CHAPITRE IV
lumineux projeté par chaque appareil en un point unique E placé exactement au centre de l’écran.
Fig. 158.
On règle alors la longueur de la tringle des diaphragmes dans le cas où le dissolving est obtenu par ce moyen; mais cette opération devient inutile si les effets d’extinction sont produits par un robinet distributeur, système bien supérieur au premier et que M. Molteni applique maintenant à tous ses appareils.
Dans le cas où l’on emploierait un appareil vertical (fig. 158), la
mise eu place et le réglageseferaientparuneopérationsemblable, mais en inclinant plus ou moins la lanterne supérieure sur celle qui est au-dessous : il suffît de faire tourner dans un sens ou dans l’autre le bouton A, qui commande à la fois les deux systèmes optiques et permet de les incliner plus ou moins. Ce perfectionnement est fort utile lorsqu’on s’aperçoit, pendant une démonstration , que la coïncidence des images n’est pas absolument exacte.
Système à projection horizontale. — Dans certaines circonstances, il est indispensable de placer horizontalement la préparation ou la vue à projeter. A cet effet, M. Duboscq a combiné un appareil qui s’emploie concurremment avec une lanterne (fig. 124, p. 152) : un double système de miroir et de prisme rend le faisceau lumineux d’abord vertical, puis horizontal; la lanterne munie de sa demi-boule se place en face du miroir incliné, et le plus près possible afin de perdre moins de lumière. L’objet placé
Fig. 159.
le plus ordinairement dans une cuve transparente se fixe sur la platine percée qui se trouve au-dessus du miroir. On peut ainsi Trutat. — Microscope. 47
projeter l’image d’animaux vivants, nageant dans l’eau, et d’une transparence suffisante pour laisser pénétrer la lumière à travers leurs tissus.
M. Molteni de son côté a combiné un système analogue ( fig. 159) : tantôt cet appareil est indépendant de la lanterne, comme celui de M. Duboscq; tantôt, au contraire, il se fixe directement sur la tête de la lanterne.
Epreuves à projections. — Les épreuves sur verre destinées à la lanterne s’obtiennent facilement en faisant usage de plaques préparées à l’émulsion ou au gélatino-bromure , au collodion sec et mieux à l’albumine; elles doivent toujours être très transparentes; les noirs ne seront jamais opaques, car elles absorberaient alors beaucoup de lumière.
Ces épreuves s’obtiennent, soit par tirage direct, soit à la chambre obscure. Dans le premier cas, il faut avoir un cliché à la dimension exacte ; il suffit alors de le placer dans un châssis à reproduction et de poser sur la face qui porte l’image un verre mince préparé au collodion sec ou à la gélatine. Une exposition de quelques secondes à la lumière diffuse suffira pour obtenir une bonne épreuve.
Dans le second cas, le cliché à reproduire est le plus souvent trop grand; il faut avoir recours à la chambre obscure pour le ramener à la dimension voulue : on opère alors par transparence, à la manière ordinaire des photographes, et il est bon d’user encore dans ce cas des procédés secs.
Appareil double de Duboscq. — L’emploi de la lanterne à projection n’a qu’un seul inconvénient en micrographie, c’est de ne pas donner la couleur de la préparation; aussi fait-on souvent usage de l’appareil de Duboscq ( fig. 74, p. 97), dans lequel on peut à volonté projeter l’objet lui-même au moyen du microscope, avec toutes ses couleurs, ou la photographie de ce même objet obtenu avec un objectif beaucoup plus faible, mais donnant en définitive une image de même grandeur que dans le premier cas, et alors d’une netteté bien supérieure à celle obtenue parle microscope.
Nous ne pouvons nous empêcher de rappeler que la méthode
des projections a rendu les plus grands services pendant le siège de Paris, en permettant la lecture rapide et facile des dépêches apportées par les pigeons voyageurs. La fîg. 160 représente l’installation organisée à, cet effet par M. Duboscq.
Fig. 160.
La source lumineuse était fournie par un régulateur électrique, et 1 amplification suffisante pour permettre à plusieurs écrivains de transcrire à la fois des séries diverses de dépêches.