaillère. C’est là un avantage très grand. La difficulté de ; l’observation avec les forts grossissements et la fatigue qui en

(’) Robin, op. cit., p. 130.

résulte sont en effet dues en grande partie à la difficulté de mettre exactement au point. L’œil de l'observateur essaye dans ce cas de compléter ce qui manque à l’instrument et de s’accommoder le mieux possible; c’est cet effort d’accommodation fatiguant qui est évité par le déplacement de l’oculaire. Un autre côté avantageux de ce système, c’est qu’avec la mise au point très exacte que l’on

Fig. 36.

obtient avec ce procédé, il est beaucoup plus facile de se rendre compte de la superposition des plans pour des objets très petits; de savoir, par exemple, si une fibrille proche d’une cellule passe au-dessous ou s’anastomose avec elle. Comme l’oculaire doit être déplacé d’une façon très appréciable pour changer d’une très petite quantité le point de la vue distincte, on arrive, grâce à ce petit instrument, à résoudre plus facilement une foule de problèmes encore discutés (*). »

Des accessoires du microscope. — Jusqu’à présent nous ne nous sommes occupé que des parties essentielles du microscope;

(’) Ranvier, op. cit., p. 11

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nous avons bien décrit, il est vrai, de nombreuses modifications, i mais aucune de ces parties ne peut être supprimée, et tout microscope composé doit posséder un appareil optique (objectif et oculaire), un miroir éclaireur, un bâti (pied, colonne), une platine et un appareil de mise au point.

Cependant un pareil instrument ne pourrait être suffisant pour toutes les recherches que peuvent demander les études micrographiques. Souvent il devient indispensable d'employer certaines pièces accessoires qui, tantôt servent à modifier la lumière (éclairage des corps opaques, lumière polarisée), tantôt redressent les images pour rendre plus faciles les dissections, ou bien permettent 1 de dessiner ou de voir en relief les objets soumis à l’observation. C Nous allons successivement décrire les appareils chargés de j remplir ces divers usages.

Éclairage des corps opaques. — Les objets soumis à l’observa-

Fig. 37.

de les étudier par transparence ; certains sont opaques, et dès lors leur éclairage demande à être fait dans une direction tout opposée; une loupe ou un miroir est alors chargé de renvoyer un faisceau lumineux sur la face supérieure.

Loupe d’éclairage. — Certains microscopes sont munis d’une loupe à éclairage, tantôt attachée au collier de l’instrument (flg. 37), tantôt à la platine (fig. 32); dans un cas comme dans l’autre, une tige articulée permet de donner à cette loupe l’écartement et l’inclinaison voulus. Mais cette loupe est quelquefois gênante; aussi, dans les microscopes plus soignés, elle ne fait plus corps avec

Fig. 38.

l’instrument; elle est montée sur un pied lourd (fig. 38), et un système d’articulations mobiles permet de lui donner la position nécessaire.

Miroir de Lieberkühn. — La courte distance frontale des objectifs forts ne permet pas d’employer avec eux les loupes éclairantes ; il faut alors avoir recours au miroir de Lieberkühn. Celui-ci {fig. 39) consiste en un miroir concave, à courbure parabolique o, s’adaptant au-dessus de l’objectif, qu’il recouvre comme une cloche. L’extrémité du porte-objectif b traverse une ouverture ménagée au centre du miroir. Si l’on fait arriver sur cet appareil un faisceau de lumière au moyen du miroir éclaireur, les rayons se réunissent

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au foyer du réflecteur cl, et c’est en ce point qu’est placé l’objet à éclairer.

Fig. 39.

Éclairage à fond noir. — Cet ingénieux appareil, que construit

M. Nacliet, ne s’applique pas seulement aux corps opaques, il est surtout utile dans l’examen des objets semi-transparents. « Il consiste en un cône de verre, dont la base présente une surface courbe; au centre de celle-ci se trouve une petite cupule, rendue opaque par un vernis noir. Ce cône s’ajuste dans le microscope à la place des diaphragmes, le sommet tourné vers le miroir. En dirigeant, selon son axe, un faisceau parallèle, on obtient une lumière très oblique dans toutes les directions, qui éclaire très vivement l’objet; celui-ci se projette sur un fond noir, grâce à l’opacité de la cupule, qui ne laisse arriver aucun rayon dans l’axe de l’instrument. Quand on observe une préparation convenable à l’aide de cet appareil, on croirait voir l’objet éclairé par-dessus, avec cette différence que la lumière possède une très remarquable intensité (*). »

