‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interneChapitre 133 sur 140 · DES FLUX BILIEUX · texte numérisé non relu

DES FLUX BILIEUX

(le malaise et d’anxiété. Malgré cette supersécrétion, les glandes salivaires ne sont ni tuméfiées ni douloureuses, et la membrane muqueuse de la bouche est plutôt décolorée qu’injectée. Cependant la perte de la salive, qui peut être de 3 ou ô kilogrammes dans les vingtquatre heures, finit par nuire au travail de la digestion, et par produire l’amaigrissement et une diminution dans les autres évacuations , et notamment de l’urine, de la transpiration cutanée et des matières fécales.

La salivation a en général une marche continue; elle peut paraître périodiquement; et, dans ces cas, elle se lie communément à une névralgie faciale , dont les accès sont intermittents. La maladie persiste communément pendant une ou plusieurs semaines ; il n’est pas très rare de la voir se prolonger pendant un ou plusieurs mois; on Ta même vue durer pendant un ou deux ans.

11 ne paraît pas que la salivation ait jamais produit la mort des malades; si quelques individus ont succombé , il faut l’attribuer aux complications. En général, le ptyalisme diminue peu à peu; d’autres fois il cesse assez brusquement par l’apparition d’une diarrhée abondante, ou par l’augmentation de la transpiration cutanée.

Traitement. — Les collutoires astringents faits avec les acides minéraux , le miel rosat , l’alun , l’acétate de plomb, avec les décoctions de tannin , de feuilles de noyer, etc., sont certainement utiles; mais ce sont là des moyens purement accessoires , car la principale indication à remplir dans le traitement du ptyalisme consiste à exciter les principales sécrétions naturelles. C’est dans ce but qu’on administre des purgatifs et des diurétiques. Enfin les bains de vapeur seront aussi très utiles, et remplaceront avec beaucoup d’avantage les substances dites sudorifiques, dont l’action est toujours plus ou moins incertaine. Tous ces moyens échouent généralement contre le ptyalisme sympathique de la grossesse; cependant quelquefois, en conseillant à la femme de conserver habituellement dans la bouche un morceau de sucre candi, une boule de gomme ou du jus de réglisse, on parvient soit à modérer réellement la salivation , soit à la rendre moins incommode pour les malades , qui avalent alors presque toute leur salive sans s’en apercevoir. Pour compléter l’histoire de la salivation , je renvoie le lecteur à l’article Stomatite mercurielle , p. 226.

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