PREMIER GENRE DE SÉCRÉTIONS MORBIDES
stcRÉrrioivs séitruses.
L'exhalation morbide de la sérosité se fait communément dans le tissu cellnblre et dans les membranes séreuses, dû le liquide est retenu pendant un temps pins ou moins long ; d'autres fois la sécrétion s'opiTe à la surface d'une membrane noqueuse, et dans ce cas on obscne , suivant la disposition des parties, tantôt no flux, tantôt une collection, et quelquefois Fun et l'autre alternativement : c'est ce que nous verrons dans les articles suivants.
DES HYDROPISIES EN GÉNÉRAL
On ne doit comprendre sous le nom iVhydropisie que l'acaunnlatinn de la sérth site dans les mailles du tissu cellulaire on dans les membranes séreuses. Quelques auteurs ont pourtant étendu la signification du même mot à raccumulation an fluides dans des cavités accidentelles comme les kystes, ou dans les onganes tapissés par des membranes muqueuses, tdles que l'estomac ou l'utérus : mais nras ne croyons pas, d'accord avec MM. Rayer et Uttré, qu'on doive confondre sonsla môme dénomination des affections qui sont si distinctes les unes des autres. Ea comprenant seulement parmi les hydropisies les é|)ancheinents séreux du lûsu cellulaire et des membranes séreuses, on forme un groupe naturel de maladies affrétant des tissus identiques sous les rapports anatomique et physiologique ; de plw. nous verrcms combien sont intimes les connexions qui lient les hydropisins des membranes séreuses à a41es qui ont leur siège dans le tissn celiulaire : aussi les généralités que nous aUons présenter s'appliqueront aussi bien anx premières qu'aux secondes, tawWs i\ue \«* fe^^wÎEvwv^Vfc ^« ^vCv\.^ \c9Qff^»ra!s«& ou de ccr-
DES TlYDROPISIES EN GÊNÊRAt. 719
lains kyslcs sont des inaladics ((u'oii ne peut pas mOme rapproclier des hydropisies, car elles eu diiïèrent csseiiiiellomcnt par leurs causes, par leurs symptômes el leur marche : les considéi'ations que nous allons présenter ne sauraient donc leur être applicables.
Hision'que et divisions. — Les anciens ont connu et décrit les principales espèces d*hydropisies, sur la nature et la formation desquelles les idées les plus bizarres, en rapport avec les tliMries régnantes, ont été émises. Cependant, dèi Tenfance de Tart on a essayé d'en rapporter la c^use h la lésion matérielle de certains viscères, spécialement à une altération du foie. C'est, en effet, dans ce viscère qu'Érasistrate plaçait la cause unique de toutes leshydropisies, idée exclusive qui fut victo- ^eusemeni réfutée par Galien. (k^pendant l'illustre médecin de Pergame, regardant 1^ hydropisies comme un vice de la sanguification, et gisant d'autre part jouer au foie un rôle considérable dans la constitution et le roomementdu sang, il arrivait à conclure que cette glande était toujours ou primitivement ou secondairement affectée chez les hydropiques; ces idées eurent cours jusque vers le xvir siècle. La découverte d'Harvey vint les modifur, et rex|)érieiice célèbre tentée en 1622 l)ar liower, qui, ajant lié la veine cave inférieure et les jugulaires, vit des hydropisies se déclarer aussitôt, révéla le rôle que jouaient les veines dans la production de ces maladies; cette doctrine reçut la sanction de Boerhaave et d'Hoffmann. Cependant la découverte ^'A^elli détourna bientôt l'attention des pathologistes, et on les vit, dépossédant de plus en plus les veines du rôle qui leur avait été si justement départi, rapporter les hydropisies à une lésion des vaisseaux lymphatiques. Bardiolin, Mascagnl, Sœmmerring, h grand Hunter lui-même et Bichat, conti* nuèrent à propager cette erreur, qui fut si universellement acceptée, que Ton vit Pinel, dans la dernière édition de sa IS'osographiej classer les hydropisies dans les lésions organiques des vaisseaux lymphatiques. Cependant une r&wtion s'opéra bientôt; les belles expériences de Magendie réhabilitèrent le rôle des veines dans l'absorption, et presque aussitôt M. fiouillaud, et plus tard M. ileynaud, publièrent des travaux pathologiques qui confirmèrent ces données expérimentales. Un grand progrès était dès lors réalisé; cependant beaucoup d'hydropisîes restaient encore inexplicables, lorsque, dès 1838, le docteur Bright démontra que certaines d'entre elles étaient sous la dépendance d'une altération rénale. Cette belle découverte fut le point de départ de travaux immenses entrepris surtout en Angletierre par Christison et Gregory, en France par MM. Rayer, Martin-Solon, ainsi que par M.M. AU" dral et Gavarret, Becquerel et Rodier, etc.