Des condensateurs. — L’emploi des forts grossissements a le grave inconvénient de diminuer la lumière dans des proportions

P) Moitessier, la Photographie appliquée aux recherches micrographiques, p. 87. *

considérables; il était donc important de remédier à cet état de choses : de là les condensateurs. Le miroir concave est déjà un condensateur; c’est le plus employé dans les grossissements modérés, et cependant, à moins d’un réglage extrêmement précis, son emploi produit sur les bords des objets des franges colorées qui détruisent toute netteté. Dujardin, le premier, a combiné un appareil qui porte son nom ; plus scientifiquement, il constitue un condensateur direct.

Condensateur direct. — « Ce condensateur consiste en un tube qu’on introduit dans le porte-diaphragme, sous la platine. Il contient trois lentilles achromatiques destinées à concentrer les rayons réfléchis par le miroir en un foyer situé à 2mm au-dessus de la platine, cette distance étant considérée comme l’épaisseur ordinaire de la lame de verre porte-objet, sur laquelle est déposée la préparation à examiner, laquelle se trouve ainsi exactement au foyer du système condensateur. Le faisceau de lumière réfléchi par le miroir éclaireur traverse, en se concentrant, les trois lentilles dont la nature et la disposition détruisent les aberrations; un diaphragme, placé dans l’intérieur du condensateur, ne laisse passer que les rayons centraux. L’objet apparaît ainsi fortement éclairé et avec une grande netteté sur les bords. Avec cet appareil, dont la distance focale est de 2mm, on ne peut naturellement employer des lames porte-objet d’une épaisseur plus considérable, mais on peut les employer plus minces en enfonçant un peu plus, de haut en bas, le condensateur dans le tube du diaphragme (J). »

Condensateur oblique. — Nous verrons plus tard, en traitant de l’éclairage par la lumière oblique, comment ces effets peuvent s’obtenir au moyen du simple miroir réflecteur; mais, lorsqu’il est nécessaire de réunir ces effets à ceux que l’on demande aux concentrateurs, il convient d’employer un appareil spécial, le condensateur oblique.

« Cet instrument, tel que le construit M. Nachet, se compose d’un prisme oblique logé dans un tube qu’on introduit dans le

(') Pelletan, op. cit., p. 111.

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porte-diaphragme. Ce prisme est taillé de telle sorte que sa face inférieure, sur laquelle est collée une lentille plan-convexe, reçoit normalement les rayons réfléchis par le miroir. Ceux-ci se concentrent dans le prisme par l’effet de la lentille d’entrée et vont se réfléchir sur une des faces obliques du prisme. Tout en se concentrant encore, ils subissent une seconde réflexion sur la face opposée du prisme, et sortent enfin de celui-ci par une troncature recouverte aussi d’une lentille plan-convexe. Celle-ci réunit les rayons qui émergent et viennent frapper le porte-objet, où se forme leur foyer, en faisant un angle de 30° (*). »

Ces différents appareils sont suffisants dans la pratique; aussi laissons-nous de côté les nombreuses formes que les Anglais ont données à leurs condensateurs.

Des appareils de polarisation. — L’emploi de la lumière polarisée est souvent nécessaire en microscopie, et elle est absolument indispensable dans les recherches minéralogiques. Nous ne pouvons retracer ici les lois de la polarisation de la lumière, et nous renverrons ceux de nos lecteurs peu familiarisés avec cette question aux traités de physique; nous n’aurons à traiter que du mode de construction des appareils employés en microscopie.

Le plus souvent, les effets de polarisation sont obtenus par deux prismes de Nicol : l’un, le polariseur, placé au-dessous de la platine; l’autre, l’analyseur, placé tantôt au-dessus de l’objectif, tantôt au-dessus de l’oculaire; cette dernière méthode est la plus employée et la plus commode dans la pratique ordinaire.

Dans les fortes amplifications, il est nécessaire que le polariseur soit surmonté d’un condensateur; celui-ci est le plus souvent une lentille plan-convexe à très court foyer, pouvant s’enlever à volonté.

L’analyseur doit être formé par un prisme à grande section, afin de perdre le moins de lumière possible, et souvent cotte condition est loin d’être convenablement remplie.

M. Prazmowski construit des appareils de polarisation qui diffèrent de ceux ordinairement employés par une forme particulière

C) Pelletan, op. cit.', p. 111.

Trutat. — Microscope. 5

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