‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interneChapitre 21 sur 140 · TROISIÈME GENRE DE FIÈVRES · texte numérisé non relu

TROISIÈME GENRE DE FIÈVRES

SYNONYMIE. — Fièvre d'accès; — des marais; — périodique, etc.

Définitions. — On donne le nom de fièvre intermittente à une affection fébrile dont les symptômes cessent et se reproduisent à des intervalles rapprochés et à peu près égaux , et entre lesquels existe une apyrexie complète. Chaque accès se partage en trois temps que l’on nommesfades ou périodes, et qu’on distingue par leur ordre numérique ou par la dénomination de stade du frisson , de la chaleur , de la sueur , phénomènes qui se succèdent toujours dans les accès réguliers. La période de calme ou l’espace de temps qui sépare les accès se nomme apyrexie ou inter mission ; les jours qui séparent les accès sont dits intercalaires , et l’on appelle paroxystiques ceux pendant lesquels ils reparaissent. Enfin , le type est l’ordre suivant lequel les accès reviennent, se correspondent et s’enchaînent. On en a admis plusieurs espèces , les principales sont : les types quotidien , tierces quarte. Dans le premier, les accès ont lieu tous les jours, et sont tous semblables entre eux pour la durée , la violence et les principaux symptômes qui les accompagnent. Dans le second, les accès se renouvellent tous les deux jours. Enfin , dans le type quarte , lis accès ayant lieu tous les trois jours, sont séparés par deux jours d’apyrexie.

Ces trois types offrent quelques variétés ayant reçu des noms particuliers et qu’il importe de connaître. Ainsi on nomme double quotidienne la fièvre qui présente deux accès par jour; double tierce celle qui a un accès tous les jours, mais avec cette circonstance remarquable que les accès des jours pairs (du deuxième et du quatrième) se correspondent pour la durée et l’intensité , et que la même corrélation existe pour les accès des jours impairs (premier et troisième). Le type double quarte présente un accès deux jours de suite , puis vient un jour d’apyrexie. Les accès s’enchaînent de manière que celui du quatrième jour est semblable à celui du premier, celui du cinquième à l’accès du second ; enfin , l’apyrexie du sixième jour correspond à celle du troisième. Ces diverses variétés de type sont à peu près les seules qu’on rencontre dans la pratique , et il importe de bien connaître la valeur des mots qui servent à les désigner. Les auteurs ont pourtant admis plusieurs autres types, ainsi ils ont décrit une fièvre tierce doublée, quarte doublée et quarte tri plée. Dans la première, il y a tous les deux jours deux accès dans les vingtquatre heures; dans la deuxième, il y a deux accès dans un jour, après deux jours d’apyrexie; enfin, dans la troisième, il y a trois accès les pre-

DES FIÈVRES

niier, septième et dixième jours, et apyrexie les jours intermédiaires. On parle aussi d’une fièvre triple tierce et triple quarte, dansla première il y a deux accès le premier et le troisième jour, et un seul le deuxième et le quatrième; ces accès se correspondent de deux eu deux jours. Dans le type triple quarte , il y a un accès tous les jours ; ces accès se correspondent pour la durée et la violence tous les trois jours , c’est-à-dire que le quatrième est semblable au premier, le cinquième au deuxième , le sixième au troisième. Enfin , et pour terminer, je dirai qu’on a admis des fièvres quintane , septane, octane, mensuelle , annuelle , etc., suivant que les accès revenaient tous les cinq , six ou huit jours, tous les mois, tous les ans. Mais de toutes ces variétés de types, le double tierce est le seul qu’on rencontre , les autres sont purement exceptionnels, et plusieurs même n’existent probablement pas.

Historique. Bibliographie. — Les fièvres intermittentes ont été connues de tout temps, elles sont mentionnées dans plusieurs des traités d’Hippocrate ou attribués à ce grand homme. Elles furent , pour la première fois, décrites méthodiquement par Celse, puis par Galien et par les auteurs arabes. A dater des xvi et XVIIe siècles, ces maladies furent étudiées avec plus de soin et par un grand nombre d’auteurs. Non seulement on en parle dans tous les traités de pyrétologie et de pathologie interne , mais elles ont été le sujet d’une foule de dissertations et de monographies, parmi lesquelles se distinguent surtout celles de Morton, de Lancisi, deWerlhof, de F. Hoffmann, deSenac, de Strack, dePhilipps; en France ce sont les ouvrages de MM. Nepple, Faure, Maillot et les intéressantes recherches de M. Piorry sur le volume de la rate. ( Voir aussi plus bas Fièvres pernicieuses.)

Divisions. — Plusieurs divisions importantes ont été proposées dans l’étude des fièvres d’accès. Ainsi on les a distinguées en simples , franches ou bénignes , et en pernicieuses , en manifestes et en larvées, en essentielles et en symptomatiques, en régulières et en irrégulières , expressions dont nous déterminerons plus tard la valeur.

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