‹ Traité élémentaire et pratique de pathologie interne v. 1Chapitre 105 sur 118 · DES HYDROPISIES EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DES HYDROPISIES EN PARTICULIER

He l'anasarque.

On donne le nom à'anasarque ou de leucophlegmatie (^à raccumulatHNi le la sérosité dans les mailles du tissu ceilulairo de tout le corps; cetlc inlîltratiooct surtout manifeste dans le tissu cellulaire sous-cutané.

Caractères anatomiques, — Cette hydropisie est caractérisée par un gorfbment, en général indolent, qui cède sous le doigt et en conserve rimpression pa-i dant un temps plus ou inoms long. Si Ton incise les parties inlilli-ées, il en niiâdF de la sérosité ayant les qualités dont nous avons précédemment |)arlé. Le tisn cellulaire est raréfié, ses mailles sont agrandies; il est souvent ramolli, plus friable (Lobstein), parfois même il est dilHuent, d'aspect gélatineux, et n*a plus son organisation. La sérosité existe en plus grande abondance dans le réseau cellulaire soiucutané ; quelquefois elle s*ac^umule aussi entre les couches musculaires, dans leurs ' interstices celluleux et dans le tissu cellulaire qui double les membranes muqueuies, séreuses, ou entre les différentes tuniques des viscèi'es membraneux. Si ranasarqv est ancienne, les muscles sont décolorés, comme macér%; Ja peau est blanclK, amincie, demi-transparent^.

Dwàion et étioloyie. — On peot établir,* pour Tétude de Tanasarque, toutes is divisions que nous avons admises précédemment. La maladie peut se développer sous Tinfluence de chacune des causes que nous avons énumérées à roccasioo da hydropisies en général

Symptômes. — Le début de Tanasarque varie suivant que raflection est aigui ou suivant qu'elle est chronique, mais elle diffère surtout d'après les causes qui . président à son développement. Il est très rare de voir l'hydropisic être toat ï coup générale, et même il n'est pas fréquent qu'elle envahisse d*emblce plusiens ])oints du corps à la fois. C'est ce qu'on ol)serve cependant dans les cas où 1' sarque est symptomatique d'une maladie aiguë, telle qu'une aortite (Biznt), péricardite (Choniel), ou de la forme aiguë ée h maladie de Bright, ou bien knqu'eile arrive dans le déclin de la scarlatine, ou après un refroidissement suhiL

Dans la plupart des cas, surtout si Tanasarque est passive, on voit l'hydropisf, limitée pendant un temps plus ou moins long h un point plus ou moins circoBscrit, se propager ensuite successivement «i tout le reste du corps. Les parties primitivement envahies par l'infiltration séreuse diffèrent d'ailleurs suivant la cause qui produit l'anasarque, circonstance importante à noter dans le diagnostic différentiel.

Les caractères de l'anasarque varient. En général, la j)eau est pâle ou d'un blanc presque laiteux ; la pression du doigt détermine, sans effort et sans exciter aucune douleur, un enfoncement qui disparaît lentement dès qu'on cesse de comprimer. Quelquefois cependant les téguments présentent une dui*eté, une résistance remarquable que j'ai pins spécialement rencontrée lorsque la sérosité occupe la paroi dr l'abdomen. L'infiltration est d*autant phis considérable et plus abondante qu'elle se fait dans un tissu cellulaire plus lâche. Ainsi les paupières sont quelquefois

(1) Anasarquc, de àvà, enfrc, et d^ aào^, chair, Leucophlegmatie, de irvxo;, blanc, et de f)tyuLOif phlegme.

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infiltrées au point de recouvrir complètement le globe oculaire ; les grandes lèvres chez la femme, le scrolu^^i chez Hiomme, peuvent acquérir le volume d'une tête d'adolescent; si la verge est très infiltrée, le prépuce se contourne en spirale et Texcrétion de Turine devient difïicile. Dans tous les cas, la sérosité, obéissant aux lois de la pesanteur, s'accumule en plus grande quantité dans les points déclives tels que la régi(»n lombaire; pour la même raison, elle est plus abondante dans les membres inférieui^ que dans les supérieui-s; il n'est même pas rare de voir les premiers doubler, et parfois tripler de volume. Lorsque la peau se trouve ainsi dis^ tendue outre mesure, elle oiïre une température au-dessous de la moyenne ; elle perd son humidité et sa souplesse ; sa sensibilité diminue, et parfois elle cesse si

Smplétement, qu'on a vu des malades se faire des brûlures larges et profondes sans avoir la conscience. Celte distension extrême de la j^eau peut être portée à un degré tel, qu'on voit cette membrane se fendiller, se crevasser et livrer ainsi passage à la sérosité. D'autres fois la peau, sous l'influence de cette tension permanente, ou bien à l'occasion d*une plaie, d'une piqûre, ou de toute autre cause irritante, est frappée d'inflammation érysipélaleuse, qui se termine presque toujours par gangrène. Cet accident devient souvent une des causes principales de la mort.

Les symptômes généraux varient suivant la cause qui provoque et entretient l'anasarque : dans la plupart des cas, il y a langueur de toutes les fonctions de l'éco- Domie; la soif est plus ou moins vive; la diarrhée, qui se déclare surtout à une période avancée de la maladie, vient encore augmenter la faiblesse; l'urine est généralement peu abondante, et dans le cas où l'anasarque est symptomatique d'une maladie de Bright, ce liquide contient, comme nous l'avons dit, une quantité d'albumine plus ou moins considérable. Les caractères précédents se remarquent surtout dans la forme d'anasarque que les auteurs nomment asthénique on passive,

Marche, — Si Thydropisie est aiguë, on la voit se manifester rapidement et occuper en quelques heures une grande étendue, et quelquefois même toute rhabitude extérieure du corps. La peau offre souvent une teinte légèrement rosée; elle est chaude, sèche, rénitente au toucher ; si on la presse fortement avec le doigt, on excite une légère douleur et l'on détennine une petite dépression qui disparaît promptement dès qu'on cesse de comprimer ; il existe toujours alors une fièvre plus ou moins ^ive, et si l'on saigne le» malades, le sang présente communément une couenne inflammatoire. L'anasarque reste tantôt stationnaire ; d'autres fois elle s'accniît de plus en plus : il est rare pourtant que le corps acquière ce volume énorme et |)arfois monstrueux qu'il a dans les anasarques chroniques et passives Dans cette forme aiguë de la maladie, le fluide épanché semble obéir moins conn piétement aux lois de la pesanteur, et l'on ne voit pas, comme dans les anasarques passives, les parties déclives former des bourrelets volumineux et se déformer par suite de l'accumulation excessive de la sérosité. Tels sont les symptômes signalés par la phiprt des auteurs comme indiquant l'existence d'une anasarque idiopathique aitjuè. Mais si dans des cas pareils on veut explorer avec soin toutes les fonctions de l'économie, on découvrira certainement dans le cœur, dans le péricarde, dans les reins ou dans le sang, la cause matérielle qui a provoqué l'hydropisie. De toutes ces causer) organiques, la forme aiguë de la maladie de Bright est celle qui produit le plus souvent l'anasarque active. Dans ces cas, la douleur dans la région lombaire, et surtout l'état albumineux de l'urine, permettront d'étabUr un diagnostic certain.

A une période avancée, la plupart des anasarques se comçUcçi^VLl ^^^^œ&Kk^^

fondée ; c*cst donc sans motifs qu*on ajouterait le tourment de la soif aux sooffnuices de la maladie. 0

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