CHAPITRE III
pratiquée au centre de la planchette de la chambre noire; un cône en étoffe noire et opaque relie la planchette et le tube en laissant à ce dernier une certaine liberté, et empêche l’entrée de toute lumière; ce cône n’est pas figuré dans notre dessin.
C, Porte-diaphragme.
M, Miroir réflecteur rejeté en dehors de l’appareil.
D, Cuve à sulfate de cuivre.
E, Lentille destinée à concentrer les rayons lumineux sur la préparation; cette lentille doit avoir 0m,06 ou 0m,08 de diamètre, et 0n,,20 de foyer environ; elle peut ne pas être achromatique.
F, Diaphragme en carton noirci, destiné à éliminer les rayons les plus extérieurs.
H, Miroir réflecteur à double mouvement. La rè-gle horizontale qui supporte l’appareil éclaireur doit être plus longue que ne l’indique la figure. Le miroir H doit être manié à la main et reçoit directement la lumière du soleil ; mais il est de beaucoup préférable de projeter sur lui un faisceau lumineux réfléchi par un héliostat.
Lorsqu’on emploie une source de lumière artificielle, la lanterne munie de ses lentilles éclairantes et de la cuve à sulfate de cuivre, se mettra au lieu et place de l’appareil éclaireur que nous venons de décrire. Il est alors plus commode de substituer au microscope inclinant celui de construction spéciale que M. Molteni et M. Duboscq appliquent à leurs lanternes à projection ( fîg . 73), dont nous aurons à parler de nouveau. Il suffit alors de placer derrière le tube porte-objectif une chambre noire de longueur suffisante.
Appareil de M. A. Girard. — La disposition adoptée par M. Girard est un peu différente , elle permet de photographier des préparations dans des liquides, ce qui oblige à rendre horizontale la platine du microscope : cet appareil, construit par MM.Molteni et Nachet, fonctionne parfaitement. Voici, d’après l’éminent professeur, les dispositions principales de son instrument :
« L’appareil d’éclairage que j’emploie est extrêmement simple. Je ne l’ai pas fait construire exprès pour mes besoins; je l’ai pris
DE l’emploi du microscope composé. 241
dans le commerce : c’est un double chalumeau construit dans d'excellentes conditions par M. Molteni, muni de deux tubes latéraux, dont l’un reçoit le gaz oxygène dont on a enfermé une provision suffisante dans un grand sac de caoutchouc bien étanche, sur lequel, au moyen de volets et de poids, on exerce une pression suffisante pour obtenir une émission régulière.
« Les deux gaz s’échappent à l'extrémité du tube à double enveloppe qui termine le chalumeau, et là, une fois enflammés, le gaz de l’éclairage, brûlé complètement par l’excès d’oxygène, fournit une flamme bleue, à peine colorée, à peine visible, mais douée d’un pouvoir calorifique considérable.
« Le dard que ce chalumeau fournit vient frapper alors un petit cylindre de chaux vive, monté sur une tige métallique à laquelle, au moyen de deux vis de rappel, on peut imprimer un déplace, ment de quelques centimètres, soit en verticale pour remonter ou abaisser le point lumineux produit par l’incandescence de la chaux, soit en horizontale pour faire varier son éloignement de l’appareil d’agrandissement.
« En avant du cylindre de chaux est placée une grosse lentille plan convexe chargée de concentrer sur le miroir de cet appareil la lumière qu’émet la chaux sous l’influence de la haute température que lui communique la combustion du gaz à la sortie du chalumeau.
« L’appareil d’agrandissement est le microscope ordinaire; sa* construction n’offre rien de particulier; je lui ai conservé la position verticale ; divers opérateurs préfèrent agir autrement et placer horizontalement l’appareil d’agrandissement qu’ils emploient. Je ne crois pas que cette disposition soit bonne ; elle oblige, en effet, à placer dans une position verticale les préparations micrographiques, et ces préparations sont alors sujettes à se déplacer, par leur seule gravité, au milieu du liquide dans lequel elles sont noyées ; elles glissent et s’échappent en dehors du champ d’observation, tandis qu’avec le microscope à tube vertical les préparations, reposant sur la platine horizontale, restent dans un repos parfait et donnent à l’observateur toute sécurité.
Trutat. — Microscope. */•
« Pour approprier le microscope au travail photographique, il suffit alors d’en placer le miroir en face de la lentille qui concentre la lumière émise par la chaux incandescente, et à courte distance de cette lentille, puis de l’orienter de telle sorte que le faisceau lumineux qu’il réfléchit vienne frapper normalement la préparation placée au-dessus du trou de la platine.
« Cela fait, on enlève l’oculaire, et, au moyen d’une petite pièce supplémentaire (c’est un tube formé de deux bouts soudés, de diamètres différents), on place le tube du microscope dans l’axe de l’appareil photographique proprement dit.
« Celui-ci se compose d’une chambre noire ordinaire, surélevée au moyen d’un plateau horizontal, munie à son extrémité postérieure d’une glace dépolie que l’on choisit aussi fixe que possible j1), et portant à l’avant, à la place qu’occupe habituellement l’objectif, un tube de cuivre, bien centré, de 0m,06 de diamètre environ.
« Le raccordement entre l’appareil photographique et le microscope pourrait à la rigueur avoir lieu en disposant verticalement, dans l’axe même du microscope, et la chambre noire et le tube métallique qui la termine; mais cette disposition a le grave inconvénient d’éloigner l’observateur placé près de la glace dépolie de l’objet qu’il doit étudier ou reproduire.
« Pour parer à cet inconvénient, j’ai donné à mon appareil une disposition analogue à celle du microscope d’Amici ; la ligne focale a été brisée au tiers environ de sa longueur, et, au coude même formé par cette brisure, M. Nachet a disposé un petit miroir plan en verre argenté qui, placé à 45°, renvoie horizontalement et sans déformation, sur la glace dépolie de la chambre noire, l’image agrandie par l’objectif microscopique.
« Grâce à cette disposition, l’appareil, dans toute sa longueur, ne mesure guère plus de 0ra,50, quoiqu’en réalité il ait 0ra,70 de longueur focale. L’observateur assis tranquillement en face de la
(’) Nous verrons, un peu plus loin, qu’il est préférable de remplacer le verre dépoli par une feuille de papier blanc.
glace dépolie peut alors faire mouvoir les différents organes dont l’ensemble se compose, modérer ou activer la flamme, déplacer la préparation sur la platine du microscope, faire avancer ou reculer la glace dépolie, de manière à varier les dimensions de l’épreuve, mettre au point enfin, en élevant ou en abaissant l’objectif ( 1 ) . » Système de M. Moitessier. — De son côté, M. Moitessier avait déjà indiqué une disposition analogue; mais, au lieu d’employer une glace inclinée à 45°, il place au-dessus du microscope un prisme à réflexion totale (fig. 151); par ce moyen, il y a bien
Fig. 151.
une certaine perte de lumière, mais elle est le plus souvent tout à fait négligeable. Dans l’appareil que nous figurons, la lumière solaire est utilisée pour l’éclairage, et l’on remarquera que l’opé-
(’) Girard, Bull, de la Soc. Franç. de Phot., t. XXi, 1875, p. 125.