L'hydropisie n*est donc guère considérée aujourd'hui que comme un symptôme de différents états morbides que quelques anciens, guidés par leurs idées spéculatives, avaient indiqués en grande partie, mais dont l'existence n'a été démontrée que par les ouvertures des cadavres et par les expérimentations des physiologistes. Apm toutes ces recherches, il est désormais prouvé que presque toutes les hydro-pisies sont nymfdomn tiques y c'est- i-dire qu'elles sont le résultat d'une altération dans la texture de certains organes ou d'un changement survenu dans la quantité et la composition du sang. ()uelques-unes pourtant sont idiopathiques, c'est-ù-dire dépendant d'un travail particulier, limité à l'organe même qui est devenu le siège de l'exhalation séreuse, mais dont les causes sont prescfue toujours inconnues. Indépendamment de la division précédente, ou a encore distingué les hydropisies en firtiuts ou stfiéniques, et en passives onasthéniques. Les premières sont celles qui, survenant promptenient, ont une marche rapide et s'accompagnent de quelques symptômes de réaction ou d'excitation. On les a regardées conviiv^ ^^^v^vx ^-
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clalemcnt les sujets forts, sanguins, et l'on a supposé ({uc la maladie résultaii akxs d*uue augmentation dans la persplration séreuse, duc elIc-niOme k un Inrail occulte qu'on a nommé subinflammation ou irritation secrétoire. Les hydropisia atouiques ou passives, produites par une diminution dans l'absorption, auraicat au contraire une marche lente, et ne s'accompagneraient d*aucun phénonKiie d'excitation ou de réaction du côté de l'organe qui est le siège de la congestioo séreuse. Les hydropisies par obstacle à la circulation veineui^ seraient le type de II forme passive, tandis que beaucoup d'auasarques, qui se déclarent bnisqueomt dans la convalescence des scarlatines, ou dans la maladie de Bright k marche aigoc, représentent assez bien la forme sthénique. Cette dernière division des hydropisies proposée par Brcschet, adoptée même de nos jours par 3L Bouillaud, oL souvent d'une application très difficile dans la pratique. Nous croyons donc ptjf fcrable, avec les auteurs âd Compendtum de médecine^de lui substituer une division uniquement basée sur la connaissance des causes, sans néanmoins perdre de vue les caractères sthénique et passif, qui représentent bien quelque chose de réd et peuvent devenir la source de quelques indications précises, mais qui n'embrassent pas toutes les formes des hydropisies.
