‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 2 sur 118 · AVANT^PROPOS. VU · texte numérisé non relu

AVANT^PROPOS. VU

oCreollos aucune analogio do siège et de nature, tandis qu'on sépare celles i|oi OQt'des oaractàros communs.

La méthode anatomique lui est de beaucoup préférable. Ccile-ci consiste k diviser les maladies suivant les organes ou les appareils quVllcs affectent : elle a pour avantage de réunir dans un môme cadre toutes les maladies dont une partie peut être atteinte. Mais elle a, comme la méthode alphabétique, !e grave inconvénient de disperser les maladies congénères qui, comme les i inflammotions, les hémorrhagies, les névroses, etc., se prêtent à des consi»' F dérations générales dont Texposition préparc^nvcnablement l'esprit du lecteur et ch'ite par la suite beaucoup de répétitions inutiles. Cet ordre, tout lllogiqne qu'il est, pourrait, aussi bien ([ue la méthode alphabétique, être toléré i)Our un manuel dostint? aux praticiens; mais il est essentiellement vicieux dans les livres élémentaires, car les maladies diverses dont un organe tst atteint déterminant nnc foule de symptômes communs, il en résultera > >u vent une grande confusion dans l'esprit du commençant. Très souvent au<si le rapprochement, le voisinage de certaines maladies fera croire qu'il t-xiste entre elles des rapports de cause à effet. Enfin un dernier inconvénient, iîoii moins grave que les précédents, c'est que l)on nombre de maladies nayant pas de siège déterminé, Tordre anatomique n'est plus applicable à une partie considérable de la pathologie; et si Ton s'olMtine alors à suivre \[i claî^sification anatomique, ce n'est qu'à la condition défaire des rapprochements souvent monstrueux, et de résoudre sans la moindre preuve, par •impie inspiration thfwiquo, des questions encore indécises et souvent mémo iîi-Hlnl)les.

FU'ste enfin Tordre philosophique ou, pour parler plus exactement, la :ii.tliu*lo nosolof^ique, consistant à diviser les maladies en un petit nombre .!. «lasses, celles-ci en ordres ou en genres renfermant un certain nombre

i t-spfces. Olle méthode, que Félix Plater semble avoir proposée le premier,

tait t-elle <iut' Sydenliam prélérait, et c'est pres(iue pour obéir à un vœu 'Apriiii»'* [)arco grand homme dans laprétacedc son immortel ouvrage que SanvaîJ:es composa, en 1731, sa i\osologie infft/ioffiqiie. Ce même ordre tut •\'\o\tiô quelque temps apr(>s par Linné et par pres(|ue tous les nosographes

:..iil le* nom mérite de faire autorité, c'est-à-dire par Vogel, Sagar, CuUen, l»ini'l. etc. En effet, la méthode nosologique a Tinmiense avantage de réunir 'îans \in mémo groupe, d(^ confcmdre dans des considérations communes des î;ï;ilailic»s semblables, congénères, et de les séparer des maladies qui n'ont :ivi-c elles aucune espèce de rapport. On ne? saurait nier, par (!ons(î(|uent, qu'une pareille méthode abrège, beaucoup Télude. M. le professeur Chomel, qui ilcpuis longtemps défend la même opinion, reconnaît (jue la classification

înr«)lo^ique, en présentant dans un cadre déterminé toutes les maladies con »

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nues, conduit à reconnaître avec plus de précision les analogies et les dissemblances qui existent entre elles» et à mieux apprécier la valeur des assertions générales et des points de doctrine, en permettant d'en faire rapidemoit l'application à tons les groupes de maladies, rangés suivant un ordre que le médecin doit toujours avoir présent à l'espiit.

On a reproché à la méthode nosologique de faire souvent des r^procfaements forcés, de réunir dans un même groupe des affections parfois fort dissemblat^les. Ce vice est réel ; mais il tient bien moins à la méthode elle-même qu'à l'imperfection de la sden^ D'ailleurs nous avons vu que pareil défaut se rencontrait au moins aussi souvent dans la méthode anatomiqu», sans que celle-ci rachet&t cet inconvénient par quelque avantage. Cependant il est possible d'éviter jusqu'à un certain point le défaut que nous signalons, en n'adoptant de classification que pour les maladies qui s'y prêtent et en faisant une classe à part pour le très petit nombre d'afl'ections qui, spéciales à certains organes ou a certains tissus, ne pourraient être rangées dans les autres classes sans forcer Tanalogie. C'était là la marche que M. le professeur Chomel avait autrefois adoptée dans ses cours, et c'est aussi celle que nous avons suivie dans ce livre d'après son conseil.

Sur quels caractères se fonder pour déterminer les genres et les espèces morbides? Prendra-t-on exclusivement pour règle les désordres anatomiques, ou bien les causes, ou bien enfin les troubles fonctionnels? L'anatomie pathologique serait sans contreilit la base la plus solide, la moins variable; mais elle nous fait défaut dans un grand nombre de cas, et il est beaucoup de maladies (toute la classe des névroses, par exemple) qui, nonobstant les troubles nombreux qui les caractérisent pendant la vie, ne se révMent sur le cadavre par aucune lésion matérielle saisissablc. L'anatomie pathologique ne peut donc pas servir à classer toutes les maladies, mais à en classer seulement un grand nombre.

