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I. — Méthodes a suivre dans les observations

Utilité du microscope composé. — Le microscope composé permet de pousser à l’extrême l’amplification des objets, ce que ne peut faire le microscope simple ; mais il renverse les images.

L’emploi du microscope composé est facilement démontré par quelques leçons pratiques, mais la chose devient plus difficile lorsque l’on ne peut recourir qu’à une démonstration écrite. Nous l’avons déjà dit dans notre Préface, ce traité a principalement pour but de venir en aide à ceux qui ne peuvent obtenir ces démonstrations pratiques, et si nous ne nous faisons illusion, il sera toujours possible, à toute personne, suffisamment patiente et adroite, d’arriver à un résultat satisfaisant si elle consent à suivre pas à pas les préceptes que nous allons énumérer.

Alors même que notre élève aurait trouvé dans un laboratoire, auprès d’une personne faite aux observations microscopiques, les premiers éléments, il aura souvent besoin dans ses recherches de recourir à des données précises sur les manipulations exigées selon telle ou telle circonstance. La pratique est en effet la seule manière d’arriver à faire de bonnes observations microscopiques, et la pratique demande un travail continu et tout personnel.

Les nombreux détails dans lesquels nous sommes déjà entrés

au sujet de la composition du microscope et de ses accessoires permettent de se faire une idée assez complète des effets qu’on peut lui demander et des méthodes à employer pour le mettre en œuvre.

Mais pour arriver à être encore plus clair, nous supposerons que le lecteur ne connaît encore que le nom des pièces du microscope, et nous allons successivement lui enseigner la manière de s’en servir.

Méthodes générales. — La première chose à faire lorsqu’on veut se servir du microscope est de s’assurer du bon état de l’instrument, et plus particulièrement de la propreté des lentilles et du miroir. Dans le cas où la netteté des surfaces de ces différents verres 'laisserait à désirer, on procédera tout d’abord à leur nettoyage , en n’omettant aucune des recommandations que nous avons faites à ce sujet (p. 176 et suiv.).

Le microscope est d’abord placé sur la table de travail convenablement installée devant une fenêtre; on prend toutes les précautions possibles pour éviter toute trépidation. Inutile de recommander de poser l’instrument de telle sorte que la colonne regarde l’observateur, tandis que le bord libre de la platine et le miroir seront dirigés en avant, du côté de la lumière.

Le microscope étant ainsi mis en place, il convient de procéder à l’éclairage.

L’observateur place l’œil à l’extrémité supérieure du tube; l’oculaire et l’objectif peuvent rester en place ou être enlevés; les deux méthodes sont également bonnes, à la condition de ne faire usage que d’objectifs faibles. Le plus souvent l’œil placé comme nous venons de le dire ne perçoit aucune lumière, il faut alors amener les rayons lumineux dans l’axe de l’instrument au moyen du miroir réflecteur, en tournant celui-ci alternativement dans un sens ou dans l’autre, jusqu’au moment où le champ devient clair et brillant.

Il arrive souvent aux débutants de ne trouver que difficilement une bonne position du miroir; aussi est-il important de s'exercer à atteindre rapidement ce résultat. Il est bon, surtout avec les

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miroirs articulés pour la lumière oblique, de s’aider des deux mains dans cette mise en place du miroir éclaireur.

Nous aurons à revenir encore sur la question de l’éclairage à propos de certains cas spéciaux.

C’est à ce moment qu’il convient de placer l’objectif que l’on veut employer. Le plus souvent cet objectif se visse directement sur le tube, et cette opération demande à être faite avec beaucoup de soin, afin de ne pas fausser le pas de vis, ce qui occasionnerait un décentrage difficile à réparer. Le commençant ne cherchera pas à visser directement l’objectif sur le tube en laissant celui-ci en place : il enlèvera au contraire ce tube du coulant dans lequel il glisse, afin d’effectuer à l’aise cette manœuvre délicate. Le tube étant tenu de la main gauche dans une position horizontale, et le nez tourné vers la droite, il convient de prendre l’objectif de la main droite, et d’appuyer légèrement les deux parties filetées Lune contre l’autre; puis, par de petits mouvements de rotation, d’arrière en avant et d’avant en arrière, de chercher à engager les deux pas de vis Lun dans l’autre. Il est fort important d’agir avec lenteur et légèreté, et de chercher à maintenir bien exactement le parallélisme des deux pièces. Lorsque les pas ont mordu l’un sur l'autre, il suffit de visser l’objectif jusqu’à ce que son embase porte sur la partie lisse du nez, sans qu’il se produise la moindre irrégularité, indice certain que les pas de vis ne sont pas en place et qu’un filet est passé sur un autre ; dans ce cas, il faut revenir en arrière et chercher à remettre toute chose en place.

