‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interneChapitre 97 sur 140 · DES OREILLONS · texte numérisé non relu

DES OREILLONS

On donne les noms d 'ourles ou (['oreillons à une tumeur douloureuse et à marche aiguë , formée par l’engorgement inflammatoire du tissu cellulaire de la région parotidienne.

Symptômes. — Cette maladie est souvent précédée pendant quelques jours par du malaise et par de la fièvre ; puis les malades accusent de la douleur et un sentiment de gêne vers l’articulation temporo-maxillaire. Bientôt apparaît à ce niveau une tuméfaction, qui se propage ordinairement jusqu’au-dessous de l’angle de la mâchoire, et s’étend quelquefois plus ou moins loin sur le cou et sur la tempe. Ce gonflement , qui peut occuper les deux côtés , et qui d’autres fois est borné à un seul , est d’un rouge obscur, quelquefois un peu violacé. Souvent la peau conserve, h ce niveau , sa couleur naturelle ; mais elle y est plus chaude que de coutume. La tumeur n’a point la dureté du phlegmon , mais seulement la rénitence que donne le tissu cellulaire affecté d’œdème actif. Souvent il existe en même temps du malaise, de la courbature, de la pesanteur à la tête , des vertiges , un peu de fièvre , de l’inappétence. En général , la tumeur s’accroît pendant deux ou trois jours, puis, après être restée stationnaire pendant un temps égal , on la voit diminuer peu à peu , et finir par disparaître après une durée moyenne de sept à huit. L’oreillon n’est presque jamais suivi de suppuration. La résolution est sa terminaison presque constante ; on dit qu’elle est souvent marquée par une sueur générale, ou bornée à l’engorgement parotidien; c’est ce que je n’ai jamais constaté. Mais il n’est pas très rare , surtout dans le cours de certaines constitutions épidémiques, que la résolution de la tumeur se fasse avec métastase : c’est ainsi qu’on voit quelquefois au fur et à mesure que l’engorgement de la région parotidienne se résout , l’un des testicules, ou les deux à la fois, se tuméfier et s’indurer. Chez la femme,

DES INFLAMMATIONS

la métastase s’opère sur les mamelles ou les grandes lèvres, qui deviennent également le siège de tumeurs douloureuses. Cette métastase, sur laquelle quelques médecins ont élevé des doutes, est un fait assez rare dans la pratique ordinaire, mais qui néanmoins est parfaitement établi , et pour ma part , j’ai eu l’occasion déjà d'en recueillir cinq exemples chez l’homme. Je n’ai jamais vu de rapport constant entre le siège de l’oreillon et celui de l’engorgement consécutif des testicules : ainsi, je n’ai pas vu, comme on l’a dit, que la métastase s’opérât toujours sur le testicule correspondant à la région parotidienne malade. Dans les faits que j’ai observés, il n’y a jamais eu non plus, à proprement parler, cessation brusque, ou délitescence de l’engorgement parotidien , mais seulement diminution graduelle et beaucoup plus rapide d’ailleurs que dans la résolution des tumeurs phlegmoneuses ; celle-ci n’était complète qu’en deux, trois ou quatre jours. A peine commençait - elle qu’on voyait se manifester déjà l’engorgement d’un des testicules , qui , en un ou deux jours, avait souvent doublé ou triplé de volume. La peau du scrotum est alors d’un rouge violacé ; le testicule est plus lourd, plus résistant que de coutume, mais il est loin d’offrir la dureté , le poids et la sensibilité qu’on observe dans lesengorgements franchement inflammatoires. La plupart des malades n’accusent, en effet, que fort peu de douleur, même quand on exerce un certain degré de pression sur l’organe. Ce gonflement est susceptible des mêmes terminaisons que l’oreillon. Ainsi, presque toujours, il se résout au bout de cinq à six jours; quelquefois il survient de la suppuration ; enfin , on a vu celle affection secondaire se terminer elle-même par une métastase sur la région parotidienne , puis la maladie se reporter encore de celle-ci sur le testicule , et ainsi plusieurs fois de suite de l’une à l’autre. On a dit que, dans quelques cas, la disparition subite de l’engorgement parotidien et des testicules a été promptement suivie de la mort , au milieu du délire et des convulsions ; on a supposé qu’alors la métastase s’était faite vers le cerveau. Mais les faits de ce genre n’ont pas encore été suffisamment observés. Il n’est pas prouvé non plus , ainsi qu’on l’a dit, que la métastase puisse jamais se faire chez la femme sur les ovaires.

Diagnostic et pronostic. — L’oreillon ne pourrait être confondu qu’avec l’engorgement de la glande parotide; mais dans celui-ci la tuméfaction est plus considérable , plus dure , plus étendue ; on constate tous les phénomènes d’un phlegmon. La tumeur est persistante, et se termine le plus souvent par suppuration ; quelquefois par gangrène, et jamais par métastase. Son pronostic ne présente aucune gravité.

Etiologie. — Les oreillons , rares chez les vieillards , et même après trente ans, n’affectent guère que les adolescents et les jeunes gens. Le froid humide est la cause qui a paru agir le plus souvent, soit pour déterminer la maladie , soit pour produire sa terminaison par métastase.

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