CHAPITRE II
de centrer exactement le point lumineux. Il en serait de même
Fig. 70.
pour un régulateur photo-électrique. Dans le cas où ce serait, au contraire, la lumière Drummond qui serait préférée, le chalumeau se fixe sur la tringle K en place du réflecteur, qui devient inutile. Au-dessus de la lanterne se pose la cheminée E, destinée à donner passage aux produits de la combustion, tout en empêchant toute lumière de sortir de l’appareil.
En avant des lentilles éclairantes, une coulisse L permet de glisser une planchette, dans laquelle viennent se placer les photographies à projeter.
L’objectif F se visse sur un cône placé en avant de la coulisse, et la mise au point se fait au moyen de la crémaillère M.
Dans un modèle plus soigné (fig. 77), la lanterne est supportée par quatre colonnes en cuivre, fixées sur un socle en bois : cette disposition rend plus facile la mise en place d’un régulateur de lumière électrique et permet l’emploi d’un chalumeau perfectionné, monté sur une double plaque munie de crémaillères, et de vis de rappel permettant de centrer très exactement le point lumineux.
Nous devons encore signaler un appareil tout nouveau et que l’on a décoré du nom de lanterne américaine ( fig . 78). Cet instrument très simplement construit donne cependant de bons résultats, grâce
MICROSCOPES COMPOSÉS. ldi
à la lampe puissante dont il est muni ; celle-ci est essentiellement
Fig. 77.
composée de deux larges mèches plates alimentées par un réservoir de pétrole ; le verre cylindrique de la cheminée est remplacé par
Fig. 78.
une sorte de boîte métallique, terminée en arrière par un ré fiée-
teur argenté; en avant par un verre plat. La partie optique ne diffère en rien ; le tout peut se renfermer dans une boîte en tôle, qui sert en même temps de support à tout l’appareil. En résumé, cette lanterne peu volumineuse, légère, d’un prix modéré, est un excellent appareil de salon, et c'est peut-être celui qui donne la lumière la plus forte de tous ceux qui sont alimentés par des lampes au pétrole.
A côté de ces instruments, très suffisants pour les démonstrations scientifiques, nous signalerons les lanternes polyoramiques, très usitées dans les conférences.
Avec les appareils ordinaires, les changements de tableaux s’opèrent en faisant passer successivement devant l’objectif chaque épreuve photographique. Il y a de toute nécessité un certain intervalle pendant lequel l’écran est inoccupé. Les appareils polyoramiques ou à vues fondantes permettent de faire succéder les projections sans interruption, en se fondant, pour ainsi dire, l’une dans l’autre, la première s’éteignant pendant que la seconde acquiert déjà plus de vigueur.
On obtient ces effets au moyen de deux lanternes placées côte
Fig. 79.
à côte, ou au-dessus l’une de l’autre. Dans un cas comme dans l’autre, les deux lanternes sont rendues mobiles, de façon à faire converger les axes des deux appareils sur un même point de l’écran.
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La première de ces dispositions [horizontale ( fig . 79)] oblige 0 l'opérateur à passer continuellement derrière l’appareil pour aller d’une lanterne à l’autre, afin d’y introduire de nouveaux tableaux, et souvent il est nécessaire d’avoir recours' à deux opérateurs au lieu d’un.
La disposition adoptée dans l’appareil double vertical [fig. 80 J
vaut infiniment mieux ; celui-ci est d’un transport plus facile, il forme un ensemble compact moins sujet à se déranger, et il a surtout
l’immense avantage de permettre à l’opérateur, qui reste en place, de pouvoir manœuvrer les tableaux des deux appareils.
L’appareil appelé par les Anglais dissolmng (fig. 79) est tantôt composé de deux obturateurs à œil de chat E, reliés entre eux par une tringle G et installés de façon qu’en poussant cette tringle, l’un des appareils s’ouvre tandis que l’autre se ferme. Cette méthode a l’inconvénient de nécessiter l’allumage continu des deux lanternes; aussi M. Molteni l’a-t-il remplacée par un système tout différent. Grâce à un robinet distributeur, l’oxygène est lancé tantôt dans un chalumeau, tantôt dans autre ( fig . 80); la chaux ne devient incandescente que dans la lanterne alimentée par l’oxygène, tandis qu’elle perd tout son éclat dans celle où l’hydrogène brûle seul. La différence d’intensité de ces deux foyers lumineux est telle, que le second passe complètement inaperçu.
M. Dubosc construit également des appareils à projection : tantôt l’éclairage est produit par la lumière Drummond et le chalumeau à colonne (fig. 1%, p. 94), tantôt par le régulateur de lumière électrique, combiné par cet habile constructeur.
Fig. 81.
Nous avons représenté (fig. 74, p. 97) le dernier modèle de la lanterne adopté par M. Dubosc; cet appareil reçoit à volonté un
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I corps de microscope ou un système de lentilles pour la projection des images transparentes.