Causes des hydropisies, — Une gène au cours du sang veineux est la cause h plus fréquente des hydropisies. Les obstacles à la circulation existent souvent aa confluent du système veineux, c'est-à-dire dans le cœur lui-même. I..C9 lésions cardiaques qui produisent le plus facilement l'hydropisie sont les dilatations des cavités et le rétrécissement des oriGces. Le cœur se vidant alors incomplétemeoi, le sang veineux y aidlue avec plus de difficulté, de U stagnation de ce liquide dans les tissus ; cette lenteur dans la circulation a pour résultat la production de divcn épanchements séreux. On a)mprcnd que le péricarde et l'hydropéricarde poioeiit produire le mâme effet. Souvent l'obstacle, beaucoup plus circonscrit que précédemment, ne gène que la circulation veineuse d'une partie; il en résulte alors ooe hydropisie, limitée h ce point du corps : c'est ce qui arrive^par exemple, lorsqa ane veine d'im certain calibre est obstruée ou oblitérée par des concrétions fîbrinfUics ou pseudo-membraneuses, ou par la compression que quelques tumeurs eitfrieures exercent sur elle. Cette cause d'hydropisies partielles, démontrée d'ainnl expérimentalement par Lower, comme nous l'avons indiqué plus haut, admi» comme réelle par fiocrhaave, par Van Swieteo, par Cullen, etc. , a été couûnuéc de nouveau par les recherches des médecins modernes, spécialement par les observations do M>I. Bouillaud (1) et llc\naud (2).
Dans tous les cas qui précèdent, on explique facilement la production de l'hydropisie, si l'on se rappelle que les veines sont les agents principaux, sinon exclusifs de l'absorption, et que cette fonction doit être troublée tontes les fuis que It' sang circule difficilement dans ces vaisseaux. Il y a alors uu défaut d'équilibre entre Texlialation, qui reste la même, qui augmente peut-être, et l'absorption, qai i^t moindre et même tout à fait nulle. Cette manière d'interpréter les pliéuouiènes i>t plus rationnelle que celle qui consisterait à regarder le liquide hydropique coninu' transsudant seulement des > aisseaux ; en effet, la fibrine qui est en dissolution daa< le sang existe rarement dans la sérosité qui est épancliée dans les tissus, et d'aiileun' nous dirons bientôt que celle-ci contient plus d'eau et moins d'albumine et de s<^k; que le sérum du sang.
Il faut encore rapix)rtcr aux hydropisies par obstacle à la circulation veineuse
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DES HYDROPISIËS EN GÉNÉRAL
le sérum du sang. M>1. Bec(|ircrd el Rmlier ont éié plus explicites encore, cari ne reconnaissent, ainsi ^c Requin Tavail lui-inêiue exprimé/ que deuxi espèces d'Iiydropisies : les unes par obstacle mécanique à la circulation veineuse, et celles résultant d'une diminution de Talbumine. Ils contestent jque la diminution îles globule et de la librine, quelque considérable, qu'elle soit, ait jamais le même 4BeU et s*appuyant sur six expériences, ilsaflirment que, lorsqu'on voit de Thydropisie se déclarer clief^cs anémicfues, c'est qu'il existe en même temps une diminution de projwrtion de ralhuininc. ^ # •
