Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1
H y a treize ans, à pareil jour, que pamt la première édition de ma Pathologie iiUL*me. Depuis cette époque, je n'ai cessé cIo travailler à perfectionner mon œuvre, .le i\v |)ou^ais, en eiïet, mieux répondre à la bîonveillanre de mes confrères qu'en m^efTorçant de rendre mon livre de plus en pins digne de la faveur qu'on lui a accordée eu France aussi bien qu*à Tétranger.
Comme |)onr les autres éditions, tous les chapitres ont été revus avec sirin, des additions importantes ont été faites cl des descriptions nouvelles ont été ajoutées: j*aî (ait enfin de mon mieux |>our mettre cette 7" édition au niveau des derniers progrès de la science. J'espc're que mes confrères, me tenant compte de mes (*iï<>rts. m'en récompenseront encore en continuant h mon livre une bienveillance à laquelle ils mont -liabitué.
Juin 1857.
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AVANT-PRi!)^OS.
La pathologie est cette branche de la médedae qui a pour objet la coq* ( naissance des maladies. C'est la science de rhomme souffrant, comme la ; physiologie est la science de llionmie en santé. La pathologie», aiasi^^ M. Cbomel le remarque, ne traite pas seulement de la classification des mhladies, de leurs causes, de leurs symptômes et de leurs signes, maïs ellecfbmprend encore dans son domaine leur siège, les phénomènes qui les précèdent et les suivent, leur marche, leur durée, leurs modes de terminaisons, leurs retours, leurs foimes diverses, leurs complications, les lésions qu'elles apportent dans la texture des organes, leur traitement préservatif ot curatif, ce qui, en effet, constitue tout autant de points essentiels de leur histoire.
La pathologie médicale a fîût depuis un siècle d'immenses progi*ès : Fanatumie pathologique, que Bonet n'avait fait qu'ébaucher, a été définitivement Cl instituée par Morgagni; Bichat a créé l'anatomie générale. Digne continuateur des grands physiologistes du xyiu* siècle, il a, par la conduite ingénieuse de ses expériences, par les méthodes sévères qu'il a introduites, par l<f$ résultats nouveaux auxquels il est parvenu, donné une face nouvelle \ la physiologie et imprimé à la science comme à la pratique de la médecine la plus heureuse impulsion.
Outre ces grands résultats, Tart s'est enrichi de nouveaux procédés d'exploration. La percussion, découverte par Avenbrugger, l'auscultation, créée par le génie de Laênnec, ont été perfectionnées, étendues dans leurs applications; lachimiei ' '*aide de méthodes plus sûres, plus parfaites, a fait découvrir, pendaot I ine après la mort, une foule d'altérations inconnues
VI AVANT-PROPOS. j
OU mal (lt'»lmies jusqu'alors, et a, delà sorte, ôclairc'î le diagnostic, niais dirigé en outre la thérapeutique dans des voies nouvelles. Cette application dos métliodes.ioxactes & la recherche des maladies a fait disparaître, condamner sans retour une foule d'idées abstraites, syslénuUifiues, qui ont lon^'temps obscurci le diagnostic, fait dévier ia thérapeutique, et qui, donnant à la médecine Tair d'un roman plut<H qued'uno science exacte, avaient ainsi contribué à la discréditer.
Non-seulement Tobsorvay on est devenue plus parfaite et rexpérimentatioii plus rigoureuse, mais pour sjplever de la connaissance des faits particuliers à celle des faits généraux, on ne s*est plus fié k la mémoire, aux impressions vagues, aux inspirations tliéori(iues ; on a recueilli des faits nombreux, on les a comparés et comptés, et, par ce rapprochement, par cette analyse, par cette numération^ on est arrivé à des déductions rigoureuses, à la connaissance de ({uelques lois prwises, à des résultats positifs en séméiotique, en étiologie, comme en thérapeutique.
La science moderne peut être hère de ces conquêtes, elle n'a rien à envier aux siècles précédents. Mais la pathologie, en agrandissant son domaine, en perfectionnant ses méthodes, est devenue par cela môme plus longue, plus difficile à étudier. Le diagnostic est surtout la partie de la pathologie qui offre les diiljcnltés les plus grandes. Il constitue d'ailleurs le fondement de lamé* decino pratique, puisque sans lui le pronostic est impossible, la thérapeuti^ que incertaine, et parfois même meurtrière. On ne parviendra à surmonter les obstacles (|ue c<ïtte étude présente et à saisir à ])ropos les indications que si, doué d'un jugement sain et de sens intacts, on se livre avec persévérance, avec ardeur, à l'observation d(s malades. La lecture des meilleurs ouvrages ne peut suppléer à l'étude clinique: sans elle l'éducation médicale est iml»ossiblc; elle seule ()eut donner au méd(*cin le vrai savoir, qui consiste bien nioins à connaître œ que les autres ont dit qu'à juger d'après soi-même.
L'ordre suivant lequel 1(îs maladies doivent être étudiées n'est pas chose indifférente. Dans les traiUîs de médecine publiés jusfju'ti présent, on a suivi trois méthodes principales de classification; ce sont: \\)v(\vù alphabet I que ^ l'ordre anatomiqiœ^ VoxàxQ philosophique. Ce dernier est le seul qu'on doive suivre: c'est celui, par consécjuent, ([ue nous avons adopté.
La méthode alphatxHiciue est sans contrecht la plus irraiionnelle. Classer, en effet, les maladies, d'après la ressemblance des noms ou le liasard de la lettre initiale, c'est vouloir tomlter dans la plus déplorable confusion en plaçant à coté les unes des autres les maladies les plus dissemblables, n'ayant