Quelquefois la lumière solaire peut être utilisée avec succès;
Idans ce cas, on fait usage d’une sorte de microscope solaire, modifié dans sa partie optique. M. Molteni construit un appareil de
Iee genre, et celui-ci permet d’utiliser la tête (appareil optique) d’une de ses lanternes.
M. Dubosc a également combiné un appareil du même genre ; l’inspection seule de la fig. 81 en fera comprendre la construction.
Choix du microscope. — Deux questions que ne manque jamais de faire toute personne au moment de l’acquisition d’un microscope sont celles-ci : Quel est le meilleur instrument? A quel fabricant fautj» il s’adresser? Questions assez délicates à résoudre, surtout maintenant, car les opticiens de talent sont plus nombreux qu’autrefois.
Nous essayerons cependant de donner toutes les indications nécessaires, et nous parlerons de chaque constructeur avec la plus stricte impartialité.
Mais, d’abord, où convient-il de s’adresser? Faut-il donner toute préférence aux instruments anglais, aux instruments allemands, aux instruments américains, ou bien doit-on simplement choisir un instrument français?
Ici les questions de personnes nous laissent toute liberté, et nous n’éprouvons aucune hésitation à trancher nettement la question. Sans doute, les microscopes anglais, et surtout ceux de Ross, de Powell et Laland, de Swift, sont des instruments admirablement construits; la précision de leur mécanisme est poussée aussi loin que possible, leurs objectifs corrigés avec le plus grand soin; mais nous ne pouvons en conseiller l’acquisition autrement que comme objets de luxe. Nous avons eu déjà l’occasion de le dire, les instruments anglais sont principalement destinés à l’observation de préparations toutes faites; aussi l’angle d’ouverture des objectifs est-il exagéré outre mesure, afin d’obtenir des effets tout spéciaux pour l’étude des têts ; leur distance frontale est tellement réduite, que les recherches histologiques deviennent à peu
près impossibles; pour augmenter l’amplification, le tube porteoculaire est allongé démesurément ; les complications du mécanisme sont telles, qu’il faut une longue étude pour se familiariser avec les vis de rappel, les écrous de serrage, etc. La forme en potence du pied enlève à l’instrument la stabilité nécessaire; la platine, très élevée pour donner place aux concentrateurs à revolver, aux écrans colorés, etc., etc., ne permet pas les dissections; enfin la hauteur trop grande de l’instrument tout entier rend les observations fatigantes. Si nous ajoutons à tout cela des prix excessivement élevés, il sera facile de comprendre que nous ne pouvons recommander les instruments anglais.
Nous en dirons autant de ceux qui sont fabriqués en Amérique ; cependant les constructeurs de ce pays reviennent un peu des pièces de luxe de leurs confrères d’Angleterre; leurs objectifs sont souvent construits avec un très grand soin ; mais ici encore les prix sont fort élevés.
Les opticiens allemands se ressentent du milieu plus sérieux auquel sont destinés leurs microscopes : leurs instruments sont déjà mieux appropriés aux recherches de laboratoire : ils sont plus simples, plus solides, les prix assez modérés; mais, en somme, rien n’autorise à les faire préférer aux instruments français, dont il nous reste à parler.
Le microscope achromatique est d’origine essentiellement française, et c’est Chevalier, le premier, qui a rendu possible la construction d’objectifs microscopiques achromatiques. Sans doute, Ross en Angleterre, Amici en Italie, ont tour à tour réalisé des perfectionnements importants; mais toujours l’application réellement pratique de leurs découvertes a été faite en France, et il est certain que les constructeurs de Paris tiennent le premier rang. Leurs instruments, de construction simple, d’un ajustage parfait, possèdent tous des objectifs tout aussi bien travaillés que les plus chères lentilles d’outre -Manche. Enfin il est bien permis de faire entrer en ligne de compte une très grande modicité dans les prix et la plus grande facilité d’acheter à Paris un microscope, que de le faire venir de Londres ou de Berlin.
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En résumé, tout nous semble concourir pour donner une entière préférence aux instruments français.
Nous ne parlerons donc pas des constructeurs étrangers, renvoyant pour cela aux traités de MM. Pelletan et Van Ileurck, dans lesquels le lecteur trouvera tous les renseignements désirables sur les microscopes anglais, américains et allemands.
A Paris, plusieurs maisons importantes s’occupent tout spécialement de la construction des microscopes, et nous ne pouvons nous arroger le droit de donner à chacune d’elles un rang de mérite. Il est certain que, chez les unes comme chez les autres, il sera toujours facile de trouver un instrument excellent et en harmonie avec le genre d’études auquel on le destine; dans certains cas cependant, pour les instruments h projection, par exemple, il est tout simple d’avoir recours à un constructeur plus particulièrement adonné à cette spécialité.