Il est des hydropisies pourtant ({ui semblent ne reconnaître aucune des causes précédemment indiquées et qui paraissent se lier à un état particulier, presque toujours inconnu, des organes dans lesquels la sécrétion morbide s'o|)ère : ce sont Ui, ^proprement parler, les hydropisies idiopathiques et essentielles. On constate, dans ces cas, un travail morbide, une exagération dans la sécrétion séreuse, sans qu'on puisse rattacher celle-ci à aucune altération d'un solide ou d'un liquide. On a prétendu qu'il y avait alors subinflamniation ou irritation sécréloire ; mais, comme nous avons déjà eu occasion de le dire, il ne faut pas accepter ces mots comme exprimant c[uelque cliose de réel, mais seulement comme l'explication d'un phénoinèae dont nous n'avons pu justpi'à ce jour déterminer le mécanisme. Quoi qu'il en soit, ces hydropisies dites aciive» ou par irritation sécrétmre se développent quelquefois bru^uemeni à la suite de l'impression du froid. Ainsi on a vu des ascites ei dtn» anasarques survenir chez des individus qui, ayant le corps ^lauffé, avaient été mouillés |>ar la pluie ou bien étaient tombés dans Teau. Le même eiïet a été produit chez des pei-sonnes qui ont pris, étant en sueur, une boisson glacée, il seiiibhTait que, dans ces cas, les fonctions de la peau ayant été moinentanémeul suspondiios, une? sécrétion supplémentaire s'est faite dans le tissu cellulaire ou dans une S4'i'euse : c'est probablement de cette manière que surviennent quel(|U(iS-unes des hydropisies rousécutives aux lièvres éruptives. Mais il ne faut pas oublier que, dans beaucoup de cas, ces dcrnièras se rattachent i Texiatence d'une aireciiou des reins, et qu'il en est de même pour beaucoup de celles qui se déclarent brusquement au milieu de la santé, sans cause appréciable ou à la suite d'un lefroidisseiuent. On peut lire à ce sujet, dans V Essai d^/innatologie, p. 137, de M. Andral, l'exemple très curieux d'un jeune homme fort, vigoureux, qui étant couché, cndoriui et en sueur, fut inondé d'un |M>t d'urine froide : il éprouva un rcf^oi(li^sl!n1enl considérable; d^s le hmdemain H rxinstata une enflure qui alla en augmentant, et loi*s(pie peu de jours «près il entrait k la Charité, il était atteint d'uni; auasarquc ei d'un connnencement d'ascite ; ses urines étaient albumineuses; l'hydropisie avait ici sa raison dans la diujinutiou de l'albumine du sérum. J'ai moi-aième observé queiquestcas à peu prés semblables au précédent. Cependant plusieurs fois il m'a été absolument im|)Q|sible de trouver une altération quelconque du côté des reins; les urines, examinées (ous les jours au moins une fois, n'ont jamais précipité d albumine, \iaispfaut-il en conclure cpie la proportion d'albumine du sau^ n'avait pas alors dinfinué? Je n'oserais l'ailirmer ; il ne serait pas en effet impossible qu'on vil chez l'hopuiie ce que M. Andral a rencontré plusieurs fois chez les individus de i'e.siM>ce ovine, savoir : des hydropisies cwncidant avec une diminution de l'albumine dans le sang, sans que les reins fussent simultanément malades, et indépendamment de l'écoulement prélîpiiuaire de ce priuciite par l'urine.
Toutefois, nous observerons en terminant que, si la diminution de l'albumine du sérum est un fait proba^^'c, très compréliensible pour ces k\<l^Qi^vhVK»k^s^^K«^-
viennent lentement chez des sujets placés dans de fâcheuses conditions hypéniques, il n'en est pas de môme de ces suiïusions séreuses qui suf iennent presque subitement en quelques heures h la suite d'un refroidisseinent. Si dans ces cas ks urines ne sont pas alhumineuses, il est difficile de concevoir une destructioo au» subite de Talbumine; cependant nous sommes loin de contester le fait, poisqne MM. Becquerel et Rodier ont pu, dans trois cas d'hydropisie aiguë, consuter ne diminution notable dans la proportion de Talbumine, sans que ce principe eût pmè préalablement par les urines.