L'étude des causes est un guide encore moins sûr pour établir convenablement les genres morbides ; c'est en se fondant sur Tétiologie que les divisions les plus arbitraires, disons même les plus ridicules, ont été apportées dans Tétude dos maladies. Les causes sont si obscures, si diniciles à saisir, si variables, qu'elles ne pourront jamais être, je pense, le fondement unique d'une méthode nosologique. Mais il en est pourtant dont l'action est si évidente, si palpable, si positivement déterminée, qu'il est possible de les faire servir à la détermination d'un certain nombre de genres. Tels sont les venins, les virus et tous les poisons; car, quels ([ue soient les désordres qui surviennent, la nature de la cause forme ici un caractî^re prédominant, invariable, pouvant par conséquent servir à classer l'affection.

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Ûarages, d'accord avec Sydenham, avait pris pour base de sa classifica* tion ka aymptAmes des maljEidies.^Hais ce point de départ est essentiellement inlii^ attenda que les symptômes' sont extrêmement variables, qu'ils secota- VafBBi entre eux de mille &çons, et^ue beaucoup sont communs à une foule 4e maladies qui n'ont entre elles aucune espèce d'analogie. Cependant il faut anvenir qu'il y a un certain nombre d'afieçtions inconnues quant à leur casse et à leur nature, n*ayant aucun siège anahnftique précis, et pour lesquelles le désordre fonctionnel, l'état symptomatique est le seul caractère palpable et constant» le seul par conséquent qui puisse servir à les dénommer et à les classer.

Nous concluons de ce qui précède que la détermination des genres ne peut reposer sur un seul caractère, et, d'accord avec mon regrettable ami, le professeur Requin, nous dirons comme lui, que la nosographie ne doit être, quant à présent du moins, ni exclusivement organique, ni exclusivement étîologiqoe, ni exclusivement symptomatique, mais revêtir ce triple aspect. la méthode mixte est donc celle qu*il fatit suivre, à moins de vouloir tron* qœr la science ou de régarer dans les hypothèses les plus aventureuses.

D*après les principes que nous venons d'exposer, nous avons divisé les maladies en dix classes. Ce sont : 1* les fièvres; T les maladies constiUêies par un vice de proportion du stmg ; 3* les inflammations; /i« les hémorrhagies ; 5' les sécrétions morbides; 6* les empoisonnements; T les lésions dénutrition; 8* les transformations organiques et les produits morbides accidentels; 9* les névroses; 10* les maladies propices à certains organes ou à certains tissus.

Cette classification est loin d'être irréprochable, mais ses défauts tiennent autant à mon impuissance qu'à l'état d'imperfection de la science. Rayle a reconnu, après bien d'autres, que chaque cadre a ses défauts, présente ses lacunes et offre quelques rapprochements forcés; qu'il faut l'apprécier à sa juste valeur, le considérer comme un répertoire plus ou moins exact, et préférer celui dans lequel le plus grand nombre de maladies analogues seront rapprochées. Les cadres nosologiques, ajoute le médecin émincnt dont je fuirle, sont des moyens artificiels pour suppléer à la faiblesse de noire intelligence : c'est un échafaudage nécessaire, on ne peut s'en passer : ils changeront plusieurs fois encore; mais si l'on parvient un jour à établir une distribution invariable, l'édifice de la science, dégagé des simulacres ({ui le représentent aujourd'hui, offrira un ensemble régulier, majestueux, inébranlable.

En attendant qu'un génie heureux trouve une classification qui captive loua les suffrages, nous devons nous évertuer à bien fixer les espèces mot-

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billes, ce qui, oomme l'observe Bayle, est plus important en nosologie que le cadre lui-môme. Aussi ai-je apporté un soin q>écial à ce travail. Je me suis également efforcé à racheter les défauts dé mon livre par l'exactitude des dos* criptions, par l'amour delà vérité et la complète indépendance avec laquelle j'ai jugé les hommes et les doctrines. J'ai évité autant que j'ai pu les discussions oiseuses, les questions insolubles, les hypothèses stériles, pour ne m'oc<cuper que des données positives et des faits pratiques. Dans la partie thérapeutique, à l'exemple deSydenham, d'Âstruc et des grands praticiens, je me suis étudié à prédser les indications aussi exactement que je l'ai pu, puis jVi énuméré les moyens propres à les mieux remplir. Mais j'ai évité, ainsi que l'ont d'ailleurs consmllé et^ratiqué la plupart des grands maîtres, de grossir mon livre de ces formules banales que quelques auteurs accumulent dans leurs ouvrages pour leur donner un vernis pratique, et qui ne sont en définitive qu'un grossier appftt ofTert à l'ignorance et à la paresse.

J'ai exclusivement traité dans ce livre de la pathologie spéciale, sans donner aucune de ces généralités qui appartiennent à la pathologie générale et ft la séméiotique. Qu'aurais-je dit, en effet, qui ne fût exprimé bien mieux que je n'aurais pu le faire dans l'ouvrage si éminemment classique de M. le professeur Chomel, qui est sans contredit l'introduction la plus reiuurquablo que nous ayons à l'étude de la médecine prati(|ue?

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