Nous aurons donc à examiner les instruments de chaque constructeur parisien. Il est bien entendu que nous n’avons à parler que des fabricants dont la réputation est établie depuis longtemps, et que nous laisserons de côté les fabricants de lunettes, qui peuvent, à la rigueur, monter une paire de bésicles, mais sont incapables de produire un microscope véritable. Il existe bien, à Paris, certains ouvriers en chambre qui travaillent pour les grands fabricants, et nous pourrions citer tel et tel ouvrier de premier mérite pour la construction de certaines pièces : objectifs, prismes de Nicol, etc., etc.; mais, par la nature même de leurs travaux et de leurs relations commerciales, aucun d’eux ne se permettrait de fournir un microscope complet; aussi, à notre grand regret, sommes-nous obligé de les passer sous silence.
L’énumération que nous allons faire ne comprendra pas certains noms d’une réputation réelle dans la fabrication des instruments d’optique, et nous tenons à dire que bien certainement tel ou tel de ces constructeurs serait fort capable de faire un excellent microscope; mais ce ne serait pour aucun d’eux une spécialité, et nous ne pouvons nous occuper précisément que des opticiens spécialement adonnés à la construction des microscopes; car chez eux une
fabrication importante a permis d’établir des modèles toujours identiques, et qui n’offrent presque jamais de différences appréciables ; de là la certitude pour nous de donner des renseignements, des appréciations toujours exacts.
Nous citerons sept constructeurs :
MM. Chevalier, Dubosc, Ducretet, Molteni, Nachet, Prazmowski et Vérick; mais parmi ceux-ci quatre seulement s’occupent spécialement des microscopes d’études.
Avant de passer en revue les différents modèles de chacun de ces constructeurs, il convient d’étudier la question du choix d’un microscope relativement à l’usage auquel on le destine.
Celui qui ne veut faire que des observations passagères, et qui désire limiter sa dépense, peut se contenter d’un modèle droit, muni d’un ou de deux objectifs. Mais si la question de dépense ne doit pas entrer en ligne de compte, il n’y a plus de règle, plus de conseil à donner à l’amateur qui cherche dans le microscope une agréable distraction. Malheureusement ce cas, très fréquent en Angleterre, se présente encore rarement chez nous ; et c’est probablement là ce qui explique les complications nombreuses et les prix fabuleux des grands instruments anglais : ainsi le grand microscope de Ross coûte 1100fr sans objectifs, et ces derniers valent jusqu’à 700fr pièce.
Lorsque le microscope est destiné à des études scientifiques, il convient d’approprier la composition de l’instrument à la nature des recherches à faire.
Les études de botanique n’exigent presque jamais de forts grossissements, et il suffît le plus souvent d’atteindre 300 diamètres ;
trois objectifs sont alors nécessaires,
on
pourra
les échelonner
ainsi :
Chevalier
Nachet
Prazmowski
Vérick
Ces combinaisons seront donc plus particulièrement utiles aux étudiants en pharmacie.
MICROSCOPES COMPOSÉS
Mais lorsqu'il s’agira de recherches histologiques animales, il faudra de toute nécessité user de grossissements plus forts; ainsi les étudiants en médecine auront souvent à employer des grossissements de 500 et de 600 diamètres. C’est là un point sur lequel il convient d’insister, afin de mettre en garde les jeunes gens contre les microscopes dits cl’ étudiant , qui sont munis d’objectifs absolument insuffisants.
Il convient donc, dans le cas qui nous occupe, de compléter la série que nous avons indiquée pour la botanique par un objectif de deux numéros supérieurs au dernier indiqué précédemment.
On comprendra qu’il n’est pas possible de tracer de limites pour la composition optique des microscopes destinés aux grandes recherches de laboratoire ; ce soin serait même superflu, car celui qui est en état de les entreprendre a toujours une grande pratique des observations microscopiques, et il peut combiner lui-même les séries nécessaires à ses travaux.
Dans ces dernières années, le microscope est devenu un instrument indispensable aux sériciculteurs, et il est nécessaire de bien établir à ce sujet que la recherche des corpuscules, par la méthode de M. Pasteur, demande des grossissements assez forts et que les instruments vendus pour ces recherches ont en général des objectifs trop faibles ; il faut, pour opérer avec certitude, un grossissement de 500 diamètres.
Enfin nous devons ajouter que les recherches de minéralogie microscopique exigent des instruments d’une construction toute spéciale, et que nous décrirons en traitant de ces études.
Série Chevalier f1).
La maison Chevalier est une des plus anciennes de France, et déjà nous avons eu l’occasion de dire que c’est Charles Chevalier qui le premier, en 1823, a rendu possible l’exécution des objectifs microscopiques achromatiques.
Les microscopes de Chevalier ont toujours été construits avec
( ’) Chevalier, Palais-Royal, galerie de Valois, 158, à Paris.