Anaiomic pathologique, — Quel que soit le point du corps où siège ThydriH pisie, le fluide épanché se rapproche beaucoup du sérum du sang par son aspect et par ses propriétés chimiques. Il est, en effet, limpide, inodore, incolore, de coo^ leur l^èrement citrine et |)calin : Vogcl dit l'avoir vu pourtant être plusieurs fp acide par suite de la formation de Tacidc lactique, mais c'était peut-être là moias un effet de la maladie qu'une altération accidentelle du liquide. La pesanteur spécifique du sérum hydropique varie entre 1006 et iO%li (Marcel). Il est formé presque entièrement d'eau, dont la proportion est toujours beaucoup plus considérable que celle du sérum du sang : si ce dernier, quand il est le plus cbar^ d'eau, n'en contient en moyenne que 790 parties, il atteint dans la sérosité des ' hydropisies le chiffre de 986, comme maximum, et 930 comme minimum. Le sérum renferme en outre différents sels, tels que l'hydnchlorate de soude et de potasse, des sulfates de potasse et de soude, des phosphates de fer, de chaux, de magnésie, dont la quantité est à peu près celle qu'on trouve dans le sérum di sang. Marcet y a découvert aussi une matière animale particulière, solublc dans l'eau, incoagulable par la chaleur, et qu'il nomme muco-extractive. Dans quelqao cas, notamment dans les hydropisies symptomatiques de Taffection de Bright, oa peut y découvrir de l'urée. Ënfm, en faisant bouillir le liquide on en le traitatf par l'acide nitrique, on y décèle la présence de ralbuuiine. La quantité de ce produit, ainsi que !>I. Andral l'a constaté, varie depuis U jusqu'à &8. Il résake aussi des recherches du même auteur que le siège de l'hydropisie, comme h nature de sa cause, n'exerce aucune influence sur l'élévation plus ou moins graade du chiffre de l'albumine ; mais il n'en est pas de même de l'état plus ou moiDf grand d'intégrité de la constitution. En effet, plus celle-ci est encore intacte et forte, plus en géuéral la sérosité épanchée contient d'albumine. Une circonstance remarquable, également signalée par M. Andral, c'est que, dans les cas où chez un même individu il existe à la fois divers épanchements séreux, les liquides qui les constituent peuvent différer notablement les uns des autres relativement à Ii proportion d'albumine qu'ils contienneAt C'est ce produit qui rend la sérosité des hydropisies plus ou moins consistante; le liquide sera é|)ais, visqueux et filant, toutes les fois que la proportion de l'albumine s'élèvera à plus de 12 pour 100. Il y a enfln des hydropisies dont le liquide tient en dissolution une plus on moins grande quantité de fibrine : cela pourtant n'a guère lieu que lorsqu'il y a ea un travail inflammatoire. Quoi qu'il en soit, la fibrine peut sorganiscr et devenir le point de départ de tissus naturels ou hétérologues , tandis que le liqnide hydropique ordinaire qui n'est pas fibrineux ne peut être l'origine d'aucun acte organique.
La sérosité des hydropisies peut être accidentellement colorée en rouge par l'hématosine, en jaune ou en vert chez les ictériques par la matière colorante de la bile; quelquefois eWe ^ uvk^ làuie blanche, laiteuse, qui est due, diaprés Vogeli pu à dçla graisse, on\&e&^^\v\^^^^^^%\'^^%^^^^^^^i^^ séparée.
DES HYDROPISIES EN GÉNÉRAL. 725
La quantité de sérosité épauchée varie beaucoup dans les diiïércntes espèces d*hydropisics. Si elle est^un.sidérable, elle produit une distension des tissus; les cavités qui la contiennent sont agrandies; certains organes, ayant été fortement comprimés par le liquide, sont aiïaissés, flétris, atrophiés. Quelques auteurs, se fondant surtout sur quelques faits relatés par Lower, xMorgagni et Mascagnl, ont prétendu que chez les hydropiques on trouvait souvent les vaisseaux lymphatiques volumineux et distenofls ; mais on a ici évidetnment conclu d'après quelques cas exceptionnels : l'observation journalière ne démontre, en elîet, aucune lésion appréciable dans le système lymphatique des individus qui succombent avec une hydropisie.
Si/mptômes. — Les symptômes généraux et locaux des hydropisies varient beau-
up suivant leur siège, et surtout suivant la cause qui \gs a produites. Dans la plupart des cas, on constatera une augmentation dans le volume des parties et certains symptômes dus à la compression que le fluide épanché exerce sur les organes avec lesquels il est en conlacL Les accidents varient d'ailleurs suivant l'abondance de répanchenient, la rapidité avec laquelle il se forme, et la résistance des parties qui le renferment. Quant aux symptônies généraux, il n'en est aucun qu'on puisse regarder comme spécial <i l'existence d'un épanchentent séreux : ainsi c'est à tort qu'on a indiqué une soif intense, l'aridité de la peau et de la muqueuse buccale, la coustipation, les urines Dires, en un mot la diminution de la plupart des sécrétions, coiume accompagnant toutes les hydropisies : car ces différents symptômes n'existent pas chez la plupart des malades, et souvent, quand on les rencontre, ils doivent être rapportés à d'autres causes qu'à l'hydropisie elle-même.
