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DE LA CHLOROSE

monts leucorrhéiques ; cependant il n’est pas rare de trouver la menstruation parfaitement régulière, le sang perdu est seulement plus pale , enfin, dans quelques cas, il existe de temps en temps de véritables pertes qui ont toujours pour effet d’augmenter l’état anémique. Ces troubles de la menstruation et ces écoulements blancs excitent ou augmentent les accidents nerveux que l’appauvrissement du sang déterminait déjà, et qui doivent être ici d’autant plus marqués que le sexe et la constitution y prédisposent davantage. Mais, comme on le voit, il n’y a là rien qui soit caractéristique, d’une affection distincte. Enfin, comme dernières preuves de l’identité des deux maladies, nous dirons que la chlorose marche et qu’elle se développe sous l’influence des mêmes conditions et qu’elle exige le même traitement que l’anémie. Les préparations ferrugineuses sont, en effet, un spécifique pour celle-ci, comme elles le sont pour la première.

En résumé , il est incontestable que la chlorose n’est qu’une simple variété de l’anémie. Elle est donc essentiellement constituée, comme cette dernière, par un appauvrissement du sang, par la diminution des globules. Ceux qui en ont fait une affection distincte , sans pouvoir pourtant établir son diagnostic différentiel d’avec l’anémie, ont cherché à prouver que la chlorose était un état morbide consécutif à des troubles de menstruation ; mais des faits mieux observés ont démontré d’abord que ces accidents n’étaient pas constants, et que l’aménorrhée, la dysménorrhée comme les écoulements blancs, loin d’être la cause de pâles couleurs, en étaient au contraire la conséquence. On conçoit, en effet, que si le sang est appauvri et en quantité insuffisante, il cesse de se porterions les organes génitaux aux époques accoutumées. La manifestation de la chlorose, consécutivement à un travail de la menstruation, comme le serait, par exemple, la suppression brusque des règles, ne prouverait rien contre l’opinion que je soutiens , car on peut voir la chlorose ou l’anémie survenir indifféremment après toute espèce d’état morbide. Nous ne croyons pas devoir discuter les autres hypothèses faites pour expliquer la nature delà chlorose, que les uns font dépendre d’une asthénie des organes génitaux (Roche) , de celle du grand sympathique (Copland), ou des organes digestifs ( Hoffmann) ; car aucune de ces théories ne s’appuie sur des données positives. Dans la chlorose, nous voyons tous les organes souffrir, toutes les fonctions languir ou être perverties, parce que le sang est moins abondant, et que ses principes stimulants ont diminué de proportion. C’est là la seule lésion matérielle qu’il nous soit permis de constater. Quant à la cause intime qui empêche la sanguification , elle nous échappe presque toujours , car elle est ordinairement tout organique. Les hypothèses précédentes, toutes ridicules qu’elles sont, ont pourtant exercé et exercent encore une grande influence sur la pratique de beaucoup de médecins. Les uns, en effet,

emploient les emménagogueset les applications de sangsues aux cuisses, pour rappeler les règles dont la suppression leur paraît être la cause de la maladie. D’autres conseillent le mariage pour réveiller l’activité des organes génitaux ; quelques uns, à l’exemple d’Hamilton, donnent des drastiques. Mais aucun de ces moyens ne remédie au véritable mal, et plusieurs même l’aggravent; tels sont surtout les évacuants et les émissions sanguines qui augmentent l’appauvrissement du sang. Quant au mariage , il ne peut être avantageux que lorsque la jeune fille devenue chlorotique par suite d’un amour contrarié , est unie à l’objet aimé. On conviendra que, dans ce cas, la satisfaction du coeur doit influer bien plus sur le rétablissement que le rapprochement sexuel, qui agit souvent comme débilitant plutôt que comme excitant.

Le fer est, comme pour l’anémie simple, le médicament par excellence; cependant, en raison de la prédominance plus grande de l’état nerveux et des troubles plus marqués qui existent du côté de l’estomac dans les cas de chlorose, on doit s’astreindre à certaines règles. Ainsi, comme le conseille iVf. Trousseau, on doit employer préférablement au début les préparations de fer insolubles, telles que le carbonate ou la limaille à la dose d’abord de 10 ou 15 centigrammes (2 ou 3 grains} aux deux principaux repas ; si le médicament est bien supporté, on arrive progressivement jusqu’à 1 et 2 grammes, et on continue jusqu’à ce que tous les symptômes de la chlorose aient entièrement cessé. Mais comme cette maladie est très sujette à récidive , il faut reprendre de temps en temps l’usage des martiaux pendant plusieurs semaines , de manière à assurer le plus possible une guérison définitive. Divers accidents forcent souvent à apporter certaines modifications dans. le traitement: ainsi, lorsque l’irritabilité de l’estomac est telle que les préparations de fer ne peuvent être supportées , ou bien encore lorsqu’elles causent la diarrhée , il faut les associer à un extrait amer comme celui de gentiane ou à une poudre aromatique telle que celle de cannelle (1 gramme pour 2 de fer). Enfin on pourra suspendre momentanément .le fer et on combattra alors les accidents nerveux par l’usage de l’opium, du sous-nitrate de bismuth, du columbo, du diascordium; ces trois derniers à la dose de 25 à 50 centigrammes avant le repas. Quand ces accidents sont calmés , on reprend l’usage des ferrugineux en commençant par de très petites doses. S’il existe une constipation très opiniâtre, ou la combattra par des lavements légèrement laxatifs, ou bien on donnera des pilules ferro-aloétiques telles que M. Trousseau les formule, et contenant pour 75 centigrammes ou pour 1 ou 2 grammes de préparation ferrugineuse, 5 ou 10 centigrammes d’aloès. On préférera encore ici les sels solubles , citrate , tartrate ou perchlorure. Les pilules seront prises au moment du repas. L’usage de l’aloës serait contre-indiqué si la chlorose s’accompagnait de métrorrhagie ; on pourrait alors le remplacer

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par la rhubarbe ou par de la magnésie que les malades prendraient le soir en se couchant. Celte dernière substance convient aussi beau coup quand il y a pyrosis; celui-ci fait que quelquefois le fer est mal supporté. La chlorose, avons-nous dit, peut se compliquer de ménorrhagic ; cet accident, sur lequel M. Trousseau a le premier appelé l’attention d’une manière spéciale, ne peut fournir qu’une indication secondaire; l’indication principale, première, est donnée par l’état chlorotique. Si la ménorrhagie ne survenait qu’à l’époque des règles , il faudrait profiter de l’intervalle des deux époques pour prescrire les ferrugineux à haute dose; car le seul moyen de prévenir une nouvelle hémorrhagie est de rendre le sang plus riche en globules. Cependant , si l’écoulement sanguin était trop considérable , il faudrait chercher aie modérer par les moyens que nous ferons connaître plus tard. (Voir Ménorrhagie.)

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