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CONGESTION ACTIVE DES POUMONS

Dans la congestion active , les poumons sont moins crépitants et plus lourds, ils surnagent moins complètement; d’une couleur violacée, il s’écoule des incisions qu’on leur pratique une grande quantilé de sang noir, fluide, mêlé à de la sérosité spumeuse. Les bronches sont ordinairement vides, ou contiennent un peu de mucus blanc ou légèrement sanguinolent.

Symptômes. — Dans toutes les congestions actives des poumons, les malades accusent de l’oppression , un sentiment pénible de gène dans la poitrine, souvent accompagné d’une sensation de chaleur dans cette cavité, et d’une légère accélération des mouvements respiratoires. Lorsque Ja toux existe, elle est presque toujours sèche et peu fréquente; quelquefois pourtant les malades rejettent quelques crachats blancs, visqueux, souvent striés de filets de sang. Il est fort rare que la percussion du thorax donne quelque signe morbide. Cependant, lorsque la congestion est considérable et qu'elle affecte la superficie du poumon , le son de la poitrine sera obscurci à ce niveau , ce dont on pourra se convaincre en percutant comparativement le côté sain dans les points correspondants. Par l’auscultation on constate, en outre, au niveau des points congestionnés une diminution parfois considérable dans le murmure vésiculaire, mais sans augmentation dans la résonnance de la voix. Dans quelques cas rares, indépendamment de la faiblesse du bruit respiratoire , on entend encore , surtout pendant la respiration , quelques bulles rares de râles muqueux ou sous-crépitants, ce qui indique qu’un yeu d’exhalation s’est faite dans les vésicules ou dans les bronches. Ces râles n’offrent rien de particulier, et tout ce que !\I. Fournet a dit à ce sujet dans son livre me semble avoir été plutôt imaginé que réellement observé. A l’aide des signes physiques que je viens d’indiquer, on peut limiter plus ou moins exactement le siège de la congestion. Quoique celle-ci puisse se montrer indistinctement dans tous les points du poumon, l’observation a prouvé cependant que dans la grande majorité des cas, l’hypérémie occupe le bord postérieur et la partie inférieure de l’organe.

La congestion pulmonaire réveille peu de phénomènes sympathiques ; les seuls symptômes généraux qui l’accompagnent sont ceux qu’on rencontre dans la plupart des autres congestions actives.

Marche, durée, terminaisons. — Il n’est pas ordinaire que la congestion pulmonaire débute aussi brusquement que celle du cerveau, et que, comme celle-ci, elle atteigne en peu d’instants son maximum d’intensité. Cependant il n’est pas absolument rare de voir la congestion naître tout d’un coup et amener une mort très prompte, parfois instantanée. Dans la plupart des cas pourtant le début de la maladie est plus

lent ; sa durée est rarement moindre de trois ou quatre jours; la résolution est sa terminaison ordinaire. La poitrine reprend alors sa sonorité , tandis que la faiblesse du bruit respiratoire disparaît plus lentement. Dans quelques cas , une hémoptysie plus ou moins abondante succède aux signes de la congestion , et l’on voit souvent alors se former plusieurs noyaux apoplectiques dans le parenchyme de l’organe; d’autres fois c’est une pneumonie qui se déclare ; mais ce dernier mode de terminaison de la congestion nous a paru être bien rare. La congestion pulmonaire brusque et portée à son plus haut degré peut, ainsi que nous l’avons déjà dit, causer la mort instantanément. M. le docteur I)evergie regarde même cette cause de mort subite comme très fréquente , puisque , sur quarante cas observés par lui , vingt-quatre fois la mort avait été occasionnée par une congestion du poumon seule ou unie à une congestion cérébrale. C’est aussi ce que M. le docteur Lebert a parfaitement établi dans un excellent travail qu’il a inséré dans les Archives générales de médecine pour l’année 1838. La mort s’explique ici par la suspension de la respiration et de la circulation dans les poumons , dont tout le système capillaire est engorgé.

Diagnostic. — D’après ce que j’ai dit, on voit qu’il est assez facile de reconnaître une congestion pulmonaire active ; car cette affection ne présente que peu de points de contact avec les autres maladies thoraciques, telles que la pneumonie au premier degré , la bronchite et l’œdème du poumon. Il importe beaucoup, pour le pronostic et pour le traitement, de déterminer si une congestion pulmonaire est essentielle ou si elle est symptomatique de quelque lésion organique, soit du cœur, soit des poumons. L’examen attentif des malades permettra, dans la plupart des cas, de le préciser. Le siège qu’occupe la congestion pourra d’ailleurs fournir quelque présomption sur sa nature. Ainsi on peut établir en règle générale que la plupart des congestions qui se forment clans le tiers supérieur des deux poumons se lient à l’existence de tubercules. Cette opinion acquiert d’autant plus de vraisemblance que la congestion récidive plus souvent, qu’elle survient spontanément sans cause appréciable, qu’elle persiste plus longtemps, enfin, qu’elle se juge ordinairement par une hémoptysie.

Pronostic. — Les considérations précédentes indiquent combien le pronostic de la congestion pulmonaire est variable. Lorsque celle-ci est simple, qu’elle survient chez un sujet bien portant à la suite de causes bien évidentes , elle n’a aucune gravité. Il en est tout autrement lorsque la maladie , lout-à-fait spontanée , se lie à l’existence de tubercules , car l’afflux insolite du sang qu’on constate alors dans un'point du poumon révèle presque toujours un surcroît d’activité dans le travail morbide qui engendre les tubercules.

Etiologie. — Les congestions pulmonaires se rencontrent spéciale-

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