Marche et terminaisons. — 1^ marche des hydropisies varie : les unes ont nne durée courte, puisqu'elles cessent au bout de quelques jours; d'autres, par contre, persistent pendant des mois, ou même pendant des années entières. La terminaison peut être favorable ou funeste : dans le premier cas, l'hydropisie cesse tantôt peu à peu, d'autres fois rapidement, et sa disparition coïncide souvent avec nu flox considérable d'urine, avec une diarrhée séreuse, ou bien avec une abondante diaphorèse. Enfm, dans quelques cas fort rares, la guérisou s'est effectuée après que la sérosité a été évacuée par une ouverture spontanée de la |)eau. Les hydropisies idiopathiques ne sont pas le» seules qui guérissent; car on voit parfois disparaître aussi celles <|ui dépendent d'une lésion organique, lors môme que celle-ci n'a éprouvé aucune amélioration appréciable. Dans ces cas pourtant la gnérison n'est que |)assagère, car au bout d'un temps plus ou moins long l'hydropisie reparaît. Celle-ci |)eut également cesser et reparaître plusieurs fois de suite avant de devenir définitive ; cependant il est bien rare qu'a[)rès la troisième récidive elle puisse diminuer, et surtout disparaître encore. La mort est la terminaison la plus ordinaire des hydropisies; elle a lieu, tantôt par les progrès toujours croissants des maladies dont l'hydmpisie est un des symptômes, tantôt par suite de qudqne complication, ou par quelques accidents que produit l'épanchement lui-même : tels sont les gangrènes et les érysipeles phlegmoneux (dans l'anasarque), l'asphyxie (dans l'hydrothorax). Knfin, un certain nombre de malades sont em|)ortés rapidement par divers troubles cérébraux, tels que délire, mouvements convulsifs et coma. Ces troubles cérébraux peuvent survenir dans toutes les hydropisies, mais on les oi)sene surtout dans les hydropisies syniptomatiques de l'albuminurie. Ces accidents, parfois précédés de céphalalgie, de torpeur, se développent en général brusquement; et ils sont souvent précédés d'une diminution considérable de l'hydropisie. Le développement des symptômes apoplectiques poacr^vx. ^^TSaS&^^x^-
726 DES SÉCRÉTIONS MORWDKS.
queren disant que la séi-ositi'î résorbée a é!é porlée vi'i-s les contrits iienenx par uu véritable mouvement inétastatiqne : et ce qni eonlîiru'rail relie snpimsilion. c'est qu'h i'aulopsie des indixidns dont je parle, cm a Ii(m\é (|nelqnefiiis dn épanchements séreux considérai)Ies dans les \enliii"ules, dans la <*avité ni-ai'hnnfdienne, ou dans le. tissu cellulaiiv de la pie-mère; ou bien enlin. mais beaucoup plus rarement, la sérosité était cond)inée a\rc. la substance réréhrale elle-même. Mais l'hydrfjpisie intra-crànienno est loin d'èlre constante : il n'est pas rare, CB effet, de ne trouver dans les centres neiveux aucune lésion capable cretpKqufr les troubles obsenés pendant la ^ie. On a supposé aloi-s une inluxication du mK produite par la rétenlifm de l'urée, mais celte opinion ne s^appuie sur aaciroe preuve positive (>oir, dans le fome II, Maladie de Britjlit], à
IHagnostic, — Le diagi)pstic des bydropisies offre deux problèmes & résoadrcr 1" reconnaître riiydrof)isic ; 2" déterminer si elle est essentielle ou s^mplDuiatique.