Avec un peu d’habitude, cette opération devient très facile; souvent l’observateur, pressé de changer un objectif, ne prend pas la peine d’enlever le tube de son coulant et visse l’objectif sans rien déplacer. Mais c’est là une mauvaise pratique, car l’objectif peut échapper, tomber sur la platine, et la lentille frontale s’abîmer.

Dans tous les cas, cette mise en place de l’objectif est longue et minutieuse; aussi les opticiens ont-ils cherché un système plus simple et plus rapide.

Trutat. — Microscope.

L’adaptateur de M. Nachet [fig. 138) supprime les pas de vis et permet un montage rapide. Cet appareil se compose d'une sorte de

Fig. 138.

douille A mobile de haut en bas sur un tube fixé sur le nez du microscope : un ressort à boudin tend à faire remonter vers le haut cette boîte mobile. A la partie inférieure, une encoche latérale, semblable à celle d’une baïonnette, permet d’introduire les objectifs, munis d’une bague spéciale sur le pourtour de laquelle règne une portée B. — Pour mettre en place un objectif, il suffit de ramener en bas la douille mobile et d’introduire l’objectif par l’encoche latérale; puis, laissant aller la douille en haut, l’objectif se trouve poussé dans une gorge d’un diamètre égal à la portée B : le centrage et la fixité sont assurés du même coup par l’effort que fait le ressort à boudin renfermé dans la douille. Une manœuvre en sens inverse permet d’enlever l’objectif.

M. Vérick à construit également un extracteur à levier qui donne des résultats analogues.

L’objectif étant mis en place et l’éclairage convenablement réglé, il faut procéder à la mise au point, après avoir toutefois placé une préparation sur la platine du microscope et l’avoir convenablement fixée au moyen des volets.

La mise au point s’effectue de deux façons : l’une, au moyen du mouvement rapide, s’obtient en faisant glisser le tube du micro-

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scopc dans la douille qui le porte, soit en le poussant à la main, soit au moyen d’une crémaillère ; l’autre, au moyen du mouvement lent par la vis micrométrique.

Dans l’un comme dans l’autre cas, il est nécessaire de prendre certaines précautions : la plus importante de toutes est de n’exécuter ces deux mouvements qu’avec lenteur et régularité, afin de ne pas faire porter tout d’un coup l’objectif contre la préparation et de briser alors le verre mince qui recouvre l’objet. En opérant par le coulant, mouvement rapide, il convient de faire mouvoir le tube en lui imprimant un mouvement en hélice, soit qu’on abaisse le tube vers la préparation, soit qu’on l’éloigne au contraire.

Les commençants feront bien d’exécuter cette manœuvre de la façon suivante : on commencera tout d’abord par recouvrir la préparation d’une bande de papier, puis, sans mettre l'œil à l’ocufaire, on fera descendre le tube de façon à faire toucher la préparation par l’objectif: effet que l’on aura obtenu lorsque la feuille de papier ne pourra plus glisser librement entre l’objectif et la préparation , en évitant toutefois de comprimer trop fortement celleci. Il faut en tout ceci agir très lentement et, lorsque l’objectif est au moment de toucher la préparation , essayer de faire glisser la feuille de papier et s’arrêter dans la descente du tube aussitôt que la feuille paraît toucher sur ses deux faces. Ayant mis l’œil à l’objectif, on remonte alors le tube par le mouvement d’hélice qui permet de le faire avancer régulièrement, jusqu’à ce que l’objet devienne visible. Tout d’abord on voit apparaître dans le champ du microscope une image vague ; il faut s’assurer que c’est bien la préparation qui apparaît ainsi ; en imprimant quelques mouvements à la lamelle de verre, on voit que cette image nuageuse se déplace en sens inverse des mouvements du porteobjet , c’est donc bien l’image de la préparation. Si le microscope est muni d’une crémaillère, c’est en faisant tourner le bouton moletté de cet appareil que s’effectue cette première mise au point. Mais il est difficile d’obtenir ainsi une netteté suffisante, et pour arriver au résultat définitif il faut faire usage de la vis micrométrique. A cet effet, on saisit le bouton moletté

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