DE LA FIÈVRE ÉPHÉMÈRE
au toucher, le pouls plus ou moins large et fréquent; la soif est vive , la langue blanche et large; il n’y a point d’appétit, pas de selles ni de coliques; l’urine est rare et rouge. L’exploration des cavités splanchniques et de la surface du corps ne fait découvrir nulle part de lésion capable d’expliquer le mouvement fébrile qu’on observe. Enfin il n’existe aucun symptôme grave. Cependant , chez quelques personnes irritables, et surtout chez les femmes et les enfants, on peut observer un peu de délire ou d’agitation pendant la période la plus aiguë de la maladie. En général, après six, douze ou dix- huit heures, on voit la fièvre diminuer d’intensité , puis cesser tout-à-fait après une durée de vingt-quatre heures ; cependant il n’est pas rare qu’elle persiste au-delà de ce terme, et qu’elle ne se juge qu’au bout de deux ou trois jours. On lui donne alors le nom de fièvre simple continue (Rivière) , ou synoqtie non putride ( fièvre éphémère prolongée). Dans ces cas, on voit tantôt les accidents fébriles , parvenus en quelques heures à leur plus haut degré d’intensité, diminuer progressivement, d’autres fois s’accroître jusqu’au dernier jour. Dans ce dernier cas, on observe généralement le soir ou pendant la nuit un redoublement de la fièvre , de la céphalalgie et du malaise général.
Le retour à la santé se fait souvent sans qu’on observe aucun changement notable dans les sécrétions ; cependant le plus ordinairement la diminution de la fièvre 'coïncide avec l’apparition d’une sueur plus ou moins considérable , et qui exhale quelquefois une odeur fétide ; d’autres fois les malades rendent une urine briquetée , trouble , ou bien il survient deux* ou trois selles de matières jaunes et très fétides ; enfin, et c’est une des crises les plus fréquentes, une éruption de vésicules d’herpès se fait aux lèvres.
En général il n’y a pas ou à peine de convalescence ; l’appétit renaît avec les forces dès que la fièvre est tombée ; cependant il est quelques sujets chez lesquels la diminution de l’embonpoint et des forces n’est pas en rapport avec la maladie qu’ils viennent d’éprouver; souvent alors le rétablissement complet exige encore plusieurs jours de repos et de régime.
Il est des individus qui éprouvent chaque année plusieurs récidives de fièvre éphémère; mais cela n’a guère lieu que chez les jeunes gens, et généralement cette disposition diminue avec l’âge, et disparaît vers la quarantième année.
Diagnostic. — Il est souvent difficile de déterminer, quand la fièvre commence, si elle ne sera qu’éphémère ou si le malade éprouve un accès de fièvre intermittente. Cependant , si le frisson est léger ou manque , si la fièvre , au lieu de cesser après huit ou douze heures , comme cela a lieu le plus souvent pour les accès intermittents , se prolonge pendant dix-huit , vingt ou vingt-quatre heures; si la fièvre s’est allumée
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sous l’influence d’une des causes que je vais bientôt énumérer , il sera probable que la maladie ne sera qu’une fièvre éphémère.
Pronostic. — Le pronostic ne peut présenter aucune gravité.
Causes. — La fièvre éphémère affecte spécialement les enfants et les jeunes gens; elle survient ordinairement à la suite de vives émotions, après des fatigues corporelles, ou bien elle succède à l’impression du froid, à des écarts de régime, et spécialement à des excès de liqueurs stimulantes. Chaque époque menstruelle réveille aussi chez quelques femmes un mouvement fébrile éphémère. L’établissement de la sécrétion du lait chez les nouvelles accouchées s’accompagne encore d’un appareil fébrile qui pourrait être regardé comme une fièvre éphémère. Ces différentes causes n’ont souvent pour effet que de produire une courbature, c’est-à-dire une indisposition caractérisée par un état de malaise général , par des lassitudes et un dérangement dans la plupart des fonctions, sans mouvement fébrile. La courbature peut être quelquefois le prodrome de la fièvre éphémère.
Traitement. — Le repos au lit, l’abstinence de tout aliment, l’usage de boissons délayantes ou tempérantes sont les seuls moyens qu’il suffit d’employer. S’il arrive que, pendant la convalescence, les malades restent faibles, si l’appétit ne revient pas, si les aliments déterminent de la pesanteur , si la langue est sale et le ventre météorisé, il conviendra de donner un éméto-cathartique ou un simple laxatif pour voir disparaître promptement ces accidents.