Il est, en général, facile de reconnaître un épanchement séreux par les (roubles fonctionnels qu'on observe, ainsi que par 1rs signes que fournissent Tinspoction des parties, la |Yal|)ation et la percussion; mais il est beaucoup plus difficile de remonter à la cause qui a pitxluit et qni entretient la maladie. Cependant, ponr déterminer ce point de diafçnostic, on aura surtout é(çard à la marche plus on moins rapide de l'hydropisie, aux parties du coq)s qu'elles d'abord AfTectées, an circonstances qui l'ont préc-édéeet aux symptômes qui Taccomiiagnenî. Il nefaiit pas oublier que le nombre des bydropisies idiopathiques et essentielles est aujourd'hui extrêmement restreint ; qu(^ lors([u'on ne pourra pas expliquer le développement des épancliemcnts séreux par un obstacle mécanicpie îi la circnlatîoo, presque toujours on en trouvera le ix)int de départ dans une altération du sanç; et comme de toutes ces nu)difications celle qui produit le plus sûrement les hydrtw pisles consiste dans une diminution de l'albumine qui est éliminée par les rein«. on devra toujours rechercher si l'urine ne renferme pas ce principe.
Pronostic, — 1^ pronostic de l'Iiydropisie est subnnlouné h la cause* qni 1 J produite, au siège de ré(>ancliement, au nond)re des récidives, aux complications qui surviennent. La diminution de répancliement est généralement une cimonstance favorable : toutefois ce signe n\iura d'importance qu'autant que l'état général se sera également amélioré, attendu que qnel(|uefois, comme nous l'avons dit, la diminution brusque de l'hydropisie coïncide avec l'apparition df symptômes cérébraux graves. D'ailleurs il n'est pas rare de voiries é|>anchemeni5 séreux diminuer notablement dans les dejviers joure de l'existence sans (pi'il > ait métastase.
Traitement. — Dans le iraitemeni de toute huiropisie. il \ a deux indiiations <i remplir : 1" combattre la caiiscMiela maladie : 2" fau)riser l'évacuation du liipiidf épanché.
Premipre indicah'nn. — Les moyens h employer pt?;ir satisfaire à la preii'iri-*' indication \arient sui\ant l;i cnusequia pmduit l'hydropisie. Celle-ci i!épenfi-Hi«' d'un obstacle au cours (hi sang, il faudra s'efforcer de diminuer ou de dérniirr celui-ci. Mais c'est là nue iiKlication qu'il est rai^ment possible de rrinplir. Il |i a. par cx)ntre, certaiiîes causes d'hydropisies, telles que la pléthore et l'état anéiniqiif. qui peuvent étn* cond)aitucs efficacement, la preuuére par la saignée et par Ir* antipblogist4qu(*s, la seconde par les tonif[U(ïs, les ferrugineux, et par un n'^it»*' a/itileptiquo. (JucUe i\vu» svnl d'ailU'm-s la cause première de l'hydropisie , il i.riî. awiiil de songer U éNivevu'vVd «fevvis\Vv^ v:»\\\\^^v\xv^ viNvt^. '*^>^^ 'vw^^v^viadioin' on
DES IIYDKOPISIES EN GÉNÉRAL. 727
Slh(!iiiqiii\ <|ui tantôt csl la ranso do i'hydropisic, qui d'autres fois viuul s(.Mii(;inciit la roinpIiqiKM'. (!i4 état stjnMii<|nt\ spécialtMnciil caractérisr' par la force cl la vibrante du puuls, la chaleur et la congestion delà peau, réclame l'emploi des émissions» sanguines, que Ton )>n)portîonnera d'ailleurs aux forces du sujet el à Tintensité des s>ui|)l()n les Les antiphlo^istiques ^=e^ont d'autant mieux indiqués que CCS accidents sur\iennent le plus sou\enl chez des sujets jeunes, vigoureux, bien nourris, et chez h'scpieis l'hydropisic s'est dévelop|)ée rapidement. Les médecins anglais conseillent dans ces cas l'emploi simultané de l'opium et du calome! h doses fractionnées (10 à 20 centigrammes de caloiiicl et 2 à 10 centigrammes d*opinm toutes les trois heures). Beaucoup proposent de continuer cas moyens 4ttsqu'à salivation : l'eflicacité de ce traitement n'est pas encore suffisamment OTinonirée. ^
Deusihne iudivofion. — Ix^rscfu'on a combattu convenablement l'étal sthénique on asthéniquc, ou bien lorsrfue aucune de ces denx indications n'existe et que, l'hydmpisie tenant à une cause matérielle, on ne peut espérer (pi'un soulagement momentané, il faut tenter l'évacuation delà séi-osité. On y |>anient par des moyens directs, sels que l'incision ou la ponction des parties dans lesquelles le liquide est épanché ; ou bien on (Muploie des moyens Indirects, tels que les purgatifs, les vomitifs, les diurétiques, les sudoriiiques, les sialalogues, les vésicatoires, dans le but de provoquer d(*s sécrétions artificielles el d'activer l'absorption aux dépens du li(piide éjKiuché. Parmi c 'S moyens les [)urgatifs, et surtout les purgatifs drastiques, sont ceux qui ont le plus d'efficacité ; on k's emploie lorsque aucune complication des organes digestifs n'en contre- indique l'usage. L'huile de crolon tîgliuin, la scannuon^'e. le jalap, le sirop de nerprun, la gomme-guLte, la décoction de sureau, ou puitôi le suc de la seconde écorcei. les pilules defiacher, dont relléborc forme la base, an nombre de deux îi dix par jou>', soûl les principales Substances purgatives anxquelh's on aura lecoui-s. On devra les administrer à des intervalles très rapprochés, c'est-à-dire tous les deux ou trois jours ; sans cette précauticm, on voit riiydropisie .epaiaitre avec une gr.Mide rapidité.
Les diurétiques s|>4:cialenienl employés dans les ltydro|)Lsies sont: les tisanes faites avecle chiendent, la pariëiaire, l(\s (pieuesde cerise, la turquette, le fraisier, le cerfeuil, l'asix'rge, le genêt vert,*ttux(|uels on ajoute uni; certaine quantité de nitreou d'acétate de potasse. Les poudres de digitale et de scille pourraient également être prescrites. On a aussi conseillé d'inlnnluire les diuréliiiues par U peau. Dans ce but, on pratique des frictions avec les teintures de scille el de digitale, ou bien on itiet d(^s œmpresses ln*mpées dans mu^ forte décoclion de ces plantes, (l'est un ino>en que M. Trousseau a l)caucoup préconisé, mais dont je n'ai guère retiré d'avantage. On a proposé aussi d'adniiiiistr<*r le sucre à très haute dose; ce mo>(M) a;;it comme diurétique ou comme sud<)ri(i({ue. Ou<>st parvenu quelquefois, par lui seul, «'i faire di^})araîlie des hydiopisics considéra blés. La cassonade, d'après .M. lia^ot. serait piiis elhcnre (pie le sucre raffiné : on la donne à la dose de une à ])lusieurs livi'es chaipit* j(HU'. Les sudorili(|ues sont des agents plus incertains encore dans leur action que l<>s diurétiffues; les fumigations ammatiques, et surtout les bains de \apeur, sont h' moyen le plus efficace pour produire la diaphorî'se. On p(ful y joindri^ l'emploi des bois sudorifiqucset de la [)oudn^ dcDower; le corps de\ra en outre être CfUl^<'rl ue tlanellc de la tète aux pieds.
Le ré^ithe alimentaire >ari<'ra suivant les conditions particulières des maladies. Dans anciui cas on no doit, à Texeniple des ancieiiS , juiver les malades de boissons, par la iM*ur d'augmenter l'hydropisie, car cette crainte, u'vjsv \\v\Vkv^\\\si\\\
fondée ; c*cst donc sans motifs qa*on ajouterait le tourment de la soif aux snitfnuices de la maladie. #